Hello!
Ca y est, je suis en vacances, et en France! :p Ca ne veut pas dire que j'aurais plus de temps pour écrire, peut être même le contraire, mais je fais de mon mieux pour tenir les délais! Il ne reste que quelques chapitres à publier, et je m'accroche pour continuer à publier tous les samedis, même si je vous avoue que c'est de plus en plus dur!
Merci comme d'hab' à tous les guests qui ont pris le temps de laisser une review: Guest, Kisis, Anonyme, Sasunaruchan, Celine, Ekateri, Sélènè, didou, Cloptre!
Et enjoy!
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Chapitre 50
Le sentiment de culpabilité est un aiguillon puissant
Paul Auster
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Hermione et Ron avaient eu l'air impressionné à la vue du diadème en or arborant les blasons de la maison Serdaigle. Harry le leur avait fièrement exhibé, heureux de leur prouver qu'il ne s'était pas trompé.
A présent, le jeune homme tenait fermement dans sa main droite la lourde épée de Gryffondor et, sous le regard à la fois méfiant et intense de son vampire, il s'apprêtait à porter à l'Horcruxe un coup fatal. Après cela, il ne resterait plus qu'à tuer le serpent, et Voldemort serait redevenu mortel. Cette perspective enchantait Harry autant qu'elle l'angoissait. Le mage noir était le seul obstacle qui lui barrait la route de son avenir, et jamais il n'avait eu autant envie d'en finir. Pourtant, et malgré la présence de Draco à ses côtés, il ne pouvait s'empêcher de craindre sa confrontation avec le Seigneur des Ténèbres. Même s'il s'était montré confiant, il ne pouvait cependant pas ignorer que Voldemort était bel et bien puissant, et bien décidé à en terminer avec lui.
Harry jeta un coup d'œil en biais à Draco, qui, comme toujours, avait son regard anthracite posé sur lui. Croiser son regard le rassura aussitôt, et il esquissa un sourire timide en direction de son vampire impassible. Puis il refit face au diadème, posé à même le sol poussiéreux de la Salle aux Objets Cachés.
Prenant une profonde inspiration, il leva l'épée au dessus de sa tête et, d'un geste vif et puissant, il en abattit la lame tranchante sur l'objet en or. Aussitôt, une épaisse fumée noire s'échappa de l'objet qui se mit à trembler en sifflant dangereusement.
Harry sentit plus qu'il ne vit le bras de Draco se glisser autour de sa taille, protecteur, et il fut plaqué avec puissance contre le torse du vampire. Mais il n'y avait aucun danger. Le diadème se contenta de trembler sur le sol pendant quelques secondes, et la fumée se dissipa bientôt dans l'air. Ne resta plus qu'un diadème bosselé, au métal tordu par la force du coup, qui brillait innocemment sur les dalles poussiéreuses.
Harry, Ron et Hermione le fixèrent longuement, réalisant à peine qu'ils venaient de détruire un autre Horcruxe.
-Plus qu'un, murmura Hermione dans le silence profond qui avait envahi l'immense salle.
Harry se laissa aller contre le torse de son vampire, approuvant doucement. Il sentit Draco se pencher derrière lui, et ses lèvres fraiches embrassèrent délicatement la peau tendre de son cou. Ce simple geste déclencha un frisson incontrôlable chez Harry qui, gêné, laissa néanmoins son vampire s'emplir de son odeur.
Lorsque Ron et Hermione relevèrent finalement la tête de leur contemplation de l'Horcruxe, Draco libéra Harry qui s'empressa de mettre un peu de distance entre eux, sous le regard embarrassé de ses amis. Hautement satisfait, il donna un coup de pied dans le diadème, qui échoua sous un meuble, à quelques mètres de là, déjà oublié.
Harry se passa sa main libre dans les cheveux pour dégager les mèches ébènes qui lui tombaient devant les yeux et refit face à ses amis.
Ron et Hermione affichaient le même air satisfait que lui, et tous trois échangèrent un regard fier.
-Il ne reste que le serpent, affirma Harry, déterminé.
Ron et Hermione approuvèrent. Harry se tourna vers Draco, et son sourire s'évanouit instantanément face au regard impassible que le vampire posait sur lui.
