Bonsoir tout le monde et bonne lecture ! J'espère que vous apprécierez le chapitre !
Harry entendit Blaise approcher avant qu'il ne puisse le sentir ou le voir. Il avait déjà levé les yeux en souriant au moment où Blaise entra dans son champ de vision.
«Salut.» dit Blaise.
«Salut.» répondit Harry en jetant un œil à sa montre.
Blaise fit la grimace et s'assit sur la chaise que Hermione avait délaissé quelques minutes plus tôt. Il ne leur avait pas fallu longtemps pour comprendre que la raison derrière la mort de cette licorne était particulièrement sombre, et donc que l'information ne serait pas facilement accessible dans les livres de la bibliothèque. A tour de rôle, ils se servaient de la cape pour se faufiler dans la Réserve, et Hermione et Ron venaient juste de s'y rendre. Harry avait déjà trouvé quelque chose de prometteur.
«Comment se sont passés tes vacances?»
«Fantastique.» dit Blaise.
Son ton n'avait pas beaucoup changé, mais Harry pouvait dire qu'il n'était pas sarcastique.
«Tant mieux.»
Harry sourit et Blaise lui répondit en souriant en retour. Harry reposa les yeux sur son livre, tout en gardant son attention sur Blaise.
«Comment va M. Benson?»
«Il se sent seul.» dit Blaise.
Il resta un moment silencieux et Harry sentit une espèce de soulagement.
«Mais il est vivant et c'est ça l'important ...»
«Pourquoi tu n'en parles pas à quelqu'un?» demanda Harry en levant les yeux.
Il remonta ses lunettes sur son nez.
«Je ne rigolais pas l'autre fois quand je disais que Patmol serait heureux de-»
«Non, répondit rapidement Blaise. Je ne rigolais pas non plus quand je te disais de te taire, Evans.»
«Potter, le corrigea Harry. Mais pourquoi pas? Tu ne préférerais pas vivre avec-»
«Bien sûr que si, siffla Blaise. Mais pour ça, il faudrait que Giovanna soit morte ou à Azkaban et franchement, je ne suis pas sûr qu'Azkaban est capable de la retenir. Elle y va souvent pour parler à ses clients et elle revient sans aucun dommage.»
«Mais-»
«Il faut avoir de mauvais souvenirs pour être affecté par les Détraqueurs, dit Blaise, amèrement. Je ne crois pas qu'elle ait de mauvais souvenirs, cette folle. Donc à moins que tu proposes de la tuer, laisse tomber.»
«Mais-»
«Je gère, dit Blaise. Je ne suis pas heureux, mais elle l'est et c'est ce qui importe pour l'instant.»
Harry soupira, mais n'insista pas. Ce n'était pas la première fois qu'ils en parlaient et la réponse de Blaise était toujours la même. Si ça avait été autre chose, Harry se serait sûrement tourné vers Patmol et lui aurait quand même demandé de faire quelque chose, mais c'était le choix de Blaise et malgré leur étrange amitié, Harry lui faisait assez confiance pour lui dire si les choses empiraient.
«Comment s'est passé le reste de ton voyage ? lui demanda Harry. Merci de t'être occupé de Hydrus, d'ailleurs.»
Blaise haussa les épaules, son expression difficile à déchiffrer.
«Pas de problème, dit-il. Moins les gens auront à subir ce petit con, mieux ce sera, je pense. Je suis juste désolé pour votre Malefoy.»
«Il est retourné chez lui pendant les vacances.» dit Harry.
«Malefoy l'a dit, oui. Et je ne peux pas faire grand chose pour mon horrible maison, mais si je peux faciliter la vie de votre Malefoy, alors pourquoi pas?»
«Parce que t'es ami avec son frère.» répondit Harry, même si ce n'était pas complètement vrai.
«S'il te plaît, ricana Blaise, se taisant avant de reprendre. Et ils ne sont pas tous si mal. Davis et Nott sont sympas et je ne sais pas encore trop pour Bulstrode … Quant à Morton … Je ne peux pas dire que j'apprécie le gamin, mais j'ai déjà vu pire … Greengrass, par contre, c'est une horreur.»
«J'ai remarqué.» soupira Harry.
