Bonjour!

Je suis ravie que le dernier chapitre vous ait plu! Je reçois de plus en plus de review, et je vous en remercie!

Merci notamment à ceux qui laissent des review anonymes, et que je ne peux pas remercier personnellement: kisis, Sélènè, Tenshi, ankana87, clptre, Tsuki, chloe, nepheria4, Choupy!

Ce chapitre est le dernier de la première partie. Profitez-en bien!

.

.

Chapitre 19

La vérité est souvent éclipsée, mais jamais éteinte.

.

Il était midi, et Draco était appuyé contre un réverbère, les bras croisés sur son torse musclé. Malgré la distance, ses yeux vifs sautaient d'une maison à une autre, examinant l'anomalie étrange dans la numérotation des maisons de la placette.

Prêt de la délimitation entre la maison portant le numéro 11, et celle arborant le numéro 13, trois hommes habillés en noir se tenaient là, immobiles et silencieux, attendant visiblement quelque chose. Leurs trois regards étaient tournés vers la démarcation entre les deux maisons, inconscients du vampire qui les observait de loin.

Au bout d'une dizaine de minutes d'immobilité la plus totale, et lorsqu'un jeune moldu passa devant lui en le regardant avec des yeux écarquillés, Draco finit par se redresser et quitta les lieux.

.

Harry était couché de tout son long sur le lit, les bras en croix et l'air morose. Il fixait le plafond à la peinture écaillée sans réellement le voir. Le soleil brillait fortement et ses rayons agressifs pénétraient la chambre par la véranda hermétiquement close, réchauffant agréablement la pièce. Il grignotait un biscuit sec, tentant d'apaiser un peu sa faim insatiable.

Le silence dans l'appartement commençait doucement à l'angoisser. Il aurait aimé se lever, au moins pour allumer la télévision, mais n'en trouvait pas la force.

Aucuns bruits ne lui parvenaient de l'extérieur, mais il imaginait sans peine l'animation sur la place en contrebat, les enfants jouant au soleil, les parents buvant un verre à la terrasse d'un café. Il se sentait coupé de cette réalité là, à des années lumières de ces moldus insouciants et libres.

-Draco? Appela-t-il.

Il guetta une réponse, un grognement, ou un bruit qui trahisse la présence du vampire dans l'appartement. Mais rien ne vint. Après quelques secondes, il finit par accepter le fait qu'il était bel et bien seul. L'idée que Draco vagabonde librement à l'extérieur pendant qu'il était lui même enfermé dans cet appartement lugubre faisait enfler en lui un sentiment d'injustice puissant. Draco n'avait jamais pris en compte ses sentiments, et Harry ne s'était pas attendu à ce que cet état de fait change maintenant qu'ils étaient pleinement liés.

Il aurait néanmoins apprécié que Draco fasse preuve d'un peu plus de commisération à son égard. Un vampire n'était-il pas sensé se soucier de ce que ressentait son calice? Surtout quand le dit calice ne ressentait qu'apitoiement, désespoir et ennui?

-Vous pourriez m'avertir quand vous sortez, grogna-t-il à la pièce déserte. C'est la moindre des choses.

Il se massa doucement les tempes. L'absence du vampire lui était bien moins insupportable qu'elle ne l'aurait été six jours auparavant, avant qu'ils ne complètent le lien. Le bien être qui emplissait son corps entier depuis ce jour là ne l'avait plus quitté. Il s'était même renforcé lors de dernière morsure, la veille. Harry se sentait si bien qu'il lui arrivait régulièrement de plonger dans une somnolence doucereuse, où il était tout simplement comblé.

Harry se redressa soudain. Il se leva et fit quelques pas jusqu'à la fenêtre. Il observa le monde extérieur durant de longues minutes, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon, et se faisant l'impression d'être un prisonnier.

Harry se sentait bien en la présence du vampire, et n'escomptait pas la fuir. Il avait compris qu'il avait besoin de Draco pour se sentir bien, pour respirer, pour vivre. Il avait besoin de savoir Draco près de lui pour pouvoir dormir. Il avait besoin de lui pour se sentir en paix. Harry avait pris conscience d'à quel point il était dépendant de Draco, notamment depuis qu'il se savait pleinement et irrévocablement lié à Draco.

