Jour 340
" Il n'y a rien de plus précieux dans ce monde que le sentiment d'exister pour quelqu'un" Victor Hugo
Les jours avaient continués leur course infernale. Chaque soir Severus prenait bien soins de se rappeler de chaque moment passés aux côtés de la lionne, de les enregistrer, pour plus tard, quand il serait de nouveau seul.
Hermione avait établi un planning de révision militaire malgré les protestations de Rogue qui persistait à lui répéter qu'elle savait déjà parfaitement tout. Plusieurs fois la quiétude de la maison fut brisé par des cris, chacun ne voulant pas démordre de ses arguments. Dans ces moments là Rogue finissait par hurler à Hermione qu'elle n'était qu'une affreuse Miss-je-sais-tout qui ne savait rien faire d'autre que réciter les livres qu'elle avait appris par coeur. Ce à quoi Hermione répondait que ses livres avaient été approuvés par les professeurs de Poudlard et qu'ils contenaient forcément les bonnes réponses. Le maître des potions finissait alors par claquer violemment la porte de sa chambre et n'en sortait que des heures plus tard quand il était enfin calmé. Étrangement même ces moments là le rendait heureux, il aimait son entêtement autant qu'il le détestait.
Il était très tôt ce matin là, le soleil n'était pas encore levé. Rogue était allongé dans son lit, pattenrond fidèlement lové contre lui, il aperçu alors de la lumière par l'entrebâillement de la porte qu'il laissait légèrement ouverte pour que le petit félin puisse allé et venir à sa guise. Immédiatement pattenrond se leva et se dirigea vers la salle de bain. Rogue se leva à son tour, Hermione sorti de la pièce au même moment.
- je suis désolée je ne voulais pas vous réveiller
Elle était seulement vêtu d'un t-shirt qui cachait à peine sa culotte noire.
- la potion ne fait toujours pas effet ?
Elle fit un simple non de la tête et serra un peu plus fort ses bras autour de son ventre. Elle hésita un instant avant de finalement s'accroupir dans le couloir et de se replier sur elle même.
Depuis qu'il l'avait trouvé dans la salle de bain, il avait cherché une alternative à l'achillée. La nouvelle version de la potion était prête depuis plusieurs semaines mais les règles d'hermione ne semblaient pas vouloir se manifester. Et puis elles étaient finalement arrivée, la potion n'avait eu aucun effets, la jeune femme avait passée sa nuit à pleurer de douleur seule dans son lit. Le lendemain quand Rogue l'eu appris il lui passa évidemment un savon. Il se remit alors à travailler sur une nouvelle version, mais le mois suivant elles arrivèrent avec dix jours de retard ce qui ralentissait considérablement la vitesse des recherches.
- ça semble plus supportable ?
- le plus dur est passé il y une heure ou deux. Mais il n'y a pas vraiment d'amélioration non
Rogue s'approcha alors de la jeune femme. Ainsi sorti de la peine ombre, Hermione remarqua alors qu'il ne portait qu'un pantalon de pyjama et était torse nu. Sa peau était pâle, striée de cicatrices. Elle baissa rapidement les yeux. Jamais il ne s'était montré si peut vêtu. C'était déjà un miracle . quand il détachait les deux premiers boutons de sa redingote.
- tu peux marcher ?
- hum... J'ai juste besoin d'une minute
Rogue retourna alors dans sa chambre et prit le premier t-shirt qu'il lui tomba sous la mains. Il retourna alors prêt de la lionne, passa ses bras autour d'elle, comme il l'avait fait presque trois mois plus tôt. Elle voulu protester mais il lui dit alors :
- profite, je suppose que ça n'est pas souvent que quelqu'un prend soins de toi
Elle eu un petit rire léger tout en passant ses bras hésitants autour du coup du maitre des potions. Quand Rogue senti la douce caresse des mains d'hermione sur sa nuque, il ne pu empêcher son esprit de s'emballer. Le toucherait-elle avec tant de douceur si un jour il lui volait un baisé ? Ou ses mains se feraient-elle plus insatiables ? Il se fustigea intérieurement, c'était ridicule comme pensé !
Il voulu prendre la direction de la chambre de la jeune femme mais elle lui demanda d'aller dans le salon. Une fois que sa patiente fût allongée dans le canapé, une bouillotte chaude sur le ventre, Rogue s'attela à la préparation du petit déjeuné. Hermione voulu protester et commença à se lever pour l'aider
- reposes toi
- je vais bien
Il laissa alors glisser son regard sur la jeune femme, un sourcil relevé et un rictus moqueur sur les lèvres
- vous êtes odieux !
