Bonjour à tous!

Et bienvenus pour ce treizième chapitre!

Merci à tous pour toutes vos review qui me font toujours énormément plaisir! C'est en partie grâce à tous vos commentaires motivants que j'arrive aussi bien à tenir les délais!

Je tiens aussi à remercier tous ceux qui ont laissé des review anonymes et que je n'ai donc pas pu remercier personnellement: Niyume, Kisis, Sheego, Nytiss973, Loan, ankana87, Sélènè, evandarkmaga, Tsuki, Tenshi, Nikkie, chloe. Merci à tous!

J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de vos attentes!

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Chapitre 13

Vaincre la colère, c'est triompher de son plus grand ennemi.
Publilius Syrus

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Harry était affalé de tout son long sur le plus grand lit de l'appartement, celui de la chambre du milieu, comme il l'avait surnommé. Le dessus de lit dégageait une odeur rance de poussière et de renfermé, mais il n'y prêtait pas attention. Il avait choisi cette chambre, car elle soulignait parfaitement son état d'esprit. Il voulait mettre le plus de distance possible entre le vampire et lui, tout en restant suffisamment près de lui pour ne pas réveiller le tiraillement désormais familier du lien. D'où la chambre du milieu. Ni trop loin, ni trop près.

Les mains derrière la nuque, il fixait le plafond sans le voir. Il se sentait immensément fatigué, las de tout, mais il passait tellement de temps à dormir qu'il lui était bien incapable de somnoler durant ses heures d'éveil. Il traînait son corps avec une lourdeur insoutenable d'une pièce à une autre, mais son esprit était si vif et éveillé qu'il n'arrivait plus à savoir réellement ce qu'il voulait. Aussi passait-il le plus clair de son temps affalé sur un lit, sans esquisser le moindre geste, mais à penser à des milliers de choses en même temps.

Son état lui rappelait l'été dernier, après la mort de son parrain, lorsqu'il passait ses journées à se morfondre chez les Dursley, totalement amorphe.

Ses émotions variaient d'un état à un autre si vite qu'il prenait un malin plaisir à imaginer l'état de frustration dans lequel devait être plongé le vampire. Parfois, il se sentait si vide qu'il était sur le point de fondre en larmes en pensant à ses amis, puis, lorsqu'il se rappelait pourquoi il était si triste, la colère enflait en lui comme un ballon prêt à exploser et à se déverser longuement autour de lui.

Mais le sentiment qui prédominait largement était ce manque cuisant qu'il ressentait profondément. Il avait passé ses derniers jours à fuir Draco comme la peste, se contentant de lui jeter un regard réfrigérant quand il était amené à le croiser. Le lien était loin d'apprécier cet état de fait et le poussait vers Draco parfois avec une telle violence qu'il devait s'agripper le tee-shirt pour tenter d'apaiser le feu qui rongeait sa poitrine. Néanmoins, sa rancœur envers le vampire était si forte qu'elle l'aidait à combattre le lien avec un acharnement dont il était fier.

Il s'était juré de ne plus jamais adresser la parole au vampire, de ne plus le laisser approcher en dehors des morsures, de lui être aussi indifférent que possible. Et Harry était bien décidé à s'y tenir, quoiqu'il lui en coute. Aucune douleur ne pouvait égaler celle qu'il avait ressentie en découvrant ce que Draco lui avait fait, alors même qu'il lui avait juré de ne jamais lui faire de mal. Le faire passer pour mort, sans lui en parler, dans le seul but de le protéger, était la pire offense qu'il pouvait lui faire. Harry voulait bien être protégé, il en avait longtemps rêvé, mais pas au prix de couper tous les ponts avec tout ce qui avait été son monde ces dernière années.

Harry pensait aux Horcruxes, qu'il était censé traquer et détruire pour éliminer définitivement Voldemort. Il pensait à ses amis qui comptaient sur lui et qui avait accepté de l'aider. Le croyaient-ils réellement mort? Ou avaient-ils compris que ce n'était qu'une supercherie, même s'ils en ignoraient la teneur exacte?

