Bonjour tout le monde!

J'espère que vous avez passé une bonne semaine! Voici un petit chapitre pour bien commencer ce long weekend :)

Mais avant, comme toujours, je tiens à remercier ceux qui ont pris le temps de laisser des review anonymes: Kisis, maoul92, nepheria4, Ekateri, cloptre!

Merci à tous! C'est très encourageant et motivant pour moi de recevoir autant d'avis positifs à chaque chapitre que je publie! Ca m'aide à tenir le rythme parce que, croyez moi, un chapitre par semaine, c'est du boulot, mine de rien!

Merci aussi à Marmel de toujours corriger mes chapitres, et dans les temps!

Sur ce, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira :D

Enjoy!

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Chapitre 36

Il n'est de pire solitude que celle qu'on éprouve quand on est deux

Marc Levy

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Draco fixait l'air déterminé de Harry avec un sourire en coin énigmatique. Par chance, la patience était une vertu qui ne lui faisait pas défaut, et les tentatives de Harry pour le convaincre, qu'il voyait venir à des kilomètres, ne lui faisaient pas peur.

Sa priorité était de garder son calice en sécurité et, s'il y avait bien une chose dont Draco était certain, c'était que Harry déambulant dans les corridors humides de la banque des sorciers allait à l'encontre de toutes ses résolutions.

-Nous allons rester quelques temps chez Blaise, affirma soudain Draco, après quelques minutes de silence.

Harry esquissa une moue agacée face à ce soudain changement de sujet, mais sa curiosité l'emporta sur son agacement.

-Pourquoi? Interrogea-t-il en dégustant sa tarte.

-Je crains que l'appartement ne soit plus sûr, maintenant que des Mangemorts y ont mis les pieds.

Harry mit quelques secondes avant de se rappeler à quoi le vampire faisait illusion.

-Vous les avez tués, fit-il remarquer.

Draco balaya l'argument d'un geste de la main. Il s'empara habilement d'une mandarine, et commença à la peler agilement. L'attention de Harry fut un instant attiré par les mains pâles et habiles du vampire qui s'agitaient sur la mandarine.

-Je n'aime pas Blaise, dit-il en esquissant une moue ennuyée.

-Il ne s'approchera pas de toi.

-Mais je n'ai pas envie de rester chez lui.

-Tu m'agaces, Potter.

Piqué au vif par cette réprimande sévère, Harry se plongea dans un silence boudeur. Draco finit rapidement de peler la mandarine, et il la posa près du verre de Harry. Puis il s'empara d'une seconde mandarine et recommença son manège.

-Pourquoi Blaise a-t-il deux calices? Demanda Harry au bout de quelques minutes d'un silence irrité.

Draco était en train de peler sa quatrième mandarine, sous le regard un peu désabusé de Harry. Ses gestes étaient vifs et agacés, et Harry le regardait faire fixement tout en engloutissant ses parts de tarte avec avidité.

-Il en a sept, en réalité. Un pour chaque soir de la semaine. C'est un véritable harem.

Harry se retourna, bouche bée. Il échangea un regard avec Draco, et comprit instantanément que le vampire se fichait de lui. A nouveau boudeur, il se resservit une part de tarte à la mélasse. L'une des mains de Draco vint caresser la joue de Harry, comme pour se faire pardonner, et il dit:

-Les vampires peuvent avoir autant de calices qu'ils le souhaitent. Blaise a toujours aimé avoir des humains à sa disposition. Ce ne sont pas vraiment des calices, de toute façon. Ce sont des sortes d'ersatz et, s'il le souhaite, il peut aller se nourrir ailleurs, tout en gardant à porter de main de bonnes réserves de sang.

-Des réserves de sang, répéta Harry, blasé.

Draco hocha doucement la tête.

-Oui, je crains que Blaise n'ait pas une grande considération pour ses calices. Ce ne sont que des jouets pour lui, et il en change assez régulièrement.

Harry eut une pensée pour Elisabeth, qui avait l'air amoureuse de son vampire, et qui était persuadée que Blaise l'aimait en retour et la garderait auprès de lui pour l'éternité, et il se jura de ne jamais lui répéter ce qu'il venait d'entendre.

-Je ne sais pas comment des humains peuvent accepter d'être traités ainsi.

-Il y a des compensations. Et puis, cela ne signifie pas qu'il les traite mal. Tu as bien vu.

