Titre : Confinement au Manoir Black

Genre : Romance

Rating : M

Résumé : Depuis son mystérieux retour de derrière le voile, Sirius n'est plus le même. Mais tout change lorsqu'une pandémie mondiale le contraint à se confiner avec Hermione au Manoir Black. Entre sa sombre mélancolie et l'ennui d'Hermione, leur cohabitation pourrait bien bouleverser leurs vies à jamais.

Couple : Hermione/Sirius

Disclamer : Harry Potter ne m'appartient pas.

Spoiler : Les sept livres

Note : Mouahahah ! Je suis de retour avec une nouvelle histoire (encore !) et encore un Sirius/Hermione, à croire que je n'en remettrai jamais… Bref, cette histoire fait 12 chapitres et ils sont tous écrits. J'espère qu'elle vous plaira. C'est les vacances encore un peu (enfin pour moi ') alors je posterai en fonction de vos retours ;) Il ne manque que des relectures rapides donc ça dépendra de vous ;) Bonne lecture à vous !


Prologue


Le vent mordant s'infiltrait sous sa veste, et Hermione resserra les pans du vêtement en accélérant le pas. Les klaxons résonnaient à travers le vacarme des rues, rythmant l'agitation londonienne tandis qu'elle traversait une avenue bondée. Ses cheveux, déjà indisciplinés par nature, s'étaient transformés en un fouillis incontrôlable sous l'effet des rafales.

En apercevant enfin le Square Grimmaurd, elle sentit un mélange de soulagement et de résignation. Le numéro 11 s'offrait à son regard, banal et insipide, dissimulant le secret qu'elle connaissait par cœur. Avec un geste discret, elle leva sa baguette et murmura l'incantation. Aussitôt, le 12 se révéla, austère et intimidant, comme un fantôme d'une autre époque. La façade délabrée et les volets grinçants semblaient parfaitement à leur place dans ce tableau de grisaille.

Hermione poussa la porte avec précaution, espérant éviter tout bruit qui pourrait alerter l'habitante la plus bruyante de la maison : le portrait de Walburga Black. Le parquet protesta néanmoins sous ses pas, produisant un craquement traître. Elle grimaça, retenant son souffle. Mais ce ne fut pas le tableau qui répondit en premier. Une petite silhouette débordante d'énergie apparut dans l'ombre du salon.

Le chiot bondit joyeusement, ses pattes glissant légèrement sur le sol ciré. Hermione leva un doigt pour tenter de calmer l'ouragan miniature.

« Chut, s'il te plaît, » murmura-t-elle avec une urgence désespérée.

Peine perdue. Le jeune chien aboya avec l'enthousiasme débordant de sa jeunesse, et le cri strident du portrait ne tarda pas à éclater.

« SANG-DE-BOURBE ! INDIGNE AU SANG IMPUR, QUE FAIS-TU DANS MA MAISON ?! » vociféra Walburga, son visage grimaçant déformé par une rage familière.

Hermione ne perdit pas une seconde.

« Silencio ! »

Son sort fila droit, étouffant les invectives du tableau avant qu'elles ne fassent davantage d'écho dans l'entrée. Elle relâcha un soupir de soulagement. Le chiot, désormais intéressé par cette altercation, grogna en direction du portrait avant de revenir en trottinant vers elle avec un air ravi. Elle s'accroupit pour lui gratter la tête.

« Toi, tu sais comment mettre l'ambiance, hein ? plaisanta-t-elle en lui offrant un sourire fatigué. Mais tu as été sage avec Sirius, n'est-ce pas ? »

Le chiot jappa doucement en réponse, battant frénétiquement de la queue. Mais avant qu'elle ne puisse se relever, une voix rauque résonna derrière elle.

« Hermione ? »

Elle redressa la tête pour trouver Sirius dans l'encadrement de la porte. Il avait l'air complètement perdu, ses boucles emmêlées et sa robe de chambre mal ajustée trahissant un réveil récent. Sa silhouette amaigrie et sa démarche lourde témoignaient de la fatigue qui semblait coller à lui comme une ombre.

« Désolée, je t'ai réveillé, » dit-elle doucement.

