Bonjour à tous ! Pour votre humble information, j'ai réussi mon NaNo... et depuis, j'ai arrêté d'écrire sur Sherlock. Pas d'inquiétude, ça m'arrive quasi tout le temps en post NaNo, j'écris tellement en novembre qu'il faut que je fasse une pause pour écrire autre chose (ça me fait du bien), et ensuite que je fasse un gros boulot de relecture pour ensuite reprendre sur des meilleures bases l'écriture ;) Tout ça pour dire que ça justifié totalement pourquoi je prévois une sacré marge de publication avant qu'il ne soit trop tard, et que je continue de tabler sur la fin du premier semestre 2025 pour envisager une publication hebdomadaire ^^' En attendant, merci d'être fidèle au poste malgré ce rythme très lent ^^'

Allez, au programme aujourd'hui, pas beaucoup de Sherlock, sinon dans les pensées de John, mais hé, c'est important que John ait une vie en dehors de son meilleur ami !

RaR des anonymes :

Buck, sur le chapitre 12 : EH bien déjà félicitations d'être arrivé jusque là dans l'écriture, et merci beaucoup pour tous les compliments, ça me touche beaucoup :) Petite précision, je n'écris absolument pas des chapitres de 6 ou 7000 mots en deux semaines (techinquement, j'écris plus que ça, environ 10 000 mots en quinze jours), tout cela est prêt depuis beauuuuucoup plus longtemps ça. A ce stade, pour me permettre de publier avec ce rythme là, j'ai environ 500 pages d'avance, sinon je tiendrais pas ^^ Donc tes compliments ne sont pas entièrement mérités, mais merci quand même ^^' J'espère que la suite te plaira :)

J'en profite également pour te remercier de ta review sur le Calendrier 2017, malheureusement je ne suis pas en mesure de le faire autrement comme tu n'as pas de compte sur ffnet, mais je suis ravie que tu apprécies mes histoires, fais toi plaisir, tu as de quoi faire pour la lecture ^^

Eris, sur le chapitre 12 : La suite est là :) Moi aussi j'aime beaucoup ce Sherlock, parce qu'il est très jeune et qu'il y a encore tant de choses à découvrir et façonner chez lui ! Quant à Mycroft, je ne suis jamais dure avec lui. Sherlock est injustement dur avec lui, mais pas moi, j'adore ce personnage. Bon après, quand j'adore des personnages, ça veut aussi dire que j'adore les faire souffrir, mais on en est pas encore là... *air angélique* Merci pour la review, j'espère que la suite te plaira ! :)


Résumé : John est inscrit en 1ere année de médecine à l'Imperial College of London, fac très réputée. Il y est boursier, et vit dans un petit appartement off campus, contrairement à ses amis, Judith, Peter, Mike, Caitlin et Alec. De manière improbable, il est également devenu le meilleur ami de Sherlock, génie autoproclamé qui rend John plus vivant que jamais. Dans le même temps, il sort avec Neil, une étudiante en médecine de 4e année. Après Noël, John attaque son deuxième semestre de médecine, à la rentrée 1996. Après la rencontre de John avec Mycroft Holmes, John et Sherlock ont appris les vertus de la communication, ils s'allient pour faire tourner en bourrique Mycroft qui ne voit pas leur relation d'un très bon oeil jusque là. Nous sommes en février 1996 et globalement, ils vont bien pour l'instant !

Bonne lecture !


Chapitre 13

Un soir, alors que John s'apprêtait à rentrer chez lui, il eut la surprise de voir s'ouvrir la porte du bureau de Mycroft. Comme souvent, Sherlock et lui étaient rentrés quand bon leur semblait, et ils n'avaient croisé personne dans la maison, mais n'étaient pas réellement sortis de la chambre du jeune homme. John n'avait pas souhaité rester dîner, ce soir-là, parce qu'il culpabilisait un peu de tout le temps passé chez Sherlock, à piller dans les réserves. Pire, il avait remarqué que ses produits préférés commençaient à apparaître un peu trop souvent dans les placards et le frigo, souvent après qu'il avait croisé la gouvernante et exprimé au hasard d'une conversation ses goûts et dégoûts. Il se sentait un peu trop mal à l'aise de manger trop souvent dans cette maison, mais paradoxalement culpabilisait quand il savait que les aliments étaient achetés pour lui, et qu'il ne les mangeait pas. Sherlock avait l'appétit d'un oiseau, et l'envie de manger semblait plutôt lui venir par phase, quand il y pensait. Quant à Mycroft, à l'exception de quelques rares repas, qu'il commençait en leur compagnie avant de s'éclipser à cause d'un appel ou Dieu savait quoi de plus urgent, John ne l'avait jamais vu manger.

De manière générale, John le voyait assez peu, et ne s'en portait pas plus mal. Sa loyauté allait intrinsèquement à Sherlock, et ce dernier ne se privait pas de médire sur son frère.

— John, je voudrais te parler, s'il te plaît.

