Salut à tous!
Hé oui, vous avez surement remarqué, j'ai failli zapper les RAR! J'en ai honte xD En rentrant hier soir, j'ouvre mes dossiers pour avancer mon dernier chapitre et c'est à ce moment que je me suis rendu compte que !horreur! demain c'est samedi, et que je n'ai répondu à aucunes de vos review! Bref, c'était moins une! Elles ne sont du coup pas très personnalisées, ces réponses, m'enfin bon, il était tard...
Merci à chloe, Kisis, Ekateri, Maoul92 et Sélènè (deux fois ;) pour leur review anonymes! Bisous!
Ce chapitre n'est à nouveau pas consacré uniquement à Harry et Draco mais promis, les prochains le seront ;)
On se retrouve en bas,
Enjoy!
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Chapitre 37
Un homme est bien fort quand il s'avoue sa faiblesse
Honoré de Balzac
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Harry se trouvait dans l'immense parc qui entourait le Manoir où il avait élu domicile depuis un peu plus de deux semaines. Un soleil timide éclairait la vaste pelouse parsemée de pins. Malgré cela il faisait un froid piquant en cette fin de matinée. Harry, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon noir, sautillait doucement sur place pour se réchauffer. Les feuilles mortes craquaient sous ses pieds et le vent qui soufflait doucement sous les arbres ébouriffait les cheveux noirs de jais du jeune homme.
Sous un immense pin parasol, sur une table en pierre ronde un brin décrépie, Marie et Elisabeth, assises côte à côte, commentaient le dernier exemplaire de sorcière hebdo, reçu le matin même par hibou. Harry, debout derrière elle, jetait des coups d'œil aux photos qu'elles critiquaient par dessus leurs épaules. Son attention avait tendance à faiblir, et il prêtait une oreille peu attentive aux babillages des jeunes filles. Leurs conversations futiles et légères lui rappelaient les longues soirées passées dans la salle Commune de Gryffondor, et Harry y repensait non sans nostalgie.
Chez Blaise, Harry avait eu accès aux actualités concernant la guerre grâce aux journaux, que Draco avait pour habitude de faire disparaître lorsqu'ils étaient encore à l'appartement, ou même au Square Grimmault. Ici, des exemplaires de la Gazette trainaient dans chaque pièce ou presque, et Harry n'avait pas grande difficulté à s'en procurer. Il avait ainsi réellement pris conscience des nouvelles conditions de vie à Poudlard, instaurées sous le régime de Voldemort. Harry avait découvert avec horreur que la torture avait été légalisée pour punir les élèves réfractaires. Et quoi de mieux que de nommer des Mangemorts comme professeurs afin d'enseigner les nouvelles valeurs du régime. Haine envers les moldus, torture, suprématie des sangs pur, l'école de sorcellerie était réduite à se plier aux valeurs de Voldemort, et Harry en était horrifié. Révolté, il s'était insurgé de ces nouvelles mesures, et il avait d'autant plus été déçu de trouver en Elisabeth et Marie un public peu concerné.
Les filles, qui n'étaient pas originaires d'Angleterre, connaissaient peu l'histoire du pays. Elisabeth était bulgare et elle avait rencontré Blaise lors de finale de la coupe du monde de Quidditch. Depuis, elle n'avait plus remis les pieds dans son pays natal. Marie, elle, était suédoise et avait rencontré Louis deux ans auparavant dans un bar sorcier de Stockholm. Non seulement leur familles et leurs amis étaient en sécurité dans leur pays respectifs, à des centaines de kilomètres de Voldemort et de ses Mangemorts, mais en plus, les deux jeunes femmes, conscientes d'être en sécurité dans le Manoir, auprès de leur vampires, ne se souciaient nullement de ce qui pouvait arriver à l'extérieur. Des milliers de sorciers pouvaient souffrir et mourir au delà de ses murs, du moment qu'elles étaient en sécurité, ça ne semblait plus être leur problème.
Bien que Harry ait été satisfait qu'elles n'aient pas reconnu en lui le célèbre Harry Potter, il ne pouvait s'empêcher d'être révolté par leur attitude insouciante. Il trouvait insultant qu'on s'intéresse si peu aux malheurs qui frappaient le pays.
