Salut!

Et voici le chapitre 29! On avance doucement mais surement dans l'histoire :)

Merci aux reviewer anonymes: nepheria4, ankana87, Sélènè, Kisis, chloe, Ekateri.

Merci également à tous ceux qui mettent la fic en alerte et favoris. Ca fait plaisir de voir qu'on est suivit. Ce serait néanmoins cool de laisser un petit mot quand vous le faites :/

Bonne lecture à tous!

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Chapitre 29

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Harry était debout sous le jet d'eau brûlant. La tête rejetée en arrière, les yeux fermés, il savourait l'eau chaude qui s'abattait sur son visage, ses épaules, et coulait le long de son corps. Il ouvrit la bouche et laissa l'eau couler à l'intérieur avant de tout recracher, un léger sourire aux lèvres.

Draco referma la porte derrière lui pour ne pas laisser l'air froid entrer. Il s'appuya contre le panneau, les bras croisés, et observa avec une avidité à peine dissimulée son calice debout dans la baignoire. Les mains fines de Harry couraient dans ses cheveux, sur son ventre, et le savon glissait le long de son corps divin. Draco avait envie de s'approcher, de le toucher, de le sentir, mais il se contint du mieux qu'il put.

Il resta immobile, attendant patiemment que Harry remarque sa présence. Ce fut le cas lorsque le jeune homme se retourna pour s'emparer du shampoing. Son regard tomba sur le vampire debout contre la porte, et il écarquilla les yeux, se demandant aussitôt depuis combien de temps il était là. Harry eut le réflexe de poser ses mains en coque pour cacher son intimité.

-Qu'est-ce que vous faites là? S'exclama-t-il.

-Rien du tout, répondit Draco, l'air innocent.

Ils s'observèrent pendant quelques secondes, tous deux forcés d'admettre que c'était vrai. Harry avait les joues rouges, et il voyait le regard de son vampire glisser sans pudeur sur son corps. L'avidité qu'il voyait dans ses yeux le fascinait autant qu'elle lui faisait peur. Finalement, Harry lâcha son intimité et s'empara de la bouteille de shampoing. Il en versa une quantité généreuse dans sa main, et entreprit de se laver les cheveux, en tentant de faire abstraction du regard affamé posé sur lui.

-Vous étiez où? Interrogea Harry, sans vraiment attendre de réponse.

Embarrassé par la situation, Harry n'osa pas regarder Draco. Il se massa tranquillement le cuir chevelu en se répétant inlassablement que Draco le voyait nu dans leur lit presque tous les jours, qu'ils avaient couché ensemble deux fois et qu'il n'avait aucune raison d'être encore pudique. Le vampire avait exploré son corps de toutes les manières possibles, et si quelqu'un connaissait son corps par cœur, c'était bien Draco.

-Je suis allé à Gringott.

Harry releva la tête, surpris que Draco réponde à sa question aussi spontanément. Il ôta le shampoing qui coulait dans ses yeux du plat de la main et rejeta ses cheveux en arrière. Il se détourna légèrement, car il voyait le regard anthracite qui glissait trop bas à son goût et augmenta le débit d'eau chaude, appréciant le réchauffement de l'eau sur son corps.

Il se demanda si Draco allait le rejoindre sous la douche, ou s'il se contenterait de rester immobile à le regarder. En un sens, savoir son regard intense fixé sur son corps nu le mettait plus mal à l'aise que de savoir Draco avec lui sous la douche.

-Dis-moi Harry. Il y a quelques jours, tu parlais du testament de Dumbledore avec tes amis.

Harry approuva, soudain attentif. Il rejeta la tête en arrière et se rinça les cheveux.

-Oui, il m'a légué l'épée de Griffondor.

-L'épée de Griffondor, répéta Draco. Où est-elle, maintenant?

-A Poudlard.

Draco hocha doucement la tête, l'air impassible. Harry lui jeta un coup d'œil avant de rejeter la tête en arrière sous le jet d'eau.

-Nous devons aller à Poudlard, dit-il.

Draco haussa les sourcils. Son regard, jusqu'à présent posé sur les fesses rondes et fermes de son calice, remonta sur son visage.

-Pardon?

Harry coupa l'arrivée d'eau. Il savoura pendant quelques secondes la sensation de son corps brûlant, avant de s'emparer de la serviette posée sur la chaise près de la baignoire et de s'y emmitoufler dedans. Puis, avec précaution, il sortit de la baignoire, et s'assit sur son rebord.

-Ron, Hermione et moi. Nous devons trouver le moyen de pénétrer à Poudlard.

Draco ne fit aucun commentaire sur cette affirmation. Il ne dit pas à Harry qu'il était hors de question qu'il sorte de la maison. Il n'affirma pas que c'était une entreprise dangereuse et pratiquement impossible et qu'en aucun cas, il ne le laisserait tenter de pénétrer l'école.