Ledit John sursauta. Il descendait les escaliers pour quitter la maison, et ne s'attendait pas à ce que la porte s'ouvre au moment précis où il passait devant. Un bref instant, il se demanda si Mycroft le guettait derrière le battant, attendant qu'il passe, et cela le rendit méfiant.

Son expression dut se lire sur son visage, puisque Mycroft rajouta aussitôt.

— Rien de grave, et rien qui te désavouera auprès de Sherlock.

John hésita quand même. La dernière fois que Mycroft avait souhaité une discussion avec lui, ça ne s'était pas si bien passé que ça.

— S'il te plaît, insista Mycroft en ouvrant plus largement sa porte, l'invitant à entrer.

John accepta pour cette unique raison. Techniquement, personne ne lui avait interdit quoi que ce soit dans la maison, mais par respect pour ses occupants, John ne fouinait pas et n'allait pas là où il n'était pas invité. Ainsi, il ne connaissait réellement de la bâtisse que le salon attenant à la cuisine, au rez-de-chaussée, la chambre et la salle d'eau de Sherlock, tout en haut. Le reste lui faisait l'effet du château de Barbe Bleue : des portes closes, fermées à clé, et uniquement son imagination pour les meubler.

Le bureau de Mycroft (qu'il savait être son bureau, au contraire de d'autres pièces dont il ignorait la fonctionnalité) en faisait partie, et il était curieux de le découvrir. Ainsi, il accepta et entra dans la pièce sans un mot, tandis que le maître de maison claquait le battant derrière lui.

John était assez déçu : c'était une pièce classique, qui respirait peut-être encore plus le luxe et le snobisme que le reste de la maison décorée dans son style ancien, avec un immense bureau en bois probablement très cher et surmonté d'un ordinateur énorme, de dernière génération.

Il y avait des papiers et des dossiers partout, et rien dans le lieu n'invitait à l'amusement ou la détente. John avait beau être très sérieux et réviser pendant près de tout son temps libre, il ne voyait pas comment quiconque pouvait avoir envie de passer volontairement du temps dans une pièce si déprimante. La seule chose sympa, c'était la lumière qui se déversait dans la pièce, un froid et clair soleil d'hiver qui éclairait efficacement les lieux.

— Je voulais te donner ceci, indiqua Mycroft en s'approchant de son bureau et en y prélevant quelque chose.

John n'avait toujours pas décroché un mot, mais ça n'avait aucune importance. Mycroft revint vers lui, et lui tendit l'objet. Une clé. Que John, surpris, récupéra dans ses mains. L'absurdité de la situation eut le mérite de le faire sortir de son mutisme.

— Je ne comprends pas, balbutia-t-il.

— C'est la clé de la maison. Quoi qu'en dise Sherlock, je ne veux que son bien, et malgré les inquiétudes que j'ai pu nourrir à ton sujet initialement, il semble qu'il aille bien en ta compagnie. Il semble même aller mieux que toutes ces dernières années. Son assiduité en cours est certes loin d'être parfaite, mais quand même en net progrès. Il accepte ta présence, et pire, la désire et s'y plaît. Je devine que Sherlock t'a parlé de notre système de sécurité ?

— Oui...

Mycroft hocha la tête, vaguement désapprobateur mais satisfait de ne pas avoir à donner des explications.

— Je préfère que tu passes par la porte que les singeries auxquelles se livre Sherlock. Et je préfère que tu puisses venir librement, si Sherlock en avait besoin mais se refusait à t'ouvrir, et qu'il n'y avait personne d'autre à la maison. Donc... c'est un double des clés. Je te saurais gré de l'utiliser avec intelligence.

Une partie de John était flattée. L'autre était perplexe. Quelle situation pouvait justifier que Sherlock soit seul chez lui et refuse de lui ouvrir la porte ? Des tas de possibilités existaient, et elles paraissaient toutes plus effrayantes les unes que les autres.

Il remercia un peu gauchement Mycroft, et s'apprêtait à quitter la pièce, quand l'aîné le retint :

— John, attends. Je corrige mon propos : Sens-toi plutôt libre de les utiliser si tu en as besoin.

Il n'ajouta rien de plus, laissant le jeune homme encore plus perplexe que précédemment. Est-ce que Mycroft venait de lui donner sa permission pour aller et venir librement chez lui, comme il le voulait ? Ça n'avait absolument aucun sens.

Sherlock était occupé, et il se serait senti bête de remonter le voir, alors il préféra remiser l'incident dans un coin de sa tête. Il en parlerait à son ami la prochaine fois qu'il le verrait, dans quelques jours.

Mais une fois rentré chez lui, il accrocha méthodiquement la clé avec les autres de son porte clé. Ce n'était pas comme s'il en avait beaucoup : la maison de ses parents, celle de son immeuble, celle de son appartement.

Et désormais celle de la maison où vivait Sherlock. C'était presque étrange de voir cette grosse clé à côté de toutes les autres. Ça lui faisait bizarre. Mais, paradoxalement, c'était à l'image de son amitié avec Sherlock : il ignorait pourquoi Sherlock l'avait choisi pour l'honorer de son amitié, alors qu'il se sentait si différent de lui.

