Salut!
Merci à tous ceux qui ont laissé des review anonymes au chapitre précédent! Tenshi, Choupy, Shinan ( Rien ne peut empêcher un vampire de rejoindre son calice, pas même les protections du Square ;), ankana87, chloe, Nana972, lu, Wow, Sélènè, Anna.
J'espère que je n'ai oublié de répondre à personne!
Bonne lecture à tous!
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Chapitre 23
Le sentiment de culpabilité est un aiguillon puissant
Paul Austher
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Harry dévala les escaliers à toute vitesse. Son cœur battait la chamade et l'excitation parcourait ses veines. Que Draco se sente obligé de réaffirmer son autorité lui semblait être de mauvaise augure. Il avait retrouvé ses amis depuis seulement un jour, et déjà Draco ne supportait pas de le voir renouer des liens, amicaux, avec eux. Harry craignait plus que tout que le vampire ne se sente menacé dans son autorité et sa domination, et ne décide de l'éloigner de ses amis.
-Harry? Appela à nouveau Hermione.
-J'arrive, répondit-il, légèrement essoufflé. J'arrive.
Il sauta les trois dernières marches avec agilité, trébucha sur la réception, et tendit les bras pour se rattraper au mur devant lui afin de ne pas finir étalé par terre. Le souffle court, il jeta un regard par dessus son épaule, en direction de la balustrade des étages supérieurs, mais tout était immobile. Rassuré, il se redressa, lissa son pull épais en laine, et pénétra dans la cuisine.
Ron et Hermione se tenaient debout au fond de la pièce, immobiles. Leurs expressions sombres et crispées ne lui dirent rien qui vaille. Mais ce qui attira instantanément l'attention du jeune homme fut la silhouette élancée qui se tenait debout près de la table.
-Remus! S'exclama-t-il, un sourire resplendissant illuminant son visage.
L'expression sombre de l'homme se fendit d'un sourire heureux à la vue du fils de son ancien ami. Vivant, et en bonne santé. Impulsif, Harry se précipita vers lui et se jeta dans ses bras. Remus lui rendit son étreinte, le serrant dans ses bras avec chaleur.
-J'ai eu si peur, Harry, souffla-t-il.
-Je suis désolé, répondit Harry.
Harry s'écarta, son sourire se fanant doucement. Il commençait à se rendre compte ce par quoi ses proches étaient passés suite à sa disparition. Son sentiment de culpabilité ressurgit instantanément sous le regard perçant de l'homme face à lui. Il baissa les yeux, honteux et penaud.
-Je n'ai pas voulu tout ça, affirma-t-il doucement.
Lupin esquissa un mince sourire. Harry remarqua les cernes profondes qui soulignaient ses yeux, son teint pâle et fatigué. Il se demanda si la pleine lune approchait, ou s'il était à l'origine de sa mauvaise mine. Harry lui fit un sourire contrit et vint s'installer à table sans un mot de plus. Lupin vint s'assoir en face de lui, l'air à nouveau sombre.
-J'ai cru que tu étais mort, Harry. Mort.
Harry baissa les yeux, se sentant à nouveau coupable. La table avait été débarrassée, mais il restait une assiette remplie de biscottes. Harry s'empara d'une biscotte et la mâchonna sans grande conviction.
-Que t'es-t-il arrivé? Interrogea Lupin.
Harry jeta un coup d'œil à Ron et Hermione qui gardaient résolument le silence. Il leur était reconnaissant de ne pas avoir parlé à Lupin avant qu'il ne puisse le faire lui même. Pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, il aurait eu du mal à accepter qu'ils parlent de son vampire dans son dos. Ne voulant pas revivre l'épreuve de la veille, il avala rapidement sa bouchée et débita à toute allure:
-J'ai été attaqué par un vampire.
Lupin écarquilla les yeux, mais Harry ne lui laissa pas le temps de dire quoique ce soit.
-Comme il s'est avéré que j'étais son calice, il a décidé de prendre ma protection en main -chose très ardue quand on sait tous les dangers qui me tournent autour, vous en conviendrez. Il m'a donc gardé enfermé dans un appartement jusqu'à ce que trois Mangemorts débarquent et qu'ils lui fassent réaliser que s'il voulait me garder vivant éternellement, il fallait que Vous-Savez-Qui meure.
Le silence qui suivit sa déclaration lui sembla durer des heures. Il posa son regard partout dans la cuisine sauf sur Lupin, et engloutit avidement quelques biscottes. Il avait peur de faire face à son jugement, car c'était la personne qui se rapprochait le plus d'une figure paternelle pour lui. Ron et Hermione, qui étaient déjà au courant de toute l'histoire, arboraient néanmoins une expression sidérée.
Lupin garda le silence longtemps. Il balaya le visage fatigué du jeune homme du regard, son teint pâle et ses cheveux ébouriffés. Puis il esquissa un sombre sourire.
-Un vampire, répéta Remus, comme s'il avait du mal à y croire, ce qui était certainement le cas. Harry...
Il fit une pause, et se mordit doucement la lèvre inférieure. Harry baissa la tête, nerveux.
-Sur toutes les personnes qui vivent sur cette planète, pourquoi es-tu la seule à te faire attaquer par un fichu vampire? Tu...Tu te rends compte d'à quel point les calices sont rares? Pourquoi, par Merlin, pourquoi faut-il que ça arrive à toi? Quelle étaient les chances pour que le vampire qui t'attaque soit celui dont tu es le calice?
