Coucou!
Je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau chapitre! La rencontre entre Harry et les compagnons de Draco, c'est un chapitre attendu depuis longtemps, et j'espère qu'il vous plaira!
Merci à tous ceux qui ont laissé des review anonymes: Rosalys, Sln, maoul92, Kisis, chloe, Anna, Tenshi, Nana972, laliloup. Merci à tous!
Sur ce, bonne lecture!
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Chapitre 34
Qui ne dit mot, consent
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Lorsque Harry ouvrit les yeux, le jour se couchait. Derrière les lourds rideaux pourpres, qui tombaient en vague jusqu'au sol, la lumière déclinait et le bruit écrasant des gouttes d'eau qui s'écrasaient contre la vitre résonnait bruyamment, à tel point que Harry se demanda comment le bruit n'avait pas pu le réveiller. Il cligna des paupières et se frotta les yeux, puis s'étira voluptueusement au milieu des draps en désordre.
Il remarqua instantanément que Draco n'était pas à ses côtés dans le lit. Il grogna face à l'inconfort que faisait naître l'absence du vampire dans sa poitrine, et se retourna, s'affalant lourdement sur le dos, les bras en croix. Il fixa le plafond pendant quelques secondes, se remémorant en frissonnant les moments partagés la veille avec son vampire.
Comme toujours, Draco avait été prévenant mais autoritaire, ne lui laissant pas la moindre possibilité de s'affirmer dans la morsure. Harry avait été totalement passif, se soumettant à la morsure et au toucher léger de son vampire sans un mot et avec un plaisir hors norme.
La perte de sang subie quelques heures auparavant l'avait laissé éreinté et affaibli. Ses membres et sa tête étaient lourds, et l'absence de Draco à ses côtés pendant son sommeil et à son réveil n'arrangeait probablement pas son affaire. Il se redressa en position assise en grognant et se massa doucement les tempes.
Lorsque la douleur sembla refluer et qu'il releva finalement la tête, il s'aperçut qu'il se trouvait en un lieu totalement inconnu et non pas dans la chambre de l'appartement dans laquelle il s'était endormi la veille.
-Draco? Appela-t-il, soudain moins serein.
La chambre était bien plus vaste et bien plus luxueuse que celle qu'il utilisait lorsqu'il se trouvait dans l'appartement de Draco. Ce qui attira en premier le regard du jeune calice, ce fut la grande et profonde baignoire qui se trouvait au centre de la pièce. Elle était posée là comme si quelqu'un l'y avait nonchalamment oublié. Un feu ronflait dans la cheminée et diffusait une forte chaleur dans la pièce, très agréable pour Harry qui avait tendance à être frileux les heures suivants la morsure.
Un peu effrayé de se retrouver seul dans un lieu inconnu à son réveil, Harry se redressa doucement. Ses pieds nus s'enfoncèrent avec délice dans la moquette moelleuse et Harry resta assis au bord du lit, immobile, pendant quelques minutes, attendant patiemment que son vertige passe.
Rapidement, il enfila un jean et un tee-shirt propres qu'il trouva négligemment posés sur le rebord de la baignoire. Puis, un peu hésitant, il se dirigea vers la porte dont il actionna doucement la poignée. Il y eut un déclic, et le battant s'ouvrit sans résistance. Un peu surpris, mais agacé de l'être, Harry franchit le seuil. Un besoin urgent de retrouver son vampire venait de surgir en lui, et il ne pensa pas une seconde à le refouler.
Le couloir dans lequel il se retrouva était mal éclairé, ce qui rendait l'atmosphère sombre et un brin lugubre. Au sol, une moquette d'un pourpre inquiétant recouvrait les dalles en pierre. Les murs étaient recouverts du sol au plafond par d'immenses tapisseries relatant des batailles sanglantes et des affrontements entre sorciers et créatures magiques. Impressionné par tout ce faste, Harry s'empressa de parcourir le couloir, ses pieds nus ne faisant aucun bruit sur la douce moquette.
