Bonjour à tous!
Nikkie, kisis, ankana87, nytiss973, nana972, sélènè, chloe, Tenshi, Tsuki, Guest: Merci à tous pour vos review!
Ne désespérez pas! La relation entre Harry et Draco a touché le fond lors du chapitre précédent. A partir de maintenant, ils vont commencer à se supporter, oui, oui. Jusqu'à finalement se rapprocher. Draco, particulièrement, sera moins idiot, la plupart du temps... Promis
Sinon, j'ai une annonce très importante à faire: je cherche un-e bêta, depuis quelques temps, sans succès. Je commence doucement à désespérer, et ça devient urgent. C'est pour la correction de...cette fic,, enfin les prochains chapitres -_-' ...Je sais que c'est un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais, non?
Si jamais quelqu'un est intéressé, ou connait quelqu'un qui serait intéressé, envoyez-moi un MP très vite! J'en dirais plus sur ce que j'attends.
Sur ce, je vous laisse à votre lecture!
Enjoy
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Chapitre 15
Comprendre est le commencement d'approuver
Spinoza Baruch
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La nuit tombait sur Londres lorsque Harry céda à son estomac grondant et consentit à se lever. A peine eut-il mit un pied à terre, que le monde tourna autour de lui. Il porta une main à son front et se massa doucement les tempes. La nausée monta en lui, et il se pencha instinctivement en avant, mais son estomac était vide et il n'avait rien à vomir. Il resta pencher en avant quelques secondes, reprenant doucement son souffle, attendant que les nausées passent.
La mine sombre et les yeux rouges, il enfila rapidement un pantalon de pyjama, suivit d'un pull en laine épais. Il avait remarqué que le jour suivant la morsure, son corps, encore affaibli par l'anémie, avait du mal à se réchauffer par lui même. Ses extrémités restaient gelées quoiqu'il fasse et il était obligé de se couvrir comme en plein hivers pour se débarrasser de cette sensation de froid. Il avait fini par comprendre que seul un contact prolongé avec le vampire pouvait arriver à réchauffer son corps. Encore fallait-il que contact il y ait, ce qui était totalement exclu dans l'esprit obstiné de Harry.
Cette fois, le froid semblait encore plus mordant qu'à l'ordinaire. Harry se doutait qu'il était du à la distance qu'il avait mis entre le vampire et lui depuis une semaine, et que le lien n'appréciait que moyennement. Une force invisible mais puissante le poussait sans relâche vers Draco, et il résistait à ses pulsions en serrant les dents, conscient au fond de lui qu'il ne pourrait résister éternellement. Il désirait tellement que Draco puisse se contenter des morsures, et ne pas demander plus. Mais désormais, Harry avait d'autant plus peur de l'approcher qu'il craignait un geste déplacé et entreprenant. Un geste qui l'aurait incité à craindre encore plus Draco, et donc à s'éloigner encore plus de lui.
Harry n'avait qu'une envie, plus même, un besoin, et c'était d'annihiler totalement la distance qui les séparait pour se blottir contre lui, et se sentir pleinement satisfait, à sa place. Mais il était décidé à ne pas céder au lien. Il voulait rester lui même, le Harry qui était libre de ses émotions et n'était contrôlé par rien, certainement pas par un lien qu'il n'acceptait pas.
Harry s'empressa de rejoindre la cuisine, la faim au ventre. Ses jambes tremblaient, encore faibles. Il ne jeta pas un regard à Draco, assis dans son fauteuil, les jambes étendues sur l'accoudoir du canapé, et qui était plongé dans une séance de lecture intensive. Il ignora du mieux qu'il put le sentiment de manque qui enfla en lui en passant devant le vampire. C'était hautement douloureux, et malgré la nuit qu'ils avaient passée ensemble, l'un contre l'autre, le manque n'avait en rien diminué, plus fort que jamais. Il se demandait si Draco ressentait le même, mais si c'était le cas, il le cachait très bien. Harry avait conscience qu'il serait le premier des deux à craquer, car Draco maîtrisait ses pulsions à la perfection, comme il le lui prouvait depuis le début.
