Bonjour à tous!

Avant tout, je tiens à remercier, comme tous les samedis, tous ceux qui 'mont laissé des review anonymes: Kisis (pour les deux review!), Choupy, lu (pas de suite, la rencontre, je le crains ;), nepehria4, Tsuki, Sélènè, Shinan, lalala1995, Anna.

Ce chapitre est plus court que d'habitude, désolée. Néanmoins, c'est l'un de mes préférés jusqu'à présent, ou en tout cas, un de ceux que j'ai préféré écrire! Le genre de chapitre que j'écris en deux heures en mangeant des tonnes de m&m's et en regardant le replay de TPMP.

J'espère qu'il vous plaira également!

Enjoy!

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Chapitre 24

Certains moments ont un goût d'éternité

Marc Levy

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Hermione était confortablement installée dans le canapé miteux du salon du premier étage. Les jambes recroquevillées sous elle, elle lisait un livre intitulé "Les secrets les plus sombres de la magie noire", qu'elle avait volé à Poudlard à la fin de l'année précédente. Elle en tournait les pages avec précaution, afin de ne pas les abîmer. Ses sourcils étaient froncés sous la concentration, et l'expression de son visage était tordue en une moue mi dégoûtée, mi fascinée. Une mèche bouclée tombait devant ses yeux, et elle la remettait régulièrement derrière son oreille, afin qu'elle ne la gêne pas.

Les rideaux étaient grands ouverts, laissant entrer dans la pièce les rayons d'un soleil à son zénith. Ils inondaient le salon d'une lumière chaleureuse, qui faisait pétiller les yeux de la jeune fille.

Hermione tourna doucement une page avec le plat de la main, et parcourut rapidement le texte des yeux. Des tâches noirâtres maculaient les marges, et elle en effleura une du bout d'un doigt. Elle espérait trouver des indications sur les Horcruxes parmi la centaine de pages que contenait le livre. Avoir la possibilité de détruire le médaillon serait un vrai pas en avant, en attendant de pouvoir trouver les autres, et aiderait à leur remonter le moral à tous.

Il était près de deux heures de l'après midi, et la fin de l'été approchait à grand pas, malgré le soleil éblouissant qui brillait à l'extérieur.

Une semaine était passée depuis le retour de Harry au Square Grimmault. Une semaine pendant laquelle Hermine avait découvert un Harry effacé et mal à l'aise, qui fuyait leurs questions pressantes et évitait leurs regards. Il se montrait renfermé sur lui même, ne parlait jamais de ce qu'il ressentait et, Hermione avait fini par le comprendre, passait son temps à chercher son vampire des yeux, alors même qu'il savait qu'il n'était pas présent dans la pièce. Ses yeux se posaient régulièrement sur la porte, avant de se détourner précipitamment, comme s'il luttait lui même contre ce besoin instinctif de chercher la présence de son vampire.

Le jeune homme passait des heures et des heures entières à dormir. Parfois, il n'apparaissait pas de la journée, et elle l'entendait sortir de sa chambre le soir venu, pour aller engloutir quantité de nourriture dans la cuisine. Elle ne lui en voulait pas, car elle savait qu'il était légitime qu'un calice dorme beaucoup. Mais elle ne comprenait pas pourquoi Harry était si décalé par rapport à eux, comme s'il faisait tout pour les éviter.

Quand il était avec eux, Harry se montrait silencieux et pensif, l'esprit clairement ailleurs. Sa fatigue, peu importe le nombre d'heures qu'il avait passées à dormir, était toujours clairement perceptible. Hermione ne pouvait empêcher son regard de se poser sur les lèvres d'un rouge sanguin de son ami, et qui passaient à un pâle translucide du jour au lendemain. Elle évitait de penser à ce qu'il pouvait se passer entre temps, même si elle en avait une idée assez précise. Une idée qui l'horrifiait, et qui la faisait se sentir désolée pour son ami. Elle aurait aimé pouvoir faire quelque chose pour Harry, pour l'aider à mieux supporter sa situation, mais elle se sentait si impuissante qu'elle n'osait même pas évoquer l'affaire avec lui.