Harry resta silencieux, mortifié. Il s'était lui aussi posé ces questions des centaines de fois ces dernières semaines, et n'avait toujours pas trouvé de réponses satisfaisantes. Il avait constaté depuis quelques années qu'il avait la fâcheuse tendance d'attirer les ennuis. Si Draco était un ennui, alors il en était un de particulièrement coriace.
Face à son silence, Remus demanda:
-Et où est-il, ce fameux vampire?
Harry releva la tête, ne s'attendant pas à ce qu'on lui pose cette question. De son point de vue, plus ses proches se trouvaient loin du vampire, mieux ça lui allait. Draco n'était pas quelqu'un de fréquentable. Sauf pour lui.
-Je...Je ne sais pas, répondit-il en tentant d'avoir l'air le plus sincère possible. Ailleurs.
Remus l'observa, et Harry soutint son regard sans broncher. Il croqua dans sa biscotte, et mâcha nonchalamment, l'air de rien.
-Tu veux me faire croire que tu ne sais pas où se trouve ton vampire?
-Mon vampire? Répéta Harry.
Lupin l'observa intensément durant quelques secondes, avant de dire:
-Tu es son calice, non? Donc c'est ton vampire. Et en général, où se trouve le calice, le vampire n'est pas loin.
Harry écarquilla légèrement les yeux. C'était la première fois qu'il voyait leur relation sous cet angle. Draco était-il son vampire? Son, comme dans appartenance? Draco était dépendant de son sang, c'est vrai, mais il ne lui avait jamais caché qu'il allait voir ailleurs pour assouvir ses envies sexuelles, là où Harry se défilait avec ardeur. Il ne pouvait pas dire que Draco lui appartenait, ce n'était pas vrai. Même s'il appréciait grandement cette idée.
Pourtant, le vampire ne buvait que son sang. Cette idée fit sourire Harry. Il était heureux de savoir qu'il avait l'exclusivité sur ce point, et que Draco ne pouvait, et ne voulait boire un autre sang que le sien. C'était une pensée plaisante.
Remus le fixait toujours, et son sourire s'évanouit.
-Je ne sais pas où il est. Je ne sais jamais où il est.
Il y eut un bref silence.
-Qu'est-ce que ça te fait, Harry?
-Comment ça?
-Quand tu te dis que tu es lié à un vampire, pour toujours, qu'est-ce que tu ressens?
Harry haussa les sourcils. Il se répéta la question mentalement, et tenta de mettre pour la première fois des mots sur ses sentiments. Il trouvait que Remus acceptait assez bien sa situation, et se demanda s'il cherchait à le piéger de quelques manières que ce soit avec cette question. Il décida néanmoins d'être sincère car s'il avait confiance en quelqu'un, c'était en Lupin.
-Au début, je ne voulais pas y croire. J'étais en colère, que ça m'arrive à moi. Toute ma vie n'a été dirigée que par cette foutue Prophétie. Je n'ai jamais eu le choix. Et maintenant, encore, on m'impose la façon dont je dois vivre, la personne avec qui je dois vivre. Je le haïssais tellement. Mais je me détestais encore plus, de ne pas arriver à contrôler mes émotions. De ne pas arriver à le repousser comme j'aurais du. D'avoir besoin de lui pour me sentir bien alors que je n'ai jamais eu besoin de personne.
Il fit une courte pause, cherchant ses mots.
-Je ressentais des...des choses qui n'étaient pas moi. J'étais incapable de résister à cette force qui me poussait vers lui, et le voulait près de moi. Quand il s'éloignait, j'avais mal, mais quand il me touchait, me regardait, me parlait, m'approchait, je...J'avais envie de ça, j'aimais ça. Tout ça, ce n'était pas moi. Je donnerai n'importe quoi pour revenir en arrière, et faire en sorte que les choses se passent autrement cette nuit là. N'importe quoi. Même aujourd'hui, alors que je me suis résolu à accepter cette relation que je n'ai jamais voulue.
Ensuite, j'ai été en colère contre lui. Parce qu'il ne comprenait rien! Un vampire est censé prendre soin de son calice, faire attention à ce qu'il ressent, à ce qu'il veut. Il était égoïste, il ne pensait qu'à lui, à assouvir sa soif et à me protéger, pour se sauver. Il n'entendait rien de ce que je lui disais. Il ne voulait pas savoir. Il me gardait enfermé, sans penser une seule seconde à ce que je ressentais à être ainsi éloigné de tous mes amis.
Puis, peu à peu, la colère est partie, et j'étais juste...Vide. Le temps passait si lentement, dans cet appartement. Rien ne bougeait jamais, il n'y avait aucun bruit. Je pensais que je ne vous reverrai plus jamais, que je resterai enfermé là dedans pour l'éternité. Je l'ai tellement haï, peut être même plus que Vous-Savez-Qui. La seule chose qui me consolait, c'était de savoir qu'il haïssait cette situation autant que moi. Je crois qu'il n'a jamais connu de plus grand malheur que moi.
Harry se tut, se remémorant ces cinq semaines passées dans cet appartement lugubre. Tout ce qu'il avait vécu là bas lui semblait maintenant décuplé.
-Et maintenant? Ca a changé?