— Tu réfléchis trop, John, marmonna-t-il en rangeant son trousseau.


Le lendemain était une date spécifique. John n'en faisait pas grand cas, personnellement, mais ce n'était pas le cas de ses copains. Peter et Mike n'arrêtaient pas de le charrier sur sa soirée à venir, en ce jour de Saint-Valentin, et des projets qu'il avait avec Neil.

— Mais trouvez-vous des copines, les mecs ! finit-il par répliquer après un énième sous-entendu. Ça me fera des vacances. Vous avez d'ailleurs deux magnifiques spécimens à portée de mains !

Il désigna les deux filles de leur petit groupe, installé pour déjeuner. Judith, comme à son habitude, eut une réponse calme et tranquille, avec son petit sourire en coin. Quand elle souriait, elle avait des airs de Mona Lisa, et elle ne perdait jamais son sang-froid, ne s'emportait jamais, et John ne l'avait purement et simplement jamais entendue lever le ton. À croire qu'elle ne savait pas crier, ou bien savait que c'était inutile.

Mike et Alec, plus amusés qu'autre chose, s'esclaffèrent en charriant les filles.

Les réactions les plus vives et intéressantes furent définitivement celles de Peter et Caitlin. Le premier resta totalement muet, devenant rouge comme une tomate. Caitlin, avec son franc-parler et ses jurons habituels, entama une longue réplique plutôt insultante, qui englobait à peu près tout et n'importe quoi, dans une tentative désespérée de détourner l'attention.

Cela eut plutôt l'effet totalement inverse. John et Judith, déjà au courant depuis longtemps du penchant mutuel de leurs amis, échangèrent un sourire complice. Alec ne sembla pas capter quoi que ce soit de particulier, du moins rien qu'il ne partagea avec le reste de la tablée. Mike, pour la première fois, sembla réaliser un truc, et sembla conforté dans son opinion quand il capta le regard amusé entre John et Judith.

Peter et Caitlin, bien évidemment, furent totalement aveugles à ce qu'indiquait la réaction de l'autre.

Lorsqu'ils quittèrent la table, Mike retint John, laissant les autres partir devant.

— Y'a un truc entre Pete et Cait' ou j'ai rêvé ? murmura-t-il.

— Y'a rien, lui répondit John. Peter aimerait qu'il y ait un truc. Cailtin aussi. Mais comme ils ne se rendent absolument pas compte que l'autre y est favorable, ils restent plantés là comme deux idiots. Tu viens seulement de t'en rendre compte ? Ça fait des mois que ça dure !

— Faut les aider ! déclara Mike, un peu trop fort.

Heureusement, les autres étaient trop loin pour l'entendre. John, pour toute réponse, grimaça.

— Ben quoi ? lui demanda son ami.

— Je suis pas pour ce genre de trucs. D'ailleurs, si ça se trouve, eux-mêmes n'ont pas réalisé leur propre attirance.

Il précisa, sous le regard perplexe d'incompréhension de Mike :

— J'ai dit que Peter aimerait qu'il y ait un truc, et Caitlin réciproquement, mais sans se rendre compte des sentiments de l'autre. Mais pour autant que j'en sache, si ça se trouve, j'interprète ça de leur part, mais Peter n'a peut-être pas réalisé ses propres sentiments, idem pour Caitlin. J'aime pas me mêler de ces choses-là. Je préfère qu'ils se débrouillent entre eux.

— Mmm. J'ai bien envie de les aider moi. Je trouve ça mignon. Créer un couple, c'est plutôt adorable, non ?

En ça, John ne lui donnait pas tort. Mais il avait un souvenir désagréable à ce sujet, qui le rendait méfiant.

— Quand j'avais quatorze ans, des potes à moi étaient convaincus que j'étais fou amoureux de la plus jolie fille de la classe, et qu'elle m'aimait aussi. Ils m'ont fait tout un long discours sur tous les signes évidents de mon amour pour elle, et réciproquement. Je l'aimais bien, et elle était jolie, mais c'était tout. À la fin de leur argumentaire, j'étais persuadé qu'ils m'avaient ouvert les yeux, que désormais je savais tout, et que j'allais être heureux pour toujours avec elle.

Mike pouffa devant le ton faussement énergique de John, mais le laissa continuer sans l'interrompre.

— Du coup, je suis allé me déclarer. Enfin, c'était même pire que ça : je ne suis pas allé lui demander de sortir avec moi, je suis allé lui dire que je savais qu'elle était folle de moi, que c'était réciproque, et qu'on serait très heureux ensemble. Tu devines la fin ?

— Le pire râteau de ta vie ?

— Exactement ! Elle m'a retournée une gifle monumentale en plus, m'a interdit de l'approcher, et ne m'a plus jamais adressé la parole ! Je n'étais jamais sorti avec une fille avant ça, du moins rien de sérieux, donc autant te dire que ça m'a refroidi !

— Tes potes s'étaient moqués de toi et savaient qu'elle n'était pas intéressée ? demanda Mike.

John secoua la tête.

