Bonjour tout le monde!

Ravie de vous retrouver pour ce nouveau chapitre dans lequel Draco revient, enfin! J'espère que son comportement ne vous décevra/choquera/horrifiera pas, même s'il n'y a pas de raison ;) Il reste égal à lui même, je pense, dominateur et possessif, en colère mais soucieux de ménager son calice indiscipliné.

C'est le chapitre le plus long que j'ai écrit! :)

Merci à tous ceux qui ont laissé des review anonymes, comme toujours: Choupy (Harry risque de se casser les dents s'il mort un vampire...dsl!), Guest (touché), Kisis (pour les deux review!), Lalala1995, Guest, Anna, Tsuki, Shinan, Sélènè. Merci à tous!

Bonne lecture à tous!

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Chapitre 22

La soumission désarme la colère

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Harry fut réveillé par des cris excités d'enfants. Dans son demi sommeil, il eut l'impression qu'ils se trouvaient dans sa chambre, et il grogna légèrement. Ses doigts se refermèrent sur les draps, et il enfonça son visage contre le matelas, inspirant profondément les draps imprégnés de son odeur.

Avant même d'émerger de ce brouillard désormais familier qui accompagnait ses réveils difficiles, il sut que Draco n'avait pas passé la nuit avec lui. Ses membres semblaient peser des tonnes, tout comme sa tête. Il se sentait fatigué, et n'attendait qu'une seule chose, se rendormir afin de profiter de quelques heures de sommeil supplémentaires. Il espérait se réveiller plus tard, confortablement calé dans les bras puissants du vampire, et parfaitement reposé.

A être resté trop longtemps couché de tout son long sur le ventre, il avait mal au dos et respirait difficilement. Néanmoins, il se sentait trop lourd pour bouger, et espérait encore que le sommeil le reprenne. Aussi garda-t-il les yeux résolument fermés, et il tenta de faire abstraction des cris et des rires des enfants qui jouaient sur la place en contrebas.

Harry soupira doucement, et l'une de ses mains vint dégager les mèches de cheveux qui lui chatouillaient le visage, avant de retomber lourdement sur le matelas.

-Comment se sont passées les retrouvailles?

Harry sursauta si violemment que tous ses muscles se contractèrent instantanément. Les restes de sommeil s'évanouirent instantanément, et il ouvrit brusquement les yeux. Il fut éblouis par la lumière ambiante, et plissa les yeux. Il releva précipitamment la tête, se redressant légèrement sur ses coudes. Son cœur battait avec frénésie dans sa poitrine.

-Putain, souffla-t-il.

Il leva les yeux vers Draco, mortifié. Le vampire était assis sur le lit, le dos appuyé contre son montant. Ses jambes étaient étendues devant lui avec nonchalance, de part et d'autre du corps allongé de son calice. Il portait un pull gris qui faisait ressortir le gris de ses yeux avec une intensité hors du commun. Harry était entendu de tout son long entre ses jambes, sa tête reposant entre ses cuisses. Lorsque Harry se redressa, il abaissa son journal, et posa sur lui un regard glacé avant de lâcher d'une voix glaciale:

-Langage.

Mais Harry en saisit à peine le sens. Son cœur battait si vite qu'il semblait vouloir s'échapper de sa poitrine. Il leva la tête, plongeant sans retenu dans les prunelles grises de Draco, et un soulagement intense s'empara de lui. Il n'avait pas eu conscience d'être aussi tendu, mais la vue du vampire se tenant près de lui le rassura. Tous les mauvais moments passés la veille, les retrouvailles ratées avec ses deux amis s'évanouirent instantanément.

Un sourire étira ses lèvres, alors que son cœur semblait devenir plus léger qu'une plume. Puis, il se souvint qu'il avait quitté l'appartement sans l'autorisation de Draco, la veille, et son sourire se fana. Il s'arracha au regard glacé qui le fixait et baissa les yeux, un poids immense tombant soudainement dans sa poitrine. Il pouvait sentir l'aura de colère qui émergeait du vampire par vague, même s'il demeurait aussi impassible qu'à l'ordinaire. Il devinait ses yeux implacables fixés sur lui, sans ciller.

Une vague inattendue de culpabilité monta en Harry. Il s'en voulut d'être parti, même si ça lui avait paru être une bonne idée. Mais les retrouvailles ratées avec Ron et Hermione lui donnaient envie de n'être jamais parti, et d'être resté confortablement et gentiment auprès du vampire. Draco n'avait certainement pas cherché longtemps pour deviner où il était parti, mais il avait certainement angoissé après avoir retrouvé l'appartement vide.

Harry savait que Draco ne lui ferait pas de mal. Mais sa colère froide et silencieuse, ainsi le ton glacial sur lequel il lui avait parlé, semblaient pires que tout, à cet instant. Il lui sembla que des heures s'écoulaient alors que le silence se prolongeait entre eux. Il fixait le matelas devant lui, retenant son souffle, attendant que le vampire esquisse un geste, ou dise quelque chose, n'importe quoi. Mais son immobilité était digne d'une statue de marbre.

-Je suis désolé, finit par murmurer Harry, lorsque ses nerfs furent sur le point de lâcher.

Draco resta silencieux quelques secondes, et Harry se sentit plus mal encore. La culpabilité enflait en lui, et il commençait à s'en vouloir de ressentir un tel sentiment. Il était retenu prisonnier depuis plus d'un mois, il était légitime qu'il pense à s'enfuir. Il l'aurait fait bien plus tôt, s'il avait été capable de s'éloigner de Draco plus loin que d'une pièce à une autre. Bien sûr, la réaction de Draco lui faisait peur, mais c'était le prix à payer pour pouvoir revoir ses amis.

