Salut!

J'ai été surprise de voir combien le chapitre précédent vous avez plu! Le côté Draco-impliqué-dans-la-recherche-des-Horcruxes-pour-protéger-son-calice marche bien xD C'est cool! Quant à savoir s'il va tout faire dans le dos de Harry ou s'il va l'inclure dans sa quête, la réponse bientôt :)

Merci à tous les reviewer anonymes: Guest, Kisis, Sama-66, Sélènè, ankana87, Tenshi, Ekateri! Bisous à tous!

Comme promis, première rencontre entre Ron et Hermione, et Draco dans ce chapitre. Je ne pense pas que ce soit le genre de rencontre que vous avez imaginé, donc j'espère que vous ne serez pas déçus! Dites moi ce que vous en pensez en bas de page, ça m'intéresse beaucoup xD

Enjoy!

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Chapitre 27

Qui veut la fin veut les moyens

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Harry était installé dans un fauteuil proche de la cheminée, dans le salon du 12, Square Grimmault. Il lisait un magazine sur le Quidditch qu'il avait trouvé dans la chambre de Ron. Il datait du mois d'Août, mais Harry était tellement heureux de trouver une lecture qui puisse le distraire de ses pensées moroses que cela ne le dérangeait pas. Il regrettait l'insouciance des moments, où Ron et lui allaient jouer au Quidditch dans le jardin du Terrier. Ces moments là lui semblaient désormais faire partis d'un autre monde.

Un monde où Draco n'existait pas.

Harry se passa négligemment la langue sur ses lèvres d'un rouge vif. Le magazine parlait des derniers articles à la mode en matière de Quidditch. Il résumait les derniers matchs ayant eu lieu au mois de Juillet, et le classement des équipes. En lisant ses pages, Harry avait l'impression qu'aucune guerre n'était sur le point d'éclater, et ça lui permettait de se changer les idées. C'était comme si rien n'avait changé, et que tout était encore comme avant. Avant que Dumbledore ne meure, avant qu'il n'hérite d'une mission périlleuse, avant que Draco ne fasse irruption dans sa vie comme un boulet de canon et que tout parte en vrille. C'était une sensation agréable, apaisante, rassurante, même si au fond de lui il savait que tout avait changé et que plus rien ne serait comme avant.

Il tournait la page lorsque Ron entra dans la pièce, suivit de près par Hermione. Harry releva la tête, et leur fit un sourire crispé. Sa relation avec Ron et Hermione semblait se dégrader de jour en jour. Draco l'accaparait constamment, le retenant autant que possible auprès de lui dans la chambre, quand il était dans la maison. Harry peinait à trouver du temps à consacrer à ses deux amis. Quand il était éveillé, ses amis dormaient, et inversement. Harry soupçonnait Draco de le faire exprès, mais il ne pouvait rien y faire. Il avait du mal à résister au vampire quand celui ci venait pour le mordre, quelque soit l'heure de la journée, ou de la nuit.

Son absence quasi constante énervait Ron, mais aussi Hermione. Harry s'en rendait compte aux regards qu'ils lui jetaient quand ils venaient à se croiser. Ils lui reprochaient son manque d'implication dans leurs discussions interminables sur les Horcruxes. Ils lui reprochaient de se consacrer plus à son vampire qu'à eux, et Harry avait du mal à leur faire comprendre que c'était contre son gré. Il n'avait jamais consciemment préféré Draco à ses amis, et s'en voulait lui même de ne pas leur consacrer assez de temps. Il aurait voulu mettre un peu de distance avec le vampire, mais ils entretenaient une relation fusionnelle qui l'empêchait de s'éloigner de lui, ou de le repousser. Forcément, c'était Ron et Hermione qui en pâtissait.

-Ha, tu es réveillé, Harry, s'exclama Hermione d'une voix faussement enjouée.

Il était dix heures du matin, et Harry était levé depuis le milieu de la nuit. Il se contenta néanmoins d'approuver sagement. Il ne le disait pas, mais il était content que Draco garde ses distances avec ses amis, même si son indifférence envers ses amis frôlait l'insulte. Le vampire n'avait de respect pour personne, et il était totalement imprévisible. Plus loin il se tenait de Ron et Hermione, mieux cela convenait à Harry.