Harry remonta le couloir sans rencontrer personne. Il n'y avait ni portes ni fenêtres, et son angoisse n'en fut que renforcée. Il redoubla d'allure et arriva rapidement au bout du couloir qui déboucha en haut d'un large escalier à impériale. Harry se pencha par dessus la rambarde, attentif à tous bruits, puis se décida finalement à descendre doucement. Prudent, il laissa sa main glisser le long de la rampe en or pour se prévenir d'un éventuel vertige.
Il était à mi chemin de l'escalier lorsque des voix se firent entendre. Il s'arrêta pour mieux évaluer d'où elles provenaient. Son cœur se mit à battre plus vite dans sa poitrine à l'idée de se retrouver confronté à d'autres personnes que son vampire. Mais, poussé par son envie irrésistible de retrouver Draco, il prit son courage à deux mains et finit de descendre les dernières marches.
Harry ne se laissa pas le temps de faire demi tour lorsqu'il arriva devant une haute porte à double battant derrière laquelle provenaient les voix. Il poussa doucement la porte en retenant son souffle et entra dans une immense salle, au plafond haut et à la décoration luxueuse. A peine eut-il une vision nette de la pièce, qu'ils s'aperçut qu'il y avait bien trop de vampires réunis dans cette pièce pour que cela soit raisonnable. Apeuré par ces apparitions soudaines et inattendues, il recula de quelques pas. Une peur viscérale s'empara de lui à la vue des canines aiguisées de l'un des vampires et un frisson horrifié remonta le long de son échine. A la seule pensée que ces crocs acérés puissent se planter dans sa gorge, il sentit son cœur se soulever d'effroi. Il eut la sensation angoissante de n'être soudain qu'une proie sans défense traquée par un prédateur bien plus puissant que lui. C'était, en un sens, une réaction très instinctive pour un humain, et Harry réalisa une fois de plus combien sa relation avec Draco était hors norme.
Pourtant, lorsque son regard effrayé se posa enfin sur Draco, dont les canines acérées luisaient de salive, son sentiment d'effroi se mua instantanément en un désir puissant et viscéral. Harry se détendit légèrement et, sans s'en rendre compte, il esquissa un sourire rassuré et franchit le seuil du vaste salon.
-Tient, quand on parle du loup.
Harry se figea et tourna la tête en direction du vampire blond qui se tenait debout près de la cheminée.
Pour se rassurer, il se tourna vers Draco. Croiser son regard, voir son attitude calme et détendue l'apaisa quelque peu. Il faisait totalement confiance à Draco, et savait que si le vampire avait vu un quelconque danger le menaçant, il serait intervenu instantanément.
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Blaise se leva doucement lorsque le jeune homme, dont l'odeur caractéristique des calices n'était pas sans rappeler celle de Draco, entra dans la pièce. D'un pas lent, afin ne pas effrayer le jeune homme, et surtout pour ne pas inquiéter son vampire, il s'approcha du calice.
Blaise était anglais. Il était né dans le sud de l'Angleterre, il y a de cela plus d'années qu'il ne voulait décemment l'admettre. Blaise aimait son pays, et c'est bien pour cela qu'il n'avait quitté son manoir anglais qu'en de très rares occasions au cours des décennies écoulées. Ces vingt dernières années, comme tous les sorciers d'Angleterre, il avait vécu au rythme de la légende entourant un jeune sorcier devenu célèbre, Harry Potter. Comme tout bon anglais qui se respecte, Blaise connaissait l'histoire hors du commun de cet enfant, qui avait terrassé le plus grand mage noir de tous les temps à l'âge de un an.
Il avait lu tous les journaux, il y avait presque vingt ans, qui avaient relaté la violence terrible ayant déchirée la famille Potter. Il s'était lui aussi interrogé sur ce qui avait pu se passer dans cette maison pour qu'un enfant à peine âgé d'un an détruise le Seigneur des Ténèbres. Il possédait, dans sa bibliothèque, tous les livres et articles qui avaient relaté l'histoire de ce garçon et du mystère qui l'entourait.
