Coucou!

Voici le nouveau chapitre, tout frais! Il marque une bonne avancée dans la quête des Horcruxes et un pas de plus dans la destruction de Vous-Savez-Qui! J'espère qu'il vous plaira :)

Merci à tous les Guest qui ont pris le temps de s'arrêter pour laisser une review: Kisis, maoul92, Anonyme, Sélènè,

Charlotte: Première review de ta vie? Wow, quel honneur! :) Pour l'étape du baiser, c'était un choix oui de faire en sorte que ce soit Harry qui initie le premier. Le fait que ce soit Harry qui le réclame prouve qu'il a totalement accepté sa relation avec Draco et tout ce qu'elle implique physiquement. Quand j'ai imaginé cette relation calice/vampire, j'ai toujours pensé que le baiser sur la bouche serait considéré comme un grand cap dans l'évolution de leur relation, et je trouve plutôt beau dans la symbolique que ce soit Harry qui l'initie. Pareil pour le passage au tutoiement. Je pense que c'est une grande étape, le moment où Harry et Draco seront enfin à égalité. A mes yeux, ce n'est pas quelque chose d'anodin, donc je prends le temps d'instaurer une relation solide avant de changer cela. Ce ne sera pas pour tout de suite. Mais Harry finira bel et bien par le tutoyer, oui. J'avoue que même pour moi, ça me fait bizarre de passer au tutoiement!

J'ai pris note de toutes tes questions et même si le chapitre est maintenant écrit, rien n'est encore définitif :) J'envisage oui de faire, pas vraiment une suite, mais peut être deux ou trois bonus sur leur éternité, ou peut être un OS, oui, je ne sais pas trop encore. Mais j'y pense, et je verrai en temps voulu. Merci pour ta review, en tout cas. Elle m'a fait très plaisir :)

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Sur ce, je vous laisse à votre lecture! Enjoy! :)

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Chapitre 43

La patience vient à bout de tout

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Lorsque Harry se réveilla, la chambre était plongée dans l'obscurité. Il était étendu, nu, entre les draps, et les bras puissants de Draco maintenaient son corps contre le sien avec une puissance hors norme. Comme toujours lorsqu'il se réveillait entre les bras de son vampire, son corps entier était recouvert d'une fine couche de transpiration. Ses cheveux étaient plaqués sur son front par la sueur. Sous les draps régnaient une chaleur étouffante, et Harry se demanda brièvement comment il avait pu rester endormi malgré cela. Le jeune homme avait le front posé contre le torse musclé de Draco et il inspira longuement pour s'enivrer de son odeur familière. Il soupira longuement en étendant ses jambes contre celles du vampire. Sa main glissa le long du flanc de Draco, légère, tandis qu'il essayait de changer de position, et il entendit le vampire grogner près de lui.

La main fraîche de Draco vint dégager les mèches humides qui tombaient sur le visage de son calice, et Harry soupira de bien être. Sa main glissa voluptueusement le long du torse de Draco, cherchant un tissu auquel se raccrocher, en vain. Le vampire était aussi nu que lui.

Harry resta pendant quelques secondes les yeux fermés, profitant pleinement de l'étreinte protectrice que le vampire refermait sur lui. Il se sentait parfaitement reposé, et avait dormi d'un sommeil profond et sans agitation dans les bras de Draco, comme toujours. Il était certain de ne plus jamais pouvoir se passer de son étreinte.

Le jeune calice releva finalement la tête, et plongea directement dans le regard métallique de son vampire. Souriant légèrement, Harry resta totalement hypnotisé par ce regard. Draco passa à nouveau ses doigts à travers les mèches emmêlées de son calice, tirant dessus sans violence.

-Bien dormi? Demanda-t-il, l'air narquois et le ton suggestif.

