Bonjour, bonjour!
Merci! Merci à tous pour toutes ces review que vous me laissez! C'est toujours un plaisir de vous lire!
Et je n'oublie pas tout ceux qui me laissent des review anonymes: kisis, sélènè, (non, Draco ne cuisine pas, et il ne fait pas non plus les courses^^. Le mystère sera levé dans quelques chapitres, mais tu n'es pas loin de la vérité!), Tsuki, ankana87, clptre, Tenshi, chloe!
Sur ce, je vous laisse.
Bonne lecture à tous!
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Chapitre 18
L'immortalité peut être bien mesquine
Roger Dalton
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Tard dans la soirée, Harry se réveilla en sursaut lorsqu'un rire grave et puissant résonna dans le salon. C'est en voulant tourner la tête pour voir d'où provenait le rire qu'il s'aperçut qu'il ressentait une douleur aigüe au niveau des cervicales. Il mit plusieurs minutes avant d'arriver à tourner la tête sans gêne. Il se massa doucement la nuque, l'esprit embrumé par son sommeil profond. La télévision diffusait une émission humoristique de bas étage en deuxième partie de soirée et les rires gras des spectateurs et des invités résonnaient dans toute la pièce.
Harry roula sur le dos, et tâtonna à la recherche de la télécommande. Il la trouva enfoncée entre deux coussins du canapé et l'agita en direction de la télévision afin d'en baisser le son. Puis il se laissa retomber sur le canapé avec un long soupir et fixa le plafond d'un regard éteint.
Draco n'était pas dans la pièce, il pouvait le sentir d'instinct. Néanmoins, c'est avec soulagement qu'il remarqua que le sentiment de manque ne se faisait plus sentir. Il se sentait bien, mieux que depuis des jours, c'était certain. Il ne ressentait plus le besoin exigeant d'être auprès du vampire, et de le savoir près de lui. Harry avait pleinement conscience que son soudain bien être résultait de la fermeture du lien avec Draco, la veille.
Il se massa les yeux puis, s'apercevant soudain qu'il avait faim, il se redressa et s'extirpa du canapé, non sans difficulté. Alors qu'il se levait, ses pieds s'emmêlèrent dans le plaid, il trébucha, vacilla et finit par s'écraser par terre avec un bruit sourd. Il sauva son nez in extremis en ayant le réflexe de lever les mains au niveau de son visage pour amortir sa chute. Sonné, Harry resta quelques secondes allongé par terre, les yeux fermés et le cœur battant à vive allure.
-Bon sang, Potter. Je peux savoir ce que tu fiches?
Harry ferma les yeux.
-A votre avis? Grogna-t-il. Ca a l'air de quoi?
Harry soupira et se redressa difficilement. Il s'assit sur le sol et libéra ses jambes du plaid enroulé autour d'elles. Il le jeta sur le canapé avec humeur avant de se masser les poignets.
-Ca a l'air de toi te vautrant lamentablement sur le sol, commenta narquoisement Draco.
Harry maugréa dans sa barbe inexistante et se releva avec le peu de dignité qui lui restait. Sans jeter un regard au vampire appuyé négligemment contre le montant de la porte, il disparut dans la cuisine à la recherche de quelque chose à grignoter. Ce qui ne manquait pas. Il attrapa dans le frigo le reste de tarte à la mélasse de midi, et se servit un verre de jus de citrouille avant de retourner dans le salon.
Harry s'affala sur le canapé, l'assiette sur les genoux et but d'un trait son jus de citrouille. Il jeta un coup d'œil au vampire impassible sur le pas de la porte, qui n'avait pas bougé d'un pouce. Draco avait les bras croisés et l'expression placide, et il le fixait sans ciller. Harry tenta de faire abstraction du regard intense posé sur lui et grignota sa tarte. Au bout de quelques secondes, les nerfs mis à rude épreuve, il avala sa dernière bouchée de tarte et lança:
-Je suis navré de vous avoir interrompu dans ce que vous faisiez, mais vous pouvez y retourner, maintenant.
Draco haussa un sourcil mais ne bougea pas. Harry se détourna de lui et grignota sa tarte, renfrogné. Il détestait de plus en plus cette habitude qu'avait Draco de l'observer sans cesse, de le dévorer du regard. Il se sentait mis à nu sous ce regard intense, et se faisait l'impression d'être une friandise particulièrement appétissante. Ce qu'il était certainement pour le vampire.
-Je n'ai pas oublié votre comportement de la semaine passée, dit-il soudain quand le silence devint particulièrement insupportable.