Ainsi, ce soir là, lorsque Harry Potter lui même pénétra son salon, il y avait peu de chances pour que Blaise ne le reconnaisse pas. Au contraire de Louis et Lionel qui, novices en la matière, n'avaient d'abord vu chez ce garçon qu'un calice en danger lorsqu'il avait débarqué à Godric's Hollow, Blaise, lui, fit rapidement le rapprochement entre le calice de Draco et le célèbre Harry Potter dont il avait tant entendu parler.
Bien sûr, d'un calice, il en avait l'odeur. Cette odeur douce et entêtante qui caractérisait les calices, et qui les marquait comme tel afin qu'aucun vampire n'ait l'imprudence d'attaquer l'un d'entre eux. Par ailleurs, il était extrêmement marqué par l'odeur de Draco, ce qu'aucuns vampires n'auraient pu ignorer.
Evidemment, qu'il soit Harry Potter, Survivant et Elu, n'avait que peu d'importance. Le fait que ce garçon soit un calice passait avant le fait qu'il soit Harry Potter, aux yeux des vampires qu'ils étaient. Harry était lié à Draco, qui était l'un des vampires les plus anciens et les plus influents, et qui avait très certainement vu débouler son calice dans sa vie avec une horreur sans limite. Les calices, bien que méprisés, restaient des êtres précieux et intouchables, et finalement, que Louis et Lionel soient venus à son secours à Godric's Hollow était assez légitime.
Pourtant, Blaise ne put s'empêcher d'être impressionné par cette subite apparition des plus inattendues, et c'était bien parce que ce calice était Harry Potter.
Il s'approcha de Harry et l'examina attentivement, sous l'œil perplexe et apeuré du calice. Le jeune homme avait d'incroyables yeux verts, mis en valeur par les mèches d'un noir de jais qui tombaient en désordre autour de son visage. Il devinait le corps nerveux et doucement musclé du jeune homme sous son pull épais et ne put empêcher son regard de glisser dans son cou, dissimulé par le col de son pull. Il pencha la tête sur le côté, l'air appréciateur.
Harry était tout à fait le genre de garçon qu'il aimait avoir en tant que calice.
-Je viens subitement de comprendre pourquoi les Mangemorts ont attaqué ton calice, Draco.
Ce dernier fixait l'expression méfiante de Harry sans ciller. Son jeune calice s'était appuyé contre la porte d'entrée, et semblait comme un animal traqué se trouvant au pied du mur. L'examen de Blaise sur sa personne ne semblait pas lui plaire, et il tourna la tête vers lui en quête de soutien. Draco croisa les jambes.
-Vraiment? Releva-t-il en haussant un sourcil ennuyé.
-Oui, étrangement, tout fait sens, tout à coup.
-J'en suis ravi.
Draco n'avait pas l'air ravi du tout, bien au contraire. Son expression était figée en une moue agacée inquiétante. Il ressentait l'inquiétude sourde de son calice face à Blaise et était prêt à se lever si l'autre vampire s'approchait trop de son jeune calice. Il n'aimait pas la façon dont Blaise tournait autour de Harry, comme un prédateur inspectant sa proie avant de la déguster. Blaise n'était clairement pas un danger pour Harry, mais voir un autre vampire s'approcher et examiner son calice ainsi était hautement déplaisant.
Blaise hocha doucement de la tête. Il essaya, en vain, de croiser le regard incroyable du calice, mais il était suspendu au regard de son vampire. Méfiant, et parce qu'il n'était pas prudent d'approcher un calice de trop prêt, Blaise recula de quelques pas.
-Mais je suis ennuyé que tu n'ais pas jugé bon de m'en parler. Tu as un calice, et ce calice est Harry Potter. Visiblement, -il se tourna vers Louis et Lionel-, je suis bien le seul à ne pas être au courant.
Lionel s'était imperceptiblement redressé. Les bras croisés sur son torse, il fixait intensément le seul humain de la pièce. Louis, appuyé sur le dossier du fauteuil que Blaise avait quitté, espionnait les réactions infimes que Draco laissait transparaître.
-Ne sois pas jaloux, Blaise, dit-il en se tournant vers lui. Draco s'est bien gardé de nous en parler.
Blaise se tourna vers eux. Revanchard, il croisa les bras et s'exclama:
-Vous n'avez pas l'air bien surpris, pour des personnes qui n'étaient pas au courant.