Plus les jours passaient, et plus Harry était fébrile. Il voulait agir, cambrioler Gringotts, récupérer la coupe, la détruire. Il voulait avancer dans sa mission, prouver à Ron et Hermione, quand il les retrouverait, que tout calice qu'il était, il était encore capable d'assumer la quête que Dumbledore lui avait laissé. Voir Draco se prélasser avec ses amis, passer des journées entières à jouer aux cartes dans une pièce enfumée par la pipe de Lionel, à avoir des conversations que Harry ne comprenaient pas, le frustrait énormément. Il avait envie de le secouer, de le bouger, de lui faire comprendre l'urgence de la situation.
Mais quand il voyait la lenteur avec laquelle les vampires évoluaient, comme si le temps avait sur eux une emprise différente que celle qu'il avait sur lui, Harry désespérait. Pour les vampires, le temps semblait figé, arrêté. Ils n'en avaient plus la notion. Ils existaient simplement, vaquaient tranquillement à des occupations qui pouvaient durer des heures, et laissaient le temps s'écouler sans s'en soucier. Harry avait l'impression que des années pouvaient s'écouler sans qu'ils s'en aperçoivent, et sans qu'ils s'en inquiètent. Forcément, le temps n'avait aucune emprise sur eux, alors ils n'avaient nullement besoin de s'en préoccuper. Pour Harry, qui n'avait pas encore assimilé le fait que le temps ne s'écoulerait plus jamais de la même façon sur lui non plus, chaque heure semblait être des journées entières. Chaque journée passée sans agir voyait souffrir des personnes innocentes, et voyait s'étendre le pouvoir de Voldemort sur l'Angleterre.
Etre le seul à se soucier de ce qui se passait en dehors de ce Manoir coupé de tout était extrêmement frustrant pour Harry. Il avait l'impression d'être seul au monde, la présence réconfortante et le soutien que lui apportaient Ron et Hermione lui manquaient plus que jamais. Il espérait chaque jour qu'ils allaient bien et qu'ils étaient en sécurité. Mais n'avoir aucun moyen de s'en assurer était terrible. Il se sentait coupable d'être dans un lieu totalement sécurisé, bien nourri, bien logé, mais il ne pouvait rien y faire.
Se détournant de la table sur laquelle les filles continuaient à minauder, Harry fit quelques pas dans la pelouse, les mains enfoncées dans ses poches.
En relevant la tête, il avisa la silhouette fine et petite d'Andrew qui venait de sortir du manoir par la haute baie vitrée. Harry sourit et vint à sa rencontre.
-Salut Harry! S'exclama Andrew avec engouement. Je pensais que tu ne te réveillerais jamais. C'est fou tout ce que tu dors!
Harry haussa les épaules. Lui aussi, souvent, trouvait qu'il dormait trop. Draco, lui, trouvait qu'il ne dormait pas assez, et se plaignait de le voir fatigué, cerné et faible.
-Tu ne consens à te réveiller que quand c'est l'heure de manger, c'est ça?
Andrew avait vingt deux ans. C'était un jeune homme de petite taille, le corps très fin, avec des cheveux d'un blond vénitien coupés courts. Il y a un an, il ne connaissait rien à la sorcellerie. Il avait été projeté dans le monde sorcier avec violence et, depuis, il découvrait son nouvel environnement avec émerveillement et effarement.
Si Harry en croyait les paroles d'Andrew, le jeune homme s'était vite apparenté à son nouveau statut de calice. Blaise avait eu, semblait-il, un coup de foudre pour ce jeune homme à l'air fragile, et il lui avait fait longuement la cour. Andrew avait vite découvert que les canines du vampire n'étaient pas postiches, et après en avoir été effrayé, il en avait été fasciné. Etre le gardien d'un tel secret le rendait fier, et il avait promis à Blaise de ne le révéler à personne. Voir un vampire, un vrai vampire, s'intéresser autant à lui était flatteur et, lorsqu'il avait été mordu, Andrew n'avait nullement protesté. Séduit par le vampire, la perspective d'être son calice, associé au désir de rester jeune éternellement tant que Baise voudrait de lui, l'avait grandement aidé à accepter sa nouvelle condition.
Depuis un an, Andrew était très heureux. Sa vie n'avait jamais été facile, et sa famille n'avait jamais eu beaucoup d'argent. Tout le faste et le luxe qui l'entourait aujourd'hui, la liberté acquise, l'insouciance, les longues journées passées à se détendre et à vaquer à des occupations futiles et reposantes et, surtout, les attentions de son vampire, qui prenait soin de lui, le comblaient totalement.
