Coucou les gens !
Merci à tous d'être là pour ce quatrième chapitre. J'espère comme toujours qu'il vous plaira autant sinon plus que les précédents.
Bonne lecture et surtout, Enjoy !
.
.
Chapitre 4
"Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder"
Oscar Wilde
.
Lorsque Harry eut fini de manger son maigre repas, il avait encore faim. Il refit le tour de la cuisine, ouvrant le congélateur, montant sur une chaise pour atteindre les étagères les plus hautes mais il ne trouva rien de plus à se mettre sous la dent. Il avait l'impression de ne pas avoir mangé depuis des jours. À défaut de quelque chose de décent à manger, il s'empara d'un verre et le remplit au robinet. L'eau fraîche lui fit du bien et lui permit d'éclaircir ses pensées embrouillées.
Il retourna s'asseoir à table, son verre serré entre les mains et se permit enfin de réfléchir à sa situation.
Il était un calice. Cela, c'est ce qu'il savait. Il était devenu, en quelques jours, le partenaire d'un vampire impassible et autoritaire. Prétentieux et hautain. Snob et moqueur. Possessif et protecteur. Soit. En plus de tout cela, il était censé le laisser le mordre sans rien dire. Le laisser planter ses canines proéminentes dans la peau fragile de son cou et boire son sang. Harry frissonna. Et, cerise sur le gâteau, il ne pouvait s'éloigner de ce même vampire sous peine d'atroces souffrances. Se soumettre. Supporter son caractère irascible. Ne pas ouvrir les fenêtres. Et ce éternellement ? Réjouissant...
On n'échappe pas à sa nature, songea Harry avec ironie. Depuis toujours, il avait eu le chic pour se mettre dans des situations improbables et dangereuses. Celle-ci semblait néanmoins la plus irrévocable. Dangereusement irrévocable.
Harry ne savait pas exactement comment il se sentait lorsqu'il pensait à tout cela. Même s'il ne savait pas avec précision ce qu'impliquait ce fameux lien qui semblait décider à lui ruiner la vie, il était néanmoins conscient qu'il altérait ses émotions. Toutes les émotions contradictoires qui le frappaient lorsqu'il était près du vampire, ce besoin d'être près de lui, de s'approcher, de le sentir et le toucher, ce manque lorsqu'il s'éloignait trop de lui, ou d'abandon lorsque le vampire l'ignorait, n'étaient certainement pas de son fait. Jamais il n'aurait consciemment désiré la présence d'un vampire. Il n'était pas fou. Mais il savait également qu'il ne pouvait pas lutter contre le lien. En quelques heures à peine, il l'avait pleinement soumis et il devenait de plus en plus difficile de lui résister. Un lien qui, par ailleurs, ne pouvait être défait.
Harry soupira à cette pensée. Un lien qui ne pouvait être défait. Il n'arrivait pas à concevoir qu'il était lié à ce vampire pour toute sa vie. Et probablement plus. C'était... Il n'avait pas de mots.
Avait-il un autre choix que d'accepter tout cela ? Encore une fois, on ne lui laissait pas le choix. On lui imposait sa vie, son futur, son destin. Tout. Harry était amer. Il savait qu'il n'y avait personne à blâmer cette fois-ci, pas même le vampire assis dans le salon et qui devait ruminer la situation autant que lui. Mais c'était si injuste. Pourquoi lui ? Encore et toujours ? N'avait-il pas été assez malchanceux dans sa vie ?
Néanmoins, la perspective d'être protégé par un vampire pour le restant de ses jours était quelque peu séduisante, pour lui, l'orphelin qui avait toujours vécu sous la menace de Voldemort, toute sa vie régie par une Prophétie faite avant même sa naissance. Même si, pour cela, il devait accepter de vivre auprès d'un vampire ou, plus dérangeant encore, le laisser boire son sang.