Daphné, ainsi que Pansy et Nadia, persécutaient régulièrement Hermione. Elle s'en occupait plutôt bien en général, mais Harry ne les aimait pas. Ce matin même, elles l'avaient fait tomber à la sortie de la Grande Salle et lui avaient jeté du jus de citrouille dessus.
«Ils-»
«Zabini.»
Ron était de retour, Hermione sur ses talons. Par chance, la cape était hors de vue. Harry ne voulait pas vraiment partager ça avec Blaise, pas encore. Hermione adressa à Blaise un regard glacé et choisit une autre chaise. Elle se plongea instantanément dans sa lecture. Harry grimaça en regardant Blaise, qui agita la main.
«Weasley, dit-il, avant de lever un sourcil en regardant le livre énorme que Ron tenait. Je n'aurais jamais deviné que tu étais du genre à lire.»
«Blaise-»
Harry soupira et Blaise lui adressa un regard sévère.
«Potter.» répondit-il sur le même ton que Harry venait d'utiliser.
Ils se dévisagèrent en fronçant les sourcils. Finalement, Blaise se leva et entreprit de s'éloigner de leur table.
«Je te laisse avec des gens de ton espèce, Potter.» dit Blaise.
Après s'être incliné de manière un peu moqueuse, il disparut dans la bibliothèque. Ron le regarda s'en aller avec un air agacé, mais il ne fit aucun commentaire.
«T'as trouvé quelque chose?» demanda Ron à Harry.
«Je discutais.» dit Harry, un peu coupable.
C'était lui qui avait traîné Ron et Hermione à la bibliothèque pour découvrir l'utilité des licornes et jusque là, c'était aussi lui qui avait le moins aidé. Ron secoua simplement la tête, cependant, avec une odeur exaspérée plus qu'énervée, et il ouvrit son livre.
«Je peux t'aider?» demanda Severus.
Il s'empêcha de porter la main à son cœur. Ce n'était pas souvent qu'il entrait dans son bureau pour le trouver déjà occupé. Severus fut franchement agacé par le culot de son filleul, et aussi un peu impressionné. Drago leva la tête.
«Oui, je crois, dit-il. J'ai quelque chose à vous demander.»
Severus soupira et s'assit à son bureau, rêvant d'une Bièraubeurre ou encore mieux d'une bonne gorgée d'Ogden. Malheureusement, il avait cours avec Drago et le reste des Gryffondors et des Serpentards de première année après le déjeuner et Severus n'était pas non plus du genre à boire pendant la journée s'il pouvait l'éviter. Il savait ce que Drago allait demander. Il allait demander des réponses par rapport à ce qui s'était passé la veille au soir et tous les points que Severus leur avait retiré à lui et ses amis.
Et Severus, qui avait eu tant de mal à reconstruire la confiance de Drago après Noël, serait obligé de lui dire la vérité ou de mentir. Et Severus pensait que la vérité était plus que ce que Drago avait besoin de savoir. Si Drago repérait le mensonge, Severus risquait de détruire sa confiance et si Drago ne le repérait pas, Severus pensait qu'il se sentirait coupable, ce qui serait parfaitement ridicule, mais pourtant vrai.
«Laisse-moi deviner, dit Severus, essayant de rester impassible. Tu aimerais récupérer ces points?»
Drago lui lança un regard très froid – Severus pensa que Narcissa en aurait été fière – et il secoua la tête.
«En fait, je me demandais ce qu'il y avait sous la trappe que garde le cerbère de Hagrid.» dit-il.
Cette fois-ci, Severus porta vraiment la main à son cœur.
«Je- je te demande pardon?» réussit-il à lancer.
«Je me demandais, dit Drago, très lentement et clairement. Ce qu'il y avait sous-»
«Je t'ai entendu la première fois, imbécile.» s'écria Severus.
«Alors pourquoi vous-»
«Drago, assez.» dit Severus en levant une main.
Drago se tut, mais il y avait un éclat dans ses yeux gris qui donnait à Severus l'impression qu'il était plutôt fier de lui. Severus retroussa la lèvre.
«Alors?» demanda Drago, un instant plus tard.
«Alors? répéta Severus. Je te trouve incroyablement présomptueux ce matin, M. Malefoy.»
Drago se crispa et Severus grimaça intérieurement. Le stress avait tendance à le faire retourner aux formalités. Il n'osa pas s'excuser, cependant.