Draco fit un geste désignant la large table croulant sous les mets divers, et Harry, pensant à l'immense Manoir dans lequel il se trouvait, approuva. Il repensa à la conversation qu'il avait eu avec Lupin aux sujets des compensations. Pour lui, elles ne valaient pas la liberté et l'indépendance, mais il pouvait comprendre que certains humains préfèrent se faire entretenir par un vampire, surtout si c'était pour évoluer dans un tel milieu.

-Vous croyez qu'il est amoureux de son calice. Elisabeth.

Draco lui jeta un regard.

-Non, je ne pense pas. Les vampires s'attachent rarement à leurs calices. Ce n'est pas une relation d'amour, c'est plutôt une relation d'intérêts partagés. Et surtout, c'est une relation éphémère. Les calices ont parfois tendance à l'oublier et il arrive très souvent que l'un d'eux tombe amoureux de son vampire. Dans ces cas là, lorsque le vampire se lasse, le rejet peut être très violent pour certains.

Harry cessa de manger sa tarte pour jeter un coup d'œil à Draco. Celui-ci jouait avec l'une des mandarines. Le jeune homme se demanda à nouveau si le vampire avait pu avoir un calice dans un passé proche ou lointain, mais il semblait tellement les mépriser que Harry eut pitié de l'éventuel calice.

Harry refusait d'avoir pitié de lui même, par principe.

-Est-ce qu'ils n'ont pas de marques?

Draco hocha doucement la tête.

-La marque de la morsure disparaît au bout de quelques heures sur les ersatz. Et si le vampire ne le mord pas régulièrement, le lien s'effrite, puis disparaît. En tous les cas, la situation de ces calices n'a rien à voir avec la tienne. Elle n'est en rien comparable.

Draco se pencha un peu en avant, et colla son nez contre la joue de Harry. Il inspira longuement son odeur exquise, puis chuchota:

-Le lien qui nous unit est bien plus puissant. Rien ne peut le détruire.

Draco se recula et posa la mandarine près des trois autres. Automatiquement, il s'en empara d'une nouvelle, et commença à la peler.

-Je ne vais pas manger toutes ces mandarines, vous savez, lui fit remarquer Harry.

-Je vais en faire un jus, dans ce cas, rétorqua Draco, imperturbable. Tu le boiras?

Harry haussa les épaules et mâcha lentement sa tarte.

-Vous savez faire cela?

Harry observa Draco s'emparer d'un verre et presser l'une des mandarines dans le creux de sa main. Le jus coula abondamment, un peu dans le verre, mais la majorité coula le long du poignet du vampire. Harry ricana, et lui tendit sa serviette.

-Est-ce que nous sommes des âmes sœur?

Draco s'essuya rapidement, puis il lécha l'intérieur de son poignet. Harry l'observa faire sans un mot, un peu surpris.

-Bien sûr. C'est pour cela que nous nous entendons si bien sur le plan sexuel.

Harry écarquilla les yeux. Draco esquissa un sourire en coin amusé, et se pencha vers son jeune calice. Il inclina la tête et vint lui lécher sensuellement le cou, passant sa langue humide tout le long de la jugulaire de son calice. Harry, haletant, rejeta instinctivement la tête sur le côté, permettant un meilleur accès, mais Draco se redressa prestement.

Il fallut à Harry quelques secondes pour reprendre ses esprits face à cette attaque aussi soudaine qu'inattendue.

-Vous dites n'importe quoi, reprocha-t-il.

-Je ne crois pas à cette histoire d'âmes sœur. C'est juste une histoire inventée par les humains pour enjoliver cette malédiction qui est que d'être lié à un vampire -Draco sourit- ou à un calice. Si nous étions réellement âmes sœur, je pense que tout serait plus facile. Entre nous.

Ils échangèrent un bref regard, avant que Harry n'approuve. Il était content de voir que Draco partageait son point de vue face à cette histoire rocambolesque d'âmes sœur.

-Mais je suppose que si tu posais la question à Lionel, par exemple, il ne te répondrait pas la même chose. C'est une question de croyance. Et Lionel est bien le genre de vampires à croire que ce qui lie un vampire à son calice, ce sont leurs âmes. On voit qu'il n'a jamais été confronté à son calice.

Draco se pencha à nouveau en avant. Sa main se posa à nouveau sur la cuisse de Harry, et ses lèvres retrouvèrent le cou de son calice. Harry tenta de le repousser, sans succès.

