Salut !
Merci d'être encore et toujours au rendez-vous !
J'espère que vous allez bien, déjà ^^
Je suis très contente que le chapitre précédent vous ait autant plu. Je n'étais pas très sûre de moi, donc ça m'a beaucoup rassurée. Pour ce qui est du lemon, je verrai comment je le sens le moment venu.
J'espère que je n'ai oublié personne dans mes réponses. Merci également aux Guests : ankana87, nepheria4, shishi-sama, Annaria.
Ce chapitre est un peu différent des précédents. Harry n'a pas fini d'attirer des emmerdes à Draco... Mais j'espère qu'il vous plaira tout autant.
Enjoy!
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Chapitre 6
La mort prévue est la plus odieuse des morts
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Dans la nuit silencieuse, deux silhouettes se faufilaient discrètement le long des rues sombres et étroites de l'allée des Embrumes. Elles se suivaient de près, leurs longues capes noires se frôlant en virevoltant autour d'elles. Sans un mot, elles s'engouffrèrent dans un des cafés miteux qui pullulaient en ces lieux. À l'intérieur, l'ambiance était étouffante. Une étrange fumée jaunâtre tourbillonnait dans l'air, lui-même chargé de tabac sorcier, âcre, qui piquait la langue. La large salle, basse de plafond, semblait les écraser tous. Autour de tables bancales et sales, les rebuts de la société sorcière jouaient aux cartes ou buvaient des mélanges aux couleurs improbables.
Lorsque les deux Mangemorts entrèrent, la porte se referma derrière eux avec un long grincement. Tous les regards convergèrent vers eux et un silence révérencieux s'abattit dans la salle surpeuplée. Les Mangemorts traversèrent la pièce sans un regard pour personne et disparurent derrière une porte branlante engoncée derrière le comptoir. Le patron, derrière son bar, les regarda passer sans rien dire. La cage d'escalier était plongée dans l'obscurité et tous deux sortirent leurs baguettes pour s'éclairer. Ils entreprirent l'ascension en silence d'abord, jusqu'à ce que l'un d'eux laisse échapper un long soupir.
Ce geste sembla profondément agacer son compagnon qui fit brusquement volte-face et chuchota hargneusement en brandissant sa baguette illuminée devant lui :
-Si tu n'arrêtes pas de soupirer, Rabastan, je te jure que je te donne une bonne raison de le faire. Compris ?
L'autre, ébloui par la lumière jaillissant de la baguette, approuva, et ils reprirent leur ascension.
-C'est juste que je trouve particulièrement stupide d'aller dénicher des prédateurs directement dans leur tanière, souffla Rabastan tout en essayant de garder une certaine dignité.
Non, il n'avait pas peur. C'est juste qu'il avait conscience que ce qu'ils s'apprêtaient à faire était un acte dangereux.
-Tu peux m'attendre dehors si tu veux. Mais je ne manquerai pas d'informer le Seigneur des Ténèbres de la lâcheté de certains de ses fidèles. Dont il serait bien prompt à se débarrasser.
-Ne me traite pas de lâche ! répliqua Rabastan en réprimant un frisson face à la mention de leur terrible Maître.
Il se tut un instant puis ajouta doucement :
-Dénoncer son propre frère. Tu n'as donc aucune loyauté envers ta famille ? Ou alors c'est la folie de Bellatrix et sa loyauté envers le Maître qui déteint sur toi.
-Je n'ai pas besoin de Bellatrix pour être fidèle au Seigneur des Ténèbres. C'est un grand homme et, quand il sera au pouvoir, il saura nous remercier pour ce que nous avons fait pour lui.
Il y eut un bref silence.
-Si nous ne sommes pas morts d'ici là, fit remarquer Rabastan tandis qu'ils atteignaient le palier du premier étage.
Rodolphus ouvrit la porte avec délicatesse mais toute discrétion fut tuée dans l'œuf par le grincement bruyant qu'elle émit en pivotant sur ses gonds. Les deux Mangemorts retinrent leur souffle et entrèrent dans le couloir, éclairé par la faible lueur des bougies suspendues au mur à intervalles réguliers.
