Bonjour tout le monde!

Avant tout, je vous souhaite à tous une excellente année 2014! Plein de bonnes choses, bonheur, santé, réussite, amour et tout le tralala! Bref, tout ce que vous voulez ;)

Pour ma part, j'espère continuer à poster aussi régulièrement encore longtemps. J'aime le rendez-vous du samedi! Je vous annonce qu'il y a encore beaucoup de chapitres à venir (je ne sais pas exactement combien, mais encore pas mal) et j'espère que vous les aimerez tous!

Place aux remerciements, comme toujours: Choupy, Nikkie, Tsuki, Sélènè, merci d'avoir pris le temps de laisser une review, comme toujours!

Je tiens à remercier aussi ma superbe bêta, Marmel, que je ne remercie décidemment pas assez! Merci de corriger mes chapitres aussi vite, et aussi bien!

C'était des retrouvailles plutôt difficiles pour Harry, je l'avoue. Mais je ne pouvais pas imaginer des effusions de joie et des larmes de bonheur alors que Ron et Hermione en ont quand même bavé sans lui, et qu'ils l'ont cru mort. Mais ça ne veut pas dire qu'ils ne sont pas contents de le revoir!

Ce dernier chapitre vous a laissé sur votre faim, alors sans plus attendre, voici Harry qui crache !enfin! le morceau!

Enjoy!

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Chapitre 21

La vérité ne gagne pas toujours à montrer son visage

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-C'est compliqué? Répéta Ron, perplexe. Alors explique-nous.

Son ton ferme ressemblait à un ordre, et Harry lui jeta un regard. Ses mains tremblaient. Le mot vampire n'arrivait pas à sortir de sa bouche, malgré tous ses efforts. Inconsciemment, ses doigts vinrent caresser les deux marques rouges qu'il savait être sur son cou, cachées par le col haut de son pull en laine. Il les griffa légèrement, les yeux dans le vague, et ce simple geste suffit à le rassurer, un peu comme si Draco était à ses côtés.

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Harry se racla la gorge, nerveux comme jamais. Il frotta ses mains l'une contre l'autre, et évita les regards intenses de ses deux amis posés sur lui. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine.

-J'étais dans le parc, près de Privet Drive, murmura-t-il en fixant un point invisible au dessus de la cheminée. C'était le soir, et je profitais des dernières minutes de calme avant de retourner chez les Dursley.

Hermione ouvrit la bouche, mais Harry ne lui laissa pas le temps de dire quoique ce soit.

-J'avais pris ma baguette et crois-moi, j'étais prêt à m'en servir, même si je n'étais pas encore majeur.

-Ce n'était quand même pas très prudent, Harry. Les Mangemorts...

Harry haussa la voix pour couper la parole à Hermione. Il aurait préféré être attaqué par des Mangemorts, contre lesquels il aurait eu plus de chance de se défendre et se débarrasser, que par un vampire invincible. Avec les Mangemorts, au moins, il ne risquait pas de finir éternellement et irrévocablement liés à l'un d'eux.

-Dudley et sa bande sont passés par là et nous nous sommes battus, pour des raisons idiotes, comme d'habitude.

Harry soupira, se remémorant ses derniers instants avant l'irruption de Draco dans sa vie. C'était finalement son gros cousin moldu, Dudley, qui avait causé sa perte.

-J'ai saigné, dit-il.

Ron arborait une expression totalement perplexe. Il semblait se demander où Harry voulait en venir, et si son cousin moldu pouvait réellement être à l'origine de sa disparition de cinq semaines. Harry s'humidifia les lèvres, cherchant ses mots patiemment. Sa bouche était sèche, et il n'avait plus été aussi stressé depuis longtemps.

-Il...Il est arrivé sans que je m'en aperçoive. Je saignais, et c'est ce qu'il l'a attiré.

Il jeta un coup d'œil à Hermione. Celle-ci donnait l'impression d'avoir mordu dans un citron particulièrement acide. Harry connaissait bien sa perspicacité d'esprit, et le regard qu'ils échangèrent lui confirma qu'elle n'avait rien perdu de sa vivacité. Elle se racla la gorge, soudain mal à l'aise.

-Tu as été attaqué par un... un vampire?

Harry hocha imperceptiblement la tête, espérant que son geste échapperait à ses deux amis. Il se rappela de cette première soirée, plus d'un mois auparavant, où Draco l'avait attaqué. Il eut du mal à se remémorer la douleur qui lui avait transpercé le cou et le corps entier lorsque ses canines s'étaient plantées dans sa gorge. Désormais, cette douleur lui semblait faire partie d'un autre monde, totalement différent. Que la morsure du vampire ait un jour pu lui être douloureuse lui semblait totalement impossible et irréaliste.

A nouveau, il se massa doucement l'endroit de la morsure, soudain intimidé.