— Absolument pas. Ils étaient aussi déçus et blessés que moi. Je pense qu'ils étaient amoureux d'elle, et qu'ils avaient projetés des trucs sur moi... 'fin tu vois le genre. Mais ça m'a vacciné de mon envie de me mêler des affaires des autres, ou de me laisser influencer : je me débrouille par moi-même, et je laisse les autres faire de même !

Mike haussa les épaules, mordillant sa lèvre inférieure. Les autres n'étaient plus en vue depuis longtemps, parce qu'il marchait lentement et que John avait naturellement suivi son rythme. Heureusement, ils n'étaient pas encore vraiment en retard pour leur prochain cours.

— L'année dernière, quand j'étais au lycée, y'avait une fille et un mec qui s'entendaient super bien. Du genre, meilleurs potes du monde, hyper tactiles, finissaient les phrases de l'autre, toujours avec l'autre, incapables de se séparer, ils avaient même passé des vacances ensembles...

Mike marqua une pause.

— Et ?

— J'étais persuadé qu'ils étaient fous l'un de l'autre, qu'ils étaient ensemble, ou qu'ils devraient l'être, j'ai pas arrêté de les pousser en ce sens... Mais ils ont toujours nié, en fait. Callum — c'était son nom — me répétait que c'était juste sa meilleure amie, qu'il ne comprenait pas ce que je voulais dire, qu'il voulait juste être ami avec elle, et il avait l'air tellement sincère ! Mais ils allaient tellement bien ensemble !

John se retint de dire que si les deux amis de Mike n'avaient eu l'un pour l'autre que des sentiments d'amitié, ils avaient dû être terriblement blessés à la longue par les insinuations de Mike.

Pour ne pas blesser son ami, et élever le débat, il préféra une autre approche.

— Tu ne crois pas à l'amitié homme-femme ?

— Nan ! rit aussitôt Mike. Quand tu vois une fille, forcément, t'as des désirs... enfin tu vois ce que je veux dire.

Il baissait la voix, rougissant, et John fronça les sourcils.

— Ben... non. Enfin, pas moi, en tout cas. Et puis en plus, ce que tu dis n'a aucun sens pour les homosexuels.

— Nan, mais oui, nan c'est différent, forcément, puisqu'un mec homo aime pas les filles.

— Donc tu ne crois pas à l'amitié sincère entre un mec homosexuel et un hétérosexuel ?

La question était sincère, et elle sembla dérouter Mike.

— Mais si, ça n'a rien à voir...

— Et entre une fille lesbienne et une fille hétérosexuelle ?

— Ben j'sais pas, j'suis pas une gonzesse, je sais pas comment ça marche les filles, mais si, sans doute, j'imagine.

— Donc pourquoi un mec et une fille hétéro ne pourraient pas être amis ?

Mike resta sans réponse, se repassant la conversation mentalement, et comprenant ses manques et incohérences. Il ne savait plus vraiment quoi répondre à John, du coup, et ce dernier voyait tous les rouages de son esprit se mettre en route pour tout démêler.

— Nan, mais enfin, si, mais...

Son discours était incohérent, et John lui renvoya un regard moqueur.

— Moi je pense que ton pote Callum était très sincère et juste ami avec cette fille, décréta John.

Il n'avait jamais eu de meilleure amie, au féminin, mais il avait pu être très ami avec des tas de filles au cours de sa vie, sans que personne, et surtout pas lui, ne songe à les penser en couple. Caitlin et Judith en étaient de très bons exemples. Il les trouvait adorables et charmantes, pouvait sans l'ombre d'un doute citer leurs qualités physiques ou non, mais n'éprouvait pour elles pas le moindre désir, ni amoureux, ni sexuel.

John réalisa soudain que, peut-être, le problème venait de là.

— T'as jamais été ami avec une fille avec qui t'as pas couché, et avec laquelle t'avais pas envie de coucher ? demanda-t-il.

La question lui semblait certes importante, mais pas vitale. Aussi fut-il surpris de voir Mike s'arrêter, et rougir énormément, regardant autour de lui comme pour vérifier que personne ne les écoutait. Le couloir était parfaitement désert, sinon au loin, à l'intersection suivante, des gens qui allaient et venaient, étaient bien trop loin pour les entendre, et n'avaient absolument intérêt pour leurs conversations.

— Mike ? appela John.

— Je... t'as déjà eu des amies, des filles je veux dire, avec qui t'avais pas envie de coucher ?

— Ben oui. Évidemment. Pas toi ?

Toujours rougissant, Mike baissa les yeux, et secoua négativement la tête.

— Nan, marmonna-t-il. Pas vraiment.

— Mais t'es en manque, mon pote ! s'amusa John. Depuis quand t'as pas couché avec une fille, aussi ?

Il souriait, et se décomposa en voyant le visage fermé de son ami, ses yeux résolument baissés, et son absence de réponse.

— Oh, mince, je suis désolé, t'es...

— Puceau. Ouais, ça va, hein. Pas toi, alors ?