Il se rappela alors brusquement que Voldemort se trouvait aux portes de l'école, probablement soutenu par toute une armée de Mangemorts. Il s'apprêtait certainement à attaquer l'école, qui n'était défendue que par des murs millénaires, des professeurs dépassés et des élèves paniqués.
Harry regarda Draco avec appréhension. Il craignait que le vampire ne décide subitement de céder à son désir intense de le voir en sécurité. Si Draco décidait tout à coup de quitter le château, Harry avait conscience qu'il n'arriverait pas à le faire changer d'avis et qu'il devrait inévitablement se soumettre à son envie.
-Le serpent se trouve forcément ici, dit-il à son intention. Avec Vous-Savez-Qui. Nous pouvons l'avoir dès ce soir. Nous pouvons en finir maintenant, Draco.
Son ton se fit suppliant sur la fin, mais il n'y prit pas garde.
Le vampire ne dit rien, mais Harry voyait dans son regard qu'il doutait. A cet instant, il aurait aimé ne pas avoir parlé à Draco de la Prophétie. A présent, le vampire savait qu'il devrait être celui qui tuerait Voldemort, et Harry savait que rien ne pouvait plus angoisser Draco que l'idée de le savoir face au Seigneur des Ténèbres.
Ils étaient tous plongés dans un silence tendu et indécis lorsqu'un bruit assourdissant retentit dans le château. Les murs tremblèrent et un nuage de poussière tomba du haut plafond. Harry recula instinctivement de quelques pas tandis que Draco se rapprochait instantanément de lui.
-Qu'est-ce que c'est? Demanda Ron en regardant autour de lui. Que s'est-il passé?
Harry leva les yeux vers le plafond. Il s'attendait à un nouveau choc, mais rien de vint. Le silence s'était réinstallé au sein de la vaste pièce, comme si rien ne s'était passé. Il échangea un regard paniqué avec Ron et Hermione et répondit:
-Je crois que Vous-Savez-Qui attaque le château.
Face à cette affirmation, qui ne rendait la situation que plus réelle, tous les trois ne purent rien dire. Ils restèrent figés sur place pendant de longues secondes, l'oreille aux aguets sans que rien d'autre ne se passe. A l'abri dans la Salle sur Demande, auprès de son vampire, Harry imaginait la panique qui devait se dérouler en dehors des murs protecteurs de la Salle et il se sentait impuissant.
-Ils vont évacuer les élèves par ici, se rappela soudain Hermione. Il faut sortir où ils ne pourront pas y pénétrer.
Harry sursauta. Il avait totalement oublié ce détail et l'idée des élèves agglutinés devant la Salle Sur Demande le fit culpabiliser. Il s'apprêtait à s'élancer vers la sortie à la suite de ses amis lorsque Draco le retint. Le vampire, sans un mot, s'empara de l'épée de Gryffondor que son calice tenait toujours. Il l'examina attentivement pendant quelques secondes, puis se tourna vers Harry.
-Je m'occupe du serpent, affirma-t-il d'un ton sans réplique.
Harry, trop impressionné pour oser répondre, se contenta d'hocher la tête. L'image de Nagini se dressant au dessus de lui pour l'attaquer lui traversa l'esprit, et il fut secrètement soulagé de savoir que Draco comptait se charger de cet Horcruxe bien moins inoffensif que les autres.
-Pendant ce temps, continua le vampire en le vrillant de son regard anthracite, tu resteras là.
-Quoi? S'exclama aussitôt Harry, qui n'en croyait pas ses oreilles. Je...
-Tu restes là, Potter, répéta fermement Draco. J'ai besoin de te savoir en sécurité. C'est soit cela, soit je te ramène chez Blaise, tu m'entends?
Harry déglutit. Il jeta un regard à Ron et Hermione, mais savait déjà qu'aucun d'eux ne prendraient le risque de venir à son secours. Il s'imagina tourner en rond à l'abri dans la Salle sur Demande pendant qu'à l'extérieur, tous ses amis se battaient contre Voldemort et les larmes lui montèrent aux yeux.