Hermione et Ron l'observèrent silencieusement durant ce qui lui parut être une éternité. Ron avait les yeux écarquillés, et les oreilles rouges face au choc de la nouvelle. Il dévisagea Harry comme si c'était la première fois qu'il le voyait, avec une intensité qui mit le jeune homme mal à l'aise. Il releva le col de son pull jusque sous son menton, dissimulant les marques aux yeux de tous.

Harry ne voulait surtout pas savoir ce qu'imaginaient ses deux amis à ce moment là. La honte le rongeait rien qu'à l'idée de tout ce que Draco lui avait fait subir, et il se promit de ne jamais en toucher mots à Ron et Hermione. Ils n'avaient en aucun cas besoin de savoir les détails.

-Je ne comprends pas, murmura Hermione, les sourcils froncés.

Harry se tourna vers elle, surpris. Il lui jeta un regard interrogateur.

-Tu ne...Tu ne comprends pas quoi? Demanda-t-il, se demandant où Hermione voulait en venir.

-Si tu as été attaqué par un vampire...Comment as-tu pu t'échapper?

Harry fut pris au dépourvu pendant quelques secondes. Il regarda fixement Hermione, perdu, avant de comprendre le sens de la question de son amie. L'idée que Draco ait pu le tuer, cette nuit-là, ne lui avait pas effleuré l'esprit. Pas une seule seconde. Il ouvrit la bouche pour lui répondre, mais elle le devança:

-Harry...Est-ce que tu es devenu un vampire?

Harry écarquilla les yeux, de plus en plus surpris. Il n'avait pas non plus envisagé cette possibilité là, et se demanda brièvement s'il serait réellement devenu un vampire si les choses avaient tourné différemment.

-Non, répondit-il calmement, l'esprit ailleurs. Non, je ne suis pas un vampire.

Hermione parut soulagée, mais continua à le dévisager intensément. Harry se passa inconsciemment une main sur le visage, s'attendant presque à sentir deux crocs sortir d'entre ses lèvres. Aurait-il préféré être transformé en vampire, plutôt que de devenir le calice de l'un d'eux? Harry n'en savait rien, mais il savait qu'il aimait se sentir protégé par quelqu'un d'aussi puissant qu'un vampire. Draco le faisait se sentir en sécurité, et c'était quelque chose qu'il appréciait énormément.

-Que s'est-il passé dans ce cas? Insista Ron, qui arborait toujours une expression sombre et impassible. Il ne t'a pas mordu?

Harry rougit instantanément, sous les regards ébahis de ses deux amis.

-Si, il l'a fait, chuchota-t-il.

Il n'ajouta rien, plus rouge que jamais. C'était l'un des moments les plus embarrassants de sa vie. Face à son soudain silence, Hermione se leva en soupirant. Elle ramassa les tasses vides des deux garçons, ainsi que la sienne, et les posa dans l'évier. Elle fit ensuite quelques pas dans la cuisine silencieuse, les bras croisés sur sa poitrine, l'air sévère. Harry baissa la tête, et n'osa pas la regarder. Finalement, elle vint se planter devant lui, sourcils froncés. Il finit par relever la tête, incertain.

-Harry. As-tu conscience que tu as disparu depuis cinq semaines? L'Ordre entier est à ta recherche! Et la plupart d'entre eux sont morts d'angoisse à l'idée de ce qui a pu t'arriver. Ils pensent que Tu-Sais-Qui t'a tué, Harry! Est-ce que tu te rends compte dans quel état est Madame Weasley? Remus? Hagrid? Maugrey? Ginny? Harry, tu es officiellement mort.

-Je sais! S'exclama Harry. Je suis au courant.

-Et c'est tout ce que ça te fait? Répliqua Ron. Tu...

-Mais je n'y peux rien, coupa Harry, agacé. Tu crois que je n'ai pas été enragé quand j'ai appris ce qu'il avait fait? Je l'ai haï comme je n'ai haï personne! Mais je ne pouvais rien faire. Rien du tout! J'étais totalement impuissant et j'ai passé tout un mois à subir ses décisions idiotes!

-Qui est "il"? Demanda Ron.

Harry se leva d'un bond. Il repoussa sa chaise, furibond, et fit quelques pas dans la petite cuisine. Il comprenait les reproches d'Hermione, mais les trouvait injustes. Il n'avait jamais voulu tout ça, et n'avait jamais demandé à Draco d'être excessivement protecteur envers lui. Harry tourna en rond durant quelques secondes, le cœur battant la chamade, et indécis quant à ce qu'il devait faire, ou dire.

-Il m'a mordu, expliqua-t-il finalement, rapidement. Ca faisait si mal, j'ai cru que j'allais mourir. Tout mon corps était en feu, et il buvait mon sang sans s'arrêter. Je me suis évanoui puis, quand j'ai repris conscience, quelques heures plus tard, il m'avait amené dans un appartement, dans Londres. Il m'a gardé enfermé là pendant des jours. Il ne voulait pas que je sorte, ni que je vous écrive, et ce n'est pas faute de l'avoir supplié. C'est lui qui a fait croire que j'étais mort.

