Coucou tout le monde !
J'espère que vous allez bien !
Merci à toutes vos reviews qui me font toujours énormément plaisir. J'espère que je n'ai oublié personne pour les réponses. Merci également à adenoide, Rawr, ankana 87, nepheria4 et keza, pour leurs reviews anonymes.
J'ai écrit ce chapitre très facilement. J'espère qu'il ne vous décevra pas.
En attendant, je vous souhaite une agréable lecture !
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Chapitre 5
L'attendu n'arrive point, c'est l'inattendu qui se présente
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Le désespoir avait fini par prendre le dessus sur tout autre sentiment. Accablé par le poids des derniers événements et de toutes ses réactions qu'il ne comprenait ni ne contrôlait, Harry s'était assis au fond de la baignoire, laissant l'eau chaude tomber sur ses épaules crispées. Son regard vert fixait le mur d'un blanc laiteux sans le voir.
Il se sentait piégé, poussé dans ses derniers retranchements. Il n'avait aucune idée de comment il allait pouvoir se sortir de cette situation-là. Jusqu'à présent, il avait toujours bénéficié d'aide et de soutien. Ses amis avaient toujours été là pour le soutenir et le conseiller et voilà qu'il se retrouvait dans l'incapacité de les contacter. Paradoxalement, la situation était si embarrassante qu'il ne savait pas s'il avait envie de la partager avec ses amis. Comment leur annoncer en douceur qu'il était devenu l'objet d'un vampire possessif et dominant ? Harry avait du mal à s'accommoder et à accepter sa nouvelle situation et il était en un sens soulagé que cela reste entre le vampire et lui, du moins pour l'instant. Il ne pouvait compter que sur lui-même pour se sortir de cette situation. Harry était déterminé à trouver une solution. Il y en avait forcément une. Il ne pouvait pas rester prisonnier ici, enfermé par un vampire sous prétexte d'un lien idiot.
Mais Harry avait beau chercher, il ne trouvait aucune solution. Le fait de ne pouvoir s'éloigner du vampire sans ressentir un sentiment de manque insoutenable était évidemment un problème majeur, sans parler de cette douleur dans la poitrine qu'il n'avait nullement envie d'expérimenter à nouveau. Forcément, si son but était de s'échapper, ce fait était extrêmement problématique.
Harry ferma les yeux, tentant de refouler les larmes qu'il sentait à nouveau monter. Encore. Il ne comprenait pas ses réactions et c'est ce qui était le plus effrayant. Il se sentait comme déréglé. Lui qui ne pleurait habituellement jamais, voilà qu'il se transformait en véritable fontaine. Lui qui n'avait jamais été attiré par les garçons, voilà qu'une force irrépressible le poussait vers un vampire. Il n'avait jamais été un grand dormeur et pourtant, bien qu'il soit levé depuis quelques heures à peine, il se sentait déjà somnolent. Sans parler de la faim qui lui tiraillait le ventre. Lui qui avait toujours été indépendant et fort, il avait envie de se laisser aller et de laisser le vampire s'occuper de tout, pour ne plus avoir à se soucier de rien. Fichu vampire.
-Est-ce que c'est de penser à moi qui te fait déprimer ainsi ?
Harry sursauta. Il tourna brusquement la tête et s'aperçut que le vampire était appuyé contre le chambranle de la porte, inexplicablement ouverte. Il le fixait intensément de son regard gris, avec son visage aussi insondable qu'à l'ordinaire et son immobilité toujours aussi inhumaine. Harry rougit jusqu'aux oreilles mais il resta sagement assis dans la baignoire, recroquevillé sur lui-même, cachant du mieux qu'il pouvait sa nudité au regard scrutateur qui l'observait. Malgré son malaise, il dut se rendre à l'évidence : la soudaine apparition du vampire dans la pièce avait chassé toutes ses interrogations et ses angoisses. Un calme apaisant s'était emparé de lui. Néanmoins, rien, pas même la présence du vampire à ses côtés, ne pouvait dissiper le sentiment de malaise et de gêne intense qu'il ressentait. C'était la première fois que quelqu'un le voyait nu et Harry n'aurait pu imaginer circonstances plus déplaisantes.