Harry était bien décidé à ne jamais pardonner à Draco cette offense là. Il avait accepté beaucoup de choses de sa part, ces derniers jours, allant jusqu'à se soumettre à ses envies, mais il y avait des limites à ne pas franchir. Et le faire passer pour mort était largement au dessus de son seuil de tolérance.

Dans ces moments-là, quand il était dans une de ses phases de colère intense, il haïssait tellement Draco qu'il arrivait à supplanter Voldemort dans son cœur empli de haine. Il le haïssait tellement qu'il aurait été capable de l'abandonner à son sort, quitte à le laisser mourir de soif, si jamais il avait été capable de s'éloigner de lui.

Car ses réflexions maussades durant cette semaine passée l'avaient amené à une conclusion qui avait empli son cœur d'euphorie durant quelques courtes secondes. Il avait compris que même s'il était un calice, et qu'il resterait toujours soumis à son vampire, il avait, en un sens, l'ascendant sur cette situation. Draco était dépendant de son sang. C'était même plus qu'une dépendance, c'était un besoin vital. Sans son sang, Draco mourrait. Et Harry était bien décidé à exploiter cette faille, même s'il savait au fond de lui que rien ne pourrait empêcher Draco de se nourrir de son sang.

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-Draco.

Au ton déterminé de son calice, Draco sentit les ennuis venir. Ce ton résolu, cet air intrépide, ce visage fermé, tout cela ne lui disait rien qui vaille. Draco reposa donc son livre sur la table et se tourna lentement vers son calice. Harry était appuyé contre le chambranle de la porte menant à sa chambre. Sa chemise de pyjama était déboutonnée, laissant voir son torse halé sur lequel étaient croisés ses bras.

Draco esquissa un mouvement pour se lever, afin de se rapprocher de son calice. C'était si instinctif qu'il parvint à peine à maîtriser sa pulsion. Son mouvement passa inaperçu aux yeux du calice et il s'en félicita car il était certain qu'il aurait fait fuir Harry en quelques secondes s'il lui avait montré à quel point la distance que le calice avait mis entre eux ces derniers jours lui était de plus en plus intolérable.

-Oui Harry? Répondit poliment Draco.

Harry ne lui avait pas adressé la parole depuis une semaine. Ce silence, finalement, avait fini par être pesant, même pour Draco qui se plaignait sans cesse de Harry et sa manie de toujours le déranger au plus mauvais moment.

Durant ces derniers jours, Harry s'était appliqué à ne jamais se retrouver dans la même pièce que lui. Il était allé jusqu'à dormir dans le canapé pour être sûr que Draco ne le rejoigne pas.

Draco sentait que son calice souffrait de cette situation. Il ressentait ses nausées et maux de tête avec une intensité qui l'agaçait. Mais il semblait que toute la douleur du monde ne pouvait surpasser la rancœur que Harry ressentait à son égard. Il combattait le lien avec un acharnement à toute épreuve. Parfois, pendant les longues périodes d'apathie que traversait Harry, où il restait des heures allongé sur le lit, les yeux ouvert sur le plafond blanc, Draco pouvait sentir sa colère dirigée contre lui avec une force étonnante. Harry le haïssait, et prenait soin de le lui faire comprendre. Toute cette haine et cette colère étaient dures à supporter pour le vampire. Mais il ressentait lui même tellement d'animosité envers le garçon qu'il pouvait supporter que Harry le lui rende.

Il ressentait un besoin presque vital de compléter le lien, notamment depuis que Harry l'évitait comme la peste. Mais il lui était incapable de le forcer à quoique ce soit. Il culpabilisait déjà bien assez de le sentir si angoissé et si dépressif, il n'allait pas en rajouter en le forçant à avoir une relation sexuelle avec lui, même si elle serait plus que plaisante pour le calice. Lors de la morsure, trois jours plus tôt, Harry avait d'ailleurs catégoriquement refusé qu'il le touche intimement. Draco ne savait toujours pas comment il avait réussi à se contrôler alors même qu'il était sous l'emprise de la morsure. Mais ça démontrait bien à quel point Harry lui en voulait.