Il y eut un long silence, pesant. Harry fit quelques pas dans la cuisine, sans oser croiser le regard de ses amis. Ses quelques phrases, lâchées vivement dans le silence de la cuisine, l'avaient essoufflé. Ses jambes, molles et tremblantes, avaient du mal à le soutenir.

-Mais pourquoi a-t-il fait ça? Interrogea soudain Hermione.

Harry se détourna précipitamment. En plus de cette gêne qu'il avait à avouer la vérité à ses amis, la honte enflait aussi dans sa poitrine. Il avait honte qu'Hermione, qui savait toujours tout, comprenne à quel point il était devenu dépendant d'un vampire, à quel point il adorait être mordu par lui. Il ne voulait pas qu'elle devine qu'ils dormaient ensemble depuis quelques semaines, et qu'il faisait des cauchemars quand ce n'était pas le cas. Il ne voulait pas qu'elle découvre qu'il n'avait à cet instant qu'une envie, et que c'était de le rejoindre.

Le mot calice lui semblait être un mot affreux, inhumain, honteux. Il n'avait jamais réellement réfléchi à ce que ça lui faisait d'être un calice, mais à cet instant, ça lui semblait être le pire des vices. Il n'avait aucune idée de comment pouvaient être considérés les calices dans le monde sorcier. Mais avec tous les préjugés qu'avaient les sorciers, il se doutait qu'être le garde manger personnel d'un être aussi vil et abject qu'un vampire ne devait pas être considéré comme la meilleure des conditions. Il n'avait lui même jamais entendu parler de calices avant d'en devenir un lui même, et il se doutait que les calices devaient être des êtres mystérieux, qui fascinaient, certes, mais dont on ne s'approchait pas, par peur de la créature à laquelle ils étaient rattachés.

Harry n'avait jamais connu la normalité dans sa vie. Il avait toujours été considéré comme un héros, un garçon extraordinaire. Si sa condition de calice venait à le mettre soudain à la marge de la société, rejeté de tous, avec pour seule compagnie Draco, il n'était pas sûr de le supporter. L'idée que même Ron et Hermione puissent le rejeter l'angoissait énormément.

-Harry, insista Hermione, plus fermement. Pourquoi?

-Pour me protéger, affirma Harry. Il cherche à me protéger, parce que je suis son calice.

Le dernier mot résonna longuement dans la cuisine silencieuse. Il sembla flotter dans l'air, tout autour d'eux, à l'infini. Il eut plus de signification aux yeux de Harry que jamais. Il lui sembla qu'il l'enfermait dans un rôle qu'il n'avait pas voulu, et qu'il n'acceptait pas.

Harry aurait voulu effacer les dernières semaines, faire en sorte qu'elles n'aient jamais existées. Il aurait voulu que ce mot n'ait pas plus de signification pour lui qu'il n'en avait avant le début des vacances. Dans cette cuisine morose, face aux regards scrutateurs et épouvantés de ses amis, il se sentait jugé. Etre un calice lui semblait soudain être quelque chose d'innommable, proche d'un monstre ou d'une abomination. Il se sentait souillé, rejeté, jugé, et n'avait plus qu'une seule envie: celle de disparaître, ne serait-ce que pour pouvoir se soustraire aux regards horrifiés de Ron et de Hermione. Harry avait beau avoir anticipé leurs réactions, il n'en restait pas moins que c'était douloureux.

Harry n'osa pas relever la tête. Il se fit le plus petit possible sur sa chaise, mal à l'aise comme jamais, et se faisant l'impression d'attendre le jugement dernier. Le regard que Ron posait sur lui était celui de quelqu'un qui ne savait absolument pas comment réagir, et qui avait du mal à assimiler l'information. Hermione, elle, avait les sourcils froncés, et se balançait sur ses pieds, près de la chaise sur laquelle Ron était assis. Harry se demanda si elle faisait une liste mentale de tout ce qu'elle savait sur les calices, et cette idée le mit encore plus mal à l'aise.

Il ne voulait surtout pas qu'Hermione sache tout ce qu'impliquait être un calice.

-Un calice, répéta-t-elle d'une voix éteinte. Il a fait de toi son calice.

-Ce n'est pas quelque chose qu'il a choisi. Il ne pouvait pas savoir, avant de me mordre, que je serai son calice. S'il avait pu savoir, crois-moi, il se serait abstenu.

Harry se fit l'impression de défendre le vampire, et Ron et Hermione semblèrent avoir la même impression car ils pincèrent les lèvres dans un geste simultané.

-Tu es devenu le calice d'un vampire, répéta encore Hermione.

-Oui, approuva Harry, que cette simple phrase commençait à agacer.

Le mot calice tournait en boucle dans sa tête, et il se sentait nauséeux. Avouer à Ron et Hermione sa nouvelle condition était une prise de conscience énorme. Il était un calice et ce, pour l'éternité.

-C'est pour cela que tu as disparu? Parce qu'il t'a gardé enfermé pendant tout ce temps?

-Oui.

-C'est lui qui t'a fait passer pour mort?

-Oui.

-Et tout cela pour te protéger?

