Marine Académie
Partie 2
Chapitre 12
"Et ça vous arrive souvent de…manger?"
Cela faisait trois longues semaines. Trois excessivement longues semaines, que Murphy avait commencé son internat aux urgences du Grand Hôpital de Marineford. Enchaînant les gardes de jour comme de nuit, cumulant plus de 222 heures de gardes (elle avait arrêté de compter après 222). Et trois interminables semaines que ce "grand taré", comme le surnommait Emma, rôdait autour de la blonde jour et nuit, la suivant dans les couloirs de l'hôpital, s'invitant à ses pauses repas. A croire qu'il n'avait aucun travail à faire. Il n'avait fait aucun geste déplacé mais l'invitait constamment à aller boire à verre, ne la lâchant pas d'une semelle. La jeune femme était déjà particulièrement usée de son internat qui exigeait d'elle de grosses capacités d'adaptation, de réactions adéquates et de connaissances solides dans de nombreux domaines (infection, traumato, hémato, psychiatrie, dermatologie même...). Alors avoir ce grand brun qui la poursuivait comme son ombre et qui la gênait plus qu'autre chose dans son travail était épuisant. Mais de part son grade de colonel et à cause de l'épuisement qui irradiait dans tout son corps, la blonde s'était mis en "mode autopilote" et ne répondait même plus à Kuzan, entendant de temps en temps un faible écho dans le néant de ses pensées.
Ils étaient tous les deux installés dans l'un des petits jardins privés de l'hôpital. A vrai dire, elle s'était installée pour pouvoir déjeuner en silence après sa garde de nuit. Elle n'avait pas eu la force de rentrer dans son logement, préférant faire une petite sieste dans la chambre de garde (où Kuzan s'était invité), puis profiter d'une bonne douche pour réveiller son corps fatigué (où Kuzan avait essayé de s'inviter mais Murphy l'avait chassé) et en s'installant dans le petit jardin avec un plateau repas qu'elle avait réussit à subtiliser dans la cafétéria pour profiter du silence afin d'effacer les dernières heures de son subconscient (là encore Kuzan s'était invité et n'avait cessé de lui parler malgré son mutisme). Les infirmières du service l'avaient prévenue qu'il était connu comme le loup blanc aux urgences. Il coursait toutes les soignantes entre 18 et 30 ans avec un minimum de formes. Une des infirmières, une femme magnifique à la poitrine très généreuse, s'était coltinée le colonel pendant six mois jusqu'à ce qu'elle cède et fasse un signalement au quartier général. Sans grande conséquence pour Kuzan qui avait simplement était emmené en mission en mer les cinq mois suivants.
"Je connais un resto super sympa dans le coin..." Reprit Kuzan alors qu'il était affalé de tout son long dans l'herbe, regardant la jeune femme manger son repas.
"Murphy! On a un patient qui revient de mission et qui exige d'être vu par l'interne uniquement!" L'interrompit une jeune infirmière qui avait déboulé dans le jardin, perturbant le calme ambiant. L'interne grommela. "Je ne suis plus là, ma garde est finit, Hyuna est l'interne jusqu'à ce soir elle pourra le voir, mais qu'il patiente."
"Je suis désolée Murphy mais il ne veut être vu que par toi…C'est un colonel, ça va être délicat de le faire sortir..." Chuchota la soignante alors qu'elle regardait la blonde se masser le crâne. Kuzan écoutait silencieusement l'échange, interloqué quand il fut mention d'un autre colonel que lui. En général, c'était le seul haut gradé à s'éterniser ici (uniquement pour courir après les jolies filles). Les autres fuyaient cet endroit comme la peste.
La jeune femme se releva, soupirant bruyamment. Son évaluation de fin d'internant devait être parfaite, et répondre aux exigences des hauts gradés était malheureusement dans ses obligations, surtout à Marineford.
La blonde rentra de nouveau dans les couloirs froids des urgences, suivit de près par le brun.
"Je parie qu'il s'agit d'une irradiation congestive des bronches capillaires..." Marmonna le brun qui, à force de suivre la blonde, s'était découvert une passion pour la médecine, se limitant à simplement aligner des mots techniques dans un sens anarchique sans queue ni tête, simplement pour se donner l'air intelligent.
Murphy sentit ses dernières limites se briser au moment où le brun ouvrit de nouveau la bouche. Elle empoigna avec rage un énorme classeur rangé à l'entrée d'un box et le projeta de toutes ses forces à la face de Kuzan qui, surprit, ne réussit pas à l'esquiver entièrement.
"DEHORS!" Ordonna la blonde alors que des éclats de glace commencèrent à joncher le sol. Le soldat n'eut même pas le temps de répondre que la blonde s'engouffra dans le box en lui claquant la porte au nez.
"Bonsoir Colonel, comment puis-je vous..." Commença-t-elle mécaniquement en entrant dans le box, se figeant en apercevant la silhouette assise silencieusement sur l'une des chaises du box, attendant patiemment.