Quand Harry était apparu au manoir deux semaines plus tôt, Andrew avait été heureux à la perspective de rencontrer un autre calice, un garçon, cette fois. Les filles, Elisabeth et Marie, étaient gentilles, mais la jalousie d'Elisabeth entachait grandement leur relation. Par ailleurs, il était content de pouvoir parler avec Harry qui, après tout, était lui aussi un homme.
Puis il avait appris que Harry était ce qu'ils appelaient un vrai calice. Andrew n'était pas jaloux. Il souffrait assez de la jalousie d'Elisabeth à son égard, il ne voulait pas faire subir la même chose à Harry. Mais Andrew devait bien avouer qu'il était envieux. Ce qu'il avait appris de la relation entre Harry et son vampire l'avait proprement enchanté, et il avait de suite regretté de ne pas partager ce genre de relation avec Blaise.
Il avait du mal à comprendre, par ailleurs, l'attitude revêche et froide de Harry envers son vampire. Il semblait lutter constamment contre sa nature de calice, et Andrew, parfois, souffrait pour lui. Ne pas s'entendre avec son vampire devait être dur à vivre.
-Tu sais combien de temps tu vas rester ici? Interrogea Andrew.
Harry espérait qu'il partirait le plus tôt possible, mais il jugea impoli de le dire à haute voix.
-Non, dit-il calmement. Je ne sais pas.
Andrew approuva doucement. Il fit quelques pas sur la pelouse, les mains croisées dans son dos. Harry le regarda faire sans un mot.
-Après tout, c'est normal, affirma Andrew au bout de quelques secondes. Ce n'est pas toi qui décide.
Harry fit une moue ennuyée. Andrew s'en aperçut. Il sourit et s'approcha de lui, posant une main compatissante sur l'épaule de l'autre jeune homme.
-Ce n'est pas grave, tu sais. On est tous des calices, ici, et on est tous soumis.
Harry ouvrit la bouche pour protester avec véhémence, mais Andrew, ne semblant pas s'en apercevoir, continua:
-Moi je suis content que tu sois là. En fait, il n'y a jamais eu autant de monde dans ce château depuis que je suis arrivé. C'est bien d'avoir un peu d'animation. Et de compagnie.
Harry, lui, trouvait justement qu'il y avait trop de monde. Toute cette effervescence autour de lui, tous ces gens qui se mettaient entre lui et Draco, l'angoissaient parfois. Il se surprenait à désirer ardemment de se retrouver seul à seul avec Draco, ce qui arrivait trop peu à son goût. Après avoir vécu des mois durant seul avec son vampire, se retrouver ainsi au milieu de tous ces individus le dérangeait quelque peu.
Il en appréciait d'autant plus les moments passés avec Draco. Se réveiller entre les bras puissants de son vampire, plaqué avec force contre son corps était quelque chose dont Harry ne se lasserait jamais.
-Toi au moins tu n'as pas à partager ton vampire, soupira Andrew au bout de quelques secondes.
Encore heureux, pensa Harry. Imaginer Draco prendre soin d'un autre humain comme il prenait soin de lui lui faisait froid dans le dos. A la place d'Andrew ou d'Elisabeth, il n'aurait pas été sûr d'accepter cette situation.
-Quel rapport? Demanda-t-il.
-Je ne sais pas. Je pensais juste à ça. Tu dis que tu es malheureux, mais moi je trouve que tu as de la chance.
D'un hochement de tête, il désigna Elisabeth, qui leur tournait le dos.
-Je n'ai jamais dit que j'étais malheureux, se défendit Harry.
-Mais tu aurais préféré que tout ceci n'arrive jamais, n'est-ce pas?
-Certes. Crois-moi, ma vie est assez compliquée comme ça, je n'avais pas besoin en plus de supporter un vampire totalement incontrôlable.
Andrew sourit.
-Pourquoi veux-tu le contrôler?
-Je ne veux pas le contrôler. Je ne veux simplement pas qu'il m'impose ses choix et ses décisions. Je ne suis pas son objet, ou son pantin, et j'ai mon mot à dire, quoiqu'il en pense. On est peut être définitivement lié, et je suis peut être son calice, mais je ne compte pas jouer les soumis et me faire marcher sur les pieds. Je suis apparemment devenu éternel, et je ne vais pas passer l'éternité à le suivre, lui et ses lubies.