«Au nom de Merlin, qu'est-ce qui te fait penser que ça pourrait te regarder de près ou de loin ?»
«Et bien, dit Drago. Ça se trouve dans mon école. Puis il y a une expression qui dit 'curieux comme un chat', et les lions sont des félins, Professeur.»
Cette fois, ce fut Severus qui se crispa. Drago s'était toujours adressé à lui en l'appelant 'monsieur'.
«Alors j'ai pensé que je ferais mieux de demander d'abord, avant de décider de ce que je ferais après, en fonction de ce que j'apprendrais.»
Drago croisa les mains sur ses genoux et pour la première fois, Severus eut un aperçu de l'homme que son filleul pouvait devenir … Un homme très, très dangereux.
Mais Drago était encore un enfant et il semblait, malgré l'aventure de la nuit, qu'il faisait encore suffisamment confiance à Severus pour venir lui demander des réponses. En vérité, ce n'était pas juste de la part de Drago de s'opposer à Severus. Oh, Severus l'avait amadoué avec des leçons morales abstraites, lui avait enseigné des compétences utiles en termes de mémoire, d'organisation, lui avait appris à mentir en gardant un visage neutre, mais Severus faisait tout cela depuis des années. Severus avait utilisé ces compétences contre le Seigneur des Ténèbres et avait survécu pour le raconter.
Il gagna un peu de temps pour réfléchir à une histoire crédible en dévisageant Drago comme s'il le jaugeait. Drago avait aujourd'hui plus de mal avec cette observation qu'avant les vacances de Pâques et Severus dut réprimer sa curiosité.
«Très bien, dit finalement Severus. Lupin a prévu de l'utiliser en classe pour ses septièmes années.»
«Lupin?» demanda sèchement Drago.
«Oui, dit Severus. C'est un spécialiste des créatures magiques comme tu l'as sûrement remarqué … Je crois qu'il a une sorte de parcours d'obstacle en tête.»
«Vraiment?» demanda Drago.
«Vraiment.»
Severus tapa sur son bureau avec ses doigts, puis reposa ses yeux sur son filleul.
«Je n'en sais pas plus, j'en ai peur. Lupin et moi ne nous parlons pas très souvent.»
Drago digéra l'information en silence. Il avait l'air pensif et Severus s'empêcha de soupirer de soulagement. Visiblement, Drago l'avait cru.
«En parlant de ça, nous ne nous sommes pas beaucoup parlé dernièrement ...»
Drago leva les yeux vers lui.
«Comment s'est passé ton séjour au Manoir?» demanda Severus.
«Bien.» répondit Drago.
«Et dire que c'est toi qui reproche toujours à Potter son vocabulaire limité.» le railla Severus.
Drago le fusilla du regard, avant de hausser les épaules.
«C'était- calme. Mère était très occupée et Père et Hydrus ont beaucoup volé. J'ai passé la plupart de mon temps avec Dobby.»
«Lucius n'était pas-»
Severus ne savait pas comment formuler sa question, mais Drago sembla le comprendre.
«Il ne savait pas quoi faire, dit Drago. Il était très poli et … il m'a laissé faire ce que je voulais ...»
Drago se mordit la lèvre et regarda Severus.
«Il- Je l'ai vu me regarder étrangement, par contre. Et je l'ai entendu parler à Mère à propos de … de ce qu'ils devraient faire de moi ...»
«Et donc?» demanda Severus.
«Ils ne savaient pas, dit Drago en fixant ses pieds. Je- Ils sont perdus. Ils ne sont même pas en colère, juste- je ne sais pas, distants.»
D'après l'expérience de Severus, les Malefoy étaient toujours distants, mais d'entendre un tel mot de la bouche de leur propre fils signifiait qu'ils l'avaient été encore plus que d'habitude. L'estomac de Drago grogna bruyamment.
«Tu as mangé?» lui demanda Severus.
Drago secoua la tête.
«Le cours de Potions commence dans une demi-heure, dit Severus. Peut-être que tu devrais te dépêcher de rejoindre la Grande Salle. Je n'ai aucune envie que ton estomac dérange mon cours, c'est bien clair?»
«Oui, monsieur.» dit Drago en se levant.