Hermione comprenait mal la relation qui pouvait unir un calice à son vampire, ce qui était le cas de la plupart des humains. Qu'un homme, ou une femme, donne de son plein gré du sang à une créature aussi vile qu'un vampire touchait à l'ordre de l'inconcevable. Rien qu'imaginer les crocs acérés des vampires qu'elle avait vus dans les livres percer la peau de son cou, des frissons remontaient le long de son corps. Il lui semblait ressentir la douleur déchirante que pouvait ressentir celui ou celle qui se faisait mordre, et elle en était toujours plus épouvantée.

L'idée que Harry soit un calice la mettait clairement mal à l'aise. Elle voyait que Harry était lui aussi confus et embarrassé à cette idée, et qu'il avait encore du mal à l'accepter complètement. Elle connaissait si bien Harry qu'elle pouvait deviner le combat qui se jouait dans ses yeux, entre accepter ou lutter contre le lien. Elle essayait parfois de s'imaginer ce qu'il pouvait ressentir, lui qui rêvait de fonder une famille qu'il n'avait jamais eue, à être ainsi lié à un vampire immortel pour l'éternité. Elle essayait de se mettre à sa place, mais c'était quelque chose d'extrêmement difficile. Elle ne savait pas ce que Harry avait vécu ces dernières semaines, séquestré par un vampire qui le revendiquait comme sien. Elle ne savait pas non plus ce qu'était leur relation, et quel était le caractère du vampire, dont Harry ne parlait jamais.

Hermione releva les yeux quand Ron pénétra dans la pièce, les pieds trainants. Elle referma le livre qu'elle avait arrêté de lire depuis quelques minutes déjà et le regarda approcher. Ron vint s'affaler à l'autre bout du canapé en soupirant.

-Je vois que Harry n'est pas là, remarqua-t-il, et sa voix était amère.

Hermione le fixa durant quelques secondes. Ron semblait beaucoup souffrir de l'indifférence apparente de son meilleur ami. Il essayait constamment de le lancer sur le sujet des Horcruxes, espérant entendre Harry dévoiler un plan à mettre en œuvre dans les jours qui suivaient. Mais Hermione avait remarqué que Harry glissait sur le sujet sans vraiment s'y intéresser. Il ne semblait que peu prêter attention à leur mission, ce qui l'inquiétait de plus en plus.

-Il dort, dit Hermione.

Ron soupira.

-Encore.

Hermione se détourna de la mine sombre de son ami. Elle fixa la fenêtre illuminée par la lueur vive des rayons de soleil. Dehors, le ciel était d'un bleu lumineux, qui lui donnait envie de sortir se promener.

-Les calices se régénèrent en dormant, Ron, expliqua-t-elle. Harry a besoin de beaucoup dormir afin que son corps se repose et récupère des prises de sang régulières.

Ron fixait le visage de Hermione, tournée vers la fenêtre. Certaines de ses mèches tournaient au roux sous le soleil.

-Je sais bien. Mais je croyais qu'il n'avait plus...Tu sais...Donné son sang depuis qu'il était arrivé.

Ses joues se colorèrent d'une teinte rosée. Parler de son meilleur ami ainsi le mettait mal à l'aise. Il avait pleinement conscience de ce qu'était la fonction d'un calice, mais il ne voulait pas imaginer son ami se laisser mordre de son plein gré pour apaiser la soif de son sang d'un vampire.

Hermione leva les yeux au ciel, avant de se retourner vers lui.

-Ron, soupira-t-elle. Tu ne crois pas sérieusement à ça?

-A quoi?

-A toutes ces salades que nous raconte Harry! Un calice, et encore plus un vrai calice, comme Harry, ne peut pas se passer plus de quelques heures de la présence de son vampire à ses côtés.

Ron la regarda, l'air interdit.

-Un calice a besoin d'être mordu régulièrement. Dans le cas contraire, ça pourrait être dangereux pour lui.

-Ca veut dire quoi? Interrogea Ron, qui semblait développer des efforts surhumains pour ne pas comprendre où Hermione voulait en venir.

La jeune fille posa patiemment son livre sur ses genoux, et vrilla Ron de son regard perçant.

-Ca veut dire que le vampire de Harry se promène dans la maison régulièrement, et que Harry affirme avec conviction qu'il ne sait plus où il est depuis une semaine.

