Bonjour à tous!

Bienvenu pour ce dixième chapitre! C'est toujours un grand plaisir que de poster, et j'attends toujours vos commentaires avec impatience, afin de savoir si le chapitre a plu, ou non, et de connaître vos réactions. Mine de rien, j'avoue qu'ils m'influencent un peu lors de l'écriture des chapitres suivants, notamment lorsque vous trouvez l'attitude de Draco vraiment exagérée, ou le caractère de Harry pas assez...virulent. Ca me fait réfléchir. Vous avez d'ailleurs remarquer que, dans le chapitre précédent, Draco s'apaise un peu face à Harry, et ce n'était pas vraiment le cas lors de la première version de la scène.

Bref, passons.

Je remercie pour leurs reviews anonymes Kisis, nana 972, ankana87, Lu (pour répondre à ta question, il n'y avait pas vraiment de cadre, justement, c'est pour cela que j'ai décidé de l'intégrer à l'univers de JKR, ce que je ne regrette pas), Kesa ( je ne pense pas qu'il y aura des flash back de la vie de Draco. Pour moi, il est vraiment vieux, il y aurait trop de choses à raconter, et il n'a pas forcément vécu en Angleterre, donc rien ne serait si important que j'aurais besoin de le décrire. Je préfère que chacun imagine ce qu'il a pu vivre durant toutes ses années. Mais ça reste une idée! Quant à comment Harry va découvrir qu'il est supposément mort, ce sera dans le prochain chapitre!). Merci pour vos reviews! Elles me font toujours énormément plaisir!

J'ajouterais que, si on suit la logique du scénario, Maugrey n'est pas mort. Non, ce n'est pas son fantôme qui intervient dans ce chapitre! Et enfin, le dernier passage, celui en italique, est extrait du Tome 7. Mais je ne doute pas que vous le reconnaîtrez.

Pas de Harry ni de Draco aujourd'hui, mais cela restera assez exceptionnel, n'ayez crainte. La fic est avant tout basée sur leur relation, et elle restera le point central, peu importe les événements qui se déroulent autour.

Ce sera tout.

Enjoy!

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Chapitre 10

L'incertitude est de tous les tourments le plus difficile à supporter.

Alfred de Musset, La Confession d'un enfant du siècle.

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Le salon, au Terrier, n'avait pas été prévu pour accueillir autant de monde. Les vieux canapés grinçaient sous le poids des personnes assises sur leurs coussins défoncés. La table basse branlante croulait sous des papiers en tout genre, des cartes déchirées, des dessous de verre tâchés et des chapeaux de toutes couleurs.

Les membres de l'Ordre s'étaient spontanément réunis, profitant de la disparition momentanée de la maîtresse de maison. Arthur Weasley, dans son fauteuil attitré près de la cheminée, semblait présider l'assemblée. Il balayait les personnes présentes d'un regard un peu éteint, mais écoutait attentivement ce qui se disait autour de lui. Il jetait de fréquents coups d'œil par la fenêtre qui donnait sur la cours arrière de la maison, comme s'il guettait le retour de sa femme. Son fils Charly était assis sur l'accoudoir de son fauteuil, et se rongeait nerveusement les ongles.

Agenouillée à même le sol devant la table basse, Tonks étudiait silencieusement l'un des carte étalée devant elle. Elle traçait du doigt des lignes imaginaires, qui n'avaient de signification que pour elle. Ses lèvres remuaient sans émettre le moindre son. Son index s'arrêta soudain sur un poing précis, autour duquel elle dessina un cercle invisible.

-Sommes-nous absolument certains que ses moldus sont étrangers à sa disparition? Demanda-t-elle.

A l'air exaspéré qu'affichèrent les personnes présentes, ce n'était pas la première fois qu'elle posait cette question.

-Harry sait se défendre, défendit Ron avec conviction. Il n'aurait pas laissé sa famille lui faire du mal.