-Je te rappelle que nous étions à Godric's Hollow, lui rappela posément Lionel. Lorsque ce jeune homme est apparu sur la place du village, les Mangemorts ont fondu sur lui instantanément en le reconnaissant. C'est en approchant que nous avons compris qu'il n'était pas que Harry Potter. L'odeur était très caractéristique. Avec les cachoteries de Draco depuis la mystérieuse disparition et mort de Potter, il n'était pas ardu de tirer des conclusions.
Draco se détourna avec dédain du sourire amusé qui fleurissait sur les lèvres de Lionel. Harry, qui observait Draco et écoutait d'un air bougon le récit du vampire brun, se tourna vers lui à la mention de son nom. Fronçant les sourcils, il intervint calmement:
-C'est vous que j'ai vu au cimetière il y a trois jours.
Les trois vampires se tournèrent vers lui et Harry rougit doucement. Il s'en sentit aussitôt mal à l'aise et, tirant sur le col de son pull pour être certain que ses marques n'apparaissaient pas, il ajouta:
-C'est vous qui avez tué ce Mangemort. Vous lui avez brisé la nuque.
Lionel approuva sans rien dire. Draco étendit ses jambes et les posa sur la table basse devant lui. Il enfonça les mains dans ses poches, l'air renfrogné. Que Lionel soit venu au secours de son calice le rendait rageur. C'était lui qui aurait du être là pour son calice, pas Lionel. Il aurait pu lui être reconnaissant, car c'était surtout Lionel qui était venu le trouver pour le mener à Godric's Hollow afin qu'il retrouve Harry, mais il ne ressentait que rancœur.
-Félicitation, Lionel, s'exclama Blaise d'un ton faussement enjoué. De partisan du Seigneur des Ténèbres, tu es passé à ennemi. A défaut de lui livrer Harry Potter, tu l'as protégé.
Harry ouvrit la bouche, mais un regard particulièrement réfrigérant de son vampire lui cloua le bec. Il referma la bouche et se laissa aller contre le panneau de la porte en enfonçant ses mains dans ses poches.
-Et bien sûr, tu te serais empressé de le lui livrer, toi, rétorqua Louis.
Blaise secoua la tête. Il se détourna de Harry pour se tourner vers les trois autres vampires.
-Non, évidemment. Je suis fidèle au Seigneur des Ténèbres depuis la première guerre, mais ça ne signifie pas pour autant que je suis prêt à m'en prendre à un calice. Quelle hérésie. En revanche, je suis déçu de ne pas avoir été informé, Draco. Je ne suis pas sûr de te pardonner cela. S'il y a bien quelqu'un qui aurait pu t'aider à traverser cette période difficile, c'est bien moi.
Draco haussa un sourcil.
-Qu'est-ce que tu sais des calices, toi? Dit-il arrogamment.
-J'en ai toujours eu, je te rappelle.
Draco eut un rictus méprisant qui prouvait qu'il ne l'avait pas oublié.
-Si tu parles de ces ersatz que tu t'attaches à avoir près de toi depuis toujours, on peut difficilement les comparer à ce calice là, fit remarquer Lionel en montrant Harry qui fronça les sourcils en se voyant désigner ainsi.
Blaise balaya l'argument du revers de la main. Il se tourna à nouveau vers Harry et se mit à l'observer fixement. Le jeune calice se tortilla sur place, mal à l'aise. Il resta silencieux pendant quelques secondes, puis dit:
-Non seulement tu as un calice, mais en plus il s'agit de Harry Potter. C'est la double peine, mon pauvre Draco.
Louis éclata de rire. Harry écarquilla les yeux en avisant ses canines et la peur remonta en lui. Il se tourna à nouveau vers Draco, qui était occupé à fusiller Blaise du regard.
-Comment as-tu pu ne pas m'en informer?
-J'ai eu d'autres chats à fouetter que de penser à toi, Blaise, répliqua froidement Draco.
Blaise détailla Harry de haut en bas, et répondit dans un murmure que l'humain eut du mal à saisir:
-Ca, je veux bien le croire.