Il haussa les épaules, évitant son regard.

« Dur de dormir ici. Entre le portrait et… cette boule de poils. »

Sa voix était vide, même pas agacée.

Le chiot, ravi d'être mentionné, se précipita vers lui avec un enthousiasme naïf. Sirius soupira en regardant la petite créature tourner autour de ses pieds.

« Tu veux le sortir avec moi ? tenta Hermione, espérant provoquer une réaction quelconque.

- Non, il peut aller dans le jardin, » marmonna-t-il en se détournant, ses épaules basses.

Il disparut dans le salon sans un mot de plus.

Hermione resta immobile un instant, regardant l'espace qu'il avait quitté. Le chiot, confus, trottina vers elle, posant sa tête contre sa jambe. Elle caressa doucement ses oreilles.

« Allez, mon grand, on ira tous les deux. »

Ils sortirent dans la nuit froide, le vent mordant de plus belle. La façade du 12 Square Grimmaurd s'effaça dans l'obscurité, mais pas l'écho de ce poids qui semblait hanter Sirius. Depuis qu'il était revenu du voile, il était une ombre de lui-même. Il était revenu, oui, sans que personne ne puisse expliquer comment, mais il n'était plus le même. Ce n'était pas seulement son corps qui avait changé – bien que son état physique au moment de son retour ait été alarmant. Hermione se souvenait encore de la maigreur effrayante qui creusait ses joues, des cernes violacées sous ses yeux, de ses mains tremblantes lorsqu'il s'appuyait sur une table pour ne pas tomber. Il avait repris des forces depuis, assez pour se mouvoir sans aide, mais il restait trop maigre, presque fragile. Comme si le voile avait emporté avec lui une partie de sa substance.

Malgré les efforts de Harry, de Remus et même d'Hermione, Sirius semblait incapable de se reconnecter à quoi que ce soit. Le chiot, cadeau de Harry, devait être un bon moyen pour lui de renouer avec la vie. L'enthousiasme désordonné de l'animal avait fait sourire le Survivant lorsqu'il l'avait déniché dans un refuge miteux au sud de Londres. Le chiot était maladroit, trop maigre lui aussi, mais ses grands yeux brillants débordaient de vie. Il s'était distingué en trébuchant trois fois de suite avant d'arriver jusqu'à Harry, sa petite langue rose sortant de sa gueule dans une expression de joie désarmante. Cela avait suffi : Harry avait su que c'était lui, celui qu'il voulait pour Sirius.

« Un croisé, comme nous tous, n'est-ce pas ? » avait plaisanté Harry en tendant le chiot à Hermione pour la première fois.

Il avait un air fier, convaincu que cette boule de poils turbulente ferait des merveilles pour remonter le moral de son parrain.

Mais Sirius avait à peine réagi. Il avait caressé distraitement la tête du chiot, offert un sourire forcé à Harry, puis s'était retiré dans sa chambre, laissant derrière lui le cadeau et les attentes. Depuis, Hermione était devenue l'unique responsable du chiot. Elle l'avait appelé Orion, un clin d'œil discret à l'étoile qui ornait la tapisserie des Black et, ironiquement, à la lignée que Sirius semblait rejeter plus que jamais.

Orion, au moins, était un compagnon fidèle. Son énergie débordante était un contraste bienvenu à la morosité omniprésente du Square Grimmaurd. Il suivait Hermione partout, trottinant à ses côtés avec sa petite queue battant comme un métronome joyeux. Ses maladresses et son enthousiasme faisaient sourire tout le monde – sauf Sirius.

Unique habitante du Square avec Sirius, Hermione faisait de son mieux pour changer les choses. Elle avait apporté une télévision moldue, espérant distraire Sirius avec des films ou des émissions. Elle essayait de rentrer plus tôt du bureau, préparait ses plats préférés, lui proposait des promenades ou même de l'accompagner lors de ses sorties. Rien n'y faisait. Les repas au Terrier, pourtant animés et chaleureux, semblaient un calvaire pour Sirius, qui y restait assis, en retrait, son regard perdu dans des pensées que personne ne pouvait atteindre.

