Bonjour à tous!
Je suis ravie de vous retrouver! C'est long finalement, du jeudi au samedi d'après, non? ;) J'ai été très contente de voir que l'action du chapitre précédent vous a plu! C'est vrai que ça fait du bien de temps en temps, un peu d'action! D'autant plus que mine de rien, c'était un chapitre important pour l'intrigue.
Comme toujours, un grand Merci aux reviewer anonymes: Nepheria4, Nana972, Kisis, Matsuyama, anna, maryharry, Guest, chloe, Tenshi, Ekateri,
maoul92: la façon dont Draco a retrouvé Harry sera expliquée bientôt, mais ça n'a rien de magique ou vampirique xD Ha et j'aimerais bien entendre ta théorie à propos de l'incapacité de Harry à parler Fourchelang :p
crazykaori: je n'ai pas pu te répondre sur le site, alors je te répond directement là: je suis ravie que ma fic te plaise! Et désolée de t'avoir fait rater les cours :/ Vive Draco xD
Sln: Hé oui, Harry ne comprend plus le Fourchelang. Ca a bel et bien un lien avec son statut de calice, mais ça va un peu plus loin que juste ça :)
Sur ce, je vous laisse à votre lecture xD J'espère que ce chapitre vous plaira, ainsi que la réaction de Draco face à cette nouvelle fuite!
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Chapitre 32
La soumission désarme la colère
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Lorsque Harry ouvrit les yeux, il fut instantanément ébloui par la clarté qui illuminait la pièce. Il cligna des paupières à plusieurs reprises, tentant de s'habituer à la lumière ambiante et resta allongé quelques courtes minutes, sans penser à rien, le corps lourd et endolori. Ses muscles étaient raides et crispés, ses membres lourds et fatigués. Puis, à mesure qu'il reprenait ses esprits, et que les événements de la veille lui revenaient doucement en mémoire, son cœur se mit à battre de plus en plus vite dans sa poitrine. Il se massa doucement les tempes et chercha vaguement autour de lui un réveil qui puisse lui indiquer l'heure.
Le jeune homme se figea net lorsqu'il avisa la vaste pièce au parquet proprement poli, et brillamment éclairée par une large baie vitrée. Il prit brusquement peur, se redressa d'un bond sur le matelas et rejeta les jambes hors du lit. Frissonnant lorsque l'air frais de la pièce s'échoua contre son torse nu, il appela:
-Draco!
-Oui?
Harry sursauta. Il fit aussitôt volte face, et avisa le vampire nonchalamment appuyé contre le chambranle de la porte, son regard intense posé directement sur lui. Il portait un pantalon d'un noir neutre, et une chemise grise qui mettait en valeur ses yeux anthracites. Tous deux s'observèrent sans un mot pendant quelques secondes. Harry, qui portait un simple pantalon en coton pour pyjama, sentit rapidement un malaise s'installer en lui. Sans pouvoir se soustraire à ce regard intense, il commença à se tortiller sur place, triturant le drap entre ses mains tremblantes.
Comme toujours, Draco était totalement impassible. Aucunes émotions ne transparaissaient sur son visage, pas même de la colère. Pourtant, dans son attitude rigide et son regard sombre, Harry savait que Draco était en colère. En colère contre lui. Face à son charisme implacable et son air hautain, Harry se ratatina sur place.
La soumission finit par l'emporter, et il baissa les yeux sur ses mains, penaud. Comme toujours, il avait du mal à supporter la colère de son vampire, particulièrement lorsqu'elle était dirigée contre lui. Il remarqua qu'un bandage recouvrait son poignet droit, et le caressa doucement. Conscient de ses tords dans l'affaire, Harry préféra faire profil bas, attendant que le vampire prennent la parole en premier.
Néanmoins, Draco resta silencieux, comme toujours lorsqu'il était en colère, comme s'il combattait l'envie de hurler sur son calice par un silence crispé.
-Pourquoi est-ce qu'on est ici? Demanda finalement Harry avec angoisse. Vous comptez encore m'enfermer dans cet appartement lugubre?
Les quelques secondes que prit Draco pour répondre laissèrent Harry dans un état de tension extrême. Dès lors, les souvenirs des jours passés enfermés dans l'appartement sans vie et poussiéreux du vampire remontèrent en lui, et il prit peur. Il n'était pas sûr de pouvoir revivre un tel enfermement sans devenir fou. Il était dépendant de Draco, il avait besoin de sa présence à ses côtés pour se sentir bien, mais rester enfermé avec lui sans avoir de contact avec l'extérieur restait néanmoins au dessus de ses forces.
-T'enfermer? Répondit Draco, sur un ton des plus caustiques. Non, ça ne suffit visiblement pas. Je vais t'attacher, ce sera indubitablement plus efficace.