-Pourquoi est-elle si importante, cette épée?

-Hermione a découvert que l'épée de Griffondor, dont je me suis servi pour tuer le Basilic en deuxième année, était imprégnée de son venin. C'est une épée taillée par des gobelins, et elle absorbe ce qui la renforce. Hors le venin du Basilic peut détruire un Horcruxe. Dumbledore a essayé de me la léguer, malheureusement, Scrimgeour a jugé qu'elle était la propriété de l'école.

-Je vois, affirma Draco.

Harry attendit qu'il ajoute quelque chose, mais il n'en fit rien. Il sembla se plonger dans une réflexion intense, mais son regard ne le quitta pas une seconde. Harry n'osa pas le relancer, et il se contenta d'attendre en silence en fixant ses pieds.

-Vous voudrez venir avec nous? Demanda-t-il innocemment au bout de quelques minutes.

Il releva brièvement la tête, mais Draco le fixait. Leurs deux regards se croisèrent et ils se comprirent instantanément, sans qu'un seul mot ne soit prononcé. Harry baissa aussitôt la tête et resserra sa serviette autour de lui, comme pour se protéger.

Il n'irait pas à Poudlard.

-Je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'aller à Poudlard, dit soudain Draco.

Harry décida de faire comme s'il n'avait pas compris le message silencieux de Draco.

-Nous avons besoin de l'épée si nous voulons détruire le médaillon et tous les autres Horcruxes. C'est le seul moyen que nous ayons pour les détruire.

Draco inclina très légèrement la tête en signe d'assentiment. Son regard gris semblait transpercer Harry de part en part, et la sensation dérangeante lui rappelait le pouvoir qu'avait eu le regard bleu ciel du professeur Dumbledore.

-Certes. Mais je doute que l'épée se trouve à Poudlard.

Harry haussa les sourcils.

-Si, elle y est. Neville, Ginny et Luna ont essayé de la voler dans le bureau de Rogue en octobre. Ils n'y sont pas parvenus et ont été mis en retenue.

Draco secoua la tête. Un fin sourire étira ses lèvres. C'était un léger sourire glacé, qui interpella Harry. Le vampire se redressa soudain et s'approcha d'un pas souple et décidé. Harry releva la tête pour le regarder venir vers lui, et il fut aussitôt envahit d'un sentiment d'attente fébrile et d'inquiétude méfiante.

Mais le vampire se contenta de passer une main fraiche dans ses cheveux avec douceur, repoussant ses mèches mouillées vers l'arrière.

-Rogue ne possède pas la vraie épée, dit-il. C'est une fausse qui se trouvait dans son bureau. La vraie, elle, a disparu depuis quelques mois.

-Comment vous savez cela?

Draco esquissa un léger sourire en coin vaguement narquois, et Harry comprit qu'il ne répondrait pas, comme d'habitude. Commençant à avoir froid, il se releva. Il se sécha rapidement, se frottant les cheveux avec énergie.

-Vous ne voulez jamais me dire ce que vous faites, reprocha-t-il, c'est frustrant.

Il jeta négligemment la serviette au sol en arborant une moue boudeuse. Le sourire du vampire s'agrandit, et il le suivit lorsque Harry traversa la salle de bain pour s'approcher de la banquette où il avait laissé ses affaires. C'était une sensation étrange, un peu effrayante que d'avoir un prédateur le suivant de si près.

-Je ne veux pas que mon calice soit frustré, dit-il en faisant glisser son index le long du dos nu de Harry.

Harry se retourna et lui jeta un regard de reproche.

-Répondez à mes questions, alors.

Draco se pencha en avant et l'embrassa doucement sur la joue. Harry, docile, se laissa faire. Inconsciemment, il rapprocha son corps de celui du vampire, et ses mains vinrent s'agripper à sa chemise. Les lèvres du vampire glissèrent tout près de son oreille, et il murmura:

-J'ai l'ouïe fine.

Puis il se redressa, détacha les mains agrippées à sa chemise et recula d'un pas pour permettre à Harry de reprendre ses esprits. Il entreprit de déboutonner sa chemise sous le regard légèrement hébété de son calice.

-Tu sens très bon, Harry, lui fit-il remarquer.

-Ca ne répond pas à ma question.

Draco sourit légèrement en faisant glisser sa chemise le long de ses bras. Il la lança négligemment sur la banquette derrière Harry et enleva son pantalon.

-Qu'est-ce que vous faites? Interrogea le garçon qui le regardait se déshabiller sans bouger.

Il rougit lorsque le vampire se retrouva nu devant lui, mais n'esquissa pas un geste. Ils s'observèrent pendant quelques secondes, puis Draco tourna les talons et entra à son tour dans la baignoire sans un mot.