Andrew semblait impressionné. Il jeta à Harry un regard un peu admirateur, la bouche entre-ouverte.
-Hé bien dit-il, tu n'as pas peur.
-Peur? Peur de lui, tu veux dire? Pourquoi aurais-je peur de lui? Il ne peut pas me faire de mal et puis, il n'a jamais essayé. Et puis, je ne pense pas qu'il attende de moi une soumission totale. Ce serait trop ennuyant, et merlin sait combien l'ennui le rebute.
Andrew fit la moue.
-Moi, Blaise, je ne le contredis pas trop. Quand il veut que je fasse quelque chose, je le fais. Il me fait un peu peur, des fois, quand il est énervé. J'ai l'impression qu'il pourrait me blesser, et qu'il ne s'en sentirait pas coupable.
Harry ne dit rien. Il avait également remarqué que Blaise ne semblait pas très précautionneux avec ses calices. Du moins, comparé à la façon dont Draco le traitait, toujours avec délicatesse et précaution, comme s'il manipulait un être faible et fragile, ce qu'il était probablement aux yeux de son vampire.
-Mais après tout, reprit Andrew, l'existence de Blaise ne dépend pas de ma vie à moi. Si je meurs, je ne pense pas qu'il en sera bouleversé.
-Peut être, mais au moins, toi, tu es sûr de pouvoir reprendre ta vie d'avant quand tout ceci sera fini.
Andrew approuva. Il avait l'air étrangement peiné et Harry se demanda si, à l'image d'Elisabeth, il aimait sa condition de calice et regrettait déjà le moment où son vampire se lasserait de lui.
-Après tout cela, dit-il en désignant l'espace autour d'eux. Après avoir connu votre monde, la magie, les vampires, le faste et le luxe, penses-tu réellement que je vais pouvoir retourner à ma vie moldue sans conséquences?
A nouveau, Harry resta muet. Il comprenait étrangement bien ce que voulait dire Andrew. Il avait en un sens vécu la même chose, quelques années plus tôt, et il savait qu'après avoir été plongé dans le monde sorcier il aurait bien été incapable de retourner à sa vie chez les Dursley.
-Peut être que je pourrais m'intégrer dans votre société, suggéra Andrew.
Ses yeux étaient remplis d'espoir et Harry n'osa pas lui avouer qu'il n'y avait aucunes chances pour qu'Andrew s'intègre dans le monde sorcier. Particulièrement par les temps qui couraient. Le jeune homme ne connaitrait que mépris, rejet et, certainement, une mort lente et douloureuse.
-Enfin, dit Andrew, je pense quand même pouvoir profiter de cette vie encore quelques années. Quand Blaise ramènera un autre calice, ça commencera à sentir mauvais pour moi.
Harry approuva doucement. Il était heureux de ne pas avoir à se soucier de cela. Andrew sourit soudain, et se pencha vers Harry avec des airs conspirateurs.
-Enfin, si tu veux mon avis, ça sent plus mauvais pour elle que pour moi, pour l'instant.
Harry rigola.
-En effet, admit-il.
Ils échangèrent un regard complice. Andrew se pencha pour s'emparer d'une pigne de pin reposant au sol, et il la lança négligemment contre le tronc de l'arbre le plus proche.
-Si on m'avait parlé, il y a un an, de tout cela, dit-il, je n'en aurais pas cru un mot. Je n'en ai pas vu grand chose, mais le monde de la magie semble être un monde fantastique!
Harry fit la moue.
-Il a aussi de nombreux travers.
Andrew approuva sans rien dire. Ils firent quelques pas sur la vaste pelouse, longeant la longue terrasse dont les rayons de soleil se reflétant sur la large baie vitrée illuminaient l'espace. Soudain, Andrew s'arrêta et fit face à Harry.
-Tu me montrerais quelques tours? Demanda-t-il. Elisabeth et Marie n'ont jamais leurs baguettes sur elles, mais toi, tu l'as toujours.
Il lui fit un sourire mutin. Harry posa sa main sur la poche arrière de son pantalon et se rendit compte que le bout de bois magique en dépassait.
