Salut!
Bienvenus pour ce nouveau chapitre!
Merci à tous les reviewer anonymes: maoul92, Anonyme, Kisis, Anna, , Cline, Sélènè
Cloptre: hum, leur relation restera toujours une relation proie/prédateur à mes yeux. Draco ne peut pas changer sa nature, après tout, et du moment qu'il boit le sang de Harry, il en est le prédateur, et Harry sa proie. Après, au delà de cela, il y a une vraie relation qui a commencé à s'instaurer. Draco lui même, en acceptant de répondre aux questions de Harry, prouve qu'il considère le jeune homme comme un compagnon digne de sa confiance, pas comme une simple proie. Tous les deux sont liés, donc ils ont une relation forcée de créature magique et de son lié. Pour l'instant, il n'y a pas vraiment d'amour, donc ce n'est pas non plus un couple, mais ils ont des relation sexuelles, donc ils sont amants. Puis quoiqu'il arrive, ça reste une relation qui n'est pas saine, puisqu'elle est basée sur de mauvaises choses, et elle ne sera jamais comparable à un couple "normal". Mais la relation peut encore évoluer, et elle évoluera toujours.
Charlotte: Tous les vampires ont le même "rythme", évidemment, ça ne varie pas en fonction de s'il a un calice ou pas, un vrai ou un faux. Même si ceux qui ont un vrai calice ont tendance à boire plus par gourmandise, :) et parce que le calice en question est plus résistant. Par contre, ceux qui ont de faux calices, comme Blaise, peuvent très bien aller "boire ailleurs", ça ne leur pose aucun problème!
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Chapitre 46
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Harry sortit de la salle de bain, entièrement habillé, une serviette autour des épaules et se frottant énergiquement les cheveux. Encore chamboulé par toutes les émotions et sensations qui l'avaient assailli dans cette douche, il trébucha sur une paire de chaussures qui trainait par là et qui appartenait à Ron. Se redressant prestement, il jeta un coup d'œil autour de lui pour s'assurer que personne n'avait rien remarqué.
Draco sortit à son tour de la salle de bain, torse et pieds nus, l'air hautain et le port de tête fier.
-Je t'ai vu, souffla-t-il.
Il lui fit un sourire narquois et lui caressa sensuellement le dos en le dépassant. Harry l'observa monter agilement sur le lit et s'étaler de tout son long sur les draps. Il eut l'envie intense de le rejoindre et de se blottir entre les bras de son vampire pour dormir. Après leurs activités intenses sous la douche, l'extase, la jouissance et l'assouvissement, il avait juste besoin de pouvoir s'endormir entre les bras rassurants et réconfortants de son vampire, et il savait que Draco n'attendait que cela. Le vampire ne dormait jamais spontanément et encore moins seul, et s'il allait s'affaler ainsi dans leur lit, c'était un signe plus qu'évident qu'il attendait que son calice vienne avec lui.
Harry se détourna néanmoins de Draco et rejoignit rapidement Ron et Hermione dans le salon, à quelques pas de là.
Il se laissa lourdement tomber dans le dernier fauteuil de libre en soupirant. Ron et Hermione l'observèrent intensément pendant quelques secondes, ce qui fit inévitablement rougir le jeune homme. Des images de leurs activités dans la salle de bain, à seulement quelques mètres de là, jaillirent dans son esprit et il tenta vainement de les chasser. Ils savaient que Ron et Hermione étaient conscients de ce qu'il s'était passé dans cette salle de bain, et c'était hautement embarrassant.
-Harry, tu... On voit tes...
L'air clairement embarrassé, Ron désigna son propre cou du bout des doigts. Harry l'observa, perplexe, avant de brusquement comprendre où il voulait en venir. Il rougit instantanément jusqu'à la racine des cheveux et plaqua vivement sa main sur les deux marques qui ornaient son cou. Il les frotta, comme si ça allait les faire disparaître, puis releva le col de son pull en laine jusque sous son menton.
-Désolé, marmonna-t-il, très gêné.
Il n'osa pas regarder Ron. Ils auraient pu le surprendre entièrement nu que Harry n'aurait pas été plus gêné. Hermione paraissait également très embarrassée, et Harry ne put s'empêcher d'esquisser un léger sourire, la situation étant clairement ridicule.