Harry rougit instantanément. Des images encore intenses de leurs activités de la veille jaillirent dans son esprit et il préféra enfouir son visage contre le cou de Draco plutôt qu'affronter son regard perçant. C'était la première fois qu'il se laissait aller ainsi en dehors d'une morsure, et qu'il permettait à Draco d'aller aussi loin sans le mordre. Tous les deux savaient pertinemment qu'il ne pouvait plus se cacher derrière l'excuse de l'aphrodisiaque que lui apportait la morsure pour justifier son laisser-aller.

-Je pensais que tu avais le sommeil lourd après la morsure, mais de toute évidence, le sexe t'assomme tout autant.

Harry préféra ne pas répondre. Le sourire narquois de Draco l'agaçait. Il en voulait au vampire de s'attaquer ainsi à lui alors qu'il savait pertinemment que le sujet le mettait on ne peut plus mal à l'aise. Il se contenta donc de l'ignorer superbement. Ses doigts jouaient sur le torse du vampire, et il s'amusa à venir agacer l'un de ses tétons. L'étreinte du vampire se renforça et il fut plaqué avec force contre son torse.

-Mais je peux comprendre que le sexe soit assommant. Surtout quand il est bon, n'est-ce pas?

Draco enfouit son visage dans les cheveux ébouriffés de son calice et inspira profondément leur odeur. Il aimait énormément sentir le corps fragile et brûlant de Harry pressé contre le sien.

-Et vous, demanda Harry, changeant de sujet, vous ne dormez jamais?

-Il m'arrive de dormir, oui, répondit Draco. Surtout depuis que j'ai un humain particulièrement épuisé qui dort dans mon lit tous les soirs, et qui a tendance à m'assommer de son sentiment de plénitude.

Harry grogna. Le torse de Draco trembla lorsque celui-ci rigola doucement. Harry s'amusa à pincer le téton de Draco, mais il n'y eut aucune réaction, comme si le vampire n'avait rien senti.

-Je ne vous ai jamais vu dormir.

Draco haussa un sourcil. Il se redressa un peu, et baissa la tête pour observer Harry.

-Et tu ne me verras jamais. Il est évident que je ne peux pas dormir tranquillement si toi, tu ne dors pas. Comment ferais-je pour te protéger, si je dors pendant que tu vagabondes?

Harry leva les yeux pour regarder Draco. Celui-ci arborait une expression très sérieuse, et le jeune homme comprit qu'il ne plaisantait pas.

-Et si je me réveille avant vous un jour? Ce serait un drame?

-C'est impossible, surtout. Je te sens te réveiller et cela me réveille à mon tour. Je crains que tu ne me verras jamais dormir, Harry. Tu t'en remettras?

Harry grogna, à nouveau. Son corps humide de sueur collé contre celui tout aussi brûlant de Draco commençait à devenir inconfortable et, après quelques secondes, il commença à se tortiller pour échapper à l'étreinte de fer de son vampire. Obligeamment, Draco desserra ses bras et Harry put se redresser. Il s'assit au bord du lit, tandis que Draco roulait sur le dos sans le quitter des yeux.

Lentement, Harry s'étira. Il se sentait courbaturé, et cette seule pensée suffit à le faire rougir à nouveau. Il jeta un coup d'œil à Draco pour être certain qu'il n'avait rien remarqué, mais c'était peine perdue. Le vampire le fixait sans ciller, et lorsqu'il vit le regard que lui jeta Harry, il esquissa un léger sourire en coin railleur.

Il se redressa prestement, et vint s'asseoir derrière Harry, ses jambes de part et d'autre du corps du jeune homme. Il passa ses bras autour de Harry et le poussa à venir s'appuyer contre son torse. Harry se laissa aller contre lui sans rien dire. Il rejeta la tête contre son épaule en soupirant longuement.

Draco traça des courbes et des arabesques autour du nombril de son calice, songeur. Il plongea son visage dans le cou si tentant du jeune homme et inspira longuement.

-Vous avez soif? Demanda Harry en appréciant le geste du vampire.

En un sens, c'était assez flatteur de savoir Draco si dépendant de lui. Ou de son sang. Maintenant qu'il l'avait accepté et qu'il y était habitué, il appréciait grandement d'avoir un vampire dépendant de lui. Il comprenait, en un sens, que ce soit un sujet de vantardise d'Elisabeth, même s'il n'était pas du genre à se vanter.