-S'il te plaît? Insista le jeune moldu.
Harry soupira et sortit sa baguette. Il la fit rouler entre ses doigts, réfléchissant au sortilège qu'il allait lancer. Une bourrasque de vent ébouriffa ses cheveux, et il rejeta les mèches ébènes qui lui tombaient devant les yeux.
-J'ai toujours rêvé de faire venir des objets à moi sans les toucher. Tu peux faire cela?
Harry approuva. Il se tourna vers la baie vitrée entre-ouverte, à quelques mètres de là, leva sa baguette et s'exclama:
-Accio bouteille d'eau !
Aussitôt, une bouteille d'eau jaillit du salon et se dirigea vivement vers eux. Harry l'attrapa au vol et, sous le regard ébahi d'Andrew, la tendit au jeune homme. Il s'en empara et l'observa, comme s'il cherchait le mécanisme qui avait permis de réaliser un tel exploit.
-Fantastique! S'exclama-t-il. C'est...Magique!
Harry explosa de rire.
-Wingardium Leviosa !
La bouteille s'échappa des mains d'Andrew et s'éleva dans les airs, tournoyant paisiblement. Les deux jeunes hommes la suivirent des yeux. Harry lui fit faire quelques tours autour de l'arbre le plus proche puis la fit revenir à lui. Il la rattrapa nonchalamment et abaissa sa baguette.
-La magie, c'est tellement cool, soupira Andrew avec, dans la voix, des tas de regret.
-Quand ça ne sert pas à tuer et à torturer, c'est cool, oui, répondit Harry.
Andrew inclina la tête en signe d'assentiment. Harry rangea sa baguette et enfonça ses mains dans ses poches. Face à l'air triste d'Andrew, le jeune sorcier regrettait un peu de lui avoir montré la magie. Peut être n'était-ce finalement pas une bonne idée.
-Le monde de la magie n'est pas un monde merveilleux comme les moldus pourraient le croire, dit-il. Il a aussi de nombreux vices et travers. Il est rongé par le racisme et par des sorciers qui se pensent supérieurs par race et par sang.
-Est-ce que c'est pour cela qu'il y a la guerre? J'ai entendu Blaise en parler, un jour.
Harry approuva sombrement. Ils restèrent plongés dans un silence songeur, jusqu'à ce qu'une voix douce appelle derrière eux:
-Messieurs. Le repas est servi.
Tous deux sursautèrent et se retournèrent prestement. Blaise se tenait juste derrière eux et les deux garçons, par réflexe, reculèrent de quelques pas. Le regard noir du vampire allait et venait d'un garçon à l'autre avec une avidité qu'il ne cherchait pas à dissimuler.
-Vous faites une belle paire de calices, tous les deux, susurra-t-il en perçant Harry de son regard intense. Dommage que l'un d'entre vous ne soit pas à moi.
Harry rougit. Il se détourna précipitamment du vampire et s'en alla vers la baie vitrée.
-Et en plus il rougit, dit Blaise en lui emboîtant le pas. Harry, tu es le garçon le plus exquis qu'il m'ait été donné de rencontrer.
Harry ne répondit rien. Il sauta sur la terrasse et se faufila par la baie vitrée entre-ouverte. Il accueillit la chaleur du salon avec soulagement et se débarrassa rapidement de son blouson.
-J'ai trouvé ton ange dans les jardins, Draco, s'exclama Blaise en entrant à la suite d'Andrew.
-Magnifique, rétorqua le vampire de Harry qui avait relevé les yeux dès que son calice était entré dans son champs de vision.
Harry évita son regard perçant et se dirigea d'un pas pressé vers la table qui croulait sous des mets divers et variés. Marie et Elisabeth étaient déjà installées et avaient commencé à se servir. Elles discutaient toujours de leur magazine et Harry s'installa en face d'elles sans un mot.
Draco était assis à l'autre bout de la table, à moitié caché derrière son journal, du même côté de Harry et, lorsque Andrew, puis Blaise vinrent s'installer entre eux, il eut l'air mécontent. Harry se pencha aussitôt en avant et se servit de quelques petits pâtés faits maison.
-Que se passe-t-il de beau, ces jours-ci? Interrogea Blaise en se penchant vers Draco pour lire le journal qu'il tenait.
-Rien de beau, évidemment, souffla Draco.