-J'ai réfléchi.

Draco attendit, mais Harry n'ajouta rien. Il semblait soudain moins fier, presque embarrassé. L'intérêt de Draco n'en fut que renforcé et il fixa le garçon avec cette avidité un peu effrayante qui mettait Harry mal à l'aise.

-Tu as réfléchi, répéta-t-il. Mais encore?

Harry semblait hésiter. Draco tenta d'accrocher son regard, sans succès.

-Est-ce que nous sommes une sorte de...Couple, maintenant? Comme un duo?

Draco pencha la tête sur le côté. Voilà une drôle de question, à laquelle il ne s'attendait pas, surtout après la semaine qu'ils venaient de passer. Il observa Harry, se demandant ce qui se cachait derrière ces sentiments de gêne et d'incertitude. Harry était un personnage difficile à cerner. Rien ne semblait pouvoir éliminer son irréductible détermination. Bien sûr, ces derniers jours, il était resté englué dans sa tristesse et son désespoir, mais il lui restait toujours cette étincelle de volonté et d'énergie pure qui permettait à Draco de ne pas sombrer lui même dans la dépression.

Draco s'attendait à ce qu'il revienne vite à la charge, concernant ses amis, ses devoirs d'Elu, la guerre. Et il était fin prêt à l'affronter à nouveau. Il savait que le calice avait largement eu le temps de ressasser tout cela, ces derniers jours.

-Oui, c'est ce que nous sommes, en quelque sorte, répondit-il prudemment, méditant sur la signification du mot "couple". Où veux-tu en venir?

Harry se mordait les lèvres, à présent, clairement embarrassé.

-Est-ce que ça signifie que, quoiqu'il en soit, vous serez là?

-Bien sûr, approuva aussitôt Draco.

A sa réponse, le soulagement qui apparut sur le visage de son calice fit froncer les sourcils de Draco. Il ne comprenait pas ce qui se passait dans la tête du garçon, et c'était frustrant. Il pensait lui avoir clairement fait comprendre qu'ils étaient coincés ensemble pour l'éternité, quoiqu'il arrive.

Draco était d'autant plus agacé qu'après la semaine que lui avait fait vivre Harry en lui faisant bien comprendre qu'il ne lui pardonnerait jamais son affront, il aurait bien aimé l'envoyer balader méchamment, et attendre que Harry revienne s'excuser la queue entre les jambes. Mais non. Il était incapable de le rejeter, même si tout son être en avait terriblement envie.

-Nous sommes liés, Harry, te souviens-tu?

Harry approuva. Il se redressa et s'avança doucement dans la pièce. Il vint s'assoir sur la table, directement en face le fauteuil sur lequel le vampire était assis. Harry balança ses jambes sous la table.

-Le professeur Dumbledore m'a donné une mission, l'année dernière.

Draco haussa un sourcil, de plus en plus perplexe. Il ne comprenait pas ce qui poussait Harry à soudain lui parler de cela, alors qu'il boudait depuis une semaine. A quelles conclusions était-il parvenu après une semaine entière de réflexions?

-Je sais que vous ne voulez rien savoir, mais c'est important. J'ai pensé...Puisque nous sommes un duo, nous pourrions peut être l'accomplir ensemble. Vous m'aideriez, et me protégeriez, puisque vous y tenez tant.

Draco croisa les bras, méfiant. Cette histoire de mission ne lui disait rien qui vaille, pas plus que l'angoisse de son calice qu'il ressentait à travers le lien. Il esquissa un sourire sardonique et Harry se ratatina littéralement sur place.

-Alors c'est cela. Soudain, après ne plus m'avoir adressé la parole depuis des jours, tu viens de trouver un avantage à ta soudaine mort. Et tu reviens comme si de rien n'était en demandant mon aide. Tout ceci n'est pas très subtil, Harry.

Harry eut le bon sens de baisser les yeux, embarrassé d'être ainsi percé à jour.

-Pratique de réaliser une mission secrète quand on est mort, n'est-ce pas?

Draco attendit, mais Harry ne dit rien. Il se trémoussait sur place, mal à l'aise. Draco soupira.