Il se dirigea vers la porte, avant de s'arrêter et de regarder Severus. Il n'avait pas l'air en colère ou confus, ou même bouleversé. En vérité, son expression était presque curieuse.
«Oui?» demanda Severus.
«C'était un mensonge.» lui dit Drago.
«-juste que Macnair travaille pour le Département de contrôle et de régulation des créatures magiques.» dit Sirius.
Marlène soupira. Elle était assise sur son bureau et passait ses doigts dans ses cheveux – ce qui était presque aussi agréable que des grattouilles derrière l'oreille lorsqu'il était sous sa forme de chien.
«Rien d'autre?»
«Et bien, il est probable qu'il ait accès à la localisation de tous les trolls connus près de Poudlard ...»
«Mais?»
«Mais Macnair est terrible avec les trolls. Il s'est presque fait arracher la tête quatre fois et il y a des rapports de Sainte-Mangouste et des photographies pour le prouver.»
«Peut-être que c'est une couverture?»
«Macnair est un sadique, pas un masochiste.» dit rapidement Sirius.
Il n'avait jamais aimé Macnair – c'était un Mangemort – mais il l'aimait encore moins maintenant qu'il savait que son travail officiel consistait à exécuter les créatures magiques que le Ministère jugeait menaçantes … Des créatures comme Remus, si le Ministère décidait un jour qu'il constituait une menace. Macnair était l'une des rares personnes autorisées à utiliser un sortilège de Mort, mais d'après ce que Sirius avait entendu, son arme favorite n'était pas un sort, mais une hache très lourde et très acérée.
Sirius frissonna et les doigts de Marlène glissèrent sur sa joue, tournant son visage vers le sien.
«Alors Macnair est impliqué?»
«Sûrement, mais il n'y a aucun moyen de le prouver.»
«Il a été payé?»
«Les gobelins ne donnent pas ce genre de détails, dit Sirius en secouant la tête. Mais je pense que non. Si c'est Voldemort, alors Macnair serait heureux d'offrir ses services à ce vieux fou.»
Sirius fit mine de vouloir se lever pour pouvoir faire les cents pas, mais Marlène plaça ses mains sur ses épaules pour qu'il reste sur sa chaise. Sirius se laissa faire.
«Cette affaire a commencé il y a presque un an, souffla-t-il, frustré. Et à chaque fois que je pense avoir trouvé quelque chose, quelque chose d'autre me barre le chemin.»
«Ça ira.» répondit Marlène en replaçant sa main sur sa joue.
«Non, répondit rapidement Sirius. Ça n'ira pas, parce que ce fou furieux se trouve près de Poudlard-»
Remus lui avait parlé de la licorne et Sirius, se souvenant de sa conversation avec Croaker, avait directement été voir Dumbledore pour partager ses suspicions. Dumbledore avait alors avoué penser aussi à Voldemort.
«-et Harry est à Poudlard, et Lunard aussi. Et Harry n'est pas prêt- il ne peut pas- il est trop jeune pour s'inquiéter pour- je ne veux pas que ce monstre s'approche du fils de Lily et James, pas si je peux l'empêcher … et en ce moment, je ne peux pas. J'ai toujours un train de retard et je suis terrifié à l'idée de manquer quelque chose et que ce soit-»
«Sirius ...» le coupa Marlène, choquée.
Sirius secoua juste la tête et retira ses mains de son visage. Elle fronça les sourcils, puis l'obligea à se lever pour pouvoir le serrer dans ses bras. Sirius glissa son visage dans son cou, laissant ses cheveux courts lui chatouiller la joue, espérant qu'elle ne puisse pas sentir à quel point il tremblait, de peur, de stress, de colère et de frustration. Il prit plusieurs longues inspirations et se concentra sur la sensation de sa main, lui caressant doucement le dos.
Quand il se sentit un peu mieux, il s'écarta doucement d'elle et se rassit. Marlène, toujours perchée sur le bureau, l'observa, troublée.
«Tu ferais mieux d'y aller et de trouver Robards.» dit finalement Sirius en bougeant des papiers sur son bureau.
D'habitude, c'était lui qui la serrait dans ses bras après un événement ou un autre. D'ailleurs, cela était surtout arrivé pendant la guerre. Aujourd'hui, ils n'étaient même pas en guerre, ou du moins pas encore, et Sirius pensa à de l'eau glacée pour s'empêcher de rougir de honte.