Lentement, Draco se leva. Il s'approcha de la baie vitrée, et regarda le jardin qui ployait sous les trombes d'eau. Harry le suivit du regard, avide de le voir s'approcher enfin.
-Parmi tous les humains qui existent sur cette planète, il a fallu que ton calice soit Harry Potter! Franchement, Draco, je ne sais pas si tu joues de chance ou de malchance, mais ce n'est clairement pas commun.
-Qu'il soit Harry Potter n'a aucune importance, soupira Lionel. Il n'y a qu'un anglais qui puisse trouver de l'importance à un tel détail.
Draco hocha la tête, visiblement convaincu. Harry profita de la conversation entre les vampires pour se soustraire à l'observation de Blaise. Il se dirigea lentement vers Draco, et se posta près de lui, soudain rassuré par cette proximité. Il put alors sans difficulté affronter le regard intense des autres vampires.
-Pas d'importance? Répéta Blaise. Ce garçon, dit-il en montrant Harry du doigt, est recherché dans tout le pays. Le Seigneur des Ténèbres lui même veut sa peau. Ce n'est pas l'idéal, pour un vampire, qu'un tel danger pèse sur son calice.
Draco se détourna de la baie vitrée et heurta Harry qui se trouvait juste derrière lui. Le jeune homme leva un bref regard dans sa direction pour jauger de sa réaction face aux paroles de Blaise, mais il était totalement impassible.
-Si j'étais toi, conclut Blaise, j'aurais quitté le pays depuis longtemps.
-Je ne veux pas quitter le pays, intervint Harry en fronçant les sourcils. Je n'abandonnerai pas mes amis.
Blaise baissa le regard vers lui et dit sèchement:
-Toi, tu n'as pas ton mot à dire. C'est à Draco que je parle.
Harry se ratatina sur place face à l'invective. Il se rapprocha de Draco, sourcils froncés, et évita le regard de Blaise qui le fixait sévèrement. Il fut rassuré, cependant, d'entendre Draco prendre instantanément sa défense:
-Je t'interdis de parler ainsi à mon calice, Blaise, dit-il calmement, mais le ton autoritaire qu'il employa fit frissonner Harry. Il est à moi, et je fais encore ce que je veux de lui.
Blaise leva les deux mains en signe de reddition. Par prudence, et peu désireux de s'interposer entre un vampire et son calice, il alla se rasseoir dans son fauteuil et croisa les bras sur son torse.
-Blaise a quand même raison, intervint Lionel au bout de quelques secondes d'un silence tendu. Tu laisses ton calice s'enfuir sous ton nez pour se fourrer dans la gueule des Mangemorts, ce n'est pas très prudent. Tu veux mourir, Draco?
-Peut être qu'il a assez vécu, remarqua Blaise, l'air irrité. Certes, il est jeune, plutôt sexy et a l'air particulièrement exquis. Néanmoins, je ne sais pas si le jeu en vaut la chandelle.
Draco pinça les lèvres, clairement agacé. Son souffle frais ébouriffa les cheveux de Harry lorsqu'il soupira longuement.
-Tu crois que je l'ai choisi, peut être? Tu crois que j'ai eu envie de me lier à lui, que j'avais besoin d'action et d'aventure et que je me suis dit que ce serait un bon pari? C'est arrivé, et je fais avec, c'est tout.
Le ton glacial de Draco fit frissonner Harry. Instinctivement, il se ratatina sur place.
-Bien sûr que non, tu ne l'as pas choisi, répondit Louis d'un ton apaisant. C'est bien le problème, avec ces calices-là.
Son ton méprisant n'échappa pas à Harry. Il releva la tête, et aperçut avec angoisse les regards sévères des vampires posés sur lui.
-De toute façon, ce qui est fait est fait, dit Draco. Il n'y a pas de retour en arrière possible, et il est impossible de défaire le lien.
A ces mots, lâchés avec flegme, les regards se firent méprisants. Harry se sentit coupable, mais il ne sut pas exactement pourquoi. Il y eut un bref silence, puis Louis demanda:
-Que comptes-tu faire pour remédier à cette situation?
