Bonjour à tous!

Fiou, j'ai l'impression qu'une vie s'est passée depuis la dernière fois que j'ai posté un chapitre! Drôle d'impression, alors que ça ne fait qu'une semaine!

Comme à l'accoutumée, je tiens à remercier Kisis, nytiss973, Nana972, nepheria4, ankana87, Peps22, Guest qui aime, pour leurs reviews anonymes!

J'ai remarqué que beaucoup d'entre vous étaient attristés par le comportement de Draco envers son calice. C'est vrai qu'il en fait trop, et qu'il ne le respecte pas beaucoup. Mais je pense qu'un vampire peut ne pas être aimable avec son calice. Tant qu'il ne lui fait pas de mal physiquement, il n'y a pas de raison qu'il se sente mal. Certes, si Harry restait malheureux pendant des années, plongeait dans la dépression et avait des tendances suicidaires, Draco ferait quelque chose. Mais ça ne fait que cinq jours, malgré les apparences, qu'ils se supportent, et Draco est encore concentré sur son propre malheur pour penser à celui de Harry.

Rappelez-vous que Draco n'a pas choisi cette situation, lui non plus, il est normal qu'il se sente lésé et qu'il se prenne à Harry, qu'il juge responsable, pour se venger en quelques sortes, même si Harry n'y est pour rien. Ensuite, pour ce qui est du comportement dominateur, possessif et excessif de Draco, j'ai choisi de le faire ainsi car ça me plaisait, je trouvais que c'était une réaction qui collait à un vampire. Oui, il en fait des tonnes, oui, il exagère en voulant garder Harry "que pour lui", et oui il exagère en ne voulant pas lui rendre sa baguette. Mais pourquoi pas? J'aime l'idée que Draco soit ainsi, et je trouve normal qu'il ne se comporte pas avec Harry comme un partenaire attentif et aux petits soins, gaga de son calice et qui lui apporte les pantoufles au sot du lit. Malgré le changement de contexte, il s'agit quand même de Draco Malfoy, ce qui en dit déjà long sur le personnage...

Pour ce qui est de Harry, il y a eu moins de protestations, mais "mon" Harry n'est pas un super-héros aux superpouvoirs, qui ne craint ni personne et qui pense pourvoir mener Draco par le bout du nez. Je pense aussi qu'il est normal qu'il soit perdu et faible devant ce vampire imposant. Un peu de rébellion ne ferait pas de mal? Ca viendra, bien sûr. Mais une rébellion contre un vampire, ça se réfléchit, ça se prépare, ça se vérifie, et plusieurs fois :)

Comme je le disais lors du premier chapitre, on a tous une vision différente de ce lien, et je fais selon la mienne! J'espère qu'elle vous convient même si forcément, tout n'est pas à votre goût. J'avais également prévenu qu'il n'y aurait pas de place à la romance, du moins pas dès le début de leur relation. Et que Draco ne serait pas le vampire/petit ami modèle, gâteux et aux soins de son calice. Ce serait moins drôle.

Pour ce qui est de ce chapitre:

Vous remarquerez que j'ai pris le parti de séparer les deux persos avant que le lien ne soit complété. Draco va se balader à droite à gauche, sans que ni l'un ni l'autre ne souffre. Oui je sais, le lien n'est pas complet, mais pour les besoins de l'histoire, j'avais besoin que Draco puisse se séparer de Harry. Je pars du principe que s'il boit régulièrement, il n'y a pas de problème. Mais le fait que le lien ne soit pas complet posera d'autres légers désagréments. Désolé pour ceux qui s'attendaient à la complétion du lien dans ce chapitre, faudra attendre!

Bref! J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. La réaction de Draco à la proposition d'alliance de Voldemort est plutôt radicale, mais encore, elle est à son image! Possessif, égoïste et prétentieuse.

Bonne lecture à tous!

Enjoy!

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Chapitre 9

L'absence diminue les médiocres passions et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies et allume le feu

La Rochefoucauld

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Draco marchait d'un pas vif dans les rues sombres du chemin de Traverse. Le soleil se couchait à peine, pourtant les rues se vidaient déjà. Les quelques passants qui restaient dans la rue marchaient d'un pas empressé, le regard baissé sur leurs chaussures et l'air angoissé. Draco appréciait cette ambiance toute en retenue, où les passants craignaient leurs voisins et se méfiaient de chaque ombre. Ici, il n'y avait pas de place pour les rires ou les conversations joyeuses. Draco était à l'aise.

Ses yeux gris balayaient la rue, s'arrêtaient sur chacune des vitrines illuminées et sur chaque passant. Ses pas aériens ne faisaient aucun bruit sur les pavés et il se confondait instinctivement dans l'obscurité de l'allée.