-Draco, souffla-t-il tandis que Ron et Hermione, impatients, avaient déjà fait quelques pas en direction de la sortie. Je ne peux pas rester ici pendant que...
Le vampire le transperça de son regard métallique et les mots de Harry se bloquèrent dans sa gorge. Draco franchit la distance qui les séparait et il s'empara violemment du menton de son calice. Il lui fit lever la tête jusqu'à ce que leurs deux regards se croisent et ordonna:
-Tu restes ici, Potter.
Hypnotisé et soumis, Harry ne put qu'approuver silencieusement. L'aura accablante de Draco l'écrasait de domination et de charisme, et il se sentait incapable d'y faire face. Intérieurement, il bouillait. La colère montait en lui face à cette injustice, ainsi que le désespoir.
-Je suis l'Elu! S'exclama-t-il. C'est moi qui doit le tuer, c'est écrit dans une Prophétie. Vous ne pouvez pas m'ordonner de rester là.
-Si je peux, rétorqua le vampire. Et je le fais.
-Vous n'êtes pas mon père! Vous n'avez pas le droit de prendre des décisions pour moi, insista Harry dont les yeux brillaient de colère.
Ron et Hermione s'étaient éloignés, marchant impatiemment vers la sortie tandis que Harry restait aux prises avec son vampire. Il ne pouvait détacher ses yeux de ceux hypnotiques de son vampire et sentait la force et la colère de celui-ci l'oppresser. Draco ne plaisantait pas, jamais quand il en allait de sa sécurité, et en d'autres circonstances, Harry n'aurait pas oser le défier. Mais cette fois-ci, il était impensable pour lui de rester en arrière.
-Je suis ton vampire et tu m'appartiens. Je fais ce que je veux de toi.
Le ton de Draco était calme et sec, mais c'était bien pire que s'il avait crié. Il essuya sans s'émouvoir les larmes qui coulaient sur les joues de son calice et l'écrasa de son regard implacable.
-Je vous appartiens en tant que calice, rétorqua Harry, désespéré. Je suis juste votre calice, pas votre enfant, ni votre marionnette!
-Et un calice obéit à son vampire. Il se soumet à son vampire. Je t'ordonne de rester ici, Potter, et tu vas obéir.
Les doigts de Draco enserraient son menton avec force, et Harry n'avait aucun moyen de se soustraire à son regard inflexible. Ses ongles se plantaient dans la peau pâle des poignets de son vampire, mais Draco ne cillait pas.
-Sinon quoi? Souffla-t-il.
Draco plissa les yeux, menaçant. Il approcha son visage de celui de Harry en le vrillant de son regard métallique. Le cœur de Harry semblait vouloir s'échapper de sa poitrine et il était certain que Draco l'entendait.
Harry s'attendait à des menaces, mais la réponse du vampire fut totalement inattendue:
-Sinon tu te feras tuer.
Le jeune homme cilla. Il ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Pendant quelques secondes, tous deux se fixèrent intensément, ressentant grâce au lien le trouble et la colère de l'autre. Pour la première fois, Harry ressentit pleinement l'angoisse que le danger planant autour de lui faisait naître chez Draco, et il fronça les sourcils.
-J'ai survécu toutes ces années sans vous, je peux encore le faire. Vous me sous-estimez, je sais me battre.
-Ne désobéit pas, Harry, répondit Draco.
Draco lui jeta un regard sévère avant de s'emparer de son bras et de le tirer à sa suite à travers le dédale de la Salle aux Objets Cachés. Le vampire marchait vite, et Harry dut courir pour suivre son pas. Ron et Hermione étaient déjà sortis de la Salle lorsque Harry et Draco suivirent. Le couloir était envahi d'élèves qui poussèrent tous des cris excités en apercevant Harry. Le jeune homme évita leurs regards et les bras qui se tendaient vers lui, trop énervé et honteux pour répondre.
Ron se chargea de rouvrir la Salle sur Demande et, à peine la porte apparut-elle, que les élèves se précipitèrent à l'intérieur. Les préfets présents tentaient de contrôler le flot paniqué des élèves, et leurs cris eurent tôt fait d'augmenter l'agacement de Harry.