Hermione baissa les yeux vers Orion, qui marchait tranquillement à ses côtés, son petit museau frémissant alors qu'il scrutait les alentours. Harry avait eu raison sur une chose : même si Sirius restait indifférent, Orion était devenu une présence indispensable dans leur quotidien.

Hermione avait tout tenté, ou presque. Elle savait qu'elle ne pouvait pas forcer Sirius à aller mieux, mais elle espérait qu'un professionnel, un psychologue, pourrait au moins amorcer quelque chose. Quand elle lui avait timidement proposé cette idée, il avait haussé les épaules avec un désintérêt évident, avant de se refermer comme une huître. Pas un mot, pas un éclat de colère – seulement ce mutisme oppressant qui semblait absorber toute l'énergie autour de lui. Même Teddy, âgé de cinq ans, peinait à lui arracher un sourire. Remus ne savait plus quoi faire, comme Harry d'ailleurs et ils avaient régulièrement des conversations tous les trois pour en discuter.

Cela faisait bien longtemps qu'Harry ne vivait plus au Square, ni même Ron. Le trio d'or y avait passé quelques années ensemble pendant leurs études et finalement, seule Hermione y était restée jusqu'au retour de Sirius. Cela n'empêchait personne de venir y passer des soirées ou plus et Remus et Harry la rejoignaient souvent pour discuter de la situation notamment. Ils échangeaient des idées, s'encourageaient mutuellement, mais aucun d'eux ne trouvait de solution miracle. Sirius s'enfonçait dans sa mélancolie, et malgré tous leurs efforts, il semblait toujours à mille lieues de leur monde.

Perdue dans ses pensées, Hermione sursauta légèrement lorsqu'une goutte de pluie froide s'écrasa sur son nez. Londres, déjà morne, s'habillait d'un gris encore plus dense. Elle accéléra le pas, pressant Orion derrière elle. Mais rien n'arrêtait le chiot, certainement pas une simple averse. Il bondissait avec un enthousiasme désarmant, sautant dans chaque flaque d'eau avec une telle vigueur que les passants, pourtant pressés de fuir la pluie, ne pouvaient s'empêcher de sourire. Hermione se surprit à en faire autant.

Lorsqu'elle atteignit enfin le Square Grimmaurd, elle était trempée jusqu'aux os. Elle grelottait, pestant intérieurement contre son manque de préparation – un parapluie aurait été si simple à emporter. Mais non, et elle avait préféré ne pas utiliser de magie en plein quartier moldu, et voilà qu'elle en payait le prix. Son premier éternuement lui arracha un grognement frustré.

Dans l'entrée, Orion, fidèle à lui-même, fit un véritable spectacle. Il se secoua avec énergie, projetant de petites gouttelettes partout, y compris sur les bottes d'Hermione. Elle ne put s'empêcher de rire doucement malgré la fatigue. Heureusement, le sort de mutisme lancé sur le portrait de Walburga tenait bon. La vieille harpie continuait pourtant de lancer des regards accusateurs à Orion, comme si elle tentait de maudire la pauvre créature à travers sa peinture.

Hermione fit apparaître une serviette et entreprit de sécher le chiot, un défi presque aussi ardu que de gérer Sirius. Orion, dans son insatiable énergie, transforma l'exercice en jeu, tirant sur le tissu avec ses petits crocs.

« Orion, arrête… Allez, sois sage ! »

Mais sa voix était emplie de tendresse, son sourire indissimulable.

Après un long moment de bataille contre le chiot, elle pénétra dans le salon, Orion blotti dans ses bras, enfin sec. La lumière vacillante du téléviseur attira immédiatement son regard. Sirius était là, assis sur le canapé. Ce n'était pas sa posture habituelle, effondrée et désengagée. Non, il semblait tendu, presque nerveux. Penché en avant, les coudes sur ses genoux, son regard était rivé sur l'écran avec une intensité rare.

Hermione s'arrêta net, intriguée, puis tourna la tête vers la télévision. Les mots qu'elle lut, et ceux qu'elle entendit, firent se figer son corps tout entier. Elle s'approcha lentement, s'installant à côté de Sirius, Orion toujours contre elle.

