Hello!
Bon, vous vous en doutez, je suis absolument atterrée de ne pas avoir répondu à toutes vos review :( Je voulais le faire, et comme toujours, je fais ça de plus en plus tard le vendredi soir, et là, pas de chance, soir de match. :/
Je suis navrée. Je tiens juste à dire que toutes vos review m'ont fait super plaisir, je les ai toutes lues avec grand plaisir et un sourire jusqu'aux oreilles, comme toujours! Merci à tous!
Et merci aux guests également: Sln, nepheria4, Kisis, Anonyme, Guest, Ekateri, Une Lectrice, Papitou, Guest.
Ceci étant dit, je vous présente ce nouveau chapitre! Celui-ci également est d'une longueur largement appréciable, je pense même que c'est le plus long de tout ce que j'ai publié jusqu'à présent. Et pour ceux qui ne supportent pas Ron et Hermione, voici un chapitre entièrement dédié à Harry et Draco :)
J'y ai casé la plupart de vos questions ( du moins les plus réalistes xD ), et j'espère que les réponses vous conviendront. Bon, évidemment, c'est Draco qui y répond, hein, alors ne vous attendez pas à des romans et foule de détails ;)
Enjoy!
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Chapitre 45
"Toute question ne mérite pas réponse"
Publius Syrus
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Au fil des jours, Harry, Ron et Hermione avaient pris l'habitude de systématiquement ouvrir la Carte des Maraudeurs et de la poser bien en évidence sur la table basse du salon. Jours après jours, ils remarquaient l'étrange manège qui se déroulaient sous leurs yeux perplexes.
Neville, Dean, Seamus, Luna et bien d'autres de leurs camarades n'étaient jamais réapparus sur la Carte. Ils s'étaient comme volatilisés ou, comme le soutenait Hermione, avaient été renvoyés. Ron et Harry, eux, étaient persuadés que leurs amis étaient cachés dans la Salle sur Demande. La Salle pouvait, après tout, subvenir à tous leurs besoins aisément et, s'ils étaient pourchassés par les Mangemorts qui leur servaient de professeurs, la Salle Va-et-vient était une cachette impénétrable.
Ce qui renforçait leur théorie, c'était bien sûr le fait que la fameuse Salle était incartable, ce qui expliquait la disparition de tous leurs camarades.
Leurs soupçons étaient également confortés dans le fait qu'ils voyaient certains membres de l'ancien AD aller et venir dans la Salle plusieurs fois par jour. Harry était persuadé que quelque chose se tramait à l'abri dans la Salle sur Demande, et il mourrait d'envie de savoir quoi.
Malheureusement, il était réduit à observer ses camarades à travers une carte magique, à mille lieues de l'école.
Ils avaient déménagé, la veille, pour une plaine dégagée soumise aux vents glaciaux, près d'un lac. Harry avait du mal à contenir son impatience. Plus les jours passaient, et moins il supportait l'exigüité de leur situation. Draco et lui avaient grandement besoin d'intimité, et il voyait l'agacement du vampire grandir de jour en jour. Draco, très possessif, avait la fâcheuse tendance de s'immiscer entre lui et Ron et Hermione, cependant Harry le remarquait moins qu'au Square Grimmault. Il ressentait lui même le besoin de passer du temps seul avec Draco, et la présence de ses amis, même s'il ne l'avouait pas, le gênait.
C'était une situation difficile à supporter, pour tous. Ron et Hermione subissaient la présence du vampire rodant autour d'eux et Harry se sentait partagé. Il était énormément mal à l'aise au milieu de tous, mais en même temps était totalement dépendant de Draco.
Une semaine après avoir rejoint ses deux amis, Harry était assis sur son lit, emmitouflé sous la couette pour se protéger de la fraicheur ambiante, et la carte posée sur ses genoux. Il était appuyé contre le torse puissant de Draco qui, assis derrière lui, examinait la même carte avec attention. Le vampire avait refermé ses deux bras autour du corps fragile de son calice et le serrait possessivement contre lui. Il semblait particulièrement satisfait d'avoir son calice contre lui, et Harry ressentait le même sentiment de bien être.
Harry grignotait une pomme, tout en fixant le point mobile de Ginny Weasley qui se déplaçait tranquillement le long d'un couloir du quatrième étage. Il imaginait sans peine les longs cheveux roux de la jeune fille ondulant sur ses épaules tandis qu'elle marchait. Il se sentait étrangement triste, en pensant à elle, et se demandait si la jeune fille l'attendait toujours. Probablement.
C'était le soir, et elle revenait de la Grande Salle. Attentif, Harry la suivit des yeux alors qu'elle montait les étages, et il savait d'instinct où elle se dirigeait. Quelques minutes plus tard, en effet, elle arriva dans le couloir du septième étage et effectua trois demi tour devant un point précis. En quelques secondes, son nom avait totalement disparu de la carte.
Harry soupira. Il abaissa ses genoux et la carte s'étala sur le lit. Que pouvait faire Ginny dans la Salle sur Demande à cette heure-ci? Se pouvait-il qu'il y ait des réunions de l'AD tous les soirs? Devinait-il juste en pensant que Neville et ses autres camarades se cachaient dans la pièce secrète pour échapper aux Mangemorts?
Songeur, il croqua dans sa pomme, et mâcha lentement.
-Quand partons-nous pour Poudlard, Draco? Demanda-t-il en rejetant la tête contre l'épaule du vampire pour le regarder.
Draco détacha son regard de la carte et baissa les yeux sur le visage pâle de son calice. D'une main, il rejeta ses mèches ébènes en arrière pour dégager ses yeux. Son bras se serra plus fort autour du torse de Harry.
-Quand nous aurons trouvé un moyen pour pénétrer le château en toute sécurité, répondit-il tranquillement.