-Quel genre de mission est-ce, exactement? Demanda-t-il.

Harry balança à nouveau ses jambes. Ses pieds nus effleurèrent les genoux du vampire, et tous deux frémirent. Il évalua avec appréhension le visage fermé de Draco, puis soupira doucement:

-Vous avez déjà entendu parler des Horcruxes?

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-Si vous acceptez, j'accepte de vous pardonner de m'avoir fait passer pour mort.

Draco leva les yeux au ciel. Le visage déterminé de Harry était tourné vers la fenêtre, mais il savait que le jeune homme attendait impatiemment sa réponse. Draco se leva souplement et il sentit son calice se tendre, même s'il n'esquissa aucun geste.

-Rappelle-moi de ne jamais te sous-estimer, Potter, murmura le vampire en s'approchant doucement de son pas de prédateur.

Il posa ses mains sur les genoux du garçon et les écarta doucement pour se glisser entre ses jambes. Harry croisa les bras sur son torse, dans un geste défensif que Draco connaissait bien.

-Tu sais très bien qu'être mort est la meilleure des protections, n'est-ce pas?

Harry fit la moue, ce qui fit sourire son vampire. Draco lui attrapa les bras et les lui décroisa. Il se colla contre le corps de son calice et posa délicatement ses lèvres sur sa mâchoire.

-Au final, cela t'arrange bien, souffla Draco.

A nouveau, Harry fit la moue. Il tourna la tête pour échapper aux lèvres conquérantes du vampire, sans succès. Décidé à ne pas se laisser distraire, il cligna plusieurs fois des yeux et tenta de faire abstraction des lèvres fraîches qui jouaient sur la ligne de sa mâchoire.

-Alors? Demanda Harry. Vous êtes d'accord? On ferait une bonne équipe, vous ne trouvez pas?

La bouche du vampire glissa légèrement jusque sur sa gorge, et Harry frissonna bien malgré lui. L'une de ses mains caressa son torse et Harry tenta vainement de l'ignorer.

-Tu passes tes journées à dormir, Harry, fit-il remarquer.

-Non, protesta Harry, de mauvaise foi.

-Tu manges, aussi, c'est vrai.

Harry rejeta la tête en arrière lorsque les canines aiguisées de Draco griffèrent légèrement sa gorge. Il s'agrippa des deux mains à la chemise de Draco, la respiration soudain erratique. Il s'en voulait de réagir ainsi à chaque fois que Draco s'approchait de son cou sensible. Il passait ses journées à se répéter de rester impassible lorsque le vampire approcherait, mais il échouait lamentable à chaque fois, ce qui le frustrait de plus en plus chaque jour. Il aurait aimé savoir rester indifférent à son toucher, et prouver ainsi au vampire qu'il n'était en rien dépendant de lui.

Lorsqu'il avait appris que Draco était à l'origine de sa mort factice dans les médias, une semaine auparavant, il s'était juré de le haïr à jamais. Le soir même, seul dans l'obscurité de sa chambre, il avait fait serment de ne plus réagir à ses caresses, de rester indifférent à tout, de le repousser à la moindre de ses approches et de ne plus jamais lui adresser la parole. Il s'était aperçu que sa promesse était vouée à l'échec lorsque le soir même, le vampire s'était glissé dans son lit et qu'Harry avait aussitôt enfoui son visage dans son torse puissant, avec cette sensation étrange d'être à sa place et d'y rester éternellement.

-J'accepte si nous couchons ensemble. Maintenant.

Harry sursauta violement. Sa tête heurta durement le front du vampire et Draco se recula aussitôt, comme s'il l'avait brûlé. Harry porta sa main à son front et se frotta doucement, le regard plein de reproches et les joues rouges.

-Le chantage ne compte pas. C'est illégal.

-C'est toi qui a commencé, se défendit Draco.

Harry grogna. Il tenta de se soustraire à la prise du vampire, mais il tenait lui même sa chemise et sa tentative fut un échec lamentable. De plus, Draco tenait fermement ses jambes contre lui.