Harry s'enferma dans la cuisine, un brin ronchon. Il avait froid, faim, était en manque et ne désirait qu'une chose: se blottir dans les bras du vampire. Harry secoua la tête en ouvrant la porte du four. Il devenait fou, il n'y avait pas d'autres explications plausibles. Il grogna en s'apercevant qu'aucun plat fumant ne l'attendait. Il balaya la pièce du regard, un désespoir totalement déplacé enflant en lui. Draco était-il si en colère contre lui qu'il avait décidé d'arrêter de le nourrir? Il s'en voulut d'avoir cette pensée. Il était tout à fait capable de se nourrir seul, il n'avait besoin de personne.
Mais en ouvrant le frigo, il s'aperçut qu'une assiette emplie de sandwiches reposait sur la plus haute étagère. Il s'en empara avec avidité, et la posa sur la table. Puis il attrapa un verre et se servit du jus de citrouille. Il posa le tout sur la table à manger, et s'installa à table, seul, prêt à manger des quantités insoupçonnées de nourriture dans un silencieux religieux.
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Six sandwiches plus tard, Harry reposa son verre vide sur la table avec un soupir comblé. Il avait moins froid, sa faim était apaisée, sa soif également. Il se serait sentit mieux si le sentiment de manque qu'il éprouvait s'était calmé également, ce qui n'était pas le cas. Il pulsait douloureusement dans sa poitrine, insistant, le poussant irrésistiblement vers le vampire assis dans la pièce adjacente.
Harry se leva doucement. Il posa sans délicatesse la vaisselle sale dans l'évier, puis retourna sur le salon à pas de loup. Il s'appuya contre le chambranle de la porte et croisa les bras sur son torse.
La rancœur qu'il ressentait envers Draco était encore pleinement palpable, s'infiltrant sous sa peau et croissant de jour en jour. Il en voulait au vampire pour tellement de choses qu'il ne savait plus exactement quoi. A ses yeux, rien ne justifiait le comportement de Draco, pas même son désir de le protéger, qu'il aurait pu comprendre en un certain sens. Il lui semblait que leur nouvelle relation et son ancienne vie étaient compatibles, et était désespéré que Draco ne partage pas son point de vue. C'aurait été tellement plus simple.
Draco lui jeta un coup d'œil intrigué par dessus son épais bouquin, et Harry fit mine de ne pas l'avoir remarqué. Le combat intérieur que se menaient rancœur et besoin devait se voir sur son visage.
Harry se redressa, et s'approcha doucement du vampire, prêt à battre en retraire au moindre signe de désapprobation de sa part. Il craignait plus que tout que Draco ne le rejette, suite à leur dispute, ou seulement parce qu'il jugerait gonflé que Harry revienne simplement sans rien dire après une semaine à le fuir.
Mais Draco n'esquissa pas un geste, figé dans son fauteuil telle une statue de marbre. Il ne fit pas mine de lever son intense regard anthracite vers lui, ce qui facilita grandement l'approche du jeune homme.
-Draco? Appela doucement Harry, un brin craintif.
Les yeux du vampire se figèrent sur sa page, et il répondit:
-Oui Harry?
Harry s'approcha encore un peu, ses doigts tirant nerveusement sur la manche de son pull. Il s'approcha jusqu'à ce que ses genoux heurtent le fauteuil de Draco.
-Je vous déteste pour tout ce que vous me faites endurer. Vous le savez?
Draco pencha légèrement la tête sur le côté, en signe d'assentiment ou de désapprobation, Harry n'aurait su dire. Néanmoins, les coins de ses lèvres remontèrent légèrement, signe qu'il tentait de refouler un sourire narquois. Harry fronça les sourcils.
-Je sais où tu veux en venir, Harry, dit-il de sa voix posée, mélodieuse.
Il leva son visage vers celui de Harry, mais le jeune homme évita son regard, posant le sien sur le mur derrière lui.
-Je n'oublierai pas que tu me détestes, néanmoins, ne t'en fais pas, affirma-t-il finalement au bout de quelques secondes d'un silence embarrassant pour Harry.