-Moi, Potter, plus je te côtoie, plus je te trouve insupportable. Peut-on trouver son âme sœur insupportable? J'en doute.

Harry repoussa fortement Draco d'un geste agacé, puis il chassa sa main baladeuse.

-Il n'empêche que vous êtes bien content que je sois là, quand vous avez soif.

Draco inclina la tête.

-Je n'ai jamais prétendu le contraire.

-Encore heureux! Vous n'êtes même pas capable de vous nourrir tout seul, à votre âge, déplora Harry.

-Allons, arrêtons de prétendre que la morsure ne fait pas notre affaire à tous les deux, Harry. Tu aimes ça autant que moi. Si tu t'étais entendu gémir hier. C'était exquis. Tu me suppliais de boire encore, sans jamais m'arrêter. C'était grisant, et diablement excitant.

Harry rougit jusqu'aux oreilles. Il secoua la tête, comme pour oublier les derniers mots de son vampire et chasser son malaise.

-A propos de choses excitantes, continua Draco, maintenant que tu as convenablement mangé, et que tu envisages une bonne sieste, je pourrais t'accompagner. Nous pourrions faire l'amour, dans cette merveilleuse chambre prêtée par Blaise. Qu'en dis-tu? Je rêve de te voir nu dans cette gigantesque baignoire.

Draco caressa de son index l'une des joues écarlates de son calice. Il lui rejeta tendrement les mèches en arrière, dégageant son visage incandescent.

-Vous avez bu hier! S'exclama Harry, un peu paniqué à l'idée que Draco ait soif, à nouveau.

C'était un cycle angoissant, qui ne finissait jamais, et qui se renouvelait perpétuellement. Parfois trop vite au goût de Harry.

-Je n'ai pas besoin de boire pour te faire l'amour, rassure-toi, Harry, le rassura Draco de sa voix velouté.

Harry rougit de plus belle. Il se racla doucement la gorge, plus mal à l'aise qu'il ne l'avait été depuis longtemps. Le regard intense que Draco posait sur lui le gênait énormément. Il avait l'impression que le vampire allait se jeter sur lui, le renverser sur la table pour...

-Je pensais que vous aviez des tas d'appartements à Londres, dit Harry. Pourquoi on ne va pas là bas? Ou on pourrait aller à l'hôtel. Pourquoi doit-on rester chez Blaise?

-J'ai des tas d'appartements dans le monde, et Londres n'est pas le monde.

Harry eut une moue ennuyée. Il s'empara d'une des mandarines pelées par Draco avec négligence et la sépara en plusieurs quartiers.

-Pourquoi ne veux-tu pas rester ici?

Harry haussa les épaules, la bouche pleine.

-Est-ce que vos amis vampires sont des Mangemorts?

-Plus ou moins, répondit Draco. C'est cela qui te dérange?

Harry esquiva la question.

-Et vous? Blaise a dit que vous vous étiez engagé auprès de Vous-Savez-Qui. Est-ce que c'est vrai?

-Oui, c'est vrai. Le Seigneur des Ténèbres a proposé une alliance et nous l'avons acceptée. Mais les choses ont changé pour moi lorsque je t'ai rencontré. Et elles ont changé pour eux lorsqu'ils ont appris que tu étais mon calice.

-Pourquoi elle a changé pour eux aussi?

-Les vampires ne se battent jamais les uns contre les autres. Nous pouvons être dans des camps opposés, mais au fond, nous sommes tous dans le même camp. Le fait que tu sois mon calice fait que le Seigneur des Ténèbres devient l'ennemi. Ils ne chercheront pas à le détruire, ou à s'engager dans l'Ordre du Phénix, ils ne briseront pas l'alliance qui nous lie à lui, mais ils ne s'attaqueront jamais à toi.

Draco fit une pause puis ajouta:

-C'est à cause de cette alliance que tu ne veux pas rester ici?

Harry haussa les épaules. Il mangea doucement une deuxième mandarine, songeur.

-Et si je te disais que c'est dans la bibliothèque de ce Manoir que j'ai découvert ce qu'était possiblement le dernier Horcruxe?

Harry releva vivement la tête.

-Quoi? Dit-il.

-Oui, affirma Draco.

Harry avait arrêté de manger.

-Comment? Qu'est-ce que c'est?

-Dans un livre. Blaise possède l'une des bibliothèques les plus fournies d'Angleterre, et la plupart de ses livres traites de l'histoire d'Angleterre. J'ai donc fait quelques recherches sur Rowena Serdaigle.