Neville apparut soudain devant eux, essoufflé et un immense sourire éclairant son visage. Il donna une claque bruyante dans le dos de Harry, sans s'apercevoir de la mine morose du jeune homme.
-On va se battre, Harry! S'exclama-t-il. Nous avons prévenu l'Ordre grâce aux pièces d'Hermione, et nous allons défendre le château.
Harry se força à sourire, mais il eut conscience de faire piètre impression. A cet instant, il se sentait si lâche et si misérable qu'il en aurait pleuré devant tout le monde. Il n'osait regarder Draco, qui se tenait près de lui, observant la foule des élèves passer devant lui d'un air impavide.
-Ne t'en fait pas, Harry, ajouta Neville en voyant son expression pitoyable, on sait tous dans quoi on s'implique. Il n'est pas question que Tu-Sais-Qui pénètre à Poudlard, nous y veillerons.
Harry approuva sans rien dire.
-Vous devriez aller dans la Grande Salle. Tout le monde a du mal à croire que tu es réellement ici, Harry. McGonagall répartit les tâches pour chacun, et je suis chargé de la Tour d'Astronomie. De là haut, nous pourrons avoir une vue d'ensemble de ce qu'il se passe.
A nouveau, Harry approuva et après un dernier regard soucieux, Neville tourna les talons et partit dans la direction inverse. Harry le regarda s'éloigner, le coeur serré.
A peine Neville fut-il parti, que Draco se tourna aussitôt vers lui et posa sur lui un regard sévère. Incapable de le soutenir, Harry baissa les yeux sur ses chaussures. Le vampire se pencha vers lui et Harry contint sa colère du mieux qu'il put. A cet instant, il aurait pu pour la première repousser le vampire sans remord.
-Tu vas à l'intérieur, Harry, et tu n'en sors pas tant que je ne reviens pas te chercher, est-ce que tu comprends?
Harry avait les larmes aux yeux. Ne voulant pas se donner en spectacle devant les élèves, il se détourna d'eux et approuva silencieusement, tentant d'éviter les regards curieux que posaient sur lui les élèves. Il en voulait terriblement à Draco, et n'était pas sûr de pouvoir un jour lui pardonner une telle traîtrise.
Il se tourna vers Ron et Hermione, qui le fixaient tristement. A leurs regards, Harry comprit que ses amis ne resteraient pas avec lui. Ils semblaient particulièrement gênés, et Harry sentit la jalousie monter en lui comme un poison. Ce n'était pas leur faute, mais il fut incapable de la repousser.
-Nous...Nous allons dans la Grande Salle pour voir ce qu'il se passe, affirma timidement Hermione.
Avant que Harry ne puisse répondre, ils avaient tous les deux disparu dans la foule, et un poids énorme tomba sur le coeur de Harry.
Rageur, il tourna donc les talons sans jeter un seul regard à Draco et se faufila entre les élèves pour se réfugier dans la Salle sur Demande, humilié.
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Draco n'était jamais venu à Poudlard. Il était déjà un vampire de quelques décennies lorsque l'école avait été érigée, et se trouvait alors à l'autre bout du monde. Il en avait entendu parler, évidemment, car l'école britannique était aujourd'hui devenue l'une des écoles de sorcellerie les plus réputées au monde. Néanmoins, il ne s'y était jamais réellement intéressé, du moins pas avant de voir un certain Harry Potter débouler dans son existence comme un boulet de canon.
Le jeune homme avait réussi à éveiller sa curiosité, ce qui était en soit un véritable exploit. Draco avait perdu toute curiosité depuis des décennies. Harry, lui, avait réalisé cet exploit, et ce seulement en parlant.
Lorsque Harry parlait de Poudlard, il débordait de lui un sentiment puissant d'euphorie et d'excitation, que Draco avait du mal à s'expliquer. Ses yeux brillaient, un sourire réjoui illuminait son visage, et il parlait avec entrain et allégresse. Harry pouvait parler de Poudlard pendant des heures. Il évoquait des souvenirs qui émouvaient peu Draco, il parlait de ses amis pour lesquels Draco n'avait aucun intérêt, il racontait ses cours, parlait de ses professeurs, ses soirées dans la Salle Commune de Gryffondor, ses déboires et ses aventures, et Draco l'écoutait d'une oreille peu attentive, se contentant d'apprécier le corps chaud du jeune homme qu'il tenait serré contre lui.