-C'est un message codé que je suis censé déchiffrer?
Harry soupira. Il ramassa les miettes qui étaient tombées sur le canapé.
-Vous avez refusé de m'aider. Pour les Horcruxes. Ce n'est pas parce que...parce qu'il s'est passé quelque chose entre nous hier que j'ai oublié comment vous me traitez.
-Et je te traite comment?
Harry haussa les sourcils face à cette question jetée à la volée.
-Mal, grogna-t-il.
Harry attendit puis, s'apercevant que Draco se contentait de le fixer de son air impassible, il s'exclama:
-Vous plaisantez? Ou vous ne vous rendez réellement pas compte de la façon avec laquelle vous me traitez?
Draco se redressa soudain et s'approcha du canapé de son pas souple de prédateur. Harry déglutit difficilement en le regardant approcher avec appréhension. Pour se donner contenance, il engloutit une bonne part de tarte, sans quitter Draco des yeux.
Le vampire se posta devant Harry et s'empara de l'assiette posée sur ses genoux. Il la déposa en équilibre précaire sur l'accoudoir du canapé et, fixant Harry droit dans les yeux, il vint s'installer à cheval sur ses jambes. Le jeune homme fut obligé de lever la tête pour ne pas le quitter des yeux. Draco posa ses mains sur les épaules de son calice et les fit glisser jusqu'à la base de son cou. L'un de ses doigts vint jouer avec les deux marques au niveau de la jugulaire, les griffant légèrement. Harry haleta et rejeta la tête en arrière en frissonnant. Draco se pencha en avant, posant son front contre celui de son calice et murmura:
-J'avais pourtant l'impression que tu appréciais la façon dont je te traite.
Son souffle brûlant s'écrasa contre le visage de Draco et le vampire prit une profonde et brusque inspiration, s'imprégnant de l'odeur exquise de son calice comme il en avait pris l'habitude.
Il passa une main dans ses cheveux, les ramenant en arrière et dégageant son front, où la cicatrice en forme d'éclair trônait fièrement.
-Je crois qu'on ne parle pas de la même chose, murmura Harry.
Draco sourit. Il frotta son front contre celui de Harry, son souffle frais effleurant son visage.
-C'est certain, soupira-t-il, un sourire en coin collé aux lèvres.
Draco passa sa main dans le dos de Harry et le suréleva légèrement pour coller leurs deux corps. Harry cessa de respirer tandis que leurs deux torses se rencontraient. D'une certaine façon, leurs deux fronts collés l'un contre l'autre étaient quelque chose de plus intime encore. Draco traça des lignes imaginaires sur le torse de Harry à travers son pull épais.
-Nous sommes pleinement liés, maintenant, susurra-t-il. Je peux faire ce que je veux de toi, car tu es pleinement mien, désormais.
Harry cilla, s'arrachant pour quelques dixièmes de secondes au regard intense du vampire.
-Vous l'avez déjà dit. Et vous faisiez déjà ce que vous vouliez de moi.
Draco laissa échapper un léger rire amusé.
-J'aime cette idée, ricana-t-il doucement. Je fais ce que je veux de mon calice soumis.
Harry grogna. Si le ton du vampire n'avait été aussi taquin, il l'aurait certainement très mal pris. Ses prunelles vertes s'attardèrent sur les canines apparentes du vampire et il s'en détourna précipitamment en sentant le rouge lui monter aux joues. Regarder les canines du vampire était le meilleur moyen de se remémorer ce qu'elles lui faisaient ressentir quand elles déchiraient la peau tendre de son cou. Et penser à la morsure le mettait dans un état proche de l'excitation, ce qu'il voulait à tout prix éviter, notamment lorsque Draco se trouvait si près de lui. Collé à lui.
C'était une position très intime. Harry se sentait totalement coupé du monde extérieur, en sécurité dans l'étreinte de Draco. Plus rien n'existait que lui, ses prunelles grises, ses mains dans son dos, ses mèches blondes qui effleuraient son visage, son front contre le sien. La guerre aurait pu éclater à l'extérieur de ses murs que cela aurait été le dernier soucis de Harry. Seul Draco comptait.
-Dans vos rêves, je serai soumis, grommela-t-il.
Le vampire sourit de plus belle. C'était un sourire vrai et sincère, pas un sourire en coin narquois. Il semblait rayonner, comme si le contact prolongé avec son calice, juste après la fermeture du lien, l'avait transformé.
