Marine Académie

Partie 2

Chapitre 13

Akainu l'avait accompagné jusque sur le port, prenant tout de même soin de garder des distances convenables avec la jeune femme. De toute façon, les aurevoir avaient déjà eu lieu dans les quartiers du désormais contre-amiral, en toute intimité…Il avait cependant tenu à l'accompagner jusqu'au navire qui l'éloignerait d'elle pendant deux mois.

La blonde avait terminé avec les honneurs sont internat aux urgences mais devait désormais continuer son cursus en partant en internat sur un navire de guerre. Cette fois-ci, pas question de rester sur les quatre mers, elle devait embarquer pour le Nouveau Monde, en situation critique de combat. Une île, auparavant sous la protection du Gouvernement Mondial, avait été décimée par l'équipage de Big Mom. A son départ, une guerre civile avait ravagé le royaume pour élire un nouveau leader. Les deux principaux partis politiques se vouaient désormais une guerre sanglante pour le pouvoir, sous le désintérêt le plus total de l'équipage de l'empereur qui avait fait demi-tour une fois toutes les richesses de l'île pillées.

Sa mission était simple: les soldats embarqués sur le navire de guerre mèneraient bataille pour rétablir l'ordre sur l'île, et l'équipe médicale était chargée de rester en arrière et d'assurer la vague de soins d'urgences dès que les soldats reviendraient sur les navires. Une seconde équipe médicale serait chargée de soigner les civils sur place et resteraient à terre pendant deux autres mois. L'ensemble de la mission était dirigée par le vice-amiral Garp, secondé par le contre amiral Kuzan. Sakazuki n'avait pas dit un mot au sujet du brun quand la blonde l'avait évoqué brièvement mais elle avait sentit une colère sourde monter en lui. Il avait rapidement compris le petit jeu de son collègue mais avait juré à la jeune femme qu'il ne s'en mêlerait pas tant qu'elle serait toujours en formation et qu'elle n'aurait pas obtenu son diplôme. Ensuite seulement, il aurait le droit de brûler qui il souhaitait.

"Fais attention à toi. Les hauts gradés de cette mission ne sont pas les plus compétents..." Marmonna-t-il alors qu'il essayait de retenir une énième pulsion de colère tandis qu'il observait l'homme de glace endormis sur sa chaise pliante.

La blonde lui sourit, l'embrassa fugacement à l'abri des regards et rejoignit ses collègues soignantes sur le navire.

[...]

"C'est quoi ce bordel putain!" Hurla la jeune femme, son bistouri électrique dans la main, le corps secoué par le rythme anarchique des vagues. Le soldat sous ses yeux, à peine anesthésié, perdait une quantité monstrueuse de sang. Le bloc opératoire était recouvert de sang et de compresses imbibées, secouant les soignants qui tentaient tant bien que mal de garder l'équilibre au rythme des explosions à l'extérieur. Elle devait impérativement amputer la jambe du soldat avant qu'il ne se vide totalement de son sang mais les explosions des canons à l'extérieur propulsaient les outils dans tous les sens. Sa collègue infirmière tentait tant bien que mal de poser le cathéter auquel elle pourrait raccrocher la poche de sang si vitale.

BOUM.

"Putain ils peuvent pas aller se battre sur la terre au lieu de nous gêner? On en est à combien en attente?" Vociféra l'interne à l'anesthésiste qui recevait régulièrement le compteur de situation.

BOUM.

"Les quatre blocs sont pleins, une vingtaine à la régulation dont cinq en urgence vitale." Répondit rapidement l'anesthésiste entre deux détonations de canons.

"Merde." S'impatienta la blonde.

BOUM.

L'équipe médicale se figea un instant en entendant le mat principal grincer et s'effondrer sur le navire. Alors que tous espéraient que le mat ne leur tomberait pas sur la tête, elle sentit la température chuter drastiquement, de la glace pénétrant sur le sol et le toit de la pièce.

BOUM.

"Couvrez ses extrémités avec les couvertures anti hypothermie". Ordonna-t-elle à nouveau, son cœur s'emballant sous le stress.

BOUM.

"Il me reste juste à refermer et..."

BOUM.

Un boulet de canon percuta la coque avec force, traversant la pièce à vive allure, finissant sa course à travers le parquet. L'impact créa un trou béant dans la coque. L'équipe médicale put apercevoir la mer agitée de l'autre côté de la coque éventrée s'immisçant dans le bloc opératoire. Alors que Murphy s'agrippait à la table d'opération solidement fixée au sol, elle sentit son corps quitter la gravité terrestre.

"LE NAVIRE VA CHAVIRER ATTENTION!" Hurla l'anesthésiste alors qu'ils sentirent une puissant vague frapper l'autre partie du navire, les précipitant droit vers l'océan, à quelques degrés près de chavirer.

Muprhy ferma les yeux, alors que l'océan déchainé se rapprochait dangereusement d'elle. Elle sentit alors le froid de la mer l'attirer vers elle, la faisant lâcher sa prise sur la table d'opération. En quelques secondes seulement, l'interne traversa le trou dans le mur et sentit le courant l'entraîner vers les abysses. Elle eut le temps de voir le reste de l'équipe et le patient se faire eux aussi engloutir dans les profondeurs, le navire continuant de basculer vers elle.

Dans un dernier réflexe de survie, elle nagea le plus vite possible pour s'éloigner de la carcasse du navire. La côte n'était qu'à quelques mètres, mais le courant marin et le froid glacial de l'île hivernal compliquèrent sa tâche. Elle nagea de toute ses forces et arriva au prix d'un incroybale effort sur la terre ferme. Elle se releva péniblement, sa blouse blanche frigorifiée contre sa peau. La jeune femme se retourna et put apercevoir le navire de guerre complètement retourné, la coque mangée par la glace. Elle fit des signes aux soldats et soignants du navire pour les guider vers la terre ferme et les aida à sortir de l'eau.

Sous le choc, elle ne sentit même pas la douleur lancinante dans son bras droit. Elle eut une pensée pour tous ses patients qui étaient restés coincés dans le navire, mais le froid glacial ne lui permettait pas de remettre un pied dans l'eau pour tenter de les sauver, c'était risquer la noyade en quelques secondes. Elle sentit alors une main lui empoigner la tête pour forcer la blonde à se baisser. Une seconde plus tard elle sentit un boulet de canon la frôler et terminer sa course dans l'océan. Elle entendit enfin les hurlements des anarchistes politiques dans son dos. Une vague d'hommes était en train de charger vers le port, armes à la main. Les soldats de la Marine se faisaient complètement surpasser par leur nombre. La forteresse au sommet de l'île crachait des boulets de canons toutes les secondes. Un à un, les navires de la marine sombraient dans l'océan glacial, emportant avec eux les soignants qu'elle connaissait si bien.

Murphy était figée sur place. Alors qu'elle vit un civil lui foncer dessus, hache à la main, un voile de glace l'enveloppa et lui fit perdre connaissance.