Il eu un rire et Hermione se leva et s'assit sur le plan de travail, à coté de l'évier pour faire bonne figure et commença à rincer des fruits. Rogue fit furtivement glisser son regard le long des jambes nues de la jeune femme.
- et toi tu es bien trop têtue
"et dénudée..."
Elle se contenta alors de soupirer bruyamment, en marmonnant qu'elle ne savait pas lequel des deux était le plus têtu.
Elle tendis les fruits lavés au serpentard qui commença a les couper. Elle profita alors de ce moment pour observer l'homme qui était en train de préparer son petit déjeuner. Hermione remarqua alors que jusqu'à présent elle ne l'avait jamais vu sans ses typiques manches longues descendant bas sur ses mains, en cachant la moitié. Et quel dommage ! Ses mains étaient fines, ses doigts longs et élégants, elle se dit qu'il aurait pu être musicien avec de telles mains. Elle laissa alors son regard glisser sur ses longs doigts , remontant vers ses poignets, jusqu'à ce que ses yeux atteignent ses avant bras. Là s'étendait alors une tête de mort dont un horrible serpent jaillissait. Instantanément le tatouage fût dissimulé à sa vue. Elle releva alors les yeux vers l'homme lui faisant face. Toute trace de sourire ou de joie avait disparue de son visage, il avait de nouveau cet air sévère qu'elle avait connu durant toute sa scolarité.
- la vue vous plaît Granger ? Je ne vous dérange pas trop ?
Bien donc quand il était en colère, il repassait au vouvoiement. Hermione encra son regard dans le sien avec arrogance
- plutôt oui, si vous voulez bien reprendre
Rogue s'approcha alors menaçant de la jeune femme toujours perché sur le plan de travail, leur regards étaient ainsi à la même hauteur. Rogue avait son bras droit caché derrière son corps, sa mains gauche posé à l'endroit de la marque sûrement dans l'espoir de la dissimuler un peu plus. Ils s'affrontèrent alors du regard. Depuis quand cette odieuse gamine n'avait plus peur de le défier ainsi ? Rogue sentait la rage mêlé à la honte monter en lui. Hermione tendis la mains vers lui, il se recula avec la vivacité d'une bête sauvage
- je vous interdit de me toucher !
- croyez vous que j'ignorais son existence ?
Elle descendit de son perchoir, maintenant Rogue la dominait de trente bon centimètres mais elle ne se laissa pas impressionner pour autant. Elle planta son regard intransigeant dans celui de l'homme qui lui faisait face
- croyez vous vraiment que je ne savais pas ce qui se trouve sur votre peau ? Vous pensez que ça fait une différence pour moi ?
Rogue continuait de la foudroyer du regard. Bien sûr que non il n'avait jamais pensé à ça. Mais il avait simplement voulu ne pas y penser. Lui, refusait de voir constamment le rappel de la pire décision qu'il n'ait prise par lui même. Alors il l'avait cachée, pas seulement pour dissimuler son allégeance, mais parce qu'il en avait honte. À l'instant même où elle a été apposée sur sa peau, il l'avait regretté. Elle était la preuve de sa faiblesse, de sa servitude, des monstruosités qu'il avait commises. Tellement de fois il avait essayé de la faire disparaître, à coup de sort et puis prit de désespoir avec ses ongles, déchirant sa peau souillée. Mais elle n'était pas juste apposée sur son bras elle était encrée en lui, dans son âme.
Avec cette marque il avait menti, martyriser des plus faibles que lui, terrorisé des moldus, torturé, et même parfois tué. Avec cette marque il avait laissé parler ses pires instincts. Son père l'avait dit, lui et sa mère étaient des monstres et sa monstruosité à lui était maintenant pour toujours inscrit dans sa chaire. Il serra plus fort son avant bras entre ses doigts. Hermione le regardait toujours avec ce regard plein de fougue et de douceur, comment pouvait elle seulement ne pas le haïr en voyant l'encre noire ? Comment pouvait-il seulement se tenir à ses côtés, lui qui n'était que noirceur, que ténèbres et démons ? Il était semblables à ceux contre qui la lionne c'était battu, par qui elle avait été blessée, à cause de qui elle avait tout perdu.
