Salut à tous !
Comme toujours, merci à tous pour vos nombreuses reviews. Merci spécialement aux guests et ankana87.
Il y a eu beaucoup de réactions face à l'entretien entre les vampires et les Mangemorts mais pour voir la réaction de Draco, il va falloir attendre quelques chapitres, je le crains.
En attendant, je vous laisse découvrir ce nouveau chapitre.
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Chapitre 7
"La soumission est la base du perfectionnement"
Auguste Comte, extrait du Système de politique positive
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Harry était enveloppé dans un cocon fait de chaleur et de douceur. Il ne ressentait que bien-être et pour rien au monde à ce moment-là il n'aurait voulu être arraché de cet état de volupté absolu. Son corps était si lourd qu'il fut incapable de bouger durant de longues secondes. Par ailleurs, il n'en avait pas vraiment envie. Sa tête était douloureuse, pleine d'un bourdonnement incessant et agaçant. Ses bras et jambes étaient parcourus de fourmillements désagréables.
Harry soupira dans son demi-sommeil. Il remua ses doigts pour essayer de retrouver quelques sensations dans ses membres engourdis. Son visage était enfoncé dans un coussin moelleux et il avait du mal à respirer mais ses bras et ses jambes étaient si lourds qu'il lui fut incapable de se redresser pour changer de position.
De longues minutes passèrent, durant lesquelles Harry ne bougea pas. Parfois, il reprenait pied à la réalité et lui parvenaient alors les sons de la ville et par moment, il replongeait dans une somnolence bienfaitrice qu'il n'arrivait pas à combattre.
Finalement, un bruit de klaxon prolongé juste sous la fenêtre le réveilla en sursaut. Il écouta attentivement, aux aguets, bien après que le son parasite eut cessé. Puis, au prix d'un effort difficile, il réussit à se retourner pour se mettre sur le dos et prit une longue inspiration. Il fut ébloui par la lumière qui entrait à flot dans la chambre. Harry souleva son bras droit qui lui donna l'impression de peser des tonnes et dégagea les mèches humides qui balayaient son front. Son bras retomba mollement et rebondit sur le matelas. Harry se sentait vidé de ses forces, totalement épuisé. Pourtant, à en juger par le soleil qui illuminait la pièce, il avait dormi de longues heures d'un sommeil lourd et sans rêve. L'unique sensation qu'il avait eue durant son sommeil avait été un sentiment de confort profond et de sécurité la plus complète. Après tant de nuits passées à essayer de refouler des cauchemars incluant Voldemort et ses activités plus que douteuses, il était agréable de se sentir protégé. Vraiment protégé.
Harry chercha une horloge des yeux mais les murs nus de la chambre lui rappelèrent que le temps n'était pas la première préoccupation du vampire. À cette pensée, Harry porta sa main à son cou et caressa l'endroit de la morsure. Sa peau était lisse et brûlante mais Harry savait qu'il devait y avoir deux points rouges à l'endroit où les crocs du vampires avaient percé la peau. Une bouffée de chaleur monta en lui et il rougit jusqu'aux oreilles.
Il avait vécu l'expérience la plus érotique de toute sa vie. Cela avait été si inattendu que Harry avait encore du mal à comprendre ce qui était arrivé. Comment des crocs aussi acérés pouvaient lui procurer un plaisir pareil ? C'était totalement incompréhensible. Son souffle se bloqua dans sa gorge lorsqu'il se rappela avoir laissé le vampire le toucher... intimement. Jamais personne n'avait eu accès à cette partie-là de son intimité. Dans son malaise, une bouffé de colère monta en lui. Le vampire avait osé le toucher de manière si intime, sans son autorisation, il avait profité de la réaction de Harry face à la morsure pour le toucher, le caresser... Harry n'en revenait pas. Il s'était laissé faire et c'était probablement encore pire.
Mortifié comme jamais, il rabattit la couverture sur sa tête avec un grognement rauque. Il n'avait jamais eu aussi honte de toute sa vie. Mais il n'était pas dit que Harry allait laisser passer un tel comportement. Il était peut-être fautif de ne pas avoir réagi et repoussé le vampire, -il s'en voulait assez pour cela- mais après tout, il avait été légèrement distrait par la morsure et les sensations extatiques qu'elle avait engendrées. Le vampire, lui, avait été parfaitement conscient de tous ses faits et gestes. Il était la personne à blâmer. Il était celui qui avait profité de la situation à son avantage.