Harry resta silencieux quelques secondes, puis répondit:
-Non, rien n'a changé. On a juste accepté tous les deux le fait qu'on ne pouvait rien y changer, et qu'on allait devoir faire avec. Il me hait toujours, même s'il ne peut s'empêcher de se soucier de moi. Et qu'il adore littéralement mon...mon sang. Et moi, je le hais toujours, même si je ne peux m'empêcher d'apprécier sa présence. Mais ça ne change rien au fait que je suis coincé dans cette situation, à devoir servir de garde manger à un vampire dont la soif ne s'assouvit jamais, et ce pour l'éternité.
Son ton amer et irrité eut raison de l'interrogatoire de Lupin. Il hocha doucement la tête, comme s'il faisait mine de comprendre ce que Harry ressentait, et par quoi il était passé. Puis il dit:
-Quoiqu'il en soit, Harry, je suis heureux de te savoir vivant, et en bonne santé.
-Merci, soupira le jeune homme.
Harry se sentait incapable de faire comprendre à ses amis l'ampleur de ses sentiments envers le vampire. Tout était à la fois si puissant, et si contraignant qu'il n'arrivait pas à trouver des mots assez forts et assez justes à mettre sur ses sentiments. Il savait que personne ne pourrait jamais comprendre ce qu'il ressentait, lui même ayant parfois beaucoup de mal à comprendre quelque chose au capharnaüm qui se jouait dans sa tête. Savoir que personne ne pouvait le comprendre le frustrait.
Il avait beau chercher ses mots avec précision, rien ne pouvait décrire ce qu'il ressentait pour Draco. Ce sentiment angoissant de manque qui le prenait aux tripes quand le vampire s'éloignait. Cette envie perpétuelle d'être prêt de lui, de le savoir dans la même pièce que lui, à portée de main. Ce désir brûlant et obsédant qu'il avait de sentir ses crocs acérés déchirer la peau de son cou pour venir se planter au plus profond de lui. Ce plaisir immense qui le submergeait lorsque Draco buvait son sang directement à son cou. Personne, jamais, ne pourrait comprendre cela. Tous ces sentiments, plus puissants les uns que les autres, s'opposaient à cette aversion, cette colère et même cette haine qu'il ressentait pour le vampire quand il repensait à la façon dont Draco l'avait attaqué, enlevé, séquestré, la façon dont il le traitait, le rabaissant et le dominant à tout bout de champs. Le fait que le vampire n'ait jamais rien voulu savoir ce qu'il ressentait, qu'il ait ignoré sa peine et sa détresse alors même qu'il les ressentait parfaitement. Harry le haïssait pour tout cela.
Il le haïssait de faire naître en lui tous ces sentiments contradictoires, et il se haïssait d'autant plus de ne pas pouvoir les combattre. Pourquoi ne pouvait-il pas simplement détester Draco?
Simplement parce qu'il était son calice, et qu'un calice ne pouvait pas juste haïr son vampire.
Harry aurait aimé pouvoir lui tenir tête, l'affronter sans avoir besoin de se soumettre à lui. Il aurait aimé pouvoir se disputer avec lui sans se sentir coupable, il aurait aimé pouvoir ignorer et même fuir sa présence, mais il s'en sentait incapable. Il ne voulait pas être juste un jeune homme soumis à son vampire, qui se laissait malmener par son caractère imprévisible et changeant. Mais il était incapable de lutter contre Draco. Sa nature de calice voulait qu'il soit soumis à son vampire, qu'il craigne son caractère dominant, et appréhende ses colères à son égard.
Et maintenant qu'il avait enfin retrouvé ses amis, il était horrifié de se rendre compte qu'il désirait plus la présence du vampire que celle de ses amis. Il avait pensé que le fait qu'il soit à nouveau entouré de personnes qui lui étaient chères l'aurait poussé et aidé à se détacher un peu du vampire, à mettre une certaine distance entre eux. Mais c'était l'inverse qui se produisait, au grand dam du jeune homme. Toute cette présence et cette effervescence autour de lui le poussaient à vouloir le vampire auprès de lui, plus que jamais.
Lupin soupira. Il se passa la main dans ses cheveux grisonnant et déclara:
-Ron et Hermione nous ont parlés de cette mission, que Dumbledore t'a confié, Harry.
Harry approuva. Il était content qu'ils changent de sujet, finalement, car parler de Draco l'embrouillait.
-Cette mission, quelle qu'elle soit, est dangereuse, continua Lupin. Vous êtes des sorciers à peine majeur, et même pas diplômés. Vous avez besoin du soutien de l'Ordre.
-Dumbledore m'a explicitement demandé de ne la dévoiler à personne. S'il me l'a confiée, c'est qu'il me croit capable de l'accomplir, affirma Harry.
Lupin soupira.
-Harry, tu es un calice, désormais. Les calices sont la plupart du temps affaiblis et fatigués. Ils passent les trois quart de leur temps à dormir. Il n'y a aucun moyen pour que tu puisses accomplir cette mission. Je doute d'ailleurs certainement que ton vampire te laisse courir le moindre danger.
Harry se leva d'un bond, offusqué par les paroles de l'homme, d'une justesse effroyable. Il fit quelques pas dans la cuisine, son cœur s'emballant dans sa poitrine. Lupin avait raison, bien sûr, mais il n'était pas prêt à l'admettre, certainement pas devant Ron et Hermione. Il ne voulait en aucun cas que ses amis apprennent à quel point Draco le contrôlait. Et à quel point il était soumis aux envies et décisions du vampire.