-Des vampires, murmura Rodolphus tout en éteignant sa baguette. Le Maître prône la suprématie du sang et pourtant, il veut s'allier avec ces êtres répugnants suceurs de sang. De sang pur, parfois.
-Je croyais que tu faisais confiance au Maître, répliqua son frère Rabastan sur le même ton.
-Bien sûr. Et c'est bien pour cela que je suis là, à aller parlementer avec des vampires assoiffés qui se fichent complètement de nos histoires de sorciers.
Rodolphus se tut un instant, puis ajouta :
-Faire confiance ne veut pas dire que je n'ai pas le droit de me plaindre. Je suivrai mon Maître où qu'il aille mais j'ai le droit de m'inquiéter pour mon cul.
-C'est pas comme si on avait le choix, de toute façon, dit Rabastan avec justesse.
Comme si on pouvait refuser quelque chose au Seigneur des Ténèbres. S'il ordonnait à ses Mangemorts de se lancer sur eux-même le sortilège du Doloris, la plupart s'exécuterait sans rien dire. Alors, aller rendre visite à quelques vampires... Forcément, à moins que les négociations tournent mal, c'était bien moins douloureux.
Ils avancèrent dans le couloir silencieux, le souffle court, puis Rodolphus reprit la parole :
-Je ne sais pas pourquoi tu t'inquiètes. Ça s'est bien passé la première fois, je ne vois pas pourquoi ce serait différent aujourd'hui.
Rabastan, peu désireux de partager ses craintes et ses doutes, fut-ce avec son propre frère, se contenta de siffler :
-Je ne m'inquiète pas.
Néanmoins, lorsqu'ils arrivèrent devant la porte qui marquait l'antre des vampires, les deux frères arboraient le même air craintif. Rodolphus rangea sa baguette dans sa manche, à l'abri des regards des vampires mais à portée de main, et frappa trois coups à la porte.
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On dit que les habitudes ont la vie dure. C'est probablement pour cette raison que Lionel avait continué à fumer après sa transformation. Bien des années plus tard, tenir sa pipe -aussi vieille que lui, ce qui n'était pas peu dire- entre ses doigts, la bourrer avec application, la porter à ses lèvres, étaient tout autant de plaisirs qu'il avait appris à savourer. Les effets du tabac, néanmoins, avaient totalement disparu. Cela ne lui avait pas manqué. L'attrait du sang, son goût et son odeur valaient tous les trésors du monde. D'une addiction à une autre, après tout, autant garder la plus puissante, et la meilleure.
Ainsi, Lionel fumait la pipe. De retour à Londres depuis deux ans, lorsque les choses avaient commencé à bouger à nouveau dans le Londres sorcier, il revenait régulièrement à cet endroit pour passer quelques heures avec des connaissances. Il ne les considérait pas comme des amis, bien qu'il les connaisse depuis des centaines d'années. Juste des connaissances. Tous chérissaient leur indépendance et leur solitude et n'avaient besoin de personne pour traverser les siècles.
Il côtoyait Louis, Joey et Draco depuis quelques siècles. Ils s'étaient tous croisés à de nombreuses reprises, de par le monde, toujours là où l'action se trouvait. À chaque guerre, chaque conflit, chaque événement mondial, grand rassemblement, manifestation, ils s'y retrouvaient, attirés par les foules qui promettaient quantité de sang et par l'action qui promettait de chasser l'ennui, au moins pour quelques temps.