Il était entassé sur le plus grand des canapés avec ses frères Fred et George, et sa meilleure amie Hermione. Ils étaient si serrés les uns contre les autres qu'ils ne pouvaient plus esquisser le moindre geste sans assommer leur voisin. Tous arboraient le même air soucieux.

-Mais s'il ne pouvait pas utiliser la magie, rétorqua Tonks. Il n'aura pas su se défendre. Son cousin et son oncle sont corpulents...

-Mais ne peuvent rien contre la magie, coupa férocement Ron. Harry était certainement encore mineur lorsqu'il a disparu, mais si ses moldus l'avaient attaqués, il aurait utilisé la magie sans hésiter pour se défendre. Il l'a déjà fait auparavant.

-Nous avons fouillé la maison et interrogé les moldus, Harry n'était pas là bas, ni dans sa chambre, ni enterré au fond du jardin, assura Charly en esquissant un léger sourire pour détendre l'atmosphère tendue. Ils ne lui ont pas fait de mal, c'est certain, nous nous en sommes assurés. Il n'est pas rentré, le soir du vingt-six, ni après.

Le silence revint dans le salon. Lupin, assis sur le deuxième canapé près de Maugrey, semblait avoir plus de cheveux blancs que jamais. Son expression était sombre et des cernes profondes traçaient de longs sillons sous ses yeux.

-Vous-Savez-Qui n'aurait pas manqué de le crier sur tous les toits s'il avait réussi à tuer Harry, tempéra monsieur Weasley, tentant vainement de rassurer son monde. Il aurait pris soin à ce que nous soyons les premiers à être au courant. Harry est forcément vivant.

Harry n'avait plus donné signe de vie depuis cinq jours. D'abord, son absence de réponses aux lettres de Ron et Hermione avait progressivement commencé à inquiéter. Il était prévu que l'on vienne le chercher chez les Dursley le soir de son dix-septième anniversaire, mais il n'avait jamais confirmé avoir reçu le message. Finalement, en désespoir de cause, l'Ordre était quand même venu à Privet Drive, pour trouver une maison seulement occupée par la famille Dursley. Ceux-ci avaient avoué n'avoir plus vu leur neveu depuis le vingt-six au soir, sans s'en inquiéter plus que de mesure. Ils avaient nié, même sous la menace, y être pour quelque chose dans cette étrange disparition.

Cette nouvelle avait fait l'effet d'une bombe au sein de l'Ordre. Harry avait disparu. Des suppositions avaient commencé à fleurir, mais elles étaient si alarmantes qu'on avait du mal à les entendre.

-Ce n'est pas le genre de Harry de nous laisser sans nouvelles, répondit Ron. Il lui est forcément arrivé quelque chose. C'est la seule raison possible pour qu'il ne réponde plus à nos lettres.

-S'il a quitté la maison de ses moldus, il ne les a peut être pas reçues, intervint George.

-Mais les hiboux l'auraient retrouvé! Répliqua Ron. Quelqu'un doit forcément intervenir pour empêcher les lettres d'arriver à leur destinataire, ou empêcher Harry d'y répondre. Et puis si Harry avait quitté ses moldus de son plein gré, parce qu'il en avait marre d'eux ou pour une raison quelconque, il serait venu ici, au Terrier. Il lui est forcément arrivé quelque chose, répéta-t-il, plus anxieux que jamais.

Il y eut un bref silence, pendant lequel tous s'abîmèrent dans leurs pensées.

-Si Harry a disparu, et que ce n'est pas Vous-Savez-Qui, ni ses Mangemorts...Soupira Tonks.

-C'est une possibilité que nous ne pouvons pas écarter, rétorqua Maugrey de sa voix grondante. Peut être des Mangemorts rodaient-ils près de la maison, et quand ils ont vu Potter s'en éloigner, ils ont saisi leur chance.