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Harry poussa du bras tous les dossiers et notes qui encombraient la table, et se laissa lourdement tomber sur la chaise la plus proche. Il se massa longuement les paupières lourdes de son long sommeil. Le feu ronflait dans la cheminée, diffusant une douce chaleur dans la pièce plongée dans la pénombre. Le silence régnait en maître dans la grande bâtisse. Harry, comme souvent, était le seul à être réveillé, néanmoins le calme qui l'entourait l'apaisait.

Pendant de longues minutes, Harry s'appliqua à observer Kreattur s'affairer à préparer son copieux repas, avec la dure tâcher de rassasier le calice qu'il était. Il avait presque pitié du pauvre elfe, tant cela représentait de travail. Les odeurs de friture emplissaient la vaste pièce, et il avait faim.

En attendant, il tendit le bras pour s'emparer de la Gazette du Sorcier, et il se plongea dans la lecture des articles qui passionnaient tant Hermione.

Après quelques minutes, l'elfe posa devant lui une assiette de côtelettes d'agneau, enterrées sous une montagne de frites faites maison. Harry le remercia, par pure habitude, et s'empara de ses couverts, lorgnant à son assiette avec appétit. Les frites étaient délicieusement dorées et croustillantes. Il posa sa fourchette, et s'en empara avec les doigts.

Draco entra dans la pièce à ce moment là. Se figeant, une frite à mi chemin de sa bouche, Harry le regarda approcher de son pas souple de prédateur, et s'installer avec nonchalante juste en face de lui. Il ne portait pas de haut, et ses cheveux humides de la douche qu'il venait de prendre gouttaient régulièrement sur ses épaules. Hébété, Harry suivit du regard les gouttes qui glissaient sur son torse pâle. Draco croisa les bras sur la table et posa sur Harry un regard sombre et intense. Le jeune homme se racla la gorge, et mit la frite dans sa bouche, ses joues se colorant d'une délicieuse teinte rosée qui n'échappa pas au vampire.

-Ce que tu vois te plaît? Tu serais bien aise de l'avouer enfin.

Harry secoua la tête, rougissant de plus belle sous le ton suggestif employé.

-Si tu étais venu avec moi sous la douche, tu aurais pu en profiter.

Draco souriait narquoisement.

-J'avais déjà pris ma douche.

Le vampire se pencha légèrement en avant par dessus la table, et murmura:

-Certes. Mais ça n'aurait pas été pour te laver, cette fois.

Harry sourit, et secoua à nouveau la tête, un peu blasé par l'attitude provocante du vampire. Il avait conscience que ce n'était qu'une question de jours avant que le vampire ne lui saute à nouveau dessus pour lui faire l'amour mais curieusement, cette perspective ne l'horrifiait pas comme elle avait pu le faire autrefois. Il aimait la prévenance et la tendresse dont faisait preuve Draco dans ces moments là et aurait apprécié qu'il se conduise ainsi plus souvent.

-Venir à table torse nu, ce n'est pas très poli, dit-il pour dissiper la gêne qui s'était installée en lui.

Il baissa la tête, et tenta de faire abstraction du regard perçant qui épiait le moindre de ses gestes. Draco avait le pouvoir de le mettre mal à l'aise juste par sa présence et c'était quelque chose que Harry supportait avec le plus grand mal. Il avait constamment peur de faire devant lui quelque chose dont il aurait honte et de voir le sourire en coin narquois étirer ses lèvres.

-Tu manges avec les doigts, remarqua Draco, et tu oses me donner des leçons de politesse?

Harry enfourna la frite qu'il tenait et se lécha rapidement les doigts. Puis il les essuya sur sa serviette et s'empara de sa fourchette. Draco, qui n'avait raté aucun de ses gestes, haussa un simple sourcil.

-Pas de malaise, Harry, tu peux continuer. J'aime ce que je vois.

Harry secoua à nouveau la tête. Il enfourcha ses frites avec plus de brusquerie que nécessaire et les fourra dans sa bouche. Il n'aimait pas que Draco lui montre à quel point il était obnubilé par lui. Parfois, Harry avait l'impression que le plus anodin des gestes qu'il faisait excitait le vampire. Draco l'analysait avec tellement d'application qu'il devait interpréter tous ses gestes au point d'en trouver un sens caché.

Harry tenta donc de faire abstraction de sa présence envahissante et se concentra sur son repas. Il appela Kreattur pour se faire servir un verre de jus de citrouille et songea non sans ironie que se faire entretenir avait du bon. Il ne pouvait pas dire qu'il manquait de quoique ce soit, Draco prenait soin à ce que tout ce dont il avait besoin soit à sa disposition. C'était agréable, pour lui qui avait toujours était le larbin de son oncle et de sa tante.