Il s'était conforté dans son idée de tenir le vampire à distance de ses amis lorsque, à trois heures du matin Draco avait piqué une colère phénoménale contre Kreattur, quand il s'était aperçu que le repas pour son calice n'était pas prêt. Harry était resté pétrifié sur place, dans un coin de la pièce, son cœur battant la chamade dans sa poitrine. La colère du vampire, même si elle n'était pour une fois pas dirigée contre lui était impressionnante. C'était dans ses moments là qu'il se rappelait que Draco était une créature dangereuse pour tout autre personne que lui.

-Nous avons décidé d'aller faire un tour, tout de même, du côté de l'ancien orphelinat de Tom Jedusor, l'informa Hermione.

Harry posa son magazine.

-Maintenant? Demanda-t-il en se redressant déjà.

-Oui. Nous irons finalement juste sous la cape d'invisibilité. Nous devons économiser nos réserves de Polynectar. Mais tu n'es pas obligé de venir, Harry, dit Hermione sur un ton conciliant.

Harry fronça les sourcils. Il observa ses deux amis, et dit:

-Bien sûr que je veux venir. Je sais que je ne m'implique pas trop, mais je veux être présent. Je veux que vous sachiez que je suis là, même si je passe beaucoup de temps à dormir.

Harry préférait que Ron et Hermione pensent qu'il dormait sagement dans sa chambre. Il espérait même qu'ils pensaient qu'il y était seul, du moins la plupart du temps. Ce qui était faux, bien sûr, même s'il aurait aimé sans convaincre. Mais personne n'était dupe.

Draco avait pris l'habitude de le mordre environ tous les deux jours. Lorsque Harry dormait pour permettre à son corps de se régénérer après une morsure, il restait constamment à ses côtés, le tenant enfermé dans une étreinte de fer pendant tout le temps que durait son sommeil régénérateur. Mais après mangé, lorsqu'il se rendormait, il savait que le vampire sortait pour vaquer à des occupations dont il ignorait tout.

-On passerait plus inaperçu si on n'était que deux sous la cape, dit Ron, nerveux.

Harry se leva.

-Je viens, dit-il d'un ton implacable.

Ron et Hermione échangèrent un regard, puis le jeune homme haussa les épaules.

-Très bien, capitula Hermione.

Elle fit demi tour, et sortit de la pièce. Après avoir échangé un regard impassible, les deux garçons lui emboitèrent le pas. Ensemble, ils descendirent jusqu'à la cuisine où trônaient les restes d'un petit déjeuner pris par Ron et Hermione. Sur le dossier de l'une des chaises se tenait sa cape d'invisibilité, et Harry vint la caresser pour sentir sa texture douce sous ses doigts. Il sentait une vague de nostalgie l'envahir à la vue de cet objet qui était le symbole de toutes ses frasques à Poudlard. Il était content que les membres de l'Ordre aient récupéré ses affaires à Privet Drive.

-Nous avons fait des recherches. L'orphelinat se trouve au sud est de Londres. Nous allons transplaner directement devant, puis nous improviserons en fonction de ce que nous trouverons là bas.

Harry approuva sagement. Hermione s'empara de la cape, et ils remontèrent dans le hall d'entrée. Elle y déplia la cape et se tourna vers ses deux amis.

-Tenez vos baguettes prêtes, on ne sait jamais. Nous allons sortir sur le perron, où nous nous recouvrirons de la cape.

Harry sortit sa baguette de la poche arrière de son jean. Il sentait l'excitation monter en lui à l'idée de sortir enfin de la vieille maison des Black pour se lancer dans l'action et l'inconnu. Ca lui rappelait le moment où il s'était enfui de l'appartement dans lequel le tenait enfermé le vampire sur un coup de tête. La même excitation avait alors envahi ses veines.

Hermione leur jeta un regard entendu, et se retourna pour déverrouiller la porte.

-Il faudra faire attention à ce que nos pieds n'apparaissent pas, dit Ron, l'air soucieux.

-On se baissera, répondit Harry, excité.