Durant un bref instant, il repensa aux paroles du professeur Dumbledore, lors d'une de leur leçon de l'année précédente. Selon lui, la Prophétie n'avait de sens que parce que Voldemort lui en avait donné un en s'attaquant à lui lorsqu'il n'était encore qu'un bébé. S'il avait décidé de l'ignorer, alors Harry aurait grandi avec ses parents, aurait peut-être eu des frères et sœurs, aurait eu une vie normale. Que se passerait-il si c'était Harry qui ignorait cette Prophétie ? Que se passerait-il s'il décidait de partir loin de tout ça, là où Voldemort ne pourrait plus l'atteindre ?
Mais Dumbledore avait aussi répondu à cette question. Il pouvait choisir d'ignorer la Prophétie. Cependant, Voldemort n'aurait de cesse de le traquer, toute sa vie. Cette perspective l'inquiéta moins qu'elle ne l'avait fait dans le bureau de son professeur. Il sentait que la présence du vampire apaisait ses craintes et diminuait sa peur de Voldemort.
Néanmoins, si la Prophétie disait vrai, il était le seul capable de détruire Voldemort. Harry savait déjà qu'il ne se résoudrait jamais à abandonner ses amis dans leur lutte contre les Ténèbres. Il ne pouvait pas abandonner le monde sorcier sous le joug de Voldemort. Jamais il ne pourrait vivre en paix s'il savait que, pendant ce temps, Voldemort imposait son ordre et ses idéaux à son bon vouloir.
Harry soupira. Prenant son courage à deux mains, il se releva. Il resta un moment immobile, écoutant les bruits provenant du salon, mais tout était silencieux.
Draco n'avait pas bougé et Harry s'y était attendu. Il n'esquissa pas un geste quand le jeune homme entra.
-Oui ? demanda-t-il néanmoins d'un ton acide.
Harry comprit aussitôt qu'il dérangeait. S'il l'avait pu, il serait parti en courant, loin d'ici et ne serait jamais revenu. Un sentiment de rejet inattendu monta en lui, si violent qu'il crut qu'il allait fondre en larmes. Le visage du vampire apparut de derrière son journal. Harry évita son regard.
-Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? interrogea-t-il doucement.
Le vampire haussa un sourcil.
-Fais comme chez toi, je t'en prie.
Sa réponse fut suivie d'un léger sourire narquois. En réalité, c'était plus un étirement des lèvres qui aurait pu passer pour un sourire. Harry, agacé, observa la pièce impersonnelle et froide.
-On ne va quand même pas rester ici pour toujours ?
Le vampire, l'air désintéressé, ne répondit rien et Harry fut pris de vertige. Il promena son regard sur les murs à la peinture blanche écaillée, la pièce sans vie et empoussiérée. Il s'imagina à la même place, dans vingt ans, avec pour seule compagnie un vampire aigri et impassible en train de lire des journaux qui n'avaient plus d'intérêt que pour lui. Un sentiment profond de désespoir s'empara de lui.
-Tant que le lien n'est pas stabilisé, nous sommes très bien ici, affirma Draco qui tentait tant bien que mal de faire abstraction des émotions instables du garçon.
-Combien de temps va-t-il prendre pour se stabiliser ?
-Le temps qu'il faudra, de toute évidence.
Merlin qu'il était agaçant. Harry prit une profonde inspiration. Il attendit quelques secondes, les poings serrés, le temps de calmer la colère qui montait en lui. Il avait envie de le secouer, de lui faire comprendre la gravité de la situation, de briser cette façade impassible qui commençait à l'agacer prodigieusement. Mais il savait par avance qu'il ne ferait rien. Même en admettant qu'il puisse être capable de secouer un vampire, il n'osait l'approcher. Ses réactions étaient bien trop imprévisibles pour qu'il prenne un tel risque.
-Je ne peux pas rester ici. C'est impossible. Des gens ont besoin de moi, dehors. Des tas de choses dépendent de moi.
-Harry Potter, le sauver de l'Humanité. S'il disparaît, la terre arrête de tourner, n'est-ce pas ?
Harry ne répondit pas à la question qui n'en était pas vraiment une.
-Je ne crains que tes amis, Harry, et le monde entier par la même occasion, ne doivent apprendre à se passer de toi.