Avec un temps de latence, John réalisa qu'il ne connaissait ses camarades de médecine que depuis moins de six mois, le début de l'année scolaire. Au contraire de tous ses amis de lycée, qui avaient suivi toutes ses petites amies, et avec qui, comme les mecs un peu machos et cons qu'ils étaient, il avait décortiqué toutes ses relations, y compris et surtout sexuelles, Mike ne savait pas grand-chose de John. Son insistance, à lui, Peter et Alec, à demander des détails sur sa relation avec Neil et leur soirée de Saint-Valentin prévue ce soir, prenait soudain un autre éclairage. Le jeune homme s'imaginait sans doute que John était vierge, et que les choses allaient changer ce soir.

— Non, plus depuis quelques années, avoua John. J'avais seize ans. Désolé de pas l'avoir compris. Je ne voulais pas te gêner.

Mike haussa les épaules. Manifestement, l'air sincère et bienveillant de John le rassurait sur son aveu.

— T'inquiète, je me débrouille très bien tout seul pour être gênant et pathétique.

— Parce que t'es vierge, tu te penses pathétique ? demanda John en fronçant les sourcils.

— Bah évidemment. Ça l'est.

— Mais non. Absolument pas. T'as dix-huit ans, c'est normal !

— Dix-neuf, le corrigea Mike. Je suis de fin janvier.

John balaya l'argument de la main.

— Non mais sérieux, c'est rien.

— Mouaif... J'ai peur de passer pour un con, tu vois, avec une fille expérimentée...

Il paraissait définitivement rassuré sur le fait que John ne se moquait pas de lui, et parlait plus librement, même s'il faisait attention à garder sa voix basse, pour ne pas être entendu des autres.

— Si elle te méprise pour ça, alors c'est une imbécile ! trancha John. On a tous été inexpérimentés un jour ou l'autre ! Si ça se trouve, elle ne le sera pas davantage que toi. Et si elle l'est, c'est tout bénef, tu pourras en profiter ! Une fille qui sait ce qu'elle fait... c'est quand même intéressant.

Il eut un sourire en coin, auquel Mike répondit du même air pervers, rougissant un peu. Ils avaient l'impression d'être discrets, mais de l'extérieur, ils avaient l'air si louches que n'importe quelle fille aurait deviné en quelques secondes qu'ils parlaient de sexe.

— C'est... vraiment aussi... enfin, ça vaut vraiment le coup ? demanda maladroitement Mike.

— C'est pas du porno, répondit John. Parfois, c'est décevant, c'est rarement génial et merveilleux comme un feu d'artifice, mais c'est vraiment cool la plupart du temps, ouais.

Mike parut se satisfaire de cette explication.

— Alors avec Neil...

— C'est vraiment cool les rares fois où on arrive à être seuls, ouais ! rit John.

— Je croyais que t'avais ton appart hors du campus ? releva Mike. Et elle le sien ?

John se mordit la langue. Dans l'esprit de ses camarades, il était une sorte de privilégié, un gosse de riche qui pouvait se permettre un appart hors du campus, loin des minuscules chambres universitaires, celles-là même que Sherlock avait voulu forcer lors de leur visite de l'Imperial durant les vacances de Noël. La réalité était tout autre, et John n'avait pas envie d'en parler. A vrai dire, c'était plutôt Mike, Peter et Judith, dont les familles semblaient richissimes, qui auraient eu les moyens de se faire payer un appart, mais ils vivaient pour des raisons diverses soit chez leurs parents, soit sur le campus.

— Elle, oui, mais elle est en coloc avec sa sœur et une amie. Et moi... c'est compliqué.

Il n'ajouta rien, et son ami dut comprendre qu'il n'était pas bon d'insister sur le sujet. John se fit la réflexion au passage que Neil non plus ne demandait jamais après son appart. C'était toujours chez elle. Pourtant, ce n'était pas de la prévenance de la part de la jeune femme. John se demanda si elle n'avait toujours pas compris qu'il vivait seul, parce qu'elle n'avait jamais posé la question, ou si tout simplement John était un tellement mauvais coup qu'elle préférait ne pas se trouver dans une situation où ils pouvaient faire l'amour. La deuxième hypothèse semblait exclue, ou alors elle était vraiment une excellente actrice ; mais la première était relativement déprimante.

— Tu crois que je suis condamné à rester... comme ça toute ma vie ? demanda soudain Mike.

— Comme ça... quoi ?

— Vierge, marmonna son camarade.

S'ils ne se pressaient pas, ils allaient vraiment finir par être en retard, et ils avaient repris leur marche à travers les couloirs de l'Imperial, et il était évident que Mike n'en avait pas fini avec cette conversation, et qu'il ne tenait pas à l'avoir en présence des autres garçons, et encore moins des filles de leur bande.

— Aucune chance, répliqua John. Sois patient. Franchement, y'a pas d'urgence.

— Mais regarde-moi ! J'ai rien pour moi !