-En parlant de rêve, j'en ai fait un particulièrement exquis cette nuit.
-C'est ça qui vous met de si bonne humeur?
Draco leva les yeux au ciel.
-Bien sûr, quelle question. Je ne plaisante pas, quand je dis que c'était exquis. Tu es exquis, Harry.
Comme pour prouver ces dires, il pencha la tête sur le côté et vint embrasser les deux marques rouges qui ornaient le cou de Harry. Le calice frissonna, mais ne dit rien.
-Exquis et précieux.
Harry tendit le cou, désireux. Il aimait entendre Draco lui affirmer à quel point il était précieux pour lui. C'était réconfortant, en un sens. Savoir que Draco était si dépendant de lui était rassurant. Etre précieux aux yeux de quelqu'un, fut-ce un vampire, était quelque chose de nouveau pour Harry.
-Moi ou mon sang? Demanda-t-il dans un murmure.
La réponse ne se fit pas attendre.
-Les deux.
Draco fit une pause, et Harry le sentit esquisser un sourire dans son cou.
-Ton sang, corrigea-t-il. Jamais je ne m'en lasserai. Jamais.
Harry ne dit rien, alors qu'une étrange boule enflait dans sa gorge. Il se tortilla pour essayer d'échapper à la prise du vampire, sans succès. Draco pesait lourd sur ses jambes, sa présence était imposante et dominatrice. Il suçait avidement la peau de son cou, ses lèvres aussi exigeantes que ses mains qui tenaient toujours fermement son dos.
Harry se demanda une fois de plus quel âge pouvait bien avoir Draco. Combien d'années, de décennies, de siècles, avait-il erré, seul, libre, indépendant, sans limites, sur terre, avant d'être brusquement lié pour le reste de l'éternité à un humain de seize ans, plein de besoins, d'états d'âme et de contraintes? Parfois, Harry se rendait compte à quel point il était un fardeau pour Draco. Mais il se rappelait alors à quel point Draco était lui même un fardeau pour lui, et son sentiment de culpabilité disparaissait rapidement.
-Est-ce que je suis devenu immortel, comme vous? Souffla Harry.
Draco releva la tête. Il observa Harry avec son intensité habituelle, et le jeune homme baissa le visage devant cet examen minutieux. Les mains du vampire relâchèrent son dos et Harry, libéré, s'appuya contre le dossier du canapé, mettant un peu de distance entre le corps du vampire et le sien.
-Es-tu assez avisé pour saisir la différence entre être immortel et rester éternellement jeune?
Harry fronça les sourcils. Ses mains vinrent saisir la ficelle de son épais pull over et il la tritura nerveusement. Il aurait aimé que l'esprit vif d'Hermione soit là. Draco esquissa un sourire amusé.
-Un être immortel est une personne qui échappe à la mort, et qui par conséquent reste vivant pour une période indéfinie, voire éternelle. Le temps n'a pas d'emprise sur celui qui est immortel. Il ne peut mourir ni de vieillesse, ni de maladie, ni de faiblesse ou de blessure. Toi, Harry, tu n'es pas immortel. Tu restes un humain fragile, que n'importe quelle maladie peut faucher, et n'importe quelle blessure tuer. Tu as simplement cessé de vieillir.
Harry médita cette réponse, impassible. En quelque sorte, savoir qu'il n'était pas immortel, comme pouvaient l'être Draco, ou Voldemort, le rassurait. Depuis qu'il avait appris l'immortalité de Voldemort, et la façon odieuse dont il l'avait atteinte, il associait l'immortalité à quelque chose d'ignoble et d'inhumain. Malgré tous les changements qui s'étaient opérés dans sa vie ces dernières semaines, Harry était heureux d'apprendre qu'il restait et resterait lui même. Paradoxalement, il était évident qu'un calice ne puisse mourir de vieillesse. C'aurait été condamné le vampire qui était lié à lui dès le début de leur relation.
-Comment...Comment ça marche? Comment est-il possible que j'arrête de vieillir, comme ça, du jour au lendemain?
Draco se pencha à nouveau vers lui. Il expira devant le visage de Harry, et le souffle frais du vampire le fit frissonner.
-Le venin du vampire est un poison très puissant, pour les humains. Si l'humain mordu ne meurt pas d'anémie, le venin s'insinue dans son système et le transforme, très douloureusement, en vampire. Pour le calice, en revanche, comme tu as pu le remarquer, il est curatif. Et soigne, notamment, la vue. Il empêche également le vieillissement des cellules.