-Vous-Savez-Qui a réussi à s'emparer d'un objet ayant appartenu à Serdaigle? S'exclama Harry en se redressant sur sa chaise.

Draco hocha doucement de la tête. Harry écarquilla les yeux.

-Lequel? Demanda-t-il avidement.

-Il s'agirait du diadème perdu de Serdaigle. Il a été volé par sa fille Héléna, qui a été assassinée dans une sombre forêt d'Albanie, dans laquelle elle a caché le diadème.

Draco se tut, et laissa passer quelques secondes. Il fixait Harry intensément, le regardant avidement réfléchir et interpréter ses paroles.

-Vous-Savez-Qui s'est réfugié en Albanie pendant des années. Il aurait très bien pu s'en emparer, ou retourner le chercher plus tard.

Harry sentait l'excitation monter en lui. Il avala rapidement la fin de sa mandarine et s'essuya les mains. Il s'étira paresseusement, totalement repu. Au bout de quelques secondes, il se retourna vers Draco et dit:

-Oui! Oui, ça tient la route. Le diadème de Serdaigle est le dernier Horcruxe!

-Magnifique! S'exclama Draco en se levant prestement. Ceci étant clair, remontons dans la chambre.

Harry ouvrit la bouche pour protester, mais Draco se tenait déjà devant lui.

-Nous négocierons nos activités en chemin, ordonna-t-il. Viens, je te porte. Tu es pieds nus, et je ne voudrais pas que mon calice tombe malade.

Harry secoua la tête, dépité et se leva lourdement. Il s'étira et se massa le ventre, sous l'œil satisfait de son vampire.

-Tu as bien mangé, persiffla-t-il, l'air narquois.

Harry approuva. Il laissa Draco l'approcher sans un mot et passa ses bras autour de son cou lorsque le vampire se plaqua contre lui, enfonçant son visage dans son cou. Harry enfonça ses doigts dans les mèches désordonnées de son vampire et s'y agrippa avec force.

-J'aime quand vous êtes à ma disposition, rétorqua-t-il.

Draco passa ses bras puissants autour de la taille de son calice et le souleva sans difficulté aucune. Il plaqua son calice contre son torse, et celui ci enroula ses jambes autour de sa taille pour se stabiliser.

-Ne t'y habitue pas, gronda le vampire qui passa ses mains sous le pull de son calice pour venir caresser la peau douce de son dos.

Harry posa sa joue contre l'épaule de Draco et soupira. L'odeur douce de son vampire envahit ses narines et eut un effet des plus apaisants sur lui. Totalement rassasié, et encore fatigué par la perte de sang dramatique qu'il avait subie quelques heures plus tôt, Harry ferma les yeux.

-Trop tard, marmonna-t-il.

Draco ricana doucement, et resserra sa prise sur le corps fragile collé à lui. Il sentait son calice somnolant, et comprit que les activités qu'il avait envisagées pour l'après midi étaient sérieusement compromises.

-J'en ai marre d'être un calice, Draco, soupira Harry, et son souffle chaud dans son cou fit frissonner le vampire.

-Tu n'es pas un calice, tu es mon calice, corrigea doucement Draco.

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Ron et Hermione avaient planté la vieille tente de Perkins dans une petite clairière au beau milieu des bois. Celle-ci s'élevait sur un sol d'épines et de feuilles mortes, sous un grand pin ombragé. Le ciel était d'un bleu limpide, et le soleil déclinait doucement à l'horizon. Cependant, ses rayons n'arrivaient pas à réchauffer l'atmosphère, et il régnait dans la clairière un froid glacial et piquant.

Un ruisseau coulait à proximité de la clairière, serpentant entre les arbres. Hermione s'en approcha précautionneusement pour venir remplir la cruche qu'elle tenait délicatement. L'eau fraiche mouilla ses mains et elle frissonna. Se redressant, la jeune fille enroula son écharpe autour de son cou et revint près de la tente. Les feuilles craquaient sous ses pieds et Hermione s'arrêta quelques secondes pour écouter les bruits de la forêt.

Malgré toutes les protections autour de la tente, elle ne pouvait s'empêcher d'être inquiète et d'appréhender la visite de potentiels visiteurs. Hermione était constamment angoissée. Depuis quelques mois, il lui semblait que la situation ne faisait qu'empirer. La perte du quartier général, suivie de la séparation avec Harry avaient porté un grand coup à son moral. Il ne lui restait pas grand chose auxquelles se raccrocher, si ce n'est l'espoir d'arriver à mettre un terme à cette situation en détruisant Voldemort.