Harry fronça les sourcils.
-On voit que vous avez lu les articles immondes que la Gazette a écrit sur moi ces dernières années. De toute évidence, vous me prenez pour un garçon arrogant, un peu instable sur les bords, qui pense que le monde entier tourne autour de sa majestueuse personne.
Le vampire inclina légèrement la tête.
-C'est exactement ainsi que tu es dépeint, en effet.
-Et vous y croyez ?
-C'est la seule version que j'ai, jusqu'à ce que tu me prouves autrement.
Il semblait amusé par l'expression outrée de Harry. Celui-ci refusait d'ailleurs catégoriquement de le regarder dans les yeux. C'était plus facile ainsi.
-Je n'ai rien à prouver. Pas à ces gens de la Gazette et certainement pas à vous.
-Dans ce cas, je me contenterai de ce qu'écrit la Gazette.
-Si ça peut vous faire plaisir.
Draco ne renchérit pas et le silence s'installa dans la pièce. Harry se demandait si le vampire le prenait vraiment pour un garçon prétentieux qui portait sa cicatrice comme une couronne. Puis il jugea que cela n'avait pas d'importance.
Après plusieurs minutes de silence, il prit son courage de Griffondor à deux mains et demanda :
-Pourquoi vous ne venez pas avec moi ? On resterait ensemble, vous pourriez me protéger et je pourrais retrouver mes amis.
Draco lui jeta un regard noir qui fit faire un sursaut à son estomac. Harry sentait monter en lui un désespoir de plus en plus profond. L'indifférence du vampire face à sa situation était dure à supporter. De rage et d'impuissance, les larmes lui montèrent aux yeux. Il les essuya du revers de la main, rageur de se montrer si sensible face à son insensibilité à lui et se détourna. Il l'entendit nettement soupirer d'agacement, ce qui ne fit qu'accentuer son malaise. Il devait avoir senti son sentiment de détresse car il pinçait les lèvres avec agacement.
-En admettant que j'accepte, où voudrais-tu aller ?
La question était courtoise mais Harry ne se fit pas d'illusion. Il pensa aux Dursley, puis imagina la tête de son oncle et de sa tante s'il revenait après trois jours d'absence suivi par un vampire. L'image lui arracha un sourire et il secoua la tête.
-Je veux aller à Londres, dit-il en faisant à nouveau face au vampire.
-Cela tombe bien, car nous sommes à Londres.
Harry ouvrit la bouche pour préciser qu'il voulait aller au Square Grimmault mais, au dernier moment, il la referma. Il ne pouvait pas parler du Quartier Général. Ni de son emplacement, ni de ce qu'il cachait, ni de ce qu'il s'y passait. Son hésitation arracha un haussement de sourcils au vampire.
-Oui ?
-Je ne peux pas vous dire.
Draco haussa un sourcil et Harry tomba dans le piège de ses yeux gris. Tous deux se fixèrent. Pendant quelques secondes, Harry ne put se souvenir du sujet de leur discussion. Puis Draco secoua son journal et se replongea dedans, et tout disparut.
-Nous voilà bien avancés, affirma-t-il d'un ton mordant.
Harry rejeta la tête en arrière et son crâne cogna un peu durement contre le mur. Il ferma les yeux et soupira profondément.
-Laissez-moi au moins leur envoyer un hibou, finit-il par supplier doucement.
Draco ne daigna pas relever la tête de sa lecture.
-Je n'ai pas de hibou.
Le poids qui faisait pression sur son être tout entier était difficile à supporter. Il était sur le point de fondre en larmes pour de bon lorsque Draco reprit la parole :
-Pourquoi ne profiterais-tu pas un peu de la paix inespérée que t'offre cette situation ? Tu es en sécurité ici. Ni le Seigneur des Ténèbres, ni ses Mangemorts, ni personne d'autre ne pourra t'atteindre tant que tu seras sous ma protection. Et tu le seras toujours. N'est-ce pas ce que tu as toujours souhaité ? Je ne te demande pas grand chose, en retour.
