Coucou!
Nous sommes samedi, et je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau chapitre! C'est un chapitre de transition, mais la fin devrait vous plaire :p
Le cambriolage de Gringotts se profile, mais il n'aura pas lieu avant quelques chapitres car, comme vous le savez maintenant, l'évolution de la relation entre le vampire et son calice passe en priorité, à mon plus grand plaisir xD
Comme vous allez le découvrir, leur environnement va changer, j'espère que ça vous conviendra!
Avant le chapitre, je tiens à remercier tous les reviewer anonymes: Kisis, chloe, Anna, sama-66, Tenshi, ankana87, SxN, Sln,
Maoul92: je vois je vois xD Bon, je ne vais ni affirmer, ni infirmer, mais ça brûle!
Crazykaori: Mhm Draco et sociable dans la même phrase? Bon alors, oui, y a clairement du progrès! D'après ff, tu as juste désactivé les messages privés, du coup je peux pas t'en envoyer. Jpense qu'il faut juste que tu l'actives sur ton compte.
Merci à tous de me laisser des review chaque semaine. Je les lis toutes avec grand plaisir! J'approche des 1000 review à grands pas, et je ne sais pas comment vous remercier! J'ai du mal à réaliser que ma pauvre fic, même pas destinée à être publiée, ait autant de succès.
Sur ce, place au chapitre :)
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Chapitre 33
La vérité fait rougir le diable
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Harry laissa sagement Draco le tirer à lui. Il avait l'impression que le vampire tentait de le distraire de son projet fou de cambriolage. Evidemment, cela marchait plus que de mesure. La seule perspective de devoir se soumettre à la morsure de son vampire rendait Harry totalement extatique. Rien ne lui faisait plus envie.
Pourtant, il lui semblait que leur conversation était loin d'être terminée, et cette seule pensée suffit à le distraire suffisamment pour qu'il remette de l'ordre dans ses pensées.
-Attendez un peu! S'exclama Harry alors que Draco le tirait fermement à lui avec, dans le regard, une étincelle de convoitise pure.
Harry tenta de récupérer son bras, mais la main du vampire s'était déjà refermée autour de son poignet gauche, et il comprit qu'il ne le lâcherait plus. Il le laissa donc docilement le tirer jusqu'à lui et frissonna lorsque le bras de Draco se glissa dans son dos nu. Poussé par son vampire, Harry du s'installer à cheval sur ses cuisses, face à lui. Le vampire s'empressa de refermer ses bras puissants autour du corps fin de son calice, et Harry se retrouva irrémédiablement pris au piège, sans en éprouver aucune crainte.
-Qu'est-il arrivé à Ron et Hermione? Demanda-t-il.
Harry fut proprement épouvanté à l'idée de ne pas avoir insisté plus tôt pour savoir ce qui était arrivé à ses deux amis. Il prit brusquement conscience d'à quel point l'arrivée de Draco dans sa vie l'avait éloigné de ses amis. Il avait perdu Ron et Hermione de vue lors de l'attaque des Mangemorts dans le cimetière. Il avait entendu Hermione hurler et il n'avait pas pensé à demander de leurs nouvelles. Épouvanté par son propre comportement, une culpabilité immense surgit en lui.
Draco du le sentir car sa prise se relâcha un peu, et l'une de ses mains cessa de glisser plus bas dans son dos. Il fixa Harry de son regard perçant, semblant agacé de se rendre compte que son précieux calice préférait savoir ce qui était arrivé à ses amis plutôt que de s'intéresser à lui. Devinant néanmoins leur importance aux yeux de Harry, il répondit de mauvaise grâce:
-Ils ont réussi à transplaner au Square Grimmault, quelques secondes après mon arrivée.
Harry plissa les yeux, fouillant les prunelles grises de son vampire à la recherche du mensonge qui s'y cachait peut être.
-Vous êtes sûr? Demanda-t-il, méfiant.
Draco sourit légèrement. Il se pencha en avant et posa délicatement son front contre celui de son calice. L'une de ses mains se glissa entre leurs deux corps, et elle vint délicatement masser le poignet blessé.
-Oui, Harry. Ils sont rentrés, de cela j'en suis sûr. Par contre, à savoir s'ils sont rentrés sain et sauf, ou en plusieurs morceaux, je ne peux pas te dire.
Harry écarquilla les yeux. Il se redressa vivement, rompant de lui même le contact établi entre eux. Il tenta de se dégager pour se relever, mais le bras de Draco l'encerclait avec force, et ne le lâcha pas.