-Mais si Vous-Savez-Qui avait capturé Harry, nous l'aurions su, répéta monsieur Weasley avec véhémence. Il n'aurait pas gardé cette nouvelle secrète si longtemps. Il n'y a rien de mieux pour effrayer la population que de leur annoncer que Harry est mort, quelques semaines à peine après la mort de Dumbledore. Ce serait un véritable drame.

Après cet échange belliqueux, le silence retomba. Maugrey lançait des regards furieux tout autour de lui, agacé que personne ne prenne en compte sa théorie. Lupin ne disait toujours rien, le regard fixé sur les cheveux flamboyants de sa nouvelle épouse.

-Il y a peut être une autre explication, souffla soudain Hermione.

Tous les regards convergèrent vers elle, attentifs. Elle se tortilla les mains, mal à l'aise, et Ron s'empressa d'extraire son bras pour lui prendre les mains. Elle lui jeta un regard indécis à travers ses yeux embués de larmes, puis refit face à la petite assemblée.

-L'année dernière, Dumbledore a...Il a confié une sorte de mission à Harry.

Elle s'interrompit, les larmes aux yeux. Ron fronçait les sourcils.

-Une mission, répéta Maugrey. Quel genre de mission?

-Une mission qu'il voulait que Harry accomplisse. Je...Harry nous en a parlé, mais Dumbledore lui a interdit de révéler à qui que ce soit d'autre ce qu'il s'apprêtait à faire.

-Une mission, dit monsieur Weasley, perplexe. Pourquoi ne nous en a-t-il pas parlé?

-Comme je vous l'ai dit, il ne pouvait le dire à personne, pas même à l'Ordre. Plus de personnes seraient au courant, plus il y aurait eu de chances que Vous-Savez-Qui ait vent de ce que Harry s'apprêtait à faire. Mais...Harry nous avait promis que l'on partirait ensemble. Après le mariage.

Le silence qui suivit était pesant. Tous regardaient alternativement Hermione, puis Ron. Maugrey, Charly et monsieur Weasley avait l'air clairement désapprobateur.

-Vous vous apprêtiez à partir remplir une mission que Dumbledore a confié à Harry. Juste tous les trois? Par les temps qui courent? S'exclama monsieur Weasley.

-Je sais, soupira Hermione, son ton se faisant suppliant. Mais ça vise à anéantir Vous-Savez-Qui. C'est très important.

-Et certainement très dangereux, trancha le patriarche. Je n'arrive pas à croire que vous pensiez réellement vous lancer dans une entreprise pareille. Vous êtes à peine majeur, même pas diplômés. C'était de la pure folie. Vous vous seriez fait tuer à coup sûr.

Hermione baissa la tête face au ton dur.

-En quoi consiste cette mission? Demanda soudain Lupin.

-Je...Bafouilla la jeune fille.

-Dumbledore nous a interdit d'en parler, s'exclama Ron, venant à la rescousse de la jeune fille.

-Si j'en crois vos dires, jeunes gens, Harry s'est lancé dans une entreprise extrêmement dangereuse, seul, et sans en avertir personne, dit Lupin, le regard soudain sévère. Nous devons savoir où il est et ce qu'il fait, pour être en mesure de le retrouver.

-Il ne devait pas partir sans nous, sanglota Hermione en enfouissant son visage larmoyant dans ses mains tremblantes.

-Où est-il allé? Demanda monsieur Weasley. Ron?

-Je ne sais pas. Nous n'avions aucun plan, et n'en avons plus parlé depuis la fin de l'année scolaire. Je ne sais pas par où Harry avait prévu de commencer.

Monsieur Weasley soupira. Il ôta ses lunettes et se massa l'arête du nez. Ron semblait à présent en colère de la tournure qu'avait prise la conversation. Il en voulait à Hermione d'avoir abordé ce sujet-là, même s'il concevait qu'elle ne pouvait pas laisser penser les adultes qu'il était arrivé malheur à Harry. Mais il en voulait encore plus à Harry lui même d'avoir trahi leur confiance en se lançant à la chasse aux Horcruxes sans eux.