-Je n'ai pas entendu, murmura soudain le vampire.

Harry déglutit. Sa voix mélodieuse résonnait agréablement à ses oreilles, et avait l'étrange pouvoir de le détendre et le rassurer. Pourtant, il se sentait si mal à cet instant, et la voix du vampire était si austère et autoritaire qu'il grimaça.

-Je suis désolé, Draco, répéta-t-il, un peu plus fort.

La poitrine du vampire, à quelques centimètres de ses yeux, était totalement immobile. Il l'imaginait glacée et dure, comme tout chez lui. Harry se tordit nerveusement les doigts. La distance que le vampire mettait entre eux, de part son attitude, lui devenait doucement insupportable. Partir loin de lui, se trouver loin de lui, tout cela avait été de véritables épreuves, même si ça n'avait duré que quelques heures. Pourtant, dès le moment où il était sorti de l'immeuble de l'appartement pour se rendre au Square Grimmault, il n'avait eu qu'une envie, le retrouver. Le savoir enfin si proche de lui, mais à la fois si distant était quelque chose de difficile à supporter.

-Je n'ai toujours pas entendu, répéta Draco, sa voix à peine plus forte qu'un murmure.

Harry avala difficilement sa salive, la gorge serrée. Il sentait une boule enfler dans sa gorge, et les larmes lui montaient aux yeux. Il détestait l'attitude du vampire, dominatrice et sévère. Il se faisait l'effet de n'être qu'un enfant, soumis à la colère de ses parents, et il haïssait cette idée.

Harry prit sur lui pour relever la tête, et croiser les prunelles grises insensibles.

-Je suis désolé d'être parti, Draco. Je vous promets que je ne le referai plus.

Harry cligna des yeux pour chasser les larmes qu'il sentait sur le point de couler. Son cœur battait la chamade, et il était certain que le vampire l'entendait. Il s'était rarement senti aussi mal face au vampire. Si soumis.

Draco finit par se pencher doucement au dessus de lui. Il se pencha jusqu'à ce que leurs deux visages ne soient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, et que le souffle chaud de son calice ne heurte son visage.

-J'en suis certain, murmura-t-il.

Il vrilla Harry de son regard anthracite pendant ce qui sembla des heures au jeune homme. Puis, lorsque le souffle commença à lui manquer, Draco se redressa soudain, releva son journal, et disparut derrière, l'air indifférent. Mais Harry savait que ce n'était qu'une façade. La colère brute qui émanait du vampire lui était transmise directement par le lien, et, pour qu'il la ressente, c'est qu'elle était particulièrement puissante.

S'il n'avait pas été son calice, Harry n'avait aucun doute que Draco aurait laissé éclater toute sa rage, aurait même peut être été violent. S'il arrivait à se contrôler si aisément, c'était seulement parce qu'il était incapable de faire du mal à son calice. Harry, en cela, se sentait chanceux. Cependant, Harry aurait préféré être confronté à cette violence brute plutôt qu'à cette froideur implacable qui le faisait se sentir si mal.

Harry resta figé sur place, totalement immobile et secoué. Il se sentait faible, lâche, et surtout, totalement dominé par le vampire, ce que Draco devait très certainement apprécié. Il s'en voulait déjà d'avoir cédé si facilement, mais il lui était incapable de supporter l'attitude glaciale du vampire à son égard.

Harry se laissa retomber lourdement sur le matelas, et ferma aussitôt les yeux. Il aurait aimé, et il s'en voulut instantanément d'avoir cette pensée, que Draco le prenne dans ses bras, le rassure, le réconforte. Il ferma les yeux, et attendit patiemment que les battements affolés de son cœur s'apaisent. Instinctivement, il se cala confortablement contre l'une des jambes du vampire, et apprécia le bien être qui s'installa en lui à ce simple geste. Il était heureux de retrouver le vampire, même s'il l'avait seulement quitté pendant quelques heures, et que leurs retrouvailles n'étaient pas une partie de plaisir. Malgré tout, il ne pouvait s'empêcher de se sentir à nouveau serein, en sécurité, ainsi calé contre son vampire.

Plusieurs minutes passèrent et Harry fut incapable de retrouver le sommeil, malgré la présence de Draco à ses côtés. Le vampire dégageait toujours une aura de colère contenue, qui mettait Harry mal à l'aise. Il ne pouvait se détendre totalement, et craignait que le vampire ne reste en colère contre lui plusieurs jours d'affilées. Il savait déjà qu'il ne le supporterait pas.

A cette pensée, les larmes lui montèrent à nouveau aux yeux et, sans qu'il ne puisse les retenir, elles coulèrent sur ses joues. Il renifla peu discrètement et les essuya précipitamment, honteux de les avoir laissées échapper. Il enfonça son visage dans le matelas, et tenta de maîtriser ses pleurs. L'angoisse commençait à le submerger à l'idée que Draco reste en colère contre lui, ne lui pardonne jamais sa fuite. Sa respiration devint haletante, et il se força à tourner la tête pour respirer. Il essuya ses joues directement sur le matelas. L'attitude austère du vampire, à son égard, lui était insupportable. Ceci, accumulé au fait qu'il avait flanché si facilement, qu'il s'était totalement soumis au vampire, n'arrangeait pas son état. Harry hoqueta doucement, et renifla à nouveau.