-Lâchez-moi, ordonna Harry en se tortillant pour tenter de s'échapper. Je dois y aller.
Draco releva élégamment un sourcil.
-Aller où? Interrogea-t-il, méfiant.
-Au Square! Je ne peux pas décemment rester là alors que mes amis sont peut être gravement blessés.
-Et peut être qu'ils vont très bien, rétorqua sèchement Draco que l'agacement de Harry n'atteignait pas. L'important, Potter, c'est que ton vampire a soif.
Harry grogna. L'envie de satisfaire son vampire, la perspective du plaisir à venir s'il acceptait d'apaiser sa soif, maintenant, combattaient fortement l'angoisse qu'il ressentait de ne pas savoir ce qui était arrivé à ses amis. Ses deux envies totalement incompatibles se mêlaient en lui, et il réprima un nouveau grognement tellement toutes ses sensations l'embrouillaient. Harry était incapable de choisir. Draco l'avait totalement sous son emprise, à tel point qu'il arrivait à éclipser de son esprit ses meilleurs amis. Harry en avait terriblement honte.
Il leva les yeux vers Draco, et la moue à la fois agacée et ennuyée qu'il arborait lui fit lever les yeux au ciel. Il posa ses deux mains à plat sur le torse du vampire, et le poussa pour tenter de se dégager. Mettre un peu de distance avec le prédateur l'aiderait.
-Vous êtes égoïste, reprocha-t-il.
-Tu n'es qu'à moi, Potter.
Harry frissonna. Le ton possessif de Draco avait quelque chose d'effrayant et d'excitant à la fois. Le regard gris posé sur lui le revendiquait totalement et Harry s'y plia sans vergogne.
-Mais ça n'empêche pas que vous pouvez attendre encore quelques minutes! Je n'aurais jamais l'esprit tranquille si on ne va pas voir comment ils vont.
Draco le fixait de son air éternellement impassible et Harry sentit le désespoir le gagner.
-Est-ce que tes amis sont plus importants que le fait de nourrir ton vampire? Demanda-t-il sèchement.
Harry se figea quelque peu. Donner son sang à Draco faisait entièrement parti de sa vie, désormais, et il savait qu'il n'arriverait jamais à lui résister pleinement et à se soustraire à ce devoir. Néanmoins, il ne voulait pas non plus que son statut de calice brise ce lien si spécial qui l'unissait à Ron et Hermione.
-Je vais penser à eux tant que je ne saurais pas s'ils vont bien, dit-il sournoisement à un vampire impavide.
Draco haussa un sourcil perplexe.
-Cela m'étonnerait, répliqua-t-il, acide. Lorsque mes crocs seront plantés juste là, dit-il en posant un doigt sur la jugulaire de Harry qui trembla violemment, tu ne penseras à rien d'autre qu'à moi. Je peux te l'assurer.
Harry chassa le doigt et soupira.
-Je n'ai même pas mangé, dit-il.
Draco haussa à nouveau les sourcils.
-Quel rapport?
Néanmoins, son étreinte se relâcha légèrement, et Harry en profita pour se soustraire à son emprise. Le jeune homme se releva et, sans attendre que le vampire ne change d'avis, il se précipita dans la chambre pour s'habiller.
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Il faisait déjà nuit lorsque Harry apparut sur la petite place du Square Grimmault. Il se matérialisa dans le petit parc au centre de la place, baguette brandie et sur ses gardes. Le jeune homme resta immobile pendant quelques secondes, l'œil aux aguets. Tout était silencieux, et les fenêtres des maisons voisines étaient illuminées derrière les rideaux. Prudent, il regarda autour de lui avant de sortir du couvert des arbres pour traverser la rue en direction de la maison des Black.
Harry sursauta lorsqu'une poigne ferme se referma sur son bras. Il n'eut pas le temps de se retourner qu'il fut vivement tirer en arrière et plaqué contre un arbre. Son crâne heurta le tronc un peu violemment et il leva par réflexe son bras libre pou venir se masser délicatement l'arrière de sa tête en grognant. Aussitôt, une main se plaqua contre sa bouche pour étouffer le son.
Incapable d'émettre le moindre son, Harry se contenta de fusiller son vampire du regard, tentant de lui transmettre toute sa frustration et son énervement, que Draco devait par ailleurs ressentir de par le lien.