Harry approuva. Il fixa la toile de la tente, au dessus de sa tête, pendant quelques secondes, puis reprit:
-Et s'il n'y en a pas?
Draco glissa sa main sous le pull moelleux de son calice et vint caresser la peau brûlante de son ventre. Ses doigts glissèrent autour du nombril de Harry qui frissonna.
-Tu m'as l'air bien défaitiste, remarqua-t-il. Je ne te connaissais pas ce trait de caractère.
Harry sourit légèrement.
-Il y a plein de choses que vous ne connaissez pas de moi.
Harry haussa les sourcils. Il ne s'attendait pas à cette lueur de pure convoitise qui brilla dans les yeux de Draco après sa dernière phrase. Le vampire se pencha en avant, sa bouche entre ouverte laissant apparaître ses canines proéminentes. Harry rejeta la tête contre son épaule et leva sa main. Il tendit l'index et caressa l'une des canines, totalement hypnotisé.
A cet instant, Ron et Hermione pénétrèrent dans la tente en riant. Ron tenait la jeune fille par la taille, et il murmurait des paroles près de son oreille. Harry se redressa prestement, laissant retomber son bras sur son giron. Ils étaient installés en haut d'un des lits superposés, mais ses amis pouvaient les voir sans peine. Ils ne relevèrent cependant pas la tête vers eux et entrèrent dans la cuisine.
Harry soupira. Il mordit dans sa pomme, fixant le dos de ses amis sans penser à rien. Il sentit Draco se pencher vers lui et le vampire souffla dans son oreille:
-Que ne sais-je pas sur toi, Harry? Demanda-t-il.
-Plein de choses, répéta le jeune homme, soudain maussade.
Il ne comprenait pas trop pourquoi l'apparition soudaine de ses amis le rendait tout à coup si malheureux. Il était bien avec Draco, il se sentait à sa place et heureux entre ses bras protecteurs. Néanmoins, le bonheur de ses amis, si différent du sien, le rendait morose. Ils le confrontaient, sans le savoir, à tout ce qu'il n'aurait jamais.
-Dis moi, insista Draco, je veux tout savoir.
-Qu'est-ce que vous voulez savoir?
Draco n'avait jamais montré grand intérêt pour sa personne. Il ne lui avait jamais posé de questions sur son passé, son enfance, sa scolarité, ses centres d'intérêt. Cet intérêt soudain laissait Harry un peu perplexe.
Hermione pouffa de rire dans la cuisine, et Harry eut soudain une idée. Avant que Draco n'ait pu répondre, il se redressa prestement. Il se retourna vivement et se mit à genoux entre les jambes de son vampire, face à lui.
-Vous pouvez poser toutes les questions que vous voulez, affirma-t-il très sérieusement. J'y répondrai, à condition que vous répondiez aux miennes avec tout autant de sincérité.
Draco grogna, visiblement irrité, mais Harry s'y attendait. Timidement, ses doigts se posèrent sur le pull de Draco, et il en caressa doucement les mailles et motifs. Il leva vers son vampire un regard timide.
-Donnant-donnant, vous vous souvenez? Est-ce que ça ne s'applique qu'au sexe?
Draco haussa un sourcil, et Harry regretta aussitôt d'avoir remis ce sujet sur le tapis. Pour se donner contenance, il croqua dans sa pomme. Le jus coula sur son menton, et il s'essuya du revers de sa manche, sous le regard méprisant de son vampire.
-Tu ne le respectes pas, pourquoi le ferai-je?
-Je le respecte! Contredit Harry, non sans rougir en repensant aux efforts qu'il avait essayé de faire dans leurs moments d'intimité.
Draco haussa un sourcil.
-Ha bon? Demanda-t-il.
Harry s'assit sur ses talons et haussa les épaules.
-Vous n'êtes jamais satisfait, reprocha-t-il. Moi je trouve que je fais des efforts. Mais tant pis. Votre curiosité n'était pas si dévorante que ça, finalement.
Il ignora le regard intense de son vampire et se détourna de lui. Il s'assit à côté de lui, le dos contre la barrière du lit, et les jambes étendues sur celles de Draco. Le vampire ne dit rien, et l'une de ses mains se faufila sous son pantalon et il caressa l'intérieur de la cheville de Harry. Le jeune homme observa son air impassible et arrogant du coin de l'œil. En réalité, il avait tellement de questions à poser à Draco qu'il espérait que le vampire relancerait le sujet.
Le silence s'étira, et Harry écouta d'une oreille distraite la conversation de Ron et Hermione. Ils se disputaient gentiment quant à savoir ce qui allait être au menu de ce soir. La petite cuisine de la tente s'était retrouvée être mystérieuse remplie de vivres après l'arrivée de Draco et Harry. Ils mangeaient tous à leur faim, désormais, et ce fait avait largement contribué à faire accepter la présence de Draco à ses deux amis.
-Le grand Harry Potter a-t-il déjà eu une petite amie? Demanda soudain le vampire.
Harry lui jeta un coup d'œil, étonné. Un sourire fleurit sur ses lèvres.
-Vous êtes jaloux, répondit-t-il, perplexe.
Si Harry avait été sincère avec lui même, il se serait avoué que la question de Draco tenait plus de la possessivité que de la jalousie. Il imaginait mal le vampire être jaloux de Cho Chang.
-Ce n'est pas une réponse, reprocha Draco.
Harry se contenta de hausser les épaules. Il n'avait guère envie de parler de son expérience désastreuse avec Cho, et encore moins de celle avec Ginny. Penser à la jeune fille le rendait inévitable triste. Par ailleurs, Draco n'avait pas accepté de répondre à ses propres questions, et il trouvait injuste de devoir répondre aux siennes sans contrepartie.