Harry jaugea prudemment son sourire en coin, mais approuva. Il se sentait stupide, mais étrangement soulagé que les choses entre eux soient bien claires. Il savait que Draco pensait la même chose de lui, mais qu'il aurait le tact de ne pas le dire à haute voix. Cette constatation le fit se sentir totalement immature, et il eut un sursaut de culpabilité, très bref. Il chassa rapidement tous ses remords, se disant que Draco n'avait jamais rien fait pour qu'il s'attache à lui.
Harry réfléchit quelques secondes, debout près du fauteuil du vampire, et inconscient de son regard calculateur posé sur lui.
Harry comprit à cet instant qu'il ne pourrait résister au lien indéfiniment. Même avec tout le courage, toute la détermination au monde, il y avait quelque chose contre lequel il ne pourrait lutter, et c'était ce besoin qu'il avait d'être proche de Draco.
Il finit par contourner précautionneusement le fauteuil et vint s'assoir délicatement en travers des jambes de Draco. Le vampire ouvrit silencieusement ses bras pour lui permettre de reposer confortablement contre son torse. Il cala de lui même le corps chaud contre lui, dans une position confortable pour son calice. Puis il enserra le corps de Harry entre ses bras, et le maintint contre lui avec une force inutile, comme s'il avait peur que Harry ne change d'avis et s'éloigne soudainement. Harry ne dit rien, savourant le bien être qui enfla en lui dès qu'il se retrouva prisonnier de l'étreinte de fer du vampire.
Comme à son habitude, Draco inspira profondément l'odeur divine de son calice, avant de reprendre sa lecture là où il l'avait arrêtée.
Harry posa sa tête sur l'épaule de Draco, et enfouit son visage dans son cou. Il retrouva aussitôt son odeur familière et apaisante et ferma les yeux. Le sentiment de manque s'évanouit instantanément et Harry soupira de bien être, heureux de retrouver sa place dans les bras sécurisant du vampire.
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A quelques kilomètres plus au nord, Ron et Hermione auraient apprécié connaître le sentiment de sécurité que connaissait Harry à ce moment même. Ils se sentaient plus seuls que jamais, sans la présence familière de leur ami à leur côté. Sans Harry, le trio devenait duo, et Ron et Hermione avaient du mal à se faire à se changement.
Durant les deux mois d'été, ils avaient largement eu le temps d'appréhender et d'imaginer les jours et semaines à venir. Mais ils avaient toujours pensé que, lors de leur quête, il seraient trois. Sans Harry à leur côté, ils se sentaient perdus. Harry avait toujours été le leader implicite de leur groupe, il les avait toujours guidé et entrainé dans des aventures rocambolesques. Sans lui, plus rien n'avait de sens, ni leur groupe, ni leur quête.
Installés dans la sinistre cuisine du 12, Square Grimmault, Ron et Hermione buvaient un thé à la menthe, dans un silence religieux. Leurs pensées étaient dirigées dans la même direction, et les regards qu'ils échangeaient semblaient créer entre eux un lien puissant.
Les nouvelles n'étaient pas bonnes.
Remus Lupin était venu les trouver, plus tôt dans la journée, l'expression plus sombre que jamais. Les cernes sous ses yeux formaient de longs cillons sombres et un rictus figé déformaient ses lèvres. Il leur avait rapporté, la voix rauque, l'impuissance de l'Ordre dans la recherche de Harry. Le garçon n'avait laissé aucune trace, aucun indice pouvant permettre de retrouver sa trace. Manifestement, il ne désirait pas être trouvé, si tant est qu'il soit parti de son plein gré. Ce qui inquiétait grandement les membres de l'Ordre, c'est que Harry avait laissé derrière lui toutes ses affaires, y compris un sac à dos usé dans lequel il avait rassemblé toutes ses possessions les plus précieuses. Qu'il ne l'ait pas emporté avec lui était plus qu'inquiétant. Hermione et Ron ne pouvaient concevoir que Harry soit parti sans sa précieuse cape d'invisibilité.
-Hermione, appela soudain Ron.