-Es-tu si mortifié que tu comptes rester là-dessous toute la journée ?
Harry sursauta. La voix veloutée du vampire était si proche qu'il crut pendant une folle seconde qu'il était sous la couette avec lui.
-Je compte rester là jusqu'à la fin des temps, répondit-il d'une voix étouffée. Ça répond à votre question ?
-J'aime bien l'idée, répondit le vampire et Harry rougit jusqu'à la racine des cheveux au sous-entendu.
-Ne rêvez pas, rétorqua-t-il. Plus jamais. Ça n'arrivera plus jamais. N'osez plus jamais poser un seul doigt sur moi.
C'était plus facile de parler ainsi, dissimulé au regard scrutateur du prédateur qu'il sentait tout près.
-Tu ne pourras pas t'y soustraire, Harry. Le calice donne son sang à son vampire, c'est ainsi.
Harry, qui ne parlait pas de la morsure et qui avait l'impression que le vampire le savait, grogna. Soudain, la couverture disparut. Harry fut happé par deux yeux gris suspendus au-dessus de lui et qui le fixaient si intensément qu'il rougit à nouveau. Instantanément, toute émotion le quitta. Honte, colère, agacement, malaise, tout disparut pour ne laisser qu'un vide immense, dominé par un bien-être désormais familier.
Draco se pencha lentement vers lui, rapprochant leurs deux visages jusqu'à ce que quelques centimètres à peine les séparent, et il chuchota :
-Ai-je oublié de préciser que le vampire et le calice ont des relations sexuelles régulières ? Et consentantes ?
Harry ne pouvait plus bouger. Le corps au-dessus de lui était tiède sur son corps brûlant et c'était agréable. Le torse puissant du vampire écrasait doucement le sien et ses coudes reposaient lourdement de chaque côté de sa tête. Il était habillé et Harry en fut soulagé. Un doigt frais caressa l'une de ses joues rougies.
-Tu as repris des couleurs, c'est bon signe.
Harry l'ignora.
-Je ne suis pas gay, affirma-t-il et il fut content d'entendre que sa voix ne tremblait pas.
Il refoula au plus profond de son esprit les images de la veille qui revenaient le hanter. Le vampire allongé sur lui, la bouche tout contre son cou. Lui laissant échapper des gémissements incontrôlables. La main du vampire glissant sur son corps dénudé pour échouer sur... Harry secoua la tête. Au-dessus de lui, le vampire souriait comme s'il savait parfaitement quel cheminement prenaient ses pensées.
-Mais moi non plus, dit-il, un sourire en coin sardonique collé aux lèvres.
Harry plissa les yeux. Draco se rapprocha encore de son visage et ses lèvres effleurèrent la mâchoire de l'autre garçon, très légèrement. Harry frissonna. Face à la présence du vampire si près, tout son corps s'était brutalement détendu, le laissant reposé et calme sur le matelas. Les lèvres fraîches qui caressaient sa mâchoire, puis son menton et descendaient inexorablement vers son cou lui envoyaient des frissons dans tout le corps.
-Ce n'est pas une question d'orientation sexuelle, continua tranquillement Draco, mais d'attirance. Pour se compléter, le lien a besoin que nous nous unissions. Tant que cela ne sera pas fait, il nous poussera l'un vers l'autre. Plus nous attendrons, plus ce sera difficile de lui résister.
Il lécha doucement la veine jugulaire du garçon et Harry rejeta involontairement la tête en arrière.
-Sachant cela, je propose que nous nous soumettions au lien dès maintenant. Qu'en dis-tu ?
La panique qui monta en Harry fut si violente que les lèvres du vampire disparurent immédiatement de sa gorge. Et lorsque les yeux de Draco retrouvèrent les siens, Harry retrouva son calme tout aussi vite. Mais les battements frénétiques de son cœur ne se calmèrent pas pour autant.
-Qu'en dis-tu ? répéta doucement Draco.