-Il compte détruire le Seigneur des Ténèbres, expliqua Lionel.
-Rien que ça! S'exclama Blaise avec un rire perplexe. Quelle magnifique ambition. Et c'est donc pour cela que tu t'es engagé auprès de lui? Pour te rapprocher de l'ennemi et en définir les faiblesses?
Harry ouvrit la bouche, l'air révolté, mais Draco balaya l'air de sa main juste sous son nez et aucun son n'en sortit. Il referma la bouche sans un mot, mais clairement outré et renfrogné.
-C'était avant Harry, se défendit Draco. Et puis, le fait que je change de camp, en quelque sorte, ne vous oblige pas à faire de même. Si tu es heureux auprès du Seigneur des Ténèbres, restes-y, Blaise. Cela ne me dérange en rien.
Blaise croisa les bras sur son torse puissant.
-Ce n'est plus aussi drôle, soupira-t-il.
-Ce n'est plus drôle parce que ce n'est plus un jeu, fit remarquer Lionel. L'existence de Draco dépend de la victoire ou non du Seigneur des Ténèbres.
-Justement! S'exclama Blaise. J'ai misé sur le Seigneur des Ténèbres parce que je pensais qu'il gagnerait la guerre. Mais maintenant, ce n'est plus pareil, si tout le monde se ligue contre lui.
Harry était surpris par la tournure que prenait la conversation. Les quatre vampires se connaissaient visiblement depuis des décennies, ils avaient l'air très unis, à défaut d'être complices, et Harry n'avait jamais imaginé que Draco pouvaient avoir quelqu'un en dehors de lui. C'était égoïste, mais il avait toujours imaginé le vampire traversant l'immortalité seul, misanthrope, avant qu'il ne vienne anéantir sa solitude par sa seule existence.
Ils semblaient parler de la guerre comme un grand jeu particulièrement divertissant. Harry en était outré. Des centaines de vies dépendaient de l'issu de la guerre, et les entendre parier sur la victoire des camps était une aberration. Néanmoins, lorsqu'il comprit que Blaise envisageait de changer de camp parce qu'il venait de découvrir qu'il était le calice de Draco, il comprit que le lien qui unissait ces vampires allaient bien au delà des préoccupations humaines.
-L'essentiel, pour l'instant, c'est que le Seigneur des Ténèbres ne soient pas au courant de ce lien, affirma Louis. Ainsi, il ne se doute pas que son alliance est sur le point d'échouer.
-Je n'en suis plus si sûr, répliqua Draco. Bellatrix Lestranges m'a vu à Godric's Hollow. Si elle n'a certainement pas du comprendre l'ampleur de la situation, elle a vu un vampire auprès de Potter.
Lionel et Louis hochèrent doucement la tête en signe d'assentiment. Harry resta interdit pendant quelques secondes. Il vit Draco et Lionel échanger un long regard, et il comprit qu'il ne comprendrait jamais vraiment ce qui unissait les deux vampires.
-J'aimerais bien savoir comment tu comptes t'y prendre pour détruire le Seigneur des Ténèbres, reprit Blaise au bout de quelques minutes de silence. Aux dernières nouvelles, il était immortel.
Il fit une pause et, devant le silence de Draco, ajouta:
-Si j'étais à ta place, Draco, je n'hésiterai pas: je l'emmènerai rapidement à l'autre bout du monde, là où ni le Seigneur des Ténèbres, ni ses Mangemorts ne pourraient l'atteindre. Il n'y a qu'ainsi que tu pourras être certain qu'il soit en sécurité.
-Tu n'es pas à ma place, répliqua froidement Draco. Tout cela ne te regarde pas, trancha-t-il.
-Heureusement. Sans vouloir t'offenser. J'aime beaucoup ma liberté de choisir quel calice sera dans mon lit cette année.
Draco pinça les lèvres, agacé. Blaise fixa Harry pendant quelques secondes, et murmura:
-Si j'avais su.
Draco le fusilla du regard. Il se plaça légèrement devant Harry, et Blaise s'empressa de détourner le regard. Quelques secondes passèrent avant que Blaise ne dise:
-Ca ne me regarde pas, mais c'est tout de même dans ma maison que tu as amené ton calice.