Harry approuva à nouveau. Il se demanda vaguement s'ils comprenaient le comportement du vampire, ou si l'idée qu'il ait voulu le protéger leur paraissait risible. Harry inspira profondément, et se détourna pour leur faire face à nouveau. Il observa avec appréhension leurs visages fermés, anxieux à l'idée de ce qui allait se passer maintenant.

-Je sais que tout cela paraît démesuré, mais je vous assure que c'est la vérité. Je suis lié à un vampire, que je le veuille ou non, et rien de ce que je pourrais faire n'y changera quelque chose.

-C'est un lien irréversible, murmura Hermione. Pour les vrais calices, en tout cas.

Harry ne fut pas surpris qu'elle en sache autant, et se contenta d'approuver de la tête. Ron se pencha en avant.

-Vrais calices, répéta-t-il. Parce qu'il en existe de faux?

Hermione leva les yeux au ciel.

-Les vampires choisissent parfois de lier un humain à eux. Dans ce cas là, les deux sont consentants. Leur lien peut être rompu, quand le vampire se lasse en général. Mais si son calice meurt alors qu'ils sont encore liés, le vampire survit. Il est même arrivé qu'un vampire ait plusieurs calices en même temps.

-Pourquoi un humain voudrait être un calice? Demanda Ron, la bouche tordue en une grimace désabusée.

-Pour être protégé. Entretenu. Chéri. Immortel. Mais leur lien n'est pas aussi puissant que peut l'être le lien qui uni un vampire à son vrai calice. Dans ces cas là, ni le vampire, ni le calice ne choisissent d'être liés l'un à l'autre, expliqua-t-elle en coulant un regard en direction de Harry. Le lien les contraint. Ils sont réunis parce qu'ils se correspondent, en quelque sorte, un peu comme des âmes sœur. Les deux sont totalement dépendants l'un de l'autre, au point qu'ils ne peuvent se séparer plus de quelques heures. Plus important encore, le vampire est condamné à mourir de soif si son calice meurt.

Harry buvait les paroles de son amis. Draco lui avait déjà parlé de tout cela mais comme toujours, il avait été avare de détails.

-Alors, dit Ron. Harry est un vrai calice.

Hermione approuva. Elle fixait Harry, à présent, qui évita son regard du mieux qu'il put. Il se demanda combien Hermione savait de choses sur sa relation avec Draco. Si elle devinait combien il était devenu dépendant du vampire, et combien leur relation était intime.

-Est-ce qu'il boit ton sang? Demanda Ron, l'air très sérieux.

-C'est le principe, oui, approuva Harry, embarrassé face à cette question directe.

Ron ne pouvait pas le savoir, mais Harry associait la morsure à un acte très intime, presque sexuel. Pour lui, la question de son ami était très indiscrète. S'il lui avait demandé s'il faisait l'amour avec Draco, il n'aurait pas été plus indiscret.

Ron esquissa une grimace horrifiée, très explicite. Harry ouvrit la bouche pour le détromper mais, au dernier moment, se ravisa. Cela ne semblait pas être une bonne idée d'expliquer ce qu'il ressentait vraiment lors de la morsure. Il ne voulait en aucun cas choquer Ron, ou Hermione, et préférait se taire.

-Je suis censé lui donner mon sang gratuitement et, en échange, il doit me protéger, expliqua-t-il, l'air sombre. C'est le principe. Je crois.

-Hé bien, il semble qu'il ait pris son rôle très au sérieux, remarqua amèrement Ron.

Cette fois, Harry grimaça, mais ne put s'empêcher d'esquisser un sourire face à cette remarque d'une justesse implacable. Il hocha doucement la tête, vaguement amusé, puis croisa le regard sévère d'Hermione, et son sourire disparut instantanément.

-Un peu trop, approuva Harry.

-Un peu trop? Répéta Hermione. Harry, il est allé jusqu'à te séquestrer et te faire passer pour mort. Il n'y a pas plus excessif! Tu es en droit de porter plainte!

Les lèvres de Harry s'étirèrent en un sourire franc, avant qu'il n'éclate finalement de rire. Il rejeta la tête en arrière, son corps entier secoué par un rire qu'il ne pouvait refouler. Il lui sembla que toute la tension accumulée pendant toutes ces semaines se déversait soudain hors de lui par vagues. Harry rit jusqu'à ce que les larmes lui montent aux yeux. Puis il s'aperçut que Ron et Hermione, eux, ne riaient pas du tout, et son rire s'estompa peu à peu, jusqu'à ce que le silence revienne dans la petite cuisine.

Lorsque son rire se fut calmé, Harry prit brusquement conscience de son comportement, et des regards estomaqués de ses deux amis, et il se sentit mal à l'aise. Il sentit le besoin de s'expliquer, mais ne sut pas comment s'y prendre. Il n'avait pas envie d'expliquer combien Draco ressentait le besoin de le revendiquer comme sien, régulièrement. Il n'avait pas envie de partager le fait que Draco le considérait comme sa possession, et que l'idée même qu'il aille porter plainte contre le vampire était juste risible.