"Saka ?" Demanda incrédule la jeune femme. Un torrent d'émotions l'envahis.
"Tu es blessé? Tu as besoin de quelque chose? Assis toi sur le brancard immédiatement." Enchaîna la blonde, enfilant à toute hâte des gants non stériles et cherchant du regard son scope dans la pièce.
Sakazuki se leva tranquillement, s'avança vers elle et lui attrapa délicatement les poignets pour qu'elle cesse de s'agiter. Il l'embrassa délicatement sur les lèvres, leurs yeux se rencontrant enfin. La blonde sentit tout stress quitter son corps quand la chaleur du brun l'enveloppa et qu'elle comprit qu'il allait bien.
"Je voulais juste te voir à mon retour. Je croyais que tu étais encore de garde". Expliqua Sakazuki lentement. Il sentit la jeune femme dégager ses poignets pour venir s'effondrer dans ses bras, posant sa tête contre son torse chaud.
"Saka, je suis tellement contente de te voir, tu n'imagines même pas." Soupira-t-elle pendant que ses mains caressaient délicatement le dos musclé du colonel. Ils ne s'étaient pas vu depuis son arrivée à Marineford. Elle avait apprit après sa première garde de nuit que son équipage était partit en mer à la poursuite d'un quelconque pirate. Il avait cependant pu l'appeler maintenant qu'il était colonel. Ils avaient échangés pendant de nombreuses nuit, mais cela ne remplaçait jamais la sensation d'être dans les bras du brun.
"Je n'ai pas arrêté une seule seconde depuis ces trois semaines. Je rêve d'un bon bain chaud et de dormir pendant deux ans." Susurra-t-elle, plus pour elle-même, enlaçant ses doigts dans ceux du brun.
"Bon programme…On peut le faire tout de suite si tu veux." La jeune femme hocha la tête et suivit le brun alors qu'il quittait le box. Ils laissèrent tout de même une certaine distance entre eux, ne voulant pas montrer un quelconque signe d'affection en publique, surtout sur leur lieux de travail.
Alors qu'ils quittaient les couloirs, Sakazuki lança un regard noir à Kuzan qui était sortit sur ordre de l'interne.
"Laisse, il s'est échappé de psychiatrie ce matin..." Fit la blonde en soupirant.
[...]
"Est ce que tu es libre le week-end prochain?" Demanda Sakazuki distraitement alors qu'il caressait doucement le corps nu de la blonde, laissant quelques traces de savon au passage.
"Oui, c'est enfin mon week-end de repos. Tu as quelque chose de prévu?" La jeune femme peignait délicatement ses cheveux trempés.
Sakazui l'avait emmené dans son logement dès qu'ils avaient quittés les urgences du Grand Hôpital. Etant colonel, il avait eu le droit à un logement seul, avec une agréable petit chambre, une petite cuisine fonctionnelle et surtout une immense salle d'eau. La blonde s'était plongée dans le bain brûlant dont elle rêvait depuis des jours, le laissant se glisser derrière elle. Ils avaient donc commencés tranquillement la soirée en se caressant dans le bain, profitant simplement pour l'instant de la présence de l'autre.
"J'ai une cérémonie de grade. Ils veulent me passer contre-amiral. Il y aura un buffet, des petits fours etc".
La blonde tiqua à l'entente du nouveau grade et à l'allusion aux petits fours.
"Déjà? Mais ça ne fait qu'un mois que tu es arrivé? Je vais finir par croire que tu couches avec l'amiral en chef Saka!" Le rire de la blonde résonna dans la salle.
"Promis je serai là" fit elle en décollant son dos du torse du brun, se tournant dans la baignoire pour lui faire face, sa poitrine nue et trempée sous le regard du brun qui ne se gêna pas pour admirer le spectacle.
Elle se pencha vers lui, plongeant ses lèvres dans le cou du brun, laissant sa poitrine s'écraser contre son torse. Le soldat l'enlaça, passant ses mains à l'intérieur des cuisses de la blonde, cherchant ses lèvres avec avidité. Ils s'embrasèrent enfin, avec force, le besoin de sentir l'autre après des semaines d'absence et d'éloignement devint plus urgent. Leurs jambes étaient emmêlées dans la baignoire, laissant la blonde sentir le désir grandissant du brun alors qu'elle se mouvait doucement contre sa cuisse. Le brun comprit très vite l'invitation et déplaça avec facilité le corps de la blonde pour qu'elle soit parfaitement alignée. Il entra en elle, l'excitation irradiant de nouveau son corps quand il entendit la blonde gémir à chacun de ses mouvements, basculant la tête en arrière pour tenter de respirer, permettant à la langue du brun de venir jouer avec sa poitrine. Leurs gémissements résonnèrent dans la salle de bain pendant de longues minutes. Les retrouvailles pouvaient enfin commencer.