-Vous ne savez rien. Si je suis ici, c'est justement parce qu'il a conscience que Vous-Savez-Qui doit être détruit.
-Comment? Interrogea Lupin.
Harry ouvrit la bouche, mais la referma presque aussitôt. Il avait confiance en Lupin, mais il ne pouvait se résoudre à lui révéler l'existence des Horcruxes. Il se tourna vers Ron et Hermione, en quête de soutien, mais aucun d'eux ne vint à son secours.
Après quelques secondes de silence, Lupin se leva. Il vint poser une main sur l'épaule de Harry, le regard à nouveau sombre, et répéta:
-Je suis heureux de te savoir en vie, Harry. Très heureux. Je ne veux plus jamais croire te perdre.
Ne sachant que répondre à cela, Harry approuva doucement, la gorge nouée.
-Quoique tu fasses, soit prudent.
A nouveau, Harry hocha la tête. Il doutait sérieusement que quoique ce soit de grave puisse lui arriver, avec un vampire paranoïaque et surprotecteur sur le dos. Le sentiment de sécurité que lui avait apporté la présence du vampire dans sa vie était l'une des choses les plus positives de sa situation. Jamais il ne s'était senti aussi serein, aussi peu soucieux de ce qui pourrait arriver dans un futur proche ou lointain. Il se savait protégé, et c'était un sentiment des plus exaltants.
Lupin le serra brièvement dans ses bras, avant d'enfiler son blouson.
-Je vais annoncer la bonne nouvelle aux autres. Ils seront tous très soulagés de te savoir vivant.
Harry tenta de sourire.
-Dites leurs...
Il hésita brièvement. Il pensa à Madame Weasley, puis à Ginny et il murmura:
-Dites leurs que je suis désolé.
Lupin approuva, l'air sombre. Il posa un chapeau sur sa tête, et sortit de la cuisine. Quelques secondes plus tard, la porte d'entrée claqua, et Harry se retrouva seul avec Ron et Hermione. Il se tourna vers eux, et observa leurs expressions impavides et affligées.
Ne sachant pas quoi dire, il s'empara d'une nouvelle biscotte et commença à la grignoter. Hermione finit par s'approcher et vint savoir sur la chaise que Lupin venait de quitter.
-Tu es réellement revenu pour accomplir la mission de Dumbledore? Interrogea-t-elle.
-Bien sûr. Pour quoi d'autre, sinon?
Elle haussa vaguement les épaules. Harry l'observa, mais elle n'ajouta rien. Il mâchonna sa biscotte sans réel appétit, le regard dans le vague, et les pensées, incontrôlables, dirigées vers son vampire.
-Est-ce qu'il va réellement nous aider, ton vampire? Demanda Ron.
-Ce n'est pas mon vampire, râla Harry, pour la forme, car l'idée que Draco soit son vampire lui était plaisante.
Ron leva les yeux au ciel.
-Peu importe! Il va nous aider ou pas?
-J'en sais rien...Oui...Peut être.
Harry soupira. Il n'avait aucune idée de ce qu'étaient les intentions du vampire, et n'avait aucune envie de les lui demander. Il savait que Draco ne rendait de compte à personne, certainement pas à lui, et qu'il ne répondrait surement pas à ses questions. Harry n'avait aucune idée de ce que Draco faisait lorsqu'il n'était pas avec lui, et n'était pas sûr de vouloir le savoir.
-Tu pourrais lui dire de...
-Ron, coupa Harry. C'est un vampire. Il a passé l'éternité à faire ce qu'il voulait, quand il voulait, où il voulait. Ce n'est pas mon arrivée dans sa vie qui va y changer quelque chose. Si tu crois que je peux influencer dans ses décisions d'une quelque manière que ce soit, je te détrompe de suite, il n'en est rien.
-Mais tu es son calice!
-Non! Enfin, si. Mais ça ne change pas grand chose, crois-moi.
Ron soupira.
-Qu'est-ce qu'on fait alors? Demanda-t-il.
Harry haussa les sourcils. Il avala sa dernière bouchée de biscotte.
-Comment cela, qu'est-ce qu'on fait? Demanda-t-il. On doit trouver les Horcruxes. C'est impératif. Le journal a été détruit, la bague aussi, par Dumbledore. Nous avons le médaillon en notre possession.
Tout en parlant, il énuméra les Horcruxes sur ses doigts.
-D'après Dumbledore, la coupe de Poufsoufle serait également un Horcruxe, ainsi qu'un objet ayant appartenu à Serdaigle. Le serpent, peut être, pourrait être...
-On sait tout ça, vieux, coupa Ron. Crois-moi, ça fait plus d'un mois qu'on se le rabâche. La question n'est pas de savoir ce qu'ils sont, mais où ils sont.
Harry resta muet, coupé dans son élan. Il n'avait aucune idée d'où pouvaient se trouver les autres Horcruxes. Il observa Ron, puis Hermione, espérant peut être les entendre déverser tout un tas d'idées sur lesquelles ils avaient passé des heures à débattre ces derniers jours, mais rien ne vint.
-Ce sont des lieux qui ont marqué Vous-Savez-Qui, affirma Harry avec conviction.
-On sait ça aussi, grogna Ron.