Sans Harry, cependant, la situation lui semblait plus inextricable encore. Elle ne voulait pas mettre trop de pression sur le dos de son ami, mais Hermione connaissait la Prophétie. Elle savait que seul Harry pouvait tuer Voldemort, et ne pas savoir où il se trouvait l'angoissait. Certes, elle savait que Harry, peu importe où il se trouvait, était en sécurité, et c'était en un sens rassurant de ne pas avoir à se soucier de sa sécurité. Mais il semblait à Hermione que la présence de Harry à leurs côtés était déterminante.

Ils devaient trouver l'épée pour pouvoir détruire le médaillon, ils devaient trouver les autres Horcruxes pour détruire Voldemort, et quand Hermione y pensait, il lui semblait qu'ils en auraient pour des mois et des mois avant d'avancer dans leur quête.

Soupirant, la jeune fille écarta la toile et pénétra dans la tente. Grâce au feu qui brûlait dans la cheminée, il régnait à l'intérieur une chaleur agréable et elle se débarrassa de son manteau. Elle alla dans la cuisine et entreprit de faire le thé. Ils n'avaient mangé que quelques herbes et champignons dénichés par Hermione dans les bois alentours, et tous les deux étaient encore affamés. La jeune fille espérait qu'un thé avant de se coucher leur remonterait un peu le moral, pour finir cette énième journée.

Lorsqu'elle revint dans le salon, deux tasses fumantes à la main, elle avisa Ron qui était affalé dans l'un des vieux canapés défoncés. Il tenait à la main le déluminateur que Dumbledore lui avait légué et le faisait rouler entre ses doigts. Son expression morose et ennuyée faisait écho à celle d'Hermione.

Elle posa la tasse de Ron sur la table devant lui, et s'installa elle même dans un fauteuil. Elle souffla sur son thé, songeuse.

-Nous devrions changer de lieu de campement, demain, dit-elle au bout de quelques minutes de silence. Par prudence, il ne faut pas rester trop longtemps au même endroit. On ne sait jamais.

Ron ne répondit rien. Il continua à jouer avec l'objet en or, pensif. Au bout de quelques secondes, il finit par relever la tête. Un léger sourire fleurissait sur ses lèvres.

-Oui, changeons de clairière, un peu. Je commence à connaître celle-ci par cœur. Un peu de changement nous fera grand bien.

Hermione leva les yeux au ciel. Elle dissimula son sourire derrière la tasse qu'elle porta à ses lèvres avant de souffler doucement dessus.

-Ne sois pas cynique, Ron. Il en va de notre sécurité.

Ron sourit légèrement. Il actionna l'interrupteur, et la lampe qui éclairait la pièce s'éteint. Hermione soupira, tandis qu'ils se retrouvaient plongés dans une obscurité relative. Le jour tombait au dehors et la tente n'était plus éclairée que par la lumière naturelle déclinante.

-J'en suis conscient, ne t'en fais pas, répondit Ron dont le visage pâle apparaissait dans l'obscurité. Nous transplanerons un peu plus au sud, dans ce cas.

Hermione approuva silencieusement. Elle but une première gorgée de son thé, et le liquide brûlant lui fit le plus grand bien. Elle s'enfonça confortablement dans le fauteuil moelleux. Le feu ronflant dans la cheminée rendait l'atmosphère paisible et chaleureuse. Malgré les déboires de ces dernières semaines, Hermione se sentait étrangement bien. Elle avait conscience que la présence de Ron à ses côtés y était pour beaucoup.

Même si le jeune homme avait tendance à se montrer bougon et grognon, sa présence fidèle à ses côtés était source de grand soulagement pour la jeune fille.

Ces trois jours passés seuls sous la tente les avaient rapprochés, bien plus que les semaines passées seuls au Square Grimmault. Les conditions de vie difficiles qu'ils affrontaient, l'exiguïté des lieux, l'angoisse permanente, la solitude, tout autant de facteurs qui contribuaient à leur rapprochement. Ils comptaient l'un sur l'autre pour se sauver et sortir de l'impasse dans laquelle ils étaient coincés.

-En espérant qu'il fasse meilleur, dit Hermione.