Draco se contenta d'esquisser un sourire en coin un brin taquin que Harry ne lui connaissait pas. Pendant quelques secondes, ils se fixèrent dans les yeux sans esquisser le moindre mouvement. Tout ce qui n'était pas son vampire, son regard anthracite, sa poigne ferme sur sa bouche, son bras puissant qui le plaquait contre son corps, Harry l'oublia. Ron et Hermione quittèrent instantanément son esprit, les derniers événements douloureux de Godric's Hollow, les Horcruxes, Gringotts, tout disparut. Son corps se fit plus pesant entre les bras de Draco tandis qu'il s'abandonnait doucement à son vampire.
Celui-ci se pencha doucement en avant et sa bouche trouva la veine sensible du cou de son calice. Harry haleta, et rejeta précipitamment la tête sur le côté. Il ressentait fortement la soif de son vampire, et, inconsciemment, il s'y soumettait. Il avait envie que Draco prenne son dû, et toutes pensées cohérentes l'avaient déserté, à tel point qu'il ne pensa pas une seconde que la situation ne s'y prêtait pas du tout.
Draco lécha sa carotide avec application, et sa main se plaqua plus fermement contre les lèvres de Harry pour étouffer ses gémissements. Il mordilla légèrement la zone sensible tandis que son bras se glissait dans le dos du jeune homme pour plaquer son corps contre le sien avec puissance.
Au bout de quelques secondes, le vampire se redressa en se léchant les lèvres, et plongea dans le regard émeraude de son calice.
-J'ai soif, Harry, murmura-t-il.
Harry le fixa sans rien dire, se remettant doucement des sensations exquises qu'il ressentait. Il s'agrippa avec plus de force aux bras du vampire. Draco baissa doucement sa main, libérant la bouche de son calice qui prit une profonde inspiration en battant des paupières avec frénésie, semblant revenir de loin.
Draco se pencha à nouveau en avant, son sourire en coin narquois toujours en place. Il posa délicatement ses lèvres près de l'oreille de Harry, et souffla doucement:
-J'ai très envie, Harry, de t'amener dans cette chambre que l'on occupe au Square Grimmault, tu sais? Je te plaquerai sur le lit, et je m'allongerai sur toi. Tu écarteras docilement les jambes, car maintenant tu es un calice très obéissant, n'est-ce pas?
Il se redressa juste le temps de jeter un coup d'œil à l'expression de son calice. Harry avait fermé les yeux, mais lorsqu'il sentit son vampire se redresser, il s'empressa d'enfouir son visage contre son épaule pour qu'il ne voit pas son expression extatique. Il s'agrippa à la chemise en soie de Draco et tenta de réfréner les frissons qui parcouraient son corps face à la voix douce et sensuelle qui murmurait près de son oreille des paroles voluptueuses. Draco sourit, raffermit sa prise sur le corps tremblant de son calice, et reprit sa place dans son cou.
-Alors je me glisserai entre elles et tu gémiras doucement à mes oreilles, reprit-il en glissant sa jambe entre celles de Harry et en la frottant langoureusement contre lui. C'est un son que je trouve absolument exquis, presque autant que toi tu sais?
Il lécha doucement la veine palpitante, et Harry frissonna violemment.
-Puis, tu me supplieras de te mordre, comme tu sais si bien le faire, et comme je suis un vampire très conciliant qui ne veut que faire plaisir à son calice, j'accepterai d'enfoncer mes crocs profondément dans ta gorge. Et alors, nous serons tous les deux profondément comblés.
Draco embrassa délicatement la carotide, puis posa un doigt sous le menton de Harry et lui fit relever la tête. Il vint poser son front contre celui du jeune homme, et observa son expression béate.
-Qu'en penses-tu, Harry?
Harry n'osait pas ouvrir les yeux pour affronter le regard métallique. Ses mains étaient crispées sur la chemise de Draco, et sa respiration se faisait erratique. Il sentait le désir monter en lui à la seule mention des crocs de Draco s'enfonçant dans sa gorge, de son vampire buvant son sang directement à son cou.
-On...On devrait y aller, réussit-il à balbutier.
Il rougit lorsque Draco esquissa un sourire amusé, l'air entendu. La main du vampire qui ne tenait pas ses hanches vint frotter l'une de ses joues, puis se glissa dans ses cheveux qu'elle rejeta en arrière.
-Ron et Hermione doivent nous attendre, se crut obliger de préciser Harry pour dissiper le malentendu.