Hypnotisé par les deux prunelles grises, Harry eut du mal à donner un sens à la dernière question du vampire. Il fit un effort intense pour réfléchir puis finit par répondre avec conviction :
-Non. Je dis non.
Draco ne cilla pas. Ses lèvres trouvèrent à nouveau la mâchoire de Harry et il remonta lentement jusqu'à trouver son oreille.
-Entre le calice et le vampire, tout est décuplé, souffla-t-il. La relation est basée sur un lien puissant et unique qui les contrôle totalement. Tu vas devenir dépendant de moi, Harry. De ma présence, de ma voix, de mon contact, de ma morsure. Bientôt, mon absence te paraîtra intolérable, la distance qui nous sépare, insupportable. Tu chercheras sans cesse ma présence pour te sentir bien. Tu me supplieras de te mordre alors même que ton corps sera à bout de force. Et ce, que tu le veuilles ou non.
Le souffle frais du vampire dans son oreille faisait frissonner Harry. Les mots qu'il lui susurrait s'imprégnaient en lui au fer rouge. Il ferma les yeux, la respiration saccadée.
-Tu as seize ans, Harry, et tu es humain. Tu auras du mal à résister longtemps à toutes ces émotions, et aux sensations que tu as ressenties hier soir durant la morsure et que tu ressentiras encore et encore. Particulièrement si je me montre plus entreprenant à l'avenir. C'est pourquoi, je ne me fais pas de soucis pour la suite de notre relation.
Puis, sur un dernier effleurement de ses lèvres au niveau du cou de son calice, Draco se redressa. Il balaya son corps dénudé d'un regard impassible puis rabattit la couverture sur son calice rougissant, avant de quitter la pièce.
Harry resta allongé sans bouger jusqu'à ce que sa respiration s'apaise. Pendant tout ce temps, il fixa le plafond, sans penser à rien.
Lorsqu'il fut à peu près sûr de pouvoir contrôler son corps et ses émotions à nouveau, il consentit à se redresser. Mais à peine se fut-il assis que la pièce se mit à tanguer dangereusement. Il attendit patiemment que les murs cessent de bouger et repoussa la couette d'un geste brusque. Puis il se rappela qu'il était totalement nu - ce qu'il avait essayé d'oublier- et rabattit la couette sur lui tout aussi vivement. Dépité, il tourna la tête vers l'armoire entre-ouverte et s'aperçut non sans surprise qu'elle était remplie de vêtements. Doucement, et emportant la couette avec lui pour se couvrir, il se leva. Il resta immobile quelques secondes pour être sûr que ses jambes ankylosées soutiennent son poids puis fit quelques pas hésitants vers l'armoire dont il ouvrit les portes. Il n'avait pas rêvé. Les étagères, vides et empoussiérées la veille, regorgeaient maintenant de vêtements en tout genre. La garde-robe n'avait rien à voir avec ce que connaissait Harry. Exit les vieilles fringues trop grandes de son cousin, tous les vêtements, des simples jeans aux chemises les plus sophistiquées, semblaient être de hautes factures. Harry resta hébété de longues minutes devant cet amas de vêtements. Puis il enfila un caleçon au hasard, un jean et un tee-shirt blanc. Tout était à sa taille et Harry en fut un peu dépité.
Lorsqu'il fut habillé, il remit la couette sur le lit puis s'avança à pas de loup vers le salon. À travers la porte entre-ouverte, son regard tomba aussitôt sur le vampire. La vue du vampire nonchalamment installé dans son fauteuil et lisant son journal fit remonter en Harry un sentiment de bien-être qui l'avait quitté après son départ de la chambre. Il se maudit mille fois puis entrouvrit la porte et fut apaisé dès que le regard gris se posa sur lui.
Draco détaillait son calice d'un regard sévère. Ses lèvres manquaient encore cruellement de couleur et les deux marques sur son cou, que ses cheveux ébouriffés n'arrivaient pas à dissimuler, lui mirent l'eau à la bouche. Draco soupira et se replongea dans son journal. Il ressentait dans chaque fibre de son corps la fatigue du garçon, son état de faiblesse qui l'incitait à le protéger. Il avait amené avec lui dans la pièce une bouffée de sa merveilleuse odeur qui mit le feu aux sens aiguisés du vampire. Draco secoua imperceptiblement la tête devant l'innocence du garçon.