Les mots du présentateur étaient précis, clairs, et pourtant si surréalistes : « ... deux semaines. Deux semaines suffiraient, selon les scientifiques, pour enrayer l'épidémie... »

Sirius éteignit brusquement l'appareil, brisant le fil de leurs pensées. Mais le silence ne dura qu'un instant, remplacé par la voix grave d'Arnold Yell, provenant du poste de radio magique que Sirius avait allumé presque mécaniquement.

« … c'est officiel, nous sommes en confinement. Les cheminées seront scellées à partir de demain matin, et seuls les commerces essentiels resteront ouverts. Les mesures, bien que temporaires, visent à freiner la propagation du virus... »

Hermione n'écoutait plus. Les mots résonnaient, mais leur sens semblait glisser sur elle, comme la pluie quelques minutes plus tôt. Sa tête était envahie par des pensées désordonnées : son travail au Département de la Justice Magique, les procès en cours, les réformes qu'elle avait portées à bout de bras… Et le procès Rathma, si crucial, prévu pour le lendemain. Comment allaient-ils gérer cela ?

« Hermione, tu m'écoutes ? »

La voix de Sirius la tira de ses pensées. Elle battit des paupières, le regarda, puis baissa les yeux vers Orion, dont la langue chaude effleurait ses doigts comme pour la consoler.

Hermione croisa le regard de Sirius. Ce regard intense, d'un gris orageux, qu'elle n'avait pas vu depuis si longtemps.

« Ils vont bloquer les cheminées d'ici demain matin. Je ne sais pas pour toi, mais je ne passe pas deux semaines enfermé ici. »

Sa voix, ferme et résolue, la ramena brusquement à la réalité. Hermione fronça les sourcils, déconcertée. Les mots semblaient surréalistes, tout comme la situation qu'ils vivaient. Mais ce qui la déstabilisait le plus, c'était que Sirius semblait, pour la première fois depuis des mois, parfaitement alerte.

« Et si nous allions au Manoir Black ? reprit-il, son ton plus posé. J'y pense depuis un moment. Cette maison… »

Il fit un geste vague en direction des murs fatigués du Square Grimmaurd.

« … je ne la supporte plus. »

Hermione hocha la tête sans hésiter. C'était la phrase la plus longue qu'il avait prononcée depuis des semaines, peut-être des mois, et surtout, il parlait de ses sentiments. C'était un pas immense. Un pas qu'elle n'allait pas ignorer, même si l'idée de retourner dans ce manoir la faisait frémir.


Elle ne se souvenait même pas comment elle s'était retrouvée à faire ses bagages. Tout était flou, comme si son cerveau fonctionnait sur un pilote automatique. Elle attrapait des vêtements au hasard : un pull, un jean, son pantalon de costume. Sa robe de sorcière avait rejoint le tas à la dernière minute, juste avant qu'elle ne rassemble d'un coup de baguette ses affaires de toilette.

Puis, les dossiers. Ses précieux dossiers. Elle les empila soigneusement dans un sac en cuir, y ajoutant parchemins, notes et ouvrages juridiques. Ce fut seulement lorsqu'elle chercha Orion dans les étages qu'elle réalisa qu'elle avait oublié un autre habitant du Square : son chat. Elle passa un moment à aller et venir entre les pièces, fouillant dans les endroits préférés du chat avant de se résoudre à descendre. Peut-être était-il en bas ?

En arrivant dans la cuisine, elle s'arrêta net. Pattenrond était blotti dans les bras de Sirius.

« Ah bah te voilà, toi. Je te cherche partout, » soupira-t-elle, mi-exaspérée, mi-amusée.

Orion, quant à lui, se tenait fièrement aux pieds de Sirius, la laisse dans la gueule, prêt à partir.

« J'ai pris leurs affaires, » déclara Sirius calmement, caressant distraitement Pattenrond.

- Et de la nourriture pour nous ? demanda-t-elle.

- Autant que j'ai pu. »

Hermione hocha la tête, toujours surprise par l'efficacité soudaine de Sirius. La situation de crise semblait l'avoir réveillé. C'était étrange et déroutant, mais elle n'allait pas s'en plaindre.