En face de lui, Draco posa ses coudes sur la table et son menton sur ses mains jointes. Harry évita son regard pénétrant mais il était dur d'oublier que le vampire le fixait sans ciller.

-Vous n'avez rien à faire? Finit-il par demander, à bout de nerfs au bout de plusieurs minutes d'un silence pesant.

Draco pencha légèrement la tête sur le côté, sans pour autant le quitter des yeux.

-Rien de plus intéressant que de regarder mon précieux calice se restaurer, je le crains.

Harry tressaillit face au ton possessif sur lequel le vampire parla de lui. Mais il aimait l'entendre dire qu'il était précieux à ses yeux, sans conteste. Il ne put empêcher un léger sourire de fleurir sur ses lèvres et il s'empressa d'avaler ses frites pour le dissimuler.

-Je ne vois pas ce qu'il y a d'intéressant là dedans, maugréa-t-il néanmoins.

-Bien sûr que non, tu ne le vois pas, murmura doucement Draco.

Il n'ajouta rien et Harry attrapa sans y penser des frites de sa main gauche pour les mettre dans sa bouche. Les cheveux de Draco avait arrêté de goutter, mais son torse brillait encore des quelques gouttes qu'il restait. Harry se faisait bataille pour ne pas laisser ses yeux dériver dans cette direction, mais il était sûr que Draco l'avait déjà remarqué.

Il était content de lui même porter un pull épais qui cachait son corps du regard affamé posé sur lui. Il n'en aurait été que plus mal à l'aise.

Harry mâchonna ses frites avec appétit, sous le regard intense de son vampire. Il semblait ne jamais pouvoir se lasser de la contemplation de ce garçon qui était le sien et qui semblait être pour lui la plus belle des possessions. Harry lui semblait être le plus beau des garçons, le plus sexy de tous, le plus enviable. Il avait les plus beaux yeux verts que la terre ait portés, la bouche la plus pulpeuse qui soit, le visage le plus fin et élégant qu'il n'ait vu. Et il ne parlait même pas de son corps à damner un saint. Et pour Draco, tout cela n'était pas seulement du au fait qu'il s'agissait de son calice et que, forcément, pour lui, il était parfait.

Draco se faisait l'effet d'être chanceux, même si ce garçon en question était le grand et célèbre Harry Potter, qu'il avait un caractère pour le moins agaçant et entêté et, que, quand il ne dormait pas, il l'insupportait souvent.

-Draco, appela soudain Harry.

Le vampire se redressa légèrement et son regard, qui avait glissé le long de sa gorge, remonta sur ses yeux. Mais Harry fixait son assiette.

-Oui Harry?

Harry aimait la façon dont son prénom roulait dans la bouche du vampire. Il le portait avec délicatesse, préciosité et semblait se régaler à le prononcer.

-Pourquoi est-ce que nous ne sommes pas retournés chez vous après que vous êtes venu me chercher quand je me suis enfuis?

Draco resta impassible. Il appréciait grandement la façon qu'avait Harry de parler d'eux en disant nous, comme s'ils étaient une entité indissociable. Draco aussi commençait à s'habituer à l'emploi du nous, qui serait désormais une constante infinie dans son existence. Il ne pouvait plus exister sans Harry, comme Harry ne pouvait plus exister sans lui. Il ne pouvait pas dire que cette dépendance l'enchantait, mais l'idée de ne plus sentir la présence perpétuelle de Harry à ses côtés n'était guère satisfaisante non plus.

-C'est ce que tu aurais voulu?

-Non, répondit précipitamment Harry, peu désireux à ce que Draco pense une telle chose. Bien sûr que non.

Harry essuya les doigts de sa main gauche et s'empara de son couteau. Il dégagea les frites qui recouvraient les côtelettes et commença à couper sa viande. La tâche exigea toute son attention.

-Je ne saisis pas le sens de ta question, informa Draco de sa voix toujours aussi mélodieuse.

Harry ne releva pas la tête. Il savait que Draco le fixait, et il ne voulait pas prendre le risque de se retrouver prisonnier de son regard. Il réfléchit à ce qu'il voulait dire pendant quelques instants, conscient de Draco qui attendait patiemment en le dévisageant.

-Je pensais que l'on rentrerait quand vous viendrez me chercher. Que vous me ramèneriez. Mais nous sommes toujours ici. Alors je me suis dis que vous aviez peut être décidé de m'aider à détruire Vous-Savez-Qui. Et à chercher ses Horcruxes. Mais de toute évidence, je me suis trompé.

-Qu'est-ce qui te fait dire cela?

Harry porta un morceau de viande à sa bouche. Elle était tendre et juteuse, juste comme il l'aimait.