«Il voudra sûrement que tu l'aides pour les révisions.»
Les apprentis devaient passer leurs examens dans un mois et tous les Aurors travaillaient dur pour les préparer au mieux.
«Tu vas faire quoi, toi?» demanda-t-elle.
Sirius tira vers lui le dossier Quirrell-troll-Voldemort-Gringotts-Remus et l'ouvrit. Marlène pinça les lèvres.
«Tu ne le connais pas encore par cœur?» demanda-t-elle en levant les yeux au ciel.
Si, pensa Sirius.
«Non, répondit-il à voix haute. Ne dis pas de bêtises.»
«Je te vois ce soir.» dit-elle en passant une main dans ses cheveux à nouveau.
«A plus tard.» dit Sirius en hochant la tête, sans lever les yeux du parchemin devant lui.
Marlène sortit et une fois qu'elle fut partie, Sirius laissa tomber sa tête dans ses mains et frotta ses yeux avec ses paumes. Harry pouvait certainement se débrouiller tout seul, mais prophétie ou non, il n'était pas prêt à faire face à Voldemort. Et Voldemort … Il se trouvait apparemment près de l'école, mais aucun des sortilèges que Sirius ou Dumbledore avait essayé n'avait révélé sa présence, et Sirius n'aimait pas du tout cela. Il avait pris de l'assurance en tant qu'Auror et s'était habitué aux criminels idiots et mal préparés, plutôt qu'aux gens qui savaient ce qu'ils faisaient, et il appréciait encore moins que Harry – et la pierre – en soit la cible.
Bien sûr, Harry était au courant que Voldemort allait – potentiellement – revenir, mais il ne savait pas tout. En ce moment, il devait déjà digérer la prophétie et Sirius ne voulait pas l'inquiéter davantage en lui disant que Voldemort se trouvait près de l'école. Il doutait que Harry le fasse, mais une petite part de Sirius craignait que Harry essaye de trouver et d'arrêter Voldemort. Sirius ne voulait absolument pas placer Harry – ou les amis de Harry – dans cette position.
Sirius sursauta quand son miroir se mit à brûler dans sa poche et il le sortit rapidement. Heureusement, ce fut le visage de Harry qui s'afficha sur le miroir, et pas celui de Remus ou de Ron pour lui dire qu'il y avait eu un accident ou autre chose. Harry était retourné à l'école depuis deux jours, mais Sirius avait appris à ne pas sous-estimer la chance de Harry (qui semblait lui faire courir des risques de manière régulière, mais qui lui avait jusque-là aussi évité d'être trop gravement blessé).
«Harry?» demanda-t-il vivement.
«Patmol.» dit Harry d'une voix rauque.
Il n'avait pas l'air bien.
«Patmol, je pense- Une licorne a été retrouvé morte ici, à l'école. Hagrid me l'a dit-»
«J'ai entendu ça avec Remus, oui, répondit Sirius. Gamin, qu'est-ce qui ne va pas?»
Harry avait l'air malade.
«Patmol, je crois- je pense que ça pourrait- je pense que c'est Voldemort. Je pense qu'il est de nouveau dans le coin, ou qu'il l'était. Je me suis renseigné sur les licornes- je veux dire, pour comprendre pourquoi quelqu'un voudrait les tuer et je sais que leur corne et leur queue ont de la valeur, mais Hagrid l'aurait dit si c'était ça … Je pense qu'elle a été tué pour son sang. Est-ce que tu- Tu sais à quoi sert le sang de licorne?»
«Oui, je sais.» dit Sirius, réfléchissant vite.
Qu'était-il censé dire maintenant?
«Je pense que Voldemort essaye de l'utiliser pour- pour se renforcer-»
«Je crois que tu as raison.» dit Sirius.
Harry pâlit un peu, mais ne sembla pas surpris.
«Patmol, s'écria Harry. Qu'est-ce que je dois faire?»
«Rien, répondit rapidement Sirius. Dumbledore et les professeurs pensent la même chose et ils sont sur leur garde. En fait, je dois patrouiller dans la forêt vendredi soir, avec Dumbledore, pour être sûr qu'il ne se cache pas quelque part là-bas.»
Sirius déglutit.
«Tout ira bien. On s'en occupe, d'accord?»
«D'accord.» dit Harry.