Il repéra un homme d'une vingtaine d'années qui marchaient vivement quelques mètres devant lui. Sa main droite était enfoncée dans la poche de son blouson, certainement serré autour de sa baguette, en un geste qui se voulait rassurant. Instinctivement, Draco cala son pas sur le sien, et le suivit en silence. Il se rapprocha de lui jusqu'à percevoir son cœur battre vivement dans sa poitrine, entendre sa respiration, son souffle rapide et profond. Tout ceci était si instinctif, si ancré en lui depuis tant d'années, qu'il fallut que l'odeur de l'homme arrive à ses narines pour qu'il se rappelle qu'il n'avait plus besoin de se mettre en chasse. L'odeur que dégageait cet homme n'eut aucun effet sur ses sens. Il la trouva aigre, trop forte, désagréable.

A la fois agacé et exaspéré par son attitude, il dépassa l'homme sans lui jeter un regard.

Draco était bel et bien devenu dépendant du sang d'un seul et unique garçon. Le bonheur et l'adrénaline de la chasse était fini pour lui. Son sang lui était désormais servi sur un plateau d'argent. Un sang aux senteurs merveilleuses, et au goût divin.

Dans son vieil appartement, acheté quelques dizaine d'années plus tôt mais jamais utilisé, le calice dormait à poings fermés. Draco le sentait endormi, apaisé, calme. Néanmoins, plus il s'éloignait, plus le sommeil du calice se faisait agité, et plus le garçon était tendu. Quant à la douleur dans sa propre poitrine, elle restait supportable, même s'il sentait qu'il ne pourrait pas rester éloigné du garçon plus de quelques minutes. A cet instant, il se préoccupait plus de la douleur que pouvait ressentir son calice que de la sienne. Prendre soin, se soucier de quelqu'un d'autre que de sa personne, craindre pour la vie d'un humain dont il était irrévocablement dépendant, tout ceci était totalement inédit pour Draco. S'y habituer promettait d'être un travail ardu.

Il était étrange de voir à quel poing ce garçon, Harry, occupait ses pensées. Du jour au lendemain, il avait pris dans son esprit une place prépondérante. Il semblait à Draco qu'il occupait toute la place, et quelque soit le sujet auquel il pensait, il avait toujours un œil attentif sur son calice, qu'il soit endormi ou non. Il avait même du mal à se concentrer sur autre chose que le garçon, ses émotions, son bien être, ses états d'âme, ses besoins, ses envies. Il espérait qu'il apprendrait à discipliner le lien avec le temps car cet état de fait risquait de devenir franchement agaçant.

En passant devant une vitrine condamnée par des planches, un mouvement au sol attira son regard averti. Vivement, avec cette vitesse qui le caractérisait, ses yeux échouèrent sur le bout de papier. C'était un journal, froissé et usé d'avoir traîné au sol toute la journée. Sur la Une, apparaissait un visage que Draco avait appris à connaître par cœur, en cinq jours qu'il le connaissait. Draco plissa les yeux. Ce n'était pas la première fois que Harry faisait la une de la Gazette, mais le journal à ses pieds était intitulé le Chicaneur. Draco ne connaissait pas ce journal. Il avait bien sûr attentivement surveillé la Gazette, afin d'être informé si on parlait de la disparition de son calice, mais rien n'était arrivé. Qu'on parle de lui dans un journal qui lui était inconnu l'intrigua.

Draco se pencha, sourcils froncés et ramassa prestement le journal. Il le lissa et parcourut la une. Sur la photo, Harry évitait son regard, ce qui ne le changeait en rien de d'habitude. Il se triturait les mains, visiblement mal à l'aise. Le journal titrait:

Bon anniversaire, Harry.

Impassible, Draco froissa à nouveau le journal et le jeta dans la poubelle la plus proche. Puis il tourna les talons et s'engouffra dans l'Allée des Embrumes.

Le bar où il avait ses habitudes depuis son retour en Angleterre était l'un des plus mal famés de l'allée. Il alliait une clientèle des plus douteuses à un business de produits illégaux plus ou moins discret. Il y entra sans hésiter, comme l'habitué qu'il était depuis quelques semaines et traversa la salle principale de son pas souple de prédateur. Derrière son bar, le patron le regarda passer sans un mot. Draco était un habitué, mais ce n'était pas lui qui faisait augmenter son chiffre d'affaire. Le vampire disparut dans la cage d'escalier avant que les clients ne se rendent compte de sa présence.