-Le calice appartient au vampire, Hermione, il me l'a bien assez répété, expliqua-t-il néanmoins. Je n'ai aucun droit de porter plainte. Ca n'aurait vraiment aucune crédibilité. Ni légitimité.

Hermione le fixa si intensément que Harry se tortilla sur sa chaise, mal à l'aise.

-Encore faudrait-il que tu es envie de porter plainte.

Harry fronça les sourcils.

-Qu'est-ce que tu veux dire?

-Enfin Harry, il est évident que, en admettant que tu ais pu, tu n'as aucune envie de porter plainte. Tu le défends, et tu souris quand tu parles de lui. Qu'il t'ait séquestré et t'ait fait passer pour mort ne te fait ni chaud ni froid. C'est à peine si tu as conscience d'à quel point ce qui est arrivé est grave!

-Bien sûr que j'en ai conscience, se défendit Harry. Si tu crois que je n'ai pas eu le temps de cogiter sur tout cela pendant que j'étais enfermé dans ce fichu appartement à passer ma vie à manger et dormir, tu te trompes lourdement.

-Et à donner ton sang à un vampire, aussi.

Harry fit brusquement volte face pour se tourner vers Ron. Il le dévisagea quelques secondes sans rien dire, n'osant pas croire que son meilleur ami ait pu dire une telle chose.

-Tu crois que cette situation me plaît? Tu crois que j'ai demandé à devenir l'esclave d'un fichu vampire?

-Je dis seulement que pour quelqu'un qui a passé cinq semaines seul avec un vampire, tu n'as pas l'air très bouleversé, rétorqua Ron.

-J'aurais bien aimé t'y voir! Ce n'est pas toi qu'un vampire assoiffé a attaqué. Un vampire qui ne pense qu'à planter ses crocs dans ma gorge! Tu crois que ça m'amuse?

-Et tu crois que Hermione et moi on s'est amusés ces dernières semaines?

Harry se leva d'un bond. Il fit quelques pas dans la cuisine sombre, et se plaqua les mains sur le visage avec force. Il avait anticipé le fait que Ron et Hermione ne pourraient comprendre ce qu'il lui était arrivé. Il s'en voulait tellement de ne pas avoir été présent pour affronter tout ce par quoi ils étaient passés, il n'avait pas besoin que Ron remue le couteau dans la plaie. Mais qu'ils pensent qu'il n'avait fait que se cacher et se reposer ces dernières semaines, il ne pouvait pas l'accepter, même si c'était en partie vrai.

-Hé bien figure-toi que j'aurais préféré être attaqué par des Mangemorts. Au moins, on peut s'en défendre, et leur échapper. Tu as déjà essayé d'échapper à un vampire?

Harry se détourna de Ron, agacé. Il attrapa sa tasse vide et la remplit à nouveau du thé bouillant qui restait au fond de la bouilloire.

-Pourquoi tu es là, dans ce cas, si tu ne peux pas lui échapper?

Harry s'appuya contre le plan de travail, posa sa tasse derrière lui et croisa les bras sur son torse. Il inspira longuement par le nez, totalement irrité à présent, et dit:

-J'ai profité d'une de ses absences pour prendre ma baguette et partir.

Ron émit un bruit de la bouche clairement agacé.

-Et tu n'aurais pas pu le faire plus tôt? S'exclama-t-il.

Harry rougit instantanément et secoua précipitamment la tête. Il ne tenait absolument pas à expliquer ce qui avait changé entre eux entre le moment où il ne pouvait pas s'éloigner de Draco, et le moment où il le pouvait enfin. Pour éviter qu'ils n'approfondissent la question, Harry changea de sujet:

-Il y a une semaine, on a été attaqué par des Mangemorts. J'ai prononcé le nom de Vous-Savez-Qui, et ils sont apparus dans le salon. Ca lui a fait réaliser ce que j'essayais de lui faire comprendre depuis des semaines: que tant qu'il sera vivant, il n'aura de cesse de me pourchasser. Je ne serai pleinement en sécurité que quand il sera mort. Et pour le tuer, et accomplir la Prophétie, il faut retrouver ses Horcruxes. Je ne sais pas si...S'il pouvait nous aider, ce serait juste...

Harry ne termina pas sa phrase, ne trouvant pas de mots justes. Il ne savait pas ce que pensait Draco de sa situation, mais il espérait qu'il accepterait de l'aider, maintenant qu'il avait compris que le Seigneurs des Ténèbres devait être détruit. Il y eut un bref silence, puis Ron s'exclama:

-Tu lui as parlé des Horcruxes! Comment...

Il s'interrompit lorsque Harry rejeta soudain la tête en arrière en soufflant. Le jeune homme fixa le plafond avec lassitude et dit:

-Vous ne comprenez pas! Vous ne pouvez pas comprendre.

Harry se mordit la lèvre inférieure face aux regards interdits que lui renvoyèrent Ron et Hermione. Il lui semblait impossible de leur faire comprendre comment un vampire tyrannique et sadique ait pu devenir en quelques semaines à peine le centre de son monde.