John lui jeta un regard en coin, qui ne lui apprit rien de ce qu'il ne savait déjà. Le beau gosse de leur bande, c'était Alec, assurément. Il avait ce physique de bellâtre qu'il vivait davantage comme une malédiction qu'autre chose. Peter était très mignon, attirant facilement les regards aussi, même s'il n'était pas aussi clairement catalogué « Dieu vivant » que Alec. Mike était dans la norme, avec ses défauts et ses avantages : les lunettes qui étrécissaient ses yeux, une carrure un peu forte ; mais aussi des yeux très clairs, un sourire magnifique, une silhouette globalement harmonieuse. John ne le trouvait pas spécialement beau, mais il était loin d'être laid.

Il était surpris de découvrir cette facette de son ami. Mike était toujours jovial, de bonne humeur, prêt à mettre l'ambiance, rendre les autres heureux. Il n'aurait pas soupçonné qu'il cachait un tel manque de confiance en lui.

Incongrument, il songea que Sherlock l'aurait probablement su en cinq secondes. Il fallait vraiment qu'il lui demande de l'aider en science de la déduction. Ça pouvait toujours servir.

— Tu n'es pas objectif, répliqua John assez durement. Tu n'as rien contre toi. Ok, t'es pas un beau gosse ultime, qui n'a besoin de rien pour faire tomber les filles en pâmoison, mais t'es normal, comme moi ! Et ça marche quand même ! Tu veux un truc ?

Mike hocha la tête frénétiquement. Ils avaient rejoint leur salle, et devaient rentrer immédiatement, leur cours commençait dans moins de deux minutes. Ils espéraient que le reste de la bande leur avait gardé des places. John s'installait systématiquement avec eux, désormais. Sherlock ne se pointait plus inopinément en cours pour venir avec lui et corriger sa prise de note : il le faisait a posteriori. Quand le jeune génie décidait de sécher ses cours et de rejoindre John, il le prévenait généralement en amont et John s'arrangeait pour arriver « en retard », et s'assoir au premier rang aux côtés de son ami, parce qu'il n'avait pas le temps de rejoindre sa bande quelques étages plus haut. Personne n'avait rien soupçonné jusque-là.

Ils entrèrent dans l'amphi au moment où leur professeur fermait derrière eux, ne tolérant pas les retardataires. Du regard, John repéra Caitlin leur faisant signe en désignant deux places. Il s'y précipita, Mike à ses côtés, et en profita pour lui indiquer :

— Aie confiance en toi, ou bien fais semblant. C'est ça qui donne envie aux filles. Un mec qui sait ce qu'il fait. Et si tu te ne sais pas, prétends-le ! Surtout pour les filles plus âgées, qui ne veulent pas d'un gamin à peine sorti des jupes de sa mère !

Le conseil valait ce qu'il valait, et n'était pas vraiment applicable dans toutes les situations, mais John n'avait pas le temps de détailler qu'il pensait qu'en cas de relations sexuelles, un peu d'honnêteté sur ses expériences passées était sans doute plus pertinent. Ils eurent à peine le temps de sortir leurs affaires qu'ils commençaient déjà à prendre des notes.

Il fallut vingt minutes complètes à Mike pour trouver dix secondes de pause dans son écriture frénétique pour écrire un simple « merci pour tout » sur un bout de papier, et le tendre à John. Il fallut à John trente minutes supplémentaires pour avoir le temps de lui répondre « mais de rien :) » qu'il espérait clair et encourageant.


La journée fila en un clin d'œil, avant même que John n'ait eu le temps de respirer. La fac de médecine faisait cet effet-là, et ils se retrouvèrent tous à l'issue de leur journée de cours, groggys et anesthésiés par leur prise de notes. Peter et Alec charriaient John, lui disant que l'avantage d'être célibataires, c'est qu'ils n'allaient pas perdre une soirée de révisions, eux !

John les laissa faire, prit part à leur blague, et leur souhaita une bonne soirée entre losers célibataires, pour la déconne, avant de rejoindre Neil qui l'attendait à la sortie de l'Imperial.

— Salut, toi, sourit-elle en l'embrassant.

John avait souvent l'impression que c'était écrit sur son visage qu'il était plus jeune qu'elle, mais elle ne semblait pas en faire grand cas. Elle avait sans doute raison, parce que la plupart des étudiants de la fac défilaient autour d'eux sans même leur jeter un coup d'œil.

John arrêta soudain brutalement le baiser, clignant des yeux, tenant de fixer une image qui avait disparu. Et même si cela avait été vrai, quelle importance que Sherlock se soit trouvé dans le coin et les ait vu s'embrasser ? Ce n'était pas comme si John pouvait lui cacher quoi que ce soit, ou comme s'il ignorait l'existence de la jeune femme dans la vie de son meilleur ami.

— Salut. T'as passé une bonne journée ? demanda maladroitement John pour mettre fin à la gêne qui avait pris place entre eux quand il avait repoussé un peu trop violemment sa copine.

— Fatiguant, comme d'hab. C'est la définition d'une bonne journée en médecine, non ? rit-elle en réponse, peu rancunière. Alors, on a de quoi de prévu ce soir ?

John lui sourit.

— Surprise. Tu me suis ?

Il tendit la main, elle y glissa la sienne, et ils partirent dans les rues de Londres.