-J'ai toujours soif, répondit Draco. Mais ce n'est pas insurmontable, pour l'instant. Tu te proposes pour me soulager?

Harry grogna. Il pencha légèrement la tête sur le côté pour appuyer ses dires, mais Draco se contenta de respirer profondément son odeur. Il dégagea les mèches ébènes qui tombaient devant les yeux de son calice, et caressa voluptueusement la peau tendre de son ventre.

-Que de progrès, Harry, depuis la première fois que nous nous sommes rencontrés.

A nouveau, Harry grogna. Il y a quelques mois, il se jurait de ne jamais laisser Draco boire son sang, et encore moins de le laisser le toucher intimement. Il se rappelait son horreur, son désespoir et sa détresse à l'idée d'être devenu un calice, dépendant et soumis à un vampire. Combien il avait haït Draco de l'avoir lié à lui, combien il avait regretté de s'être trouvé dans ce parc, cette nuit là. Même avec le recul, il savait que les quelques semaines passées dans l'appartement du vampire resteraient un souvenir douloureux.

Aujourd'hui, alors qu'il acceptait au jour le jour sa nouvelle condition et tout ce qu'elle engendrait, alors que Draco était devenu le centre fixe de tout son univers et qu'il n'envisageait plus une seconde d'être séparé de lui, il prenait conscience de tout le chemin parcouru depuis ce mois de juillet. Il y avait encore des progrès à faire, certes, et Harry savait qu'il ne serait jamais pleinement satisfait de la tournure qu'avait prise sa vie. Il continuerait éternellement de regretter la vie qu'il aurait pu avoir, tout en ne pouvant imaginer un autre avenir que celui qui l'attendait avec Draco.

Il pouvait aujourd'hui admettre qu'il était indéniablement attaché à Draco, mais ne pouvait concevoir que cet attachement allait au delà du lien calice-vampire. Harry doutait d'ailleurs qu'il serait un jour émotionnellement attaché à Draco, comme il l'avait été avec Ginny.

-Je te l'avais dit, ne put s'empêcher de préciser Draco.

-Je sais, approuva Harry.

Les efforts douloureux qu'il avait fournis pour ne pas se rapprocher de Draco, pour rester hors de portée de cette attirance qu'il ressentait pour le vampire lui semblaient aujourd'hui dérisoires. Le lien qui l'unissait à Draco était aussi complexe qu'il était puissant, et il prenait aujourd'hui conscience qu'il n'aurait jamais pu s'y soustraire, même avec toute la volonté du monde. Il avait doucement mais surement modifié tout ce qu'il était, pour faire de lui un jeune homme totalement dépendant aux morsures de son vampire, et inexorablement dépendant du vampire lui même. Harry ne s'en plaignait plus, car la présence de Draco à ses côtés était à la fois rassurante et inévitable. Il était conscient de ne plus souhaiter la destruction du lien et il ne craignait plus de devoir passer l'éternité avec Draco.

Néanmoins, il savait qu'il y avait encore du chemin à parcourir avant que tous les deux ne s'acceptent pleinement. Tout avait été si brutal et si violent qu'il faudrait à Harry plusieurs années avant qu'il ne regarde ces premiers mois de leur relation comme une période positive.

La main fraiche de Draco effleura son aine, et Harry revint brusquement à la réalité lorsque tout son corps se tendit violemment.

-Je t'avais dit qu'un jour tu ne pourrais plus te passer de moi. Que tu réclamerais mes morsures et mes caresses. Que tu serais irrémédiablement et entièrement mien.

-Vous voulez que je vous dise que vous aviez raison, c'est ça?

Dans son cou, Draco sourit. Son souffle frais fit frissonner Harry.

-J'aimerais bien, avoua-t-il.