En règle générale, Draco comprenait peu Harry. Ses émotions, ses réactions, ses états d'âme, ses sentiments, tout cela lui était particulièrement étranger et il évitait, en général, de trop chercher à comprendre l'humain étrange qu'était son calice. Harry était pour lui particulièrement imprévisible, ce qui était frustrant. Néanmoins, il se doutait que le jeune homme le comprenait aussi peu que lui comprenait Harry, ce qui n'était finalement que justice.
Leur incompréhension mutuelle l'un de l'autre n'était plus à démontrer, mais Draco s'en accommodait finalement assez bien. Il n'avait pas besoin de comprendre Harry pour savoir ce dont il avait besoin, ou envie.
Cependant, Draco avait toujours eu particulièrement de mal à comprendre cette joie qui animait Harry à la mention de Poudlard. Ce n'était, après tout, qu'une école. Et même si Draco comprenait peu de choses aux humains, il savait cependant que peu d'entre eux aimait l'école. Ce n'était visiblement pas le cas de Harry.
De ce que Draco savait de Harry, le jeune homme n'avait jamais été un élève particulièrement brillant. Il y avait de nombreuses matières qu'il n'appréciait pas, des professeurs qu'il haïssait et, de ce qu'avait appris Draco, il lui était arrivé dans cette école plus de malheurs que n'importe où ailleurs, ce qui n'était pas peu dire.
C'est en déambulant dans les couloirs sombres et froids de la fameuse école, que Draco se fit la réflexion inédite qu'il commençait peut être à comprendre Harry, du moins jusqu'à un certain point. Il lui semblait tout du moins comprendre l'excitation que ressentait le jeune homme en la mentionnant.
Il transparaissait de l'école toute entière une atmosphère surnaturelle que Draco avait rarement vue ailleurs. La magie qui flottait dans l'air semblait si intense qu'elle en paraissait palpable. Elle vibrait contre les murs millénaires, elle pétillait dans l'air et se heurtait à Draco avec intensité. Draco avait l'impression de l'avaler, de la respirer, de la boire. S'il avait possédé une baguette magique, il l'aurait probablement senti vibrer dans son poing, senti sa puissance et son instabilité.
Draco n'aimait guère la magie. Du moins pas depuis qu'il en avait été privé en devenant un vampire, mais la sentir ainsi tournoyer autour de lui était agréable.
Il imagina Harry déambuler dans ces mêmes couloirs au cours des années, entouré de ses amis qu'il chérissait tant et avide de connaissances, et il comprit un peu ce que pouvait ressentir le jeune homme en repensant à ces années là. Malgré ses longs corridors sombres et impersonnels, l'école avait quelque chose de chaleureux, et Draco se demanda si ce n'était pas la magie dont elle était imprégnée qui donnait cette impression.
Il savait que Harry avait considéré Poudlard comme sa première et unique maison, et même s'il comprenait mal, encore une fois, pourquoi, il concevait que le jeune orphelin ait pu s'y sentir chez lui.
Draco se demanda s'il était dur pour Harry de revenir en ces lieux, en de telles circonstances. Il n'avait pas senti Harry particulièrement nostalgique de revenir, mais les retrouvailles avec tous ses amis lui avaient probablement sorti ses idées sombres de la tête.
A l'heure actuelle, tout ce que Draco sentait de Harry, c'était une colère sans nom. Il en était d'autant plus touché qu'il savait qu'il en était le responsable et la cible. Harry lui en voulait de l'avoir ainsi écarté, mais la seule pensée qu'il puisse courir le moindre danger était pour Draco insupportable. Il ressentait ce besoin primal et instinctif de savoir son calice en sécurité. Déjà, depuis qu'ils avaient quitté la clairière dans laquelle ils campaient depuis deux jours, il se sentait déchiré de l'intérieur.
Harry n'était pas en sécurité. Il était même en danger. Le Seigneur des Ténèbres voulait le tuer, ses Mangemorts étaient après lui. Et Harry se trouvait dans le même château que celui que Voldemort s'apprêtait à attaquer.