Sa voix rauque résonna dans la cuisine déserte et la jeune fille sursauta. Elle avait posé ses mains autour de sa tasse brûlante, comme pour se réchauffer les doigts alors que la température extérieure était très satisfaisante. Elle leva un regard songeur vers Ron et l'interrogea du regard.
-Tu crois toujours que Harry est parti à la recherche des Horcruxes?
Hermione ne répondit rien. Elle porta la tasse à ses lèvres, en but une rapide gorgée et grimaça lorsque le thé lui brûla la gorge.
-S'il était réellement parti à la recherche des Horcruxes, continua Ron, le front plissé en signe d'intense réflexion, il n'aurait pas laissé sa cape d'invisibilité. Ni la Carte des Maraudeurs. Tu ne crois pas?
-Harry n'a pas besoin de la carte pour cherches les Horcruxes. Il ne se rendait pas à Poudlard.
Ron pinça les lèvres.
-D'accord, admettons. Mais la cape...
Hermione soupira longuement. Elle se leva brusquement et croisa les bras sur sa poitrine. Puis elle alla s'appuyer contre le plan de travail de la cuisine, faisant face à Ron.
-Que cherches-tu à prouver, Ron, exactement? Demanda-t-il, un brin agressive.
Ron haussa les épaules avec nonchalance, soudain mal à l'aise. Il mit un sucre dans son thé et remua calmement, évitant avec soin le regard intense de son amie.
-Tu te souviens de ce que disait Fred, avant le mariage? Et s'il était...Parti. S'il avait juste décidé que tout cela était trop lourd à porter pour lui, et qu'il avait décidé d'arrêter. Pour échapper à tout ça. La Prophétie, la guerre, les Horcruxes, Tu-Sais-Qui.
-Ne soit pas ridicule, Ron. Harry n'aurait jamais fait cela. C'est...Ce n'est juste pas Harry. De tout abandonner. Il veut toujours sauver le monde entier! Il combat Tu-Sais-Qui depuis des années! Il...
-Justement! S'il en avait eu marre. Toute sa vie tourne autour de ça depuis des années. Depuis même avant sa naissance, sa vie toute entière est tracée. S'il avait décidé de profiter de sa vie, et de la refaire ailleurs, loin de Tu-Sais-Qui et de ses Mangemorts. Il a disparu juste avant d'être majeur. Peut être que ça lui a fait réaliser qu'il passait à côté de sa jeunesse, et il a eu envie d'en profiter. Ca expliquerait pourquoi il n'est parti qu'avec sa baguette.
Hermione haussa un sourcil, et les joues de Ron se colorèrent d'une teinte rosée.
-Je pensais que tu connaissais Harry mieux que ça. Il n'aurait jamais abandonné l'Ordre. Il ne nous aurait jamais abandonné. Nous, ta famille, Ginny, Poudlard.
-Peut être. Mais s'il avait eu une opportunité! Une chance de repartir à zéro, de refaire sa vie. A sa place...
Hermione fixait Ron d'un regard intensif, et Ron hésita brièvement. Il caressa doucement le bois usé de la table, puis reprit:
-L'année dernière, Sirius, sa seule famille, meurt et il apprend dans la foulée que toute sa vie a toujours été dirigée par une Prophétie faite avant sa naissance. Il comprend qu'il ne peut échapper à son destin, qui est de tuer ou d'être tué. Et cette année, Dumbledore, avant de mourir à son tour, lui apprend que s'il veut survivre, il va devoir accomplir une tâche quasiment impossible et hautement dangereuse. Puis il se retrouve seul cet été, livré à lui même, sur le point de devenir un adulte. A sa place, j'aurais sérieusement réfléchi à ma vie, et regretté certaines choses. Voilà tout.
Il releva un regard timide vers Hermione. Elle avait le regard baissé sur ses pieds, et ses yeux brillaient, emplis de larmes. Ron eut envie de se lever afin de la réconforter, mais il n'était pas sûr de la réaction de la jeune fille et préféra s'abstenir.