Harry lui jeta un regard noir. Agacé par le comportement de son meilleur ami, il croisa les bras et se plongea dans un silence boudeur et pensif. Il avait la conviction intime que leur quête n'était pas prête à être achevée. Et au vu des regards sombres de ses amis, ils pensaient la même chose.
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Le soir venu, Harry montait les marches d'un pas lourd, jusqu'au deuxième étage. Il se frottait le ventre, et se faisait l'impression d'avoir trop mangé, ce qui ne lui était pas arrivé depuis des semaines. Kreattur cuisinait toujours trop, et il le resservait tant que Harry ne l'arrêtait pas, apparemment désireux de suivre les ordres de Draco, qui voulait que son calice soit bien nourri. Bien nourri, Harry l'était, sans aucun doute.
Il était néanmoins heureux qu'il y ait assez de nourriture pour ses amis, car il se voyait mal manger pour trois alors que ses amis, eux, jeûnaient.
Rassasié, il visait sa chambre avec dans l'idée de faire une sieste de plusieurs jours. Néanmoins, tous ses plans tombèrent à l'eau lorsque, en entrant dans sa chambre, il avisa le lit occupé. Il se figea net sur le pas de la porte, son souffle se bloquant dans sa gorge.
Hésitant, car il avait un peu peur que Draco ne se redresse brusquement et ne lui saute dessus, il s'approcha doucement du lit. Le vampire était allongé sur le dos, torse nu, un bras posé devant ses yeux. Totalement immobile, pâle, il aurait pu passer pour mort. Sa poitrine ne se soulevait pas. Harry balaya le corps musclé du regard, respirant à peine. Du bout des doigts, il toucha son bras, qui était froid.
-Draco? Appela-t-il doucement. Vous êtes mort?
Draco abaissa doucement son bras et lui jeta un regard peu amène. Harry haussa les sourcils, et tenta d'esquisser un léger sourire, mais il en fut incapable. Le regard gris le paralysa tout entier, et il resta bêtement planté debout près du lit.
-Tu veux quelque chose? Finit par interroger sèchement le vampire.
Harry ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Il était fatigué, et voulait s'allonger. C'était une demande bien légitime, pour un calice. Draco, lui, ne ressentait aucune fatigue, c'était juste de la paresse.
-Tu veux dormir, soupira Draco au bout de quelques secondes de silence. C'est légitime.
Harry hocha doucement la tête, un peu contrit. Il savait combien Draco n'aimait pas être dérangé, et combien ça le rendait furibond. Mais le vampire se contenta d'enrouler l'un de ses bras autour de ses hanches et, d'un geste vif et brusque, il le tira vers lui. Pris au dépourvu, Harry tomba sur le lit sans délicatesse aucune, en travers du corps allongé de Draco. Il grogna, mais ça ne sembla pas affecter le vampire.
Harry se redressa du mieux qu'il put, et dégagea les mèches qui lui tombaient sur le visage. Draco arborait un léger sourire en coin narquois, alors qu'il le regardait se redresser en grognant. Agacé, Harry lui jeta un regard noir.
-Vous manquez cruellement de délicatesse, lui fit-il remarquer en s'asseyant plus dignement sur le lit. C'est affligeant.
Le sourire de Draco s'agrandit. Il tendit le bras pour repousser de lui même les mèches de son calice, mais Harry eut un mouvement de recul. Il s'éloigna jusqu'à être hors de portée des mains envahissantes.
-Je te pris de me pardonner, murmura Draco sans cesser de sourire. J'oublie souvent que tu es si...humain.
Harry lui jeta un nouveau regard noir. Draco se moquait clairement de lui. Dans sa bouche, être humain signifiait être faible, sentimental, influençable, mou, lent. Bref, rien de réjouissant. Le jeune homme resta sagement assis en tailleur au bout du lit, surveillant du coin de l'œil le vampire immobile.
Il voulait s'allonger, mais n'osait pas s'approcher. Il avait la sensation que Draco s'apprêtait à se jeter sur lui pour le dévorer de toutes les façons possibles. C'était angoissait.
Ils restèrent ainsi pendant ce qui parut à Harry une éternité. Il observait le torse du vampire avec intensité, attendant le moment où il se soulèverait. Mais il restait immobile, lui rappelant que l'homme allongé dans son lit était un vampire. Un vampire qui se nourrissait exclusivement de son sang. Un vampire à qui il était lié pour l'éternité. Harry avait encore du mal à le réaliser. Parfois, cet état de fait l'effrayait. Quand il y pensait réellement, il se projetait dans dix, vingt, cent, mille ans, et se voyait toujours jeune, plein de vitalité, éternel, avec à ses côtés, toujours, Draco. Il ne s'en réjouissait pas.
-Je suis sur le point de fondre en larmes, Potter.
Harry se redressa précipitamment, et jeta un coup d'œil furtif au vampire. Il avait passé un bras derrière sa tête, et fermé les yeux. Son visage était apaisé, calme, et Harry resta là à l'observer pendant de longues minutes. Draco était indéniablement beau. Il avait cette beauté froide et marmoréenne qui caractérisait les vampires. Son visage pâle était impassible, et ses cheveux d'un blond presque blanc tombaient en mèches aériennes sur son visage. Harry ne s'avouait pas gay, mais s'il avait pu choisir un type d'homme avec qui passer sa vie, il aurait choisi un homme comme Draco. Pas au niveau caractère, évidemment, mais physiquement, Harry s'y retrouvait.