La main glacée du vampire sur son front le fit sursauter. Elle se glissa entre ses mèches désordonnées et les repoussa doucement en arrière. Ce simple geste, doux et affectueux, suffit à apaiser la crise de panique de Harry, qui cessa aussitôt d'hoqueter. Il se détendit instantanément sous la caresse apaisante. La main de Draco quitta ses cheveux et essuya sa joue, effaçant les traces de larmes. Harry soupira doucement, et apprécia pleinement le geste, apaisant.

Puis, trop vite au goût de Harry, la main se retira. La jambe contre laquelle il était appuyée disparut dans son dos et il se sentit brusquement totalement abandonné. La disparition brutale de son vampire, alors qu'il était déjà affaibli, fit enfler en lui une boule d'angoisse oppressante. Néanmoins, il eut à peine le temps de commencer à paniquer qu'il sentit Draco s'allonger de tout son long sur lui. Il vit l'une des mains de Draco se poser près de sa tête pour se soutenir, et son souffle frais s'écrasa contre sa nuque. Le corps du vampire sur lui était contraignant, lourd, dominant mais restait néanmoins délicat. Harry s'en sentit aussitôt apaisé, même si la sensation d'être totalement dominé lui était désagréable.

Draco lui écarta les mèches qui lui barraient l'accès à son cou d'un geste vif et agacé. Harry cessa de respirer, attentif à ce que faisait le vampire couché sur son dos. Mais Draco se contenta d'enfouir son visage dans son cou et de prendre une longue et profonde inspiration.

Pour la première fois, Harry se demanda si Draco avait paniqué en trouvant l'appartement vide, la veille.

Mais la langue humide qui lécha son cou vint le distraire instantanément. Il frissonna des pieds à la tête, se faisant soudain fébrile à l'idée de la morsure qui allait suivre. Il n'appréciait pas la position dans laquelle ils étaient, mais il n'osa pas le dire à haute voix. Le corps du vampire sur lui était exigeant, et ne lui laissait pas la possibilité d'esquisser le moindre geste. Il se sentait pris au piège, et n'aimait pas cette sensation. Draco ne fit rien pour le rassurer. C'était la première fois que les bras du vampire ne lui apportaient aucun réconfort, et il ferma les yeux pour ne pas se laisser submerger par la panique.

Les crocs du vampire déchirèrent la peau de son cou sans délicatesse aucune. Harry hoqueta, et la douleur vive et piquante qui parcourut son cou lorsque les canines aiguisées se plantèrent dans sa gorge le prit au dépourvu. Ses doigts se crispèrent sur le drap et il laissa échapper un long gémissement. Incapable d'esquisser le moindre geste, il ne put que subir la douleur. Puis Draco prit une première longue gorgée qui envoya une puissante vague de plaisir dans tout le corps de son calice. Harry soupira, toute douleur instantanément envolée.

Il soupira de bien être et se laissa aller à l'étreinte puissante du vampire qui buvait à son cou. Son corps sur le sien se fit plus lourd, amplifiant la sensation d'emprisonnement de Harry. Draco prit une nouvelle gorgée, inspirant son sang hors du corps de son calice dans un plaisir extatique. Harry, prisonnier et soumis de la poigne de Draco, soupira de bien-être.

Le vampire retira si vite sa prise sur son cou que Harry resta totalement pris dans son extase longtemps après que Draco se soit redressé. Il le sentit lécher la blessure de son cou, avant d'embrasser doucement les deux marques qu'il avait laissées. Lorsque, finalement, Harry releva la tête, il s'aperçut que le vampire avait repris sa position initiale, assis contre la tête de lit. Abasourdi, et ne comprenant pas trop ce qui était arrivé, il porta ses doigts à sa gorge, qui était aussi lisse qu'à l'ordinaire.

-Vous m'avez fait mal, souffla-t-il, perplexe.

C'était la morsure la plus désagréable qu'il ait connue. Il avait ressenti de la douleur, pour la première fois depuis la formation du lien. Draco baissa le regard sur lui, évaluant son air perplexe et perdu. La peur qui envahit son calice alors qu'il se frottait le cou se répercuta en lui. A nouveau, il passa sa main dans ses cheveux, l'apaisant par ce simple geste.

Draco ne répondit rien, mais lui jeta un regard noir qui en disait long. Le silence dura quelques longues minutes, pendant lesquelles Harry commença à plonger dans une somnolence fébrile.

-Alors, ces retrouvailles? Demanda doucement le vampire.

Il passa un doigt sur la paupière fermée de son calice, et évalua son visage détendu, l'air songeur. Harry frissonna à son contact, et son corps se fit plus lourd contre sa jambe.

-Ce n'était pas comme je les imaginais, répondit-il dans un murmure à peine audible.

Draco ne dit rien, et continua à fixer le visage paisible de son calice. Il joua avec ses mèches, l'expression impassible.

-En quoi était-ce différent de ce que tu imaginais? Interrogea-t-il au bout de quelques secondes.

Harry réfléchit. La main de son vampire, qui avait retrouvé ses cheveux, l'apaisait, et il plongeait doucement dans un état de somnolence agréable. Il avait imaginé des retrouvailles chaleureuses, conviviales, pleines d'émotions. Il les avait tellement désirées qu'il avait imaginé le sourire de ses amis, leurs expressions ravies et soulagées, leurs questions pressantes. A la place, il avait eu droit à des regards distants et des reproches. Pire, il avait regretté l'absence de Draco dès les premières minutes, alors que retrouver ses amis était tout ce qu'il voulait depuis une éternité, lui semblait-il.