«Bien.» dit Sirius.
«Alors c'est ça qu'il veut? demanda Harry. Des licornes?»
«Pour le moment, répondit Sirius. Les licornes sont- c'est une solution temporaire. L'effet de leur sang dure une semaine environ et puis, il s'affaiblira de nouveau … Il aura besoin d'autre chose. C'est pour ça qu'on sera là vendredi.»
«Et ensuite- qu'est-ce qu'il veut? S'il est si proche de l'école, il pourrait-»
Harry déglutit.
«-me tuer s'il voulait. N'est-ce pas? Parce que personne ne sait où il est ou à quoi il ressemble, alors il pourrait juste-»
«Absolument pas.» répliqua fermement Sirius, mais Harry ne semblait pas l'avoir entendu.
«Alors il veut quelque chose d'autre … Il attend.»
Les yeux de Harry, brillants et particulièrement verts, fixèrent Sirius à travers le miroir. Lily était présente, dans la forme, la couleur et la chaleur de ces yeux, mais il y avait aussi là de l'obstination, du fatalisme, de la vigilance et tout cela n'appartenait qu'à Harry.
«Pas vrai?»
Sirius acquiesça.
«Il attend quoi?»
Sirius hésita un court instant, avant de réaliser que Harry prenait tout plutôt bien jusque là et que dire la vérité à Harry ne s'était pas encore retourné contre lui … S'il vous plaît, faites que ça n'arrive pas non plus cette fois-ci.
«La pierre philosophale.» dit Sirius à voix basse.
«La quoi-»
«C'est tout ce que je peux dire, dit Sirius. Mais tu peux chercher à partir de là. Harry.»
Harry le regarda, les sourcils froncés.
«Promets-moi que tu n'iras pas chercher la pierre, ou Voldemort, et que tu ne feras rien d'idiot. Promets-moi.»
«Je te promets.» dit facilement Harry.
Mais il y avait quelque chose dans son expression qui rendit Sirius mal à l'aise. Il fronça les sourcils.
«Je le promets.» répéta Harry.
Il y eut un instant de silence et l'expression de Harry changea.
«Tu veux entendre quelque chose d'idiot, d'ailleurs?»
Exaspéré, Sirius écouta Harry lui parler du nouveau dragon de Hagrid. Il écouta avec intérêt lorsque Harry lui parla de Morton et il fronça les sourcils quand Harry – plutôt malheureux – lui raconta que Rogue leur avait enlevé beaucoup de points. Ensuite, il écouta attentivement lorsque Harry partagea avec lui la réponse de Charlie et leurs plans pour faire sortir le dragon de Poudlard.
«C'est un bon plan, dit Sirius. Ou aussi bon que possible vu les circonstances … Mais gamin, je pense qu'il y a une meilleure façon de faire, légèrement moins risquée.»
«Comment?» demanda Harry, les yeux remplis de curiosité.
«Et voilà, dit Hermione. La pierre philosophale.»
Ils s'étaient retrouvés avec Drago en Potions et s'étaient directement rendus à la bibliothèque après ça.
«La pierre, lut Hermione. A la propriété de transformer n'importe quel métal en or pur-»
Harry ne manqua pas l'expression émerveillée de Ron.
«-et produit également l'élixir de longue vie.»
«Ça ressuscite les morts?» demanda Harry.
«Non, répondit Hermione. Mais ça rend immortel celui qui la boit.»
Voldemort, pensa Harry avec certitude.
«Pourquoi cet intérêt soudain?» demanda Drago.
«C'est ça que garde Touffu.» dit Harry.
Trois paires d'yeux se posèrent vivement sur lui, surpris.
«Quoi?! demanda Hermione. Tu es sûr?»
«Comment tu sais?» ajouta Drago.
Ron avait juste l'air stupéfait.
«Chut, dit Harry en agitant les mains pour leur dire de parler moins fort. D'abord, oui, j'en suis sûr. Patmol me l'a dit ...»
«Oh, super. Au moins, ton parrain te dit des choses.» grogna Drago, visiblement vexé.
«Deuxièmement, continua Harry, un peu plus fort, mais toujours discrètement. Elle est en danger.»
Harry fixa le visage de ses amis.
«Voldemort la recherche.»