Dans leur salle préposée, seul Lionel était présent. Assis dans le fauteuil le plus confortable de la pièce, il était plongé derrière la Gazette du sorcier du jour, et n'esquissa aucun geste lorsque Draco se glissa dans la pièce. Le nouveau venu alla directement s'installer dans le fauteuil qui faisait face à celui de Lionel.

Le silence persista dans la pièce durant près de dix minutes. Seul le bruissement des pages que tournait Lionel venait rompre la quiétude ambiante.

-La Gazette est totalement aux mains du Ministère, désormais, remarqua Lionel. Quant au Ministère, il est difficile de dire dans quelle direction il se dirige.

Draco s'arracha à ses pensées qui tourbillonnaient, indisciplinées, autour d'un certain garçon.

-Dans le sens du vent, très certainement.

-Ca, soupira Lionel en refermant le journal et en le jetant sur la table, c'est indéniable.

Il attrapa sa vieille pipe et l'alluma nonchalamment. Aussitôt, l'odeur âcre envahit la pièce. Draco observa la fumée monter en spirale jusqu'au plafond et stagner près de l'ampoule nue qui pendait au dessus d'eux.

Il lui semblait qu'une vie entière s'était écoulée depuis la dernière fois qu'il s'était trouvé dans cette pièce. Alors, ses seules pensées allaient pour la chasse qu'il attendait avec impatience et qui était le centre de toute son existence. Désormais, il ne pouvait penser qu'au garçon endormi dans son appartement. Son odeur entêtante, son sang exquis. Draco soupira imperceptiblement.

-Sont-ils revenus? Demanda-t-il.

-Evidemment, dit Lionel en tirant une première bouffée de sa pipe. Vous en doutiez?

-Du tout.

Lionel avait les lèvres rouges et les yeux brillants d'un vampire qui venait de boire. Ses gestes étaient souples et sûrs, du genre d'habitudes répétées plusieurs milliers de fois. Draco entendait son cœur battre, régulièrement, en un bruit léger et mouillé qui lui donnait l'eau à la bouche.

-J'étais surpris, que vous ne soyez pas là pour les recevoir.

-J'ai été occupé, éluda Draco.

Deux émeraudes dansèrent devant ses yeux.

-Comment cela s'est-il passé?

Lionel haussa les épaules, de façon on ne peut plus humaine. Puis il lui relata tranquillement leur conversation avec les Mangemorts, deux jours plus tôt. La proposition qu'ils avaient renouvelée, les promesses de leur Maître, la mission qu'il voulait les voir accomplir. Lorsque Lionel finit son récit, Draco esquissa un sourire et dit:

-Je savais qu'il nous demanderait cela. Le Seigneur des Ténèbres n'est pas du genre à demander une alliance juste pour avoir des alliés de marque.

-Ha non? Comment savez-vous cela? Interrogea poliment Lionel.

-C'est évident. Il nous aurait tendu la main plus tôt, si c'était le cas. Il veut quelqu'un qui puisse atteindre Potter. Et le plus tôt sera le mieux. Le Ministère est sur le point de tomber entre ses mains. Il aimerait régler l'affaire de Potter en même temps, ainsi, plus personne ne serait là pour se mettre en travers de son chemin.

-Dumbledore, le Ministère, et maintenant Harry Potter, résuma Lionel. Et plus personne pour lui tenir tête.

Draco approuva.

-Le Seigneur des Ténèbres est un homme intelligent, et déterminé, affirma Lionel, l'air pensif.

Draco esquissa un sourire:

-Il apporte un peu de divertissement dans mon éternité, et pour cela, je lui suis reconnaissant.

Ce n'était pas totalement vrai, en réalité. Le Seigneur des Ténèbres était l'homme qui l'avait poussé vers Harry Potter. En leur proposant une alliance, il leur avait demandé de choisir un camp. Et Draco aimait à savoir qui étaient ses ennemis. En l'occurrence, Potter. Potter et son sang divin. Draco aurait aimé être moins curieux, cette nuit là, après que les Mangemorts soient venus leur rendre visite pour la première fois.

Lionel se tourna vers lui.

-Est-ce que cela signifie que vous avez décidé d'accepter sa proposition?

-Evidemment. Si je suis revenu en Angleterre, c'est pour m'amuser, pas pour regarder les événements se dérouler sans ne rien faire.

Lionel approuva, partageant visiblement cette opinion.

-Ce n'est pas faux.

Draco observa Lionel sans rien dire durant quelques minutes. Inlassables, ses pensées revinrent vers Harry. Enfermé contre son gré dans son appartement, sans aucun lien avec l'extérieur, de plus en plus isolé et déprimé. Mais en sécurité, entre ses mains, loin de tout danger. Pour Draco, dont son calice était devenu le centre de son existence en à peine quelques jours, il lui semblait que Harry ne serait jamais assez en sécurité. Il avait seulement envie de le protéger de tout, même du plus anodin des dangers, et de le garder dans la sûreté de son étreinte pour l'éternité.