Il s'en voulait d'avoir réagi ainsi, même s'il avait appris à ses dépends qu'il ne pouvait contrôler son envie d'être auprès du vampire. Il s'en voulait également de ne pas avoir anticipé le fait que ses amis pourraient lui en vouloir d'avoir disparu aussi longtemps, et de ne pas leur avoir donné de nouvelles. Revenir comme si de rien n'était, après toutes ces semaines d'absence, avait été idiot. Il aurait du s'attendre à ce qu'ils aient imaginé le pire.

A cette idée, il pensa à madame Weasley, à Ginny, Lupin et son cœur se serra.

-Ils m'en veulent d'avoir disparu. Même si ce n'est pas de ma faute.

Il aurait aimé faire culpabiliser le vampire, mais savait qu'il en faudrait bien plus pour y arriver. La seule préoccupation de Draco était de le garder en sécurité, et ce que ses amis pouvaient penser de ses agissements lui passait bien au dessus de la tête.

Harry n'en était pas offensé, car il craignait la confrontation entre le vampire et ses deux amis. Draco n'avait pas côtoyé d'humains depuis des années, sauf pour en faire ses repas. Il lui manquait cette once de civilité qui lui venait naturellement avec lui, parce qu'il était son calice. Mais Harry craignait que Draco ne se montre discourtois avec ses amis, voire carrément indifférent. Il avait conscience que rien, en dehors du sang, -le sien-, n'intéressait Draco.

-Ils ont cru que j'étais mort, ou que je les avais abandonnés. Ron, particulièrement, était très énervé contre moi.

Harry fit une pause, conscient qu'il parlait plus à lui qu'au vampire. Draco avait d'ailleurs arrêté de jouer avec ses cheveux et avait relevé son journal à hauteur d'œil.

-Quand je pense à tout ce qui leur est arrivé, sans moi. Ils auraient pu mourir tant de fois. Je me sens coupable de ne pas avoir été là.

Harry soupira. Il s'en voulait énormément, mais il lui semblait impossible de rattraper le temps perdu. Il voulait prouver à Ron et Hermione qu'il était là, désormais, prêt à se lancer dans la recherche aux Horcruxes à corps perdu. Mais il savait que Draco ne le laisserait jamais prendre le moindre risque.

Il ferma les yeux, apaisé. Les enfants avaient arrêté de crier, et le silence dans la pièce était de plomb. Draco ne respirait pas, et même le journal qu'il tenait dans ses mains ne faisait aucun bruit. S'il n'avait pas senti la jambe du vampire dans son dos, Harry se serait demandé s'il était toujours là.

Il se demanda ce que Draco faisait pendant les heures où il disparaissait. Durant la semaine après l'irruption des Mangemorts dans l'appartement, Draco avait été plus absent qu'il ne l'avait été en un mois. Harry avait compris que la fermeture du lien leur permettait désormais de s'éloigner l'un de l'autre, mais il avait appris à abhorrer les moments où il se réveillait seul dans l'appartement, sans la présence rassurante du vampire. Dans ces moments-là, Harry se rendait compte avec tellement de force à quel point il était devenu dépendant du vampire que ça lui faisait peur. Il aurait pu se passer de tout, de sa baguette, de ses amis, de sa famille adoptive, mais pas de Draco. C'était un besoin viscéral, contraignant, qui le poussait à désirer la présence du vampire à ses côtés, toujours. Il se demandait parfois si Draco ressentait la même chose ou si cette contrainte était le fardeau du calice seulement.

La main froide du vampire se glissant sous son pull le fit sursauter. Il frissonna. Les doigts de Draco caressèrent son dos, sa nuque. Il le massa très légèrement, et Harry soupira.

-Maintenant que tu as vu tes amis, on pourrait partir.

Harry ouvrit les yeux, et leva légèrement la tête pour observer le visage impassible du vampire au dessus de lui.

-Pour aller où? Demanda-t-il, un peu anxieux.

-Ailleurs, dit Draco.

-Je ne veux pas partir.

Harry chassa la main qui se baladait sur sa nuque et se redressa. Il se débarrassa de ses chaussures qu'il n'avait pas quitté la veille, et s'assit en tailleur entre les jambes de Draco. Le visage du vampire était aussi impassible qu'à l'ordinaire mais quelque chose dans ses traits, ou dans la façon dont il pinçait les lèvres, montrait qu'il était encore en colère contre son calice.

Harry ne voulait pas contrarier le vampire, certainement pas après la scène qui venait de se passer. Mais l'entendre dire qu'il songeait à nouveau à l'éloigner de ses amis était intolérable.

-Vous ne pourrez pas m'obliger à partir d'ici si je n'en ai pas envie, dit-il très sérieusement au vampire assis en face de lui.

Draco leva ses yeux gris vers lui, tout en abaissant lentement le journal. Il plissa les yeux, et fouilla le regard vert et résolu de son calice. Harry retint son souffle.

-Tu ne peux pas t'opposer à ce que je veux, répondit sèchement Draco.

Harry plissa les yeux. Son cœur battait la chamade.

-Vous seriez surpris, affirma-t-il.

Il regretta ses paroles dès qu'il les eut prononcées. La réponse du vampire claqua dans l'air presque aussitôt, glaciale:

-Vraiment?

Ils s'affrontèrent du regard durant quelques secondes. Harry aurait été bien en peine de détourner le regard, même s'il l'avait voulu. Il se contenta de triturer les manches de son pull, de plus en plus mal à l'aise, mais décidé à ne pas céder face au prédateur.

Il était hors de question que Draco lui impose sa volonté et le sépare à nouveau de ses amis.