Harry, qui commençait à avoir à nouveau chaud face à la présence du vampire qui lui rappelait inévitablement ce qui s'était passé entre eux la veille, courut presque en direction des toilettes. Lorsqu'il passa dans la cuisine, il s'arrêta net. Les portes du placard grandes ouvertes laissaient entrevoir des étagères pleines à craquer. Harry s'en approcha, n'osant y croire. Il y avait de la nourriture à profusion, de quoi nourrir une garnison entière pendant quelques jours. Les étagères étaient pleines de dizaines de boîtes de conserve en tout genre, des paquets de pâtes et de riz s'entassaient les uns sur les autres. Des boîtes de céréales par dizaine, de confitures de toutes sortes, des paquets de gâteaux qui auraient fait le bonheur de Dudley. Des pacs d'eau, de lait, de jus en tout genre, de sirops, s'entassaient au sol. Les panières étaient pleines de fruits et de légumes frais. Et quand Harry ouvrit le frigo, il le trouva tout aussi plein que les placards. Il n'en revenait pas.
-Je ne voudrais pas que mon calice meure de faim, affirma Draco que Harry n'avait pas vu arriver.
Il était si sidéré qu'il ne se formalisa pas de la façon on ne peut plus possessive sur laquelle le vampire parla de son calice.
-Vous plaisantez ? Avec ça, y a de quoi tenir un siège pendant des semaines !
-Tu seras surpris de voir tout ce que tu peux avaler, dorénavant.
Harry ne dit rien. Toute cette nourriture lui prouvait douloureusement que le vampire n'avait pas l'intention de le laisser partir. Bien au contraire. Pour masquer son trouble, il se détourna des placards et s'enferma dans les toilettes.
Lorsqu'il sortit, le vampire s'était assis sur l'une des chaises bancales. Les bras sagement posés sur la table et les jambes croisées, à peine Harry eut-il ouvert la porte que son regard gris se posa sur lui. Gêné, Harry évita son regard et alla se laver les mains au robinet de l'évier.
-Il y a de quoi manger dans le four, informa Draco.
Surpris, Harry s'approcha du four en question et en ouvrit doucement la porte. Une délicieuse odeur flotta jusqu'à lui, mettant à mal son ventre vide et affamé. Précautionneusement, il sortit le plat et le posa sur la table.
-C'est vous qui avez fait ça ? demanda Harry, étonné, en observant avec suspicion le plat fumant.
Une dizaine de cuisses de poulet légèrement dorées, comme Ron les aimait tant, reposait sur une couche de pommes de terre coupées en tranche et agrémentées de flageolets. Harry en eut de suite l'eau à la bouche, s'apercevant par la même à quel point il était affamé.
-Non, répondit mystérieusement le vampire, impassible.
Harry attendit mais il n'ajouta rien. Haussant les épaules, il alla fouiller dans le buffet à la recherche d'une assiette et de couverts. Le sol froid sous ses pieds nus le faisait frissonner. Puis il s'installa à table, le plus loin possible du vampire et se servit une part généreuse du plat. Après tout, tout était pour lui, non ?
Harry mangea longtemps et beaucoup sous l'œil scrutateur du vampire. Il fit largement honneur aux cuisses de poulet et à leur accompagnement, se surprenant lui-même à la vue de toute la nourriture qu'il pouvait avaler sans se donner des maux au ventre.
Le regard intense du vampire fixé sur lui et son silence mettaient les nerfs de Harry à si rude épreuve qu'il se tortillait sur sa chaise, mal à l'aise comme jamais. Au bout d'un certain temps, alors qu'il dévorait une énième cuisse de poulet, il finit par demander :
-Pourquoi me fixez-vous ainsi ?
Sa voix rauque résonna étrangement dans la petite cuisine. Le vampire continua cependant de le fixer sans rien dire, accentuant encore plus le malaise de Harry, si c'était possible.
-Vous avez perdu la langue ?
-Pourquoi t'inquiètes-tu ainsi ? rétorqua Draco que le malaise de son calice commençait à lasser. Je ne vais pas te sauter dessus. Même si ce n'est pas l'envie qui me manque, j'ai des manières.
Son ton pompeux exaspéra Harry.