Draco se pencha vers Lionel et murmura:

-Harry Potter a un sang absolument exquis. Et il s'est longuement débattu. Vous pourrez le dire à ses Mangemorts, s'ils reviennent.

Lionel haussa les sourcils, ce qui était en soit une réaction plutôt violente, pour un vampire. Il leva les yeux vers Draco et le fixa silencieusement durant quelques secondes.

-Vous y êtes allé?

-De toute évidence.

-Seul?

-Je ne pense pas avoir besoin d'aide.

-Et?

Ils se fixaient toujours, sans ciller. Draco se caressa la lèvre inférieure. Il pensa au sang exquis, épais et chaud du garçon alors qu'il coulait dans sa bouche. Ses halètements incontrôlables lorsqu'il plantait ses crocs dans sa gorge avec délectation. Son corps brûlant lorsqu'il le tenait dans une étreinte de fer. Ses yeux d'un vert surprenant. Un sentiment d'allégresse s'imposa à lui à la seule pensée que ce garçon là lui appartenait. Harry Potter était à lui, et à personne d'autre. Personne ne lui ferait de mal, ou mettrait sa précieuse vie en danger. Jamais.

-Et le Seigneur des Ténèbres n'a plus à être inquiet, tout simplement.

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Lorsqu'il pénétra dans l'appartement, toutes les lumières étaient éteintes, mais les volets ouverts laissaient entrer la lumière des lampadaires de la rue. Leurs éclairages crues embrasaient le salon d'une lumière diffuse et orangée.

Il trouva son jeune calice recroquevillé sur le canapé, emmitouflé dans un plaid noir. Sa tête aux cheveux noirs ébouriffés reposait sur l'accoudoir, les yeux fermés et la bouche entre-ouverte. Draco s'approcha silencieusement de lui, un sentiment de culpabilité enflant dans sa poitrine. Il s'en voulait d'avoir laissé le garçon seul si peu de temps après la formation du lien, et l'instinct qui le poussait à le protéger s'en trouvait malmené. C'était contre sa nature de laisser son calice seul, livrer à lui même, même dans son sommeil.

Il posa une main sur la joue du garçon et s'aperçut qu'elle était fraîche. Ce simple contact suffit à réveiller Harry de son sommeil agité. Ses paupières papillonnèrent et ses yeux émeraudes se levèrent pour se poser sur le vampire debout devant lui. Aussitôt, il se redressa et Draco ressentit une bouffée de soulagement monter en lui à travers le lien.

-Vous étiez parti, chuchota Harry en levant le visage vers lui.

-Je sais, répondit Draco.

Harry le regarda sans ciller, hypnotisé par ses yeux gris posés sur lui. Lorsqu'il se rappela de l'angoisse qui l'avait saisi lorsqu'il s'était réveillé dans le lit et s'était rendu compte de l'absence du vampire, il ne cilla même pas. Maintenant que Draco était de retour, devant lui, ce sentiment d'angoisse et d'abandon était bien loin. Il ne sentait plus qu'un soulagement sans limite, et un bien être tout relatif.

Harry se redressa en position assise, en tailleur au centre du canapé, la tête levée vers le visage éternellement impassible de Draco. S'il tendait les bras, il aurait pu le toucher, sentir la texture légère de sa chemise en coton, sa peau douce et fraîche. Mais il ne bougea pas, car il ne voulait pas céder au lien. Ce n'était pas lui. Il ne se retrouvait pas dans ses angoisses, dans ses peurs, ce sentiment de détresse et d'abandon qui l'avaient frappé de plein fouet à son réveil, seul et déboussolé. Il s'en voulait d'avoir réagi avec autant de violence, autant qu'il détestait ce sentiment de soulagement à le savoir à nouveau prêt de lui, et cette envie presque irrésistible de le toucher.

-As-tu douté que je reviendrai? Demanda Draco.

Harry secoua la tête. Il avait pleinement saisi la relation qui les unissait, aussi n'avait-il pas douté de son retour.

-Pourquoi as-tu eu si peur, dans ce cas?

La question sèche tira Harry de son état second. Il réussit pour la première fois à s'arracher au regard intense de Draco et baissa les yeux sur ses mains posées sur son giron. Elles étaient froides et il dissimula leurs tremblements sous le plaid.

-Je me suis réveillé en sursaut, et tout était vide et silencieux...