Harry le regarda et le sourire qui ornait ses lèvres pâles était légèrement moqueur. Il frissonna.
-Il est hors de question que vous vous approchiez de mon cou, souffla-t-il.
-Hélas, la principale utilité d'un calice est de nourrir son vampire. Par son sang.
-Utilité ? Je ne suis pas un objet !
Draco haussa les épaules et la terreur de Harry laissa place à un air offusqué.
-Jamais, affirma-t-il en relevant le menton, plus par défi qu'autre chose.
Draco ne réagit pas à cet affront et Harry plissa les yeux d'un air méfiant.
-Tu n'auras pas le choix, Harry, dit-il tranquillement sans lever les yeux de son journal. Tu seras obligé de te soumettre à ma morsure. Et bien plus tôt que tu ne le penses, je le crains. Si tu savais l'effet que ton odeur a sur moi en ce moment-même, tu ne resterais pas ici.
Harry déglutit difficilement. Il se tenait debout contre le mur, les mains derrière le dos, les sourcils légèrement froncés.
-Il paraît que c'est plutôt plaisant, pour le calice.
-Plutôt plaisant. On voit que vous n'étiez pas à ma place, la dernière fois.
-On voit que tu n'étais pas à la mienne.
Le vampire posa sur lui un regard si affamé que Harry rougit jusqu'aux oreilles. Il se trémoussa, mal à l'aise, et changea de sujet :
-Écoutez, je crois que vous n'avez pas très bien compris la situation. Je dois parler à mes amis. Je dois leur dire où je suis, ce que je fais, que je n'ai pas été capturé par des Mangemorts ou que mon oncle ne m'a pas laissé mourir de faim ! Ils vont vraiment s'inquiéter.
Draco plissa les yeux et laissa échapper un léger sifflement qui résonna étrangement aux oreilles de Harry.
-Je crois que tu n'as pas très bien saisi la situation, souffla-t-il doucement. J'ai, depuis de nombreuses années, perdu l'habitude d'être sans cesse dérangé pour des raisons aussi futiles les unes que les autres. Or, s'il y a bien une chose que je chéris plus que tout, c'est ma tranquillité. C'est pourquoi je te recommande vivement de rester discret. Est-ce que tu comprends ?
Harry, le souffle coupé par le regard intense posé sur lui, se contenta de hocher la tête.
-Sache également que je suis autant révolté que toi par cette situation. Je n'ai pas, moi non plus, demandé à être lié à toi et à devoir vous supporter, toi, tes jérémiades et tes émotions, pour le reste de mon existence.
Draco lui jeta un regard entendu et Harry hocha à nouveau la tête.
-Bien. Sois sage, à présent.
Voyant que Harry ne bougeait toujours pas, il pinça les lèvres, fit un geste vague de la main, comme s'il cherchait à chasser une mouche particulièrement agaçante, et dit :
-L'appartement est vaste. Tu n'es pas obligé de rester planter ainsi. Cela me rend mal à l'aise.
L'estomac de Harry eut un étrange sursaut à l'idée de se faire ainsi congédier. Néanmoins, à la fois vexé et agacé par les paroles du vampire, il suivit la direction indiquée et disparut sans un mot de plus.
Lorsque le garçon disparut dans la pièce adjacente, Draco sentit monter en lui une vague de culpabilité qui l'agaça au plus haut point. Savoir qu'il était la cause directe du mal-être de son calice était difficile à supporter. Tout son instinct de vampire se rebellait contre ce traitement infligé à son calice. Tout était si confus en lui qu'il avait du mal à distinguer ses réelles émotions, celles que le lien le poussait à ressentir et celles qui appartenaient à Harry. Il ressentait des émotions qu'il n'avait plus ressenties depuis des siècles. Ce besoin irrépressible de protéger quelqu'un, de ne laisser personne -pas même lui-même- lui faire du mal, quitte à le couper totalement du monde pour que rien ne l'atteigne. Cette douleur qu'il avait ressentie quand il s'était éloigné de lui.
Draco eut tout à la fois envie de le rattraper, de le prendre dans ses bras pour le protéger, de l'allonger sur le canapé miteux et de...