Harry ne dit rien, mais l'image fugace de lui attaché à la tête de lit lui effleura l'esprit. Il secoua la tête, comme pour chasser cette idée de sa tête. Il ne savait pas si Draco était réellement capable d'en venir à de telles extrémités, mais il ne préféra pas poser la question.
Draco croisa les bras sur son torse, l'air plus revêche que jamais.
-Qu'est-ce que je vais faire de toi, Potter? Soupira-t-il sur un ton à peine audible.
Harry croisa à son tour les bras sur son torse, sur la défensive. Le ton agacé et cassant de Draco était vexant. Il le faisait se sentir comme un fardeau particulièrement agaçant et encombrant que le vampire avait du mal à gérer. Ce qu'il était probablement pour Draco.
Le jeune calice n'osa pas relever le regard vers son vampire lorsqu'il rétorqua avec fougue:
-J'ai bien le droit de me rendre sur la tombe de mes parents.
Son cœur se serra. Il était extrêmement déçu de ne pas avoir pu se rendre sur la tombe de sa mère et de son père, alors qu'il s'y trouvait si près. Il doutait d'avoir un jour l'occasion d'y retourner et cette opportunité ratée le rendait plus triste encore que s'il n'y était pas allé du tout.
-La tombe de tes parents? Répéta Draco, légèrement perplexe. Tu es allé dans ce village pour récupérer l'épée de Gryffondor. Ne me prend pas pour un idiot, Potter.
Harry frissonna face au ton féroce du vampire. Il se tritura les mains, posées sur son giron, et esquissa une moue agacée en avouant:
-Oui, c'est vrai. Mais mes parents sont bel et bien enterrés à Godric's Hollow. J'avais envie d'aller sur leur tombe, enfin.
-Passionnant.
Le ton mordant et insensible du vampire le révolta instantanément. Il releva la tête et le fusilla du regard.
-Ne parlez pas ainsi.
Sa voix rauque le gêna, et il se racla discrètement la gorge. L'indifférence du vampire face à sa peine le blessait, mais le choquait également. Il savait maintenant que rien à part lui ne comptait aux yeux de Draco, mais le voir réagir aussi indifféremment à l'évocation de la mort de ses parents lui noua l'estomac. Il concevait que Draco soit en colère contre lui, mais pas qu'il méprise ainsi sa tristesse face à la mort de ses parents.
Draco posa sur lui un regard noir. Il fit un pas dans sa direction, avant de se raviser brusquement. Il semblait lutter contre une envie irrépressible de s'approcher de son calice, d'annihiler la distance entre eux. Harry, lui, était agacé par le comportement de son vampire.
Il se rappela de ce que Lupin lui avait dit, la veille au soir. Draco ne pouvait pas comprendre ce qu'il ressentait. La tristesse, la douleur face à la mort d'un proche, le chagrin, tout autant de sentiments qu'il ne connaissait plus depuis des décennies. Néanmoins, tout cela ne pouvait l'empêcher de respecter ses sentiments.
-Vous avez le droit d'être en colère contre moi mais ne parlez pas ainsi de mes parents, murmura-t-il sans le regarder. Respectez au moins cela.
Draco fit un nouveau pas en avant, s'approchant encore. Ses jambes frôlèrent les genoux de Harry, qui se recula instinctivement. Il se laissa aller contre la tête du lit, et rejeta la tête en arrière. Il ferma les yeux pour ne pas avoir à affronter le regard implacable qui ne le quittait jamais.
-Tu veux que je te respecte? Répéta Draco, le ton mordant. Mais à quel moment me respectes-tu, toi? Quand tu ignores mes ordres? Quand tu t'enfuis au mépris de toutes les règles de sécurité? Quand tu ne prends même pas la peine de m'avertir?
Il n'avait pas haussé le ton, mais celui-ci était glacial et acide, comme il l'était toujours lorsqu'il était en colère contre lui. Harry encaissa sans rien dire, le regard baissé sur ses genoux. Il était certain de ne jamais pouvoir s'habituer à ce ton là.
Par ailleurs, entendre Draco parler de respect, lui qui ne respectait jamais rien, l'agaçait.
-Je vous respecterai quand vous me respecterez. Je ne suis pas un pantin que vous pouvez manipuler à votre guise. Il va falloir que vous finissiez par le comprendre.