Un sourire étira ses lèvres. Il lui semblait qu'il était de retour à Poudlard, lorsque tous les trois violaient le couvre feu pour aller se promener dans les couloirs sombres de l'école. Hermione déverrouilla le dernier des verrous et la porte s'entrouvrit, laissant passer un rai de lumière.

-Harry, appela soudain une voix froide et autoritaire que Harry commençait à connaître par cœur.

Simultanément, tous trois sursautèrent et firent vivement volte face. Ron eut le réflexe de brandir sa baguette par dessus l'épaule de Harry qui lui, resta figé sur place. Hermione claqua violemment la porte, et l'obscurité relative des lieux envahit à nouveau le hall. Ils discernèrent néanmoins le vampire négligemment appuyé contre la rampe d'escalier, les bras croisés, et son regard métallique vrillé sur Harry.

Draco n'avait pas élevé la voix, pourtant le prénom de son calice résonna fortement dans le silence du hall. Son ton autoritaire et doucereux exaspéra aussitôt Harry.

Il portait une chemise d'un rouge sang que Harry trouva un peu effrayant, et qui s'accordait magnifiquement avec la couleur de ses propres lèvres. Ses cheveux d'un blond presque blanc étaient ébouriffés sur sa tête, lui donnant un air sauvage et farouche.

Tous deux s'observèrent, Harry perdant instantanément toute notion de ce qui se passait autour de lui. Plus rien d'autre n'existait que le regard gris de son vampire, à quelques mètres devant lui. Il ne semblait pas en colère, mais le regard intense qu'il posait sur lui était déterminé et sévère.

-Oui? Souffla Harry, hésitant.

L'attitude glaciale du vampire le mettait mal à l'aise. Il ne voulait pas que Ron et Hermione endurent l'humeur massacrante de Draco, mais il ne voulait pas non plus en être la victime.

-Harry, je pensais que c'était évident, affirma Draco de sa voix douce et trainante.

Harry se passa la langue sur sa lèvre inférieure, et Draco baissa son regard pour la suivre des yeux. Le jeune homme cilla, libéré. Il se tourna légèrement pour se tourner vers ses amis qui fixaient le vampire avec un air à la fois effrayé et fasciné. Il posa sa main sur le poignet de Ron et lui fit abaisser sa baguette, peu sûr de la réaction de Draco si son ami venait à lui jeter un sort.

Il se tourna à nouveau vers Draco, tentant de garder une expression la plus neutre possible. Néanmoins, il était effrayé. Il craignait fortement que Draco ne se montre dominateur et autoritaire devant ses amis . Il ne voulait pas montrer à ses amis à quel point il était soumis et contrôlé par le vampire, et à quel point il pouvait en avoir peur, parfois. Néanmoins, le regard sombre et l'attitude figée du vampire ne lui disait rien qui vaille, et il ne voulait en aucun cas le provoquer.

-Qu'est-ce qui était évident? Demanda innocemment Harry.

Draco se redressa, décroisa les bras et fit un pas dans sa direction. Aussitôt, Ron et Hermione se figèrent dans son dos, leurs souffles saccadés perceptibles à ses oreilles. Draco ne leur accorda néanmoins pas un regard, toute son attention tournée vers son calice qui se tenait devant lui.

Il tendit la main et effleura du bout des doigts la gorge du jeune homme, qui entrouvrit légèrement les lèvres.

-Que tu n'as absolument pas le droit de sortir.

Le souffle de Harry se bloqua dans sa gorge. Il ne s'attendait pas à une telle réflexion. Cependant, dès que le vampire le lui fit remarquer, il trouve qu'en effet, c'était quelque chose d'évident. Il aurait néanmoins préféré que cette conversation ne se passe pas devant ses amis. Il ne voulait pas qu'ils comprennent que devant son vampire, Harry n'était qu'un enfant soumis et obéissant, sous peine de se voir remettre à sa place.

Il esquissa un pas en arrière, mais la main du vampire se posa sur son épaule, fermement.

-Pourquoi? Souffla-t-il, espérant que leur conversation échappe à ses amis.