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La langue chaude et humide glissa le long de son cou avec une lenteur démentielle, laissant une trainée brûlante dans son sillage. Harry rejeta la tête en arrière, en une invitation muette, mais elle se contenta de glisser le long de sa veine sans s'y attarder, et jusqu'à sa clavicule. Il réprima un grognement lorsqu'elle s'éloigna du point stratégique de son cou, et continua sa descente implacable le long de l'os saillant de son épaule, jusqu'à s'échouer sur l'un de ses pectoraux.

Tout le corps de Harry était en feu. Ses yeux étaient grands ouverts, mais fixaient un point invisible sur le plafond d'un blanc nacré. Le soleil entrait à flot par la fenêtre, illuminant la pièce d'une lumière crue et chaleureuse. Harry avait chaud, et les draps collaient désagréablement à son corps humide de sueur.

La langue glissa sur son mamelon, et Harry haleta. Ses mains, qui étaient agrippées aux bras musclés du vampire se crispèrent violemment. Il arqua son bassin, sans vraiment réfléchir, cherchant à créer plus de contact entre leurs deux corps. Mais le vampire se tenait hors de portée, tendu sur ses bras loin au dessus de Harry, semblait-il. Sa langue continuait sa descente implacable, s'attardant sur son nombril qu'il s'appliqua à lécher.

Harry plissa les yeux, afin de se concentrer. Il cligna plusieurs fois des paupières, tentant de reprendre contact avec la réalité.

-Draco, souffla-t-il. Je ne pense pas que...

Les canines aiguisées du vampire griffèrent son ventre et il s'interrompit. Il se sentait si bien, à cet instant, qu'il aurait pu s'endormir instantanément, confortablement calé sur ce matelas moelleux. Son corps entier était parcouru de frisson, et savoir Draco près de lui lui procurait un bien être immense. Il se sentait infiniment bien, mieux que depuis des jours, très certainement.

Les mèches du vampire chatouillaient agréablement son ventre, faisant se contracter ses abdominaux. Sa langue, toujours aussi aventureuse, retraçait sans fin toutes les formes de son corps, explorant les cavités et les excroissances avec une agilité qui le faisait frissonner. Il aurait aimé qu'il remonte vers son cou, et plante ses crocs acérés au plus profond de lui, mais se sentait incapable de formuler une phrase correcte.

Ses paupières papillonnèrent et tout devint noir durant quelques minutes. Le souffle frais du vampire balaya son ventre, et il frissonna. Il laissa sans un mot le vampire explorer son corps de sa bouche, plongeant peu à peu dans un état de somnolence bienfaitrice que seule la présence du vampire pouvait lui procurer. Le sentiment immense de sécurité qu'il ressentait, cette conviction implacable d'être ici protégé de tous dangers, le rendaient totalement extérieur à tous soucis qu'il aurait pu avoir à cet instant. Il ne pensait à rien d'autre qu'à cette langue taquine qui appartenait à son vampire et qui jouait sur son corps. Il était ici à sa place, et cette certitude lui procurait un sentiment puissant de plénitude absolue.

-Potter, ne me fait pas l'insulte de t'endormir maintenant.

Harry ouvrit les yeux, et fut ébloui par la clarté de la pièce. Il ne vit rien d'autre que le plafond blanc, mais reprit conscience des lèvres fraîches de Draco qui caressaient son ventre. Ses mains avaient lâché les bras du vampire, et reposaient mollement le long de son corps. Il n'avait pas eu conscience de s'être endormi avant que Draco ne le rappelle à l'ordre, et il laissa échapper un long soupir bienheureux.

La langue brûlante traça une ligne droite juste au dessus de la lisière de son pantalon, et il grogna légèrement. Il était plongé dans un état d'engourdissement et de torpeur doucereuse. La réalité s'éloignait doucement de lui, et ses paupières se refermèrent délicatement. Il s'abandonna sans broncher dans l'étreinte exquise de Draco, sans crainte ni appréhension, mais avec confiance. Seul Draco pouvait l'amener à un état de volupté aussi absolue, et le calice qu'il était se régalait des attentions de son vampire. Draco était rarement aussi attentif à lui, et il prenait peu le temps de rester aussi longuement à ses côtés.

-Harry, tu es fatigué?