-Pour des raisons purement pratiques.
Blaise secoua la tête, peu convaincu. Il fit néanmoins un léger signe du poignet laissant entendre qu'il n'était pas importuné par leur présence.
-Tu veux profiter de mon elfe de maison? Je ne sais pas s'il va pouvoir tenir le rythme avec un quatrième calice à nourrir.
Harry releva la tête, surpris d'entendre parler d'autres calices. Il se douta aussitôt que ce n'était probablement pas de vrais calices, mais il était clairement intéressé à l'idée de rencontrer des gens un peu comme lui, à qui il pourrait peut être se confier, et qui le comprendraient déjà mieux que Ron et Hermione.
-J'ai aussi un elfe de maison, répondit Draco.
Blaise sourit, et inclina doucement la tête. Son regard noir avait retrouvé Harry, et il l'observa fixement. Harry sursauta vivement lorsque la main fraîche de son vampire se posa délicatement sur son épaule. Il leva la tête vers Draco qui, d'un geste de la tête un peu sec, lui désigna la porte.
-Les cuisines se trouvent dans l'aile est. Kreattur te guidera.
Harry mit plusieurs secondes avant de réagir. Draco lui fit un geste encourageant de la tête, et murmura:
-Je te rejoins.
Harry approuva, un peu rassuré. Sans jeter un regard aux trois autres vampires, et totalement affamé, il se dirigea vers la porte sans un mot, ravi de pouvoir quitter cette ambiance tendue.
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Lorsque la porte se referma derrière Harry avec un claquement sec, les quatre vampires se retrouvèrent plongés dans un silence songeur. Draco fixait la porte comme s'il pouvait voir Harry au travers.
-Je suis jaloux, décréta finalement Blaise au bout de quelques secondes.
-De quoi es-tu jaloux, mon cher Blaise, soupira Draco en haussant un sourcil.
Il retourna nonchalamment s'asseoir dans l'un des fauteuils de libre. Croisant les jambes, il se renfonça dans son fauteuil d'un air vaguement agacé.
Bien que les vampires ne soient pas un danger pour Harry, il aurait aimé éloigner son calice de cette maison. Il lui semblait qu'il y avait ici trop de monde susceptible de se mettre entre lui et Harry, et d'éloigner Harry de lui. Par ailleurs, Draco n'appréciait que peu cet intérêt des vampires pour son calice. Mais son appartement ne lui semblait plus sûr pour accueillir Harry, pas depuis l'intrusion des Mangemorts en Août dernier. Par ailleurs, il savait que Harry n'accepterait jamais de quitter le pays, même si Draco lui promettait des appartements plus confortables les uns que les autres dans des lieux divers et variés de la planète. Il venait à peine de trouver un mince équilibre, il était inutile de le briser en forçant Harry à quitter le pays.
-Mais de toi, bien sûr.
-Je ne vois pas en quoi tu peux être jaloux de moi, Blaise. Harry est un vrai fardeau.
Draco sourit en disant cela, ce qui ne passa pas inaperçu.
-Enfin, c'est un calice, quoi.
-Oui, on sait tous ce que tu penses de ces êtres abjects, ricana Louis. Mais c'est vrai qu'il a l'air particulièrement pugnace.
-Oui, il peut l'être quand il veut quelque chose, convint Draco.
-Mais je suis sûr que ça ne le rend que plus exquis, souligna Blaise. Je suis certain que son caractère un peu rebelle ne rend la situation que plus excitante pour toi.
-Ca, tu ne sauras pas.
Les trois vampires sourirent d'un air entendu. Aucuns d'eux n'étaient dupes. Aucun vampire ne pouvait résister au charme de son calice.
-Tu as de la chance, Draco, affirma Lionel. Mais cela ne m'étonne pas que tu ne t'en sois pas aperçu.
Draco croisa les bras sur sa poitrine, sur la défensive.