Harry passa dans le salon, et se posta à nouveau devant la fenêtre. Les enfants criaient sur la place en contrebat, le sourire aux lèvres. Il se retourna, agacé par ce spectacle. Il scruta le salon, son canapé défoncé sur lequel il avait tant dormi, la table bancale où il avait dévoré tant de repas. Le mur du fond était marqué des impacts des sortilèges lancés par les Mangemorts. La tapisserie pendait lamentablement et il ne restait du miroir qu'un cadre doré.

Même avec toute la volonté du monde, il ne pouvait se résoudre à passer plus de temps loin de ses amis. Il avait besoin d'eux, et ils comptaient sur lui. Il ne pouvait leur léguer la mission que Dumbledore lui avait confiée. Cette mission était son fardeau, la Prophétie le nommait lui et non Ron, ni Hermione. L'irruption des Mangemorts, après qu'il ait prononcé le nom tabou de Voldemort, lui avait rappelé qu'une guerre se préparait toujours à l'extérieur de ses murs, pendant qu'il restait cloîtré dans cet appartement.

Harry s'avança vers le buffet qui se tenait près de la fenêtre. Il en ouvrit le tiroir et s'empara de sa baguette. Une douce chaleur monta du bout de bois et se répandit dans sa main. Il la fixa durant quelques secondes, heureux de la retrouver vraiment. Il fit quelques mouvements du poignet, et quelques étincelles jaillirent de l'extrémité de la baguette. Harry sourit. Sans hésiter plus longtemps, il fit volte face et marcha jusqu'à l'entrée de l'appartement. Draco avait fait réparer la lourde porte instantanément, pendant que Harry dormait. Il déverrouilla les trois verrous sans grande difficulté, et la porte pivota sans résistance. Surpris mais heureux, Harry sortit de l'appartement, et referma la porte derrière lui.

Draco pouvait bien aller au diable. Harry ne se faisait aucun soucis pour lui, il le retrouverait sans grande difficulté. Il craignait plus sa réaction, mais si son plan se déroulait correctement, elle resterait mesurée.

.

Draco se laissa tomber avec élégance dans le fauteuil le plus proche de la fenêtre, sans un mot. Il se pencha en avant pour saisir le paquet de cigarettes qui reposait sur la table et en alluma une qu'il porta aussitôt à ses lèvres. Le visage fin et les yeux verts s'estompèrent vaguement face à la fumée qui envahit son cerveau, mais l'image vive de son calice se reconstitua avec précision devant ses yeux presque aussitôt.

-Alors, Draco. Tu es occupé, en ce moment?

Draco leva les yeux vers Joey qui le fixait depuis l'autre côté de la pièce.

-Très, répondit-il en portant à nouveau la cigarette à ses lèvres.

-C'est ce que nous avions remarqué. Tu nous semblais très avide de te joindre à cette guerre, mais finalement, nous ne te voyons pas beaucoup.

Draco expira lentement sa fumée, plissant les yeux pour échapper aux deux yeux verts qui dansaient dans sa tête. Il croisa les jambes, et lissa son pantalon d'un geste agacé.

-Mes priorités ont récemment changé.

-Vraiment? Interrogea Lionel.

-Je le crains, oui, soupira-t-il, ennuyé.

Ses trois compagnons l'observèrent intensément, mais il n'ajouta rien. La présence de Harry dans sa vie lui semblait être le secret le plus intime qu'il ait eu de toute son existence. Harry lui appartenait, mais surtout, il faisait entièrement parti de lui, et il voulait le garder juste pour lui, comme un secret précieusement caché par jalousie. Par ailleurs, et bien que les vampires avaient pour éthique de ne jamais s'en prendre aux calices, Draco ne voulaient pas révéler l'existence du sien. Un peu par pudeur. Un peu par jalousie. Un peu par possession. Harry était à lui, et il ne comptait pas le partager.

-Quelles sont les nouvelles? Demanda-t-il.

-Tu joues? Interrogea soudain Louis qui battait les cartes avec une vitesse hors du commun.

Draco se redressa légèrement pour tâter ses poches à la recherche de quelque chose à parier. Il trouva une liasse de billets dans la poche intérieure de sa veste. Il en lissa quelques uns, songeur, avant de les jeter négligemment sur la table tandis que Louis commençait à distribuer le jeu.