Harry s'interrompit. L'une de ses mains vint agripper son tee-shirt, au niveau de la poitrine, et il tressaillit en repensant au tiraillement qu'il avait ressenti en se réveillait. Ca n'avait pas été douloureux, juste désagréable. Il lui avait rappelé l'absence du vampire auprès de lui.

Harry n'avait jamais eu peur de la solitude, ou du silence. Ils avaient longtemps été ses seuls compagnons, durant son enfance chez les Dursley. Le sentiment de détresse resurgi en lui, moins violent que quelques heures auparavant, mais toujours aussi inattendu. Il se remémora le sentiment intense de vide et de manque qui lui avait comprimé la poitrine. Dans un besoin incontrôlable de combler ce manque, il se pencha en avant et posa son front contre le torse ferme du vampire.

-Je n'aime pas ce sentiment de manque quand vous êtes loin. Ce n'est pas moi.

-Moi, je n'aime pas ce sentiment de désespoir que tu traînes à longueur de journée. Il me tape sur les nerfs.

Draco n'avait pas esquissé un seul geste face à se rapprochement inattendu. Il observa son calice, l'air impénétrable mais intérieurement, une bouffée de chaleur monta en lui. L'odeur du garçon était partout, sa chaleur s'infiltrait à travers le fin tissu de sa chemise. Ces quelques heures passées loin de lui avait fait remonter en lui un sentiment de malaise qu'il ne connaissait pas. Il avait du combattre un besoin puissant de revenir au plus vite près de lui, s'assurer qu'il allait bien, était en bonne santé, ne manquait de rien, alors même qu'il sentait à travers le lien que le calice dormait profondément, en sécurité dans son lit. Ou sur le canapé.

-Pour ça, répliqua Harry, vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous même. Vous me privez de ma liberté, de mes amis, de ma baguette, de mon libre arbitre. Que voulez-vous? Que je chante gaiement d'une pièce à l'autre?

Draco soupira doucement. Il passa sa main dans les cheveux noirs du garçon, songeur. Il savait que le moral en berne de son calice était entièrement de sa faute. Et il s'en voulait pour cela. Un peu. Mais il cherchait seulement à le protéger en le coupant du monde extérieur et cette certitude l'aidait à supporter le mal être du garçon.

-Tout va bien, Harry, soupira-t-il en enfouissant son visage dans les mèches désordonnées de son calice et en inspirant profondément. Aucun de nous deux n'a voulu cette situation. Mais je prendrais soin de toi.

-Vous vous y prenez mal, reprocha Harry que les paroles du vampire pénétraient avec force.

Il aimait, presque malgré lui, le ton sur lequel Draco affirmait qu'il allait prendre soin de lui. Cette affirmation l'apaisait au plus profond de lui et, malgré le comportement odieux de Draco, il y croyait. Il savait qu'il ne lui ferait pas de mal, et qu'il chercherait à le protéger de tout danger. Le protéger. Harry craignait ce que Draco serait capable de faire pour le protéger. Il lui avait déjà prouvé qu'il serait capable de le couper totalement du monde extérieur, et Harry espérait qu'il trouverait un moyen moins douloureux pour lui.

-Tout ceci est nouveau. J'apprends, moi aussi, répondit Draco.

Draco posa ses deux mains à plat sur les épaules du garçon, et le repoussa fermement contre le dossier du canapé. Sans s'attendrir face au regard de pure détresse que lui renvoya son calice, il lui attrapa les chevilles et les tira jusqu'à ce que Harry se retrouve allonger. Puis, souplement, il vint s'allonger sur lui.

Harry ne dit rien, tellement il fut prit au dépourvu. Draco était si froid avec lui, si distant, qu'il ne s'embêtait jamais de ses états d'âme. Quand il sentit les lèvres fraîches de Draco se poser sur sa mâchoire, puis glisser lentement dans son cou, son cœur se mit à battre à vive allure. Ses doigts s'accrochèrent à la chemise du vampire et il tenta de le repousser. Vainement. L'une des mains de Draco se saisit de son poignet, et il le posa de force sur l'accoudoir, au dessus de sa tête.

-Je croyais que c'était ce que tu voulais, souffla-t-il contre son cou, indifférent à Harry qui se tortillait pour échapper à son étreinte.

-Je vais mieux, maintenant.

-Bien.

Draco glissa une main sous le tee-shirt de son calice et le remonta lentement. Harry manqua de s'étouffer. De sa main libre, il se saisit du poignet de Draco pour tenter de l'arrêter, mais la main, implacable, n'en fut en rien empêchée. Dans son cou, les lèvres du vampire s'étirèrent en un sourire que Harry ne put voir.