Draco secoua légèrement la tête, son sourire s'agrandissant. Il caressa doucement la joue rouge de son calice, et dit doucement:
-On ne peut pas y aller, Harry. Il y a des Mangemorts près de la maison.
-Quoi?
Harry se redressa soudain. Il cligna des paupières, et sembla revenir à lui. Se redressant dans l'étreinte de son vampire, il se tortilla pour essayer d'apercevoir la place, et les Mangemorts. Mais Draco resserra ses bras autour de lui, et il se retrouva totalement immobilisé.
-Laissez-moi voir, Draco, ordonna Harry, agacé.
Draco relâcha légèrement son étreinte et Harry s'empressa de se glisser hors de ses bras. Il se retourna et scruta la place à la recherche des Mangemorts. Draco se plaqua contre son dos, comme s'il s'attendait à ce que Harry s'échappe et sorte à découvert.
-Je ne vois aucuns Mangemorts, chuchota Harry.
Mais au moment où il disait cela, un homme habillé de noir apparut dans son champ de vision. Il regarda, le cœur battant, le Mangemort s'avancer en direction de l'intersection entre les maisons 11 et 13. Il s'arrêta à quelques mètres du perron et sembla attentivement examiner la façade.
-Comment on va faire pour...
Soudain, la maison du 12, Square Grimmault apparut. Harry cessa de respirer, alors que la vieille porte apparaissait, et s'ouvrait. Il voulut se précipiter en avant, mais Draco le saisit fermement par la taille, le bloquant sur place. Mais ce ne furentni Ron, ni Hermione qui apparurent dans l'encadrement de la porte. Ce fut la haute silhouette habillée tout de noir d'un autre Mangemort.
-Non, chuchota Harry.
Le Mangemort gravit les marches du perron deux à deux, et il fut aussitôt suivi par deux autres partisans des ténèbres. Tous trois échangèrent brièvement quelques mots avec leur collègue puis ils disparurent ensemble à l'intérieur du Quartier Général.
-Non, répéta Harry. Comment est-ce possible? Les Mangemorts ne peuvent pas pénétrer le Quartier Général, il est sous fidélitas. Il faut y aller, Draco. Ron et Hermione...
Les bras du vampire encerclaient son corps avec puissance, et Harry ne pouvait s'en défaire.
-Tes amis ne sont pas là. J'ai entendu les Mangemorts parler, il n'y a personne à l'intérieur.
Harry cessa de se débattre. Il fixait la porte close du Square Grimmault comme si elle était la réponse à toutes ses questions. Il avait du mal à croire que le Quartier Général de l'Ordre avait été envahi de Mangemorts. Néanmoins, face aux paroles de son vampire, Harry se détendit.
-Où sont-ils alors? Comment on va les retrouver?
Draco ne répondit rien. Il tira doucement Harry pour le détourner de la maison.
-Comment...Comment ont-ils fait? C'est impossible. Les Mangemorts ne peuvent pas...
-Viens Harry. Ca ne sert à rien de rester ici.
Harry se laissa entrainer sans un mot. Une vague d'angoisse le submergea à l'idée que Ron et Hermione soient seuls et recherchés, et sans refuge où se cacher. Il s'en voulut encore une fois de ne pas être avec eux pour les soutenir, et de les laisser dans l'incertitude et l'insécurité, par sa faute. Cependant, il devait admettre qu'il n'avait aucun moyen pour les retrouver, ou même savoir où ils pouvaient se trouver à cet instant.
Harry sentit le désespoir le gagner. Toute l'excitation et l'enthousiasme ressenties face aux découvertes survenues après Godric's Hollow avaient disparu. Il était déçu de ne pas pouvoir parler à ses amis de ce qu'il avait découvert, et qui leur aurait probablement remonté le moral. Il possédait l'épée, mais Hermione avait le médaillon, il ne pourrait donc pas le détruire.
Draco glissa son bras dans son dos, et le colla contre lui tandis qu'ils s'éloignaient du Square. Il sentait l'abattement et le découragement de Harry à travers le lien et ne comprenait pas bien ce qui pouvait anéantir la bonne humeur de son calice en si peu de temps. La vieille maison des Black n'avait rien d'accueillant et de chaleureux, et il ne concevait pas que sa perte affecte autant son calice.
-Que va-t-on faire, maintenant? Soupira Harry.