Blaise soupira théâtralement.
-Sic transit gloria mundi*, dit-il.
Draco secoua la tête, sous l'œil perplexe des quatre calices. Il plia son journal et le jeta sur la table devant lui. Croisant les bras, il fixa, l'air contrarié, Marie et Elisabeth qui étaient assises en face de lui.
-Harry, appela soudain Draco, mets-toi en face, que je puisse te voir.
Harry releva la tête de ses pâtés maison. Il échangea avec Marie et Elisabeth un regard perplexe. Puis il se leva, attrapa son assiette et vint s'asseoir à côté de Marie. Il échangea un regard impassible avec Draco qui, assis sur le banc d'en face à l'autre bout de la table, avait l'air très satisfait.
Le regard ancré dans celui de son calice, il posa négligemment son menton dans la paume de sa main et esquissa un sourire en coin narquois en direction de Harry. Mal à l'aise, le jeune calice se tortilla sur sa chaise.
Il ne comprenait pas trop ce que voulait le vampire mais, de toute évidence, Draco se plaisait à l'avoir dans son champs de vision. Harry n'était pas sûr de s'habituer un jour à ce regard intense qui perçait le moindre de ses gestes avec un intérêt déplacé.
Lorsque Draco le libéra de son regard anthracite, Harry baissa la tête sur son assiette. Il entendit distinctement le rire narquois de Blaise, mais décida de l'ignorer.
Serrant les poings autour de ses couverts, Harry tenta d'ignorer le regard des deux vampires qui ne semblaient pas décider à le lâcher et se concentra sur son repas, qui promettait d'être gargantuesque.
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Un peu plus d'une heure plus tard, Harry était appuyé contre un arbre, frissonnant sous le froid piquant de ce mois de janvier. Le repas avait été copieux, et la digestion le rendait somnolent. Ses yeux se fermaient doucement, et il ne vit pas Draco apparaître à quelques mètres de lui.
-Ca va Harry? Demanda-t-il en s'approchant doucement de son calice.
Celui-ci hocha doucement de la tête. Il laissa son vampire s'approcher et, lorsque Draco se planta devant lui, il était si près que Harry, en se penchant un peu, aurait pu l'embrasser. Il ne leva pas la tête pour le regarder, et laissa son regard s'égarer par dessus l'épaule du vampire, dans les jardins.
-Tu as l'air pensif, affirma Draco en penchant légèrement la tête sur le côté.
Il leva le bras et vint dégager les mèches qui tombaient devant les yeux émeraudes de son calice. Harry fuyait son regard et Draco se pencha un peu en avant pour essayer d'attirer son attention.
-Harry? Appela-t-il.
Harry frissonna. La voix douce et mélodieuse de son vampire semblait courir sous sa peau. Son prénom semblait rouler harmonieusement sur sa langue, et Harry, pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, aimait entendre Draco le prononcer.
Il leva les yeux vers Draco pour rencontrer son regard.
-Tu es sûr que ça va?
A nouveau, Harry hocha la tête. Il avait été instantanément aspiré par les prunelles grises de son vampire, et le sentiment de bien être et de sécurité qui l'avaient envahi lui avait fait le plus grand bien. Il sourit légèrement, et Draco inclina à nouveau la tête, l'air impassible.
Draco leva le bras et caressa du dos de la main la joue lisse et douce du garçon.
-C'est la première fois que je te vois aussi silencieux.
Harry fixait Draco sans ciller. Il se sentait incapable de détourner les yeux. Pris d'un doute, Draco haussa un sourcil et demanda:
-Tu boudes?
Harry secoua légèrement la tête.
-J'aimerais partir d'ici, dit-il.
-Nous sommes très bien ici.
Draco se pencha et vint poser ses lèvres près de l'oreille de Harry. Il embrassa délicatement la peau douce et apprécia le frisson incontrôlable qui secoua le jeune homme. Ses mains se posèrent contre le tronc de chaque côté de la tête de Harry et il colla son corps contre le sien.
Libéré du regard anthracite, Harry cligna plusieurs fois des paupières.
-Ce n'est pas la vraie vie, tout ça, soupira Harry. Je ne veux pas faire semblant que tout va bien alors qu'à l'extérieur, des gens souffrent!
-L'essentiel est que toi, tu ailles bien.