-Si Harry vous a dit que vous partiriez ensemble, après le mariage, pour accomplir cette mission, dit Tonks, pourquoi est-il parti sans vous, plus tôt que prévu?

Le visage rouge d'Hermione apparut d'entre ses mains et elle sanglota:

-Je...Je ne sais pas. Je ne voulais écarter aucunes possibilités mais...Je ne pense pas que Harry soit parti sans nous. Il nous avait promis de partir après le mariage. Je ne comprends pas pourquoi il serait parti sans attendre. Il n'avait aucune raison de partir plus tôt, ou de nous laisser en arrière.

-En somme, résuma Lupin, soit Harry a été enlevé par les fidèles de Vous-Savez-Qui, soit il s'est lancé dans une entreprise qui le dépasse totalement. Dans les deux cas, nous devons le retrouver.

Le silence retomba. Monsieur Weasley essuyait à présent ses lunettes sur sa robe de sorcier. Charly jouait avec sa baguette, nerveusement. Hermione continuait de sangloter, et Ron lui caressait doucement le dos en un geste qui se voulait réconfortant.

Fred se racla soudain la gorge pour attirer l'attention.

-Cette mission, commença-t-il, était-elle vraiment dangereuse? Je veux dire, nous connaissons tous Dumbledore. Ce ne serait pas la première fois qu'il laisse Harry dans des situations qui paraissent inextricables.

-Oui, répondit Ron, un pli soucieux barrant son front. C'est dangereux, et périlleux, mais indispensable si nous voulons tuer Vous-Savez-Qui.

Fred approuva.

-Peut être...Peut être Harry a-t-il eu peur. Dans un moment de détresse, seul chez ses moldus à ressasser tout cela, il aura paniqué.

Tous regardaient à présent Fred.

-Et? Demanda Lupin. Ou veux-tu en venir?

-Peut être a-t-il été dépassé par tout cela. Il est parti.

-Parti où? Demanda Ron.

-Juste parti, renchérit George.

Il y eut un bref silence, puis Ron s'exclama bruyamment:

-Harry ne nous aurait jamais abandonné. Il n'aurait jamais fait cela. Il passe son temps à vouloir sauver le monde, c'est dans son sang. Il passerait sa vie à culpabiliser de nous avoir abandonné. Tu dis n'importe quoi.

-Pourquoi serait-il parti sans vous, dans ce cas, dit George. Si c'est une tâche aussi périlleuse que tu le dis, il ne peut décemment pas croire pouvoir l'accomplir seul. Il a besoin de l'intelligence de Hermione, et de ton soutient. Pourquoi serait-il parti seul s'il vous a promis de partir avec vous?

Ron n'avait pas de réponse à cette question. Mais il était impensable que Harry les ait abandonnés, alors même qu'ils connaissaient tous la Prophétie qui disait qu'il était le seul à pouvoir vaincre Voldemort. Partir signifiait abandonner le monde sorcier à Voldemort. Harry n'aurait jamais fait cela.

La situation était complexe. Quelques soient les théories abordées, elles étaient toutes terribles.

-Quel est cette mission? Demanda monsieur Weasley. Nous devons savoir. Ne serait-ce que pour aider. Harry aura besoin de notre soutient. Il a besoin de l'Ordre.

Hermione essuya ses larmes avec un mouchoir sorti de son sac à main. Ron la regardait, comme s'il attendait qu'elle l'aide à prendre une décision importante. Mais au même moment, la porte du jardin s'ouvrit à la volée et madame Weasley apparut. Ses joues étaient rouges et elle lissait sa robe d'améthyste avec empressement. Lorsqu'elle avisa le rassemblement improvisé dans son salon, elle s'arrêta net. Elle évalua ses invités d'un œil d'abord perplexe, puis comprenant soudain, avec sévérité.

-Nom d'une gargouille, s'exclama-t-elle. Ce n'est pas le moment. Nous avions dit, pas aujourd'hui!