L'allée dans laquelle ils s'engagèrent était sombre et inquiétante, et Harry ne s'y serait probablement pas aventuré sans la présence rassurante de Draco à ses côtés. Il avait du mal à savoir où Draco l'entrainait, et ne distinguait pas grand chose dans l'obscurité des lieux. Seule la poigne ferme et autoritaire du vampire dans son dos le guidait, et le rassurait.
-Hé bien, nous pourrions peut être rentrer, et mettre en place mes projets.
Le cœur de Harry fit un bond dans sa poitrine. Les paroles du vampire résonnèrent à nouveau à ses oreilles, mais le choc reçu face à la disparition de ses amis et à l'invasion du Square par les Mangemorts l'avait considérablement refroidi. Il lui paraissait inconcevable qu'après cela, ils retournent tranquillement à l'appartement, comme si de rien n'était.
-Je n'ai pas envie, rétorqua Harry.
Draco s'arrêta net. Il se retourna, et fit face au jeune homme.
-Viens, dit-il, je te porte.
-Pourquoi?
Draco ne répondit rien. D'un geste souple et décidé, il souleva Harry et le plaqua contre son torse. Le jeune homme enroula instinctivement ses jambes autour de la taille du vampire, et passa ses bras autour de son cou.
-Tu marches tellement lentement, se plaignit le vampire.
Il resserra son étreinte autour du corps fin de son calice et le serra contre lui comme si sa vie en dépendait. Harry soupira, et, soudain las, posa sa joue contre l'épaule de son vampire, et son visage dans son cou. Le sentiment de plénitude et de confiance qu'il ressentit le rassura aussitôt et, en sécurité dans les bras de son vampire, il ne se rendit pas compte qu'il fermait les yeux et s'endormait presque instantanément.
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Le lendemain soir, lorsque Draco parut au salon, il arborait des lèvres d'un rouge sanglant un brin inquiétant. Ses yeux brillaient d'un gris métallique ardent qui reflétait une satisfaction sans limite. Il s'approcha de son pas souple du fauteuil le plus proche de la cheminée et s'y laissa élégamment tomber.
-Je me demande quel pauvre humain a fait les frais de ta soif dévorante, dit Blaise.
Draco sourit légèrement, d'un air entendu. Au dehors, les trombes d'eau qui s'abattaient sur la large baie vitrée faisaient un bruit sourd aux oreilles sensibles des vampires. L'immense parc qui entourait le Manoir de Blaise disparaissait sous la pluie battante et les vents violents. Draco croisa les jambes et s'installa confortablement au fond de son fauteuil, ravi que son calice soit au chaud et en sécurité par un temps pareil.
Le sentiment de plénitude qu'il ressentait le comblait totalement. Il se sentait détendu, en paix avec lui même et aurait aimé, à cet instant, pour que son bonheur soit total, tenir Harry dans ses bras.
-Dans tous les cas, il devait avoir un sang particulièrement exquis pour que tu ais l'air aussi satisfait, mon ami.
A ces mots, le sourire de Draco disparut, et il grimaça légèrement d'un air méprisant. Ses doigts pianotèrent sur l'accoudoir de son fauteuil avec impatience.
Blaise était installé sur l'un des canapés de la vaste pièce. Il tenait la Gazette du jour ouverte sur ses genoux et, d'un air distrait, en complétait les mots croisés. Debout derrière son fauteuil, Louis lisait par dessus son épaule.
-Je ne sais pas, Blaise, si nous pouvons réellement qualifier cet humain de "pauvre humain", intervint Lionel qui se tenait appuyé contre le montant de la cheminée, les bras croisés.
Draco ne lui jeta pas un regard, l'air soudain revêche. L'escapade de Harry à Godric's Hollow n'avait pas juste failli lui coûter la vie. Non content d'avoir causé à Draco la frayeur de sa vie, Harry avait également fait éclater ce secret que Draco s'appliquait durement à entretenir depuis des mois.
-En effet, approuva Blaise. En effet.
Draco croisa les bras, sur la défensive. Lionel posait sur lui un regard des plus condescendants qui l'agaçait considérablement.
-J'aimerais beaucoup savoir ce qu'il s'est réellement passé, avant que Louis débarque dans mon salon en s'écriant que Draco a un calice, dit Blaise avec un sourire aux lèvres.
Draco soupira longuement.
-Draco a un calice, répéta Blaise. Draco a un Vrai calice. Mais bon dieu, Draco, qu'as-tu fait subir à Merlin lui même pour qu'il t'impose un si lourd fardeau?