Harry agrippa la main taquine du vampire et la fit remonter jusqu'à son ventre. Ils restèrent silencieux pendant quelques secondes, puis Draco reprit:

-Néanmoins, il y a encore beaucoup de progrès à faire. Je veux plus d'obéissance, plus de soumission et plus, bien plus, de débauche. Je vais te dévergonder, Harry, te pervertir. Tu es bien trop sage à mon goût, bien trop pudique et pas assez dévergondé.

-Je ne serai jamais votre esclave sexuel.

-Dommage.

Draco le libéra soudain de son étreinte et se laissa tomber en arrière sur le matelas. Il croisa les bras derrière sa nuque et fixa le plafond d'un air impassible. Harry se retourna brièvement pour lui jeter un regard. Il rougit quelque peu face à la nudité de son vampire.

-Vous aussi, dit-il, vous avez des progrès à faire.

-Cela n'a pas d'importance pour moi. Ce qui compte, c'est toi.

Draco lui adressa un sourire arrogant. Harry fronça les sourcils et se détourna de lui.

-Vous êtes insupportable, dit-il.

-Très bien. Nous devrions nous entendre, dans ce cas. Entre insupportables...

Harry secoua la tête. Il commençait à avoir froid et envisageait avec délice de retourner se blottir entre les bras réconfortants de son vampire pour y finir sa nuit. Néanmoins, une pensée, surgie de nulle part, l'en dissuada, et il s'exclama soudain:

-Quelle heure est-il?

Son cœur s'emballa dans sa poitrine. Il tourna la tête vers la fenêtre, et aperçut à travers la vitre un ciel aussi noir que de l'encre. Soudain pleinement alerte, Harry se leva et tâtonna à la recherche de ses vêtements.

-Nous devons partir, Draco! Dit-il, la panique montant en lui comme un poison. Nous aurions du partir il y a des heures! Pourquoi vous ne m'avez pas réveillé?

Draco ne répondit rien, mais Harry avait déjà oublié sa question. Il se cogna contre la table de chevet et alluma précipitamment la lampe. Une lumière diffuse jaillit, et le regard de Harry tomba aussitôt sur le Déluminateur. Il s'en empara et l'observa, comme s'il cherchait une note laissée par Ron ou Hermione.

Il s'en voulait déjà de les avoir si vite oubliés pour s'abandonner aux caresses de Draco. Encore une fois, il avait choisi Draco plutôt que ses amis, et cette pensée l'embarrassa. De suite soupçonneux, il se demanda si Draco ne l'avait pas faire exprès pour le garder plus longtemps seul auprès de lui.

Il reposa le Déluminateur et se tourna vivement vers Draco. Le vampire, toujours allongé au milieu des draps froissés, fixait le plafond sans ciller. Sa nudité impressionna Harry qui s'empressa de se détourner.

-Draco! Appela Harry, plus fort. Nous partons. Habillez-vous.

Il se précipita vers l'armoire et l'ouvrit à la volée pour se saisir de vêtements propres. Une bonne douche n'aurait pas été du luxe, mais Harry était tellement paniqué qu'il ne pensait plus qu'à rejoindre ses amis le plus vite possible. Il ne mit que quelques secondes à s'habiller, enfilant rapidement plusieurs couches de vêtements pour se tenir chaud, où qu'il aille. Lorsqu'il fut enfin fin prêt, il se tourna à nouveau vers Draco et faillit hurler de rage en se rendant compte qu'il n'avait pas esquissé le moindre geste.

-Draco! Appela-t-il, furieux.

-Harry?

-Qu'est-ce que vous faites? On doit retrouver Ron et Hermione, maintenant. On aurait déjà du les retrouver il y a des heures! Venez, vite.

Draco baissa la tête pour le transpercer de son regard anthracite.

-Calme toi, Harry. Ne panique pas.

Harry s'approcha du lit et se planta, debout, devant la forme allongée du vampire. Il croisa les bras sur son torse et affirma sèchement:

-Si vous aviez accepté de laisser venir Ron et Hermione ici, nous n'aurions pas à partir. Assumez vos décisions, maintenant. Je ne resterai pas ici une seconde de plus. Est-ce que je dois partir sans vous?