Draco pinça la peau tendre entre ses dents, délicatement et Harry rejeta la tête en arrière en poussant un halètement incontrôlable. Sa main libre se crispa autour du poignet. Brusquement, il eut chaud. Le plaid entortillé autour de ses jambes limitait ses mouvements mais Draco parvint quand même à glisser son genou entre elles. Puis il se redressa et balaya le corps de son calice d'un regard brûlant. Ses joues rougissantes, ses lèvres d'un rouge tentateur, ses cheveux ébouriffés, les deux marques rougies sur son cou, le tee-shirt remonté sur son ventre ferme, il réalisa pour la première fois à quel point son calice était admirable. Il n'y avait pas vraiment prêté attention, tant il était obnubilé par ce lien qui les contraignait et ce sang qu'il désirait tant.

-J'ai de la chance, dans mon malheur, chuchota-t-il à son calice rougissant face à son regard.

Il fit courir ses doigts frais sur le ventre recouvert d'un fin duvet, et Harry frissonna. Malgré son embarras plus qu'évident, il était incapable de se soustraire à ce regard intense, ni à son toucher léger.

-Pourquoi? Souffla-t-il néanmoins.

Draco relâcha enfin son poignet et le bras de Harry retrouva aussitôt sa place le long de son corps. Le vampire saisit le tee-shirt de son calice et le remonta encore. Ses intentions étaient claires, mais Harry ne bougea pas, le regard un brin provocateur.

-Sois sage, Harry.

La menace était claire, tout autant que l'était le regard glacé du vampire. Harry réprima un frisson, et baissa le regard. Il fut bien contraint de se redresser pour permettre au vampire de passer le tee-shirt par dessus sa tête. Draco laissa négligemment tomber le bout de tissu sur le sol, son regard glissant le long du torse, du ventre, des hanches de l'autre garçon.

-Tu es plutôt plaisant à regarder. Qui sait sur qui j'aurais pu tomber. C'est en cela, que j'ai de la chance.

Harry ne dit rien, trop éberlué pour parler. Mais Draco ne lui laissa pas le temps de penser ou d'analyser ses paroles car il replongea aussitôt dans son cou. L'une de ses mains trouva son chemin dans ses cheveux, et il agrippa ses mèches avec force pour lui rejeter la tête en arrière. C'était contraignant, totalement dominateur, et Harry n'apprécia pas du tout. La colère monta en lui lorsqu'il se rendit compte qu'il n'avait ni la force, ni réellement l'envie de se libérer. Ses deux mains retrouvèrent les épaules de Draco et il tenta de le repousser, à nouveau, sans réelle conviction. Les lèvres du vampire descendaient, toujours avec cette même lenteur, le long de son cou, puis sur sa clavicule.

-Tu sens bon, dit-il, ses lèvres caressant la peau de son calice.

Draco suçait, léchait, mordillait sa peau avec une avidité qu'il ne tentait pas de dissimuler. Elle avait un goût absolument exquis, qui lui rappelait en quelque sorte le précieux liquide qu'elle renfermait. L'odeur qu'elle dégageait l'enivrait avec cette même puissance merveilleuse qu'à l'ordinaire.

Harry regardait le plafond sans le voir. Un voile fin était apparu devant ses yeux, et tout ce qui n'était pas la bouche du vampire n'existait plus. Parfois, ses dents aiguisées démangeaient sa peau, et il frissonnait à chaque fois. Ses mèches blondes effleuraient son torse, le chatouillant doucement. Son torse, ses pectoraux et ses abdominaux finement dessinés et contractés à l'extrême, son ventre, son nombril. Plus les lèvres descendaient, plus la respiration de Harry se faisait erratique.

Toutes ses sensations étaient totalement inédites. Il avait du mal à contrôler ses réactions, et ne pouvait nier que ce que lui faisait subir le vampire lui plaisait. Néanmoins, il savait que le lien jouait beaucoup dans ces sensations nouvelles.

-Draco, souffla-t-il lorsque la langue du vampire caressa le creux de son nombril.

Le vampire grogna, mais ne bougea pas. Sa langue continua à voyager sur le corps de son calice, le découvrant avec application. Harry posa sa main sur son ventre dans une tentative désespérée d'arrêter l'exploration du vampire. Mais Draco s'était déjà légèrement redresser.

-Qu'y a-t-il? Interrogea-t-il.

A cheval sur son calice, il le regardait fixement, toujours aussi impassible. Harry avait encore rougi et sa respiration était saccadée. Draco ne le quitta pas du regard lorsque ses mains trouvèrent le bouton qui maintenait fermé le pantalon de Harry. Il le défit avec habileté et avait déjà abaissé la braguette avant que Harry ne réagisse. Il redressa vivement la tête et attrapa de ses deux mains les poignets du vampire.