Draco avait soif. En réalité, c'était plus un besoin de s'approprier le garçon, maintenant qu'il savait qu'il lui appartenait, que de réellement assouvir sa soif. Il avait envie de le marquer comme sien, de laisser son empreinte sur son corps et d'enfin combler cette distance qui les séparait et que ni l'un ni l'autre n'avaient voulu franchir. Mais surtout, il voulait s'imprégner de l'odeur enivrante de son calice. C'était plus qu'une envie, c'était un véritable besoin.
Néanmoins, il ne bougea pas. Il avait tout le temps pour cela. Il sentait la crainte du calice comme si c'était la sienne et lui sauter dessus pour le mordre ne semblait pas être la meilleure des idées. Habituellement, cela aurait été le dernier soucis de Draco mais, pour une raison qu'il avait du mal à accepter, il se sentait incapable de lui faire du mal.
Un calice. Il avait un calice. Qu'allait-il bien pouvoir faire de lui ? Draco avait toujours été indépendant, libre, errant au gré de ses envies, bougeant sans cesse. Un calice signifiait un rythme de vie, une certaine stabilité, des besoins humains à satisfaire, tout ce qu'il abhorrait et qu'il avait fui toutes ces années. Quant à cette solitude qu'il chérissait tant, il pouvait dès à présent y renoncer.
Un fardeau, songea-t-il, amer, en fixant la porte derrière laquelle le garçon avait disparu.
.
En quittant le salon, Harry était entré dans une large pièce brillamment éclairée par une haute baie-vitrée. Au dehors, il pouvait voir la même place que celle qu'il avait aperçue depuis le salon, pleine d'animation. Le premier détail qui lui sauta aux yeux fut l'impersonnalité de la pièce, en accord avec le reste de l'appartement. Ici, malgré l'espace, il n'y avait qu'une armoire poussiéreuse poussée contre un mur, dont les portes entrouvertes laissaient voir des étagères vides de tout vêtement. Il y avait également un bureau posé en plein milieu de la pièce, comme abandonné. Dans l'un des coins, il y avait un lit minuscule, encastré entre le mur et une cheminée condamnée, dont le couvre-lit démodé gisait tristement. Un fauteuil rabougri et empoussiéré, semblable à celui dans lequel le vampire était installé dans le salon, se tenait près du lit, comme si quelqu'un avait un jour veillé une personne malade.
Il n'y avait rien à faire ou à voir dans cette chambre et Harry passa rapidement son chemin. Il traversa la pièce et poussa la seconde porte. Il entra dans une nouvelle chambre, tout aussi grande et impersonnelle que la première. Un large lit trônait en son centre, en face de la baie-vitrée, et un bureau était posé contre le mur. Il n'y avait aucun rangement.
À nouveau, il traversa la chambre sans vie et poussa la seconde porte. Il entra dans une troisième chambre. Elle reflétait parfaitement les deux premières, si ce n'est qu'elle était plus sombre car la seule fenêtre donnait sur la cour intérieure, celle-là même qui donnait également sur la cuisine. En s'approchant de la fenêtre, il s'aperçut qu'en effet, il avait une vue prenante sur la cuisine, de l'autre côté de la cour. Délaissant le lit froid et le bureau inutile, il ouvrit la porte suivante.
S'attendant à une nouvelle chambre, il fut surpris de trouver une immense salle de bain. Le bain fut ce qui attira en premier son attention. Spacieux, il faisait à la fois office de douche et de baignoire et était protégé par une porte vitrée coulissante. Le lavabo était large et surmonté d'un miroir. Il y avait également une armoire, un lave-linge et un sèche-linge. Le luxe, pensa Harry avec ironie. Néanmoins, au vu de leur état, il se demanda s'ils fonctionnaient encore. Dans un coin de la pièce, il y avait une porte branlante que Harry poussa. C'était un deuxième toilette, en aussi mauvais état que le premier mais qui semblait fonctionnel.