Il garda sa main plaquée sur son cou, à travers son pull, comme s'il avait peur qu'il ne glisse à nouveau.
L'ambiance commençait à devenir intenable, et Harry envisageait finalement de retourner auprès de son vampire, lorsque Hermione soupira fortement. Harry coula un regard timide dans sa direction et la jeune fille lui fit un sourire rassurant.
-Je repensais à quelque chose que tu as dit, Harry, il y a plusieurs jours.
-Ha bon? Demanda le jeune homme.
Il trouva sa voix particulièrement rauque et se racla la gorge, mortifié. Près de lui, Ron avait le visage particulièrement crispé. Harry s'enfonça dans son fauteuil et rabattit le plaid sur lui, comme pour se protéger.
-A propos de quoi?
-A propos du fait que tu ne peux plus parler le Fourchelang, depuis que tu es un calice.
Harry approuva sagement. Il attendit patiemment, avec Ron, que la jeune fille affine sa pensée. Elle semblait hésiter.
-C'est délicat, Harry, dit-elle. As-tu eu des visions de Tu-Sais-Qui depuis la création du lien?
Harry haussa les sourcils. Il réfléchit pendant quelques secondes, se remémorant les derniers mois écoulés. C'est avec surprise et soulagement qu'il se rendit compte qu'il n'avait plus eu de visions de Voldemort depuis des mois. Il fut étonné de ne pas s'en être rendu compte plus tôt, et mit cela sur le compte de sa préoccupation face au lien. Draco occupait toutes ses pensées, et il est vrai qu'il avait peu pensé à Voldemort et toutes ses préoccupations tournant autour du mage noir depuis qu'il était entré sans sa vie.
-Non, répondit-il.
-Ta cicatrice t'a-t-elle fait mal?
-Non, répondit Harry, dont la surprise commençait à laisser place à la perplexité.
Hermione soupira doucement.
-Ne trouves-tu pas étrange que toutes ces caractéristiques qui te liaient, d'une manière ou d'une autre, à Tu-Sais-Qui aient subitement disparu après la création du lien? Tu ne parles plus le Fourchelang, tu n'as plus aucune vision de Tu-Sais-Qui, ta cicatrice ne te fait plus mal.
-Qu'est-ce que ça peut faire? Demanda Ron. C'est une bonne chose, que tout ait disparu, non? Dumbledore a toujours dit que ce lien avec Vous-Savez-Qui était malsain et dangereux.
Harry hocha la tête. Il était lui même soulagé de se rendre compte de la disparition de son mystérieux lien avec Voldemort. Il se sentait soudain libéré d'un poids, maintenant qu'il avait conscience de sa disparition.
-Oui, c'est une bonne chose, approuva-t-il.
-Mais tu n'es pas curieux de savoir ce qui a pu provoquer un tel changement?
Harry haussa doucement les épaules.
-C'est mon lien avec Draco, de toute évidence, répondit-il. Les dates concordent, en tout cas.
Hermione hocha la tête, l'air convaincu. Tous les deux échangèrent un regard et Harry eut l'impression que la jeune fille avait compris plus de choses que lui, comme souvent.
-Comment est-ce possible? Demanda Ron, les sourcils froncés. Comment ton lien avec ce vampire peut-il faire disparaître tes visions, et ton habilité à parler le Fourchelang?
-Je ne sais pas, répondit honnêtement Harry.
Il se tourna vers Hermione qui arborait une expression concentrée. Elle resta pensive pendant de longues secondes, sous le regard impatient des deux jeunes hommes.
-Tu sais que je me suis un peu renseignée sur le lien qui unit un calice et son vampire. J'ai appris que le venin du vampire, qui peut transformer un humain en vampire après une morsure, est au contraire curatif pour un calice. Il lui permet de rester en bonne santé au cours des années, ce qui fait que le calice est bien moins vulnérable aux maladies qu'un humain lambda et que son corps est bien plus résistant aux pertes de sang régulières. Néanmoins, je ne pense pas que ce venin ait pu détruire un lien psychique avec Tu-Sais-Qui. Le fait que tu puisses te glisser dans son esprit, ou que tu parles le Fourchelang, ce n'est pas quelque chose de physique, de concret, que le venin peut détruire, comme il peut détruire un virus ou apaiser la douleur lors de la morsure.