-Ce n'est pas un jeu, invectiva Harry en fronçant les sourcils. C'est même très sérieux.

Draco sourit légèrement. Il passa ses doigts dans les mèches désordonnées de son calice, les ramenant en arrière pour dégager son front. Son pouce traça la cicatrice en forme d'éclair.

-Couche avec moi Harry, murmura-t-il, presque tendrement.

-Certainement pas! Répliqua instantanément Harry, un brin choqué par cette demande scabreuse lancée à tout-va.

-Le lien en a besoin. Tu le sais.

-Je me fiche du lien!

Rien ne l'angoissait plus que cette relation à venir. Il était content que le vampire comprenne cela, et surtout, le respecte et ne le force pas. Mais cela ne rassurait en rien Harry. Il savait que si Draco n'insistait pas, c'est parce qu'il savait que son calice viendrait à lui, un jour ou l'autre, et cet état de fait angoissait Harry comme jamais. Il ne voulait pas de cette relation là avec Draco, mais il sentait que le lien le poussait irrémédiablement vers le vampire. Harry sentait l'échéance se rapprocher de jour en jour, et rien ne l'angoissait plus.

-Tu ne peux pas ignorer la puissance du lien.

-Je me fiche du lien, répéta Harry, criant presque. Je vous déteste, pour tout ce que vous m'avez fait, et rien ni personne ne me forcera à coucher avec vous! Rien que cette idée me dégoûte profondément.

Draco ne cilla même pas. Il sembla à Harry que ses dernières phrases coulaient sur lui sans l'atteindre. Pourtant, il avait juste envie de le mettre en colère, de le faire réagir, lui qui n'avaient jamais aucunes réactions. Il voulait que Draco comprenne à quel point il souffrait de cette situation.

Voyant que le vampire ne disait rien, figé sur place, Harry se racla la gorge. Il balaya la pièce du regard, et demanda doucement:

-Vous allez y réfléchir? C'est important.

Draco se contenta de le fixer, et Harry eut le malheur de croiser ses yeux gris. Sa respiration se bloqua dans sa gorge. Brusquement, l'avenir ne l'inquiétait plus, la mission que lui avait imposé Dumbledore n'était plus un poids insurmontable, ses amis ne lui manquaient plus. Seul un sentiment puissant de bien être et de sécurité la plus totale resta en lui. Harry serait resté ainsi pendant des années, vidé de toutes émotions néfastes. Mais Draco se pencha vers lui et murmura doucement, un brin moqueur:

-Je crois que tu comptais aller te doucher, Harry. Tu te souviens?

Harry cligna plusieurs fois des yeux. Puis il hocha la tête, hébété. Draco se recula, le libérant à la fois de son étreinte et de son regard hypnotique. Harry sauta au sol et s'empressa de s'éloigner du vampire. Il n'osait même pas imaginer ce que le vampire pourrait lui faire faire lorsqu'il le tenait ainsi par son regard.

-Je te rejoins dans quelques minutes.

Harry quitta précipitamment la pièce.

-Ne rêvez pas, marmonna-t-il, sachant que le vampire entendrait.

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Draco se faufila silencieusement dans la salle bain.

Harry était debout devant le lavabo, en train de se rincer la bouche après s'être brossé les dents. Il était encore torse nu, et l'eau gouttait de ses cheveux mouillés. Draco suivit des yeux les petites gouttes d'eau couler le long de son dos, pour se perdre contre son pantalon en coton.

Hypnotisé par son calice, Draco s'avança sans réellement y penser, jusqu'à se trouver juste derrière le garçon. Il se pencha en avant et, posant ses mains sur les hanches du calice, il recueillit de ses lèvres l'une des gouttes au niveau de la nuque.

Harry sursauta violemment. Son menton cogna contre le robinet lorsqu'il se redressa. Il s'essuya la bouche du revers de la main et observa son reflet ébahi dans le miroir. Il sentait la langue taquine du vampire descendre le long de son dos. Ses lèvres caressèrent sa colonne vertébrale, vertèbres par vertèbres, et Harry frissonna incontrôlablement. Elles s'arrêtèrent à la barrière de son pantalon et entreprirent aussitôt de remonter. Les bras de Harry étaient recouverts de chair de poule, et il respirait difficilement, par à coups. Dans le miroir, son reflet avait les lèvres entre-ouvertes et les yeux écarquillés en une expression de surprise la plus pure.