Draco ouvrit les yeux à cet instant là, et, inévitablement, Harry se mit à rougir. Il était heureux que Draco ne puisse lire dans ses pensées. Face à son rougissement inopiné, le vampire haussa un sourcil étonné. Lentement, il se redressa, fixant Harry de son regard gris intense, son intérêt piqué à vif.
-A quoi tu penses? Demanda-t-il, l'air très intéressé. Pourquoi rougis-tu?
-Vous ne saurez pas.
Harry pouvait se montrer très têtu. Présentement, il n'avait absolument pas envie que Draco sache à quoi il pensait quelques secondes auparavant. La phrase, néanmoins, eut le mérite de faire hausser un sourcil à Draco. Sans lâcher son jeune calice des yeux, il s'approcha doucement de lui, jusqu'à venir s'asseoir juste en face de lui.
-Dis-moi Harry, insista-t-il, ses yeux dévorant le visage rougissant du garçon.
Harry secoua la tête, rougissant de plus belle. Le regard intense de Draco, qui vrillait le sien avec insistance, lui faisait perdre tous ses moyens. Sa proximité, ses genoux qui touchaient les siens, Harry était amplement conscient de tous les détails qui les rapprochaient, et tout cela le troublait. Draco leva le bras et vint toucher du bout des doigts l'une des joues enflammées de son calice. Il esquissa une moue agacée que Harry trouva proprement irrésistible et murmura tout doucement:
-S'il te plaît?
Harry cligna des yeux. C'était la première fois que Draco se montrait si correct avec lui. Si charmeur aussi. Le vampire n'avait jamais essayé de le séduire, c'était un fait. Néanmoins, il n'était pas prêt à se laisser avoir et il se contenta de secouer la tête.
Le sourire naissant de Draco disparut. Il soupira, baissa la tête, et lança à Harry un regard sévère, par dessous ses longs cils. Perplexe face à son comportement, et connaissant le caractère imprévisible du vampire, Harry resta sur ses gardes.
-Je vais être obligé de te torturer, alors.
Harry écarquilla les yeux. L'air sérieux de Draco n'était pas pour le rassurer. Il déglutit difficilement et secoua imperceptiblement la tête. Sa réaction angoissée fit sourire Draco.
-Vous allez vous donner beaucoup de peine pour pas grand chose.
Mais le vampire, agile, c'était déjà redressé sur ses genoux. Ses mains s'emparèrent du pull de Harry, et il le souleva pour le lui faire enlever. Harry le laissa faire, levant les bras pour lui faciliter la tâche. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine. Draco s'attela aussitôt à lui déboutonner les premiers boutons de sa chemise, afin de lui dégager le cou. Harry fixa ses doigts agiles s'agiter, sans bouger. Lorsqu'il releva les yeux, il s'aperçut que Draco le fixait avec cette avidité qui le caractérisait. Il rougit instantanément, accroissant le sourire narquois de Draco.
-Pourquoi es-tu mal à l'aise? Demanda-t-il en se penchant. Plus de gêne entre nous, Harry.
Il posa doucement ses lèvres sur la joue rouge de Harry, appréciant sa chaleur. Puis, lentement, il les fit glisser le long de la mâchoire. Harry frissonna et rejeta la tête sur le côté, pour l'inciter à les faire glisser sur son cou. Peu contrariant, Draco s'exécuta, et il vint sucer la peau exquise de son calice, au niveau de sa jugulaire. Harry haleta, et il s'accrocha à la chemise de son vampire.
Draco l'incita à s'allonger, et Harry se laissa tomber en arrière sur le lit. Draco s'allongea au dessus de lui, le recouvrant de tout son corps, sans jamais rompre le contact de ses lèvres fraiches sur le cou tendu de Harry. Elles s'échouèrent finalement sur les deux marques rouges, rondes et nettes, qui étaient la trace ultime de l'appartenance de son calice. Il les suça, les lécha, et les mordilla avec avidité, appréciant le corps de Harry qui s'arquait contre le sien. Il passa ses mains dans le creux du dos du garçon, et plaqua fortement son corps contre le sien. Les bras de Harry s'enroulèrent autour de sa nuque, poussant son visage contre son cou avec force.
Lorsque le cou de Harry fut rouge de ses attentions, il se redressa, et les mains crispées dans ses cheveux ne l'en empêchèrent pas Il posa son front contre celui de son calice, et pendant de longues secondes, ils se regardèrent dans le blanc des yeux. La respiration de Harry était saccadée, et ses joues étaient plus rouges que jamais.
-Qui était cet homme qui est venu ce matin?
Cela prit plusieurs secondes à Harry pour qu'il reprenne contact avec la réalité. Il eut du mal à comprendre ce qu'il se passait. Draco était sur le point de le mordre, il y a quelques secondes, et maintenant il l'interrogeait sur ce qu'il s'était passé la le maton même.
-Remus Lupin. Un ami de mon père. Membre de l'Ordre.
-C'est un loup garou, dit Draco, et c'était une affirmation.
Refroidi, Harry lâcha les cheveux de Draco et ses bras retombèrent de part et d'autre de son corps. Draco, lui, ne le lâcha pas. Il continua à le tenir possessivement contre lui. Incapable de le quitter des yeux, Harry le fixait intensément, hypnotisé par son regard gris.
-Et alors? Souffla-t-il.