Harry fronçait les sourcils.
-Donc tu ne penses pas que le lien soit à l'origine de ces changements?
Hermione hésita un peu.
-Si, je pense que c'est bel et bien le cas.
-Je ne comprends pas, dans ce cas, affirma Harry.
-Je pense que ton lien avec Draco, son venin, est bel et bien à l'origine de ces changements. Ce que j'essaie de te dire, c'est que pour avoir pu les détruire, il fallait que ce soit...Quelque chose de physique.
-De physique, répéta Harry. Mais ce n'est pas...
-Harry, coupa brusquement Hermione, je pense que tu es un Horcruxe. Ou tout du moins, que tu en étais un.
Un silence tendu suivi cette déclaration, qui glaça Harry d'effroi. Un frisson de terreur pure courut le long de son échine et il tourna vivement la tête pour chercher le soutien de son vampire. Celui-ci était toujours couché sur le lit du haut, les bras croisés derrière la nuque, immobile. Harry savait qu'il écoutait, et poser simplement son regard sur lui le rassura aussitôt et lui permit de penser plus rationnellement.
Il ouvrit la bouche, néanmoins aucun son n'en sortit. Il se sentait comme projeté dans une dimension parallèle.
-Un Horcruxe, répéta-t-il. Comment pourrait-ce être possible?
-Ca expliquerait la provenance de ce lien que tu avais avec Tu-Sais-Qui depuis des années! Le lien avec Draco aurait détruit la part de lui qui était en toi, et c'est pour cela que toutes ces caractéristiques qui te venaient de lui ont aujourd'hui disparu.
Harry ne savait plus quoi dire. Il glissa un regard horrifié vers son vampire et sa seule vue le rassura à nouveau. Draco affichait un air extrêmement serein et, face à son expression, Harry prit alors conscience que ce dont parlait Hermione n'existait plus. Draco n'était ni inquiet, ni horrifié, ni dégoûté, parce qu'il n'était plus cette abomination dont parlait Hermione. Son venin avait protégé son calice de la menace qu'était une partie de Voldemort à l'intérieur de lui. Il était, désormais, juste Harry et apprendre ce qu'il était avant d'être un calice n'avait aujourd'hui plus d'importance.
-L'important, dit-il, c'est que mon lien avec Draco ait détruit tout cela. Ce n'est plus d'actualité. Ca n'existe plus.
En face de lui, Hermione, l'air soucieux, approuva lentement. Harry se tourna brièvement vers Ron, qui fronçait les sourcils avec concentration et inquiétude. Les deux amis échangèrent un regard déterminé. Harry n'était plus un Horcruxe, c'était tout ce qui comptait, finalement.
-Ce que je ne comprends pas, Harry, finit par dire Hermione, hésitante, c'est pourquoi Dumbledore ne t'a rien dit à ce sujet. Si tu étais réellement un Horcruxe... cela signifie que tu aurais dû mourir pour que Voldemort puisse être tué.
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Il pleuvait des cordes à l'extérieur et Harry, Ron et Hermione s'étaient réfugiés à l'intérieur de la tente pour échapper à la tempête qui menaçait. Tous trois s'étaient installés près de l'âtre de la cheminée pour profiter de la chaleur des flammes qui y brûlaient.
Ron avait sorti un jeu miniature d'échec version sorcier, et il affrontait Harry dans une partie qui mettait les nerfs de ce dernier à rude épreuve. Ron n'avait aucune pitié pour lui, et il était en train d'écraser tous ses pions avec une facilité déconcertante.
-Protège ton roi, Harry, lui conseilla Hermione pour la dixième fois de la soirée.
Le jeune homme était en train de se creuser les méninges pour trouver une stratégie qui lui permettrait d'échapper à la reine meurtrière de Ron. Il déplaça sa tour, qui accepta de bouger, non sans ronchonner, pour venir protéger son roi.