-Ce n'est pas juste...Pas juste un vampire! C'est...mon vampire. Celui qui ne peut boire que mon sang et qui mourrait sans. Celui dont la morsure ne me fait pas souffrir. J'ai besoin de lui. Nous sommes liés. Ce n'est pas juste un vampire que j'ai croisé hier et qui disparaîtra de ma vie en quelques jours. Nous sommes liés l'un à l'autre. Pour toujours.

A présent, Ron et Hermione le fixaient d'un air si intense que cela le mit instantanément mal à l'aise. Il referma ses doigts gelés autour de sa tasse brûlante et plongea son regard dans le liquide brunâtre pour éviter de les affronter.

Personne ne pouvait décemment comprendre ce qu'on pouvait ressentir en étant lié à un vampire. Comment un humain pouvait-il ne serait-ce qu'envisager que la morsure d'un vampire soit plaisante? Les vampires étaient la métaphore même de l'horreur et de l'ignominie. Quel humain sain d'esprit pouvait affirmer vouloir être auprès d'une de ces viles créatures, sinon le calice de l'une d'elle?

-Pour toujours, répéta Hermione, à qui rien n'échappait. Est-ce que ça signifie que tu es...Immortel?

-Pas immortel, répondit Harry, légèrement embarrassé. Mais je ne vieillis plus.

Un pli soucieux était apparu sur le front de Ron. Harry se demanda s'il pensait à Voldemort.

-Mais Dumbledore avait dit que nous ne devions pas parler des Horcruxes à...Commença-t-il.

-Je sais ce que Dumbledore a dit! S'exclama Harry, de plus en plus agacé. Je le sais. Vous ne saisissez pas? Moi aussi, je pensais comme vous, il y a quelques semaines. J'étais obnubilé par les Horcruxes comme le voulait Dumbledore. Tout se résumait seulement à les trouver et les détruire afin de tuer Vous-Savez-Qui. Mais tout a changé, désormais.

-Changé, répéta Ron, les oreilles rouges. Rien n'a changé. Tu es immortel alors tu crois que tu vas pouvoir échapper à tout ça? Tu as oublié la Prophétie?

-Je ne suis pas immortel. Et je n'ai pas oublié la Prophétie! Répondit Harry, élevant la voix sans s'en apercevoir. Je n'ai pas oublié les Horcruxes, ni Tu-Sais-Qui, ni la Prophétie. Je dis juste que avant que tout cela n'arrive, il n'y avait que tout ça, justement. Je ne voyais pas plus loin parce pour moi, il n'y avait rien après. Tout s'arrêtait avec ce combat. Mais ce n'est plus le cas à présent.

-Et pourquoi? Tu crois que Tu-Sais-Qui s'est évaporé parce que tu as rencontré un vampire? Tu crois que ça change le fait qu'il veuille te tuer, qu'il s'est imposé au Ministère et que le monde magique est en train de tomber sous sa coupe?

Harry se lécha la lèvre inférieure. Ses mains autour de sa tasse tremblaient, et il sentait monter en lui cette colère désormais familière qu'il avait retenue tout au long de ces dernières semaines.

-Je n'ai pas dit ça, Ron, s'énerva-t-il. Je sais que Tu-Sais-Qui n'aura de cesse d'accomplir la Prophétie. Rien ne changera pour lui.

-Mais pour toi, ça a changé, c'est ça? Tu crois que ce vampire sera là pour te protéger? Pour prendre l'Avada à ta place? Pour tuer Tu-Sais-Qui à ta place? Ou alors tu comptes à nouveau fuir loin de tout ça en nous léguant lâchement la mission que Dumbledore t'a confié?

Harry se redressa d'un bond.

-Je t'ai déjà dit que je n'avais pas fui! Il me gardait enfermé. Tu as déjà essayé d'échapper à un vampire? Répéta-t-il, désireux de faire passer son message.

-Tu aurais pu t'enfuir plus tôt pour nous retrouver. Tu es un sorcier! Pourquoi avoir attendu tant de temps? A moins que tu n'en es pas vraiment eu envie.

Harry serra les poings. Il fit quelques pas dans la cuisine, pour essayer d'apaiser ses nerfs, en vain. Il se sentait pris au piège, incapable d'expliquer à Ron tout ce qu'il avait pu ressentir en un mois. Le sentiment de manque et de vide intense quand Draco s'éloignait. Ce besoin irrépressible d'être près de lui, jusque dans ses bras. La colère qu'il avait ressenti, plus contre lui même que contre le vampire, pour ne pas arriver à se libérer de la pression du lien. Le désespoir de ne pas pouvoir contacter ses amis. La peur de ne pas savoir ce qu'il leur arrivait. Mais en même temps la culpabilité de se sentir bien et à sa place loin d'eux, et près d'un inconnu. Personne ne pourrait jamais comprendre le besoin qu'il avait d'être près de Draco. L'incapacité d'exprimer toutes ses émotions faisaient enfler en lui une colère presque palpable. Il en voulait à Ron de ne pas le comprendre, alors même qu'il savait que son meilleur ami ne pouvait pas se mettre à sa place.