Draco ne cillait pas, et il était aussi immobile qu'une statut. De sa présence à ses côtés dans le lit émanait une aura de pure supériorité que Harry avait du mal à ignorer. Plus leur confrontation durait, et plus le cœur de Harry s'emballait. Il ne voulait en aucun cas revivre l'humiliation de quelques minutes plus tôt, et encore moins sa crise de panique. Mais il ne voulait pas non plus que Draco l'amène à nouveau loin de ses amis.

Puis, avec son agilité habituelle, les doigts gelés du vampire s'emparèrent de son menton, et il lui rejeta brusquement la tête sur le côté, l'obligeant à détourner le regard. Le geste fut sec et violent, et Harry bascula sur le côté, en travers de la jambe gauche du vampire.

Draco ne dit rien, mais son geste était clair. Harry se redressa prestement, un peu sonné. Il n'osa pas croiser le regard gris qui le fixait et se releva avec toute la dignité qu'il lui restait. Il enjamba la jambe de Draco et descendit du lit. Puis, sans un mot de plus, et sous le regard impassible du vampire, il quitta la chambre.

Le souffle court par cette courte altercation, il descendit les marches d'un pas lourd. Arrivé au premier étage, il jeta un coup d'œil dans la chambre de Ron, dont la porte était entrebâillée, mais constata qu'elle était vide. Il prit donc la direction de la cuisine.

Hermione et Ron était attablés face à face, une tasse de thé fumante et un petit déjeuner copieux devant eux. Harry constata avec ébahissement les multiples pots de confiture, les biscottes, les bouteilles de lait, les paniers de fruits et les œufs au bacon qui ornaient la table. Un délicieux fumé se dégageait du tout, et le ventre de Harry grogna.

-Tu peux nous expliquer ce que ce fichu elfe fait ici, grogna Ron en guise de bonjour. Nous l'avions renvoyé à Poudlard exprès pour ne pas l'avoir dans les pattes.

Harry se tourna dans la direction qu'indiquait Ron et aperçut la petite silhouette de Kreattur qui faisait cuire du bacon. Le faux médaillon de Serpentard pendait autour de son maigre cou, et il arborait un tablier neuf, d'un blanc immaculé. Lorsqu'il s'aperçut que Harry l'observait, il eut l'air horrifié et baissa les yeux sur la poêle.

-Tu vas bien Harry? Tu es tout rouge, s'enquit Hermione, l'air inquiet.

Harry secoua la tête.

-Je ne sais pas ce que Kreattur fait là, affirma-t-il.

Il s'approcha doucement de la table, et vint s'asseoir près de Hermione. Ses mains étaient gelées, et il s'empressa de se servir une tasse de thé afin d'enrouler ses doigts autour de la céramique brûlante.

-Tu as du l'appeler, Harry, pour qu'il soit là, répondit doucement Hermione.

-Non, je n'ai rien fait. Vous l'aviez bien appelé pour qu'il vous dise ce qu'il savait sur le médaillon. Il est peut être simplement revenu.

Ron avala précipitamment sa bouchée d'œuf brouillé, et s'exclama:

-Mais il cuisine! La dernière fois qu'on l'a vu, il a essayé de m'assommer avec une poêle!

Harry esquissa une grimace compatissante. Au même moment, Kreattur se retourna, et demanda de sa voix aigre:

-Maître Harry veut-il du bacon avec ses œufs?

Harry se redressa. Il échangea avec Ron un regard perplexe. Puis, se retournant vers l'elfe qui attendait patiemment sa réponse, il répondit:

-Euh...Oui. Oui, bien sûr, Kreattur.

Harry observa l'elfe contourner la table pour lui servir le bacon dans une des assiettes aux armoiries de la maison Black. En face de lui, Ron ricana. Harry releva la tête vers lui, et s'aperçut que le jeune homme fixait son expression indécise. Harry esquissa un sourire amusé. Il ne savait pas ce qui arrivait à Kreattur, mais était heureux de retrouver un peu de sa complicité passée avec Ron.

-Au moins, on a de quoi manger, maintenant, soupira Hermione, avec justesse.

Harry observa la table pleine de victuailles et approuva. Il se servit des œufs brouillés, pour agrémenter son bacon, et commença son petit déjeuner.

Ils mangèrent en silence durant quelques minutes. Ron s'empiffrait comme s'il n'avait pas mangé à sa faim depuis des jours, ce qui était surement le cas, tandis que Hermione lisait la Gazette du Sorcier du jour en sirotant son thé. Harry était mal à l'aise, ne sachant pas ce que s'étaient dit ses amis après son départ précipité de la veille.

-Tu as des nouvelles de...du vampire? Demanda soudain Hermione.

Harry releva la tête. La jeune fille arborait une expression qui se voulait neutre, et elle soutint le regard de Harry sans ciller. Il pensa au vampire lisant le journal dans son lit, le matin même, et répondit:

-Non.

Il y eut quelques secondes de silence, puis Ron dit:

-Peut être qu'il est juste parti.

-Peut être, répondit Harry, qui n'avait pas envie de se lancer dans un discours sur le pourquoi du comment Draco ne pouvait pas juste partir.

Il avala une bonne bouchée d'œufs, et mâcha lentement, songeur. Il lui semblait impossible de discuter tranquillement avec Draco sans que leur conversation ne finisse en dispute. Il avait l'impression que Draco choisissait le moment où il devait être raisonnable et se comporter presque tendrement avec lui, et quand il avait envie que Harry et lui se disputent. Il suffisait au vampire de placer une phrase bien choisie, comme le fait qu'il avait décidé de partir ailleurs, et Harry ne pouvait s'empêcher de se rebeller. Il se demanda si Draco le faisait exprès, parce qu'il aimait voir son calice se mettre en colère par sa faute, avant de lui rappeler qui commandait.