Entre deux coups de ceinture quand il avait bu, Richard Watson avait des grands principes sur les femmes, la place qu'elles devaient occuper, et les responsabilités de l'homme au sein du couple. John avait déconstruit une grande partie de ces préceptes, parce qu'il ne parvenait pas à faire confiance à un homme qui le frappait, et qui frappait sa mère, quand il avait un coup dans le nez. Pourtant, certains principes s'accrochaient encore à lui. C'était à lui d'organiser la soirée de Saint Valentin, à lui de réserver un resto, à lui de payer, à lui de lui tenir la porte.

— Classieux, s'amusa Neil quand ils entrèrent là où il avait réservé. Tu essayes de m'impressionner pour obtenir mes faveurs ?

Ils rirent tous les deux, parce qu'ils savaient pertinemment que John n'avait pas besoin de dépenser une fortune au resto pour ça. Neil lui avait offert son corps sans pudeur depuis un moment. Il l'aimait sincèrement pour ça, pour cet esprit libre et rebelle qu'elle cultivait. Elle savait ce qu'elle voulait, et ne laissait personne se mettre en travers de sa route vers ses aspirations.

Pourtant, elle était paradoxale. Quand ils avaient discuté de cette soirée réservée aux couples, John envisageait simplement un truc tranquille, comme leur premier rencard. Où ils partageraient les frais, s'amuseraient et riraient. Elle n'avait rien dit, mais il avait bien compris que ce serait loin d'être suffisant. Elle voulait du grand jeu, et c'était à lui de le lui donner. Jamais elle n'aurait agi en retour.

Alors John avait économisé, pratique rendue nettement plus simple par le fait de pouvoir se servir dans le frigo de Sherlock régulièrement. Puis il avait réservé un resto un peu haut de gamme. Ça n'avait sans doute rien à voir avec ce que Sherlock pourrait fréquenter, s'il le voulait, ce gosse de riches élevé dans la soie et l'opulence, mais c'était suffisant pour Neil.

— À quoi tu penses ? l'interrompit-elle.

John s'obligea à chasser son meilleur ami de son esprit. Ce n'était pas vraiment ce à quoi on était censés penser durant un dîner de Saint-Valentin avec sa petite copine.

— À toi, répondit-il d'un air enjôleur. À combien tu es belle ce soir.

Elle éclata de rire, et John se joignit à elle. Ni lui ni elle n'avait eu le temps de repasser par chez eux à la fin des cours, ils avaient leurs fringues habituelles. Bien sûr, ils avaient fait des efforts vestimentaires, et il était évident qu'elle s'était maquillé et recoiffé dans les toilettes de la fac avant de le retrouver, mais ils n'étaient pas non plus sur leur trente-et-un.

— Tu ne me retournes même pas le compliment ? fit semblant de s'offusquer John. Je suis blessé. Je pourrais bien ne jamais m'en remettre.

Ils rirent de nouveau, et John se détendit. Il n'avait aucune raison d'être nerveux, pourtant. La soirée allait bien se passer.

La soirée se passa bien. Ils rirent, mangèrent bien. Neil commanda du vin que John refusa de boire sans lui donner d'explications. Comme trop souvent, ils discutèrent essentiellement médecine. John essayait parfois de glisser d'autres sujets, mais ça ne prenait pas spécialement. Ils étaient souvent en désaccord, sur tout le reste, et il n'avait aucune envie d'une engueulade. Il s'efforçait de ne pas songer à quel point passer du coq à l'âme et parler d'absolument tout, sans limite, était aisé avec Sherlock. Cette pensée parasite devait être annihilée.

— Je te raccompagne chez toi ? demanda-t-il doucement alors qu'ils sortaient du resto.

— Hummm. Ma coloc sera sans doute là.

— Pas ta sœur ?

— Elle a dit qu'elle sortait.

— Elle a quelqu'un ?

— Je ne sais pas. Je crois.

Ils marchaient à travers la nuit. John savait qu'elle attendait sans doute qu'il l'invite chez lui, mais il n'était pas certain d'en avoir très envie.

— T'as pas l'air content pour elle, remarqua-t-il. C'est plutôt cool, si elle a quelqu'un, non ?

Neil fit la grimace.

— Elle est jeune.

— Autant que moi, releva John, vaguement blessé.

Neil réalisa ce qu'elle venait de dire, et elle pressa son bras, se rapprochant de lui. Sa chaleur était tentante. Elle n'avait pas fermé son manteau, et en la regardant sur le côté, John ne put s'empêcher de laisser son regard dériver vers sa poitrine. Il était humain, et elle était bien pourvue.

— Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire ! s'excusa-t-elle. Enfin... c'est une fille, quoi. Elle devrait pas sortir si jeune. Mes parents désapprouveraient, s'ils savaient, mais bon, j'suis pas sa mère alors je dis rien, mais voilà quoi.