Draco fit un nouveau pas en avant, réduisant la distance qui les séparait. Harry se tendit instinctivement, attentif à la proximité soudaine entre lui et son vampire. Celui-ci se pencha très légèrement en avant, comme s'il était attiré par la chaleur ou l'odeur de son calice. Mal à l'aise face à ce rapprochement amorcé devant ses amis, Harry resta totalement immobile.

Il aurait aimé que Ron et Hermione s'en aillent, qu'ils ne voient pas ça. Ou, mieux encore, il aurait apprécié que Draco agisse avec plus de subtilité, et comprenne qu'il n'avait pas envie qu'il fasse une scène devant ses amis.

-Ai-je réellement besoin de préciser pourquoi?

Harry ouvrit la bouche pour répliquer, mais le regard intense du vampire le stoppa net. Ce n'était clairement pas une bonne idée. Il se contenta donc de secouer la tête. Il s'en voulait déjà de se soumettre si facilement devant ses amis, et son honneur en prenait un sacré coup. Harry n'était pas sûr de pouvoir regarder Ron en face après ça.

Il jeta un regard noir au vampire, qui se contenta de rester plus impassible que jamais. Sa main quitta son épaule, et ses doigts frais vinrent s'enrouler autour de sa nuque. Il le rapprocha de lui, l'éloignant par la même de ses amis, avec cette possession qui le caractérisait. Harry se laissa faire, frissonnant au contact des doigts sur sa nuque. Le geste était hautement dominant, et Harry se laissa emmener le cœur lourd et les joues rouges. Il bouillait de rage et de colère, mais ne voulait surtout pas forcer le vampire à faire preuve de plus de domination devant ses deux amis.

En montant les escaliers aux côtés de Draco, il entendit la porte claquer dans le hall d'entrée, signe que Ron et Hermione étaient partis, sans lui.

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Un fois de retour dans la chambre, Draco alla directement s'installer dans le fauteuil confortable qui trônait dans un coin de la pièce. Comme si de rien n'était, et sous le regard furibond de Harry, il croisa nonchalamment les jambes, attrapa le livre qui reposait sur l'accoudoir, et se replongea dans sa lecture. Offensé par cette attitude indifférente, Harry resta figé près de la porte, la bouche entre ouverte, et le cœur battant la chamade dans sa poitrine.

Draco ne se rendait jamais compte de rien, en ce qui concernait l'impact de son comportement nonchalant sur Harry. Il était tellement au dessus de toutes ces basses considérations humaines qu'il ne voyait aucun mal à son comportement et ne s'intéressait en aucun cas à ce qu'il pouvait ressentir. Pourtant, Harry savait qu'il ressentait toutes ses émotions, sa colère, son agacement, sa rage même. Mais rien ne semblait pouvoir le faire réagir. Son attitude avait pour lui toute sa légitimité, et il ne voyait visiblement aucun problème à son comportement. Ce que pouvait ressentir son calice était le dernier de ses soucis et Harry en était affligé.

Harry, lui, en voyait, des problèmes.

-Pourquoi est-ce que vous vous comportez ainsi devant mes amis? Reprocha-t-il sèchement.

Comme Harry s'y attendait, Draco prit son temps pour répondre. Il le laissa patienter durant quelques minutes, pendant lesquelles Harry se mordit la lèvre inférieure pour s'empêcher de s'emporter. Il n'avait pas peur de Draco à proprement parler, mais il craignait ses réactions imprévisibles. Il savait également que le vampire chercherait à le soumettre, et il ne voulait en aucun cas que cela arrive.

Draco finit par abaisser son livre et leva son regard métallique vers son calice, figé près de la porte.

-Pourquoi devrais-je changer de comportement?

Harry se passa la main dans les cheveux, rejetant ses mèches en arrière. Il était pleinement indigné par l'attitude de Draco.

-Parce qu'il y a mes amis! Ils...Ils n'ont pas besoin de savoir que...

Face à son hésitation, Draco posa doucement son livre sur l'accoudoir du fauteuil. Il haussa un sourcil, et demanda, sarcastique:

-Ils n'ont pas besoin de savoir quoi, Harry?