Blaise attendit quelques secondes, puis, devant le silence de Draco, il finit par exploser de rire. Le jeune vampire se leva d'un bond, et se mit à arpenter la pièce en ricanant régulièrement et en secouant la tête d'un air vaguement perplexe.
-Quand je repense, à toutes ces soirées, durant tant d'années, où, indubitablement, tu me reprochais d'enchaîner calices sur calices. Tous ces discours interminables où tu diabolisais ces êtres sans intérêt, intéressés seulement par notre pouvoir et notre immortalité, encombrants et inutiles.
Il mima un frisson horrifié.
-Je ne suis pas revenu en Angleterre depuis presque vingt ans, Blaise, remarqua Draco, agacé.
Blaise secoua la tête, l'air faussement dépité. Derrière lui, Louis arborait un sourire mutin qui agaçait fortement Draco.
-Ha oui, approuva Blaise. En effet. Mais ce que tu penses des calices est resté dans les annales. Draco, toi qui les hait tant, comment t'es-tu retrouvé avec un vrai calice dans les pattes?
-Je n'ai pas envie d'en parler.
Draco était agacé par la tournure que prenait la conversation. Ce qui s'était passé et se passait encore entre Harry et lui était quelque chose qu'il considérait comme intime, et qu'il ne voulait partager avec personne. Les sentiments que son calice faisait naître en lui, les changements qu'il avait opéré inconsciemment à sa nature de vampire, l'apprivoisement qu'il faisait de ce garçon revêche et rebelle au jour le jour, tout ceci lui appartenait et il n'avait aucunement envie de le partager, avec qui que ce soit.
Il aurait aimé que Harry reste son secret. C'était un moyen pour le garder pour lui seul, et pour apposer sur lui sa possessivité grandissante.
-Joey t'avait prévenu, affirma Louis. Si tu devais un jour avoir un calice, ce ne serait malheureusement pas par choix.
-Comme pour tout le monde, rétorqua Draco, acide.
Blaise haussa les sourcils, et Draco se tourna vers lui:
-A moins que tu considères ces humains que tu charries à longueur de temps comme des calices? Il est évident, pour ma part, que je ne me serai jamais imposé un tel fardeau volontairement. Il faut être idiot.
Il fusilla Blaise du regard, qui continuait à ricaner d'un air narquois. Ce dernier cessa aussitôt de sourire et lui répondit par un regard noir. Lissant son journal, il se pencha en avant et se concentra sur ses mots croisés.
Le silence se fit dans le salon et Draco finit par se perdre dans ses pensées. Indubitablement, il pensa à Harry. Ce dernier dormait d'un sommeil léger qui faisait suite au lourd et profond sommeil d'après morsure. Son réveil n'était plus qu'une question de minutes, désormais et Draco brûlait d'envie de le rejoindre.
-Qu'est-il arrivé à Godric's Hollow? Demanda Lionel au bout de quelques minutes d'un silence tendu. Pourquoi était-il seul là bas?
Lorsqu'il était question de calices dans leurs conversations, des tensions se faisaient indubitablement sentir. Ils étaient tous d'avis divergents, et les calices étaient toujours des sujets sensibles auprès des vampires. Plus particulièrement les vrais calices. Ils étaient synonymes d'enchainement, de dépendance totale, de contraintes, et ce pour l'éternité, ce qu'appréciaient moyennement les vampires très volages. Les vrais calices étaient méprisés et un vampire se liant malencontreusement avec son calice était considéré comme un grand malheur.
-Il s'est fait attaquer par des Mangemorts, répondit Draco, de mauvaises grâces.
-Oui, c'est ce qu'il m'a semblé, affirma Lionel avec un léger sourire. Où étais-tu?
Draco réprima une grimace. Il garda le silence pendant quelques secondes, puis répondit doucement:
-Je le cherchais.
Il serra les poings au souvenir de la détresse intense qui l'avait saisi lorsqu'il s'était aperçu que Harry avait quitté la sécurité du Square Grimmault. A peine avait-il pénétré le quartier général qu'il avait aussitôt senti que Harry n'était plus ici. La panique qui l'avait submergé l'avait pris de court, pendant quelques intenses secondes.