Ron, approuva fervemment. Il actionna à nouveau son déluminateur et la lumière revint dans la tente. Puis le jeune homme se pencha en avant et s'empara de sa tasse de thé.

-Quand je pense qu'au même moment, Harry doit surement se prélasser dans un lit bien confortable, auprès d'un grand feu de cheminée et bien en sécurité, dit-il. Et pendant ce temps, nous sommes là à mourir de faim et de froid sous une tente.

Hermione sirota son thé. Avoir la certitude que Harry, auprès de son vampire, était en sécurité avait quelque chose d'apaisant, quoiqu'en dise Ron.

-Je suis certaine que s'il pouvait choisir, il préfèrerait être là, avec nous. Il n'a pas choisi ce qui lui arrive, Ron, alors ne le blâme pas.

-Je ne le blâme pas! J'expose juste des faits. Moi même, je préfère encore être sous cette tente que prisonnier pour l'éternité d'un vampire autoritaire et démoniaque.

Hermione frissonna. Imaginer Harry avec son vampire la mettait mal à l'aise. Elle ne comprenait pas quel genre de relation ils pouvaient entretenir tous les deux, et doutait même qu'une relation saine et équilibrée puisse naître d'une telle union, forcée qui plus est. Qu'un vampire et un humain puissent s'entendre était tout simplement contre nature. Par ailleurs, elle était triste pour Harry, de le voir ainsi prisonnier de ce vampire, alors qu'il avait toujours rêvé de se marier et de fonder une famille.

-Ne lui dit surtout pas cela, avertit-elle.

Ron haussa les sourcils.

-Encore faudrait-il qu'il soit là.

-Sa condition n'est pas simple. Il a besoin de nous pour le soutenir dans ces moments difficiles. C'est quelque chose qu'il va porter éternellement, et il a besoin de plus de quelques mois pour s'y faire et construire quelque chose de solide avec un inconnu.

-Un inconnu? Répéta Ron en souriant. L'important n'est pas que ce soit un inconnu, c'est surtout un vampire! Il plante ses crocs dans le cou de Harry chaque soir!

Hermione sursauta. Elle posa précipitamment sa tasse sur la table et posa ses mains devant son visage. Au bout de quelques secondes, Ron s'aperçut qu'elle rigolait.

-Je ne veux pas savoir, Ron. Ne dis pas ça!

Ron haussa les sourcils, et ricana à son tour.

-Désolé, dit-il.

Il lui jeta un regard navré qui n'eut pour effet que de faire redoubler le rire de la jeune fille. Haussant les sourcils, il prit une longue gorgée de thé, le sourire aux lèvres. Ils échangèrent un regard complice.

-C'est la vérité, marmonna le jeune homme.

-Ron! Ca me fait assez froid dans le dos comme ça, inutile d'en rajouter.

-Ok, je ne dis rien.

Tous deux se plongèrent dans un silence pensif. Après quelques secondes, Hermione récupéra sa tasse. Elle la serra entre ses mains pour les réchauffer.

-Tout cela ne nous dit pas comment on va le retrouver, dit-elle au bout de quelques minutes d'un silence apaisé. Nous ne pouvons pas faire cela sans Harry.

Ron haussa un sourcil. Il avait pleinement retrouvé son sérieux.

-Pourquoi pas?

Hermione ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Elle finit par hausser les épaules, et dire:

-Je ne sais pas. On a toujours été tous les trois, et là, à deux, j'ai l'impression que nous sommes plus vulnérables. Son absence me pèse. J'ai l'impression d'avoir besoin de lui pour avancer, et c'est peut être égoïste.

Tous les deux s'observèrent intensément pendant quelques secondes. L'absence de Harry était pesante. Leur impuissance à le retrouver était d'autant plus difficile à supporter que leur quête était totalement au point mort. Ils tournaient en rond, à court d'idées.

Hermione posa nonchalamment sa main sur son pull, à l'endroit où reposait le médaillon de Serpentard, à l'abri de tous dangers.

-Harry nous retrouvera, affirma Ron. En attendant, la meilleure chose que nous pouvons faire pour l'aider, comme on le lui a promis, c'est de trouver l'épée de Gryffondor ou, mieux encore, un Horcruxe.

La détermination de Ron faisait du bien à Hermione. Le jeune homme arrivait à lui remonter le moral.

-Nous avons déjà abordé toutes les possibilités, se plaignit-elle.

Ron finit son thé et reposa sa tasse sur la table basse.