Harry croisa les bras sur son torse, l'air décidé. Draco resta silencieux pendant quelques courtes secondes, l'air légèrement perplexe. Finalement, il balaya l'argument d'un geste agacé de la main, comme s'il n'avait aucune importance, et dit sèchement:
-Comment crois-tu que je réagis quand je m'aperçois que tu as disparu? Que je ne sais pas où tu es, avec qui tu es, ce que tu fais, ce qu'il t'arrive. Comment crois-tu que je réagis quand j'arrive enfin à te retrouver et que tu es en train de hurler sous des maléfices? Que tu t'évanouis après avoir été torturé pendant je ne sais combien de temps!
Harry frissonna. Il hocha la tête, comme pour donner raison au vampire. Il concevait parfaitement qu'il ne s'était pas comporté convenablement avec Draco, mais le vampire ne lui avait pas non plus laissé le choix en l'empêchant d'accomplir la mission que Dumbledore lui avait laissée.
-Je voulais juste...
-Cela n'a aucune sorte d'importance, coupa sèchement Draco d'un ton sans réplique. Tu ne réfléchis jamais avant d'agir! Le Seigneur des Ténèbres ainsi que tous ses partisans sont à ta recherche, et tu ne penses qu'à sortir pour des raisons toutes aussi futiles les unes que les autres.
Harry se ratatinait sur place au fur et à mesure que Draco parlait. Il avait envie de lui dire d'arrêter de le réprimander, et de franchir cette distance qui le séparait. Néanmoins, en partant, il avait eu conscience qu'il devrait en passer par là, et il était déterminé à rester aussi neutre que possible afin de ne pas montrer au vampire à quel point sa colère le touchait.
-Ce n'est pas futile, dit-il doucement. Je vous l'ai dit: je dois trouver les Horcruxes. C'est impératif si je veux détruire Vous-Savez-Qui et vivre en paix. Ce n'est pas ce que vous voulez aussi?
Il jeta un regard en biais au vampire, qui le fixait d'un air sévère. Harry ne put s'empêcher d'esquisser un faible sourire en le voyant debout devant lui, la tête baissée sur sa forme recroquevillée sur le lit. Draco haussa les sourcils, l'air vaguement exaspéré, et Harry détourna les yeux, le rouge aux joues.
-Ca te fait marrer? Déplora-t-il en lui jeta un regard sévère. Ce n'est certainement pas en t'enfuyant seul avec deux autres ados inutiles que tu vas arriver à détruire le Seigneur des Ténèbres. Tu ne sais pas ce que...
-Où sont Ron et Hermione? Coupa Harry en se redressant soudain.
Il balaya la pièce du regard, comme si ses amis allaient jaillir devant lui, tout souriants. Draco lui jeta un regard noir.
-Tu ne sais pas ce que tu fais, reprit-il comme s'il n'avait pas été interrompu. Tu agis à l'aveugle en t'appuyant sur des faits qui sont totalement aléatoires et qui ne mènent à rien. Tu te mets en danger inutilement. Si tu veux survivre à cette guerre, tu dois être sûr de ce que tu fais, et avoir des soutiens solides.
Harry resta ébahi pendant quelques secondes. Il fixa le visage austère de Draco, la bouche entre-ouverte.
-Si vous voulez parler de vous...
-De toute évidence.
Harry ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel face à tant d'arrogance. Devant lui, Draco dégageait une aura de colère qui le mettait très mal à l'aise.
-Quel soutien! Votre seule stratégie est de m'enfermer.
-J'essais de te protéger. Si je ne le fais pas, qui le fera? Tu n'es même pas capable de prendre soin de toi même. Regarde ce qu'il t'arrive quand tu oses mettre un pied hors de ma protection! Détruire le Seigneur des Ténèbres, d'accord, mais pas à n'importe quel prix.
-Mais je ne peux pas détruire les Horcruxes en restant au Square! Quand est-ce que vous allez le comprendre? Si vous aviez accepté de venir avec nous, vous auriez été là pour me protéger. Plus tôt.
Draco serra les poings. Il se détourna légèrement, et tourna enfin son regard gris vers la fenêtre, libérant Harry de ses intenses yeux gris. Harry observa son profil sans rien dire, admirant les cheveux fins et blonds du vampire, qui brillaient à la lumière du jour.
-Vous devez accepter le fait que j'ai mon rôle à jouer dans cette guerre. Je suis l'Elu. Nous pourrions le faire ensemble. Et la prochaine fois que Bellatrix Lestrange lèvera sa baguette sur moi, vous serez là pour me protéger.
Draco ne répondit rien, ce qui agaça instantanément Harry. L'impossibilité de savoir ce qu'il pensait le frustrait. Il craignait que ce qui était arrivé à Godric's Hollow ne braque le vampire, et que sa détermination à le protéger n'en soit que renforcée.
Timidement, Harry leva sa main gauche et vint toucher la peau fraîche du bras du vampire, dont il avait remonté la manche de la chemise. Il caressa doucement l'avant bras de Draco, qui n'esquissa pas un geste. Il était figé telle une statue près du lit et le rapprochement qu'initia pour la première fois son calice entre eux ne le dérida pas.