Harry ouvrit, puis referma la bouche. Il rougit, et se détourna précipitamment pour ne pas que le vampire voit ses joues virer au rouge. Il voulait qu'il comprenne qu'il était en colère contre lui, qu'il lui en voulait de se comporter ainsi. Mais comme toujours, rien n'atteignait le vampire, tout lui passait loin au dessus de la tête. Il était dans son monde, et ne comprenait pas ce qui n'en faisait pas parti.

Harry, l'une de ses mains toujours perdue dans ses cheveux, cherchait ses mots en fixant la porte.

-Vous n'avez pas besoin de leur montrer à quel point vous...vous...

Harry ne voulait surtout pas voir le sourire en coin qui devait fleurir sur le visage de Draco. Il l'imaginait très bien, narquois et arrogant, comme à chaque fois qu'il avait la preuve d'à quel point Harry lui était soumis, et en avait conscience.

-Tout le monde un tant soit peu cultivé sait que les calices sont totalement soumis à leur vampire, tu n'as pas à t'inquiéter de ce que pensent tes amis, dit-il.

Harry fit vivement volte-face.

-Je ne suis pas totalement soumis.

Draco avait le visage tourné vers la fenêtre, l'air songeur, et il ne vit pas le regard noir que lui lança son calice. Déterminé à ne pas flancher, Harry croisa les bras sur son torse.

-Vous êtes...

-Tais-toi Harry, tu me fatigues.

Coupé dans son élan, Harry resta les bras ballants, le regard fixé sur le livre que tenait Draco. Totalement choqué face à cette brusque interruption, il ne savait même plus ce qu'il avait voulu dire. C'était la première fois que Draco se montrait si sec, si brusque dans ses paroles.

-Comment? Dit-il poliment, de plus en plus offensé par l'attitude négligente du vampire.

-Approche, ordonna Draco en se tournant soudain vers lui et en tendant un bras dans sa direction.

Leurs deux regards s'étaient croisés quand le vampire s'était retourné, et Harry se retrouva irrévocablement prisonnier de ses prunelles anthracites. Il déglutit difficilement, ne voyant plus que les yeux de son vampire qui l'appelait avec insistance.

Hésitant, Harry fit quelques pas en direction du fauteuil, sur ses gardes. A peine fut-il à portée de main que Draco saisit son poignet et le tira fermement à lui. Harry s'écrasa contre son torse, un peu rudement, et, avant qu'il ait pu se redresser ou comprendre ce qu'il lui arrivait, les mains du vampire se glissèrent dans son dos. Il le poussa d'autorité à s'asseoir à cheval sur ses jambes, face à lui. Une fois son calice contre lui, Draco l'observa attentivement.

Il sentait la colère de Harry, dirigée contre lui, et qui lui était désagréable. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi Harry était énervé. Habituellement, le jeune homme était juste honteux et mortifié quand il le dominait avec autant d'insistance, mais rarement en colère. La soumission face à son vampire était quelque chose de naturel pour un calice, autant que la domination l'était pour le vampire.

Draco s'empara des mains de Harry et, le fixant toujours, il entremêla leurs doigts fermement. Il posa la paume droite brûlante du garçon contre sa propre joue et ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en coin en voyant les sourcils froncés de Harry.

-Pardonne-moi, j'ai été impoli. Tu disais? Interrogea-t-il de sa voix douce et posée.

Harry s'arracha au regard anthracite pour regarder leurs mains entrelacées posées contre la joue de Draco. Elle était fraiche, et il la sentait se réchauffer sensiblement au contact de sa paume. C'était une sensation délicieuse. Draco amena leurs mains gauches près de ses lèvres et, après y avoir soufflées dessus sous le regard ébahi du jeune homme, il mordilla son index. L'une de ses canines perça la peau fragile, et il recueillit avec avidité le sang divin qui coula de la blessure. Harry écarquilla les yeux.

-Qu'est-ce que vous faites? Demanda-t-il.

Draco ne répondit rien. Lorsque la blessure se fut refermée après qu'il l'ait léchée plus que nécessaire, il lâcha la main qui retomba mollement entre leurs deux corps.

-Voudrais-tu enlever ma chemise? Demanda-t-il soudainement.