-Tu étais où quand les Mangemorts sont venus ruiner le mariage de mon frère? Quand ils nous ont attaqués dans ce café? Tu étais où pendant qu'Hermione et moi, on s'infiltrait au Ministère pour aller chercher ce fichu médaillon? Quand les nés-moldus se faisaient juger et envoyer à Azkaban? Quand les Détraqueurs nous on attaqués? Quand Yaxley nous a couru après? Hermione a effacé la mémoire de ses parents pour toi! Pour pouvoir te suivre. Je mets chaque jour ma famille entière en danger en te soutenant aussi ouvertement. Et toi? Tu disparais sans rien dire, tu ne donnes aucunes nouvelles, et tu reviens du jour au lendemain comme si de rien n'était? En prétendant qu'un vampire te gardait enfermé, pour ta sécurité?

-C'est la vérité! Tu crois que j'ai voulu tout ça? Tu crois que je ne l'ai pas supplié de me laisser partir? Je n'ai jamais dit que j'avais été heureux d'être séquestré! J'ai juste dit que la présence de Draco m'avait permis de voir les choses autrement. J'ai cru qu'il n'était là que pour ruiner ma vie entière. Mais en réalité, ce n'est pas vrai. Maintenant, j'arrive à voir au delà de Vous-Savez-Qui. J'arrive à me lever le matin en me disant que je vivrai. Que ma vie ne s'arrêtera pas à Vous-Savez-Qui.

-Ca n'a jamais été le cas, Harry, murmura Hermione.

Harry pivota brusquement vers elle, la faisant hausser les sourcils.

-Qui a sérieusement pensé que je pouvais survivre contre lui?

Aucun des deux ne répondit, et Harry leur en fut reconnaissant. Il se passa la main dans les cheveux, les rejetant en arrière avant qu'ils ne retombent en désordre autour de son visage.

-J'ai compris que...

Il s'interrompit, cherchant ses mots avec application.

-Que quoi, Harry? Demanda doucement Hermione.

-Que ce vampire était en réalité un atout. Je veux dire...Il n'y a rien de plus indestructible et puissant qu'un vampire. Un vampire qui ne cherche qu'à me protéger. Et s'il veut me protéger, il n'a d'autres choix que de nous aider à détruire les Horcruxes. Il nous protègera.

Harry mentait. En réalité, il était conscient que Draco ne protègerait personne d'autre que lui, quitte à laisser ses deux meilleurs amis en danger.

Hermione avait les sourcils froncés, et la même expression concentrée qu'elle arborait avant un examen.

-Mais Harry, ce...vampire peut nous protéger, mais il ne peut pas nous aider à les trouver. Nous n'avons aucune idée de ce que peuvent être les autres Horcruxes, ou d'où ils se trouvent.

Elle fit une pause, puis ajouta:

-A moins que Dumbledore t'ait...

-Je vous ai dit tout ce que je savais. Tout! Dumbledore ne m'a rien dit de plus que ce que vous savez.

Harry fit quelques pas dans la cuisine, sans but précis. Ses mains tremblaient, il avait froid, faim et cette fatigue familière, lourde et exigeante, commençait à envahir son être tout entier. Il avait envie de s'allonger, de dormir, de se réchauffer. Le trop plein d'émotions qui résultait de ses retrouvailles avec Ron et Hermione le rendait soudain malade. Il avait conscience que depuis qu'il était devenu un calice, son corps avait laissé beaucoup d'énergie durant les morsures, et qu'il était plus faible qu'avant, quelque soit l'heure de la journée. Là, dans l'ambiance feutrée de cette cuisine morose, envahie d'odeur de poussière et de renfermé, où le souvenir de son parrain était plus vivace que jamais, et sous les regards interdits de Ron et Hermione, Harry se sentait nauséeux, désespérément en manque de son vampire.

Ce manque familier, qu'il avait expérimenté plus d'une fois dans l'appartement où il avait été retenu prisonnier plus d'un mois, commençait à courir désagréablement sous sa peau, compressant douloureusement sa poitrine. Alors que Draco était habituellement partout, dans toutes ses pensées, autour de lui, contre lui, à porter de main, il avait brusquement disparu, le laissant seul et perdu. Harry se sentait stupide de réagir ainsi, comme un enfant qui ne pouvait survivre sans la présence rassurante de ses parents, mais il sentait que cette peur était ancrée en lui et faisait partie de sa nature de calice. Il avait eu tord de penser que Draco était le seul à être dépendant de l'autre. En réalité, il était tout aussi dépendant du vampire, mais dans un tout autre sens. Là où Draco était dépendant de son sang, lui était dépendant de sa présence à ses côtés.