Les doigts du vampire se glissèrent dans son cou, et il caressa presque amoureusement les deux marques de ses canines. Harry leva son visage vers lui et se rendit compte que le vampire le fixait. Il plongea dans ses pupilles anthracites, sans appréhension ni méfiance. Draco semblait obsédé par lui. Il passait son temps à le regarder, observant chacun de ses faits et gestes avec cette intensité qui le caractérisait, et sans jamais s'en lasser. Il profitait de chaque occasion pour se rapprocher de lui, le toucher, le sentir. Harry était également certain qu'il occupait le centre des pensées du vampire, à chaque heure de la journée.
-Seize ans pour l'éternité, soupira Harry.
C'était effrayant. L'angoisse l'aurait probablement gagné rapidement s'il n'avait pas été hypnotisé par les pupilles étrangement apaisantes du vampire.
-Ton corps devrait continuer à se développer, néanmoins, indiqua calmement Draco. Au moins jusqu'à ta majorité. C'est du moins ce qu'expliquait l'un des livres sur les calices que j'ai pris la peine de lire. Mais il y a quelques incertitudes.
Draco marqua une pause, semblant hésiter. Il fixa Harry pendant quelques secondes, songeur, puis ajouta:
-Néanmoins, dans ces livres, le terme calice est souvent utilisé à tord. Les calices, les vrais, sont rares, et encore plus quand ils sont aussi jeunes.
Etre jeune semblait être un défaut dans la bouche du vampire. Harry se demanda si Draco aurait préféré être coincé pour l'éternité avec un homme plus mature, plutôt qu'avec un adolescent agaçant.
-La plupart du temps, ce que ces livres entendent par calice, ne sont que des humains dont un vampire s'est accoquiné, par amour, par solitude, égoïsme ou goût de leur sang.
Draco se leva soudain. Sa main caressa une dernière fois le cou sensible de Harry avant de disparaître. Il s'éloigna, sous le regard scrutateur de son calice, et s'installa avec élégance dans son fauteuil.
-C'est à dire? Interrogea Harry.
-C'est à dire qu'il n'y a pas vraiment de lien entre eux, ni de dépendance. Le vampire peut accepter un autre sang que celui de son calice, car aucun lien ne les contraints et ils peuvent s'éloigner l'un de l'autre avec bien plus de facilité. Plus important, leur relation peut être rompue s'il arrête de boire le sang du calice. C'est une relation très courante, mais qui ne dure en général pas plus de quelques décennies. Les vampires sont très...Volages. Et ils se lassent très vite. La stabilité, c'est ennuyant. Ces humains là, qu'on appelle calices, à défaut, ne sont en règle générale que des distractions pour les vampires.
Il fit une pause, pensif, puis ajouta:
-Un calice, un vrai, qui rend son vampire totalement dépendant, au point qu'il mourra sans son sang, est extrêmement rare. Je crois n'en avoir jamais rencontré. Ou si j'en ai eu l'occasion, je n'y ai probablement pas prêté attention car, comme je te l'ai déjà dit, ils sont considérés comme une véritable malédiction.
Harry fronça les sourcils. Il se remémora, non sans un rougissement, leur union de la veille, le plaisir qu'ils ressentaient lors de la morsure, et la véritable obsession de Draco pour tout ce qui touchait à lui: son sang, son odeur, son corps.
-Rien n'est plus contraignant qu'un calice, ajouta Draco, comme s'il suivait le cours de ses pensées. Un humain. Tous ces besoins, ces contraintes, ces sentiments. En plus de me contraindre à être lié à toi, à devenir totalement et irrémédiablement dépendant de toi, je suis obligé de me plier à tous tes besoins. Il faut que tu manges, boives, dormes, et que tu es un cadre de vie décent pour rester en bonne santé. Il n'est plus question de liberté. Il y a juste toi, humain et fragile, dont je dois prendre soin.
-Je peux prendre soin de moi même, rétorqua Harry, irrité.
Draco esquissa un léger sourire, guère amusé.
-Avant de revenir en Angleterre, j'étais en Alaska. Depuis six ans. Je n'avais plus parlé à personne depuis des années. Les seuls humains que j'ai rencontré, sont ceux dont je me suis nourris. Il n'y avait rien, là bas. Juste un vide infini autour de moi, un silence presque oppressant, une immensité libératrice. Pas de contraintes, pas de limites. Une liberté totale.
-Vous auriez du y rester. En Alaska.
-Je sais.