Il n'y avait pas de plus grand ennemi pour un vampire que l'ennui. Condamnés à errer en ce bas monde pour l'éternité, avec pour seule obligation celle de se nourrir de sang plusieurs fois par semaine, chaque jour, chaque année passés était un combat contre l'ennui. Il n'y avait rien de pire que d'assister à toute cette agitation autour de soi, tous ces gens qui couraient après chaque seconde, de peur de les laisser s'échapper, et n'avoir à se soucier de rien. Lionel craignait le temps qui passe. Pas de la même façon que les humains, sorciers comme moldus, car sur lui, le temps n'avait pas d'emprise. Non, lui, ce qu'il craignait, c'était ce monde qui fourmillait sans jamais s'arrêter, jour après jour, ce monde qui changeait et évoluait autour de lui, le temps qui ne s'arrêtait jamais de défiler alors que lui restait inlassablement là, toujours inchangé. L'ennui, pour un vampire, c'était dépérir à petit feu. S'il regardait trop longtemps le monde s'affairer sans rien faire, il finirait inévitablement par dépérir. Après tout, qui y-a-t-il de plus terrible que mourir d'ennui ? Surtout lorsqu'on ne peut pas mourir ? Lionel ne voulait pas agoniser d'ennui jusqu'à la fin des temps, très peu pour lui.
L'immortalité avait du bon. Les premiers siècles. Peu à peu, elle perdait son goût et ne restait plus qu'un fardeau.
Lionel, comme beaucoup de vampires, avait voué son immortalité au sang. Et à son combat contre l'ennui. Un combat de tous les jours.
Aussi fut-il content lorsque les Mangemorts s'approchèrent de la porte derrière laquelle il se trouvait, fumant tranquillement sa pipe. Un peu de distraction en cette chaude soirée d'été était la bienvenue. D'autant plus qu'il venait de perdre pour la troisième fois d'affilée aux cartes et qu'il y avait laissé une petite fortune. Sans parler de Joey qui commençait sérieusement à l'agacer en l'exhortant à miser sa précieuse pipe, comme il en avait pris l'habitude depuis quelques années.
Lorsque les Mangemorts entrèrent après que Lionel eut ouvert la porte, le vampire était à nouveau installé dans son fauteuil, jambes croisées et pipe entre les dents.
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Lorsque Rodolphus et Rabastan entrèrent dans la petite pièce, les vampires étaient installés exactement comme la semaine passée, au détail près. Rodolphus balaya la pièce mal éclairée du regard et dû se rendre à l'évidence. Un des vampires était absent. Il en fut aussitôt contrarié car, d'après ses ressentis de leur première rencontre, il lui avait semblé être le leader. Si leader il y avait parmi les vampires. C'était certainement le plus vieux, donc le plus influent, tout simplement. Ou juste le plus charismatique.
L'odeur de vieux tabac qui flottait dans la pièce sans aération rendait l'air irrespirable pour les deux humains qui mirent plusieurs secondes à s'habituer. Rodolphus fut pris d'une quinte de toux qui lui valut un regard noir de la part de son frère.
-Messieurs bonsoir, salua poliment Rabastan.
Oui, les Mangemorts sont capables de faire preuve de politesse, du moins lorsque la situation n'est pas au beau fixe. Il pensa bien s'enquérir de leur santé respective mais jugea la question un peu déplacée. Des vampires pouvaient-ils aller mal ?
Ils s'installèrent sur les chaises inoccupées autour de la table dans un silence pesant. Les deux Mangemorts échangèrent un regard un peu angoissé. La première rencontre avait été brève et tendue. Les vampires s'étaient montrés froids et peu intéressés mais enclins à réfléchir à la proposition, du moins en apparence. Ils avaient laissé sous-entendre la possibilité d'une alliance. Mais le Lord n'était pas dupe. Une alliance avec des vampires ne pouvait être stable. il n'avait aucun moyen de se garantir leur fidélité. Si accord il y avait, les vampires resteraient totalement indépendants et il ne serait pas question de les convoquer comme il le faisait avec ses Mangemorts, ni d'exiger d'eux obéissance et soumission. Cependant, une telle alliance ne pourrait qu'être bénéfice et il avait tout intérêt à ce qu'elle se concrétise.
-Vous êtes revenus, finalement, remarqua Joey avec une certaine condescendance.
Il esquissait un sourire en coin arrogant qui laissait apparaître ses deux canines proéminentes. Les regards des deux Mangemorts restèrent bloqués dessus, comme hypnotisés. Puis Joey se pencha en avant pour battre les cartes avec agilité et les Mangemorts détournèrent précipitamment le regard.