Harry secoua la tête. Les paroles du vampire ne le surprenaient plus. Il commençait à comprendre la façon de penser de Draco, et avait depuis longtemps assimiler le fait que la priorité du vampire était de le savoir en sécurité.
-Pour vous, rétorqua-t-il sèchement. Moi, je me soucie de mes amis et...
-Tu te soucies de bien trop de monde, coupa Draco.
Ses lèvres fraiches glissèrent le long de la joue de Harry. Harry s'agrippa à la chemise de son vampire, et tenta de le repousser, sans succès.
-C'est ce qu'on appelle de la compassion.
-Je dois en être dépourvu, dans ce cas.
-De toute évidence.
Harry détourna la tête lorsque les lèvres du vampire s'approchèrent dangereusement des siennes. Le vampire ne fit aucun commentaire, mais ses lèvres glissèrent directement dans son cou. Harry rejeta violemment la tête en arrière lorsqu'il embrassa délicatement les deux marques qui ornaient son cou, et son crâne heurta le tronc brutalement.
Aussitôt, la main de Draco se posa sur l'arrière de sa tête, et il massa négligemment le cuir chevelu meurtri. Il prit une profonde inspiration contre le cou de son calice, et murmura:
-C'est bon...Tu es bon, Harry. Dans tous les sens du termes.
Harry rougit.
-Ne dites pas ça, reprocha-t-il.
-Pourquoi pas? C'est la vérité.
Harry ne dit rien. Il fixait les feuilles mortes qui volaient sur la pelouse, pleinement conscient du vampire collé à lui. Le jeune homme glissa ses mains dans le dos de Draco et s'agrippa à sa chemise.
Au bout de quelques secondes d'une immobilité des plus totales, Draco finit par se redresser. Il balaya le visage de Harry de son regard métallique, et posa son front contre le sien.
-Dis-moi ce qui ne va pas, Harry. Vraiment.
Harry releva les yeux et plongea sans appréhension dans le regard gris de son vampire. Ses mains se crispèrent sur la chemise de Draco avec force. Ils se fixèrent ainsi pendant de longues secondes, totalement inconscients de ce qu'il se passait autour d'eux.
-Il y a trop de monde ici, affirma Harry après avoir brièvement hésité.
La présence de son vampire le mettait à l'aise, et il se sentait pleinement en confiance. Il sentait que Draco se souciait réellement de lui, et cet état de fait le réjouissait. Même si Draco passait moins de temps avec lui, la présence des vampires et des calices autour d'eux leur prenant du temps à chacun, Harry sentait que Draco ne l'oubliait pas, et se souciait de lui, de ce qu'il faisait, de ce qu'il mangeait, de combien de temps il dormait, et ce constamment. Pour Harry, qui se retrouvait plongé dans un milieu inconnu au milieu d'inconnus, c'était réconfortant à savoir.
-Trop de monde? Répéta Draco. Tu ne t'entends pas avec les ersatz?
Harry secoua légèrement la tête. Draco le vrillait de son regard intense.
-Si, dit-il. Ils sont sympas. Mais ce n'est pas ce que je voulais dire.
-Je ne comprends pas où tu veux en venir, Harry, avoua doucement le vampire.
Harry soupira, hésitant. Il s'arracha au regard anthracite de Draco et, soudain honteux, il posa son front contre l'épaule de son vampire. Draco, d'abord interdit, resta immobile, appréciant ce rapprochement totalement inattendu. Il caressa la nuque de son jeune calice, tentant d'apaiser ce soudain flot de sentiments qu'il sentait déferler en lui.
-Harry, c'est une véritable torture. Dis-moi ce qui ne va pas.
Harry enfouit son visage dans le cou de Draco. L'odeur familière de son vampire l'apaisa quelque peu. Draco le serra fortement contre lui, emprisonnant le corps fragile de son calice contre le sien dans une étreinte de fer.
-Je n'aime pas être séparé de vous, chuchota Harry, mortifié.
Draco ne dit rien pendant quelques secondes. Il avait du mal à comprendre ce brusque changement dans l'attitude de Harry, et ne savait quel en était l'origine.
-Nous ne sommes pas séparés, Harry, chuchota-t-il.
Harry frotta légèrement sa joue contre la clavicule découverte du vampire.