Ils échangèrent un regard ennuyé. Harry savait que Draco disait la vérité, qu'il regrettait réellement d'être revenu. Néanmoins, il commençait à entre-apercevoir les pensées du vampire. Celles qui le poussait à tellement le détester.
Ils restèrent silencieux quelques secondes puis, n'y tenant plus, Harry demanda:
-Vous avez déjà eu un calice?
Draco se contenta d'ouvrir son journal et de disparaître derrière, faisant mine de ne pas avoir entendu la question de son calice. Harry ne lui laissa cependant pas le temps d'entamer sa lecture. Les lèvres pincées, il demanda:
-Quel âge avez-vous?
Draco ne répondit rien. Harry fixa les pages grises du journal. Comment était-il censé supporter un vampire pour l'éternité?
-Qu'est-ce que ça fait, de savoir qu'on ne mourra jamais?
Les yeux du vampire apparurent au dessus de son journal. Il évalua Harry d'un regard calculateur.
-Qu'est-ce que ça te fait, toi?
Harry haussa les sourcils et réfléchit à la question avec sérieux. Que ressentait-il maintenant qu'il savait qu'il ne vieillirait plus jamais? Qu'il resterait un adolescent de seize, dix sept ans, pour l'éternité? Harry ne savait pas avec exactitude. Il ne ressentait ni jubilation, ni excitation ou impatience. Ses sentiments étaient en réalité plus proche de l'angoisse. Il pensait à ses amis, Ron et Hermione, qu'il verrait grandir, se marier, avoir des enfants, vieillir. Vivre tout simplement, alors que lui resterait coincé avec pour seule compagnie un vampire acariâtre et grincheux. Mais un vampire dont il était irrémédiablement dépendant, et dont la présence à ses côtés lui était vitale.
-C'est angoissant, dit-il, même s'il savait que Draco n'avait pas besoin de réponse car il sentait son angoisse à travers le lien.
-Qu'est-ce qui est angoissant? De savoir que tu ne vieilliras plus ou que tu resteras coincé avec moi pour l'éternité.
Harry haussa les épaules, surpris que Draco lise si bien en lui.
-Les deux. Vous êtes si...Ennuyant. Dans tous les sens du terme.
Draco ne dit rien. Harry se mordit les lèvres, ses pensées prenant soudain une tournure toute autre. Il avait appris l'année précédente que toute sa vie n'avait mené qu'à son combat avec Voldemort. Il n'y avait rien d'autre que de tuer ou d'être tué. Mais désormais, il semblait que les choses avaient changé. Draco semblait lui avait offert une troisième option. S'enfuir, s'échapper, loin de tout, là où Voldemort ne pourrait jamais l'atteindre. Il n'y avait plus d'échéance. Il pouvait envisager de vivre, sans être devenu un assassin.
-L'immortalité deviendra un fardeau, Harry, quand tu atteindras mon âge. Elle est longue, ennuyante, redondante. Tout évolue autour de moi, sauf moi. J'ai depuis longtemps perdu la notion du temps. La seule chose qui pouvait encore me satisfaire, c'était la chasse et, le goût du sang. Désormais, évidemment, tout a changé.
-Pourtant, tout le monde rêve d'être immortel. Voldemort a passé...
Draco se leva d'un bond, et Harry sursauta si violemment que son verre vide tomba au sol et se brisa en mille morceaux. Il y jeta un regard abasourdi avant de lever les yeux vers le vampire, suspicieux.
-Que...
Il y eut trois craquements secs sur le palier de l'appartement. Moins d'une seconde plus tard, la lourde porte de l'appartement, qui gardait Harry prisonnier depuis si longtemps, vola en éclat avec un bruit assourdissant. Des débris de bois et d'acier giclèrent dans tous les sens tandis qu'un nuage de fumée se soulevait dans l'air. Trois silhouettes encapuchonnées pénétrèrent dans l'appartement, baguettes brandies.
Harry se leva d'un bond et plongea sa main dans la poche arrière de son jean, qui était vide. Trois sortilèges jaillirent des baguettes des Mangemorts et Harry plongea au sol. Mais déjà, Draco était devant lui, s'avançant sans hésiter face aux trois Mangemorts. Il évita adroitement les trois sortilèges qui s'écrasèrent contre le mur du salon, réduisant en pièce l'immense miroir au dessus de la cheminée et noircissant la tapisserie d'époque.
Harry leva la tête, juste à temps pour voir Draco saisir à la gorge le plus proche des Mangemorts. Il le tira brutalement à lui, et lui brisa la nuque d'un mouvement sec et précis. Le Mangemort s'écroula au sol, son corps inerte s'écrasant au pied du vampire avec un bruit mat. Sa baguette roula sur le sol et atterrit juste devant Harry.