-Non, dit-il, totalement paniqué à présent.

Draco le fixait toujours, et ça n'aidait pas Harry à rassembler ses pensées. Pourtant, s'il y avait bien quelque chose qu'il savait, c'était qu'il ne voulait en aucun cas que le vampire le touche intimement. Il n'était pas son petit ami, et n'allait certainement pas devenir son amant. Harry n'était pas gai, il n'aimait pas les garçons, pas les vampires, et cette situation ne l'excitait en aucune façon. S'il était bien obligé de se soumettre à la morsure, parce que le lien le contraignait à le faire -et le vouloir- personne ne l'obligerait à avoir des relations intimes avec le vampire. A cette pensée, il rougit encore plus.

-Je ne veux pas faire ça, dit-il. Vous pouvez me mordre, mais c'est tout.

-C'est toi qui décide? Demanda Draco, ses lèvres s'étirant en un sourire en coin que Harry apprenait à détester.

Draco remonta et posa ses lèvres sous son oreille. Harry frissonna. Ses mains froissèrent la chemise du vampire en s'y agrippant fortement. Une langue taquine s'infiltra dans le creux de son oreille et Harry secoua la tête pour l'en chasser. Aussitôt, la main de Draco se posa sur sa joue pour l'immobiliser.

-Non, souffla-t-il à son tour. C'est moi qui décide.

Son souffle frais chatouilla Harry. Puis ses lèvres descendirent dans son cou et sa langue humide taquina les deux trous qui se trouvait juste sur sa jugulaire. Avant même que Harry ne puisse s'y préparer, les deux canines acérées déchirèrent sa peau et s'enfoncèrent d'un geste précis profondément dans sa veine. Le sang coula aussitôt dans la bouche avide du vampire qui recueillit chaque goutte avec euphorie.

Comme quatre jours plus tôt, Harry fut submergé par un plaisir extatique. Bien qu'il avait déjà expérimenté cette sensation, il fut tellement pris au dépourvu par cette morsure qu'il ne put l'anticiper. La vague déferla sur lui, aussi violente que la première fois. Il gémit sans retenu, et déchira presque la chemise lorsqu'il tira incontrôlablement dessus. Son bassin s'arqua et rencontra celui du vampire légèrement surélevé au dessus de lui. Alors que les caresses précédentes du vampire n'avait eu absolument aucun effet sur son corps, la morsure le fit réagir instantanément. Draco avalait sa première gorgée, douce et chaude, et Harry arborait déjà une érection brûlante.

Draco ferma les yeux et avala longuement le sang chaud qui coulait dans sa bouche. Avec sa langue agile, il rattrapa la goutte qui coulait le long du cou du calice. En même temps, il inspira longuement l'odeur forte du garçon. Sans relâcher sa prise, il se souleva légèrement et se repositionna sur son calice. Il mit ses deux jambes à droite du corps du garçon et, de sa main droite, il écarta celles de son calice qui n'opposa aucune résistance. Il fit reposer tout le poids de son corps sur sa main gauche, pour ne pas écraser le fragile garçon sous lui. Puis, tout en aspirant une nouvelle gorgée de sang, sa main droite se faufila dans le pantalon ouvert de Harry.

-Draco, soupira à nouveau Harry d'une voix rauque qui n'était pas la sienne.

Harry ne savait plus exactement ce qu'il voulait. Il se savait pas s'il voulait l'arrêter, ou le supplier de continuer. Il n'arrivait plus à avoir de pensées cohérentes. Tout ce qu'il pensait, c'était aux deux canines qu'il sentait profondément enfoncées dans sa gorge, le souffle chaud dans son cou, les mèches qui caressaient sa joue, et cette main fraîche qui se faufilait dans son pantalon, puis son caleçon.

-Draco, répéta-t-il alors que les doigts atteignaient son érection.

Il savait par avance qu'il allait se haïr pour l'avoir laissé faire, mais savait également qu'il ne pouvait rien y faire. Il n'avait que seize ans, après tout, et personne de son âge n'aurait pu réussir à se contrôler en pareilles circonstances. Puis, doucement, paresseusement, Draco commença à le caresser. La sensation de la main fraîche sur son érection brûlante était merveilleuse. Pas autant que la sensation des deux canines plantées dans son cou, de son sang aspiré hors de son corps par un vampire assoiffé. Mais les deux sensations combinées lui faisaient perdre la tête.

Harry gardait les yeux grands ouverts, mais toutes ses sensations étaient décuplées. Il accompagna les mouvements appuyés de la main de Draco de ses hanches, gémissant sans retenu.