Hermione secoua discrètement la tête tout en se replongeant dans son journal. Harry tenta d'ignorer son geste tout en observant, le front plissé, l'échiquier. Il plongea distraitement sa main dans le paquet de chips bien entamé qui se tenait entre ses jambes et, malgré le repas copieux qui avait agrémentait la soirée, il les mit à la bouche goulument.
Il était heureux de retrouver avec ses deux amis un peu de cette complicité qui les avait tant unis, et qu'ils avaient peu à peu perdue au cours des derniers mois écoulés. La soirée paisible qu'ils passaient lui rappelait les nombreuses autres qu'ils avaient partagées à Poudlard, dans la chaleureuse et confortable Salle Commune de Gryffondor.
Il aurait aimé revenir à cette époque là, où ils étaient encore un peu innocents. La vie alors lui paraissait si simple, comparé à tout ce à quoi il devait faire face aujourd'hui.
Draco, qui était à la fois le centre de ses problèmes et le centre de ses solutions, se tenait élégamment assis dans un fauteuil, la tête tournée dans sa direction. Harry savait qu'il le fixait sans ciller, mais n'en était étrangement pas mal l'aise, à croire qu'il commençait à s'y habituer. Le vampire était figé dans une immobilité des plus totales, ce qui le rendait d'autant plus irréel et inhumain. Harry aurait aimé qu'il se montre plus humain, notamment devant ses amis, mais il ne pouvait pas demander au vampire de changer ce qu'il était, juste pour lui faire plaisir. Quand il levait les yeux vers lui, aussi souvent qu'inconsciemment, Harry voyait les flammes de la cheminée se refléter dans ses iris habituellement d'un gris glacial.
A cet instant, le vampire, dans son inhumanité la plus totale, était impressionnant, et Harry comprenait l'inconfort de Ron et Hermione à son contact. Il arrivait à voir en Draco le prédateur qu'il était, chose qui lui faisait si souvent défaut, à lui qui était son calice.
Au contraire de Ron et Hermione, néanmoins, il n'en avait pas peur. Il aurait été capable, et il en avait envie, de s'approcher du vampire, de s'asseoir tout contre lui et de le laisser sans broncher enfouir son visage dans son cou. Tous ces gestes, contre nature, lui auraient procuré beaucoup de plaisir et un bien être sans limite.
Quand il pensait à son comportement plus qu'anormal, et qu'il voyait dans les yeux de Ron et Hermione à quel point ils en étaient choqués et horrifiés, Harry se rendait compte qu'il devenait parfois aussi inhumain que pouvait l'être Draco.
Songeur, Harry ordonna à son fou esseulé de rejoindre la tour dans sa lutte contre l'armée des pièces noires de Ron. Il s'aperçut, trop tard, qu'il avait mal joué. Ron mit son roi en échec avec sa dame.
-Ca me rappelle les soirées à Poudlard, vous ne trouvez pas? Demanda Ron, faisant sans le vouloir écho aux pensées de Harry.
-Si, répondit Harry. Les devoirs en moins.
-Ca c'est un bon point, remarqua Ron.
Ils échangèrent un regard satisfait.
-A l'heure qu'il est, nous serions en train de plancher sur les devoirs de Rogue. "Quelles sont les propriétés de la Pierre de Lune et son influence sur les marées en Amérique du Nord à la pleine lune, lorsque Vénus est alignée à Mars et Saturne mais que le soleil n'a pas brillé depuis deux semaines trois quart?"
Harry explosa de rire. Ron fit mine de plisser le front en réfléchissant intensément, dans une grimace qui rappela à Harry la manière qu'avaient Crabbe et Goyle de le faire. Le jeune homme écrivit quelques lignes sur un parchemin invisible.
-Cette bouse de dragon de Rogue, marmonna Ron. En voilà un qui ne me manque pas.
Harry approuva silencieusement. Parler de Rogue lui faisait revivre sa dernière rencontre avec son ancien professeur, au moment de la mort de Dumbledore. Il sentait irrémédiablement monter en lui cette rage familière qu'il ressentait envers Rogue.
-Si je me retrouve un jour face à lui, grogna-t-il, sans rien ajouter.