Le vampire tira soudain sur les chevilles de son calice. Harry se retrouva tout à coup allongé en travers du lit, les jambes repliées, et Draco penché au dessus de lui. Il fut assailli par une onde de domination venant du vampire, et il ne comprit pas ce qui l'avait déclenchée.
-Qui commande ici Potter? Interrogea posément Draco de sa voix mélodieuse.
Harry était envahi par le charisme et l'autorité naturelle que dégageaient son vampire. Il se sentait totalement soumis à Draco, autant physiquement que mentalement et savait que c'était ce que voulait Draco. Celui-ci se pencha un peu plus au dessus de lui, et les mèches de ses cheveux effleurèrent le front de Harry. Le jeune homme était noyé dans le gris de ses yeux, et il avait du mal à former une pensée cohérente.
-Vous, souffla-t-il en réponse.
-C'est bien ce que je pensais, affirma Draco, l'air très fier de lui en se redressant légèrement. Tu penses que tu vas m'imposer quoique ce soit, à moi?
-Non, répondit doucement, Harry. Mais on peut négocier.
Le vampire esquissa un léger sourire.
-Je ne négocie pas, trancha-t-il sévèrement.
Mécontent, Harry tenta de se redresser mais Draco posa sur son torse une main autoritaire. Un sourire narquois déforma les lèvres de Draco et le vampire enjamba le corps fin de son calice pour venir s'agenouiller au dessus de lui. Il posa ses mains à plat sur le matelas de part et d'autre de la tête de Harry et se pencha au dessus de lui.
Il déposa un bref baiser sur les lèvres entre-ouvertes de Harry, comme pour lui prouver que, pour lui, tout ceci n'était qu'un jeu.
-Alors, as-tu déjà eu une petite amie? Ou un petit ami.
-Je ne suis pas gay, râla Harry.
-Si Harry, tu l'es, contredit doucement Draco.
Harry commençait à être agacé par le manège de Draco. Il n'avait jamais aimé que le vampire joue avec lui de la sorte, qu'il lui impose toute sa domination, et se montre rabaissant envers lui. Il savait, depuis le temps, que le calice était soumis, dans la relation avec son vampire, mais il n'aimait pas que Draco le lui rappelle, sans aucun subtilité, d'ailleurs.
Le jeune homme jeta un regard noir à son vampire qui, assis sur ses hanches, lui renvoya un regard sévère.
-Je suis en couple avec une fille, dit-il.
-Tu es en couple avec une fille, répéta Draco.
Harry approuva avec défis. Il soutint le regard de Draco sans broncher, totalement hypnotisé. Pourtant, il sentait la colère monter en Draco et la menace soudaine l'effraya. Il était, comme toujours, totalement à la merci de son vampire, et, une fois n'est pas coutume, cet état de fait l'inquiéta.
-Je ne pense pas que tu sois en couple avec une fille, Potter.
-J'étais en couple avec elle avant que vous ne vous imposiez dans ma vie et, aux dernières nouvelles, je n'ai pas rompu avec elle. Alors oui, je suis en couple.
Le cœur de Harry s'était emballé dans sa poitrine, et il était contrarié que Draco l'entende. Ca ne collait pas du tout avec l'image sûr de lui qu'il essayait de laisser paraître. La main de Draco se posa sur son torse, l'écrasant avec force contre le matelas.
-Ne joue pas à cela avec moi, Potter, prévint-il. Je n'apprécie pas.
Buté, Harry ne répondit rien. Il savait qu'il jouait avec le feu, mais il était impossible pour lui de faire marche arrière maintenant.
La main du vampire glissa jusqu'à sa gorge qu'il agrippa fortement. Ses doigts se crispèrent autour du cou de Harry qui lâcha sa pomme et vint agripper le poignet pour tenter de lui faire lâcher prise. Sans succès, évidemment. La panique commença à monter en lui. Il était totalement immobilisé sous le corps puissant de Draco et se sentait totalement soumis et impuissant. Sa poigne ferme sur sa gorge était impitoyable et pendant quelques secondes de panique totale, Harry crut que Draco allait réellement l'étouffer. Les doigts du vampire s'enfonçaient dans sa peau, et Harry avait de plus de plus de mal à respirer.
-Tu es à moi, Potter, ne l'oublie jamais, affirma-t-il dans un souffle à peine audible.
Le regard gris de Draco brillait au dessus de Harry, avec une étincelle de rage pure et de sauvagerie qui effrayait le jeune homme.
Finalement, Draco sembla s'apercevoir de sa poigne ferme, et ses doigts relâchèrent la gorge de Harry. Le jeune homme prit une profonde inspiration et tenta de se relever, mais Draco était toujours assis sur lui et il retomba lourdement sur le matelas, immobilisé. Son coeur battait la chamade, et il porta ses doigts à son cou, effrayé. Il était certain que les doigts du vampire avaient laissé des marques.
Harry regrettait d'avoir provoqué le vampire. Ca avait été inconscient. Draco lui procurait un tel sentiment de sécurité qu'il avait tendance à oublier qu'il avait à faire à un vampire impulsif et dangereux.
-Je suis désolé, murmura-t-il sans oser affronter le regard menaçant de Draco.
Le vampire leva la main et Harry sursauta. S'il avait pu, il se serait vivement reculé. Néanmoins, Draco se contenta de saisir ses doigts et les éloigna de sa gorge. Il observa les marques que ses doigts avaient laissées sur le cou gracile de son calice. Harry frissonna lorsque les doigts frais de Draco touchèrent son cou, mais il n'osa pas lever les yeux.
-Je suis désolé, murmura Draco en caressant la gorge pâle.