Sans rien dire, Draco secoua la tête, impassible. Il baissa à nouveau la tête, et enfouit son visage dans son cou délicat. Il frotta son nez contre la peau fragile de son calice qui se cambra à nouveau instantanément contre lui. Le vampire inspira profondément pour s'imprégner de son odeur. Puis ses lèvres revinrent caresser les deux marques rouges. Harry gémit tout près de son oreille, et ses mains vinrent à nouveau s'agripper à ses cheveux, bien décidé à le garder près de lui cette fois-ci.
Draco suça les deux marques avec avidité, mais il ne les mordit pas, au grand désarroi de son calice. Au bout de quelques secondes, quand il comprit que Draco n'avait pas l'intention de le mordre, Harry grogna. Il poussa le visage du vampire tout contre son cou.
-Qu'est-ce que vous faites? Gémit-il, agacé.
Draco se redressa légèrement. Il fixa son calice, dévorant son visage à l'air extatique du regard.
-Je te torture, répondit-il avec un léger sourire en coin amusé.
A nouveau, Harry grogna. Draco s'empara de ses mains qui étaient crispées dans ses cheveux et, sans difficulté, il lui fit lâcher prise. Il emprisonna les deux poignets du jeune homme dans sa poigne de fer et lui leva les bras pour les lui poser au dessus de la tête. Harry se tortilla pour se libérer, le geste du vampire n'étant pas de son goût. Il se sentait ainsi trop soumis, et le sourire du vampire, qui, lui, appréciait grandement sa supériorité, lui déplaisait grandement.
-Je ne sais même plus pourquoi vous voulez me torturer, chuchota-t-il.
Draco posa délicatement ses lèvres sur l'une des joues enflammées de Harry. Il inspira profondément l'arome de la peau de son calice.
-Moi non plus, je ne sais plus, répondit-il.
Il se redressa, et vint s'asseoir à cheval sur les hanches de Harry, sans pour autant lâcher ses poignets qu'il tenait fermement au dessus de la tête du jeune homme. Penché en avant, ses mèches blondes chatouillaient le visage de Harry, qui essayait toujours d'échapper à sa prise. Draco ne semblait pas forcer pour le retenir, et il arborait toujours son sourire en coin supérieur qui agaçait fortement Harry.
-Quels objets penses-tu que le Seigneur des Ténèbres ait pris comme Horcruxes?
Harry resta interdit pendant quelques secondes. Il cessa de se tortiller sous Draco et jeta au vampire un regard méfiant. La prise sur ses poignets lui était douloureuse, mais Draco ne semblait pas s'en apercevoir. Il le fixait avec cette intensité qui le caractérisait, et qui mettait inévitablement Harry mal à l'aise. Il était incapable de se soustraire à ce regard, comme toujours, qui semblait lire au plus profond de lui.
Incapable de réfléchir correctement sous l'emprise à la fois physique et mentale qu'avait Draco sur lui, Harry mit de longues secondes à rassembler ses esprits. Draco attendit patiemment, dévorant littéralement du regard les lèvres rouges de son calice, ses yeux d'un vert magnifique, ses joues rougies.
-C'était les idées de Dumbledore, pas les miennes, répondit-il finalement. Il pensait que Jedusor voulait comme Horcruxes des objets ayant appartenu aux fondateurs de Poudlard.
-Qu'est ce qui lui faisait penser cela?
Harry tira sur ses bras, mais Draco ne sembla même pas s'en rendre compte. Il était si penché au dessus de lui que son nez frôlait le sien. Harry ne voyait plus que du gris. Il avait chaud.
-Il pensait que Jedusor, dans sa folie des grandeurs, voulait des objets ayant un passé chargé, et qui étaient synonymes de valeur et de grandeur. Jedusor considérait Poudlard comme sa première maison, et avait un grand respect pour ses fondateurs, surtout pour Serpentard dont il est l'Héritier. Il pensait donc que des objets ayant appartenu à l'un d'eux étaient dignes d'accueillir un morceau de son âme.
-Bien sûr. L'arrogance de Tom Jedusor n'est plus à prouver, souffla Draco.
Harry ne dit rien, mais Draco continua:
-Quels sont ces objets, selon Dumbledore?
Harry réfléchit quelques secondes, rassemblant ses idées.
-Il a parlé du médaillon de Serpentard, que Ron et Hermione ont trouvé. Et de la coupe de Poufsouffle. Nous savons que Jedusor l'a volée à une certaine Hepzibah Smith, donc il l'a eue en sa possession. Il l'a alors surement transformée en Horcruxe, et cachée quelque part.
Draco grogna légèrement, compréhensif.
-Et Griffondor et Serdaigle?
-Il y a peu de chance que Jedusor ait réussi à s'emparer de l'épée de Griffondor. Quant à Serdaigle, je ne sais pas. Nous ne connaissons aucun objet lui ayant appartenu.
Draco secoua légèrement la tête, sans lâcher Harry du regard. Le jeune calice ne semblait plus vraiment savoir où il était. Il avait cessé de tirer sur ses bras, et s'abandonnait totalement à l'emprise de son vampire. Draco jubilait intérieurement, ravi de l'influence qu'il avait sur ce garçon un peu rebelle. Il aimait le voir si soumis, si abandonné à sa domination. A cet instant, il aurait pu faire de lui ce qu'il voulait. Et cette idée était grisante.