-Je suis désolé, souffla Harry.
-Oui, c'est ce que tu as dit la dernière fois aussi.
Piqué au vif, Harry se renfonça vivement contre la tête de lit, et croisa les bras sur son torse. Il y eut quelques secondes de silence, pendant lesquelles il fixa les mains de Draco, enfoncées dans les poches de son pantalon, sans les voir. Il savait le regard du vampire intensément posé sur lui, et tenta de garder l'expression la plus neutre possible, même s'il savait que Draco sentait parfaitement son trouble et son agacement.
-Bon sang Potter, tu aurais pu mourir!
Harry baissa les yeux.
-Et alors? Ce n'est pas la première fois, et ce ne sera probablement pas la dernière. Tout le monde veut me tuer! Vous ne pourrez pas me garder caché indéfiniment. Vous-Savez-Qui me retrouvera toujours. Soit on cherche à le tuer, maintenant, soit on attend sagement qu'il vienne me chercher.
Draco secoua la tête.
-Qu'il vienne, marmonna-t-il, les dents serrés.
Harry ne comprit pas ce qu'il ajouta. Il croisa les bras sur son torse, et dit:
-Même vous, vous ne pourrez pas le tuer avec tous ses Horcruxes.
Harry se leva précautionneusement. La blessure à son bras, faite par le crochet du serpent avait totalement disparu. Il n'en restait plus aucune trace et il était conscient que c'était entièrement dû à la salive curative de son vampire. Sans cela, le venin du serpent aurait pu lui laisser de graves séquelles. Ses mains n'avaient également plus la moindre égratignure, malgré le bandage qui entourait son bras droit, qu'il devinait foulé. Pourtant, les effets du doloris sur son corps se faisaient encore ressentir, malgré les nombreuses heures qu'il avait passées à dormir. Ses membres étaient lourds et endoloris, ses muscles crispés.
Il fit quelques pas dans la pièce, puis revint vers la table de chevet. Il s'empara de la bouteille d'eau qui reposait là, et en but de longues gorgées.
-Vous avez eu peur? Demanda-t-il après l'avoir reposée.
Draco ne répondit rien. Il se détourna négligemment de lui et sortit de la chambre. Harry le suivit jusque dans le salon, pieds et torse nus. Là, sur la large table à manger, reposait l'épée de Gryffondor, brillant de toute sa splendeur sous les rayons du soleil de décembre qui entraient à flot par la fenêtre. Harry s'en approcha et caressa du bout des doigts le métal froid de la lame, l'air révérencieux. Sur le dossier d'une des chaises reposait sa cape d'invisibilité, négligemment jetée là, et Harry fut profondément reconnaissant à Draco de l'avoir récupérée.
Le vampire s'installa directement dans son fauteuil, croisant les jambes et se figeant instantanément dans une attitude marmoréenne. La posture du vampire dans ce fauteuil lui fut tellement familière qu'il sentit à nouveau l'angoisse monter en lui à l'idée de devoir à nouveau rester dans cet appartement qui lui rappelait tant de mauvais souvenirs.
-Pour moi? Ou pour vous? Insista Harry.
Draco croisa les bras sur son torse en une expression étrangement défensive. Il tourna son regard paralysant en direction de son calice, qui sembla cesser de respirer, et répliqua, acide:
-J'ai remarqué, Potter, que tu as tendance à croire que je te considère comme un fardeau, uniquement bon à me nourrir quand j'en ai envie.
La gorge serrée, Harry se contenta de hausser les épaules, tentant de se donner l'air nonchalant. Il était soudain gêné de la tournure que prenait la conversation, mais il avait très envie d'entendre les réponses de Draco à ses questions. Reculant, il s'éloigna du vampire et s'assit à table.
-Et alors? Souffla-t-il, un brin intimidé.
A son tour, Draco haussa les épaules. Harry releva les yeux vers lui, et observa son expression fermée. C'était la première fois qu'il voyait le vampire aussi vulnérable devant lui. Il eut envie de le toucher, mais sa pudeur l'en empêcha.
Il aurait aimé entendre Draco se justifier à ce sujet, peut être même avouer qu'il ne le considérait pas, ou plus, comme un fardeau encombrant.
Face à son silence, Harry demanda doucement:
-Vous l'avez ressentie? La douleur?