-Si, dit-il. Je passe du temps avec Andrew, et vous, vous êtes avec les autres vampires. Vous n'êtes avec moi que quand je dors. Et quand je me réveille, vous êtes déjà parti.
Draco rigola doucement. Il força Harry à relever la tête et plongea dans ses yeux vert.
-Tu trouves que nous ne passons pas assez de temps ensemble?
Harry fronça les sourcils. Ses joues étaient plus rouges que jamais.
-Ne vous moquez pas! S'exclama-t-il, l'air réprobateur. Je ne contrôle pas tout ça. C'est...J'ai l'impression qu'il me manque quelque chose, et je sais que c'est parce que nous ne sommes pas assez ensembles. Croyez-moi, j'aimerais bien me passer de cela. Ce n'est pas moi.
Le regard de Draco se fit sévère. Il lâcha le menton de Harry et recula d'un pas, mettant enfin un peu de distance entre leurs deux corps.
-Bien sûr que si, c'est toi, contredit-il. Harry le sorcier et Harry le calice sont une seule et même personne. C'est toi, qui me veut auprès de toi.
Harry croisa les bras sur son torse, l'air renfrogné.
-Vous voulez me faire croire qu'il n'y a que moi qui ressent ce genre de désagréments?
-Peut être bien, affirma Draco en haussant un sourcil plus haut que l'autre.
Harry haussa à son tour un unique sourcil. Il jaugea froidement Draco et, devant son manque de réaction, le fusilla du regard. Harry tourna les talons et s'enfuit à grands pas en direction de la baie vitrée, très énervé par la réaction de Draco face à ses confidences.
-Ne réagit pas ainsi, Harry, ordonna Draco en lui emboitant le pas.
-C'est vous qui réagissez mal, répliqua Harry sans se retourner. Vous vous moquez de moi!
-Je n'ai jamais fait cela, se défendit Draco. C'était juste totalement inattendu. Je te prie de me pardonner si ma réaction n'était pas celle attendue.
Harry haussa les épaules. Il sauta d'un bond sur la terrasse, la traversa d'un pas décidé et se glissa à l'intérieur par la baie vitrée entre-ouverte.
-Tu me pardonnes? Insista Draco.
Il attrapa Harry par le bras et l'obligea à lui faire face. Plongeant son regard dans le sien, il se pencha légèrement en avant.
-Harry, ne m'ignore pas, dit-il. Il me semblait que tu aimais passer du temps avec les ersazt. Je ne voulais pas te négliger.
Draco se pencha un peu plus vers le visage renfrogné de son jeune calice et murmura:
-Je suis content que tu m'en ais parlé.
Harry approuva doucement, prudent. Le visage sérieux de Draco se mua en une expression taquine, et il dit:
-Si tu as besoin que nous passions plus de temps ensemble, nous pourrions peut être le mettre à profit pour faire des activités intéressantes. Qu'en dis-tu?
Harry haussa les sourcils, outré. Il jaugea froidement Draco et tourna les talons sans dire un mot.
-Potter, il faut vraiment que tu arrêtes d'être aussi coincé, c'est d'un frustrant!
Harry ne se retourna pas. Agacé, mais rassuré d'avoir pu parler à Draco de ce sentiment oppressant qu'il ressentait depuis quelques jours, il remonta jusqu'à sa chambre avec l'intention de faire une sieste. Draco ne tarderait pas à le rejoindre, et il s'en sentit réconforté.
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*Ainsi passe la gloire du monde
Verdict? Que pensez-vous d'Andrew? Ce n'est certes pas the personnage, mais c'était intéressant de le faire un peu interagir avec Harry, même si ce n'est qu'une innocente scène. Les personnages des calices ne sont pas destinés à être développés ou à devenir important dans l'histoire, mais je voulais les faire intervenir face à Harry pour bien montrer à quel point la relation de Harry et Draco est spéciale.
Sinon, que pensez-vous du fait que Harry et Draco se retrouvent ainsi chez Blaise? Ils seraient mieux seuls? Harry a-t-il raison de se plaindre de ne pas voir assez son vampire? Draco ferait mieux de régler cela au plus vite! ;)
Pour le prochain chapitre, on se concentre à nouveau sur la relation calice/vampire! Youhou, c'est ce que j'aime ;)
J'attends vos commentaires avec grande impatience xD
Bonne semaine à tous et à samedi! Yeah
Natom, 27/04/14