Il sursauta légèrement lorsque la voix veloutée de son vampire résonna tout près de son oreille. Il ouvrit à nouveau les yeux en soupirant. Il entendit Draco prendre une longue et profonde inspiration dans son cou, et laissa sans broncher son vampire se repaître de son odeur.

Ses membres étaient lourds, et tout son corps pesait contre le matelas. Il sentait les draps enroulés autour de ses chevilles, l'oreiller rembourré sous sa tête, le soleil qui brûlait sa peau avec pourtant bien moins d'ardeur que la langue de son vampire ne l'avait fait.

Il sentit la main de Draco glisser dans ses cheveux, repoussant les mèches rebelles en arrière pour dégager son visage. Son souffle frais s'échoua dans son cou, et le vampire reprit aussitôt une profonde inspiration. Son nez chatouillait Harry juste en dessous de son oreille, et ses cheveux frottaient agréablement sa joue.

La main de Draco descendit sur sa joue, et il la caressa doucement, avec tendresse.

-Tu es fatigué, répéta-t-il, et c'était une affirmation cette fois.

Son pouce caressa l'une des paupières de son calice, effleurant ses cils, avant de parcourir sa joue en une caressa aérienne. Puis il le glissa habilement entre ses lèvres, et effleura sa langue avec volupté. Presque aussi vite, il le retira, et sa main glissa doucement pour venir agripper sa gorge.

-Tu ne dors plus assez, depuis que tu es ici, continua-t-il à l'intention de son calice somnolent.

Il souffla à nouveau, et Harry frissonna. Sans lâcher sa prise sur la gorge offerte du garçon, il se positionna à côté de lui, glissa l'une de ses jambes entre celles de Harry, les écartant autoritairement. Il posa son coude tout près de la tête de son calice, et posa sa joue sur sa main ouverte. De là, il observa avec avidité le visage apaisé du garçon couché près de lui.

Il émanait de Harry un sentiment puissant de bien être, qui se répercutait dans son propre corps. Draco ressentait la paix intérieure du garçon avec force, et s'en sentait plus apaisé qu'il ne l'avait été depuis longtemps. Ils n'avaient pas encore eu à nouveau de relation sexuelle, pourtant le manque de son calice ne se faisait pas aussi pressant qu'il l'aurait pensé. Il sentait que Harry acceptait le lien, et il savourait cet abandon dont faisait preuve son calice quand ils étaient ensemble. C'était grisant de le voir aussi confiant en sa présence, aussi soumis à ses caresses.

Draco avait conscience que la présence de ses deux amis dans la maison, et avec lesquels Harry passait le plus clair de son temps influait beaucoup sur leur relation. Après des heures entières de séparation, il sentait l'avidité et le besoin pressant qu'avait Harry de se retrouver près de lui. Parfois, dans la journée, il sentait son calice l'appeler avec tellement de force, même inconsciemment, qu'il se sentait obligé de rentrer et de revenir près de lui.

Dans ses moments là, il s'abandonnait dans ses bras avec tellement de docilité que son instinct de domination en était comblé. Harry ne râlait plus qu'occasionnellement quand ses mains se faisaient entreprenantes, et réclamait la morsure si souvent et avec une telle insistance que Draco avait du mal à ne pas céder aux supplications de son calice.

Parallèlement, le fait que Harry passe tant de temps en compagnie d'autres que lui était quelque chose de dur à supporter. Il avait du mal à partager le garçon, même s'il ne faisait que parler avec ses amis. De le savoir si proche d'autres personnes décuplait son instinct de possession et le rendait irascible les fois où Harry était assez rationnel pour se plaindre de ses avances. Draco avait pris l'habitude de mordre Harry en début de journée afin d'être sûr qu'il ne se réveillerait qu'en pleine nuit, là où ses amis dormaient et qu'il serait le seul à profiter de son calice.

Draco sursauta lorsqu'il sentit le calice glisser dans son sommeil. Il pressa doucement ses doigts sur sa gorge pour le réveiller, et observa ses paupières papillonner doucement alors qu'il revenait à lui.

-Harry, appela-t-il pour le garder éveiller. Il y a des moments où tu ne peux pas juste t'endormir.

Il se pencha un peu en avant pour poser ses lèvres tout près de sa oreille.

-Pense à moi, murmura-t-il.