-Si c'est comme ça que vous comptiez me rassurer, c'est raté.
-Je ne veux pas te mentir, Harry. Ton sang m'obsède. Ton odeur m'obsède. Ton corps m'obsède. Tout bien réfléchi, tu as des raisons d'être inquiet.
Disant cela, le regard gris balaya le visage de Harry pour s'échouer sur son cou. Harry baissa les yeux sur son assiette pour éviter de l'affronter. Le silence devenait insupportable et Harry se creusa la tête pour trouver quelque chose à dire pour le combler.
-Vous avez un prénom ?
Il fut surpris de se rendre compte qu'il n'avait pas pensé à poser cette question plus tôt. Il était tellement obnubilé par le vampire en lui-même qu'il ne savait rien de lui. Pas même son prénom. Il crut un instant que le vampire ne répondrait pas mais il finit cependant par lâcher nonchalamment :
-Draco.
-C'est un drôle de prénom, remarqua Harry en mordant dans la cuisse.
Le vampire pinça les lèvres. Suite à sa réflexion ou à son impolitesse, Harry n'aurait su le dire.
-C'est un vieux prénom, corrigea Draco.
-Un vieux prénom pour un vieux vampire, rétorqua-t-il, pas décidé à se laisser faire. Quel âge avez-vous ?
-J'ai arrêté de compter, répondit évasivement Draco dont le regard froid échoua sur les mains graisseuses de Harry, clairement désapprobateur.
Harry fit une moue agacée, pas dupe pour deux mornilles.
-Vous avez conscience que vous ne répondez à aucune de mes questions ? Vous le faites exprès n'est-ce pas ?
-J'espère peut-être que cela te dissuadera d'en poser.
Harry ne dit rien, vexé. Il planta rageusement sa fourchette au milieu de ses pommes de terre. Sa main tremblait. Pour masquer son malaise au vampire qui le fixait toujours, il se leva et alla chercher un verre dans le placard. Il se servit de l'eau au robinet, puis alla se rassoir.
Trop effrayé à l'idée de se faire à nouveau rabrouer, Harry ne dit plus rien. Il finit son plat sans se presser, vaguement surpris de la patience dont faisait preuve le vampire. En effet, ce dernier resta sagement assis tout le temps que dura le repas de son calice -et il dura longtemps-, sans jamais faire montre d'impatience ou d'agacement. Il se contenta de le fixer, suivant chacun de ses gestes avec une intensité qui rendait le jeune calice nerveux.
Les mains de Harry tremblaient tellement qu'il finit par renverser une bonne partie de son verre d'eau sur la table. Jurant férocement, il se recula précipitamment pour épargner son jean neuf.
-Surveille ton langage, réprimanda aussitôt le vampire d'un ton si sec que Harry sursauta violemment.
Le calice releva le visage et croisa le regard froid de son vis-à-vis. Ils s'observèrent quelques secondes et Harry ressentit la même vague d'autorité qu'il avait ressentie la veille dans le salon, l'incitant à se soumettre. Il ne put combattre l'envie pressante de baisser les yeux face à cet excès de domination. Il s'en voulut tellement de se laisser dominer si facilement qu'il ne put se retenir de rétorquer doucement :
-Vous n'êtes pas ma mère. Je jure si je veux.
Son ton n'avait rien d'agressif et il avait toujours le regard baissé sur son assiette mais une vague d'irritation provenant du vampire monta en lui. Harry se ratatina sur lui-même, regrettant déjà d'avoir essayé de lui tenir tête. Draco plissa dangereusement les yeux. Il se pencha par-dessus la table en direction de son calice récalcitrant.
-Jure dans ce cas, souffla froidement Draco. J'espère seulement que tu ne le regretteras pas.
La menace était palpable. Harry ne releva pas la tête mais l'irritation qui s'était emparée du vampire se mêla bientôt à la sienne. Il n'était pas dit qu'il se laisserait dominer et soumettre par un vampire alors que Voldemort lui-même n'avait pas réussi un tel exploit. Lorsqu'il répliqua, agacé, il garda cependant les yeux baissés :
-Je ne suis pas votre elfe de maison. Je ne vous dois pas une obéissance aveugle.