« Le Manoir n'est pas en bon état, la prévint-il, mais il est beaucoup plus vivable qu'ici pour un confinement. »

Elle acquiesça sans répondre, notant le voile sombre qui traversa le regard de Sirius. Un confinement au Square, il savait ce que c'était…

Hermione récupéra Orion dans ses bras, prête. Elle avait vu le manoir une fois, juste après la guerre. Cela avait suffi pour graver une impression tenace : un lieu sombre et oppressant, même après les rénovations qu'Harry y avait fait faire. Mais pour le moment, elle n'avait pas le luxe d'être difficile.

Sirius lui fit signe de passer devant. Elle fit un pas vers la cheminée tandis qu'il lançait la poudre de cheminette dans l'âtre. Lorsqu'il posa une main ferme mais rassurante sur son dos, elle sentit son cœur battre un peu plus vite. Puis tout disparut dans un tourbillon d'émeraude.

Ils émergèrent dans une pièce glaciale et poussiéreuse. Hermione frissonna immédiatement. Les meubles étaient recouverts de grands draps gris, et une fine couche de poussière semblait s'être installée sur tout ce qui n'était pas protégé. Orion bondit joyeusement au sol et commença à explorer, ignorant totalement l'ambiance morose des lieux.

La vaste entrée était tout aussi sombre, mais une immense fenêtre laissait filtrer une lumière grise et froide. Un escalier majestueux en bois sombre montait à l'étage, imposant et un peu intimidant. Sirius sortit sa baguette et, sans un mot, fit scintiller les lustres qui s'étaient tus depuis des années. La lumière vacillante des bougies réchauffa légèrement l'atmosphère, mais pas suffisamment pour dissiper le froid du lieu.

Il gravit les escaliers d'un pas assuré, Orion trottinant derrière lui. Arrivé à mi-chemin, il se tourna vers elle.

« Tu viens ? » demanda-t-il simplement.

Hermione, encore sous le choc de ce Sirius si actif, hocha la tête et monta à sa suite. Lorsqu'il ouvrit une porte à l'étage, il déclara d'un ton laconique :

« Ta chambre. »

Sans attendre de réponse, il tourna les talons et disparut dans le couloir.

Hermione entra dans la pièce et observa autour d'elle. La chambre était vaste, les murs ornés de boiseries sombres, et les lourds rideaux tirés dissimulés les immenses fenêtres donnant sur le jardin d'après son souvenir. Une odeur âcre de poussière flottait dans l'air. Elle leva sa baguette, nettoyant la pièce d'un sort rapide avant d'allumer les chandeliers.

Son regard se posa sur le lit à baldaquin, imposant et drapé d'un couvre-lit vert émeraude qui scintillait faiblement sous les reflets des flammes. Hermione fit un rapide sort pour remettre le lit en état, puis installa Orion. Elle plaça son panier près de la table de chevet élégante, sortit ses affaires de sa poche et leur redonna leur taille normale avant de déposer sa valise ouverte sur une chaise.

Elle soupira en regardant autour d'elle. Ce n'était qu'un séjour de quinze jours. Inutile de vraiment s'installer. Pourtant, elle ne pouvait ignorer la sensation étrange qui pesait dans l'air. Ce lieu, cette situation, et Sirius… Tout semblait légèrement irréel.

Hermione enfila son pull, un vieux vêtement doux qui lui tenait chaud malgré la fraîcheur ambiante. Orion trottinait joyeusement derrière elle tandis qu'elle descendait, ses petites griffes cliquetant sur le bois poussiéreux du manoir. Trouver la cuisine s'avéra une épreuve. Le manoir était un véritable labyrinthe, et il lui fallut plusieurs minutes pour repérer la porte menant au sous-sol. Elle fut accueillie par une odeur d'humidité et de renfermé. La descente se fit prudemment, chaque marche grinçant sous ses pas, avant qu'elle n'arrive dans une grande cuisine rustique au charme vieillot. Une immense table fermière trônait au centre de la pièce, et dessus reposaient quelques sacs remplis de vivres. Malgré cela, il n'y avait aucune trace de Sirius.