-Vous ne voulez pas que je sorte. Je ne sais pas comment je suis sensé trouver les Horcruxes en restant dans cette maison.

-Tu n'es pas sensé trouver les Horcruxes, affirma Draco.

Harry releva la tête. Par chance, Draco fixait à nouveau sa gorge, sans s'en cacher, et Harry avait déjà baissé la tête avant qu'il ne relève les yeux.

-Je croyais que l'irruption des Mangemorts dans votre appartement vous aviez fait prendre conscience que Vous-Savez-Qui devait être détruit. Qu'il n'aura pas de répit tant qu'il n'aura pas la preuve que je suis mort.

-Bien sûr. Ce qui te met en danger. Et ma priorité, avant même de détruire le Seigneur des Ténèbres, est de savoir mon calice en sécurité.

Harry, qui se débattait avec sa viande, laissa échapper un grognement rageur. Il laissa tomber ses couverts avec humeur et s'empara de quelques frites avec les doigts, sans se préoccuper de ce que pouvait en penser Draco.

-Il n'y a que ça qui vous intéresse! Que je sois en sécurité, même si je meurs littéralement d'ennui et que mes amis, eux, se mettent en danger pour moi!

-En effet, approuva sagement Draco, sans s'émouvoir de son soudain énervement.

Harry fusilla son assiette du regard. Il lui semblait impossible de parler à Draco sans qu'ils ne finissent par se disputer. Parfois, il se demandait pourquoi il était destiné à devenir son calice. Tous les deux n'avaient strictement rien en commun, et ils envisageaient la situation tellement différemment que ça frôlait le ridicule. De toute façon, Harry avait depuis bien longtemps compris qu'ils ne pouvaient s'entendre que pendant les morsures. Le reste du temps, ils s'insupportaient mutuellement.

-Comment voulez-vous que Vous-Savez-Qui soit détruit si je reste enfermé ici?

-Pourquoi devrait-il être détruit par toi?

Cette fois, Harry ne put s'empêcher de relever la tête. Il plongea aussitôt dans le regard mercure de son vampire. Tout son énervement s'évapora instantanément et il eut l'impression d'être vidé de toutes émotions négatives. Il ne savait pas comment Draco s'y prenait pour faire cela, mais il aimait cette sensation de bien être qui le prenait aux tripes. Il se sentait apaisé, et plus rien n'était un soucis pour lui, par même l'ombre de Voldemort qui le guettait constamment.

-Vous ne connaissez pas la Prophétie?

Sa voix était sortie en un murmure à peine audible sans qu'il ne l'ait réellement décidé.

-C'est moi qu'elle désigne, se sentit-il obligé de préciser.

Il était bien sûr impossible que Draco ignore la Prophétie. Harry fouilla ses orbes grises, mais il avait depuis longtemps compris qu'il ne pouvait lire en Draco. Ce qui était injuste car le vampire lisait en lui comme dans un livre ouvert.

-Je sais cela, évidemment, affirma doucement Draco qui se régalait de l'emprise qu'il avait sur son calice à cet instant. Mais cela ne signifie pas que tu dois te mettre en danger pour le détruire. Ta tâche, Harry, est de le tuer. Je le détruirai pour toi, je le mettrai à terre, je briserai sa baguette et je le poserai à genoux devant toi pour que tu accomplisses la Prophétie.

Harry écarquilla les yeux. Voilà comment Draco envisageait les choses. C'était la première fois que le vampire lui dévoilait ce qu'il pensait. Harry en fut effrayé. La façon dont Draco décrivait la situation avait quelque chose de glauque. Harry se voyait mal achever Voldemort, lui lancer le sort de la mort alors qu'il était déjà à terre et désarmé. Il n'avait jamais imaginé comment serait son combat avec le mage noir, mais il avait pensé que tout se finirait pendant l'action d'un combat à mort. Devoir tuer un homme de sang froid, c'était autre chose, et Harry ne s'en sentait pas capable.

-Vous me prenez pour un meurtrier?

Draco haussa un sourcil perplexe.

-Tu ne veux pas tuer le Seigneur des Ténèbres?

Harry resta silencieux pendant de longues secondes, incapable de trouver quelque chose à répliquer à cette question d'une justesse implacable.

-Je ne veux pas le tuer comme vous le dites, dit-il finalement, son ton hésitant.

-Comment veux-tu le tuer, dans ce cas?

-Je...Je ne sais pas.

Le silence s'installa entre eux. Harry savait que Draco avait perçu son trouble, sa peur, même, et il lui fut reconnaissant de ne pas faire de commentaires. Il n'avait jamais réellement pensé à ce que serait son combat final avec Voldemort, mais il avait toujours imaginé que tout se terminerait au terme d'un combat sanglant. L'image que Draco lui avait mis en tête l'effrayait, le révoltait, presque. Elle signifiait qu'il tuerait de sang froid, comme un tueur, et non plus pour défendre sa vie.