Quelques mois auparavant, Draco n'aurait pas réfléchi à deux fois. Il aurait amené Harry, contre son gré et sourd à toutes ses protestations et supplications, à l'autre bout de la terre, là où rien ni personne ne pourrait jamais l'atteindre. Il aurait fait face à la haine et la colère du jeune homme, à son indifférence forcée et n'aurait jamais cédé à son envie de le contenter.
Aujourd'hui, non seulement il avait accepté d'accomplir cette mission laissée par son ancien directeur, mais il avait en plus accepté que le jeune homme l'accompagne. Draco ne savait pas ce qui le poussait ainsi à céder au jeune homme, mais ce besoin de lui faire plaisir, de le contenter se heurtait violemment à son envie de le protéger.
Laisser Harry seul dans cette pièce, lui tourner le dos, s'éloigner de lui tout en sachant que le jeune homme n'était pas en sécurité était aller à l'encontre de sa nature la plus profonde. Un vampire ne pouvait supporter de savoir son calice en danger, de n'être pas à ses côtés et de s'éloigner de lui.
Pourtant, Draco avait conscience qu'il avait l'occasion de voir Harry en sécurité partout et toujours. Il y avait une chance, ce soir, pour que le Seigneur des Ténèbres ne soit plus, et que tout ce danger et cette angoisse qui pesaient sur Harry depuis qu'il l'avait rencontré cessent enfin. Pour ce résultat, Draco était prêt à sacrifier quelques minutes loin de son calice pour une éternité de paix.
Serrant fortement l'épée dans son poing, il était déterminé à trouver le serpent et à l'anéantir.
En descendant vivement les marches menant au hall d'entrée, Draco tentait de chasser cette pensée qui courait dans sa tête. Lui qui se disait ne pas le comprendre, il lui semblait pourtant arriver à suffisamment décrypter le mode de fonctionnement de son calice pour savoir qu'il y avait peu de chances pour que Harry reste sagement en arrière.
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En tournant vivement à l'angle d'un couloir du deuxième étage, Draco se retrouva nez à nez avec deux Mangemorts, un homme et une femme. Ils portaient de longues capes noires, avec l'emblème de l'école brodé sur le torse. Tous trois s'observèrent pendant quelques secondes, aussi surpris les uns que les autres par cette soudaine apparition, et les Mangemorts brandirent vivement leurs baguettes.
Draco haussa un sourcil sans esquisser le moindre geste, et le sortilège que lança la femme en noir le heurta de plein fouet. Le vampire ne cilla pas. Il se contenta de regarder l'air déterminé des deux Mangemorts se changer en expression étonnée, puis horrifiée.
-Je cherche le Seigneur de Ténèbres, informa-t-il calmement.
Les Mangemorts avaient reculé de plusieurs pas, leurs baguettes tremblantes au bout de leurs bras. Draco pouvait sentir la peur émaner d'eux, il pouvait entendre les battements effrayés de leurs cœurs qui, jadis, l'auraient assoiffé.
Il avança de quelques pas, suivant tranquillement les Mangemorts qui continuaient à reculer vivement le long du couloir.
-Où se trouve-t-il? Insista-t-il.
Tout en avançant, il leva l'épée de Gryffondor, et les deux Mangemorts louchèrent dessus avec angoisse. La lame et la poignée incrustée de diamants scintillaient doucement sous la lueur des chandeliers. De la pointe de l'épée, il tapota la baguette de la femme qui s'empressa de reculer hors de portée de l'objet tranchant.
Dans sa précipitation, elle trébucha et tomba lourdement sur le sol. Sa baguette lui échappa et roula à quelques mètres de là, disparaissant dans l'ombre sans un bruit.
-Amycus! S'exclama-t-elle en direction de l'autre Mangemort qui avait continué à reculer.
Il lui jeta un regard affolé avant de revenir poser ses yeux noirs sur le prédateur qui leur faisait face. Imperturbable, Draco empêcha la femme de se relever en lui assenant un coup du plat de l'épée dans les jambes. Elle s'effondra à nouveau sur le sol et Draco esquissa sans broncher le sortilège que lui envoya le dénommé Amycus.