Draco pinça les lèvres, et hocha doucement de la tête. Harry déglutit difficilement. Le souvenir de la douleur qui avait transpercé son corps lors du doloris le cloua sur place, et il s'en voulut instantanément d'avoir fait subir ça à son vampire. Il imagina sans peine la détresse du vampire qui avait ressenti la douleur de son calice dans chaque fibre de son corps sans pouvoir intervenir. Il imagina sans peine le sentiment d'impuissance qui avait du transpercer Draco et, pour la première fois, comprit pourquoi Draco s'acharnait autant à le garder loin de tout danger.
-Je suis désolé, répéta-t-il. Vraiment.
Il s'interrompit quelques secondes, puis ajouta timidement en caressant son poignet droit:
-Merci d'avoir soigné mes blessures.
Draco enfonça à nouveau les mains dans ses poches. Il était étrangement braqué, distant. Harry n'avait pas l'habitude de le voir ainsi braqué face à lui. Il avait envie de le voir approcher, mais sentait toujours cette aura d'agacement que dégageait le vampire et qui le tenait à distance.
-Qu'est-ce que je vais faire de toi, répéta Draco en soupirant.
Il se passa la main dans ses mèches désordonnées, les rejetant négligemment en arrière. Harry l'observa discrètement.
-Tu ne peux pas faire cela, Harry. Tu ne peux pas t'enfuir sans me prévenir.
-Si je vous préviens, ce n'est plus une fuite, répliqua Harry sans pouvoir refouler un léger sourire.
Le visage du vampire était totalement impassible, et son sourire se crispa sur ses lèvres. Harry demanda doucement:
-Si je vous avais prévenu, vous m'auriez laissé partir?
Draco ne répondit rien totalement figé sur place.
-Ne refait plus cela, ordonna Draco au bout de quelques secondes.
Le sourire de Harry s'évanouit. Il hocha doucement la tête, conciliant. Ce n'était pas la première fois qu'il promettait à Draco de ne plus s'échapper. Il était conscient que l'occasion de s'enfuir ne se représenterait probablement pas, mais savait aussi qu'il n'était pas prêt à abandonner.
-Je veux chercher les Horcruxes, Draco. C'est ma mission. Vous n'avez pas le droit de m'empêcher de l'accomplir. Si vous acceptiez cela, je n'aurais plus besoin de m'enfuir ainsi.
Harry patienta quelques secondes dans le silence tendu qui s'était installé. Tournant son regard vers la fenêtre, il pria à nouveau pour que Draco n'ait pas l'intention de l'enfermer ici.
-Bon sang Potter, comment veux-tu que j'apprenne à te faire confiance si dès que j'ai le dos tourné tu te mets en danger?
Harry sursauta. Il n'avait pas vu le vampire approcher. Il releva la tête, et le vit figé au dessus de lui, son regard gris fixé sur son visage.
-Je veux accomplir la mission que Dumbledore m'a confiée. Si vous acceptez de m'y aider, je n'aurais plus à faire cela.
Draco se laissa nonchalamment tomber sur la chaise à côté de celle de Harry. Il croisa les mains derrière sa nuque et observa d'un air impassible son calice à l'air contrit.
-Tu es un drôle de garçon, Harry.
Cette remarque fit sourire Harry. Il baissa la tête pour tenter de dissimuler son sourire au vampire encore furibond, et se ratatina sur lui même pour vainement essayer de disparaître à sa vue. Il ne savait pas trop ce que signifiait cette phrase lâchée sur un ton acide. Il devina néanmoins que c'était plus un reproche qu'un compliment.
-Je voulais simplement récupérer l'épée.
Draco soupira.
-Hé bien j'espère qu'elle valait le coup.
A cette phrase, Harry sentit une vague d'excitation monter en lui. Il se redressa sur sa chaise, et se pencha en avant pour saisir l'épée de Gryffondor. Il s'empara de sa poignée, et admira les diamants qui la ornaient.
-Bien sûr, qu'elle valait le coup, dit-il doucement. Nous allons pouvoir détruire les Horcruxes, grâce à elle.
-Détruire le médaillon, tu veux dire.
Harry fusilla Draco du regard. Il n'avait clairement pas besoin que le vampire lui rappelle qu'il n'avait encore qu'un seul Horcruxe en sa possession. Draco sourit, soudain amusé face au comportement rebelle de son calice, qu'il lui reprochait encore quelques secondes plus tôt. Il se redressa légèrement, et saisit fermement le bras de Harry, dont la main caressait toujours l'épée. Il le tira doucement, enjoignant silencieusement le garçon à se lever et à venir vers lui.
Harry obéit sans un mot, se laissa guider docilement par son vampire. Draco passa un bras dans son dos, et il l'approcha autoritairement de lui. Harry vint s'asseoir paresseusement sur les genoux de Draco, s'appuyant contre son torse, et le vampire s'empressa de le serrer possessivement contre lui. Le jeune homme se laissa aller contre le torse puissant et laissa sans un mot Draco enfouir son visage contre sa nuque. Il frissonna lorsqu'il inspira profondément son odeur, ses mains glissant sur son torse, puis sur la peau chaude de son ventre, allant jusqu'à frôler la lisière du pantalon de pyjama.