-Bien sûr, que nous sommes revenus, répondit Rabastan d'un ton neutre. Notre Maître n'a qu'une seule parole. Et de votre côté ? Avez-vous réfléchi à sa proposition ?
Aucun des vampires ne répondit et le silence s'installa. Rabastan se racla la gorge, mal à l'aise et jeta un regard appuyé à son frère. Rodolphus balaya la pièce du regarda et se sentit obligé de demander :
-Où est votre ami ?
L'immobilité des trois vampires était extrêmement perturbante. Ils se tenaient droits dans leur fauteuil, les mains posées sur les accoudoirs et leurs trois regards ternis par les années posés sur eux. Leurs visages pâles étaient insondables. Malgré la couleur de leurs cheveux qui variait du brun foncé au blond cendré, leur pâleur, leur immobilité et leur charisme les rendaient plus ou moins identiques. Aucune complicité ne transparaissait entre eux, malgré le jeu de cartes auquel ils jouaient ensemble et ils ne se regardaient jamais.
-Pourquoi votre Maître ne vient-il pas lui-même à notre rencontre ? Au lieu de nous envoyer ses sous-fifres.
-Le Seigneur des Ténèbres est un homme très occupé, répondit nonchalamment Rodolphus, serrant des dents face à l'insulte.
-N'a-t-il pas de temps à nous accorder, alors qu'il nous demande un service ? Il me semble que ce serait la moindre des choses, s'il désire que nous donnions suite à sa proposition.
Rodolphus échangea un regard avec son frère. Comment expliquer que le Seigneur des Ténèbres n'était pas un homme que l'on pouvait convoquer à sa guise et ce sans perdre la possibilité d'une alliance ? Les négociations commençaient mal et les vampires avaient l'air moins avenant encore que lors de leur précédente rencontre.
-Que gagnerait-on en soutenant la cause de votre Maître ? demanda poliment -sembla-t-il- Lionel.
L'odeur qui s'échappait de sa pipe était acre, difficilement respirable.
-Autant de sang que vous le voudrez...
-Nous avons déjà cela, coupa sèchement Louis. Nous n'avons pas besoin de lui pour nous nourrir.
Rodolphus lui jeta un regard avant de se retourner vers Lionel :
-Et un moyen bien efficace de combattre l'ennui. Qui y-a-t-il de moins ennuyant qu'une guerre ? Avoir un but, un objectif à atteindre. Voilà ce que vous propose le Lord.
Les vampires n'eurent aucune réaction mais les deux Mangemorts devinèrent que cette dernière phrase avait fait mouche. Le Lord était un homme intelligent et cultivé et il savait parfaitement ce qui pourrait amener des vampires à servir sa cause. Il leur servait sur un plateau d'argent un moyen de fuir leur ennui.
-Que veut votre Lord, exactement ?
-Seulement être sûr qu'en cas d'attaque, il aura votre soutien. Et bien sûr, la garantie que vous ne vous battrez pas pour l'autre camp.
-L'autre camp ? releva Lionel en haussant les sourcils. Avez-vous conscience que, pour nous, le camp n'a pas d'importance ? Du moment qu'on s'amuse un peu et qu'on a notre quota de sang...
-Croyez-moi, en rejoignant le Lord, vous ne manquerez ni de distractions, ni de sang, glissa Rodolphus avec un sourire en coin vicieux.
Les deux Mangemorts avaient conscience qu'une alliance avec des vampires n'avait rien de fiable. Personne, pas même le Seigneur des Ténèbres, ne pouvait manipuler des vampires. S'ils acceptaient leur proposition, il n'y aurait aucune garantie qu'en cas de besoin, ils seraient réellement là pour les soutenir. Il serait impossible de les manipuler ou de les effrayer pour obtenir d'eux tout ce qu'il voulait, comme il le faisait avec ses Mangemorts.