Hermione lui jeta un coup d'œil par dessus son journal, mais ne dit rien.
-Et dire que c'est grâce à lui que tu as eu les meilleures notes en potion pendant toute une année, soupira Ron en tentant de détendre l'atmosphère.
Harry fit la moue. Il repensa au vieux livre du Prince de Sang Mêlé et à son choc quand il avait découvert que c'était Rogue qui se cachait derrière ce personnage mystérieux.
-C'est surtout à cause de lui que Harry a failli tuer Malfoy d'un sort de magie noire, remarqua Hermione.
Ron la fusilla du regard.
-Je ne savais pas que tu pouvais manquer de tact, Hermione, lui reprocha-t-il.
La jeune fille leva les yeux au ciel.
-J'espère que personne ne trouvera plus jamais cet horrible livre, dit-elle simplement.
-Il y a peu de chances, répondit Harry. Peu de personnes connaissent l'existence de la Salle sur Demande. Et même en admettant que quelqu'un y pénètre par hasard, il y aurait peu de chances qu'il tombe dessus. Cette salle est un tel labyrinthe!
-Je suis sûr qu'il doit y avoir des tas de choses intéressantes là dedans, dit Ron. Il est dommage que nous n'ayons pas pu la découvrir plus tôt, au cours de nos années à l'école.
Harry approuva silencieusement, songeur. Assis par terre en face de Ron, l'échiquier entre eux, il leva la tête et glissa un regard en direction de son vampire. Impassible, le vampire lui rendit son regard et ils s'observèrent fixement pendant quelques secondes.
-C'était surtout un capharnaüm sans limite, répondit finalement Harry en se tournant à nouveau vers Ron. Mais tu n'as pas à t'inquiéter, Hermione. Moi même, j'étais tellement paniqué que je ne pourrai même pas retrouver l'endroit où je l'ai mis, rigola-t-il en se souvenant de ces folles minutes où il avait parcouru la salle à la recherche d'une cachette infaillible.
-Dommage, marmonna Ron. C'était utile, mine de rien, ce livre. Si on peut venir en aide à d'autres élèves en difficulté en potion.
Harry rigola.
-Tout le monde est en difficulté en potion!
-Sauf Hermione, murmura Ron en se penchant par dessus l'échiquier avec des airs de conspirateur.
Tous deux explosèrent de rire, sous le regard amusé de la jeune fille. Harry plongea sa main dans le paquet de chips, ricanant doucement et secouant la tête.
-Non sérieusement, tu es sûr de ne pas pouvoir le retrouver? Insista Ron.
-Tu comptes vraiment créer une association ayant pour but de venir en aide aux élèves traumatisés par Rogue? Dans ce cas, j'ai le regret de t'avouer que je ne sais pas exactement où j'ai mis le livre. En revanche, je sais qu'il se trouve dans une armoire.
-Une armoire, répéta Ron. Ca va nous aider, tiens.
-Je me souviens y avoir posé dessus un mannequin en plastique avec une horrible perruque verte et un vieux diadème tout bosselé.
-Une perruque verte, répéta Ron. Ca au moins, c'est reconnaissable.
-Ce livre est néfaste. Il n'y aucun intérêt à le retrouver, intervint Hermione.
-On plaisante, Hermione, répondit Ron en lui jetant un regard énamouré.
L'attention des trois jeunes gens fut attirée par un mouvement du vampire. Après des heures d'immobilité totale, Draco changea de position dans son fauteuil, sous le regard interdit de Harry, Ron et Hermione.
-Un diadème? Releva le vampire en étendant les jambes sur la table basse.
-Quoi? Demanda Harry, surpris que le vampire prenne part à la conversation.
Draco n'ajouta rien mais Hermione poussa soudain un petit cri qui fit sursauter les deux jeunes hommes. Harry, surpris, arracha son regard de celui de son vampire et se tourna vers elle.
-Quoi? Répéta-t-il.
-Harry, il a raison! Tu as parlé d'un diadème.
Harry était tellement pris au dépourvu par cette soudaine agitation qu'il mit de longues secondes à comprendre pourquoi Draco et Hermione parlaient soudain d'un diadème. Il mit encore plus de temps à se rendre compte que c'était lui même qui avait parlé en premier de diadème.