Harry soupira. Il semblait que Draco et lui étaient fait pour s'entendre uniquement pendant les morsures. Dans ces moments là, ils étaient en S'il n'avait pas été son calice, Harry n'avait aucun doute que Draco aurait laissé éclater toute sa rage, aurait même peut être été violent. S'il arrivait à se contrôler si aisément, c'était seulement parce qu'il était incapable de faire du mal à son calice. Harry, en cela, se sentait chanceux. S'il n'avait pas été son calice, Harry n'avait aucun doute que Draco aurait laissé éclater toute sa rage, aurait même peut être été violent. S'il arrivait à se contrôler si aisément, c'était seulement parce qu'il était incapable de faire du mal à son calice. Harry, en cela, se sentait chanceux. symbioses totales, attentives aux besoins et désirs de l'autre. Draco se montrait toujours prévenant, et presque tendre. Mais en dehors des morsures, ils étaient incapables de s'entendre.

-Il t'a réellement gardé enfermé pendant un mois? Interrogea Ron.

Harry avala précipitamment ses œufs brouillés.

-Oui, il l'a fait.

Harry ne s'étendit pas sur la question. Il mangea en silence durant quelques minutes, faisant honneur aux plats qu'avait soigneusement préparé Kreattur. Il avait conscience du regard intense de Hermione posé sur lui, et espérait fortement finir de manger et quitter la table avant qu'elle ne commence à l'interroger. Néanmoins, sa fringale insatiable se manifesta particulièrement, et il engloutit sous le regard perplexe de ses amis quantité de nourriture.

Il remuait son lait d'un air ennuyé, lorsqu'Hermione finit par dire:

-Harry, tu nous as dit hier que tu étais devenu le calice de ce vampire.

Harry reposa sa cuillère. Il se saisit d'un bol de céréales et en renversa une bonne quantité dans son bol de lait.

-Oui, j'ai dit ça.

-Je sais ce qu'est un calice. Mais qu'est-ce que ça implique, exactement?

Harry remua calmement son porridge, réfléchissant à la question. Etre un calice impliquait beaucoup de choses, dont la plus importante était de se laisser mordre par le vampire pour le nourrir. Evidemment, ses deux amis étaient chacun pleinement conscients de ce fait, mais Harry se sentait incapable de l'évoquer à haute voix. Il lui semblait qu'en parler équivaudrait à évoquer sa vie intime avec le vampire. C'était bien trop personnel, et il sentait venir le rougissement flamboyant si jamais ils évoquaient la morsure à haute voix. Ce serait hautement embarrassant.

-Hé bien, ça signifie que je suis lié à lui. Enfin, nous sommes liés.

-Mais le calice est dépendant de son vampire, insista la jeune fille.

Harry grimaça.

-Hum...pas plus que l'inverse.

Hermione lui jeta un long regard. Il se contenta de grignoter ses céréales qui ramollissaient déjà, de plus en plus embarrassé.

-Est-ce qu'il te revendique comme sien?

Harry n'osa pas affronter son regard, ni celui de Ron qui suivait leur conversation avec attention. Son bol de lait était vide, et il s'était affalé contre le dossier de sa chaise, momentanément rassasié.

-Ca lui arrive, oui, dit-il, tentant d'insinuer dans sa réponse que c'était très rarissime.

Hermione hocha la tête, comme si cette réponse expliquait un tas de choses.

-Je crois que c'est la raison pour laquelle Kreattur se comporte ainsi. Il...Je veux dire, ce vampire a du lui ordonner de faire à manger à son calice. A toi. Et comme tu es censé appartenir au vampire, et que Kreattur t'appartient, hé bien, il appartient aussi au vampire.

Harry releva un regard horrifié. Il observa le visage sérieux d'Hermione, puis l'elfe de maison qui semblait rajeuni dans son nouveau tablier, en train d'essuyer silencieusement une marmite rouillée. L'idée que Kreattur ait préparé ce copieux petit déjeuner sur ordre de Draco lui paraissait horrible. C'était la preuve tangible que le vampire disait vrai lorsqu'il affirmait que le calice appartenait légalement au vampire. Ce n'était pas juste les paroles en l'air d'un vampire trop possessif.

Le jeune homme replongea dans son porridge sans un mot.

-Comment c'est possible! S'exclama Ron. Kreattur appartient à Harry.

-Le calice appartient au vampire, Ron, soupira Hermione. C'est quelque chose de reconnu dans le monde sorcier. Si les parents de Harry étaient encore vivants, et même s'il était toujours mineur, ils n'auraient quand même plus eu aucun droit sur lui!

Ron semblait révolté. Il fixa Hermione durant quelques secondes, puis se tourna vers Harry:

-Pourquoi tu ne fais rien! Il doit bien y avoir un moyen de...

-Il n'y en a pas, Ron, coupa Harry. Crois-moi, s'il y en avait un, il l'aurait trouvé.

Il ne voulait pas s'entendre dire qu'il devait exister un moyen de rompre le lien. Si un tel moyen avait existé, il y aurait longtemps que Draco l'aurait trouvé, et il ne serait pas dans cette situation aujourd'hui. Paradoxalement, l'idée de défaire le lien qui l'unissait au vampire provoquait chez Harry un pincement douloureux au niveau de la poitrine. Il y a quelques temps, cette perspective l'aurait réjoui et empli d'un espoir fou, mais aujourd'hui, elle le laissait de marbre. Harry aurait donné cher pour défaire le lien qui l'unissait à Draco, et savait que si solution il y avait, il l'aurait essayée immédiatement. Retrouver sa liberté était quelque chose qu'il désirait plus que tout. Mais être séparé de Draco, alors qu'il en devenait de plus en plus dépendant, était une perspective qui le réjouissait que peu.