Il était impossible de deviner ce qu'ils pensaient. Ils ne se regardaient jamais, ne se parlaient pas, pourtant les deux Mangemorts savaient que la décision serait prise à l'unanimité. Les vampires n'étaient pas faciles à trouver. Les différents Mangemorts que le Maître avaient délégués pour les trouver avaient souvent échoué, malgré l'augmentation de cette population dans le pays depuis le début de la guerre. Puis finalement, lorsqu'un Mangemort s'était retrouvé nez à nez avec un vampire, il avait enfin pu transmettre le message du Lord. Il avait ainsi pu obtenir l'adresse où les plus vieux et donc les plus influents vampires se rassemblaient.
-Avez-vous réfléchi à la proposition du Lord ? tenta à nouveau de demander Rodolphus face au silence de plus à plus pesant qui s'était installé dans la pièce.
Rodolphus craignait qu'en l'absence de celui qui lui avait semblé être le leader, ils veuillent à nouveau reporter leur décision. Il n'était pas sûr que le Lord serait aussi compréhensif et patient s'ils revenaient une deuxième fois sans réponse concrète.
-Dites-nous ce qu'il attend de nous dans l'immédiat, pour insister autant et vouloir une réponse aussi rapidement, exigea Lionel en laissant échapper une nouvelle bouffée de fumée âpre qui s'éleva jusqu'au plafond.
Rodolphus soupira discrètement.
-Nous avons parlé de Harry Potter lors de notre précédente entrevue, commença-t-il. Avez-vous lu certaines choses à son sujet ?
-De toute évidence. Il n'est pas facile de passer à côté de la notoriété de ce garçon, dans ce pays. Nous sommes cependant curieux de savoir pourquoi un sorcier aussi puissant que votre Lord s'acharne ainsi sur un gamin de seize ans.
-Potter a détruit le Lord alors qu'il n'avait qu'un an et qu'il était sans pouvoir. Et depuis qu'il est entré dans le monde de la magie, il n'a cessé de l'empêcher de retrouver ses pouvoirs. Maintenant que c'est chose faite, notre Maître souhaite se débarrasser définitivement de cet élément plus que gênant.
Rodolphus et Rabastan fixèrent les visages impassibles qui les observaient sans ciller.
-Qu'est-ce qui l'empêche de se débarrasser de lui ? Le Seigneur des Ténèbres est le plus puissant mage noir depuis des générations. J'ai mal à croire qu'un simple enfant lui pose autant de problèmes.
-Justement. Potter semble constamment bénéficier soit d'une chance monstrueuse, soit d'une aide inespérée. Étant la plus grande partie de l'année protégé par les murs sécurisés de Poudlard, notre Maître ne peut espérer l'atteindre que durant les deux mois qu'il passe dans sa famille moldue.
-Qu'attend-il dans ce cas ? Cela semble être le moment idéal pour agir.
Rodolphus soupçonnait les vampires de savoir exactement où il voulait en venir. Néanmoins, ils ne semblaient pas décider à lui faciliter la tâche.
-Il se trouve qu'une vieille et puissante magie protège Potter lorsqu'il se trouve dans cette maison moldue. Sa mère s'est sacrifiée pour lui sauver la vie lorsqu'il n'était qu'un bébé, créant par la même une protection ancestrale qui tient le Lord à distance. Cette protection coule dans le sang de sa sœur, la tante de Potter chez qui il vit. Tant qu'il se trouve entre les murs de cette maison, le Seigneur des Ténèbres ne peut l'atteindre.
-Nous y voilà, souffla narquoisement Lionel.
-Vous êtes des vampires, murmura Rodolphus en prenant de l'assurance pour la première fois et en se penchant en avant. Cette ancienne magie n'aurait aucun effet sur vous. Si vous le vouliez, vous pourriez pénétrer cette maison. Vous pourriez atteindre Potter. Le tuer.
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Draco n'avait pas encore ouvert les yeux qu'un sentiment de bien-être intense le submergea. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi bien, aussi en forme, aussi vivant. La vie était ironique, songea-t-il. Il se sentait apaisé, comblé. Plein. Sa soif était totalement satisfaite. À la pensée du sang de son calice coulant le long de sa gorge, il déglutit. Il n'avait pas soif, pourtant il avait envie de goûter à ce sang merveilleux encore et encore, juste pour sentir son arôme délicieux effleurer ses sens, sa texture douce couler sur sa langue et son goût divin titiller ses papilles.