-Ron, dit-elle doucement. Je ne dis pas que ce que tu dis est dénué de sens, mais...Ce n'est tellement pas Harry. Oui, il y a peut être pensé, à la veille de ses dix-sept ans, mais je ne peux pas imaginer qu'il l'ait réellement fait. Nous avons toujours été là pour lui, il savait que nous serions là pour le soutenir, et l'aider, quoiqu'il arrive.
-Et si pour une fois, il avait pensé à lui, et seulement à lui. Pas à ce que les gens attendent de lui, ou à ce que nous pensons de lui.
Hermione secoua légèrement la tête. Elle se rapprocha de la table et se saisit de sa tasse qu'elle serra avec force entre ses mains.
-Alors, tu penses qu'il est parti cherché les Horcruxes?
-Franchement Ron, je pense que c'est ce qu'il a fait, oui. C'est quelque chose d'insensé, d'être ainsi parti tout seul, sans aucune aide, et il y a encore certains faits que je n'explique pas, comme le fait qu'il ait laissé sa cape d'invisibilité, mais je préfère penser qu'il est parti de son plein gré plutôt qu'il lui soit arrivé quelque chose. Harry est tellement impulsif, à toujours prendre seul la responsabilité de vouloir sauver le monde entier. On ne peut pas négliger cette possibilité, même si ça ne nous plaît pas.
Elle souffla doucement sur son thé et en but une gorgée. Puis elle la posa un peu brusquement sur le plan de travail derrière elle et revint s'assoir en face Ron. Elle tira à elle certains parchemins qu'ils avaient empilés en un tas bien net dans un coin de la table et les déroula.
-En attendant, la meilleure chose que l'on puisse faire pour l'aider, où qu'il soit, c'est de retrouver ce fichu médaillon. Le vrai. Nous avons eu de la chance de trouver qui était ce fameux RAB, ne la laissons pas filer.
Elle jeta un coup d'œil déterminé à Ron, histoire de lui faire comprendre que le sujet était clos, puis se plongea dans l'examen des parchemins. Ron remua son thé, pensif, puis tira de sous la pile de parchemin un lourd médaillon en or, gravé de la lettre S. Il l'examina avec attention, comme si c'était la première fois qu'il le voyait. Il le soupesa, et retraça de son pouce la lettre inscrite sur le médaillon.
-Tu ne penses pas que si Harry était parti chercher les Horcruxes, il aurait emporté le médaillon? Deanda-t-il.
Hermione releva la tête pour lui jeter un regard sévère. Puis elle se pencha vers Ron et lui arracha le médaillon des mains avant de le faire disparaître de sa vue.
-Ce n'est qu'n faux, Ron. Il n'a aucune utilité. Seul le vrai compte.
Ron ne répondit rien. Il observa Hermione travailler pendant quelques minutes, l'expression pensive.
-Tu ne crois pas que Harry ait déjà compris que RAB était le frère de Sirius? Demanda-t-il, songeur.
-Comment veux-tu, Ron? Harry est resté chez son oncle et sa tante tout l'été. Et avant cela, il était à Poudlard et n'avait aucune idée de qui il pouvait être.
-Regulus est le frère de son parrain. Je ne sais pas, ce n'est pas totalement inenvisageable, si?
-Peu importe, coupa Hermione. Même s'il a trouvé qui était RAB, il n'aura pas eu l'aide que nous avons eu pour trouver où était le vrai médaillon.
-Tu parles d'une aide, râla Ron. Un elfe et un escroc.
Hermione leva les yeux au ciel mais ne renchérit pas. Elle examina attentivement une carte du Ministère. Ron l'observa faire quelque secondes, toujours ce même pli soucieux barrant son front. Il s'empara à nouveau du faux médaillon et le frotta entre ses mains, comme pour le réchauffer, avant de l'ouvrir. Le mot laissé par Regulus était toujours là, un peu froissé. Il le relut machinalement, même s'il le connaissait désormais par cœur, et se demanda à nouveau pourquoi Harry serait parti sans ce médaillon, base de toutes leurs recherches, quoiqu'Hermione puisse en dire.
-Et s'il était vraiment mort? Demanda-t-il soudain.