Surpris, Harry releva les yeux. Draco fixait sa gorge, et il frissonna à nouveau. Le vampire se pencha soudain en avant et enfouit son visage dans le cou de Harry, qui resta totalement figé sur place. Il prit une brusque inspiration, s'enivrant de son odeur exquise et caressa légèrement de son index le cou de Harry.
-Pardonne-moi Harry, tu m'as énervé. Je ne voulais pas te faire de mal.
Harry osait à peine respirer. Il hocha très légèrement la tête, un peu effrayé à l'idée de déloger le vampire. Draco embrassa doucement le cou de Harry qui ne put réfréner un frisson incontrôlable.
-Tu n'appartiens à personne d'autre que moi, murmura-t-il.
-Je sais, approuva prudemment Harry.
Draco se redressa et plongea son regard anthracite dans celui émeraude de son calice. Son doigt, léger, caressa son cou. Après la panique ressentie quelques secondes plus tôt, Harry se sentait étrangement calme. Il se rendit compte à quel point Draco pouvait influencer ses émotions, et pouvait le faire passer d'un extrême à un autre en quelques secondes à peine. Le comportement étrangement repentant et apaisé de son vampire avait sur lui un impact puissant.
-Tu as eu peur? Chuchota Draco.
Harry hocha la tête.
-Tu m'as cherché, rétorqua Draco. Il y a certaines choses que tu ne devrais pas oublier, Harry, à mon contact. C'est important.
-Je sais.
Draco le vrilla de son regard intense pendant encore quelques secondes. Finalement, il hocha légèrement la tête, et se redressa. Il revint s'asseoir contre la tête de lit et Harry, libéré, s'assit à son tour. Il ramassa sa pomme, qui avait roulé entre les draps, et croqua dedans.
-Très bien, Harry, soupira Draco. Pour me faire pardonner, j'accepte de répondre à tes questions.
Sans relever la tête, Harry approuva. Il grignotait sa pomme discrètement, pas sûr de vouloir continuer sa conversation avec Draco. Malgré ce qu'il venait de se passer, le comportement violent de Draco, il ne ressentait pas la moindre envie de s'éloigner du vampire. Draco venait en plus de l'autoriser à poser toutes les questions qu'il voulait, et c'était une opportunité qu'il ne pouvait décemment pas laisser passer. Déjà, des dizaines de questions commençaient à affluer dans son esprit.
Harry releva prudemment la tête et osa poser un regard timide vers son vampire.
-Vous n'avez pas de conditions? Ou de limites? Je peux poser toutes les questions que je veux?
-Je jugerai si tu es digne d'en connaître les réponses ou pas.
Harry hocha doucement de la tête. Une certaine fébrilité commençait à l'envahir. Il était tout à la fois désireux et craintif. Draco restait pour lui quelqu'un d'assez mystérieux et la perspective d'être autorisé à enfin lever le voile sur certains aspects de la vie du vampire le rendait étrangement nerveux. C'était comme redécouvrir le vampire, passer du stade d'inconnus à celui de connaissances. Harry avait l'impression que Draco lui accordait sa confiance. Qu'il était assez important à ses yeux pour recevoir certaines confidences, qu'il n'avait jamais dites à personne d'autre que lui.
Harry en était fier. Il avait l'impression de passer un nouveau cap dans leur relation. Un nouveau pas dans leur confiance mutuelle, dans leur acceptation mutuelle, dans l'évolution de leur relation. Il esquissa un léger sourire et demanda timidement:
-J'aimerais savoir, comment vous êtes devenu un vampire.
Draco haussa un sourcil. Harry scruta l'expression impassible de son vampire, comme pour y trouver un indice quant à savoir s'il allait répondre à sa question ou non.
Il se passa de longues secondes pendant lesquelles Harry attendit fébrilement. Il lui était impossible de deviner ce à quoi pensait le vampire, et il se demanda si Draco revivait cet instant terrible où son existence avait basculé.
-J'ai été mordu par un autre vampire, répondit finalement Draco. Cela semble évident.
Harry soupira.
-Oui, ça je m'en doute, je ne suis pas idiot. Ce que je voulais dire, c'est en quelles circonstances? Est-ce que vous l'avez voulu? Quand et où est-ce que ça s'est passé? Comment avez-vous réagi après cette transformation?
-Cela fait beaucoup de questions.
Harry ne put s'empêcher de sourire. Draco arborait un air agacé, et Harry devina qu'il faisait cela à contrecœur. Son expression irritée effrayait un peu Harry, qui se doutait que pousser le vampire à bout n'était pas une bonne idée. La patience de Draco était plutôt limitée, surtout quand il en allait à être harcelé de questions.
-Il y a beaucoup de choses que j'aimerais savoir. Je suis très curieux. Et vous avez vous même dit que je pouvais poser toutes les questions que je voulais.
-J'ai dit cela? Interrogea le vampire, avec une mauvaise foi évidente.
Prenant son courage à deux mains, Harry se redressa. Intimidé par le charisme de son vampire, et encore marqué par leur altercation, il se mit à genoux et se plaça entre les jambes de son vampire. Il examina le visage impavide de Draco d'un air soucieux, puis murmura:
-Est-ce que vous vouliez devenir un vampire?
-Non.
Draco murmurait, lui aussi, et Harry, très sérieux, hocha la tête. Le moment avait pour lui quelque chose de solennel, d'important, et il ne voulait surtout pas le gâcher. Le vampire avait posé ses mains sur ses genoux et ses doigts jouaient avec le tissu fin de son pantalon. Harry se sentait étrangement triste, et il se demanda comment il aurait réagi si Draco l'avait transformé en vampire, cette nuit là, contre son gré.
-Ne soit pas triste, Harry. Ce n'était pas pire que de tomber malencontreusement sur mon calice une nuit d'été.