Les lèvres de Draco embrassèrent son omoplate. Il mordit légèrement sa clavicule et remonta le long de son épaule jusqu'à la base de son cou.

Le cœur de Harry s'affola. Il voyait, dans le miroir, le visage du vampire tout contre son cou, et il était étrange de voir et ressentir en même temps. Il voyait la langue rose du vampire sortir d'entre ses lèvres et lécher les deux marques rouges sur sa jugulaire. Les mains de Draco remontèrent le long de son ventre, et il plaqua fermement son corps contre le sien. De sa main libre, il vint caresser les lèvres entre-ouvertes du garçon.

-Elles sont délicieusement rouges, n'est-ce pas?

Le regard de Harry quitta la langue du vampire pour se poser sur ses propres lèvres. Elles étaient aussi rouges que son sang. Les doigts du vampire étaient pâles et contrastaient étrangement sur le rouge sang de ses lèvres. Son index se glissa avec dextérité entre ses lèvres. Harry recula aussitôt sa tête et le doigt ressortir tout aussi vite. La main glissa sur sa gorge, et Harry en suivit le mouvement avec attention. Draco lui fit pencher la tête sur le côté pour se permettre un plus large accès à son cou et Harry baissa à nouveau les yeux.

-J'aime quand elles ont cette couleur, souffla le vampire en s'écartant momentanément du cou de Harry. C'est très prometteur.

Maintenant fermement Harry contre lui d'une main, il lécha avidement son cou. Le regard du calice retrouva cette langue taquine et il l'observa sans ciller, totalement fasciné. Puis, sans prévenir, Draco entre-ouvrit sa bouche et Harry vit apparaître les deux canines aiguisées, brillante sous la lumière crue de la salle de bain.

Harry écarquilla les yeux. Il n'avait plus paniqué depuis longtemps lors de la morsure, c'était même un moment qu'il attendait avec impatience, -même s'il ne l'avouerait pour rien au monde-. Mais ils l'avaient toujours fait confortablement installés sur le lit, ou le canapé. Voir les dents du vampire prêtes à s'enfoncer dans sa gorge avait quelque chose de terrifiant.

Avant que Harry ait pu paniquer et tenter de se débattre, les dents déchirèrent sa peau. Il les sentit, et les vit, s'enfoncer dans sa veine jugulaire, profondément, et les lèvres du vampire se refermèrent dans son cou. Harry fixait ses lèvres sans respirer, alors qu'il était aussitôt submergé par un plaisir indicible. Il ferma un instant les yeux, mais les rouvrit aussitôt pour les reposer sur l'image que renvoyait le miroir. Se voir dans les bras du vampire, qui avait lui même ses canines profondément enfoncées dans sa gorge était plus excitant que jamais. Il semblait à Harry qu'il ne faisait pas que ressentir du plaisir, mais il le voyait aussi.

Contre son cou, Draco grogna. Sa main, qui tenait la gorge de son calice, descendit le long de son ventre et franchit la barrière interdite de son pantalon. Elles vinrent aussitôt malaxer son érection déjà proéminente. Les muscles de Harry se tendirent et il grogna à son tour en rejetant la tête en arrière, la laissant reposer sur l'épaule du vampire derrière lui. Draco aspira une longue gorgée de sang et déglutit paresseusement.

Harry gémit doucement, les yeux fermés. Draco était toujours terriblement avide avant la morsure, mais lorsqu'il buvait, il devenait paresseux et lent, comme s'il voulait que ce moment dure plus longtemps. Il buvait doucement, prenant de longues gorgées sans jamais se presser, et la main qui caressait le sexe de son calice suivait ce même rythme paresseux, ce qui était en soit une vrai torture pour Harry.