-C'est parce que tu ne connais pas ce par quoi je suis passé que tu dis cela. Aucun de vous ne connaît ce que je ressens quand il est dans les parages. Cela n'a rien de joyeux, ou d'enthousiasmant. Et c'est pour cela que nous nous méfions beaucoup des calices, et que aucun de nous n'a jamais souhaité en avoir un.
-Certes, approuva Lionel. Le fait que tu sois malencontreusement tombé sur ton calice est très malchanceux. Mais ce en quoi tu es chanceux, c'est au calice en lui même.
Draco ne dit rien.
-Il est un peu jeune, pour un calice, dit Louis, mais ce n'est peut être pas plus mal. Il est jeune, plein de vie, certainement en excellente santé. C'est en cela que tu as beaucoup de chances. Quand on trouve son vrai calice, on n'a pas le droit à de secondes chances. Quel qu'il soit, on est lié à lui pour l'éternité.
Draco fit la moue, peu enthousiasmé qu'on lui rappelle cet état de fait. A l'heure actuelle, il ne pourrait plus jamais se passer de la présence de Harry à ses côtés, mais il regrettait encore cette fameuse nuit où il était tombé sans le savoir sur son calice.
-Tu aurais pu tomber sur une personne plus âgée, même peut être très âgée, qui aurait du rester coller nuit et jour dans un fauteuil, en pantoufles, à faire des mots croisés, lui fit remarquer Blaise avec un sourire entendu.
L'image que ce discours fit naître dans l'imagination de Draco aurait pu le faire frissonner.
-Tu vois où je veux en venir? Interrogea Lionel. Tu as pris cela comme une fatalité. Ce garçon ne t'empêchera pas de vivre, bien au contraire. Où que tu ailles, quoique tu ais l'intention de faire, il te suivra. Et pas parce qu'il doit te suivre, mais parce qu'il en sera capable, qu'il le voudra. Il n'attend que ça. Vivre. Et puis franchement, regarde-le! Tu n'as pas à avoir honte de lui. Il est très beau. Imagine si tu étais tombé sur un garçon au physique...Hé bien moins avantageux.
-Au moins lui il peut te faire bander en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, si ça ce n'est pas une qualité, ricana Blaise. Sans vouloir t'offenser, bien sûr.
Draco grimaça, mais ne dit rien.
-Puis c'est un garçon, ajouta Blaise au bout de quelques secondes de réflexion. Ce qui est loin d'être négligeable.
-Oui, j'avais remarqué cela.
-Les filles, à la longue, elles deviennent fatigantes, fit remarquer Blaise. Lui ne viendra pas t'embêter avec des histoires de confort ou de sentiment. Puis niveau sexe, un garçon, c'est toujours plus enthousiaste. Réfléchit, Draco. Si tu avais pu choisir ton calice, comment l'aurais-tu voulu?
Draco, qui pensait à l'enthousiasme très modéré de Harry quand il en venait au sexe, ne répondit rien. S'il avait pu choisir son calice, il aurait probablement opté pour un garçon, oui. C'était toujours moins contraignant qu'une fille. Il l'aurait choisi jeune, évidemment. Peut être pas si jeune, pensa-t-il en se remémorant que Harry n'était même pas majeur. Mais jeune tout de même, un qui puisse être dynamique et le suivre dans ses caprices sans jamais se plaindre de sa fatigue. Puis il l'aurait avant tout choisi pour son physique avantageux. Un garçon qu'il n'aurait pas répugné à toucher, ou à caresser. Un garçon dont le corps aurait pu l'enflammer au premier regard.
Draco ne dit rien, mais sa réponse était claire.
S'il avait pu choisir son calice, il aurait probablement choisi un garçon qui ressemblait de près ou de loin à Harry.
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Petite prise de conscience pour Draco? Après Harry, c'est le tour de Draco de se faire ouvrir les yeux. Même si forcément, ses compagnons ne savent pas trop de quoi ils parlent. Comment avez-vous trouvé ce chapitre? Est-ce que cette rencontre vous a plu?
Dans le prochain chapitre, Harry va faire d'autres rencontres, vous imaginez bien xD Vous les voyez comment, ces nouveaux calices?
Bonne semaine à tous, et à samedi prochain!
Natom, 05/04/14