Harry serrait si fort le Déluminateur dans sa main que ses jointures étaient blanches. Sa main tremblait et son cœur battait à vive allure dans sa poitrine. Il savait que Draco aussi s'en était rendu compte, mais le vampire ne fit aucun commentaire.

-Tu partirais sans moi? Interrogea posément Draco.

Harry arborait un air déterminé, pourtant, il ne bougea pas d'un pouce. Aller où que ce soit sans Draco lui paraissait insurmontable. Pourtant, la colère qui bouillait dans ses veines semblait pouvoir lui faire faire n'importe quoi. Il observa Draco pendant quelques secondes et tous deux se fixèrent, se défiant mutuellement d'être celui qui esquisserait le premier geste.

-Non, murmura le jeune homme en réponse.

Il n'avait pas honte de l'admettre, car tous les deux en étaient parfaitement conscients. Aussi déterminé soit-il, aller où que ce soit sans Draco était totalement impossible.

-Dans ce cas, tu te calmes et tu attends. Tiens assis-toi.

Draco se redressa prestement et attrapa Harry par le bras. Il le tira à lui et le fit asseoir sur le lit avant de se lever. Il fit mine de s'étirer, peu embarrassé par sa nudité, et Harry détourna précipitamment le regard.

-Je vais prendre une douche, et tu devrais grandement faire de même.

Harry ouvrit la bouche pour répliquer mais le regard sévère que lui jeta Draco lui cloua le bec. Il baissa la tête en signe de soumission et se contenta d'approuver nonchalamment tandis que Draco se dirigeait vers leur baignoire. Le vampire semblait vouloir lui enseigner ce qu'était la patience, et il allait devoir prendre son mal en patience avant de pouvoir retrouver ses deux amis car, de tout évidence, imposer quoique ce soit au vampire était impossible.

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Harry se baissa pour passer sous la toile et entra dans la tente. Comme lors de la coupe du monde de Quidditch, l'intérieur était étrangement grand et confortable. Un feu brûlait dans la cheminée, rendant l'atmosphère plus que chaleureuse. Néanmoins, Harry était tellement heureux d'être enfin réuni avec ses amis qu'il aurait accepté n'importe quoi de moins confortable et de moins chaleureux.

Son sourire illuminait son visage, et ceux de Ron et Hermione faisaient échos au sien.

-Là, c'est le coin cuisine, mais pour tout te dire, il ne sert pas trop, expliqua Ron qui avait l'air étrangement fier de faire découvrir les lieux à son ami. Et là, la chambre. Moi je dors ici, et Hermione là.

Harry inclina légèrement la tête. La chambre, comme disait Ron, était en réalité constituée de deux lits superposés qui se faisaient face. Ron et Hermione dormaient tous les deux sur les lits du bas, et Harry s'imagina pendant quelques secondes dormir avec Draco dans un des lits du dessus. Mortifié à cette idée, il se détourna pour éviter que ses amis ne notent son rougissement inexpliqué.

-Très bien, dit-il, la voix un peu rauque.

Il imaginait sans peine l'expression crispée que ne manquerait pas d'avoir le vampire lorsqu'il se rendrait compte qu'il devrait dormir ici avec son calice. Harry espéra grandement qu'il saurait rester sage. Néanmoins, il savait que Draco allait très vite réclamer son dû, car la dernière morsure datait déjà de plus de deux jours. Et Harry serait incapable de le lui refuser.

Rien que l'idée que Draco le morde alors que Ron dormirait juste en dessous fit monter en lui un sentiment proche de l'horreur. Il se détourna précipitamment des deux lits superposés et observa l'espace de la tente, inquiet. Ils devraient impérativement trouver une solution à ce problème d'intimité, car il était hors de question de laisser Draco l'approcher dans de telles circonstances.

-Hermione pense vraiment à tout, dit-il à Ron tandis que la jeune femme s'était éloignée pour préparer le thé.