Le plus dur à supporter avait été de ne pas savoir où Harry était allé. Il ne l'avait jamais entendu parler avec ses amis d'un lieu où ils aimeraient se rendre pour chercher l'un des Horcruxes. Il avait imaginé des centaines de situations plus inquiétantes les unes que les autres, et son esprit vif l'avait submergé d'images angoissantes. L'idée que Harry, son calice, puisse être en danger, et qu'il ne soit pas là pour lui venir en aide l'avait fait entrer dans une rage intense. Il s'en était voulu comme jamais et, encore maintenant, le souvenir de cette rage et de cette angoisse immense ressurgissait douloureusement en lui.
Retrouver Harry avait été d'un tel soulagement que toute colère l'avait instantanément quitté. Le voir dormir en sécurité près de lui, blesser mais vivant, avait été extatique, et il s'était promis de ne plus jamais laisser une telle situation s'installer à nouveau.
-Tu ne savais pas où se trouvait ton calice, releva Blaise.
-Non, grogna Draco. Je lui avais interdit de sortir, et il ne m'a pas obéi.
Blaise haussa les sourcils.
-J'espère que sa punition a été à la hauteur de l'affront, dans ce cas, dit-il.
Draco secoua la tête, agacé par la remarque. Blaise pouvait se vanter de ne pas avoir passé plus de quelques années dans son éternité sans avoir de calices, il n'en restait pas moins qu'il ne comprenait pas grand chose aux calices en eux même. Certes il aurait lui même réagi de la même façon quelques semaines plus tôt, mais il lui semblait désormais que ce n'était pas la meilleure réaction à adopter face au caractère récalcitrant de Harry.
-Je ne l'ai pas puni, grinça Draco.
Blaise haussa un sourcil perplexe.
-Pourtant il le mérite, dit-il.
-Tu ne comprends pas, rétorqua sèchement Draco. Je n'ai pas trouvé ce garçon dans un bar glauque et misérable dans lequel il m'a supplié d'échanger nos sangs! Harry est mon calice! Je ne peux pas le punir.
-Tu veux dire que tu n'en as pas envie? Interrogea Louis. Je sais que le lien avec un calice est particulièrement puissant.
Draco secoua doucement la tête. Il était vaguement agacé de devoir expliquer ce genre de choses.
-Je ne peux pas lui faire de mal sans éprouver cette culpabilité qui me ronge férocement de l'intérieur et qui me pousse à le rassurer et à me faire pardonner.
-Ce n'est pas grave, affirma Blaise. Tu le punis, et une fois qu'il a compris la leçon, vous vous réconciliez sur l'oreiller. Ce sera torride.
Draco fit la moue. L'image d'une réconciliation torride avec Harry sur l'oreiller lui effleura l'esprit, mais il la refoula rapidement. Ce n'était guère réaliste. Pas de suite, du moins.
-Ca ne marche pas comme cela, dit-il, sévère. Nous sommes en train de construire une relation qui va durer éternellement. Ce n'est pas que du sexe, comme toi avec tes calices.
-Pas du tout, se défendit Blaise.
Ils se fixèrent pendant quelques secondes sans un mot, puis Lionel reprit:
-Donc tu ne vas rien lui dire?
Draco releva les yeux juste à temps pour capter les expressions vaguement perplexes des trois vampires. Il soupira.
-Vous ne pouvez pas comprendre. Personne ne peut comprendre sans être lié à un calice.
Draco venait subitement de comprendre pourquoi Harry se disputait autant avec ses amis à propos de leur relation. Il venait de comprendre ce que subissait quotidiennement son calice face aux interrogations et aux incompréhensions de ses amis. Personne ne pouvait comprendre les sensations que son calice faisait naître en lui depuis quelques mois déjà. Aucuns vampires ne pourraient le comprendre sans avoir lui même rencontré son calice.
Toutes les relations qu'avaient eues Blaise ou Louis avec leurs nombreux calices au cours des années passées ne pouvaient les aider à comprendre ce que Draco ressentait en présence de Harry. La force des émotions qui le prenaient aux tripes à la seule pensée de son calice était bien plus puissante que tout ce qu'ils avaient pu ressentir face à leurs calices.
-Donc, reprit Louis. Il ne t'a pas obéi, il s'est mis en danger au péril de ta vie, et tu n'as rien dit.
Draco nota le ton méprisant de Louis. S'il y avait bien quelque chose qui faisait que les vampires haïssaient autant les calices, les vrais calices, c'était bien le lien puissant qui entrainait la chute du vampire si le calice venait à mourir. Que leurs existences puissent dépendre de la vie d'un humain était quelque chose de particulièrement méprisable aux yeux des vampires.