Sa voix semblait néanmoins avoir un effet apaisant sur le garçon qui murmura quelques mots que lui même n'arriva pas à déchiffrer. Il l'observa, retraçant de son regard anthracite le visage délicat du garçon qui lui appartenait. Qu'un garçon aussi beau soit à lui, et juste à lui pour l'éternité, savoir qu'il avait sur lui un pouvoir que personne d'autre n'aurait jamais était quelque chose de grisant. Ca faisait naître en lui un sentiment puissant qu'il n'avait jamais expérimenté avant. Un besoin brûlant de le revendiquer comme sien aux yeux du monde entier. De montrer à tous que ce garçon là lui appartenait corps et âme, que le sang chaud et voluptueux qui coulait dans ses veines était aussi sa propriété, qu'il était le seul à pouvoir posséder son corps fin et parfait. Il se sentait invincible d'une tout autre manière qu'avant. Mais au delà de ce besoin de possession qui le rongeait, c'était cette envie de s'assurer que Harry resterait sien pour toujours qui grondait puissamment en lui.

Il se sentait capable de l'enfermer pour le garder près de lui pour toujours, et se sentait prêt à tous les extrêmes pour le garder en sécurité, en bonne santé, vivant. Il arrivait à se projeter dix, vingt, cent ans dans le futur, et voyait toujours Harry allongé près de lui, dans son lit, prêt à lui offrir son sang sans broncher. Il se voyait posséder le garçon pour l'éternité, en le coupant de tout si c'était nécessaire. Et il savait plus fort que tout que rien ni personne ne pourrait l'empêcher de garder Harry près de lui. Pas même Harry lui même.

Si pour cela il devait lutter contre Harry lui même, il le ferait sans hésiter. Il préférait le savoir en sécurité près de lui, quelque en soit le prix.

Draco était tellement obsédé par son calice qu'il s'en inquiétait lui même. Jamais le garçon ne quittait ses pensées, quelque soit l'heure de la journée ou l'activité qui l'occupait. Harry était si présent dans ses pensées qu'il lui semblait parfois sentir son odeur alors même qu'il se trouvait à quelques kilomètres de lui. Son visage flottait perpétuellement dans son esprit, sa voix résonnait constamment à ses oreilles, le goût de son sang roulait chaque seconde sur sa langue. Le garçon était devenu une obsession frénétique. Il était capable de dessiner ses traits dans les moindres détails. Plus il s'éloignait de lui, et plus le garçon s'imposait dans ses pensées.

Le bras de Harry se souleva soudain et Draco s'arracha à son observation. La main chaude de son calice se posa sur la sienne, celle qui enserrait sa gorge, et il exerça une molle pression. Draco mit quelques secondes à comprendre que le garçon voulait lui faire lâcher prise. Il desserra aussitôt ses doigts, qu'il n'avait pas eu conscience de serrer, et le bras de Harry retomba lourdement sur le matelas, immobile.

Draco attendit quelques secondes, et sa main se remit en mouvement. Elle glissa habilement le long de son torse, puis de son ventre, et s'infiltra dans son pantalon beige en coton. En moins d'une seconde, Draco avait adroitement saisit le sexe de son calice et il commença à le caresser sans attendre.

Harry ne se réveilla pas. Il était entouré d'un brouillard cotonneux impénétrable, et ne ressentait que bien être et volupté. Il sentit parfaitement la main fraîche du vampire s'emparer de son sexe, et saisit pleinement ce qu'il était en train de faire, mais tout lui sembla si naturel qu'il ne put se résoudre à s'arracher à cet état extatique de douceur. Il soupira et sentit le plaisir monter en lui en même temps que son sexe durcissait sous les caresses légères du vampire.

La cadence lente et régulière de la main le berça longuement. Il ne pensait plus à rien, et flottait dans un état de somnolence profonde. Le souffle de Draco s'échouait sur sa joue, et il avait à peine conscience que le vampire était en train de fixer son visage avec son intensité habituelle.

Tout ce qu'il voulait, c'est que cette caresse ne s'arrête jamais.

Draco observait Harry sans ciller. Sa bouche était entre-ouverte et un souffle brûlant s'échappait d'entre ses lèvres. Ses yeux étaient fermés, et il le sentait sur le point de s'endormir, mais retenu dans le monde réel par la caresse légère de sa main sur son sexe érigé. Il était satisfait que Harry ne se réveille pas. Cela lui prouvait bien que son calice avait pleinement accepté sa présence, et que même une masturbation faite par son vampire ne pouvait le perturber au point de le réveiller. Tout ceci était totalement naturel pour lui, presque instinctif pour le calice de savoir son vampire près de lui.