Draco réfléchit quelques secondes, son visage impassible. Puis il demanda:
-Admettons qu'il ait transformé la coupe en Horcruxe, dit-il. Où l'aurait-il cachée?
-Je ne sais pas, répondit Harry, qui semblait en avoir marre de cet interrogatoire.
Draco sembla s'en apercevoir car il se pencha en avant et ses lèvres vinrent se poser délicatement sur la joue de son calice. Il l'embrassa doucement, puis il les laissa glisser le long de la mâchoire du jeune homme. Il lécha sa gorge avec avidité, puis il glissa sa main libre sous la nuque de Harry. Il la suréleva légèrement tandis que sa langue retraçait la jugulaire de son calice.
-Tu m'es d'une précieuse aide, Potter.
Harry cligna des yeux, tentant de donner un sens aux paroles de Draco.
-C'est vous qui êtes sensé m'aider. Pas l'inverse.
Pour toute réponse, Draco grogna. Ses canines acérées griffèrent légèrement la zone sensible de son cou et le jeune homme s'arqua brutalement sous lui. Leurs deux bassins se rencontrèrent, et Harry gémit longuement. Quelques secondes après, les crocs du vampire déchirèrent la peau tendre de son cou, et se plantèrent profondément dans sa jugulaire. Harry laissa échapper un long gémissement des plus bruyants, et les muscles de ses bras se bandèrent sous le plaisir extatique qui envahit son corps entier.
Les canines du vampire se plantèrent profondément en lui, et toute raison le quitta instantanément. Il fixa le plafond d'un blanc laiteux sans le voir, savourant la sensation de Draco en lui, de son vampire buvant son sang directement à sa source. Il aimait savoir qu'il comblait son vampire, que Draco se nourrissait exclusivement de son sang et qu'il en était hautement satisfait. Il adorait le voir suspendu à son cou, et le sentir aspirer son liquide vital hors de lui pour s'en repaître. Il semblait à Harry que la morsure était devenue le centre de sa vie, qu'il ne vivait que pour le moment où il devrait assouvir la soif malsaine de son vampire.
Le plaisir que lui procurait Draco était aussi puissant que celui qu'il avait ressenti lorsqu'ils avaient couché ensemble. C'était le même genre de plaisir, puissant, comblant, extatique. C'était tout aussi intime, pour Harry. Il associait de plus en plus la morsure à un acte sexuel, à tel point qu'il serait mortifié s'ils se faisaient un jour surprendre.
Draco aspirait son sang avec cette lenteur cruelle qui était la sienne lorsqu'il buvait. Il prenait de longues gorgées, et à chacune d'entre elles, Harry plongeait dans une extase délirante. Draco tenait ses poignets fermement, ne lui laissant aucune échappatoire possible. Son autre main soutenait sa nuque, pressant son cou contre ses lèvres. Harry s'en trouvait un peu délaissé au niveau de son érection qui était désagréablement compressée dans son pantalon.
-Draco, souffla-t-il.
La réponse du vampire fut si vive que Harry se demanda s'il avait lu ses pensées. Sans rompre le contact, il s'allongea à côté de lui, et sa main se glissa habilement dans son pantalon pour venir s'enrouler autour de son érection brûlante. Harry se détendit aussitôt, et s'abandonna totalement aux caresses légères, pleinement comblé. La main qui caressait son érection lui procurait des sensations exquises, mais ce n'était rien comparé à la sensation des dents aiguisées de son vampire plantées profondément dans sa gorge.
Sa langue habile rattrapait chaque goutte de sang qui menaçait de lui échapper. Il soufflait doucement contre le cou de son calice, ce qui faisait invariablement frissonner le jeune homme. Harry sentait ses canines glisser dans son cou lorsqu'il déglutissait, et la sensation était si délicieuse qu'elle le menait plus vers l'orgasme que la main de Draco sur son sexe.
Plus les minutes passaient, et plus le corps alangui de Harry se faisait lourd sur le lit. Draco aurait pu lâcher ses poignets, Harry n'aurait pas eu la force de bouger. Le plafond semblait tanguer au dessus de lui, et il ferma les yeux. Des gémissements ininterrompus s'échappaient d'entre ses lèvres entre-ouvertes. Son corps était parcouru de frissons, et il sentait l'extase approcher dangereusement.
Le plaisir du vampire, qui sentait le sang couler le long de sa gorge, était tel que Harry le ressentait par le lien. Sa poigne se raffermit sur son érection, ses mouvements se firent plus prononcés et Harry devina qu'il voulait finir.
L'orgasme le frappa lorsque Draco prit une ultime gorgée. Il déglutit avidement dans son cou, et retira sa main de son pantalon, en même temps que sa prise sur son cou. Harry était frissonnant et exalté contre lui. Draco enserra son corps mince de ses deux bras puissants puis le plaqua fermement contre lui, possessivement, avant de rabattre la couverture sur leurs deux corps enlacés. Le calice, affaibli, enfouit son visage dans son cou, et plongea instantanément dans un sommeil profond et réparateur. Enfin repu, et totalement comblé, Draco inspira profondément l'odeur de son calice, qui transpirait le bien être et la satisfaction.
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J'espère que ce chapitre vous a plu! Vous avez aimé les retrouvailles avec Lupin? Il est plus compréhensif que Ron et Hermione, non?
On se retrouve la semaine prochaine!
A+