Il repensa aux mots que bellatrix avait gravé dans la chaire d'Hermione. Il les avait observé tellement de fois. La première fois qu'il avait vue l'horrible insulte ainsi gravée sur le bras de la lionne, il avait eu envie de hurler. Il eu bien du mal à contenir sa fureur et son dégout. Et puis il avait un instant croisé le regard d'Hermione, elle avait alors haussé les épaules comme si tu cela n'était rien de plus qu'une simple cicatrice sans importance. Pourtant cette marque lui avait été imposée, on l'avait torturé seulement parce qu'elle n'était pas née de parents sorciers. Où était-il quand la lionne résistait de toute ses forces contre Bellatrix ? Bien au chaud dans son Bureau, loin des hurlement et des pleurs. Si il avait été présent serait-il intervenu ? Aurait-il risqué sa couverture pour elle ? Non, parce qu'alors elle n'était rien pour lui.
Il ne valait pas mieux que les autres Mangemorts qui suivait le Lord noir peut importe à quel point il avait essayé de se mentir. Il était un lâche, juste un lâche. Depuis que la Gryffondor était entrée dans sa vie, il n'avait fait que se mentir. Il avait cru qu'il pouvait être plus qu'un Mangemorts, un traite, un espion, un homme cruel. Mais tout ça, c'était faux. Il ne sera jamais rien de plus. Il n'aurait jamais dû accepter la mains que lui avait tendue Hermione. Il était un monstre qui finissait toujours par détruire ceux qu'il aimait. Et il finirait sûrement par la détruire. Bien sûre que la lionne est forte mais elle est aussi si douce , si pure et lui si sale, si sombre. Si il avait désespérément besoin d'elle, l'inverse n'était pas vrai. Et il avait été trop lâche pour mettre fin à cela lui même.
Il regarda amèrement les mots gravés sur la peau dorée d'hermione.
- pourquoi restes-tu ?
Il avait prononcé ses mots dans un murmure. Il baissa alors les yeux au sol, ses cheveux retombèrent dissimulant ainsi son visage aux yeux d'hermione. Il sentait les sanglots monter dans sa gorge. Mais si il aimait vraiment la jeune femme, alors il devait le faire, pour son bien, parce que c'est ce qui a de plus important à ses yeux.
- vas t'en
Il recula d'un pas, Hermione s'avança vers lui. Son coeur battait à tout rompre. Il devait mettre un terme à tout ça. Cette douceur, cette joie, tout ça n'était pas pour lui, il ne méritait rien de ce que la jeune lionne lui donnait chaque jour, pire il la privait de la vie qu'elle méritait. Il avait été égoïste en la gardant pour lui.
- va t'en ! Bordel Hermione fais ce que je te dis ! Tu m'avais dit que tu partirais si je le voulais. Je ne veux plus te voir !
Il avait hurlé, son âme était déchirée. Son coeur semblait se consumer. Il avait envie de pleurer pourtant il se força à avoir une expression neutre.
Face à lui, Hermione était tétanisée de peur. Oui, elle lui avait dit que le jour où il lui demanderait de partir elle le ferait, sans négocier. Pourtant en cet instant son coeur lui hurlait de ne pas partir, de ne pas le laisser seul face à ses démons, face à sa honte qui le consumait. Malgré le visage neutre qui lui faisait face elle savait qu'il était rongé par la douleur et la colère contre lui même.
- je ne peux pas.
Elle serra un peu plus fort les poings, sa voix se mit à trembler, son cœur hurlait de douleur. Pourquoi faisait-il ça ? Pourquoi essayait-il de la blesser ? Elle se foutait de cette marque, elle se foutait de son passé. Peut importe qui il avait été.
Aujourd'hui il etait l'homme avec qui elle vivait, cet homme colérique et pourtant si doux, cet homme qui avait posé sa mains sur sa tête quand elle sentait sa vie chavirer, cet homme qui ne cessait de la pousser à s'améliorer, cet homme qui lui avait donné un but et un avenir.
Elle se fichait de qui il avait été, elle aimait ce qu'il était aujourd'hui. Elle aimait leur vie dans cette petite maison, elle aimait le voir caresser Pattenrond tendrement pensant qu'elle ne le voyait pas faire, elle aimait parler avec lui de tout et de rien pendant des heures, elle aimait le voir cuisiner alors qu'il détestait manger, mais il le faisait pour elle, parce qu'elle adorait les repas qu'il leur préparait, elle aimait l'entendre rire. Son rire est la plus belle chose qu'elle n'ai jamais entendu. Et il voulait qu'elle le laisse partir ? Il voulait la voir le quitter ? Elle en était incapable
- Je vous en supplie ne me demandez pas ça
Elle réalisa alors la place qu'avait prit Severus dans sa vie, elle réalisa l'importance qu'il avait pour elle. Elle repensa à cet instant où il avait partagé ses souvenirs avec elle. Elle était trop chamboulée à ce moment là, elle n'avait pas compris, elle avait vu que tous les souvenirs heureux et chaleureux qu'il avait été avec elle. Elle en avait ressenti de la fierté et de la tendresse pour Severus. Mais maintenant elle comprenait. Et alors face à la perte imminente, les larmes se mirent à couler le long de ses joues et sa poitrine se serra douloureusement. Elle ne voulait pas le perdre, elle ne voulait qu'il redevienne un étranger, elle ne voulait pas ne plus jamais le voir sourire ou rire.