-Vous ne pouvez déjà plus vous passer de moi ? demanda-t-il, un brin hargneux pour masquer son trouble. Ce n'est pas très poli d'investir la salle de bain quand quelqu'un l'utilise.
Leurs deux regards s'accrochèrent et Harry fut happé par les prunelles grises en un tiers de seconde. Une vague de bien-être, qui commençait à devenir dangereusement familière, s'insinua en lui. S'il n'avait pas été dans une position aussi gênante, et aussi nu, il n'aurait certainement pas pu résister au besoin presque instinctif de s'approcher de lui.
Draco cligna une fois des yeux pour délivrer son calice de son regard. Aussitôt libéré, Harry se détourna de lui et ferma les yeux quelques secondes. Il appréciait de moins en moins cette hypnose récurrente. Le vampire avait les lèvres étrangement pâles, presque blanches. Avec ses yeux gris et ses cheveux d'un blond presque blanc, la seule touche de couleur venait de ses vêtements de marque. En le dévisageant ainsi, Harry s'aperçut qu'il avait soif. Il le sentit, en quelque sorte. Aussi dévastatrice que la vague de calme qui s'était emparée de lui à la vue du vampire, la peur qui l'envahit à cette découverte le terrassa presque.
-Si vous n'avez rien à me dire, vous pouvez partir, dit-il et il fut dépité d'entendre sa voix trembler.
Le vampire n'esquissa pas un geste mais Harry s'y attendait. Ils restèrent sans rien dire durant une longue minute, Draco fixant Harry et Harry évitant son regard.
-Tu le sens, n'est-ce pas ? demanda finalement Draco.
Harry sut instinctivement de quoi il parlait. Il hocha la tête et se demanda si Draco sentait sa peur comme lui sentait sa soif. Ce qui l'inquiétait le plus, c'est qu'il avait conscience qu'il ne pourrait s'y soustraire. C'était le rôle du calice, après tout. Et même s'il refusait, il savait que cela n'empêcherait pas le vampire de prendre son dû. Il frissonna alors que ses pensées revenaient à nouveau sur la douleur qu'il avait ressentie lors de la première morsure.
-Je ne veux pas, souffla-t-il et son ton sonna si désespéré qu'il en eut instantanément honte.
Draco se redressa. Harry cessa de respirer en le voyant s'approcher de la baignoire. Il se demanda comment il réagirait si le vampire commençait à se déshabiller pour le rejoindre sous la douche. Mais il n'en fit rien. À la place, il s'empara de la serviette que Harry avait laissée sur le radiateur près de la baignoire et la lui tendit. Puis il éteint l'arrivée d'eau. Précipitamment, Harry s'enveloppa avec soin dans la serviette et lorsqu'il fut sûr qu'elle recouvrait tout son corps, il se redressa. Il enjamba le bord de la baignoire et frissonna lorsque ses pieds touchèrent le carrelage glacé.
Tentant de faire abstraction au regard impassible posé sur lui, il se dirigea vers ses vêtements jetés négligemment au sol. Ils étaient sales mais c'était tout qu'il avait et loin de lui l'envie de rester en tenue d'Adam face au regard scrutateur du prédateur. Cependant, la voix froide du vampire l'arrêta net :
-Non, viens.
Harry se retourna et s'aperçut que Draco s'avançait vers lui. Il le regarda approcher, son estomac douloureusement tordu, attendant et redoutant ce rapprochement. Une main fraîche et autoritaire se posa sur sa nuque. Le contact détendit instantanément ses muscles qu'il avait inconsciemment crispés et le vampire l'entraîna vers la porte. Harry tenta de résister, car il était toujours nu sous sa serviette et ne comptait pas le rester. Mais le vampire le tenait fermement et il n'avait aucune échappatoire, ce qui décupla son angoisse. Finalement, il se laissa entraîner hors de la pièce. Ils traversèrent les deux chambres, la main exigeante de Draco guidant Harry sans lui laisser un moyen de s'échapper. Lorsqu'ils arrivèrent dans la première chambre, la plus grande et lumineuse mais aussi la plus austère, Draco l'entraîna en direction du petit lit qui se tenait dans un coin de la pièce.
Le cœur de Harry rata un battement. Il s'arrêta net mais fut aussitôt poussé en avant par la main exigeante posée sur sa nuque. Il resserra sa prise sur sa serviette et résista à la pression qui l'incitait à s'asseoir sur le lit.