-Il doit y avoir d'autres possibilités! Certaines choses ont du nous échapper. Forcément!

Ron s'enfonça dans son fauteuil. Tous les deux se plongèrent dans un silence songeur. Le jeune homme se remit à jouer négligemment avec son déluminateur. La lumière s'éteint à nouveau et cette fois, ils se retrouvèrent plonger dans le noir le plus complet.

Hermione soupira.

-On ne va quand même pas camper indéfiniment, s'exclama Ron en relâchant la boule de lumière qui flotta jusqu'à la lampe.

-Je pense que la priorité est de retrouver Harry, affirma la jeune fille.

-Nous n'avons aucun moyen pour cela. Je pense que Harry sera plus apte, lui, à nous retrouver. Avec son vampire.

Hermione acquiesça doucement. Elle sirota doucement son thé, méditative. Elle avait beau réfléchir, elle ne voyait aucun sortilège qui pourrait les aider à retrouver Harry.

Ron posa son menton dans sa main. Il fixait l'expression concentrée de la jeune fille. Nonchalamment, il actionna à nouveau le déluminateur, et la lumière fut aspirée. L'obscurité envahit les lieux. Lasse, Hermione prit soin à ce que son soupir s'entende.

Au même moment, une boule de lumière, d'un bleu pâle bien différent de la lueur jaunâtre de la lampe, apparut dans l'air, au milieu du salon. Ron et Hermione relevèrent la tête, surpris, et observèrent la lueur qui flottait paresseusement à quelques mètres du sol.

-Qu'est-ce que...Commença Ron en se redressant dans son fauteuil.

Hermione avait déjà sorti sa baguette. Elle posa lentement sa tasse sur la table et se mit debout. Au même instant, une voix très familière se fit entendre, semblant provenir de la boule de lumière:

-Ron !

Il y eut un bref silence. Ron et Hermione avaient imperceptiblement baissé leurs baguettes en reconnaissant la voix de leur ami.

-Harry? Appela la jeune fille.

-Ron, répéta la voix de Harry.

Prudemment, Ron fit un pas en avant.

-Harry, je suis là, dit-il, s'adressant à la boule de lumière qui oscillait doucement dans l'air, quelques mètres devant lui.

Il y eut un moment de flottement, puis la boule de lumière se mit à bouger, très doucement. Elle s'avança vers Ron, oscillant tranquillement. Le jeune homme la fixa sans un mot, et elle s'approcha de plus en plus près.

-Ron, recule! S'exclama Hermione. On ne peut pas être sûr de...

Ron eut un mouvement de recul, mais il était trop tard. Sans un bruit, la boule lumineuse heurta Ron au niveau de la poitrine, puis disparut. Le jeune homme hoqueta, et porta la main au niveau de son cœur.

-Que...

-Ron, ça va? S'exclama Hermione en se précipitant vers lui.

Elle posa sa main sur le torse de Ron, paniquée, comme si elle cherchait une blessure quelconque. Ron se massa le torse au niveau du cœur. Il avait l'air éberlué, et mit plusieurs secondes avant de se ressaisir.

-Je sais où se trouve Harry, souffla-t-il.

Hermione écarquilla les yeux.

-Harry? Où ça?

Ron resta immobile quelques secondes, la main sur le cœur, le déluminateur serré au creux de son poing. Puis, tout à coup, il attrapa la main de la jeune fille et la tira vers la sortie de la tente.

-Viens! S'exclama-t-il.

Avant qu'Hermione ne puisse dire quoique ce soit, ils se retrouvèrent dehors, dans la petite clairière éclairée par la seule clarté des étoiles. Le jeune homme noua fermement ses doigts à ceux d'Hermione et, l'air plus déterminé que jamais, il transplana.

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Quelques secondes plus tard, ils se matérialisèrent sur une vaste étendue d'herbe en friche, où poussaient ici et là des arbustes et buissons. Un vent glacial et puissant soufflait en diagonale, faisant onduler l'herbe et s'incliner les roseaux. Il faisait nuit, mais aucunes étoiles ne brillaient dans le ciel. Ils ne voyaient pas grand chose dans l'obscurité ambiante, mais ils sentirent qu'ils se trouvaient face à un espace immense.

Simultanément, ils allumèrent leurs baguettes respectives et éclairèrent les alentours. La lueur des baguettes révéla la présence d'un lac à quelques mètres derrière eux, qui s'enfonçait dans les ténèbres de la nuit. Il était impossible d'en connaître son étendue.