-Non, je n'ai rien dit.
Draco se rappela de la colère qu'il avait ressentie envers Harry. Il s'était juré de l'enfermer, de l'attacher, de faire en sorte que plus jamais il ne lui désobéisse ou remette en cause son autorité. Il avait voulu lui faire payer de lui avoir causé une frayeur pareille.
Mais toute sa colère avait fondu comme neige au soleil lorsqu'il avait ressenti la douleur déchirante de son calice à travers le lien. Harry l'avait à cet instant appelé si fort qu'il l'aurait pu le retrouver instinctivement, peu importe l'endroit où il se trouvait. Lorsqu'il l'avait découvert, couché au sol, secoué de spasmes et gémissant de douleur, toutes ses idées de vengeance ou de remontrances avaient instantanément disparu.
Draco sortit de ses pensées lorsqu'il sentit Harry se réveiller. Il se redressa dans son fauteuil et attendit patiemment que son calice reprenne pleinement conscience avec la réalité.
-Si mon calice quitte ce Manoir pour aller vagabonder sans ma permission, je crois que je lui apprendrais à regretter de ne pas m'avoir obéi. J'ai du mal à croire que toi, dont l'existence dépend de ce calice, n'ait rien dit, affirma Louis.
-N'essais pas de comprendre, Louis, tu ne le peux pas. La relation que j'entretiens avec mon calice n'a rien à voir avec celle que tu as avec cet ersatz de calice que tu entretiens depuis deux ans.
-A ta guise.
Il soupira légèrement, puis reprit:
-Et dire que depuis des semaines, nous attendons la venue de Potter à Godric's Hollow pour l'attraper et le livrer au Seigneur des Ténèbres. Et il faut que ce soit ton calice qui débarque.
Draco se tendit légèrement, mais ne dit rien. Lionel haussa un sourcil et, avec Louis, ils se tournèrent vers lui. Néanmoins, aucun des deux ne fit remarquer à Blaise que Potter et le calice était une même personne. Et Draco ne le fit pas non plus.
Il y eut un bref silence, puis Blaise reprit:
-Donc, ton calice s'est enfui pour aller à Godric's Hollow, où il s'est fait attaquer par des Mangemorts, c'est cela? Et comme de bien entendu, tout cela le jour même où je n'étais pas là bas! Mais que voulait-il faire à Godric's Hollow? Et pourquoi des Mangemorts l'ont-il attaqué, d'ailleurs? C'est un Sang-de-Bourbe?
-Non, grogna Draco, qui se rendit compte qu'il n'en avait en réalité aucune idée.
-Alors pourquoi s'est-il fait attaquer?
Draco soupira, agacé par toutes ses questions. Il avait envie de se lever pour rejoindre Harry, mais ne voulait pas affronter les regards narquois et les sourires entendus des vampires qui comprendraient indubitablement ce qu'il avait en tête. Néanmoins, le grincement de la porte que l'on poussait détourna leur attention de la conversation. Les quatre vampires tournèrent la tête dans un même geste identique, pour voir apparaître dans l'encadrement de la porte un jeune homme aux cheveux d'un noir de jais.
Il se figea net à la vue des quatre prédateurs dont les regards intenses étaient fixés sur lui. Une angoisse violente monta en lui, jusqu'à ce que son regard vert tombe sur les prunelles métalliques familières et rassurantes de son vampire. Il fit inconsciemment un pas en avant, mais se ravisa en se rappelant qu'ils n'étaient pas seuls.
Draco sourit légèrement lorsque le regard paniqué de son calice s'ancra dans le sien. Il le sentit se détendre imperceptiblement et lui fit un léger signe de la tête engageant pour le rassurer.
-Tiens, quand on parle du loup, s'exclama Louis avec un sourire en coin.
Harry se tourna vers lui et, à la vue des canines proéminentes qui jaillissaient au coin des lèvres, un frisson horrifié monta en lui et il recula de plusieurs pas, effrayé.
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Verdict? Que pensez-vous de ce chapitre? Contents que Harry et Draco quittent le QG pour s'installer sur de nouvelles terres? Vous allez voir, il y a plein de choses intéressantes chez Blaise!
Et pour Ron et Hermione, pas trop inquiets?
A suivre donc la rencontre entre Harry et les comparses de Draco... Ca vous inspire?
Merci à tous d'avoir lu, et à la semaine prochaine!
Natom, 29/03/14