Harry grogna. Draco, comme pour s'excuser, passa sa main dans ses cheveux. Ses doigts glissèrent agréablement entre les mèches ébènes de Harry, qui ferma brièvement les yeux.
-Les deux événements, bien que séparés par des centaines d'années, ont tous deux eu des conséquences dramatiques sur mon existence. Mais je me suis plutôt bien adapté, et à ma nouvelle condition de vampire, et à toi.
Harry approuva doucement, songeur.
-Comment s'est-elle passée, votre transformation?
-Très bien, répondit Draco, l'air narquois. Comme tu peux le voir.
Harry leva les yeux au ciel, mais un rire sincère franchit ses lèvres. Il secoua la tête et échangea un regard amusé avec Draco.
-N'importe quoi. Mais sérieusement, c'était comment?
Draco soupira.
-Que veux-tu que je te dise, Harry. Cela s'est passé comme pour tout le monde. Je ne m'y attendais pas, je ne l'ai pas vu venir, c'était douloureux, effrayant, irrévocable et ça marquait la fin de ma vie humaine.
Harry hocha la tête. Etrangement, la description qu'en faisait Draco lui rappelait ce qu'il avait lui même ressenti, le soir où il était devenu un calice. C'était étrange de pouvoir faire un parallèle entre la transformation de Draco en vampire, et sa transformation en calice alors que, comme le disait Draco, les deux événements étaient séparés par des centaines d'années.
-Je me suis réveillé quelques heures après, et j'étais devenu un esclave, pour l'éternité.
-Un esclave? Répéta Harry en haussant les sourcils.
-J'avais soif, reformula patiemment le vampire.
Harry approuva. Il trouvait étrange d'entendre le vampire qualifier la soif qu'il éprouvait comme de l'esclavagisme. Il se demanda si Draco se considérait esclave de lui, ou de son sang, et prit à nouveau conscience de la dépendance cruelle qu'avait Draco de son sang.
-Est-ce que vous regrettez encore aujourd'hui cette nuit là? Demanda-t-il.
-C'était il y a des siècles, Harry, soupira le vampire.
Harry fronça les sourcils. Il aurait aimé que Draco donne des réponses plus claires et précises, au lieu de lancer des réponses si indéchiffrables à tout va, mais c'était visiblement trop demander au vampire.
-Et alors?
-J'ai largement eu le temps de surmonter mes rancœurs, Harry, merci. Je dois dire qu'il est plus dur de s'adapter à un humain après toutes ces années que de s'adapter à une vie de vampire. Il est plus facile de passer de contraintes à non contraintes que l'inverse.
Harry approuva.
-Vous avez du vous amuser, songea-t-il. Etre un vampire apporte quand même une forme de liberté, non?
-Toutes mes obligations ont disparu du jour au lendemain, concéda le vampire.
-Est-ce que ça veut dire que vous avez tout quitté? Vous avez quitté toute votre famille, vos proches, vos amis? Vous n'êtes jamais revenu? Personne ne vous a jamais cherché?
Draco inclina la tête en signe d'assentiment. Harry l'observa, désireux, mais le vampire n'ajouta rien. Ils restèrent silencieux pendant de longues secondes, échangeant des regards intenses.
-Ce n'était pas la même époque, Harry. Les choses n'étaient pas telles que tu les connais aujourd'hui, et elles fonctionnaient différemment.
-Quand était-ce?
Draco se contenta d'esquisser un sourire distant, agaçant Harry. Il ne comprenait pas pourquoi le vampire s'obstinait à ne pas répondre à cette question.
-C'était il y a longtemps, lâcha-t-il en sentant l'agacement de son calice. Et depuis tout ce temps, tout n'a toujours tourné qu'autour du sang. Et il en sera toujours ainsi. Un calice ne délivre pas son vampire de son addiction. Il ne le rend que plus esclave.
-Je ne voulais pas tout cela.
-Je sais, Harry, murmura Draco.
Il se laissa aller contre la tête de lit et rejeta la tête en arrière. Il fixa la toile de la tente, au dessus de sa tête, et l'une de ses mains glissa sous le pull et le tee-shirt de Harry. Le jeune calice frissonna face à la main fraiche sur sa peau chaude, et ses abdominaux se contractèrent. Draco les caressa nonchalamment.
-Est-ce que votre vie était difficile avant de devenir un vampire?
-Je n'avais ni électricité ni eau courante.
-Vous êtes fatiguant, soupira Harry, exaspéré. Donc, selon vous, dès que vous êtes devenu un vampire, vous avez eu comme par miracle l'électricité?
Draco, pince-sans-rire, secoua la tête. Son regard retrouva celui de Harry.
-J'ai du attendre quelques décennies avant d'en profiter, concéda-t-il en souriant légèrement.
Ils échangèrent un regard perplexe. Harry, un peu agacé, découvrait combien il était dur d'arracher des informations au vampire. Draco ne semblait pas désireux de s'étendre sur son passé, mais Harry, dévoré par la curiosité, avait des dizaines de questions à lui poser.
-Elle était comment, votre vie humaine? Vous aviez de la famille? Où êtes-vous né, d'ailleurs?
-Je suis né sur une île, Harry.
Harry haussa les sourcils.
-Une île? Répéta-t-il. Une île exotique dans l'océan Pacifique, avec du sable blanc et des cocotiers? Demanda-t-il en souriant, se demandant s'il pourrait y retourner avec Draco.
-Non, répondit le vampire, une île qui porte aujourd'hui le nom de Royaume Uni.
-Vous êtes anglais, affirma Harry, un peu déçu. Tout simplement. Ca nous fait un point commun, alors.
Draco hocha la tête, l'air entendu.