-Assis-toi Harry, ordonna Draco d'une voix ferme mais conciliante.
-Qu'est-ce que vous allez faire ? demanda doucement le jeune garçon qui fixait le lit avec un air proche de l'horreur.
Draco défit le lit et écarta les couvertures. Voyant que le calice ne semblait pas décidé à s'allonger, il esquissa un sourire en coin sardonique, posa ses deux mains à plat sur les épaules du garçon et l'enjoignit strictement à basculer en arrière. Harry tomba sur le matelas, le cœur battant si vite qu'il semblait vouloir jaillir de sa poitrine. Il tenait la serviette si fort contre lui que les jointures de ses poings en étaient blanches.
-Qu'est-ce que vous allez faire ? répéta-t-il, angoissé.
Le lit était étroit et il se cala contre le mur pour s'écarter du vampire debout devant lui. Lorsque celui-ci s'empara de sa serviette, il l'agrippa avec plus de force encore. Mais Draco tira fermement pour l'enlever et Harry s'empressa de se glisser sous la lourde couette pour cacher sa nudité. Harry se couvrit jusqu'au menton et fut amplement soulagé de voir que le vampire ne l'en empêchait pas.
Il était mortifié. Si mal à l'aise qu'il envisageait d'en mourir bientôt. Nu et soumis face à la présence imposante du vampire, il ne savait plus où se mettre. Puis, lorsque Draco commença à déboutonner sa chemise avec rapidité, il cessa de respirer.
-Qu'est-ce que vous faites ? Vous ne pouvez pas venir.
-Pourquoi pas ?
Harry regarda la chemise glisser au sol avec un bruit mat.
-Parce que je ne veux pas ! s'écria-t-il, cédant à la panique. Donnez-moi au moins un pyjama.
Pour la première fois, le vampire esquissa un sourire en coin narquois qui semblait sincère. L'une de ses canines apparut et le regard vert du calice glissa dessus, plus effrayé que fasciné. C'était ça qui devait se planter dans son cou ?
-Est-ce que j'ai l'air d'avoir des pyjamas dans mes armoires ? dit-il en enlevant ses chaussures et ses chaussettes.
-Est-ce que j'ai l'air d'avoir envie que vous envahissiez mon lit ?
Le sourire du vampire disparut et il posa sur son calice un regard glacial.
-Est-ce que tu as l'impression d'avoir le choix ?
Harry ne répondit rien. Horrifié, il observa le vampire monter sur le lit et s'installer au-dessus de lui. Draco se coucha entièrement sur son calice, par-dessus la couverture. Harry, dont le vague soulagement à le voir garder au moins son pantalon avait vite été balayé par la panique en le voyant investir son lit, cessa de penser. Il ne voyait plus que le regard gris au-dessus de lui, flottant à quelques centimètres de son visage. Il était si près de lui que quelques mèches blondes effleuraient ses joues et son front. Le poids du corps du vampire sur le sien n'avait rien de lourd ou d'agressif mais il se sentait pris au piège. Prisonnier d'une étreinte qu'il ne voulait pas mais à laquelle il ne pouvait se soustraire. C'était contraignant et dominateur.
Peu à peu, noyé dans le regard gris et l'odeur du vampire, son cœur se calma et ses muscles se détendirent. Ses pensées affolées se calmèrent, sa peur s'apaisa. Un peu. Il redoutait trop ce qui risquait d'arriver pour pouvoir se détendre totalement.
Finalement, au bout de longues et intenses minutes à se fixer, le visage du vampire glissa doucement sur le côté. Sa joue fraîche glissa contre celle de Harry, ses cheveux caressèrent sa tempe gauche et ses lèvres glacées effleurèrent son oreille. Harry retint son souffle mais le vampire se contenta de prendre une longue inspiration.
-Détends-toi, souffla Draco.
Harry frissonna. La voix du vampire tout contre son oreille l'apaisa aussitôt. Plus bas, par-dessus la couverture, le genou de Draco appuya contre les jambes de Harry pour les écarter et se glisser entre elles. La tête bloquée par les coudes du vampire, Harry était incapable d'esquisser le moindre geste ou de se soustraire à cette étreinte. Le vampire n'était pas agressif mais il ne lui laissait aucun moyen de se dérober et le soumettait totalement. Paradoxalement, Harry n'était plus sûr de rien. Il sentait que si le vampire s'écartait brutalement de lui, le sentiment d'abandon qu'il avait déjà expérimenté reviendrait.