Hermione releva précipitamment la tête. Elle observa Ron, l'air préoccupé.
-Ron...soupira-t-elle.
Hermione soupira. L'article paru neuf jours plus tôt avait fait énormément de bruit dans le monde sorcier. En fin de compte, il avait eu l'effet escompté. Il avait engendré peur, panique, désespoir, découragement. Harry Potter était mort. Il avait été l'incarnation de l'espoir parmi la population sorcière. Sa mort, ajoutée à la chute du Ministère vingt jours plus tôt signifiait la victoire du Seigneur des Ténèbres. Le début d'une ère nouvelle pour le monde magique.
Hermione, elle, comme elle en avait parlé avec Remus lors de sa visite, ne doutait pas que Voldemort soit à l'origine de cette rumeur. Ce qu'ils craignaient avait fini par se produire. D'une façon ou d'une autre, Voldemort avait fini par apprendre la disparition de Harry, et s'en était servi pour faire paniquer la population en le faisant passer pour mort.
-Comment peux-tu croire ce que dit la Gazette! Ils ont toujours débité des tas d'inepties sur Harry, pourquoi serait-ce différent aujourd'hui? De plus, je te rappelle que Tu-Sais-Qui est à la tête du Ministère, désormais. Il est bien du genre à faire croire à la population sorcière que leur présumé leader est mort. Il cherche à nous décourager.
Ron hocha doucement la tête, les sourcils froncés.
-On ne peut être sûr de rien, Hermione, tu le sais bien, dit-il néanmoins. Quand ce journal a paru, j'ai cru que...
-Je sais, coupa doucement Hermione. Mais tu as entendu Remus. D'après l'Ordre, il n'y a aucune preuve que cela soit vrai. Nous n'avons plus d'espion parmi les Mangemorts, mais si Harry avait été capturé, puis tué, il y aurait eu du tapage. Là rien. Juste un article qui sort d'on ne sait où et qui sème la pagaille partout.
-Hermione, on pensait qu'il n'était rien arrivé de grave à Harry justement parce qu'on s'était dit que Voldemort se serait empressé de le crier sur tous les toits. Et maintenant que c'est le cas, que la...mort de Harry est annoncée publiquement dans le journal, tu penses que c'est faux.
-On n'a aucune preuve. Si Tu-Sais-Qui avait tué Harry, il l'aurait revendiqué lui même, aurait peut être même exhibé son corps.
-Mais si Harry n'est pas mort, et donc si Tu-Sais-Qui ne l'a pas tué, d'où sort cet article?
Hermione se mordit la lèvre inférieure, nerveusement. Elle comprenait, et partageait les doutes de Ron. Même l'assurance de Lupin n'avait réussi à dissiper ses doutes. Cet article avait semé le chaos au sein même de l'Ordre. Hermione et Ron n'avaient pas été témoin de cette effervescence mais ils étaient eux-mêmes plongés dans un cauchemar éveillé.
-Je ne sais pas, dit-elle, plus perdue qu'elle n'osait l'admettre devant Ron. Je ne sais pas.
-Si je savais où était Harry, je voudrais bien te croire. Mais il a disparu depuis presque un mois! Et maintenant la Gazette annonce sa mort. Tu ne trouves pas la coïncidence bizarre?
-Ron, comme tu dis, cet article sort de nulle part. Il y ait juste dit que Harry est mort, rien de plus. Je ne sais pas d'où la Gazette tient cette information, mais il est évident que leur but est de semer la panique, pas d'exposer des faits réels. Comme ça a toujours été le cas.
Ron fit la moue, mais n'ajouta rien. Hermine l'observa quelques secondes, puis elle ajouta:
-Nous le retrouverons. Tu verras. Mais pour cela, il faudrait déjà qu'il veuille revenir, dit tristement Hermione.
-Ou qu'il puisse revenir, ajouta sombrement Ron.
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A partir de ce chapitre, les événements vont commencer à s'accélérer. Le huis clos va également se terminer d'ici quelques chapitres, mais je ne vous dis pas quand :) Ce ne serait plus drôle.
Merci d'avoir lu!
Et à la semaine prochaine ;)