Ron approuva. Il alla s'affaler dans le fauteuil le plus proche en soupirant. Harry fit de même et, pendant quelques minutes, ils restèrent silencieux, savourant pleinement leurs retrouvailles. Hermione revint finalement de la petite cuisine avec des tasses brûlantes qu'elle posa sur la table entre les deux jeunes hommes.

-J'ai ramené quelque chose du Manoir, s'exclama soudain Harry en se relevant.

-Quel Manoir? Demanda Ron.

Harry se précipita sans répondre vers son sac qu'il avait laissé près de l'entrée et en sortit fièrement une grosse brioche, plusieurs petits pains et quelques pots de confiture. Ron, les yeux brillants, se redressa prestement.

-Harry mon vieux, soit béni!

-Je savais que ça te plairait, répondit le jeune homme, l'air malicieux.

Ron s'empressa aussitôt d'ouvrir l'un des pots de confiture. Il en huma délicieusement l'odeur, un immense sourire aux lèvres. Harry, lui, avait eu droit à un déjeuner plus que copieux au Manoir, sous l'ordre de Draco, et il se contenta donc de saisir sa tasse de thé, satisfait de faire plaisir à ses amis, après les avoir abandonnés, puis oubliés en quelques heures à peine.

-Tu n'es pas venu tout seul, n'est-ce pas, Harry? Demanda doucement Hermione qui coupait doucement la brioche.

Harry souffla sur son thé brûlant et secoua doucement la tête.

-Etre seul ne fait plus parti de mon vocabulaire, confirma-t-il sans cesser de sourire.

Il fit une pause, puis reprit:

-Vous n'avez pas à avoir peur de lui, vous savez. Il ne vous fera pas de mal, jamais. Faites juste comme s'il n'était pas là. C'est ce qu'il fait, lui.

-C'est difficile de faire comme si un vampire ne se trouvait pas dans la même pièce que nous, répliqua Ron, la bouche pleine. Il est tellement angoissant. Sérieusement Harry, je ne sais pas comment tu fais pour accepter d'être aussi prêt de lui, constamment.

Harry haussa les épaules. Il concevait que pour ses amis, le voir ainsi interagir avec un vampire ne devait pas être facilement compréhensible. Quand il pensait réellement au fait que Draco était un vampire, il se demandait lui même comment il faisait pour agir si naturellement à ses côtés.

-Je sais, dit-il. Mais vraiment, il est discret, vous pourrez faire abstraction de lui facilement.

-Il ne nous aime pas trop, non? Demanda Ron en grimaçant.

Harry ne put s'empêcher de sourire.

-Il n'aime personne. Ou plutôt, il est totalement indifférent à tout. Il ne faut pas le prendre mal, mais tout ce qui n'est pas moi, vraiment, ne l'intéresse pas.

Ron et Hermione haussèrent les sourcils, et Harry tenta de dissimuler son sourire satisfait. L'intérêt que lui portait Draco, le fait qu'il fasse autant attention à lui alors qu'il était totalement indifférent à tout le reste, était une partie de leur relation qu'il appréciait grandement.

-En fait, dit-il plus doucement, il est un peu blasé de tout, je crois.

-Quel âge a-t-il? Demanda Hermione.

Harry esquissa un sourire narquois.

-Il est tellement vieux qu'il en a honte. Sérieusement, il ne veut pas me dire son âge, et ce n'est pas faute de le lui avoir demandé à plusieurs reprises!

Ron et Hermione sourirent doucement.

-Tu crois que je pourrais lui parler? interrogea la jeune fille.

Surpris, Harry mit quelques secondes avant de répondre. Il hocha doucement la tête, ne sachant pas trop où elle voulait en venir.

-Tu peux essayer, oui.

-Il doit posséder des connaissances tellement inouïes sur tout!

Harry sourit. Il n'osa pas avouer à la jeune fille que son vampire n'était pas du genre à répondre à des questions et qu'il n'apprécierait que moyennement qu'on vienne le déranger pour cela.

-Je préfèrerais que tu ne t'approches pas de lui, affirma Ron, très sérieux. Les vampires sont très imprévisibles, on ne sait jamais comment il pourrait réagir.