Les mains du calice vinrent agripper les bords du lavabo avec force. Si Draco ne le tenait pas aussi fermement contre lui, il serait tombé depuis longtemps, comme un chiffon. Il accompagna les lents coups de poignet de ses hanches, l'enjoignant sans succès à aller plus vite.

-Draco, soupira-t-il.

Lors des morsures, le vocabulaire de Harry se réduisait à un seul et unique mot. Il sentait le plaisir monter par vague, au même rythme que les longues déglutitions du vampire. Il le sentait respirer son odeur dans son cou, sans jamais s'arrêter de boire.

-Draco, répéta Harry alors que la seconde main du vampire descendait de son ventre pour venir tenir ses hanches.

Harry redressa la tête et ouvrit les yeux plein de frustration. Il eut un hoquet de stupeur lorsque, dans le miroir, il croisa deux prunelles grises qui le fixaient. Draco le fixait avec cette intensité qui le caractérisait, et Harry fut happé par le gris de ses yeux. Harry ne pensait déjà plus depuis longtemps, mais à cet instant là, il était incapable de se rappeler même de son prénom.

Draco continua à boire doucement, sans jamais cesser de le fixer. Il semblait se repaître autant de son sang que de l'expression de pure extase apparue sur le visage de son calice. Il continua inlassablement à masser l'érection du garçon, serrant fermement le membre chaud dans sa main fraîche.

Une caresse plus forte que les autres mena Harry à un orgasme foudroyant. Harry gémit sans retenu, son regard ancré dans celui de son vampire. Draco raffermit son étreinte sur son corps devenu mou pour le soutenir. Il le plaqua fortement contre son torse d'un bras, tandis que sa main ressortait du pantalon et venait jouer avec le nombril du garçon. Il prit une dernière gorgée du sang exquis de son calice et l'avala goulument. Puis il retira ses crocs de la gorge du garçon et lécha tendrement les marques rouges, les nettoyant jusqu'à ce qu'elles arborent une douce teinte rosée. Il gardait toujours le garçon emprisonné dans son regard, et dans son étreinte. Il était clair que Harry n'était pas capable de se tenir seul debout.

Il embrassa les marques rouges et demanda:

-Ca va?

Toujours hypnotisé, Harry hocha doucement la tête. Ses lèvres étaient devenues plus pâles que le vampire lui même alors que celles du vampires étaient aussi rouges que celles de Harry quelques minutes plus tôt. La réponse du calice arracha un sourire narquois au vampire qui embrassa à nouveau les deux marques sur son cou, le faisant frissonner.

-Je crois que tu peux retourner à la douche, Harry, souffla le vampire, faisant référence au pantalon devenu poisseux du garçon.

A nouveau, Harry hocha la tête. Draco sentit sa gêne, et sut que s'il l'avait encore pu, Harry aurait rougi. Tenant toujours Harry contre lui, il défit la ficelle du pantalon et le fit glisser contre les jambes du garçon. Le bas de pyjama tomba au sol et il souleva légèrement Harry pour lui enlever totalement le pyjama. Puis il le retourna d'un geste vif et le plaqua contre son torse, le libérant par ce geste de son regard hypnotisant.

Harry plongeait doucement mais surement dans une torpeur bienfaitrice, qui supplantait largement toute gêne qu'il aurait pu avoir. Il passa ses bras autour du cou de son vampire et enfouit son visage dans son cou. Ses jambes étaient de coton, sa tête lourde et son corps encore empli du plaisir indescriptible qu'il venait de ressentir.

Plus tard, il se réveilla quand il sentit l'eau chaude de la douche couler sur lui. Perdu dans son brouillard, il ne s'inquiéta pas de toujours sentir le corps du vampire contre lui. Draco le serrait dans une étreinte si puissante qu'il semblait vouloir faire fusionner leurs deux corps. L'odeur qu'il dégageait était exquise, et Harry replongea bientôt dans son lourd sommeil réparateur, comblé et en sécurité dans l'étreinte de son vampire.

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J'espère que ce chapitre vous a plu!

La réponse de Draco dans une semaine! A votre avis, quelle sera-t-elle?

A+