-Nous chassons les nés-moldus, désormais, raconta Joey. C'est chasse ouverte, comme disent les Mangemorts.

Louis esquissa un sourire.

-Le fait que leur sang est immonde est une légende.

Draco ne dit rien. Il examina son jeu, impassible. Il se sentait extérieur à toute idée de chasse, désormais. Tout ceci ne le concernait plus, ni de près, ni de loin. L'idée qu'un sang autre que celui de son calice soit exquis lui semblait risible.

-Bien sûr, que c'est une légende, renchérit Joey. Je n'ai jamais senti de différence entre un moldu et un sorcier. Alors entre un sorcier né-moldu et un sorcier de sang pur...

Il y eut quelques grognements appréciateurs. Au dessus d'eux, l'ampoule nue qui pendait du plafond s'éteignit avant de se rallumer, mais aucun d'eux ne le remarqua. Draco observait son jeu sans ciller, tandis que Louis jetait négligemment l'une de ses cartes sur la table.

-C'est une montre que je vois à ton poignet?

Draco releva la tête. Tous les regards étaient posés sur la montre accrochée à son poignet, neuve et brillante.

-Oui, répondit-il nonchalamment. Quel est le problème?

-Depuis quand portes-tu une montre?

-Quel intérêt?

Le silence retomba dans la pièce, calculateur. Draco avait un mauvais jeu, et il dut sacrifier quelques une de ses cartes. Joey avait soif, il le voyait aux tics nerveux qui agitaient sa bouche, à ses dents qui venaient mordre sa lèvre inférieure. Ses lèvres étaient pâles comme la mort, et ressortait à peine sur son visage tout aussi pâle. Tous les trois arboraient néanmoins la même expression ennuyée alors qu'ils fixaient chacun un point différent de la pièce.

Au bout de quelques secondes d'un silence total, Lionel reprit leur conversation initiale:

-Le Seigneur des Ténèbres compte annihiler toute résistance d'ici la fin de l'année.

-Pourquoi attendre? Interrogea Draco.

-Parce que l'Ordre du Phénix, depuis la disparition de Potter, se terre au fond de son trou. Il est pour l'instant impossible à ses Mangemorts de leur mettre la main dessus.

Louis remporta la première manche. Draco grogna pour la forme, avant de jeter de nouveaux billets sur la table.

-Est-ce que cela signifie que la guerre ne t'intéresse plus? Demanda finalement Lionel. Tu vas repartir?

Draco prit le temps de prendre une longue inspiration, faisant rougeoyer le bout de sa cigarette.

-Potter a disparu, dit-il. Il pourrait tout aussi bien être mort. Hors, Potter mort, cela signifie que la guerre est sur le point de finir. Il n'y a plus grand intérêt, dans ce cas.

-Même si la guerre est finie, le règne à venir du Seigneur des Ténèbres promet d'être intéressant, fit remarquer Joey. Si j'étais toi, je ne m'éloignerai pas trop de l'Angleterre.

Draco ne dit rien. Avec un calice s'appelant Harry Potter, il semblait que l'ennui ne serait plus un problème pour lui. Harry était un garçon imprévisible et indépendant, capable de lui tenir tête et d'apporter à son éternité un semblant de vie et d'action, peu importe où ils se trouveraient. Il ne craignait donc plus cette partie là de l'éternité, même s'il redoutait encore l'idée de devoir charrier un adolescent taciturne dans son sillage. Mais un adolescent absolument exquis, ce qui compensait largement.

Quitter l'Angleterre semblait néanmoins être la meilleure solution, mais il savait d'avance que cette solution ne plairait pas à son calice. Harry ne lui pardonnerait pas de l'éloigner de ses amis et de son pays natal, du moins pas si tôt. Il devrait choisir entre garder son calice en sécurité, loin du danger qui le guettait, ou préserver son bonheur en le laissant près de ses amis. C'était ses propres intérêts, ou ceux de son calice.

-Yaxley pense que Potter n'est pas mort, affirma Joey en battant les cartes.

Draco échangea un regard impassible avec Lionel. L'autre vampire tira sur sa pipe, et Draco fit négligemment tomber les cendres de sa cigarette dans le cendrier posé sur l'accoudoir de son fauteuil.

-Beaucoup de gens pensent cela, rétorqua Louis. Il n'y a jamais eu d'enterrement. Juste un article dans le journal, un matin. Puis plus rien. Il est légitime de se poser des questions.