Harry ne dit rien. Il rejeta la tête pour la laisser reposer contre l'épaule de Draco, et posa ses pieds sur la chaise qu'il venait de quitter. Draco posa ses pieds de chaque côté des siens, et il se hâta de glisser son nez contre sa gorge. Ses mains vinrent saisir le poignet blessé de Harry, qu'elle massèrent délicatement.
-Bellatrix, c'est cela? Interrogea soudain Draco.
Harry, qui fixait le plafond sans le voir, redescendit violemment sur terre. Après avoir subi la torture jusqu'à évanouissement, être de retour dans les bras sécurisants de son vampire était un bonheur qu'il n'aurait jamais pensé ressentir un jour. C'était un bonheur simple et pour le moins habituel, depuis quelques mois, mais il y était à sa place la plus légitime. La possession dont faisait preuve Draco ne lui paraissait pas, pour une fois, déplacée.
-Oui, approuva-t-il. Bellatrix Lestranges.
-C'est dans sa chambre forte de Gringotts que Rogue a fait placer la fausse épée de Gryffondor, dit Draco, sa voix à peine plus forte qu'un murmure.
-Je sais. Elle l'a dit, hier. Comment le savez-vous, vous?
Draco approuva doucement. Il s'était redressé, et Harry inclina légèrement la tête pour observer son visage pâle. Il leva la main et effleura du bout des doigts le menton du vampire. La tête rejetée en arrière contre son épaule, il avait une vue imprenable sur ses canines acérées, qu'il fixait avec vénération.
-Dites-moi. S'il vous plaît.
-J'ai entendu deux gobelins discuter de cela à Gringotts, il y a quelques semaines. C'est pour cela que Bellatrix a paniqué quand elle a vu l'épée. Elle a cru que tu avais pénétré sa chambre forte.
A vrai dire, Harry ne se rappelait que vaguement son entrevue avec Bellatrix. Tout était flou et entrecoupé de flash douloureux. Draco resserra son étreinte sur son corps fragile, comme s'il avait senti son trouble, ce qui était probablement le cas.
-Comment as-tu trouvé l'épée, la vraie?
Harry fronça les sourcils. L'apparition inopinée de l'épée dans le cimetière de Godric's Hollow était quelque chose qui le laissait perplexe. Il se remémora rapidement les événements survenus au cimetière. L'attaque du serpent dominait tous ses souvenirs, et il frissonna imperceptiblement.
-Elle était posée sur une tombe, tout simplement. Je ne sais pas comment elle est arrivée là. Il faut faire preuve de courage pour avoir le privilège de s'emparer de l'épée. J'ai du passer devant Nagini, le serpent de Vous-Savez-Qui.
Il fit une pause puis ajouta:
-Quelqu'un a du la laisser là pour moi.
-Qui?
-Je ne sais pas.
Harry pensait à Dumbledore, et Draco du s'en rendre compte car il dit:
-Il est impossible que l'épée soit restée là plus de quelques heures. N'importe qui, venu dans ce cimetière, l'aurait vue.
Harry fit la moue. La voix douce de son vampire, qui résonnait si près de son oreille, le berçait. Il ferma les yeux, et laissa inconsciemment ses doigts glisser sur le dos des mains de Draco, qui étaient posées sur son ventre. Plus il se détendait, et plus les bras du vampire se resserraient autour de son corps, comme pour le protéger d'ennemis potentiels alors qu'il plongeait de plus en plus dans un état vulnérable.
-Je crois que le serpent est un Horcruxe, Draco, dit Harry au bout de quelques secondes. Vous auriez vu comme il a eu peur lorsque j'ai brandi l'épée devant lui. Il reculait en sifflant. Il a reconnu un objet capable de le détruire, et s'est enfui.
Draco ne dit rien, et Harry se sentit obligé de préciser sa pensée:
-Ce serait logique. Le serpent représente l'emblème de Serpentard, dont Vous-Savez-Qui est l'Héritier. Il parle Fourchelang, et Nagini représente une sorte de compagnon fidèle pour lui.
Harry fit une pause.
-J'aurais du le tuer! Si j'avais réalisé! Il était juste là, c'était le moment idéal pour...
-Te faire tuer. Ne t'approche plus jamais de ce serpent, Potter, ordonna Draco d'un ton sans réplique. Rien que l'idée de t'imaginer à quelques mètres de ce monstre me remplit d'effroi.
Harry sourit.