-Il y avait un diadème, murmura-t-il dans un souffle à peine audible.
Il sentit une excitation indicible monter en lui et se redressa prestement. En face de lui, Ron arborait une expression perplexe qui lui donnait un air un peu stupide.
-Comment était-il? Interrogea Hermione, fébrile, en mettant de côté son journal.
Harry fronça les sourcils, tentant de se replonger dans ces quelques minutes qui lui avaient alors semblé si peu importantes, mais qui semblaient aujourd'hui capitales. Il se revit se précipiter vers l'armoire, y déposer le livre, fermer la porte et regarder autour de lui à la recherche d'un objet reconnaissable au cas où il devrait revenir chercher le livre. Il se revit flasher directement sur l'horrible perruque verte et y déposer par dessus un vieux diadème trouvé dans un lourd coffret sur une commode.
-Il était très vieux, dit-il, bosselé. Je me rappelle l'avoir trouvé étrangement lourd, car je pense que c'était de l'or. J'en suis sûr même.
Il se tut et comprit dans les regards de ses amis qu'ils s'étaient attendus à plus.
-Tu...Hermione hésita quelques secondes avant d'ajouter: tu n'as rien ressenti de spécial lorsque tu l'as touché?
-C'était un objet attirant, mais j'étais tellement paniqué que je n'y ai pas vraiment prêté attention.
-Attirant pour toi, Harry, tu penses? Insista la jeune fille. Par rapport au fait que...Tu sais, ce que tu étais peut être avant de...D'être un calice.
Harry faillit grimacer en entendant Hermione dire à haute voix et devant tout le monde qu'il était un calice. Tout le monde était au courant, évidemment, mais entendre Hermione le dire rendait la situation que plus irrévocable. Il glissa un coup d'œil vers Draco qui le regardait fixement, un sourcil plus haut que l'autre, semblant chercher à découvrir ce qui perturbait ainsi son calice.
-Je ne sais pas, admit-il doucement. Je ne me souviens pas trop. Tout s'est passé si vite.
Harry n'était guère convaincu. Hermione semblait particulièrement excitée, et Harry observait sa fébrilité d'un air un peu éteint.
-Je ne pense pas que ce soit une coïncidence, Harry, dit-elle. Les diadèmes sont de vieux objets, devenus rares au fil du temps. Qu'est-ce qu'un tel objet faisait dans cette Salle? Cette Salle en particulier, en plus! Harry, il s'agit de la Salle sur Demande!
Harry échangea un regard perplexe avec Ron.
-Et alors? Demanda-t-il.
Hermione soupira, exaspérée et Harry eut à nouveau l'impression de revenir au temps de Poudlard, quand lui et Ron ne comprenaient pas ce qu'elle leur expliquait au sujet de leur devoir. Les deux jeunes hommes sourirent doucement.
-Combien de personnes, parmi tous les élèves qui sont passés à Poudlard au cours des années, connaissent l'existence de cette Salle?
-Peu, répondit Harry, de plus en plus perplexe.
Hermione approuva. Elle attendit quelques secondes une réaction de Harry, mais face à la perplexité profonde du jeune homme, elle soupira de plus belle. Draco ricana doucement et tous les trois se tournèrent vers lui, étonnés. Le vampire fixait son calice, comme toujours, un sourire moqueur aux lèvres. Harry haussa les sourcils dans sa direction, mais le vampire se contenta de secouer doucement la tête.
Au bout de quelques secondes d'un silence interloqué, les trois jeunes se refirent face, et Hermione s'exclama:
-Je pensais que tu le connaissais mieux que ça, Harry.
-Qui ça? Demanda Harry dont tout l'esprit était concentré sur Draco.
-Tu-Sais-Qui!
Harry écarquilla les yeux. Il ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Comme si, tout à coup, il venait de comprendre parfaitement toute la conversation, il fit le lien entre ce qu'avait dit Hermione, et ce qu'elle essayait de lui faire comprendre depuis quelques minutes.
Il pensa à Voldemort, un peu vexé qu'on lui rappelle à nouveau à quel point il arrivait à bien le comprendre. Il fit le lien entre Voldemort et la Salle sur Demande, et, en à peine quelques secondes, tout lui sembla parfaitement clair.