C'était inquiétant.

-Mais Harry, tu ne peux pas rester à la solde de ce vampire pour toute ta vie!

-Je n'ai pas envie de parler de ça. Tu crois que je n'y ai pas pensé, peut être? Si tu veux perdre ton temps à chercher un moyen de me libérer, libre à toi. Pour ma part, j'ai plus important à penser.

-Plus important à pense que te libérer de l'emprise d'un vampire?

-Tu ne comprends rien, répliqua Harry, plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.

Ron sembla vouloir argumenter, mais Hermione lui jeta un regard sévère et il se tut. Harry mâchonna ses céréales imbibées de lait sans enthousiasme aucun durant quelques minutes. Puis Hermione se racla la gorge et demanda:

-Est-ce qu'il va venir ici?

Agacé qu'ils en reviennent toujours à ce même sujet, Harry eut envie de répondre qu'il ne viendrait pas, car il n'avait aucune envie de se retrouver en leur présence. Néanmoins, il ravala la réplique de mauvais goût et dit:

-Il fait ce qu'il veut. Et ce n'est ni vous, ni les protections qu'il y a sur cette maison qui l'empêcheront d'aller et venir.

-Est-ce qu'on doit s'attendre à ce que tu disparaisses à nouveau sans laisser de traces? Demanda sèchement Ron.

Harry s'interrompit de manger. Il repensa à sa conversation de quelques minutes plus tôt avec Draco. Il était bien décidé à ne pas laisser le vampire l'éloigner à nouveau de ses amis, quoiqu'il lui en coûte. Mais il savait aussi qu'il ne pourrait s'opposer à Draco s'il décidait qu'il était temps de partir. Cette perspective l'inquiétait, et il préférait ne pas y penser. Par ailleurs, l'idée de ce que Draco pourrait faire s'il refusait obstinément de le suivre lui faisait peur. Il avait déjà expérimenté à quel point le vampire pouvait se montrer imprévisible et violent.

-Je ne sais pas, répondit-il dans un murmure.

Ron émit un grognement qui agaça aussitôt Harry. Il redressa la tête et se tourna vers son ami:

-Tu crois que c'est facile pour moi? Tu crois que je peux m'opposer à son bon vouloir sans que tout me retombe dessus? On parle d'un vampire, Ron! Il est imprévisible et violent. Je ne peux pas lui imposer ma volonté.

-Mais un vampire ne peut pas faire de mal à son calice, non?

Harry secoua la tête, exaspéré.

-Tu n'as pas idée, pas la moindre idée, de ce que j'ai vécu ces dernières semaines. Si tu savais, tu ne parlerais pas ainsi.

Harry laissa tomber sa cuillère dans son bol à moitié vide et se leva. Il n'était pas tout à fait rassasié, mais avait besoin de prendre du recul et de souffler, seul.

-Je vais me doucher, dit-il avant de quitter la pièce.

.

Harry monta les escaliers d'un pas lourd et trainant. Il se sentait fatigué, sans réelle raison de l'être. Certes, il avait passé la nuit seul, sans les bras rassurants de son vampire, mais la dernière, vraie, morsure datait de trois jours, et il avait eu le temps de reprendre des forces. Néanmoins, les retrouvailles avec ses amis s'avéraient être une épreuve qu'il était loin d'avoir anticipée. Tout était confus, dans sa tête.

Il lui semblait que Draco d'un côté, et ses amis, de l'autre, étaient deux vies pleinement différentes, et qu'il essayait de les réunir malgré les conséquences. Les deux partis ne se comprenaient mutuellement pas, et n'avaient pour seul point commun que sa personne. D'un côté, il y avait ses amis, qui ne comprenaient rien à la situation, et qui ne semblaient pas comprendre que la personne dont il parlait était un fichu vampire. Et de l'autre il y avait Draco, qui se montrait possessif et dominateur à souhait, sans s'inquiéter de ce que lui pouvait ressentir de ses sautes d'humeur incessantes.

Harry soupira, las.

Lorsqu'il atteint le palier du deuxième étage, il entrouvrit précautionneusement la porte de la chambre d'ami et jeta un coup d'œil à l'intérieur. Il fut à la fois rassuré et déçu de constater que le lit était vide, ses draps éparpillés en désordre tombant au sol. Soupirant, et en proie à des sentiments totalement contradictoires et agaçants, Harry se glissa dans la chambre, et se dirigea vers l'armoire. Comme il s'y attendait, elle était remplie d'affaires en tout genre. Harry fouilla un peu à l'intérieur, constatant que tous les vêtements étaient propres et neufs. Secouant la tête, il s'empara de quelques fringues propres, d'une serviette et d'un gel douche, et alla s'enfermer dans la salle de bain qui se trouvait en face de la chambre, sur le palier.

La salle de bain était de taille raisonnable, plus petite même que celle de l'appartement, mais la baignoire était immense. Harry l'observa d'un œil critique, ainsi que ses pieds en forme de griffes. Tout ici était impeccable, et il se demanda si Kreattur n'était pas venu y passer un coup de chiffon durant la nuit. Parfois, la prévenance du vampire était hautement intrigante.