Harry cilla plusieurs fois, l'air de ne pas avoir compris la question. Son regard vert se posa sur la chemise rouge du vampire, comme si c'était la première fois qu'il en voyait une. Draco approuva d'un hochement un peu sec de la tête, attentif au réaction de son calice. Ses deux bras vinrent à nouveau s'enrouler dans le dos du garçon, pour l'empêcher de s'échapper.

-Pourquoi? Vous ne pouvez pas le faire tout seul?

Draco resta totalement impassible. Harry évitait son regard, et ses mains se tortillaient nerveusement. Il ne savait pas où Draco voulait en venir, et cela l'effrayait.

-Je t'arracherai la langue un jour, dit-il, et Harry eut l'impression de déjà avoir entendu cette phrase dans la bouche de Draco.

Prudent, il ne dit rien. Il était étrange et effrayant de voir à quel point le vampire était sérieux pour dire des sottises pareilles. Harry déglutit.

-Je t'explique le principe, commença doucement Draco en refoulant un sourire amusé. Tu enlèves ma chemise, et j'enlève la tienne. Tu comprends?

Pour prouver ses dires, il ôta d'autorité le pull en laine qui cachait la chemise de son calice. Il le jeta négligemment sur le lit, à quelques mètres de là, et ses doigts agiles se posèrent sur le premier bouton de sa chemise. Il le défit habilement.

-Pourquoi voulez-vous enlever ma chemise?

-Allons Harry. Je ne vais pas te faire un dessin.

Le jeune homme rougit, encore. Il secoua la tête, et laissa le vampire défaire chacun de ses boutons un à un. L'idée que Draco allait le mordre, dans les minutes à venir, suffisait à réveiller en lui cette envie irrépressible qu'il avait des crocs du vampire ancrés en lui. Il devint immédiatement fébrile, comme s'il ne vivait que pour ces moments là depuis qu'il avait rencontré Draco.

Lorsque la chemise fut ouverte, Draco caressa doucement son torse offert, prenant le temps de le redécouvrir. Puis il attrapa les mains de Harry et les posa sur sa propre chemise, en une invitation des plus explicites.

Harry n'hésita que quelques secondes. Draco n'avait clairement pas besoin d'enlever sa chemise pour le mordre. Il était bien trop appliqué pour se tâcher de quelque manière que ce soit. Néanmoins, il était clair que Draco avait décidé de lui faire enlever sa chemise, et qu'il ne le mordrait pas tant que Harry ne se serait pas exécuté. Ce qui allait clairement à l'encontre de ce que voulait le jeune homme.

Harry commença à défaire les boutons sous le regard satisfait de Draco. Il tenta de faire abstraction du regard intense qui épiait la moindre de ses expressions, et qui le mettait très mal à l'aise. Lorsqu'il eut défait le dernier bouton, Draco se redressa, l'enjoignant clairement à la lui enlever. Harry la fit glisser le long des bras puissants du vampire, puis la laissa tomber au sol.

Le torse du vampire était agréablement dessiné, et musclé avec finesse. Harry l'avait eu sous les yeux des dizaines de fois, car Draco était loin d'être pudique, mais il ne l'avait jamais réellement regardé. Encore moins touché.

Draco s'empara de sa main droite qu'il enlaça et, ancrant ses yeux dans les siens, il la posa sur son épaule. Le souffle de Harry se bloqua dans sa gorge.

Le vampire commença à faire lentement descendre leurs mains entrelacées, parcourant son torse, ses mamelons, ses pectoraux. La peau était fraîche sous la main de Harry, et lisse. Draco sentit la panique monter en son calice, et il comprit qu'il venait de comprendre où il voulait en venir. Harry commença à tendre les muscles de son bras pour arrêter la descente de sa main, ce qui fit sourire Draco de plus belle.

-N'ait pas peur, souffla Draco qui le fixait sans ciller, analysant la moindre de ses expressions comme il en avait l'habitude.

Draco fit descendre leurs mains sur son ventre, et il haussa un sourcil en direction de son calice pétrifié. Harry fixait leurs mains, respirant fortement par le nez. Draco s'amusa à faire descendre puis remonter plusieurs fois leurs mains le long de son ventre.

-Je ne veux pas toucher, souffla soudain Harry qui forçait comme un damné pour reprendre le contrôle de sa main.