-Je crois qu'il vient de comprendre, marmonna Ron qui lui, ne semblait pas avoir compris du tout.
-Hermione a raison, dit-il en se mettant à genoux, incapable de rester sagement en tailleur. Ca me paraît évident! Ecoutez. On sait que peu de personnes connaissent l'existence de la Salle Sur Demande. C'est un lieu très secret et pratiquement impossible à trouver. Maintenant, imaginez, une seconde, que Tom Jedusor, qui était obsédé à l'idée de découvrir toutes sortes de magie que renfermait l'école, ait découvert l'existence de cette Salle. Dans son orgueil, il aurait tout à fait pu penser, et c'était peut-être le cas à l'époque, être le seul à connaître l'existence de cette Salle. Il a dû se sentir supérieur d'avoir découvert quelque chose à Poudlard qu'aucun élève ne connaissait, fier que Poudlard lui ait révélé l'un de ses secrets.
Ron le fixait sans ciller, la bouche entre-ouverte, tandis que Harry déversait les mots tels qu'ils lui venaient à la bouche. Au fur et à mesure qu'il parlait, tout faisait sens dans son esprit.
-Tu penses que Tu-Sais-Qui a choisi la Salle sur Demande pour cacher son Horcruxe? Demanda-t-il.
-On sait qu'il a choisi des lieux symboliques et importants à ses yeux et j'ai toujours su que Poudlard en faisait partie. La Salle sur Demande se trouve au cœur de Poudlard et elle est la représentation parfaite de la magie insaisissable de l'école, difficile à découvrir, difficile à comprendre, difficile à maîtriser et à manier. Dumbledore lui-même n'a jamais compris comment fonctionnait cette Salle. C'est la cachette idéale. Impénétrable, introuvable, secrète, et au nez et à la barbe même de Dumbledore. Jedusor a du trouver cela particulièrement divertissant. Il a du adorer l'idée que l'un de ses Horcurxes se trouve à l'intérieur de l'école que Dumbledore a si longtemps dirigée, juste sous son nez.
Hermione hochait doucement de la tête et Harry fut satisfait de voir que ce qu'il disait prenait sens pour elle.
-Mais comment l'y aurait-il mis? Demanda Ron en fronçant les sourcils.
-Lorsqu'il est revenu demander un poste de professeur à Dumbledore! Dumbledore m'a lui-même dit qu'il ne savait pas pourquoi Jedusor avait pris la peine de venir le rencontrer alors qu'il savait pertinemment que le poste lui serait refusé. Il a du profiter d'être introduit à Poudlard pour y cacher son Horcruxe en son sein. Tout fait sens. Plus j'y pense, plus je suis persuadé que la Salle sur Demande est l'endroit idéal. Dans son arrogance, il a du penser que personne ne pourrait jamais trouver cette salle, qu'il était le seul privilégié à y avoir accès, qu'il était et resterait le seul à en connaître l'existence. Pour lui, son Horcruxe est pleinement en sécurité.
Harry fit une pause, de plus en plus excité. Il se releva pleinement et observa ses deux amis, qui ne disaient rien, mais qui hochaient doucement la tête en signe d'assentiment.
-Je savais! S'exclama-t-il en souriant. Je savais qu'il avait forcément mis l'un de ses précieux Horcruxes à Poudlard, sa première maison, mais je n'aurais jamais pu imaginer un lieu plus parfait et plus à son image que la Salle sur Demande.
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Et voilà pour ce chapitre! Bon, c'est un petit chapitre transitoire, mais bien utile, comme vous avez du le remarquer :) Que pensez-vous de toutes ces révélations, ou prises de conscience?
Comme vous vous en doutez, le prochain chapitre marquera le début de leurs aventures à Poudlard! Draco au milieu de tous ces élèves, ces professeurs, ces Mangemorts, avec son calice au milieu... Tout ne va pas être facile pour lui xD
On approche dangereusement de la fin, même s'il reste encore de beaux chapitres!
Passez tous une bonne semaine et à samedi!
Natom, 28/06/14