-Mais vous aviez une famille, vous, n'est-ce pas?
-J'étais l'unique Héritier d'une grande famille anglaise, destiné à hériter du titre de Lord, de quelques hectares de terres et domaines, et d'une fortune immense. Comme tu peux l'imaginer, je vivais très bien et très confortablement.
-Dans un château.
-Dans un château, oui, approuva Draco en plissant les yeux.
Il semblait se demander ce que pouvait bien imaginer son calice, à la mention de château. Harry avait conscience qu'il était probablement loin de la vérité.
-Que s'est-il passé, lorsque vous êtes devenu un vampire? Est-ce que vous avez été déshérité? Banni?
Draco sourit avec indulgence. Son pouce joua avec le nombril de Harry, et il dit:
-Je ne suis jamais retourné au château après ma transformation. J'ai juste disparu, et je n'ai jamais revu ni mon père, ni ma mère, ni ma promise, ni personne.
-Votre promise, répéta Harry.
-Héritier d'une des plus grandes fortunes d'Angleterre, tu imagines bien que j'étais promis à un grand et richissime mariage.
-Vos parents ont du être tristes de vous perdre.
Draco haussa un sourcil.
-Furieux, je pense. Ils ont du penser que je m'étais enfui avec une paysanne indigne de nos titres. A cette époque, l'une des plus grandes peurs était de voir sa lignée s'éteindre. Je suis sûr que mes parents se sont empressés de remédier à ce problème en engendrant un autre fils.
Harry grogna. Tout ceci lui semblait si irréel, si lointain. Il lui semblait que Draco avait vécu dans un autre monde, totalement différent de celui dans lequel il vivait aujourd'hui. Il prenait conscience de tout ce qu'avait traversé le vampire, de toutes les époques et les années qu'il avait connues, de toutes les vies qu'il avait vécues.
-Où êtes-vous allé?
-Je suis allé partout. J'ai passé des années, des décennies seul avec moi même, à ne vivre que pour assouvir cette soif irrépressible. Je n'ai parlé à personne d'autre que mes proies, innombrables. Mon existence était à mille lieues de tout ce que j'avais toujours connu.
-Mais c'était mieux, n'est-ce pas?
-Bien sûr. C'était libérateur. Comme je te l'ai dit, depuis ma transformation, j'ai vécu sans aucunes limites, aucunes contraintes. Juste une liberté des plus totales. Rien ne peut être meilleur que cela. Tu connaîtras cela, toi aussi, bientôt.
Harry approuva. Ce n'était pas la première fois que Draco lui promettait un tel futur et, à nouveau, il ressentit cette exaltation excitante qui était si grisante. Il sourit légèrement et se plongea dans un silence songeur, imaginant ce que serait sa vie auprès de Draco. L'idée d'être enfin libre de toutes contraintes était on ne peut plus tentante. Il compara, silencieux, ce qu'il attendait aujourd'hui de son existence avec Draco avec ce qu'il imaginait quelques mois auparavant avec Ginny.
Draco l'observa intensément. Il souriait légèrement, comme s'il avait compris toutes les pensées qu'il faisait naître dans l'esprit prolifique de son calice. Au bout de quelques minutes, il inclina légèrement la tête sur le côté et demanda:
-Tu as fini dans tes investigations à mon sujet?
Harry sortit soudain de ses rêveries.
-Non! S'exclama-t-il. J'ai des centaines de questions à vous poser!
-Hé bien fais le tri, car je ne répondrai pas à toutes. Tu as des siècles pour apprendre à me connaître.
Harry hocha de la tête. Comme le lui avait ordonné Draco, il fit le tri dans sa tête de toutes les questions qu'il avait à poser, et demanda:
-Est-ce que vous connaissez d'autres vrais calices?
Draco soupira. Il attrapa Harry par le bras et le tira brusquement à lui. Son jeune calice s'écrasa contre son torse puissant, et Draco le retourna d'un geste sec et assuré pour le plaquer contre lui. Grognant, et un peu perdu par les gestes vifs et rapides de son vampire, Harry chercha une position confortable, difficilement car Draco le serrait contre lui avec possessivité. Il allongea ses jambes contre celles de Draco et pencha légèrement la tête sur le côté lorsque le vampire posa son menton sur son épaule.
-Pourquoi? Demanda-t-il. Tu aimerais en rencontrer un?
-Peut être, répondit doucement Harry. Lui aussi sera immortel. Nous pourrions devenir amis.
Draco esquissa une moue que Harry ne vit pas. Le vampire déposa un baiser léger dans le cou de Harry avant de se redresser. Ses deux bras étaient enroulés autour du torse de Harry et il le plaquait contre lui avec force.
-Alors? Vous en connaissez un? Ou plusieurs.
-Cela se pourrait, oui.
Harry leva les yeux au ciel face à temps de mystère.
-Un ou plusieurs? Insista-t-il.
-Les vrais calices sont extrêmement rares, Harry. Ne t'attends pas à en rencontrer à tous les coins de rues, comme c'est, malheureusement, le cas pour les ersatz. Ils sont d'autant plus rares que les vampires n'aiment pas trop les mettre en avant.
Il fit une courte pause avant d'ajouter:
-Je connais un vampire qui en possède un, oui. Mais je n'ai jamais rencontré le calice en question.
Harry sourit, satisfait.
-Vous pensez que je pourrai le rencontrer un jour?
-Je ne sais pas, murmura Draco. Une autre question, ordonna-t-il après une autre courte pause.
Harry grogna. Sa curiosité à propos de cet autre calice était loin d'être assouvie, mais face au ton autoritaire de Draco, il ne préféra pas insister. Il craignait trop que le vampire ne mette fin abruptement à cette séance d'interview.
-Quelle est votre couleur préférée?