-Sois sage, ordonna Draco, son souffle froid chatouillant l'oreille de son calice. Je vais te mordre.
Harry était tellement ébloui par toutes ses sensations inédites que les paroles du vampire mirent un certain temps à prendre un sens dans son esprit embrouillé. Lorsqu'il prit la mesure de sa dernière phrase, les lèvres du vampire avaient déjà glissé sous son oreille, puis dans son cou, sur sa jugulaire. L'effroi qui l'envahit fut si vif que tout bien-être disparut immédiatement. La panique en fut d'autant plus décuplée qu'il fut incapable d'esquisser le moindre geste, bloqué par les couvertures et l'étreinte de fer du vampire. Il ne put ni tourner la tête pour échapper à ses lèvres inquisitrices qui caressaient son cou, ni lever les bras pour essayer de le repousser.
Pour Draco néanmoins, il lui fut impossible de ne pas ressentir la panique et la peur de son calice. Tous ses muscles se crispèrent, son souffle, qui s'était apaisé, accéléra à nouveau et les battements de son cœur s'affolèrent. Ce bruit doux et régulier enflamma encore plus sa soif et il lui fut d'autant plus difficile de se retenir de le mordre.
-N'essaie pas de me repousser, ordonna-t-il sur un ton plus agressif qu'il ne l'avait voulu.
-Je ne veux pas. S'il vous plaît.
Son ton était suppliant mais il n'eut pas la force d'en avoir honte. Les deux perles grises du vampire revinrent dans son champs de vision et Harry referma la bouche. Draco avait la bouche entre-ouverte et la pointe de ses canines brillait au-dessus de Harry. Il frissonna malgré la chaleur qui l'enveloppait. Une main glissa dans ses cheveux, les ramenant en arrière et le regard de Draco effleura la légendaire cicatrice en forme d'éclair. Il se pencha encore un peu plus en avant et ses propres mèches blondes caressèrent le visage de son calice.
Draco avait de plus en plus de mal à penser. La chaleur que dégageait le calice était si intense qu'elle arrivait à réchauffer son propre corps même à travers la couverture qui les séparait. Son odeur entêtante était partout et frappait Draco avec une force terrible à chacune de ses inspirations. Il était totalement sous l'emprise de cette odeur, comme un drogué. Sa soif le rongeait littéralement de l'intérieur. Être si près de ce sang si convoité sans pouvoir l'atteindre le rendait doucement fou. Il en avait tellement envie qu'il sentait que si le calice essayait de se dérober au moment de la morsure, il pourrait réagir violemment. Néanmoins, la peur du garçon était si palpable qu'il ne put se résoudre à le mordre. Le besoin instinctif de protéger son calice avait pris le pas sur sa soif.
-Tu en as besoin, Harry, murmura-t-il en le vrillant de son regard.
Le voir ainsi soumis tout entier à lui étant tout aussi grisant que l'anticipation de la morsure.
-Le corps d'un calice produit plus de sang que celui d'un humain moyen. Sans morsure régulière, cette production excessive de sang peut avoir de dangereuses conséquences.
Il passa son index sur les lèvres aussi rouges du calice que les siennes étaient blanches. Son souffle chaud effleura son doigt. Il le laissa glisser sous son menton et lui rejeta la tête en arrière, en un geste doux mais ferme.
-Sois sage, ordonna-t-il à nouveau. Il se pourrait que cela soit plus plaisant que tu ne le penses.
Ses lèvres retrouvèrent le cou du calice. Elles glissèrent le long de sa jugulaire tandis que, d'une main ferme, il maintenait la tête de Harry rejetée en arrière pour lui permettre un meilleur accès. Puis il vint lécher les deux marques nettes qui ornaient déjà le cou de son calice suite à sa première morsure. Harry tressaillit. Sous la couverture, ses mains se refermèrent en un poing. Il ferma les yeux et, totalement impuissant, attendit. Lorsqu'il sentit les deux pointes acérées des canines remplacer la douceur de la langue et appuyer fermement contre la peau tendre de son cou, il serra la mâchoire à s'en faire mal.