-Où se trouve le Seigneur des Ténèbres? Répéta-t-il sèchement.
-Je ne sais pas! Répondit enfin la femme en tentant, à nouveau, de se relever, sans plus de succès. Nous ne l'avons pas vu.
Pour la deuxième fois, une bruyante déflagration retentit non loin, et les murs du château tremblèrent. Les vitres des fenêtres explosèrent violemment, répandant des éclats de verre acérés tout autour d'eux. Les deux Mangemorts se protégèrent le visage de leurs bras alors que le verre tombait au sol dans un bruit aigu. De la poussière tomba du plafond en tournoyant, tandis que des cris affolés se faisaient entendre par les fenêtres.
Draco était en train de se demander s'il y avait des chances pour que le château s'effondre et si, dans ce cas, il ne ferait pas mieux de retourner auprès de Harry. Par les fenêtres éventrées, le bruit des combats qui se déroulaient en contrebas se faisait plus fort.
Des cris de souffrance et de désespoir résonnaient depuis le parc, mais Draco y resta insensible. Harry était en sécurité dans la Salle sur Demande, c'était tout ce qui comptait.
Il sentait l'excitation monter en lui. C'était cela qu'il était venu chercher en revenant en Angleterre. La guerre, comme prévu, était la meilleure des distractions. Néanmoins, la présence nouvelle de Harry à ses côtés gâchait un peu son impression. Il était revenu en Angleterre dans le but de se divertir par la guerre, et il se retrouvait avec un précieux calice à protéger. Evidemment, la saveur n'en était pas la même et ce qui n'était à la base qu'un simple jeu divertissant, c'était transformé en un capharnaüm angoissant.
Un vampire se devait d'être auprès de son calice. Ce n'était pas la loi qui l'exigeait, c'était son instinct. Harry courait un grand danger, et le fait de ne pas être auprès de lui pour s'assurer qu'il allait bien semblait lui ronger les entrailles. Depuis qu'il avait accepté son addiction au sang, Draco n'avait plus essayé d'aller à l'encontre de sa nature. Il n'avait par ailleurs pas souvenir que c'était aussi dur et douloureux.
Il s'avança jusqu'à dominer la femme de toute sa taille et plaça le tranchant de la lame au niveau de sa gorge.
-Où se trouve le Seigneur des Ténèbres? Répéta-t-il hargneusement.
Il appuya la lame et elle glapit de peur. Elle semblait incapable de s'arracher à son regard anthracite, et Draco la fixa sans ciller, la tenant prisonnière à la fois de son arme et de son magnétisme. L'autre Mangemort se tenait à quelques mètres de là, figé sur place, la baguette brandie mais inutile. Il regardait la scène, horrifié, sans oser intervenir.
-Il doit certainement être dans le parc, avec ses Mangemorts, s'écria-t-il.
Draco leva le regard vers lui.
-Le serpent est-il avec lui?
-Le serpent est toujours avec lui, répondit-il précipitamment.
Draco fouilla le regard du Mangemort à la recherche du mensonge qui pouvait s'y trouver. Au bout de quelques secondes d'un silence tendu, il retira l'épée de sous la gorge de la femme, qui hoqueta en s'agrippant le cou. Elle porta ses mains devant ses yeux pour constater l'absence de sang et, avant qu'elle n'ait pu faire ou dire quoique ce soit d'autre, Draco planta profondément la lame de l'épée dans sa poitrine.
Elle hoqueta en sursautant, tandis que l'autre Mangemort hurlait derrière elle. Il lança un avada kedavra en direction de Draco qui l'évita habilement sans lever les yeux vers lui. D'un geste ample, il retira l'épée du corps de la femme qui s'écroula au sol, parcourue de spasmes.
En moins d'une seconde, Draco se tenait devant Amycus et l'agrippa violemment par le cou. Il le plaqua contre le mur et le souleva de quelques centimètres au dessus du sol, observant sans ciller son regard paniqué empli de larmes. Il lâcha sa baguette pour venir agripper le poignet de Draco qui le tenait fermement et tenta de le griffer pour lui faire lâcher prise. Ses ongles laissèrent des traces blanchâtres sur la peau du vampire, qui ne broncha pas.