Sans hésiter, il tendit le bras et s'empara du bout de bois. Une chaleur diffuse parcourut sa main alors qu'il tenait pour la première fois depuis un mois une baguette entre ses doigts. Il ne prit cependant pas le temps de l'examiner. Se retournant vivement sur le dos, il vit Draco éviter un nouveau sortilège et se précipiter sur l'un des deux Mangemorts restant.
-Potter? S'exclama le troisième Mangemort, le plus trapu de tous.
Il brandissait sa baguette en direction de Harry. Harry ne pouvait voir son visage à travers son masque, mais il devinait ses yeux écarquillés de stupeur.
Harry leva précipitamment sa baguette et s'exclama:
-Stupefix!
Le sortilège heurta le Mangemort en pleine poitrine et il s'écroula sur le sol en même temps que son complice. Le silence revint dans l'appartement, assourdissant. Des volutes de poussière voletaient autour d'eux, et la tapisserie du salon fumait légèrement.
Harry resta figé sur place, à moitié allongé sur le sol, le souffle court et le cœur battant à vive allure sous l'effet de l'adrénaline. La baguette toujours brandie devant lui, il fixait sans ciller le Mangemort allongé à ses pieds.
Tout s'était passé en moins d'une minute. Des images embrouillées dansaient devant les yeux de Harry tandis qu'il tentait de contrôler sa respiration effrénée. Il avait connu des situations périlleuses dans sa vie, mais voir un vampire rompre le cou à deux Mangemorts était quelque chose de totalement inédit, et choquant. Il craignait déjà Draco, d'une certaine manière, mais le voir tuer aussi nonchalamment rendait le vampire encore plus effrayant. Harry avait tendance à oublier que Draco était une créature dangereuse et imprévisible, et il venait de le lui rappelait en quelques secondes.
Draco apparut devant lui, aussi calme et impassible qu'à l'ordinaire. Il ne respirait pas et il évalua froidement l'expression choquée de son calice. Il s'agenouilla patiemment devant lui et, délicatement, lui prit la baguette des mains.
-Ca va Harry? Tu es blessé?
Harry cligna des yeux, et fixa son attention sur le vampire qui le regardait attentivement. Ils se regardèrent sans ciller, tous deux retenant leurs respirations. Puis Draco leva la main et essuya le sang qui coulait sur la joue de Harry. Comme s'il ne pouvait s'en empêcher, il porta son doigt à sa bouche et suça le sang avec délectation. Puis, voyant que Harry ne réagissait toujours pas, il attrapa son menton et lui souleva la tête, l'examinant sous tous les angles.
-Tu es blessé? Répéta-t-il.
Harry secoua la tête, ses mouvements arrêtés par la main de Draco qui tenait fermement son menton. Harry ne savait pas si c'était un effet de son imagination, mais il avait l'impression que Draco était plus effrayant qu'à l'ordinaire. Plus sauvage. Il le dévisagea attentivement, cherchant sur son visage quelque chose de différent, mais rien ne semblait avoir changé.
-Alors pourquoi ne te relèves-tu pas?
Draco s'empara fermement des bras de Harry et, d'un geste souple et assuré, il remit son calice sur ses pieds. Il se pencha prestement en avant et lécha la blessure sur sa joue afin qu'elle se referme, faisant tressaillir Harry. Son geste sembla le faire revenir à lui. Alors que Draco se redressait, leurs regards se croisèrent, et Harry murmura:
-Je vous avais prévenu.
Draco fronça les sourcils. Il passa doucement sa main le long du torse de Harry, comme pour évaluer s'il était réellement blessé ou non.
-A propos de quoi? Demanda-t-il.
-Il ne cessera jamais de me traquer. Pas tant qu'il ne sera pas mort.
.
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Un peu d'action! Enfin?
Alors, que va faire Draco, maintenant qu'il a eu la preuve de ce que Harry ne cessait de lui répéter? L'exiler à l'autre bout du monde? Il vient de se rendre compte que son calice n'est pas en sécurité, même enfermé dans cet appartement... Dure réalité.
Vous avez aimé la conversation entre Harry et Draco qui n'a pas, pour une fois!, tourné à la dispute? (ils n'en ont pas eu le temps ;) Draco se livre un peu, vous avez aimé?
On se retrouve la semaine prochaine, sans faute!
Biz!