Harry resta planté au centre de la pièce sans savoir que faire. Son moral, déjà rudement mis à mal, venait d'être terrassé par toutes ces pièces vides et sans vie. Il avait beau chercher, il n'arrivait pas à trouver quelque chose de positif dans sa situation. Il se sentait totalement soumis à un vampire qui le proclamait comme sien sous prétexte d'un lien que Harry ne comprenait pas. Il avait peur. Peur de ses réactions déplacées et incompréhensibles face à ce même vampire, peur de ne pas désirer autant qu'il le devrait de fuir très loin d'ici.
Harry hésita. Il était sûr qu'une douche chaude lui ferait le plus grand bien et lui permettrait de se détendre. Il avait besoin de se remettre les idées en place après ces derniers jours éprouvants. Il revint vers la porte, hésitant, et fit jouer le verrou. Il le trouva un peu rouillé mais réussit néanmoins à bloquer la porte. Satisfait, il se dirigea ver l'armoire et en ouvrit la porte qui grinça. Il fut content et surpris de trouver sur l'une des étagères une pile de serviettes ainsi qu'une collection assez impressionnante de gels douches et shampoings.
Comme il l'avait prévu, l'eau tiède de la douche lui fit du bien. Ses muscles se détendirent et il ferma les yeux, savourant l'eau qui tombait sur ses épaules en un jet ininterrompu.
.
Dans le salon, malgré le journal toujours levé devant ses yeux, Draco ne lisait plus. Il avait écouté avec attention tous les déplacements et gestes du garçon dans l'appartement et était maintenant aux prises avec une envie dévorante.
Tout son être le poussait à se lever et à rejoindre le calice -son calice- dans la salle de bain. L'appartement était grand et la distance qui les séparait tirait sur le lien. Ce n'était pas douloureux, mais cela restait néanmoins un tiraillement désagréable. Il n'avait qu'une envie, l'apaiser.
Néanmoins, s'introduire dans la salle de bain et envahir la douche de Harry ne semblait pas une excellente idée. Même s'il était conscient que le lien poussait le calice à désirer sa présence à ses côtés, il savait aussi que le garçon n'était pas prêt à l'accepter entièrement.
Il avait soif. Le sang doux et chaud du garçon lui manquait, il avait envie de le sentir rouler sur sa langue. Il avait envie de sentir le corps du garçon se tendre lors de la morsure, ses doigts s'agripper à sa chemise et son souffle brûlant balayer ses cheveux. Et, par-dessus tout, il voulait que la flagrance exquise du calice l'envahisse tout entier. Il voulait s'en enivrer jusqu'à en être imprégné dans chaque fibre de son corps.
Incapable de résister à l'appel de sa soif et du sang de son calice, Draco se leva souplement.
.
.
Voilà pour ce chapitre. J'espère que vous ne m'en voulez pas trop d'avoir coupé à ce moment, mais il faut bien garder un peu de suspense pour la suite ! En tout cas, comme vous l'avez sans doute deviné, dans le prochain chapitre, il y aura quelques scènes légèrement citronnées !
Pour ce qui est du reste, je pense qu'il est important que Harry hésite face à sa nouvelle situation de calice. Avec la vie qu'il a eue, l'avenir qui l'attend, maintenant qu'il a la possibilité de s'y soustraire, il est normal qu'il y pense. À sa place, j'y aurais pensé également. Je pense que sa réaction est légitime.
Désolée pour la longue et précise description de l'appartement, mais les premiers chapitres vont être une sorte de huis-clos et je pensais qu'il était important de bien décrire le nouvel environnement de "vie" de Harry pour que vous vous y projetiez mieux. J'espère que vous visualisez bien. Pour précision, c'est l'appartement dans lequel j'ai vécu en coloc pendant deux ans, à quelques détails près. Le nôtre était loin d'être sans vie et abandonné ! Faut dire qu'on n'était pas des vampires. (Et les placards de la cuisine étaient loin d'être vides. Hum)
On se donne rendez-vous la semaine prochaine pour la suite !
Merci d'avoir lu !
Chapitre relu et corrigé en mai 2020