John était abasourdi. Neil et lui n'avaient que trois ans d'écart, environ le même écart qui existait entre elle et Janis, sa sœur. Bien sûr, à peine majeure qu'elle était, on pouvait s'inquiéter de ses fréquentations et sorties le soir, mais elle était à la fac, en première année, tout comme John. Le fait que Neil applique deux poids deux mesures entre sa sœur, une fille, et son copain, un mec, lui paraissait absurde.

— Tu sais, ma sœur à moi, elle a commencé à sortir bien plus tôt. Alors bon, moi ça ne me choque pas, énonça-t-il prudemment.

Il préférait laisser sous-entendre qu'ils n'étaient pas forcément en désaccord, mais que le modèle qu'il avait toujours eu l'avait amené à accepter cet état de fait, et donc justifier pourquoi il n'était pas choqué que la jeune Janis sorte s'amuser un soir de Saint Valentin.

— Sérieux ? Avant la fac ?

Des images de Harry défilèrent devant ses yeux. Sa sœur avait commencé beaucoup plus tôt. Beaucoup trop tôt. Il ne pouvait pas totalement la blâmer. Elle fuyait leur maison. Lui aussi l'avait fait, sauf qu'il se limitait à peloter des filles et traîner avec ses copains d'école dans des endroits globalement adaptés à leur âge.

— Ouais, se borna-t-il à répondre.

— Elle est comment, ta sœur ? T'en parles jamais, de ta famille...

Parce que tu ne poses pas de questions, brûla de lui répondre John. Il ne le fit pas. Cela ne servait à rien.

— Elle s'appelle Harriet. Elle est plus âgée que moi. Elle a pas fait d'études. Elle avait vaguement commencé médecine sur un coup de tête, mais elle a tenu deux mois. Elle bosse, maintenant.

Du moins, elle le faisait quand elle ne se faisait pas virer pour être en état d'ivresse manifeste sur son lieu de travail.

— Je la vois pas beaucoup, et j'ai pas franchement de nouvelles. On n'a jamais été super proches.

C'était faux, et John entendit clairement le mensonge dans sa voix. Enfant, il avait été très proche de sa grande sœur, avant que sa famille toute entière ne parte en vrille. Il aurait aimé l'aider, aujourd'hui, mais il avait conscience qu'il n'en avait pas les moyens, que cela soit financiers ou psychologiques. John avait appris très tôt qu'en cas d'accident, il fallait d'abord se protéger soi-même, pour espérer aider les autres. Mettre son propre masque à oxygène dans un crash d'avion avant de le mettre à son enfant.

Alors il se protégeait lui-même. Mais il n'avait pas les moyens d'aider Harry. Peut-être un jour.

— C'est dommage, commenta Neil. En même temps, c'est une fille, et t'es un garçon, p't'être que c'est moins facile de s'entendre... Moi et Janis, on se bouffe le nez tout le temps, mais c'est ma sœur, on est deux filles, on finit toujours par se comprendre.

John s'étonna qu'elle ait avalé sans aucune difficulté son mensonge. Qu'elle ne décelait pas la souffrance que cette conversation lui causait. Sherlock l'aurait su en un clin d'œil, et un reniflement méprisant. Il savait toujours quand John mentait. Non pas qu'il essayait réellement de l'abuser, de toute manière. Il savait toujours tout.

— Mais bref, assez parlé famille ! décréta Neil, alors qu'il y aurait eu encore beaucoup de choses à en dire. Puisque mon appartement n'est pas disponible... on va chez toi ?

Elle sourit, enjôleuse, et se rapprocha aucune plus de John, ce qu'il n'aurait pas cru possible. Il s'arrêta et la fit se tourner vers lui pour l'embrasser passionnément. Et se donner le temps de trouver une réponse convenable. Une réponse qui lui permettrait de refuser. Il n'avait pas envie d'elle là-bas, bizarrement.

La seule autre option, cependant, c'était d'aller chez elle, et Neil était pudique, à sa manière. Si l'appart n'était pas vide, et même si sa chambre fermait à clé, elle n'avait pas envie qu'on puisse les entendre.

— Et si on allait chez toi, plutôt ? On sera discrets, promis... et c'est beaucoup plus près... je ne suis pas capable d'attendre jusqu'à chez moi...

Il l'embrassa entre chaque phrase, pour faire bonne mesure. Et la câlinait, un peu trop. Plus qu'il ne se serait jamais permis en public, s'ils n'avaient pas été protégés par l'anonymat et la noirceur de la nuit.

Il la sentit résister, faiblir, abandonner.

— D'accord, murmura-t-elle. De toute manière, Phyllis se couche tôt. Elle doit déjà dormir. Viens.

Elle se trouvait assurément des excuses, mais ça allait très bien à John. Il accepta la main tendue et ils s'enfuirent rapidement en direction de l'appartement de la jeune femme.


Prochain chapitre ! Me 25/12

Publier le jour de Noël ne devrait poser aucun souci, en revanche, vous m'excuserez, il est probable que je ne fasse pas les réponses à vos reviews, et potentiellement que le chapitre n'ait pas d'en-tête, je serai occupée en famille et je n'aurai sans doute pas le temps pour ça ^^'

Reviews, si le coeur vous en dit ? :)