-Si c'est un Horcruxe, il faudra bien s'en approcher. Le tuer avec l'épée, ça signifie devoir lui trancher la tête. Ce ne serait pas le premier serpent que je tue. Avec cette épée.
Les yeux fermés, il imaginait déjà toutes sortes de façon dont il pourrait se retrouver face à Nagini pour le détruire. Rien que l'idée qu'il ait eu le serpent à portée de main, et qu'il n'ait pas réussi à saisir l'occasion pour le détruire instantanément le rendait fou. Néanmoins, la pensée qu'il avait à présent la certitude absolue que Nagini était un Horcruxe le réjouissait plus que tout. Il fit mentalement le compte des Horcruxes, comme il le faisait tous les soirs avec angoisse, et fut heureux de mettre enfin un nom sur un Horcruxe de plus.
-Tu seras gentil de ne pas me rappeler à combien de reprises tu aurais pu mourir, Potter.
Harry sourit de plus belle, euphorique.
-Si j'étais mort avant de vous rencontrer, Draco, ça n'aurait eu aucune influence sur votre existence, ne vous inquiétez pas.
Draco grogna. Appuyé contre son épaule, Harry ferma les yeux, et soupira d'aise. Les bras de Draco le pressait contre son corps avec une force inutile, mais qui donnait à Harry un puissant sentiment de sécurité. Son odeur, familière à souhait, l'apaisait.
Au bout de quelques secondes, Draco souffla tout près de son oreille:
-Lorsque je suis arrivé, hier soir, Bellatrix te demandait ce que tu avais pris d'autre, dans son coffre. Elle semblait particulièrement angoissée.
Harry hocha la tête, faisant mine de s'en rappeler. Il se rappelait des hurlements hystériques de la Mangemort, mais ne pouvait donner sens à ses paroles.
-Pourquoi Bellatrix a-t-elle été si angoissée à l'idée que tu ais pénétré son coffre fort, murmura Draco. Et que tu ais pris autre chose que l'épée?
Harry haussa nonchalamment les épaules.
-Toute sa fortune se trouve dans cette chambre forte. Je suppose qu'elle s'est vu ruinée, déchue, déshéritée.
Draco baissa les yeux, et observa le visage apaisé de son calice qui reposait sur son épaule. D'une main, il rejeta ses mèches rebelles en arrière puis caressa ses paupières closes.
-Qu'a-t-elle eu peur que tu prennes, dans son coffre, murmura-t-il, plus pour lui même que pour Harry. Quelque chose de plus précieux que l'épée de Gryffondor. Quelque chose qui a fait qu'elle n'a pas appelé son Maître sur le champs alors qu'elle avait à sa merci le grand Harry Potter.
Harry, qui somnolait à moitié, mit quelques secondes avant de comprendre ce que disait Draco. Il ouvrit soudain les yeux et se redressa prestement. Draco relâcha naturellement son étreinte, observant Harry sans ciller. Assis à cheval sur les genoux de son vampire, qui avait les jambes tendues et les pieds posés sur l'assise de la chaise, le jeune homme se tourna pour le regarder, et plongea dans son regard intense.
-Qu'est-ce que vous voulez dire? Demanda-t-il, étrangement sur ses gardes.
-Je dis que Bellatrix était terrifiée quand elle a cru que tu avais pénétré dans sa chambre forte. Elle était dans tous ses états. Mais pourquoi? Interrogea Draco. Qu'est-ce que tu aurais pu voir d'autre là bas? Que pensait-elle que tu aies pu emporter et dont cette perspective l'effrayait tant?
Harry écarquilla les yeux. Draco esquissa un léger sourire en coin arrogant, et hocha imperceptiblement la tête, comme s'il entendait les pensées de son calice.
-Est-ce que vous pensez que... Qu'il pourrait y avoir un Horcruxe dans la chambre forte des Lestranges? S'exclama Harry, sa voix tremblant sous l'émotion.
-C'est une hypothèse, oui, assura Draco en dévorant des yeux l'exquis garçon assis sur ses genoux.
Soudain fébrile, et incapable de rester immobile, Harry se leva. Il marcha droit sur la fenêtre, jeta un coup d'œil empressé à l'extérieur, avant de revenir sur ses pas. Draco, immobile, le suivait du regard sans ciller.
Harry était excité comme il ne l'avait plus été depuis longtemps. Il se frotta les mains l'une contre l'autre, et se passa la main dans les cheveux, les ébouriffant un peu plus. Soudain, il se figea, et murmura:
-Mais je pensais que nous cherchions des endroits où Vous-Savez-Qui était allé, où il avait fait quelque chose d'important? Est-ce qu'il n'a jamais mis les pieds dans la chambre forte des Lestranges?