Hermione inspecta les lieux avec soin, ses yeux s'attardant sur un placard qui, à sa grande surprise, avait été transformé en espace réfrigérant. Dedans, des produits frais côtoyaient les réserves qu'il avait pu emporter. Elle était déconcertée. Sirius, qui ne cuisinait jamais, avait pris l'initiative de préparer tout cela.

Elle nettoya la pièce d'un geste de baguette, dissipant la poussière et l'odeur d'abandon, avant de se mettre à préparer un repas simple. La monotonie du geste l'aidait à apaiser son esprit, mais l'absence prolongée de Sirius l'inquiétait. Quand le plat fut prêt, elle remplit deux assiettes et tenta de retrouver Sirius.

Un sort rapide lui révéla la direction générale où il se trouvait, mais ses appels restèrent sans réponse. Après plusieurs minutes à explorer les couloirs silencieux du manoir, elle se rendit à l'évidence : il ne voulait pas être dérangé. Elle déposa son assiette devant une porte qu'elle devinait être celle de sa chambre et la protégea d'un sort, empêchant Orion ou Pattenrond de s'en approcher.

« Je laisse l'assiette devant la porte, » murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui.

De retour dans la cuisine, elle mangea seule. Le silence pesant de la maison était seulement brisé par le bruit apaisant d'Orion, qui mâchonnait joyeusement ses croquettes avant de se coucher à ses pieds. Hermione lui passa une main distraite sur la tête, son esprit toujours préoccupé par l'attitude de Sirius. Elle remplit ensuite la gamelle de Pattenrond, jetant un dernier coup d'œil autour d'elle avant de quitter la pièce, Orion lové dans ses bras.


De retour dans sa chambre, elle ferma la porte derrière elle et posa Orion sur le sol. Elle remarqua une seconde porte qu'elle avait d'abord prise pour celle d'un dressing, mais en l'ouvrant, elle découvrit une salle de bain spacieuse. Le marbre gris-vert des murs ajoutait une certaine élégance, bien que tout soit couvert d'une fine pellicule de poussière. Hermione leva sa baguette, nettoyant les lieux avec une précision méthodique, avant de constater que la salle de bain était reliée à une deuxième chambre. Elle hésita à ouvrir la porte, mais décida de ne pas le faire, respectant une intimité qu'elle supposait être celle de Sirius.

Une baignoire en fonte trônait au centre de la pièce, mais l'absence de douche la fit grimacer légèrement. Elle fit couler de l'eau chaude et se glissa rapidement dans la baignoire. La chaleur était un soulagement bienvenu après la froideur du manoir. Hermione se lava en vitesse, regrettant le confort de Square.


De retour dans sa chambre, elle inspecta machinalement la fenêtre. Aucun hibou n'était venu, ce qui la rassura autant que cela l'inquiéta. Les nouvelles de son travail tardaient à arriver, et les informations qu'elle avait recueillies étaient confuses. Elle s'installa dans son lit, frissonnant sous les draps glacés, avant de faire apparaître une petite radio.

Les nouvelles qu'elle entendit étaient loin de la rassurer : « … L'accès au Ministère est bloqué jusqu'à nouvel ordre pour les membres des Départements des Jeux et Sports Magiques, Transports magiques… de la Justice Magique… »

Hermione soupira, songeant à la paralysie presque totale de l'administration. Seuls le Bureau des aurors semblait encore fonctionner. Les informations se succédaient en boucle, ordonnant aux sorciers de rester chez eux et de limiter les déplacements.

Les paupières d'Hermione se firent lourdes malgré elle. Le confort relatif du lit et le silence pesant du manoir eurent raison de sa vigilance, et elle sombra dans un sommeil sans rêves.


Le prologue est court je sais. Mais la suite est prête ;) J'espère que ce thème de confinement et pandémie ne vous insupporte pas trop… J'ai imaginé cette histoire à partir de celle d'une amie. Elle a été confinée seule par hasard avec un homme qu'elle venait juste de rencontrer dans les montagnes Italiennes. Aujourd'hui, ils attendent leur premier enfant :D alors forcément ça donne des idées ;)

Bon dimanche et à très vite !