-Non, mais tu es mon calice. Et je veux que tu m'obéisses. N'oublie pas que tu es à moi et que je suis en droit d'exiger de toi ce que je veux.
Harry serra les dents. La colère se mélangeait à l'appréhension. Mais l'impulsivité et le courage légendaire des Griffondors qui le caractérisaient ne pouvaient tolérer de se laisser assujettir sans combattre, même si sa raison lui soufflait que c'était pure folie.
-Vous ne pouvez pas me faire de mal, défia-t-il, toujours sans le regarder.
Harry regretta aussitôt ses paroles. Rappeler l'influence du lien dans leur relation ne semblait pas la meilleure idée. Le regard du vampire s'assombrit et, agile et rapide, il se leva. Harry releva la tête pour le regarder approcher, la peur au ventre, sans pouvoir esquisser un seul geste. Draco se planta devant lui, dégageant une aura de colère pure qui électrisa le jeune garçon et se pencha jusqu'à ce que son visage soit à quelques centimètres de celui de son calice. Le souffle chaud et précipité du garçon s'échoua sur son visage et il ne le respira pas pour ne pas se laisser enivrer par son odeur.
-Oui, je le regretterai surement, après coup, souffla-t-il doucement, maître de lui-même malgré sa colère. Mais je préfère que tout soit clair entre nous dès le début.
Il posa sa main fraîche sur la gorge du garçon et lui fit rejeter légèrement la tête en arrière en posant le pouce sous son menton. Sans serrer plus que nécessaire mais avec une poigne brusque qui ne laissait rien planer de ses intentions, il chercha impitoyablement le regard vert de Harry. Lorsque son calice fut totalement soumis à l'emprise de ses prunelles grises, il se pencha encore un peu plus en avant.
-Est-ce que tu vas m'obéir, Harry ? demanda-t-il sèchement.
Harry était incapable de réfléchir. Tout ce qu'il voyait, c'était les iris gris qui emplissaient tout son champs de vision. La présence du vampire si près de lui n'avait plus rien de réconfortante mais était au contraire étouffante, à la fois de supériorité et de charisme. La main fraîche du vampire serrait sa gorge sans lui faire mal mais c'était affreusement dominant et exigeant. Harry aurait aimé résister mais le vampire le soumettait avec une facilité telle qu'il en eut les larmes aux yeux. Toute velléité de rébellion avait totalement disparu et il se sentit pris au piège lorsqu'il comprit que le lien le poussait à se soumettre entièrement au vampire.
-Oui, répondit-il dans un souffle saccadé.
-Bien, fit Draco et son pouce caressa légèrement les deux marques rouges sur le cou du garçon, ce qui le fit frissonner. J'attends de mon calice qu'il se soumette à moi sans jamais rien dire, qu'il fasse ce que je lui dis sans protester et sans trouver quelque chose à redire. Je refuse que tu tentes de me repousser ou que tu me déranges pour des raisons futiles et inutiles. Respect, soumission, obéissance et discrétion et notre cohabitation forcée pourrait bien se passer. Est-ce clair ?
Les larmes coulaient à présent sur les joues de Harry mais le vampire les ignora. Il écrasait Harry de son regard implacable, attendant une réponse.
-Oui, répéta Harry.
-Très bien. J'aime que les choses soient claires dès le début, cela évite les malentendus. N'oublie pas, ou je me verrai dans l'obligation de te rappeler les termes de notre entente. Maintenant, finis ton repas et sois sage.
Il lâcha soudainement Harry et disparut dans le salon. Humilié et indigné comme jamais, Harry essuya rageusement les larmes qui avaient coulé sur ses joues. Le sentiment de manque qui enfla dans sa poitrine à la disparition du vampire finit de l'achever et le verre vide posé sur la table devant lui explosa en mille morceaux.
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Aïe. Bon, que pensez-vous de la réaction de Draco? Excessive? Légitime? Possessive? Autoritaire?
Et Harry? Comment le trouvez-vous? Je sais qu'il a l'air plutôt faible, soumis et pleurnichard, j'espère que ça ne vous choque pas. Le pauvre, il n'est pas dans une position très pratique...
J'espère que ce chapitre vous a plu!
A la semaine prochaine!
Chapitre relu et corrigé en mai 2020