Puis les deux canines percèrent la peau et se plantèrent fermement dans son cou.
Ce fut si inattendu que Harry laissa échapper un halètement parfaitement audible. La douleur fulgurante qu'il avait tant redoutée n'arriva jamais. Pourtant, il sentit parfaitement la peau de son cou céder face à l'insistance des canines. Il les sentit parfaitement s'enfoncer et se planter profondément dans son cou. Mais il n'y eu aucune douleur. Bien au contraire.
Au moment même où les canines se plantèrent dans son cou, une vague de plaisir indescriptible s'empara de lui. Il ne s'y attendait tellement pas qu'il laissa échapper un nouveau halètement indécent. Son corps se tendit à l'extrême. Inconsciemment, il rejeta de lui-même la tête en arrière, se cognant à la tête de lit sans s'en rendre compte. Les doigts du vampire qui tenaient toujours son menton glissèrent derrière sa nuque qu'il souleva pour l'arquer.
Puis Harry entendit distinctement, tout près de son oreille, le vampire prendre une première gorgée. Il aspira longuement le sang et déglutit paresseusement. Ce simple geste envoya des ondes de plaisir sans précédent dans tout le corps de son calice. La sensation du sang quittant son corps le remplit d'extase. Harry agrippa la couverture comme si sa vie en dépendait.
Draco était dans le même état que son calice. L'extase qui s'était emparée de lui lui faisait tourner la tête. Le sang qui coulait dans sa gorge était chaud et doux. Il s'emplissait de ce sang et de l'odeur du garçon à en devenir ivre. Jamais un sang ne l'avait autant comblé, n'avait été aussi bon sur sa langue. Pour rien au monde il n'aurait pu arrêter de boire à cet instant-là. Lorsqu'il ressentit le plaisir indicible de son calice à travers le lien, il esquissa un sourire dans son cou.
Harry sentit parfaitement les lèvres du vampire s'étirer en un sourire contre son cou. Il ne s'arrêta néanmoins pas de boire pour autant. Il prit une nouvelle longue aspiration et un nouveau gémissement passa les lèvres de Harry. Cette nouvelle gorgée envoya directement des décharges électriques dans tout son corps, jusqu'à la pointe de ses orteils. Les yeux toujours fermés, le souffle saccadé et le corps tendu, Harry était au prise avec un plaisir comme il n'en avait jamais ressenti. Il avait conscience de tout ce que faisait le vampire, de ses canines profondément enfoncées dans son cou et de sa pomme d'adam qui se soulevait lorsqu'il déglutissait doucement. L'une de ses mains agrippait fermement sa nuque en un geste possessif et sévère.
Le genou du vampire, jusqu'alors posé sagement entre les jambes de Harry pour le soutenir et ne pas l'écraser, remonta doucement. Il le frotta nonchalamment contre l'érection du garçon. Harry, tellement pris dans son extase, ne s'en offusqua même pas. Lorsque la deuxième main du vampire se faufila sous la couverture et effleura doucement son ventre en une caresse aérienne, il en fut à peine conscient tellement toute son attention était dirigée vers la morsure.
S'enhardissant, et profitant de l'état de béatitude totale de son calice, la main fraîche du vampire descendit lentement le long de ses hanches. La caresse était aérienne, à peine appuyée, car comme Harry, il était concentré sur le sang qu'il aspirait fiévreusement. Il effleura son bassin, sa cuisse, puis son aine. Harry était en feu. Tout était trop fort, trop intense. Lui qui n'avait jamais goûté aux plaisirs de la chair, il plongeait dedans de façon vertigineuse.
Finalement, lorsque les doigts froids du vampire effleurèrent son érection brûlante, Harry prit soudainement conscience de ce qui arrivait. Son cœur rata un battement. Mais il était incapable de penser de façon cohérente, pas avec un vampire pendu à son cou qui buvait son sang. Et quin par la mêmen lui conférait un plaisir extatique. Le plaisir de la morsure, combiné aux effleurements légers des doigts du vampire sur son érection faisaient monter en lui une vague dévorante qui balayait tout sur son passage. Draco prit une gorgée particulièrement longue et ce nouveau geste, plus que les caresses qu'il lui proférait, l'amena à un orgasme foudroyant.