Draco, à son tour, grogna.
-Sérieusement, Potter. Si tu n'as plus de questions, il suffit de le dire.
Harry haussa les épaules.
-Alors? Insista-t-il.
Le vampire soupira, et son souffle frais s'écrasa contre la nuque de Harry, qui frissonna. Il resta silencieux pendant quelques secondes, comme s'il réfléchissait réellement à cette question des plus banales, puis répondit:
-Vert?
Harry approuva, faisant mine de ne pas apercevoir le ton interrogatif du vampire.
-Peu importe, dit-il. Elisabeth m'a dit un jour que tous les vampires aimaient les deux sexes. Est-ce que c'est vrai?
-Hé bien, je crois que oui. Avec le temps, ce genre de futilité devient de moins en moins important. Au bout d'un moment, je me suis lassé de n'être tourné que vers les filles, et j'ai élargi mon terrain de chasse. Je suppose que cela marche ainsi pour les autres. Cependant, j'avoue avoir une certaine préférence pour le sexe masculin, depuis quelques temps.
Harry, qui trouvait que le sexe de son partenaire n'avait rien de futile, se contenta d'approuver vaguement. Il n'était pas sûr d'être devenu gay, au contact de Draco, mais savoir que le vampire était un homme le choquait moins que quelques mois plus tôt.
-Vous croyez que je suis devenu gay? Demanda-t-il. Que j'aime les hommes, maintenant? Est-ce que c'est quelque chose qui change subitement, sans qu'on s'en aperçoive? Est-ce que c'est possible que j'ai changé de bord sans m'en apercevoir?
Harry visualisa mentalement les garçons qu'il avait côtoyés dans sa vie, et il se demanda s'il était attiré par eux, par leurs corps d'homme, leurs courbes masculines. Il inclina légèrement la tête.
Draco haussa un sourcil.
-Cela n'a pas d'importance. Tu n'as ni à être homosexuel, ni à être hétérosexuel. Tu es juste à moi. Ne sois attiré par personne d'autre.
Etrangement, les paroles du vampire le rassurèrent. Comme pour beaucoup d'autres choses, la question de savoir s'il était attiré par les filles ou par les garçons n'était plus un sujet dont il avait à se soucier. Il avait Draco, et il l'aurait pour le reste de ses jours.
-Mais vous êtes un homme, dit-il néanmoins, comme si le dire à haute voix rendrait la situation plus réelle.
-Finement observé.
Harry retraça du doigt les veines légèrement bleutées qui couraient le long de l'avant bras de Draco, songeur.
-Tu aurais préféré que je sois une femme? Demanda narquoisement Draco face à son silence.
-Non! S'exclama Harry, horrifié à cette seule pensée. Enfin, je veux dire, peut être, parce que je ne suis pas gay. Mais, pour certains aspects de notre relation, ç'aurait été très étrange.
Harry resta songeur pendant quelques secondes, puis demanda:
-Est-ce que c'est possible? Que le vampire soit une femme, et son calice un homme?
-Pourquoi serait-ce impossible?
A nouveau, Harry haussa les épaules. L'idée lui semblait étrange, mais Draco n'avait pas l'air de partager sa perplexité.
-Est-ce qu'un vampire peut faire tomber une humaine enceinte?
-Non, grogna Draco. Comment veux-tu? Techniquement, mon organisme est mort. Comment veux-tu que je donne la vie?
Son ton catégorique laissa Harry pantois. Il hocha doucement la tête comme pour faire comprendre au vampire qu'il avait saisi, tentant de ne pas penser à l'organisme mort de son partenaire, et demanda:
-Comment peut-on tuer un vampire? Est-ce qu'on peut seulement vous tuer, puisque vous êtes techniquement déjà mort?
-Tu projettes de me tuer?
Harry haussa les sourcils.
-Ce serait possible? Je ne veux pas vous tuer, bien sûr, mais est-ce qu'un vampire peut mourir, et son calice y survivre?
-Pourquoi ne survivrait-il pas? Il n'a pas besoin de sang, lui. Par contre, la rupture du lien suite à la mort du vampire peut être dévastatrice pour le calice. Que deviendrais-tu, sans moi? Surtout si tu avais passé plusieurs vies à mes côtés et que, subitement, tu te retrouvais tout seul, dans un monde qui a évolué sans toi, dont tu t'es peu à peu exclu au point de ne plus en connaître le système, avec plus aucunes attaches ni connaissances.
Instantanément, la seule idée de se voir abandonner par Draco, de quelque manière que ce soit, fit monter en Harry une angoisse déchirante. Aussitôt le vampire raffermit sa prise autour de son corps et murmura près de son oreille:
-Ca n'arrivera pas, Harry, le rassura-t-il sur un ton apaisant. Je suis immortel, tu te souviens?
Le jeune homme hocha doucement la tête. Il resta silencieux pendant quelques secondes, tandis que son sentiment d'angoisse disparaissait aussi vite qu'il était apparu dans l'étreinte de Draco.
-Comment tue-t-on un vampire? Demanda-t-il à nouveau.
-On ne tue pas un vampire.
Harry soupira. Parfois, Draco pouvait faire preuve d'une mauvaise foi déconcertante.
-Je suis sûr qu'on peut. Ca se saurait, s'il n'y avait aucun moyen de tuer un vampire.
-S'il y en avait un, ça se saurait encore plus, répliqua Draco.
Harry soupira de plus belle.
-Je demanderai à Hermione, dans ce cas, elle me dira, elle.
-A ta guise.
Tous deux se plongèrent dans un silence songeur, Harry un peu agacé que Draco refuse de répondre à sa question.
-Je veux juste savoir si, si vous vous retrouvez un jour devant Vous-Savez-Qui, vous seriez en danger, ou pas.