Rogue releva enfin la tête, leurs regards se croisèrent alors.
- s'il vous plaît professeur
-je t'en pris va t'en Hermione, rien de bon ne peut arriver
Il avait murmuré cette phrase comme si la dire plus fort lui aurait arraché le coeur.
Le regard chocolat d'hermione était noyé de larmes et ce constat créa un trou dans la poitrine de Rogue. Il aurait voulu ne pas la faire souffrir, il aurait voulu que tout cela n'est pas d'importance pour elle. Il aurait voulu ne pas avoir d'importance pour elle, parque qu'elle méritait mieux. Bien mieux que lui et son âme brisé.
- je ne veux pas vous perdre
Elle s'avança et attrapa sa mains, entre-mêlant leurs doigts. Et colla son front contre le sien. Même si il voulait fuir, il ne résista pas et resta immobile. Merlin il avait tant besoin de sa chaleur , de son contact. Il allait crever de son absence, il en était sur. Jamais il ne se remettrait de cette perte. Il ne voulait pas qu'elle le lâche. Il espéra qu'elle se batte pour lui, qu'elle refuse de l'abandonner, parce que merde, lui ne voulait pas partir, pas alors qu'elle pleurait, pas alors qu'il se sentait aimé pour la première fois de sa misérable vie. Il voulait être égoïste. Il la voualit elle, il voulait cette vie, sans fin, sans condition, il voulait oublier son passé une bonne fois pour toute. Ne plus etre un monstre.
- je ne peux pas. Ne me demande pas ça. J'ai besoin de toi Severus.
Alors tout bascula, le monde se mit à tanguer autour de Severus. La peine, la rage, la honte, l'amour qu'il avait pour Hermione, l'envie qu'il avait d'être aimé en retour, le besoin de sentir sa peau contre la sienne. Tout se mélangea, tout s'entrechoqua, tout se brisa. Il saisi la nuque d'hermione et scella leurs lèvres. Il s'accrocha à elle désespérément, goûtant sa bouche, sa langue, mêlant leurs souffles. Il lui chuchota entre chaque baisé qu'il était désolé. Desolé de son geste, désolé d'être un monstre, désolé de causer sa tristesse. Il ne su pas à quel moment les larmes avaient commencées à s'échapper de ses yeux propre yeux. Il n'avait plus conscience de rien, à part la douceur des lèvres qu'il embrassait avec fièvre, des mains d'hermione cramponnées à son t-shirt et la douceur de ses cheveux sous ses doigts.
Il était un idiot.
Il se recula alors, maintenant à bout de bras Hermione loin de lui. Il baissa la tête, les yeux encore mouillés de larmes, les joues rouges de honte et d'excitation. Il sentait le regard de la lionne posé sur lui, mais en cet instant il était mort de trouille et n'osait pas croiser ses yeux dorés qui lui faisait face. Il l'avait embrassé, pire il l'avait fait sans son consentement. Il avait forcé l'accès a ses lèvres, à sa langue et il se haï pour cela.
- pardonnes moi Hermione, jsuis un abrutit
Il senti alors deux petites mains attraper ses poignets et glisser le long de ses bras. Et puis il senti des bras l'entourer délicatement, un petit corps fragile se coller au siens et une tête s'enfouir dans son cou remplissant son champs de vision de boucles brunes.
- restez. Je me fou complètement de cette marque et je me fou de votre passé. J'ai seulement besoin de vous...Vous m'avez promis de ne pas m'abandonner
- je l'ai dit, mais je n'ai rien promis
Elle s'écarta de lui juste assez pour essuyer du bout des doigts les larmes encore présentes sur le visage de Severus.
- alors promettez le
Elle caressa délicatement le joue du Serpentard. Ce dernier leva enfin les yeux vers la lionne et plongea son regard dans le siens tout en posant sa mains sur celle, si petite d'hermione
- promis
La jeune femme lui sourit alors tendrement.