-Tes frites vont être froides, Harry, remarqua soudain Draco.

Harry piocha négligemment une frite dans son assiette. Il la mâcha lentement, puis dit:

-Vous ne pouvez pas trouver les Horcruxes seuls.

Draco haussa un sourcil surpris.

-Pourquoi pas? Demanda-t-il.

Il consentit enfin à libérer son calice de son regard pour lui permettre de continuer à manger. Il cilla brièvement, et Harry se dépêcha de baisser la tête pour se concentrer sur son repas.

-Vous ne les trouverez pas. Pas tout seul. Vous ne savez même pas où peut se trouver l'épée, la vraie. Et même! Je veux vous aider! Je ne veux pas être celui qui observe pendant que les autres font tout le boulot. Je vous laisserai me protéger, je vous le promets.

-Je te protège déjà, en te gardant enfermé ici.

L'agacement de Harry était revenu dès qu'il s'était soustrait au regard du vampire. Il attrapa ses frites avec ses doigts et les mâcha rageusement.

-Vous ne vous sentez pas capable de me protéger autrement qu'en m'enfermant?

Draco se redressa face à l'attaque soudaine. Son expression se fit plus sombre, et il posa sur Harry un regard sévère.

-Tu es moins encombrant quand tu te contentes de rester ici. Je ne veux pas m'embarrasser d'un humain pendant que je vaque à mes occupations, quelles qu'elles soient.

Harry écarquilla à nouveau les yeux. Son cœur s'emballa dans sa poitrine. Etait-ce ce que Draco pensait réellement de lui? Harry savait que pour le vampire il ne représentait qu'un humain faible et un fardeau dont il devait s'occuper pour l'éternité, mais il ne s'attendait pas à ce qu'il le dise à haute voix. Il n'était pas du genre à vouloir le blesser, même par des mots. Néanmoins, en insistant autant, il l'avait un peu cherché. Savoir que Draco le considérait comme un fardeau comme n'importe quel humain était dur à encaisser. Il était tout de même son calice.

Trahi et blessé, Harry se mura dans un silence embarrassé. Il passa ses nerfs sur sa viande, qu'il entreprit de couper sans délicatesse aucune.

-Tu réagis comme un enfant, Harry.

Harry ne dit rien, boudeur. Draco fit une pause de quelques secondes, puis ajouta en soupirant:

-Tu es un enfant, bien sûr.

-Je suis majeur.

-Tu as dix sept ans.

Harry se contenta de hausser les épaules. Evidemment, pour un vampire immortel aussi vieux que Draco, il pouvait bien avoir cent ans, il le verrait toujours comme un gamin. Harry but quelques gorgées de jus de citrouille, puis se concentra à nouveau sur sa viande.

Il n'était pas prêt à laisser tomber le sujet. Il était hors de question que Draco le laisse en dehors de ça. C'était son combat, depuis toujours. Il ne craignait pas pour la vie du vampire, évidemment, mais il ne voulait pas apporter de soucis à Draco. Le vampire n'avait rien demandé, et il lui avait maintes fois prouvé qu'il n'avait pas voulu de lui. Harry s'imposait à lui, et il ne voulait pas en plus lui léguer le fardeau de la Prophétie.

-Je sais me défendre, dit-il. Je suis le meilleur en Défense contre les Forces du Mal.

-Une matière à l'école, dit Draco, son ton sonnant légèrement méprisant.

-J'ai déjà fait face à Vous-Savez-Qui. Plusieurs fois. Je l'ai même combattu en duel alors que j'avais quatorze ans. J'ai fait mes preuves!

-Là n'est pas la question, Harry. Tu pourrais être le meilleur combattant au monde, cela ne changerait rien. Il est question de protection, pas d'habileté au combat.

Harry mâcha précipitamment sa viande, et avala.

-C'est mon combat! Vous ne pouvez pas me le voler.

-Te le voler? Je croyais justement que tu aurais tout donné pour y échapper. Pour ne pas être le garçon de la Prophétie. Je t'offre une échappatoire sur un plateau d'argent. Pourquoi ne pas la saisir?

-C'est mon fardeau!

Draco secoua la tête, l'air agacé. Ses yeux vrillaient le visage de son calice, qui l'ignorait ostensiblement. Harry termina son plat avec entêtement, bien décidé à ne pas le regarder dans les yeux.

-Tu es trop entêté, Potter. Il faut savoir, parfois, voir ce qui est le mieux pour soi.