Il ramassa ses cartes et y jeta un coup d'œil furtif.

-Le Seigneur des Ténèbres n'a jamais officiellement prétendu avoir tué Potter, ajouta Joey.

-Peut être l'a-t-il fait exprès. Pour semer le doute, dit Draco. Mais cela n'a finalement que peu d'importance, de savoir si Potter est mort ou vivant, libre ou prisonnier. Ce qui importe, c'est que cette incertitude affaiblit l'Ordre du Phénix et l'espoir des populations. Le Seigneur des Ténèbres joue sur cette incertitude, et il l'exacerbe en laissant dans le doute ses propres Mangemorts.

-Admettons, approuva Lionel en inclinant légèrement la tête. Mais cela ne nous explique pas ce qui est réellement arrivé à Potter.

Draco esquissa un léger sourire en coin.

-Quant aux deux passions de l'incertitude, ce sont la peur et l'espérance, cita-t-il.

Joey éclata de rire.

-Salvatore Veca, dit-il. Ou Musset, qui dit que l'incertitude est de tous les tourments le plus difficile à supporter. Mais c'était bien choisi.

Draco inclina la tête, son sourire en coin toujours en place. Il tira sur sa cigarette en fixant Joey, qui ricanait toujours.

-Qu'as-tu fait après avoir mordu Potter? Interrogea soudain Lionel.

Le sourire de Draco disparut. Il écrasa son mégot dans le cendrier, l'air songeur.

-Je l'ai laissé là où il était, et je suis parti. Pour vous retrouver.

Lionel hocha la tête.

-Il était mort?

Draco leva les yeux au ciel. L'image de Harry étendu de tout son long sur le lit, à moitié nu, et portant la marque de ses morsures flotta dans son esprit. Le manque de son calice enfla brusquement en lui. Il eut envie d'enfouir son nez dans son cou, et de s'imprégner de son odeur divine.

-Qu'est-ce que ça peut faire? Ce que je sais, c'est que je l'ai mordu, que son sang était exquis, puis je suis parti. Il a pu se passer des tas de choses, après mon départ.

Son ton sec et agacé coupa court à la conversation.

-Quoiqu'il en soit, dit Louis, Potter a disparu. Et s'il n'est pas mort, il réapparaîtra bien un jour. L'avenir nous dira ce qu'il est réellement advenu de lui.

Draco secoua légèrement la tête.

-Il nous le dira, oui, approuva-t-il.

.

Hermione était assise dans la sombre cuisine du Square Grimmault, attablée devant une tasse de thé brûlante. Le journal du jour était posé sur la table devant elle, ouvert sur un article intitulé "Effraction au Ministère". Sans quitter le journal des yeux, elle porta la tasse près de sa bouche, souffla dessus avant de goûter du bout des lèvres le liquide brûlant.

L'article était simple et concis, et ne dépassait pas une page. Il était clair qu'on avait essayé d'étouffer l'affaire. Il y était dit que la veille, dans l'après midi, deux personnes étaient entrées par effraction au Ministère. Elles y avaient semé une vraie pagaille et avaient aidé une vingtaine de nés-moldus à s'échapper des griffes de la Commission d'Enregistrement des Nés-Moldus. L'article ne précisait pas ce qui était arrivé aux deux semeurs de trouble, mais Hermione ne s'en étonnait pas.

La jeune femme tourna avec nonchalance la page, et examina attentivement les différents articles. Elle avait remarqué que la plupart des articles qui pourraient être intéressants pour les membres de l'Ordre se trouvaient en général coincés entre deux publicités, invisibles aux yeux des lecteurs lambdas de la Gazette. Elle s'arrêta à contrecœur à la rubrique nécrologie, et éplucha les différents noms qui se trouvaient là, retenant son souffle. Elle n'expira que quand elle arriva à la fin de la liste sans qu'aucun nom ne lui ait sauté douloureusement aux yeux.

Hermione s'était résignée à ce que plus aucun article ne paraisse sur Harry. Après le numéro du douze août, qui avait fait grand bruit en proclamant la mort du Survivant, le silence qui avait suivi avait tout autant offensé la population. Cette mort avait été si soudaine, si inattendue, qu'ils avaient espéré en vain des nouvelles tous les jours dans les journaux. Mais rien. Harry semblait être bel et bien mort et son nom oublié de toute presse écrite du jour au lendemain. Evidemment, personne n'osait poser de questions dérangeantes, et la mort de leur héros restait un mystère insondable.