Harry avait pensé que le bonheur de revoir ses amis éclipserait tout, y compris ce besoin irrépressible d'être près du vampire, d'avoir besoin de lui. Après tout, il avait tellement désiré revoir Ron et Hermione ces dernières semaines qu'il lui semblait inconcevable que maintenant qu'ils étaient enfin réunis, il ne pense qu'à se retrouver près de Draco. Pourtant, à cet instant, il aurait préféré se retrouver avec Draco que dans cette cuisine avec ses amis.

Plein de culpabilité, Harry attrapa son blouson posé sur le dossier de sa chaise et l'enfila d'un geste vif, remontant la fermeture éclair jusqu'au cou. Hermione et Ron le regardèrent faire sans rien dire, mais l'expression clairement perplexe. Le feu ronflait dans la cheminée, diffusant une chaleur agréable dans la pièce. Harry croisa les bras contre son torse, les défiant de faire un commentaire.

Il balaya la pièce du regard, s'attendant à tout moment à croiser le regard rassurant de Draco. Il avait envie d'y plonger dedans et de s'y perdre, d'oublier tous ses soucis et toutes ses peurs, et surtout d'effacer ce sentiment de manque qui broyait sa poitrine. Le sentiment de bien être et de sécurité qu'il avait appris à apprécier depuis un mois avaient totalement disparu, et il se rendait à présent compte à quel point ça avait été bon de se sentir pleinement protégé.

Il sentait la panique monter doucement en lui, alors que la peur envahissait tout son être. Il se tourna vivement vers la porte dans l'espoir d'apercevoir la silhouette immobile du vampire. Mais il était bel et bien seul, livré à lui même.

-Harry, tu vas bien? Demanda Hermione en s'approchant lentement de lui.

Il se força à se calmer, se trouvant totalement stupide. Comment avait-il pu devenir en l'espace de six semaines aussi dépendant d'une seule personne? Pourquoi devait-il paniquer à l'idée de se trouver seul avec ses deux meilleurs amis, en qui il avait totalement confiance? Etait-il devenu si dépendant de Draco qu'il ne pouvait plus se trouver seul dans une pièce avec d'autres personnes sans paniquer?

Il recula lorsque Hermione fit mine de vouloir lui poser la main sur l'épaule. Elle eut l'air perplexe, et il lui jeta un vague regard d'excuse.

-Pourquoi es-tu revenu? Demanda abruptement Ron. Pourquoi n'es-tu pas juste resté cacher avec ce vampire en attendant que nous fassions tout le travail?

-Ron! S'exclama Hermione en faisant brusquement volte face pour fusiller le jeune homme du regard.

La joie des retrouvailles était retombée aussi rapidement qu'elle était arrivée. Harry ne ressentait plus ni joie, ni soulagement à la vue de ses meilleurs amis. Maintenant que son besoin profond de les savoir vivants avait été assouvis, il se rendait compte qu'il ne voulait plus que retrouver Draco. Il avait l'impression de ne plus être à sa place autour de cette table, pas sans Draco à ses côtés en tout cas.

Harry fut horrifié de se rendre compte que la présence de Draco comptait désormais plus à ses yeux que la présences de ses amis. Durant son enfermement, il avait été si désespéré qu'il s'était accroché aux souvenirs de Ron et Hermione, mais maintenant qu'ils étaient en face de lui, il comprenait qu'il n'avait qu'essayé de ne pas penser au lien qui l'unissait à Draco.

Harry observa silencieusement Ron, puis Hermione. Puis il se leva doucement.

-Je...Je vais aller me coucher. Je suis fatigué.

Ron ouvrit la bouche, l'air furibond, mais Hermione lui jeta un regard noir et il ne dit rien. Harry tourna les talons et sortit de la cuisine sans un mot de plus. Il monta silencieusement les marches, jusqu'au premier étage. Là il entra dans la chambre qu'il avait l'habitude de partager avec Ron, lors de sa cinquième année. Le lit qu'occupait Ron était défait, et ses affaires trainaient un peu partout dans la pièce, en désordre. Harry s'arrêta sur le seuil, et observa le deuxième lit de la pièce, séparé de celui de Ron par une unique table de chevet.

Changeant soudain d'idée, il tourna les talons et monta au deuxième étage. Il ouvrit la première porte à gauche, celle qu'il savait être la chambre d'ami. La pièce était mal éclairée et poussiéreuse, mais il s'avança néanmoins jusqu'au lit, sur lequel il se laissa tomber mollement. Sans prendre la peine de se déshabiller ou même de se déchausser, il ferma les yeux et plongea presque instantanément dans un lourd sommeil.

.

.

Toujours là?

Alors, alors? Qu'avez-vous pensé de ce chapitre? Des réactions de Ron et Hermione? De celle de Harry?

Pas de panique! Draco revient, dans toute sa splendeur, dès le prochain chapitre! Comment imaginez-vous son grand retour? En fanfare? En colère? Tout en subtilité? Dominateur? Vengeur? Foudroyant? Mordant?

On se retrouve samedi prochain?

Bisous à tous, et merci de me lire avec autant de fidélité ;)

Je vous aime!