Elle tapa dans ses mains avec autorité et tous se levèrent. Les filles lissèrent leurs robes de soirée et les hommes arrangèrent le col de leur robe de cérémonie. Madame Weasley agita sa baguette, et les cartes et papiers disposés en désordre sur la table basse disparurent.

Monsieur Weasley se précipita vers sa femme. Il s'arrêta quelques secondes, et souffla en direction de son plus jeune fils et de Hermione:

-Nous en reparlerons plus tard.

Madame Weasley claqua de la langue avec impatience.

-Tout le monde dehors, dit-elle. Les invités vont arriver d'une minute à l'autre.

Elle rangea sa baguette, réajusta son chapeau et ressortit au bras de son mari.

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La fête battait son plein sous le chapiteau dressé pour l'occasion. Les invités se déhanchaient sur la piste de danse tournant autour des jeunes mariés avec des expressions exaltées. L'ambiance était bonne, et les invités semblaient apprécier la soirée, ce qui réjouissait madame Weasley. Elle évoluait parmi ses invités avec un sourire resplendissant, prenant le temps d'échanger quelques paroles avec tout un chacun. Monsieur Weasley faisait danser sa fille, qui arborait une expression doucement exaspérée.

Hermione était assise seule à l'une des nombreuses tables. Elle suivait des yeux les mouvements des danseurs, mais semblait imperméable à la bonne humeur générale qui flottait autour d'elle. Ses yeux étaient encore rougies et elle triturait nerveusement la anse de son sac en main en perles.

Ron se laissa lourdement tomber sur la chaise à côté d'elle. De la sueur perlait sur son front, qu'il essuya du revers de la manche de sa robe de soirée. Il attrapa au vol une coupe d'hydromel aux épices qui flottait dans l'air près de sa tête et en but une longue gorgée.

-Comment font-ils? Soupira la jeune fille.

Ron reposa sa coupe, un pli soucieux apparaissant entre ses sourcils.

-Comment font-ils quoi?

Hermione balaya la salle d'un geste de la main.

-Harry a disparu. Personne ne sait où il est, ce qu'il fait. Ils s'amusent alors qu'il pourrait tout aussi bien être...

La voix d'Hermione se bloqua dans sa gorge. Elle sortit un mouchoir de son sac et s'essuya délicatement les yeux.

-Je croyais qu'il était parti chercher les Horcruxes, murmura Ron en se penchant vers elle.

-Ho Ron, rien ne le prouve, même si je préfère penser que c'est ce qu'il fait. Mais ce n'est pas le genre de Harry de partir seul. Dumbledore lui a dit de nous garder proche de lui, il ne serait pas parti sans nous.

-Tu connais Harry. Toujours à vouloir sauver le monde. Toujours à culpabiliser pour les autres. Il déteste nous mettre en danger. S'il nous arrivait quelque chose, il s'en voudrait à mort. Il penserait que tout est de sa faute. S'il a décidé de partir seul, c'est parce qu'il pensait nous protéger. Ce serait stupide, mais tout à fait son genre.

Hermione, les larmes aux yeux, se moucha. Puis elle rangea le mouchoir dans son sac, qu'elle posa sur ses genoux, et se tourna vers Ron.

-Tu penses qu'il est vraiment parti chercher les Horcruxes? Demanda-t-elle finalement.

-S'il l'a fait, c'est un bel abruti. Il ne peut pas faire ça tout seul. Mais se sacrifier pour les autres, c'est Harry.

Tous deux se perdirent dans la contemplation de la piste de danse. Monsieur et madame Weasley valsaient, les yeux dans les yeux, sous le regard de leurs enfants. Plus loin, Luna et son père se trémoussaient étrangement, indifférents aux personnes autour d'eux, qui les observaient d'un air sceptique. Bill et Fleur dansaient au centre de la piste, elle rayonnante dans sa robe de mariée.