Puis tout s'arrêta. Draco retira ses dents et sa main en un seul mouvement et ses yeux gris envahirent tout le champs de vision de Harry. Ses lèvres étaient rougies et ses cheveux habituellement si bien coiffés étaient ébouriffés. Harry le regarda, sans penser à rien. Il se sentait vide. Son sentiment d'abandon fut si violent qu'il aurait instantanément fondu en larmes si Draco n'avait pas ancré son regard dans le sien.

-Qu'est-ce que vous faites? Demanda-t-il.

Sans réfléchir, il leva sa main et agrippa les cheveux de Draco. Puis il tenta de pousser le vampire vers son cou, sans succès. Un profond désespoir l'envahit, et les larmes lui montèrent aux yeux.

-Draco, répéta-t-il encore, sa voix emplie de détresse. Qu'est-ce que vous faites?

-Qu'y a-t-il? Demanda le vampire, très sérieux.

Les larmes coulaient à présent sur ses joues, mais Harry ne les essuya pas. Il agrippait toujours les cheveux de Draco, et sa chemise de son autre main.

-Pourquoi vous avez arrêté? Ce n'est pas fini!

-Ha bon?

Draco lui caressa la joue dans un geste qui aurait pu être tendre en d'autres circonstances. Harry pleurait toujours, mais il n'en avait pas honte. Il était si désemparé, la respiration erratique, que plus rien n'avait d'importance.

-Non, dit-il.

Les muscles de son bras étaient bandés tant il mettait de force à tenter de pousser le visage du vampire vers son cou. Mais Draco ne bougeait toujours pas. Il se contentait de le fixer, l'expression totalement impénétrable. Son regard balayait le visage empli de détresse de son calice. Puis ses yeux glissèrent sur son torse nu, pour se poser sur la bosse qui déformait le pantalon.

-En effet, ce n'est pas fini, dit-il en esquissant son sourire en coin.

Harry n'avait d'yeux que pour les canines qui apparaissaient à travers ce sourire. Draco fixa son calice tout en laissant glisser sa main le long de son ventre, puis dans son pantalon. Harry cessa de respirer lorsque les doigts s'emparèrent à nouveau de son érection qu'il avait totalement oublié.

-Mordez-moi, supplia-t-il.

Mais Draco se contenta de le fixer. Il le caressa lentement, mais fermement. Harry, prisonnier de son regard gris, n'esquissa pas un geste. Les larmes coulaient toujours sur ses joues, et ses muscles crispés n'arrivaient pas à se détendre. Néanmoins, la caresse appuyée fit rapidement remonter en lui ce plaisir qui l'avait instantanément déserté quelques secondes plus tôt. Mais il n'esquissa pas le moindre geste, peu désireux de se laisser aller sous le regard insistant de Draco. Le plaisir qu'il ressentait était intense, mais n'avait rien à voir avec le plaisir extatique qu'il ressentait lors de la morsure.

-Mordez-moi, répéta-t-il. S'il vous plaît.

Pour toute réponse, Draco intensifia ses caresses. Il serra plus fort le sexe entre sa main et accéléra la cadence. Harry rejeta la tête en arrière et gémit tout en soulevant légèrement ses hanches. Quelques caresses supplémentaires réussirent à l'amener à un orgasme foudroyant qui le laissa haletant. Son corps s'arqua longuement et il serra plus fort sa prise sur les cheveux et la chemise du vampire durant quelques infimes secondes. Lorsque son corps retomba lourdement sur le canapé, il sentit les lèvres du vampire caresser son oreille. Il la lécha légèrement, et murmura doucement:

-Tout va bien, Harry. Je ne te ferais jamais de mal. Tu le sais?

Harry avait les yeux fermés, et l'esprit plus embrouillé que jamais. Pourtant, les paroles du vampire s'ancrèrent fortement en lui. Il hocha imperceptiblement la tête. Oui, il le savait. Il sentit le souffle de Draco chatouiller son oreille. Puis sa voix mélodieuse murmura tout doucement:

-Il n'est rien de plus précieux pour un vampire que son calice. Sois-en sûr.

Puis ses lèvres descendirent dans son cou et, avant que Harry n'ait pu reprendre ses esprits, il le mordit à nouveau avec un empressement qui révéla l'effort qu'il avait fait pour s'arrêter de boire quelques minutes plus tôt.

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Voilà pour ce chapitre! J'espère qu'il vous a plu.

Que pensez-vous de la réaction de Draco? A son image? Ou pas?

Et comment va réagir Harry quand il va se rendre compte que le vampire le fait passer pour mort? Ce sera pour bientôt, mais avant, nous irons visité l'Ordre dans le prochain chapitre, pour voir où ils en sont ;)

Merci à tous d'avoir lu!

A la semaine prochaine pour la suite!