Harry gémit sans retenue. Son corps s'arqua autant que possible sous celui du vampire et il retomba lourdement sur le matelas, essoufflé. Son cœur battait la chamade, sa poitrine se soulevait en rythme. Derrière ses paupières closes, des étoiles dansaient. Son corps entier était parcouru de frissons incontrôlables. Il mit plusieurs minutes avant de redescendre sur terre. Il était tellement pris dans ses sensations nouvelles, laissant tranquillement la vague déferlante refluer, qu'il ne prit pas de suite conscience que le vampire s'était retiré. Lorsqu'il ouvrit difficilement ses paupières lourdes, après de longues minutes, deux yeux gris le fixaient.
Sans sourire, Draco haussa un unique sourcil aristocratique. Ses lèvres avaient pris une délicieuse teinte rouge, alors que celles de Harry avaient perdu toute couleur. Il tenait toujours fermement sa nuque.
-Alors, cette douleur ? demanda-t-il poliment.
Harry ne répondit rien. Maintenant que l'extase retombait, il se sentait vidé de ses forces. Ses paupières se refermèrent. Il poussa un long soupir et sentit la langue du vampire lécher l'endroit de la morsure, ce qui le fit frissonner. Harry accueillit sa lourde torpeur avec un grand soulagement car il ne voulait surtout pas penser à ce qui venait de se passer. Jamais.
-Tu as été sage, souffla le vampire dans son cou.
Il inspira à nouveau l'odeur du jeune garçon. Puis revint à son visage. Sa pâleur et ses lèvres décolorées auraient été inquiétantes en d'autres circonstances. Draco ressentait parfaitement la fatigue assommante qui s'emparait de lui. Il se pencha et ajouta doucement :
-Et moi aussi.
Lentement, il se redressa. Il observa quelques secondes le visage endormi du garçon couché sous lui. Comblé comme il ne l'avait jamais été par cette morsure, il vit pour la première fois un côté positif à cette nouvelle situation. Il avait lu que la morsure était plaisante pour le calice mais il ne s'attendait pas à ce que ce soit à ce point. Ni à ce qu'il ressente lui-même un tel extase. Le goût de son sang dans sa bouche était indescriptible. Jamais plus il ne pourrait se passer d'un tel sang, il en avait douloureusement conscience.
Lorsque Draco quitta le lit, il sentit le corps du calice se tendre sous la couverture. Sa respiration se fit plus saccadée, ses muscles se crispèrent. Draco l'observa, interdit. Il avait lu la nuit précédente que les calices dormaient de longues heures après une morsure pour palier au manque de sang et à l'anémie qui se profilait. Il ne se réveillerait que quand son corps aurait fait des réserves de sang suffisantes pour le maintenir en bonne santé. Pour Draco, c'était la perspective de passer quelques heures au calme, seul. Il n'avait cependant pas prévu de devoir passer ses heures-là à son chevet.
Draco observa le visage crispé du garçon, un certain agacement transparaissant sur ses traits. Puis il se rallongea contre le calice profondément endormi. Il souleva la couverture et se glissa contre son corps brûlant. Il colla le dos du garçon contre son torse nu et enfouit son visage dans son cou, inspirant longuement pour s'enivrer de son odeur. Il referma ses bras puissants autour du torse frêle du calice et le serra contre lui. Il sentit aussitôt le garçon se détendre. Harry soupira longuement dans son sommeil et Draco se prépara à passer ainsi de longues heures, bercé par le souffle lent de son calice endormi.
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Voilà pour ce chapitre. J'espère qu'il vous a plu.
C'est bien la première fois que j'écris ce genre de scène, légèrement citronnée, et j'espère que ça tient la route. Je ne sais toujours pas s'il y aura des lemon dans cette fic, si je me lancerai dans ce genre d'écriture ou non. J'ai bien conscience que dans une fic vampire/calice, ce ne sont pas les relations sexuelles qui manquent, mais je ne sais pas si je serai capable de les décrire. Je ne l'ai jamais fait, et je n'ai pas envie que ça tourne ridicule et que ça gâche un peu la fic.
Je vais y réfléchir.
En attendant, on se retrouve la semaine prochaine pour la suite !
Merci à tous d'avoir lu !
Chapitre relu et corrigé en mai 2020