Ils se tendirent tous les trois – Hermione était plutôt surprise, mais Ron et Drago se crispèrent comme s'ils avaient été frappé par un sort.
«Harry ...» dit Ron, l'air troublé.
Mais Harry leva une main et commença à expliquer. Il leur parla des hypothèses de Patmol sur son empoisonnement en novembre (mais garda la prophétie pour lui), partagea avec eux ce qu'il avait deviné à propos de la licorne et ce que Patmol lui avait dit à travers le miroir cet après-midi.
«Mais-»
Drago avait l'air terrifié.
« Il risque de te traquer alors? Il l'a déjà fait une fois- enfin, deux fois si on compte quand tu étais bébé.»
«C'est possible.» dit Harry.
«Pas étonnant que Rogue se soit énervé en voyant qu'on était sortis la nuit dernière!» s'exclama Hermione.
«Quand même, il n'avait pas besoin de nous enlever autant de points ...» marmonna Ron.
«Qu'est-ce que tu vas faire?» demanda Drago.
«Rien.» dit Harry.
Ron et Drago échangèrent des regards sceptiques. Hermione avait juste l'air inquiète.
«Dumbledore est au courant, Patmol aussi, et ils … ils s'en occupent.»
«Oh, Harry.» murmura Hermione.
«C'est rien, assura Harry. C'est juste- Je comprendrais si vous voulez prendre vos distances jusqu'à ce qu'on sache vraiment où il est et ce qu'il compte faire-»
«Ne sois pas ridicule.» dit Hermione.
«On est avec toi, mon pote.» dit Ron avec un sourire nerveux, mais sincère.
Harry jeta un œil à Drago, inquiet.
«Tu es vraiment la personne la moins perspicace que j'ai eu le malheur de rencontrer.» le railla Drago.
Harry se mordit la lèvre.
«Le Seigneur des Ténèbres pourrait se tenir là et tu ne le remarquerais même pas. Je trouve que ce n'est pas rassurant du tout.»
Il offrit à Harry le plus petit des sourires.
«Je pense que tu auras besoin de quelqu'un d'attentif près de toi pour empêcher que ça arrive et puisque Granger passe son temps la tête fourrée dans ses livres et que Weasley est aussi aveugle que toi, je suppose qu'il faudra que je m'en occupe.»
Harry le dévisagea et un sourire se dessina doucement sur ses lèvres. Ron souriait largement et Hermione avait l'air prête à pleurer.
«Merci.» dit Harry, la voix étouffée.
Drago haussa juste les épaules et Harry se recomposa.
«L'autre truc dont j'ai parlé avec Patmol, dit Harry. C'est l'arrivée des amis de Charlie.»
«Tu as eu une réponse?» demanda vivement Drago.
Ron sortit la lettre de sa poche – qu'il avait reçu juste avant le cours de Potions, d'une Hedwige absolument épuisée. Drago la lut et la lui rendit.
«Vendredi?»
«Vendredi, confirma Ron en hochant la tête. Qu'est-ce que M. Black-»
«Il pense que Lunard devrait prendre Norbert.» dit Harry.
Hermione eut l'air soulagé.
«Lunard est un professeur, alors il n'aura pas de problème si quelqu'un le surprend. Je peux aussi lui donner la cape pour couvrir Norbert, et la carte pour qu'il puisse faire vite.»
«Je pense que c'est une bonne idée, répondit rapidement Hermione. Après ce qui est arrivé avec Rogue, on aurait de gros problèmes si on était attrapé ...»
Harry échangea un regard exaspéré avec Ron et tous les quatre décidèrent de la meilleure façon de demander à Lunard pour vendredi.
Assis au petit-déjeuner, Remus se demandait encore comment vider la fiole cachée dans sa manche dans le gobelet de McGonagall, lorsque la table de Poufsouffle disparut sous un nuage doré. Tous les professeurs levèrent la tête et d'un rapide coup de poignet, le travail de Remus était fait.
Harry – qui l'observait depuis la table des Gryffondors – arqua un sourcil et Remus lui fit un signe de tête. Harry sourit largement et se tourna vers Drago, qui reçut un coup enthousiaste de Ron sur son dos. Remus secoua la tête.
«-peut gérer ça, ne vous inquiétez pas.» dit le professeur Chourave, qui se levait en soupirant.