L'eau à la bouche, il tourna légèrement la tête pour enfoncer son visage dans le cou brûlant du calice endormi. Ses mèches humides de sueur chatouillèrent son visage et son odeur sauta à ses narines avec la force d'un ouragan. Il inspira longuement, profondément, les yeux fermés. Il s'enivra de cette odeur entêtante durant de longues minutes.
La chaleur que dégageait le garçon était insoutenable. Harry transpirait sous la couverture et à son contact le corps de Draco était bouillant comme il ne l'avait plus été depuis des siècles.
Prisonnier de l'étreinte de fer du vampire qui ne s'était pas desserrée durant la nuit, Harry n'avait pas bougé. Draco avait toujours les bras fermement serrés autour de son torse et ses jambes entremêlées aux siennes. Jugeant qu'il était plus sage de le faire changer de position pour permettre une circulation uniforme du sang dans tout le corps, Draco relâcha son étreinte. Il passa un bras sous les épaules du garçon, attrapa l'une de ses jambes et le fit vivement pivoter sur lui-même pour qu'il se retrouve directement face à lui. Ce mouvement un peu brusque ne tira nullement le calice de son profond sommeil. Il n'esquissa pas un geste. Mais le mouvement souleva une bouffée de son odeur dont Draco s'emplit les poumons avec délice.
Maintenant face à face, il sentait la poitrine du garçon s'élever doucement contre son torse. Le souffle de Harry s'échouait maintenant dans le creux de sa gorge. C'était bon. Non, plus, c'était enivrant. Jamais il n'avait ressenti une telle sensation d'être à sa place et de ne vouloir bouger pour rien au monde.
Dehors, le soleil se levait. L'animation sur la place lui parvenait distinctement. Jamais il n'avait passé autant de temps à dormir. Était-ce le sang doux, comblant, rassasiant qui avait eu sur son organisme un effet somnolant, bourratif et qui l'avait laissé endormi autant d'heures ? Ou était-ce la présence de son calice près de lui et dont il avait ressenti dans chaque fibre de son corps son épuisement, son bien-être comblé et qui l'avait entraîné dans son lourd sommeil ? Draco n'en savait rien. Désormais, il ne ressentait plus cet épuisement pesant qui avait submergé Harry la veille mais il sentait que le calice dormirait encore quelques heures.
Délicatement, Draco se redressa sur le lit. La couverture glissa légèrement et il balaya le corps pâle du garçon exposé à sa vue et qu'il avait commencé à découvrir la veille. Son torse était bien sculpté, son ventre plat. Il leva la main dans le but de repousser encore un peu la couverture mais se ravisa au dernier moment. Il aurait tout le temps pour découvrir le corps du garçon et autant le faire lorsque celui-ci serait conscient, ce serait probablement plus divertissant. Il plissa les yeux lorsque son regard tomba sur les deux marques rouges qui attiraient le regard sur le cou pâle. Il les caressa d'un doigt et se passa inconsciemment la langue sur ses canines proéminentes.
Puis il se leva. Il rejeta la couverture sur le corps du garçon et se dirigea vers la salle de bain avec l'intention de prendre une douche. Il avait besoin de se remettre les idées en place, loin de l'odeur entêtante du calice qui emplissait la pièce.
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Harry ne se réveilla que bien plus tard dans la matinée. Draco lisait le journal sorcier du jour, confortablement installé dans son fauteuil et il sentait la conscience du garçon doucement s'immiscer en lui. C'était léger, comme un effleurement, et il sut qu'il faudrait encore de longues minutes avant que le calice n'émerge totalement de son profond sommeil réparateur. Draco tourna une page de son journal, le laissant reprendre pied à la réalité sans esquisser le moindre geste.
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Merci à tous d'avoir lu !
Dans le prochain chapitre, je vous sers la réaction de Harry et la réaction de Draco à la réaction de Harry. Ou un truc dans le genre ^^
À la semaine prochaine, sans faute, comme toujours !
Chapitre relu et corrigé en mai 2020