Prudemment, sans lâcher la main d'Hermione, Ron fit quelques pas en avant, mais il ne semblait y avoir autour de lui qu'une étendue d'herbes et de champs sans discontinuité.

-Où sommes-nous? Demanda Hermione en chuchotant.

Apeurée, elle se collait au corps de son ami. Ses doigts étaient crispés autour de ceux de Ron. Chaque bruit, chaque frôlement, la faisait sursauter.

-Harry? Appela Ron.

Ils attendirent, fébriles, mais il n'y eut aucune réponse. Ron entraina la jeune fille en avant, et ils avancèrent sur quelques mètres, trébuchant face à l'inégalité du terrain. Au bout de quelques minutes, ils s'arrêtèrent et Ron appela à nouveau:

-Harry?

Il n'y eut aucune réponse. Ils restèrent immobiles pendant quelques secondes. L'obscurité qui s'étendait tout autour d'eux, au delà du rayon de lumière émis par leurs baguettes, avait quelque chose d'angoissant.

-Je ne comprends pas, murmura Ron, les yeux plissés pour distinguer quelque chose autour de lui. Quand cette lumière m'a heurté, j'étais persuadé de savoir où Harry se trouvait. J'étais persuadé qu'il était ici.

Lorsque Ron se tut, dans le silence ambiant, Hermione entendit un bruit. Elle fit signe au jeune homme de ne pas bouger et tendit l'oreille.

-Tu entends? Chuchota-t-elle.

Lentement, Ron approuva. Ils entendaient un léger grésillement, qui semblait provenir d'à quelques mètres devant eux. Prudemment, ils s'avancèrent vers l'origine du bruit, baguettes brandies.

Le grésillement s'intensifia à mesure qu'ils approchaient. Lorsqu'ils ne furent plus qu'à quelques centimètres de l'origine du bruit, Hermione s'arrêta net. Elle tira Ron en arrière un peu brusquement.

-Ron, je crois que Harry est bel et bien ici.

Ron se tourna vers elle. Il arborait une expression perplexe quand il observa le visage d'Hermione.

-Où est-il, dans ce cas?

Hermione désigna du bout de sa baguette l'endroit d'où semblaient provenir les grésillements.

-Je sais ce que c'est, dit-elle. Il ne faut surtout pas le toucher.

-Quoi? Qu'est-ce que c'est?

-C'est un sortilège de protection. Un sortilège de protection très puissant, pour qu'il grésille ainsi. Je pense que Harry se trouve à l'intérieur, dans cet endroit protégé, mais qu'on ne peut pas y pénétrer.

Ron, le front plissé, se retourna vers l'immensité obscure qui s'étendait autour d'eux. Il scruta les ténèbres.

-Mais il doit savoir qu'on est là. Pourquoi ne vient-il pas? C'est lui qui m'a appelé, dans la tente.

-Peut être qu'il ne t'a pas réellement appelé. C'était peut être l'une des propriétés magiques du déluminateur. Après tout, il a appartenu à Dumbledore, il pourrait très bien avoir des fonctionnalités cachées.

Ils restèrent silencieux pendant quelques secondes.

-Nous pourrions peut être...Commença Ron.

-Je ne pense qu'il y ait un moyen pour pénétrer le domaine, Ron, coupa Hermione, soucieuse. Harry est avec son vampire. Il est en sécurité. Et être en sécurité signifie qu'il est dans un lieu sûr et infranchissable par de potentiels ennemis.

Ron approuva doucement.

-Je pense qu'il est inutile que l'on s'attarde ici. Retournons au campement, d'accord?

Après quelques secondes d'hésitation, Ron approuva. L'air dépité, ils se concentrèrent sur leur destination et transplanèrent simultanément pour retrouver leur campement peu confortable, mais rassurant.

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Alors, contents d'avoir des nouvelles de Ron et Hermione? Profitez, parce qu'on ne les reverra plus avant quelques chapitres! Qui a dit tant mieux?

Quant à cette conversation entre le vampire et son calice, qu'en pensez-vous? Vous croyez à cette histoire d'âmes sœur ou pas? j'avoue que je n'ai pas d'idée précise sur la question, je vous laisse vous faire votre propre opinion.

A savoir si Draco ira seul ou pas à Gringotts, réponse dans quelques chapitres également!

Je vous souhaite à tous une bonne semaine, et à samedi prochain!

Natom, 19/04/14