Harry laissa ses affaires sur une chaise mise à disposition dans un coin de la pièce et se déshabilla avant de se glisser sous le jet d'eau chaude. Il se tint debout, immobile, savourant l'eau chaude glissant sur son corps et détendant ses muscles.

-Tiens, Potter. Encore.

Harry sursauta. Il pivota vivement, pour se rendre compte que Draco était appuyé contre le lavabo, en face de la baignoire. Son regard gris brillait alors qu'il se délectait de la vue de son calice nu sous la douche. Ses bras étaient croisés sur son torse musclé, et il arborait une expression ennuyée, comme s'il était réellement entré là par hasard pour tomber malencontreusement sur son calice.

Mortifié, Harry s'empressa de lui tourner le dos pour cacher son intimité à ses yeux avides. Dans son dos, le vampire ricana.

-Rien que je n'ai pas déjà vu, tu sais, affirma-t-il aussitôt. Ou touché.

Harry rougit. Il n'y avait absolument aucuns moyens de se soustraire au regard flamboyant du vampire. Il se dépêcha donc de se savonner, désireux de finir sa douche au plus vite.

-Allez-vous en, grogna-t-il.

Draco ne bougea pas. Son regard retraça le corps ferme de son calice, s'attardant sur ses fesses musclées et rondes. Puis il remonta le long de son dos et s'échoua enfin sur les deux marques rouges qui ornaient son cou. Il se lécha inconsciemment les lèvres, sa soif se faisant plus pressante.

Le fait que Harry voit désormais d'autres personnes que lui seul lui donnait envie de réaffirmer sa présence auprès de lui. Il désirait que Harry n'appartienne qu'à lui, qu'il ne passe ses journées qu'en sa compagnie, qu'il ne parle et ne regarde que lui. Ce n'était pas de la jalousie, mais juste une obsession incontrôlable de le posséder et de le garder pour lui seul.

Il luttait constamment avec ce sentiment depuis la veille, et se doutait que ça n'irait qu'en grandissant dans les jours qui suivraient. Harry était son calice, bien avant d'être un ami ou un proche, et il était décidé à le lui faire comprendre, et à le lui rappeler aussi souvent que ce serait nécessaire.

-Nous n'avons pas eu l'occasion de terminer notre conversation, souffla-t-il, son murmure parfaitement audible dans la salle de bain.

Gêné, Harry expédia sa toilette. Il se rinça en quelques secondes, coupa l'eau et se retourna pour attraper sa serviette. Il s'aperçut instantanément qu'elle avait disparu. Rouge et mal à l'aise, il se tourna vers le vampire et le fusilla du regard.

-Où est ma serviette?

-Aucune idée, répondit Draco, impassible.

Harry grogna quelques mots inaudibles, et sortit de la baignoire, frissonnant. Il posa ses mains en coque devant son intimité et Draco leva les yeux au ciel. Harry savait parfaitement à quoi il pensait, il n'avait pas besoin pour cela que le vampire ouvre la bouche. L'ignorant, il se dirigea vers l'armoire dans l'espoir de la trouver, tout en sachant pertinemment qu'il ne l'avait pas posée là. Mais la poigne de fer de Draco l'arrêta. Il fut brusquement tiré en avant, trébucha, et s'écrasa contre son torse sans délicatesse aucune.

Le corps de Harry était parcourut de chair de poule. Il posa son front contre l'épaule du vampire dans l'espoir d'oublier sa situation des plus embarrassantes, mais Draco s'empara de son menton et lui fit relever la tête. Avant que Harry n'ait pu fermer les yeux, il plongea dans le regard gris de son vampire. Toute sa gêne se dissipa instantanément. Ses muscles crispés se détendirent, et il s'accrocha à la chemise de Draco comme si ça vie en dépendait. Le vampire approcha son visage du sien, jusqu'à ce que le souffle brûlant de Harry s'écrase sur son visage. Là, il prit une longue et profonde inspiration, et le bout de son nez caressa celui de Harry.

-Harry, soupira-t-il, je ne voudrais pas que tu oublies qui tu es, désormais.

Son autre main vint s'enrouler autour des hanches de Harry, et il pressa fermement son corps nu contre le sien. Il se pencha un peu plus en avant, et ses lèvres se posèrent, légères, sous l'oreille de son calice. Harry, cambré en avant par le bras ferme du vampire, cilla, libéré de son regard hypnotiseur.

-Tu es mon calice, assena le vampire. Et...

-Harry!

Harry sursauta. La voix d'Hermione résonna longuement, et il cessa de respirer durant quelques secondes, reprenant brutalement contact avec la réalité. Les lèvres du vampire se firent plus pressantes contre son cou, et il expira brusquement un long souffle glacé, visiblement énervé.

-Et tu m'appartiens pleinement, continua-t-il comme si de rien n'était. Tu le sais, n'est-ce pas?

Ses lèvres quittèrent son cou, et il replongea dans le regard vert de son calice.

-Tu le sais? Répéta-t-il.

-Oui, approuva Harry.

-Bien. Ne l'oublie pas, surtout. Ne l'oublie jamais.

Il embrassa furtivement les marques sur son cou, avant de relâcher la prise qu'il exerçait sur son calice. Harry cligna des yeux, et croisa son reflet dans le miroir, éberlué. Draco lui lança sa serviette d'un air impassible, avant de sortir furtivement.

-Harry! Appela à nouveau Hermione. Descend, s'il te plaît.

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J'espère que ce chapitre tant attendu vous a plu! Comment avez-vous trouvé Draco, finalement? A la hauteur de vos attentes? Ou pas?

Merci à tous d'avoir lu!

A samedi prochain pour la suite :)