-Il nous aurait au moins laisser un message, reprit Hermione. Je suis d'accord avec toi, mais Harry ne serait pas parti sans rien dire. Il ne voudrait pas nous inquiéter.

-Sauf s'il avait eu peur qu'on l'empêche de partir. Qu'on le dissuade.

Ron se tut un instant, puis ajouta:

-Mais s'il est parti sans nous, il va m'entendre. Comment ose-t-il nous faire ça? Nous abandonner? Est-ce qu'il pense réellement que l'on va retourner sagement à Poudlard pendant que lui cherche les Horcruxes, seul face à Tu-Sais-Qui ?

Hermione ne répondit rien. Ron posa une main sur son bras, et se penchant vers elle.

-Hermione, tu ne comptes quand même pas réellement retourner à Poudlard, n'est-ce pas?

-Bien sûr que non. Nous devons aider Harry. Dumbledore comptait sur nous pour le soutenir. Il ne peut pas accomplir cette tâche sans nous.

-Je suis d'accord.

-Mais...Nous ne savons pas où il peut être. Sans parler de ton père et des membres de l'Ordre qui nous surveillent et qui demandent des comptes.

-Il ne faut rien leur dire, affirma Ron, à propos des Horcruxes. Dumbledore était clair. Moins de personnes seront au courant, mieux ce sera. Puis s'ils savaient ce que nous nous apprêtons à faire, ils ne nous laisseraient jamais faire, quitte à nous envoyer de force à Poudlard. Non. Nous devrons partir sans rien dire à personne. Ils comprendront qu'on est parti chercher Harry, seront furieux mais ne s'inquiéteront pas de notre disparition.

Hermione approuva doucement. Elle réfléchit quelque secondes, puis dit:

-Je pense que Harry va d'abord essayer de trouver qui est ce fameux R.A.B. C'était notre point de départ. Si nous trouvons nous aussi de qui il s'agit, nous pourrions le retrouver sur cette piste.

-Mais tu as lu des tonnes de livres sans jamais rien trouver! Comment Harry, chez ses moldus, aurait-il pu?

-Je ne sais pas.

Elle se tut, les sourcils froncés. Ron l'observa sans rien dire, lui laissant le temps de rassembler ses idées.

-En fait, dit-elle, je doute que Harry soit parti sur un coup de tête. Il a forcément eu une piste, ou trouvé quelque chose qui l'a amené à partir plus tôt que prévu.

-Mais quoi?

-Je ne sais pas, répéta Hermione. Ron, et si il était vraiment arrivé quelque chose à Harry? S'il s'était fait attaqué par des Mangemorts? S'il...

Hermione s'interrompit soudain. Elle levait les yeux vers le dais, et Ron l'imita.

Une longue forme argentée tomba à travers le dais, au dessus de la piste. Gracieux et luisant, un lynx atterrit avec légèreté au milieu des danseurs surpris. Des têtes se tournèrent tandis que ceux qui se trouvaient le plus près de lui se figeaient en plein mouvement, dans une pose absurde. Le Patronus ouvrit alors largement sa gueule et parla avec la voix lente, forte, profonde, de Kingsley Shacklebold:

-Le ministère est tombé. Scrimgeour est mort. Ils arrivent!

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Voilà pour ce chapitre!

Est-ce qu'il vous a plu? Nous ne saurons ce qui est arrivé à Ron et Hermione que dans quelques chapitres.

Dans le prochain chapitre, petit saut dans le temps pour retrouver Harry et Draco qui, comme d'habitude, se chamaillent, ne sont pas d'accord, s'embrouillent. Draco un brin manipulateur, ( et légèrement désespéré par l'attitude de son calice) et Harry un brin envoûté (et légèrement désespéré par l'attitude de son vampire). Ils ne se comprendront jamais.

Pour ceux que ça rassure, ( et comme je suis moi même une grande lectrice, je sais que c'est parfois rassurant de savoir), j'entame l'écriture du chapitre 16. Pas de soucis de retard donc.

A la semaine prochaine!