Harry ne releva pas la tête lorsqu'il répondit:

-Je sais ce qui est le mieux pour moi. Je le sais et je l'ai toujours su. Mais je ne suis ni égoïste, ni lâche, et je n'abandonnerai pas mes amis.

-Tes amis seraient certainement plus en sécurité si tu n'étais plus auprès d'eux. Tu es celui qui les met, et qui les a toujours mis, en danger.

Harry fronça les sourcils, touché par les mots du vampire. Kreattur vint débarrasser son assiette vide et la remplaça par un bol de soupe. Harry, un peu perdu, la remua doucement.

-Je sais, grogna-t-il. J'ai essayé de ne pas les entrainer la dedans, mais ils ne m'écoutent pas. Maintenant, c'est trop tard. De toute façon, Hermione est née-moldu. Quoiqu'il en soit, elle sera toujours pourchassée. Tant que Vous-Savez-Qui sera en vie.

Draco ne répondit rien, et Harry osa lui jeta un coup d'œil. Ils s'observèrent silencieusement, et à cet instant, il aurait donné cher pour savoir ce que le vampire pensait.

-Je n'ai plus peur, souffla Harry. Je n'ai plus peur de ce qui m'attend, je n'ai plus peur de l'affronter, lui.

-Tu as tord, dans ce cas. Etre lié à un vampire ne te rend ni immortel, ni invincible.

Harry esquissa une légère grimace, mais n'ajouta rien. Draco avait raison, évidemment. Ce sentiment de sécurité que lui apportait le vampire pouvait s'avérer dangereux.

-Comment vous savez que les épées ont été échangées?

Draco esquissa un sourire un peu mystérieux. Il se pencha un peu plus en avant, et sa main glacée vint effleurer la main gauche de Harry, sagement posée sur la table. Ce simple contact fit sursauter le calice, qui fixa sa main pendant quelques secondes, l'air étonné.

-Je sais beaucoup de choses, Harry. Crois-moi.

Harry se pencha lui aussi en avant, rapprochant son visage de celui de son vampire. Ils se fixèrent intensément. Le lien qui les unissait semblait flotter entre eux à cet instant, plus puissant que jamais. Il les réunissait, les reliant l'un à l'autre par un fil invisible mais indestructible.

-Dites-moi, s'il vous plait, insista Harry.

Draco esquissa un léger sourire en coin. Il se redressa légèrement sur ses coudes, sans briser leur contact visuel, et vint poser ses lèvres sur le coin des lèvres de son calice. Harry eut à peine le temps de réaliser ce qu'il s'était passé que Draco s'était confortablement réinstallé.

-Tu me fais du charme, Harry?

Ils s'observèrent sans rien dire. Harry semblait avoir perdu contact avec la réalité. Draco ne l'embrassait jamais. Il le léchait, posait ses lèvres sur sa mâchoire, son cou, sa gorge, ses joues. Mais spontanément, et encore moins dans un contexte qui ne s'y prêtait pas, il ne l'avait jamais embrassé. Harry ne s'en plaignait pas, parce qu'embrasser un homme pour qui il ne ressentait rien n'avait jamais fait parti de ses fantasmes.

Après plusieurs secondes de flottement, il esquissa un léger sourire et rétorqua:

-Ca a l'air de marcher, en tout cas.

Draco resta impassible, mais répondit très vite:

-Tu n'imagines pas combien tu m'envoûtes.

Harry sourit, gêné. Il ne l'imaginait pas, mais il le voyait très bien. Il suffisait de voir comment Draco le regardait pour se rendre compte qu'il était totalement obnubilé par lui. Il ne s'attendait néanmoins pas à ce que le vampire l'avoue aussi directement, sans broncher ni hésiter.

Profitant du fait que Harry le fixait toujours, l'air vaguement éberlué, Draco se pencha à nouveau en avant. Il se passa la langue sur la lèvre inférieure, puis, du bout de la langue, il joua quelques secondes avec l'une de ses canines. Comme prévu, le regard émeraude de son calice suivit son mouvement, et il déglutit avec difficulté.

-Qu'est-ce que vous faites, Draco? Interrogea-t-il d'une voix blanche.

Les canines blanches du vampire luisaient de salive. Elles lui semblaient lisses, presque douces, et il eut subitement envie de les toucher. Ou de les sentir se planter profondément dans son cou. Instinctivement, il se pencha en avant. De sa propre initiative, lui sembla-t-il, son bras gauche se leva et il le tendit en direction du vampire. Son index avait à peine effleuré l'une des canines proéminentes du vampire que la porte s'ouvrit soudain.