Draco ne bougea pas d'un centimètre. Il continua à caresser son calice pendant un temps infini, sans appuyer ni accélérer ses caresses. Il ne chercha pas à le libérer, mais ne pensa pas une minute à arrêter. Il ne quitta pas une seconde le visage apaisé du garçon du regard. Le sexe de Harry était tendu et chaud au creux de sa paume. Il glissait doucement dans sa main, et Draco avait l'impression de posséder son calice sans réellement ressentir le besoin d'aller plus loin. Harry était totalement abandonné et soumis à ses caresses, à la fois désireux et pleinement passif. Il ne réclama pas une seconde une caresse plus appuyée, et ses hanches ne se soulevèrent pas une fois. Il se contenta d'apprécier la caresse, plongé dans un état de léthargie duquel il lui était impossible de s'arracher, même s'il l'avait voulu. De temps en temps, un soupir s'échappait d'entre ses lèvres.

Ce n'est qu'au bout d'un temps infini que Draco jugea son calice assez détendu. Il aurait pu continuer ainsi pendant une éternité, à simplement caresser Harry sans attendre rien d'autre en retour. Mais Harry était exténué, et son corps entier était tendu en attendant la libération. Il resserra ses doigts autour du sexe tendu et, d'un coup de poignet assuré et appuyé, il offrit à son calice un orgasme dévastateur.

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Sur le canapé, Hermione se redressa. Ron, qui observait les volutes de poussières tournoyer dans l'air d'un air hébété, se tourna vers elle, un sourcil plus haut que l'autre.

-J'ai pensé à quelque chose, dit-elle.

-Ha oui?

Hermione réfléchit quelques secondes, sourcils froncés. Elle caressa distraitement la couverture de son livre, traçant des cercles et des arabesques sans queue ni tête du bout du doigt.

-Je crois avoir compris pourquoi Dumbledore a légué l'épée de Griffondor à Harry.

Ron fronça les sourcils. Il se redressa légèrement de la position avachie qu'il avait pris au fil des minutes qui s'écoulaient, et posa sur Hermione un regard intéressé.

-Pourquoi? Demanda-t-il.

-Elle a été façonnée par des Gobelins. Or, les objets créés par la magie des Gobelins n'absorbent que ce qui les renforce.

Elle fit un pause, l'air songeur. Puis, devant le regard perplexe de Ron, elle ajouta:

-L'épée est imprégnée du venin du basilic. Celui que Harry lui même a tué en deuxième année, avec cette fameuse épée. Le venin du basilic est un poison qui peut détruire un Horcruxe. C'est pour cela que Dumbledore a voulu léguer l'épée à Harry. Il a voulu lui transmettre une arme pour détruire les Horcruxes.

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J'apprécie particulièrement quand Harry et Draco atteignent ce genre de symbiose, et pour une fois, ce n'est pas pendant une morsure! Y a du progrès! C'est juste ainsi que j'imagine une relation entre un vampire et son calice et c'est le genre de scène que j'adore écrire! Perso, j'aime particulièrement Draco dans ce chapitre...

J'espère que ce chapitre vous a plu! J'écris assez rarement sous le point de vue de Draco, alors comment le trouvez-vous de "l'intérieur"? Effrayant dans son obsession de Harry et sa possessivité? Ou juste trop chou? Démoniaque? Drogué à Harry? Il mérite une cure de désintox? Il faut qu'il se calme et qu'il redescende sur terre? Ou il faut qu'il mette en action ses plans de séquestration (encore)? Ou juste qu'il saute sur Harry pour le *censuré*?

Quant à Harry, j'ai parfois du mal à comprendre pourquoi il se plaint, franchement... Que pensez-vous de ses activités pendant que Ron et Hermione le croient sagement endormi? Il devrait avoir honte, sérieux...

Sur ce, je vous dis à la semaine prochaine! Où vous aurez droit à ma scène préférée depuis le début de la fic, avec un brin de lucidité, et un brin de rébellion ;)

A+