Hermione sirota son thé du bout des lèvres, se brûlant la langue au passage. Elle tourna une nouvelle page, et survola des yeux un article qui exposait les Nés-Moldus ne s'étant pas encore présentés à la Commission. Son nom figurait au niveau des noms commençant par G. Agacée, elle tourna la page un peu sèchement.

Ron entra soudain dans la cuisine, l'air penaud et les bras ballants. Il jeta un coup d'œil à Hermione et au journal qu'elle lisait et alla dénicher au fond d'un placard un paquet de gâteaux secs. Il l'ouvrit, renifla prudemment avant d'en attraper un, de le fourrer dans sa bouche et revint s'asseoir en face d'Hermione.

-Qu'est-ce qu'il raconte encore comme imbécillités, ce torchon? Grogna-t-il.

-Il raconte que deux intrus ont pénétré le Ministère pour y semer le chaos et faire évader un groupe de criminels.

Ils échangèrent un regard sombre.

-On s'en fiche de ce que pense ces simulacres de Mangemorts, râla Ron. Au moins, nous avons l'Horcruxe. Mais bon, ce n'est pas comme si nous avions de toute façon le moindre début de piste quant à savoir où se trouvent les autres. Et comment détruire celui là.

Il réfléchit quelques secondes, mâchonnant son gâteau, puis ajouta:

-Peut être devrions-nous demander de l'aide aux membres de l'Ordre.

-Ron, Dumbledore...

-Je sais ce qu'a dit Dumbledore, coupa sèchement Ron. Mais il est mort, maintenant, et il ne nous a laissé absolument aucun indice! Comment sommes-nous censés trouver les Horcruxes de Tu-Sais-Qui sans l'aide de personne! Il a surement oublié que nous n'étions que des étudiants même pas diplômés.

-Peut être a-t-il donné des indices à Harry, tenta Hermione.

-Oui, et Harry est mort, lui aussi, sans nous donner aucun indice, si tant est qu'il en ait eu un jour, ce qui ne nous avance pas plus!

-Ron! S'écria Hermione, les larmes lui montant instantanément aux yeux. Comment peux-tu dire une chose pareille?

Ron croisa les bras sur son torse. Il s'assit sur le plan de travail de la cuisine, face à Hermione, et tira un nouveau biscuit du paquet.

-S'il n'est pas mort, il nous a lâchement abandonné, dit-il fermement. Et je ne sais franchement pas ce qui peut être le pire.

Hermione étouffa un cri et renversa un peu de son thé sur la table. Elle l'essuya précipitamment, la main tremblante.

-Je n'arrive pas à croire que tu oses dire une chose pareille! C'est immonde! Harry...Harry a passé sa vie à combattre Tu-Sais-Qui, il a appris l'an dernier qu'une Prophétie régissait sa vie depuis avant même sa naissance. A sa place, comment aurais-tu réagi?

-Je n'aurais certainement pas abandonné mes amis, répliqua Ron. Excuse-moi d'avoir quelques griefs contre lui! Regarde-nous! Seuls, perdus, en train de chercher des objets dont on ne sait ni à quoi ils ressemblent, ni où ils se trouvent, ni comment les détruire! Il y a bien un jour où il va falloir admettre que nous avons besoin d'aide! Et les membres de l'Ordre seraient largement capables de nous aider.

Hermione resta silencieuse, le regard fixé sur son thé. Elle réfléchit quelques secondes, indécise.

-Nous avons récupéré le vrai médaillon, Ron. C'est un début.

-Bien sûr. Et nous sommes aussi proches de le détruire que de trouver tous les autres. Il faut se rendre à l'évidence, Hermione. On a besoin d'aide. Sans Harry, on est coincé.

Ils échangèrent un long regard. Tout paraissait plus différent. Ils se sentaient plus seuls, et se décourageaient plus vite. Harry n'avait jamais été officiellement le leader de leur groupe, pourtant il semblait que sans lui, ils étaient perdus, et ne savaient plus quelle direction prendre. Leurs situations était d'autant plus difficile à supporter qu'ils étaient livrés à eux même, et aux prises avec une mission presque impossible à réaliser.