Il s'interrompit brièvement, fronçant les sourcils.
-Je ne sais même pas s'il est jamais entré chez Gringotts. Il n'avait pas d'or quand il était plus jeune parce que personne ne lui avait rien légué.
-Mais il a surement vu la banque de l'extérieur, dès la première fois où il s'est rendu sur le Chemin de Traverse, lui fit remarquer Draco.
Harry haussa les sourcils.
-Oui! Oui, vous avez raison. Je crois qu'il aurait envié quiconque avait une clé donnant accès à une chambre forte. Je pense qu'il aurait considéré cela comme un symbole d'appartenance au monde des sorciers. Et n'oubliez pas qu'il avait confiance en Bellatrix et en son mari. Ils étaient ses plus dévoués serviteurs avant sa chute et ils l'ont cherché après sa disparition. Il l'a dit le soir où il est revenu, je l'ai entendu. Mais je ne crois pas qu'il aurait révélé à Bellatrix qu'il s'agissait d'un Horcruxe. Il n'avait pas non plus dit la vérité à Lucius Malfoy au sujet du journal intime. Sans doute a-t-il expliqué à Bellatrix que c'était un objet qu'il chérissait et il lui a demandé de le conserver dans sa chambre forte. L'endroit le plus sûr du monde quand on veut cacher quelque chose, m'a dit Hagrid...à part Poudlard.
Harry se tourna vers Draco, le sourire aux lèvres, fier de son raisonnement. Il était à présent persuadé qu'un des Horcruxes, et probablement la coupe, se trouvait à Gringotts. Cette certitude le rendait fébrile, et il sentait déjà l'adrénaline parcourir ses veines.
-Tu le comprends vraiment bien, souffla soudain Draco.
Le sourire de Harry s'évanouit à cette affirmation. Il n'aimait pas qu'on lui rappelle à quel point il comprenait Voldemort, parce qu'ils étaient trop semblables. Il balaya l'argument de la main, et dit:
-Draco, nous devons aller à Gringotts, récupérer cet Horcruxe.
Draco croisa les mains derrière sa nuque, le fixant intensément. Il croisa les pieds sur la chaise.
Ils se fixèrent pendant quelques secondes. Le cœur de Harry battait à vive allure dans sa poitrine et plus les secondes passaient, plus l'excitation retombait. Draco, qui n'avait jamais voulu l'entendre parler de sa mission, et que Harry avait tant agacé de par ses fuites répétées, l'observait avec son impassibilité légendaire.
-Et dis-moi comment tu comptes aller récupérer cet Horcruxe, exactement? Railla Draco, sarcastique. Tu veux cambrioler Gringotts?
Harry haussa les sourcils au mot cambriolage. Il n'avait pas envisagé les choses sous cet angle, même s'il était indéniable que ce qu'il comptait faire tenait ouvertement du cambriolage. Brusquement, l'idée même d'avoir envisagé de cambrioler la banque des sorciers lui parut risible.
Néanmoins, voulant faire bonne figure devant le vampire qui le fixait, il hocha la tête, l'air faussement déterminé.
-Nous n'avons pas le choix. Il nous faut cet Horcruxe. Il nous les faut tous! Alors oui, en effet, c'est ce que je veux faire. Je veux aller à Gringotts.
Il se tourna vers son vampire, immobile telle une statue de marbre. L'attitude nonchalante qu'il arborait, ainsi affalé sur la chaise, fit sourire Harry. Ils se regardèrent intensément pendant de longues secondes. Le vampire hocha imperceptiblement la tête de droite à gauche, et le sourire de Harry se fana immédiatement.
-Pas avant que j'ai bu, affirma Draco dans un murmure à peine audible.
Harry écarquilla les yeux. Immobile, il regarda les bras de Draco, tendus vers lui en une invitation évidente. Il oublia instantanément tout ce de quoi il était question à peine quelques secondes auparavant. Ne resta plus que son vampire, qui réclamait ce qui lui était du, et qui faisait naître en lui un frisson extatique. Hochant doucement la tête, il s'approcha de Draco, qui sourit d'un air entendu.
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A suivre...
Bon bon, j'espère que ce chapitre vous a plu. Que pensez-vous de la réaction de Draco? Vous ne trouvez pas qu'il a fait des progrès? Ou du moins qu'il a gagné en patience, au contact de Harry xD.
Quant aux Horcruxes, on avance doucement mais surement dans la mission.
Pour ceux qui commencent déjà à paniquer à l'idée de Draco enfermant à nouveau Harry dans son appartement pour l'éternité, rassurez-vous, ce n'est pas ce que je prévois.
Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne semaine! On se voit samedi prochain, sans faute!
Bisous!
Natom, 22/03/14