Il jeta un coup d'œil à Harry, comme pour chercher une confirmation. Le jeune homme se contenta de hocher la tête. Il se sentait égoïste de ne pas avoir envie de partager son vampire avec ses amis, mais il ne pouvait s'en empêcher. Depuis qu'il avait rencontré les ersatz, il se sentait étrangement possessif envers Draco, sentiment totalement nouveau pour lui.

Harry hésita pendant quelques secondes puis, bien décidé à être sincère, il dit doucement:

-Draco est devenu important pour moi, vous savez. Je veux dire, vraiment important.

Hermione sourit avec indulgence.

-Je sais, Harry. Et c'est tout à fait compréhensible.

Ils échangèrent un regard entendu, et Harry ne put s'empêcher de rougir. Il but une longue gorgée de thé pour se donner contenance. Hermione, comme toujours, comprenait bien trop de choses pour son bien.

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Il neigeait doucement lorsque Harry, Ron et Hermione sortirent de la tente, chaudement vêtus. Harry tenait fermement dans sa main droite l'épée de Gryffondor, et il était résolu à s'en servir, enfin.

Il s'avança dans la clairière pour trouver un endroit adéquat à la destruction des Horcruxes. La perspective d'en finir, enfin, avec le médaillon de Serpentard et la coupe de Poufsouffle faisait naître en lui une énergie et une résolution nouvelle. Il était déterminé comme jamais, et heureux de pouvoir porter un coup à Voldemort.

-Ici, ce sera bon, dit-il.

Il désigna un tronc d'arbre couché sur le sol qui lui sembla adéquat pour ce qu'il s'apprêtait à faire. Il se retourna pour avoir l'accord de Ron et Hermione et se retrouva nez à nez avec Draco. Tous deux s'observèrent pendant quelques secondes, Harry presque surpris de trouver son vampire là. Puis il fit un pas sur le côté et jeta un regard interrogateur à Ron et Hermione.

-Ca ira ici, n'est-ce pas?

Ses deux amis approuvèrent. Ils se tenaient à quelques mètres de Draco, mais Harry ne pouvait pas leur en vouloir. Le vampire était impressionnant de charisme et de puissance, et inquiétant dans son attitude marmoréenne et son immobilité réfrigérante.

Hermione s'approcha du tronc d'arbre et y déposa délicatement le médaillon de Serpentard.

-Tu vas parler Fourchelang pour l'ouvrir? Interrogea Ron.

Harry secoua la tête.

-Je n'arrive plus à parler Fourchelang, dit-il. Depuis que je suis un calice, en réalité, je ne le comprends et ne le parle plus.

-Tu sais pourquoi? Interrogea Hermione qui avait l'air étrangement inquiète. C'est étrange, quand même, non? Un tel pouvoir ne peut pas disparaître du jour au lendemain sans raison, si?

Harry haussa les épaules. Il n'avait pas vraiment réfléchi à la question. Pouvoir parler la langue des serpents était un don dont il se serait bien passé, et il n'était pas triste d'avoir perdu mystérieusement cette faculté.

-Comment va-t-on l'ouvrir, alors? Interrogea Ron qui semblait éviter par tous les moyens de poser son regard sur Draco.

-Draco va l'ouvrir, répondit Harry. Pas vrai? Demanda-t-il en se tournant vers son vampire.

Draco haussa un sourcil. Il s'approcha du tronc d'arbre et s'empara du médaillon. Il le fit tourner entre ses doigts, les sourcils légèrement froncés, et Harry retint son souffle. Au bout de quelques secondes, le vampire lui fit face à nouveau et dit:

-Je vais l'ouvrir.

Harry sourit et Draco ajouta en tendant la main:

-Et le détruire. Il est hors de question que ce qui se trouve à l'intérieur de cette chose s'approche de toi, Potter.