-Tu n'as qu'à me jeter le sortilège de la mort, puisque tu es si curieux.
-Parfois, j'en ai très envie, maugréa Harry. Est-ce qu'il y a beaucoup de vampires sur terre? Est-ce que vous en avez beaucoup rencontré?
Draco soupira.
-Pas tant que cela non. Comme tu dois t'en douter, il n'y a pas de recensement. Je pense qu'il doit y en avoir quelques milliers. J'en ai croisé quelques uns, mais la vie communautaire n'est pas faite pour nous. Je préfère être seul, tout comme eux.
-Est-ce qu'ils peuvent reconnaître le calice d'un vampire parmi des humains?
-Evidemment. Les vrais calices ont une odeur particulière aux yeux des vampires, afin qu'ils ne puissent les prendre pour une proie potentielle.
-C'est pour cela que Lionel ne m'a pas attaqué quand il m'a vu au cimetière.
-Un vampire, d'instinct, n'attaque pas un calice. Un vrai calice, tout du moins.
Harry approuva silencieusement. Il resta silencieux pendant quelques secondes, suivant le fil de ses pensées sans lutter, puis demanda:
-Au bout de combien de temps un vampire meurt-il de soif?
Derrière lui, Draco grogna. Son torse vibra dans le dos de Harry et le calice sourit.
-Quelle question réjouissante, maugréa-t-il.
-Alors? Insista Harry.
-Je ne connais personne à qui s'est arrivé, mais étant donné que je connais plutôt bien, tu imagines, ce cercle vicieux qu'est la soif, je pense qu'un vampire meurt de soif au bout de quatre semaines, environ.
-Quatre semaines! S'exclama Harry, éberlué. Mais vous buvez tous les trois jours en moyenne!
-Et alors? Dois-je attendre de mourir de soif avant de boire? Au bout d'une semaine, je commence déjà à m'affaiblir. Et plus les jours passent, plus je deviens faible. Hypothétiquement, la suite logique serait que je finirai par ne plus arriver à me mouvoir, ne plus avoir assez de force pour chasser, et dépérir peu à peu. La mort définitive ne viendrait que quelques jours plus tard.
-Ca n'arrivera jamais, répondit Harry, frissonnant.
Draco ne réagit pas et Harry rejeta la tête en arrière pour observer son expression. Il se rendit compte que le vampire fixait à nouveau la Carte des Maraudeurs. Le jeune homme se redressa et se plongea à son tour dans la contemplation de la carte.
-On m'a toujours dit que Poudlard était le lieu le plus sûr qui soit, dit-il, songeur. Jusqu'à présent, ça m'a toujours été très utile. C'était l'un des rares lieux où j'étais pleinement en sécurité. Je ne pensais pas être un jour en position où je devrais y pénétrer sans autorisation. Le fait que l'école soit le lieu le plus sûr de toute l'Angleterre devient problématique.
Draco approuva doucement. Harry avait l'impression qu'il ne l'écoutait que peu, mais il s'en fichait. Ca lui faisait du bien de dire ses angoisses à hautes voix. Face au vampire, la situation avait l'air moins grave qu'elle ne semblait l'être dans sa tête.
-Aucun passage secret n'est utilisable? Interrogea Draco en jetant un coup d'œil à la carte.
Harry secoua la tête.
-Ils ont tous été condamnés.
Draco se pencha et se saisit de la carte. Il la déplia sur ses genoux et se plongea dans son examination pendant de longues secondes. Harry resta silencieux. Il fixait la corbeille, qui leur servait de poubelle, et qui était posée près de l'entrée de la tente. Il se demandait s'il pourrait y envoyer son trognon de pomme sans la rater.
-Tu ne penses pas qu'il y aurait un moyen d'ouvrir l'un de ces passages?
Harry se retourna vivement vers lui.
-Vous pensez à quoi? Demanda-t-il, soudain fébrile.
Draco se contenta de hausser un sourcil.
-A quoi je pense? A rien de particulier.
-Ha.
Déçu, Harry se retourna et se plongea à nouveau dans la contemplation de la carte. Il observa le passage secret dissimulé sous les racines du Saule Cogneur, songeur.
-Je crois que vous avez raison, Draco, dit Harry. Peut être qu'il serait possible de briser les protections. Peut être que Hermione saurait...Aucun sort n'est inviolable, après tout.
Harry fronçait les sourcils.
-Nous ne saurons jamais si c'est possible, ajouta-t-il, plus pour lui même que pour Draco. Pas si nous n'essayons pas.
Il resta silencieux pendant quelques secondes, plongé dans ses pensées. Il fixait sans ciller le tunnel secret qui reliait le parc de Poudlard au château.
-Vous en pensez quoi, Draco? Si nous pensions pouvoir briser les sortilèges apposés sur le tunnel, vous accepteriez d'y aller?
Draco ne répondit rien. Harry caressa la carte, la tête penchée.
-Si c'était le cas, dit-il, nous pourrions pénétrer à Poudlard.
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Alors, que pensez-vous de ce chapitre? :p J'ai particulièrement hâte de savoir, après tout, c'est un peu votre chapitre xD Est-ce que vous avez aimé les questions de Harry, et les réponses apportées par Draco? Est-ce que votre curiosité sur le vampire est un peu apaisée, ou pas du tout? Vous auriez aimé en savoir plus?
Je tiens à garder un peu de mystère autour de Draco, notamment sur sa vie passée, donc je n'entrerai pas plus dans les détails. Je vous laisse imaginer ce qui a pu lui arriver pendant toutes ces années sans Harry, à votre guise! Faites-vous plaisir :)
Sur ce, je vous souhaite à tous une excellente semaine!
A la semaine pro!
Natom, 21/06/14