Harry sursauta si violemment qu'il renversa une bonne partie de la soupe sur la table. Il manqua de se couper le doigt sur la pointe acérée de la canine, et son bras retomba lourdement sur la table. Harry se repoussa violemment dans le fond de sa chaise. Fébrile, il s'empara de l'essuie tout et l'étala sur la table, les mains tremblantes. Ron et Hermione s'étaient figés sur le seuil de la porte. Harry ne savait pas ce qu'ils avaient vu, mais il fut incapable de cacher son trouble. Il était impossible que ses amis n'aient pas deviné qu'ils avaient interrompus quelque chose entre lui et le vampire.

Il jeta un coup d'œil furtif à Draco tout en continuant à essuyer les dégâts. Le vampire avait croisé les bras et s'était appuyé contre le dossier de sa chaise. Il le fixait toujours sans ciller et arborait une moue clairement agacée qui inquiéta Harry.

-Désolé, marmonna Hermione qui avait l'air contrit.

Harry sourit, d'un sourire en coin un peu crispé. Mais il secoua vite la tête et fit signe à ses amis de le rejoindre. En un sens, l'arrivée de Ron et Hermione l'arrangeait. Elle lui permettait de se soustraire à l'emprise du vampire, sans qu'il ne finisse par lui sauter dessus.

Ron et Hermione hésitèrent, et Harry les comprit. A leur place, lui non plus n'aurait pas voulu se trouver en présence d'un vampire, surtout si ce dernier arborait une expression clairement meurtrière.

-On ne voudrait pas déranger.

Harry roula en boule les papiers imbibés.

-Non, c'est bon! Venez.

Doucement, tous les deux s'approchèrent. Ron s'approcha du buffet pour se saisir d'un paquet de céréales entamé, et il s'en servit un bon bol. Puis il vint s'asseoir à côté de Harry. Ce dernier évitait soigneusement le regard métallique de son vampire. L'atmosphère dans la cuisine s'était faite plus pesante.

C'était la deuxième fois en un mois que ses amis se retrouvaient en présence du vampire. Harry aurait préféré éviter cette situation, mais il ne pouvait décemment pas demander à Draco de sortir. Il préférait montrer à ses amis que la situation était ordinaire, et que la présence du vampire dans la pièce ne l'empêchait pas de se comporter amicalement avec eux. Hermione et Ron jetaient des regards en coin au vampire immobile, dont le torse nu et pâle ne se soulevait pas. La nudité de Draco mettait Harry clairement mal à l'aise, qui aurait préféré que le vampire soit habillé, et se montre plus vivant.

Il s'empara de sa cuillère et dégusta sa soupe qui avait tiédi. Pour ne pas que le silence ne dure plus longtemps, il s'exclama:

-Draco dit que l'épée ne se trouve pas à Poudlard! Il y en aurait deux.

Personne ne répondit et Harry fut contraint de se plonger dans un silence songeur.

Etait-il possible que Dumbledore ait deviné que l'épée ne reviendrait pas à Harry, et qu'il ait remplacé la vraie par une fausse, pour la garder à l'abri en attendant que Harry la récupère? Dans ce cas, elle devait se trouver dans un endroit où Dumbledore avait pensé qu'Harry la trouverait.

-Deux épées, finit par répéter Hermione, d'une voix plus aigue qu'à l'ordinaire.

-Oui. Je pense que Dumbledore a caché la vraie épée pour moi.

Il jeta un regard en biais à Hermione qui fronçait les sourcils. Il sourit en la voyant réfléchir avec autant de sérieux.

-Mais je ne sais pas où il l'aurait cachée. Sans doute dans un endroit où je pourrais la trouver.

Hermione resta silencieuse durant quelques secondes. Harry racla le fond de son bol de soupe.

-Ca me paraît évident, finit-elle par dire. Il a du cacher l'épée de Griffondor dans le village natal de celui-ci. Et il se trouve que c'est aussi un village qui est rattaché à toi, Harry. Dumbledore a du penser que tu devinerais.

Une vague d'excitation traversa Harry. L'idée que Dumbledore ait pensé à tout, et qu'il ait caché l'épée pour lui était exaltante. En face de lui, Draco haussa un sourcil face à cette brusque exaltation.

-Où? Demanda Harry, suspendu aux lèvres de son amie.

-A Godric's Hollow, évidemment.

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J'espère que vous avez apprécié ce chapitre xD Draco y est plus loquace qu'à l'ordinaire mais de là à savoir s'il compte enfin aider Harry ou pas dans la quête des Horcruxes, c'est une autre histoire! Il reste encore très braqué, et trop tourné vers Harry pour penser à autre chose que son calice.

Est-ce que Ron et Hermione vous agacent toujours? J'avoue ne pas trop comprendre pourquoi vous les haïssez autant :/ Ils ne sont pas si chiants, si?

Merci à tous d'avoir lu!

Bonne semaine, et à samedi prochain!

Natom, 01/03/14