Le ton irrévocable du vampire fit frissonner Harry. Il hésita pendant quelques courtes secondes, totalement conscient qu'il n'aurait pas le dernier mot. Quand il était question de sa sécurité, Draco était intransigeant. Un peu à contre cœur, il lui tendit donc l'épée et quand Draco lui fit impérieusement signe de reculer, il obéit sans un mot, retournant près de ses amis.

Draco se détourna de lui et, inconsciemment, Harry cessa de respirer. Son cœur se mit à battre vivement dans sa poitrine et une vague d'excitation l'envahit. Il vit Draco lui jeter un coup d'œil en souriant légèrement. Puis les muscles des bras du vampire se bandèrent soudain et Harry observa Draco forcer puissamment pour ouvrir l'Horcruxe. Le vampire tira pendant quelques secondes et Harry eut soudain peur que ça ne marche pas.

Mais sa peur se dissipa bien vite. Sans un bruit, le médaillon céda et s'ouvrit. Le vampire le lâcha, et il tomba au sol dans un bruit mat. Au même instant, une fumée noire jaillit du médaillon avec un grand bruit. C'était une forme fantomatique qui avait le visage de Voldemort. Harry écarquilla les yeux, et se saisit de sa baguette.

Mais Draco leva aussitôt l'épée et, avec un geste sec et précis, il abattit le tranchant de la lame entre les deux volets ouverts du médaillon. Un cri aigu ainsi qu'une fumée épaisse s'échappèrent du médaillon, puis le silence revint. Draco donna dans l'ancien Horcruxe un coup de pied qui l'envoya valser plus loin dans la fine couche de neige qui commençait à se former.

-Magnifique! S'exclama Ron, dont l'immense sourire faisait échos à celui de Harry. Il est détruit. Nous avons détruit un Horcruxe!

-Vous pensez qu'il l'a senti? Demanda Harry, soucieux.

Personne ne répondit. Ils restèrent silencieux pendant quelques secondes puis Harry se ressaisit et s'exclama:

-La coupe, maintenant!

Il s'avança et la posa sur le tronc d'arbre. L'objet précieux brilla innocemment sous le ciel grisâtre.

-Laissez-moi le détruire, Draco, s'il vous plaît, demanda doucement Harry. Je veux être celui qui détruit cet Horcruxe.

Draco l'observa sans rien dire pendant quelques secondes, avant de lui tendre l'épée. Harry lui fit un sourire resplendissant et murmura silencieusement "merci". Concentré, il se tourna vers la coupe, et brandit l'épée. Il observa la coupe en or sans ciller, déterminé, et une vive exaltation monta en lui à l'idée de ce qu'il s'apprêtait à faire. Il était conscient de la présence du vampire tout près de lui, prêt à intervenir au moindre danger et en était totalement rassuré. Rien ne pouvait lui arriver.

La lame étincela avant de fendre l'air dans un sifflement menaçant. Elle s'écrasa sur la petite coupe en or qui laissa échapper un cri semblable à celui du médaillon, quelques secondes plus tôt. Une fumée noirâtre s'échappa de la coupe, et Harry sut qu'il avait réussi.

Il se redressa, satisfait. Un sentiment de joie intense l'envahit et il explosa de rire, sous les regards médusés de Ron et Hermione. Il laissa négligemment tomber l'épée au sol et, se hissant sur la pointe des pieds, il vint délicatement embrasser les lèvres glacées de son vampire.

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Et un petit bisou pour finir ce chapitre en beauté! Qu'en pensez-vous donc? Contents, finalement, que Draco ait laissé Harry revenir si vite auprès de Ron et Hermione? Ou vous auriez aimé qu'il le séquestre un peu plus longtemps? Il est pas trop chou, à ne rien pouvoir refuser à son calice? xD

Comment imaginez-vous la cohabitation dans cette tente? Est-ce que vous aussi vous imaginez des scènes plutôt chaudes dans le lit superposé, pendant que Ron dort innocemment en dessous? hé hé

Merci à tous d'avoir lu. J'attends vos commentaires avec grande impatience, comme à chaque fois :p

Bonne semaine à tous!

Natom, 07/06/14