«Et je pense savoir où se trouvent les coupables, dit McGonagall avec colère. Pauvre Molly. Ce n'est pas une lettre de ma part qu'elle a reçu cette année, c'est un millier!»
«Laissez-les, dit Remus, certain – pour une fois – que Fred et George étaient innocents. Tout le monde est si stressé ces temps-ci … Les enfants ne savent pas pourquoi, mais ils ne sont pas aveugles. Ça ne fera de mal à personne de rire un peu et Gryffondor ne peut pas vraiment se permettre de perdre plus de points.»
McGonagall jeta un œil en direction des tables et ses narines arrêtèrent de bouger.
«J'imagine.» répondit-elle sèchement, mais son visage s'adoucit.
Tout le monde riait à la table de Gryffondors, tout comme presque tous les Serpentards et les Serdaigles. Et même s'ils avaient été visé, les Poufsouffles riaient quand même. Ils s'étaient tous retrouvés dans la même situation et les Poufsouffles n'étaient pas assez fiers ou irritables pour faire une histoire de quelque chose qui ne les avaient ni blessé, ni embarrassé. McGonagall prit une gorgée de son gobelet et Remus détourna le regard, se concentrant sur son assiette.
Au déjeuner, ce jour-là, Remus se trouvait de nouveau près de McGonagall et les Poufsouffles avaient perdu un peu de leur éclat – après avoir traîné des paillettes dans tout le château toute la matinée. Remus ressentit presque un soupçon de sympathie pour Rusard.
«Vous n'avez pas l'air bien.» dit Remus à McGonagall.
C'était vrai. Elle avait l'air fatigué, pâle et son nez était rouge et coulait. Remus essaya de ne pas avoir l'air trop fier de lui.
«Je pense que j'ai- j'ai un mal de tête terrible.» avoua-t-elle.
«Vous avez les jumeaux cet après-midi?» plaisanta Remus.
McGonagall réussit à esquisser un sourire faible et prit une petite gorgée d'eau, avant de secouer la tête.
«Environ une heure après le petit-déjeuner, j'ai juste commencé à me sentir … et bien, malade.» dit-elle.
«Prenez votre après-midi, suggéra Remus. Demandez aux elfes de vous amener le dîner et-»
«J'ai cours cet après-midi et je suis de patrouille ce soir, dit-elle. Je vais gérer, ne vous inquiétez pas.»
Remus fit un geste d'excuse et retourna à son repas.
Au dîner, McGonagall avait l'air parfaitement misérable et Remus était une fois de plus assis près d'elle et lui adressa un regard de pitié. Sirius, qui avait débarqué pour dîner avant de se rendre dans la forêt pour patrouiller avec Dumbledore, jeta un œil dans sa direction, inquiet.
«Je suis malade, pas mourante.» s'écria-t-elle en le regardant, avant de se moucher bruyamment dans un mouchoir aux motifs écossais.
«Très bien, se défendit Sirius en s'écartant un peu. Désolé de m'inquiéter pour votre santé, comme une personne normale.»
McGonagall lui adressa un regard particulièrement noir et Sirius se tourna rapidement pour parler à Rogue.
«Laissez-moi patrouiller à votre place ce soir.» proposa Remus.
McGonagall tourna des yeux vitreux vers lui.
«Je serais moi-même malade dans quelques jours-»
Ils regardèrent tous les deux vers le plafond enchanté, qui montrait une lune presque pleine.
«-vous pourrez alors me rendre la pareille.»
«Vraiment? demanda-t-elle en grimaçant. Je- Je ne sais pas ce qui m'arrive, j'ai juste-»
«Pas d'inquiétude, dit Remus. Allez voir Mme Pomfresh et prenez quelque chose pour dormir avant d'aller vous coucher.»
«Je vais me coucher tôt, oui.» confirma McGonagall, l'air soulagé.
Elle joua avec sa soupe encore quelques minutes avant de se lever et de quitter la Grande Salle. Remus vit Hermione la regarder, puis elle donna un coup de coude à Harry. Harry leva les pouces en direction de Remus.
«Beau boulot.» commenta Sirius.
Remus l'entendit, mais Sirius avait parlé si doucement que Rogue ne s'était même arrêté pas de parler.
«Je n'étais pas un Maraudeur pour rien.» murmura Remus en retour.