Draco haussa un sourcil.

Le regard du calice glissa vers son entre-jambe, avant de revenir sur leurs mains enlacées. Draco fit effleurer ses doigts contre la barrière du tissu de son pantalon et Harry inspira vivement.

-Je vous ai déjà dit que je n'étais pas gay. Cette situation ne m'excite pas du tout.

Draco leva les yeux ciel. Harry avait la manie de sans cesse répéter qu'il n'était pas attiré par les hommes, comme si son orientation sexuelle allait arranger sa situation. Draco se pencha légèrement, et effleura de ses lèvres le cou de son calice. Harry se redressa légèrement, et pencha la tête sur le côté, mais Draco s'était à nouveau laissé retomber contre le dossier du fauteuil.

-Je te donne du plaisir à chaque morsure. J'estime avoir droit moi aussi à un peu d'attention.

-Je ne vous ai rien demandé.

Draco fronça les sourcils devant cette mauvaise foi évidente. Harry passait son temps à le supplier de le toucher, pendant les morsures, et Draco, peu contrariant, s'y employait avec soin.

-Je ne te toucherai plus alors, dit-il. Si c'est ce que tu veux.

Ils s'observèrent fixement durant quelques secondes.

Puis Draco fit glisser leurs mains jointes par dessus le tissu fin de son pantalon et les posa délicatement sur son entre-jambe. Harry eut un hoquet indigné, les yeux écarquillés fixés sur leurs mains. Draco exerça une légère pression, puis lâcha la main de Harry, qui se retira prestement.

Aussitôt, le vampire emprisonna son calice dans une étreinte de fer et se releva, entrainant son calice avec lui. Pressant leurs deux corps l'un contre l'autre avec une force inutile, il enfouit son visage dans son cou. Instinctivement, Harry enroula ses jambes autour de son bassin, et pencha la tête pour permettre un meilleur accès à la bouche avide de son vampire. Ses bras s'enroulèrent autour du cou de Draco qui lécha avidement la carotide palpitante et se laissa lourdement tomber sur le lit, sur son calice agrippé à lui.

Harry se retrouva allongé sur le dos, hébété, et fixant le plafond d'un blanc crémeux. Le corps puissant du vampire pesait agréablement sur lui, sans agressivité, mais assez pour l'immobiliser totalement. Ses bras musclés tenaient son corps plaqué contre le sien, le surélevant légèrement du matelas. Sa langue glissait dans son cou, remontant jusque sous son oreille et descendant à la base de sa gorge. Elle s'arrêta quelques secondes pour jouer avec les deux marques que les crocs avaient laissées.

Harry appréciait les quelques secondes d'anticipation avant la morsure, presqu'autant que le vampire lui même. Il ne savait jamais quand les crocs aiguisés allaient remplacer la langue douce, et il attendait ce moment avec une impatience fébrile.

Le vampire respirait doucement et profondément l'odeur de son calice. L'odeur de Harry était puissante, enivrante, merveilleuse. Il sentait avec précision son cœur battre dans sa poitrine, un peu trop vite, sa respiration erratique, son sang couler dans ses veines, son torse se soulever contre le sien. C'était juste bon.

Draco était pleinement conscient de l'immobilité totale du garçon couché sous lui. Il sentait également sa panique refluer doucement, et il se détendait progressivement, peut être inconsciemment.

Harry soupira imperceptiblement, visiblement à son aise dans les bras de son vampire. Draco raffermit son emprise autour du corps du calice, l'emprisonnant dans une étreinte puissante et sécurisante. Il fit basculer la tête du garçon sur le côté, et posa ses lèvres closes sur sa jugulaire, appréciant la pression du sang qui l'appelait à travers la peau douce. Il mordilla l'endroit, suffisamment fort pour faire réagir le calice, mais pas assez pour le faire saigner. Harry se cambra légèrement, et une de ses mains vint agripper les cheveux blonds du vampire. Il exerça une légère pression, emmenant le visage du vampire à se presser contre son cou, et Draco se laissa faire. C'était bon de savoir que Harry désirait sa morsure. C'était un sentiment inédit, car jamais personne auparavant n'avait désiré être mordu et savoir que Harry en avait envie l'excitait.