Harry avait toujours était le plus fort, le plus résolu à accomplir ce pour quoi ils se battaient. Tout n'aurait peut être pas été plus facile, mais ils se seraient certainement sentis moins abandonnés.

Le plus difficile, évidemment, c'était l'incertitude. Ne pas savoir ce qui était arrivé à Harry, pourquoi il avait disparu aussi abruptement, était un poids immense sur leurs épaules. La rancœur, l'angoisse, le désespoir, la colère, la peur, l'incompréhension se succédaient dans leurs têtes, les rendant plus aigris chaque jour qui passait. Contrairement à ce que Hermione avait d'abord pensé, l'absence de Harry ne les avait pas rapprochés, mais les avait au contraire éloignés. Ils envisageaient les choses de façon bien trop différente pour s'entendre convenablement.

-Que fait-on, maintenant, Hermione? Murmura Ron.

-Je ne sais pas, dit-elle. Il y a tellement d'endroits où pourraient se trouver les Horcruxes. Comme sommes-nous censés les trouver?

-Peut être devrions-nous partir, suggéra doucement Ron.

Hermione laissa échapper un son proche de l'hystérie.

-Ne soit pas stupide, Ron. Partir pour aller où? Nous sommes en sécurité ici. Ce serait idiot de partir. Nous nous ferions attraper à coup sûr. Je suis sur toutes les listes de Nés-Moldus recherchés! Et toi! Toute sa famille est connue pour être des traîtres à leur sang, et tu es supposé souffrir de Dragoncelle. Ce serait trop dangereux. Pourquoi risquer de se mettre en danger alors qu'on peut être en sécurité ici?

-Mais ce n'est pas en restant ici que nous trouverons les Horcruxes! Je suis persuadé que l'Ordre pourrait nous aider. Où est le mal à leur en parler?

-Ron, je...

Soudain, la sonnette de la porte d'entrée retentit dans toute la maison. Le portait de madame Black se mit instantanément à hurler des insultes, sa voix résonnant fortement dans le hall d'entrée. Hermione se précipita, brandit sa baguette en direction du portrait et les rideaux se refermèrent avec un claquement sec, étouffant les hurlements insupportables.

-C'est Remus? Demanda Ron qui l'avait suivi dans le hall, baguette en main.

-Il avait dit qu'il repasserait, répondit Hermione en jetant un coup d'œil à l'horloge.

Ron déglutit difficilement. Sa prise sur sa baguette se resserra, et il la dirigea vers la lourde porte qui marquait l'entrée de l'ancien Quartier général.

-Tu crois qu'il a lu l'article? Demanda-t-il, son visage tordu d'appréhension.

-Certainement. Mais rien ne dit qu'il ait fait le lien avec nous. Peut être veut-il simplement nous en parler. Ou peut être a-t-il eu des nouvelles de Harry?

Hermione lui jeta un regard incertain, mais Ron avait le visage totalement fermé. Il secoua la tête fermement.

-Ou alors, il s'agit de mes parents, dit-il.

Hermione ne dit rien, l'expression circonspecte. Elle sursauta violemment lorsque la sonnette retentit pour la deuxième fois, plus insistante. La baguette levée, elle s'approcha encore de la porte, prête à déverrouiller les nombreuses serrures.

-Attends, dit Ron en s'approchant. Je vais le faire.

Hermione lui jeta un regard exaspéré mais le laissa néanmoins passer devant elle. Ron leva sa baguette, défit les nombreux verrous et fit doucement pivoter la lourde porte. Tous deux se penchèrent en avant, retenant leurs souffles.

Sur le perron, se tenait un jeune homme soigneusement habillé, à l'air impatient, baguette en main et yeux avisés. Il balayait la place du regard, attentif au moindre mouvement, prêt à se défendre au moindre bruit. Lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir, il pivota rapidement sur ses talons et son regard vert se posa aussitôt sur ses deux meilleurs amis alors qu'un sourire resplendissant illuminait son visage.

-Salut!

.

.

Haa c'est terrible! J'en ai conscience, au moins. Mais ça vous a plu quand même? Contents que Harry rentre au bercail?

Sur ce finit la première partie de cette fic. Je publierai la deuxième partie dans un délai de...Disons...Sept jours ;)

Merci d'avoir lu!

Biz