Draco se dégagea de l'étreinte sans forcer, et regarda son calice droit dans les yeux. Harry était couché sous lui, totalement à sa merci, incapable de s'enfuir ou de se dégager, si tant est qu'il l'ait voulu. Draco se délectait de cette domination qu'il exerçait sur ce garçon un peu rebelle, de tout ce pouvoir qu'il avait sur lui, et du total abandon du calice entre ses bras. C'était grisant.

Ils se fixèrent longuement, en silence. Draco se pencha en avant, jusqu'à ce que leurs deux nez se frôlent. Il frotta légèrement le sien contre celui de son calice, dans un geste qui aurait pu être tendre. Harry se tendit, mais n'esquissa pas un geste, le souffle bloqué dans la gorge.

-Sois sage Harry.

Puis Draco se redressa. Avec une délicatesse prudente, il vint s'asseoir à cheval sur les jambes de son calice. Harry, pétrifié, n'esquissa pas un geste. Il ne se souvenait pas comment respirer, et était emprisonné dans le regard brillant du vampire. Draco lui prit doucement les bras, et les posa sur le matelas, de chaque côté de son corps. Puis, tenant toujours fermement Harry dans son regard gris, il remonta ses mains le long de ses bras, en une caresse aérienne qui fit frissonner le garçon et posa ses mains sur ses épaules.

-Que veux-tu? Interrogea-t-il.

-Je veux que vous me mordiez, répondit instantanément Harry.

Draco haussa un sourcil. Son expression impassible inquiétait Harry qui, comme toujours, ne savait pas où le vampire voulait en venir. Le voir ainsi s'éloigner de lui était une vraie torture. Il n'avait qu'une envie, qu'il revienne près de lui, contre lui.

-Mais tu viens de dire que tu ne voulais pas que je te touche.

Harry cilla.

-Je n'ai pas dit ça.

Draco posa ses mains de part et d'autre de la tête de son calice et se pencha au dessus de lui. Son visage était à quelques centimètres de celui de Harry, qui plongea dans le regard métallique de son vampire avec abandon.

-Tu ne veux pas me donner de plaisir.

-Je vous en donne quand vous me mordez.

Draco se pencha un peu plus. Ses lèvres se posèrent sous l'oreille du jeune homme, qui fut pris d'un irrépressible frisson.

-Je parle d'une autre sorte de plaisir, Harry. C'est donnant-donnant, tu ne penses pas? Pendant la morsure, nous prenons tous les deux du plaisir. Beaucoup de plaisir.

Il fit une brève pause, puis ajouta:

-Mais comme tu refuses que nous ayons des relations sexuelles, tu es le seul à prendre du plaisir dans ce sens là.

Draco se redressa, et plongea son regard dans celui émeraude de son calice. Ils se fixèrent intensément durant quelques secondes, puis Draco demanda:

-Tu saisis ce que j'essais de te faire comprendre?

Il attendit patiemment, jusqu'à ce que Harry consente à hocher la tête. Un sourire en coin n'acquis sur ses lèvres et Harry se mit instantanément à rougir, comme en réponse. Il se pencha en avant, et posa ses lèvres contre l'oreille de son jeune calice.

-Je n'ai pas entendu, murmura-t-il doucement.

Harry inspira longuement.

-Oui, j'ai compris. Donnant-donnant.

Le sourire du vampire s'agrandit. Ses lèvres fraiches glissèrent dans son cou, et il lécha à nouveau sa carotide, laissant une emprunte brûlante et humide.

-C'est parfait, dit-il, juste avant que ses crocs ne transpercent la peau fragile et se plantent profondément dans la veine palpitante.

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Voilà pour ce chapitre!

Que pensez-vous de cette courte et première entrevue? Du comportement de Draco? Devant Ron et Hermione? En privé avec Harry? Hé oui, avec moi, il garde toujours son petit coté dominateur et exigeant que j'aime beaucoup xD

Bref, vous attendiez ce moment depuis longtemps: Déçus? Satisfaits? Dites-moi!

J'attends vos commentaires avec impatience, n'hésitez pas! Et je vous dis à la semaine prochaine pour la suite!

Bisous à tous!