Il ne lâcha le Mangemort qu'au bout de longues secondes, lorsque tout son corps s'affaissa sous sa poigne et que sa tête retomba contre le mur. Son corps s'affaissa le long du mur dans un froissement de tissu, et, sans un regard en arrière, Draco reprit son chemin en direction du parc.
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L'immense hall d'entrée de l'école était en proie à de sanglants combats. Les Mangemorts, largement reconnaissables dans leurs lourdes robes noires, semblaient avoir envahi tout l'espace et les élèves et professeurs de Poudlard avaient du mal à les garder à distance.
Draco plissa les yeux en balayant du regard l'imposant hall, du haut de l'escalier à impériale où il se trouvait. Les bruits multiples qui retentissaient tout autour de lui heurtaient ses tympans sensibles. L'odeur du sang flottait jusqu'à lui, et il inspira profondément. A nouveau, il prit conscience d'à quel point son calice l'avait changé. Quelques mois auparavant, il aurait eu l'impression de se trouver au paradis, tel un alcoolique entrant par mégarde dans une cave emplie des meilleurs vins du monde. Il aurait pris plaisir à goûter le liquide vermeil qui coulait des blessures des Mangemorts comme des élèves et se serait empli de leur liquide vital jusqu'à en avoir une sensation de trop plein.
Il se serait soumis, tel un esclave, à cette odeur et ce goût si divin qu'avait pour lui le sang, et il aurait été heureux d'en être le serviteur obéissant.
Aujourd'hui, Draco était toujours esclave. Il s'était depuis longtemps résigné à son existence d'esclavage, et avait appris à faire avec, voire à s'en délecter. Néanmoins, la différence majeure était que tout ce sang le laissait hautement indifférent. Il savait que s'il l'avait goûté, il en aurait été écœuré et malade.
Draco n'était aujourd'hui dépendant que d'un seul et unique sang, et c'était celui de Harry Potter. Et c'est pour ce sang, ce maître, qu'il se tenait ici, luttant contre son instinct impitoyable qui exigeait de se trouver auprès de son précieux calice. Harry serait à lui pour l'éternité, mais pour cela, il avait besoin de savoir que plus aucune menace ne planait, menaçante, au dessus de lui.
Le Seigneur des Ténèbres devait être éradiqué, et il le serait ce soir.
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Dès qu'il posa un pied dans le hall d'entrée, un Mangemort fondit sur lui, baguette brandie. Draco évita habilement le sort de magie noire qu'il lui lança, et d'un coup sec et violent, il le passa au fil de son épée. Lorsqu'il la retira, le Mangemort, crachant du sang, s'écroula au sol, le regard empli d'un ébahissement douloureux.
Draco enjamba son corps et se dirigea vers les hautes portes à double battant, grandes ouvertes. Les sortilèges fusaient tout autour de lui et il prenait à peine le temps de les éviter. Les sorciers se battaient partout dans le hall, et les cris de la bataille résonnaient partout.
Draco ne ressentait rien à voir les sorciers se déchirer autant autour de lui. Il se sentait étranger à tout cela, indifférent à la souffrance humaine, qu'il ne comprenait plus. Il n'était par ailleurs pas sûr de comprendre pourquoi tout ce monde se déchirait ainsi. Etait-ce pour Harry, ce carnage? Ces hommes en noir en avaient-t-ils après son calice? Savaient-ils au moins eux même pourquoi ils en avaient après Harry Potter?
Le mépris que ressentait en cet instant Draco avait atteint des sommets. Il se sentait supérieur à tous ces gens enragés, il survolait tous leurs problèmes et faisait preuve d'un égoïsme dont il n'avait pas conscience. Lorsqu'un élève de Poudlard, particulièrement jeune, s'effondra devant lui, il ne broncha pas. Il ne pensait appartenir à aucun camp. La seule chose qu'il voulait, c'était protéger Harry, et pour cela il devait anéantir le serpent de Voldemort, puis Voldemort lui même. Les sorciers qui mourraient pendant cette bataille ne le touchaient guère.
Il enjamba patiemment le corps sans vie d'un énième élève et fronça légèrement les sourcils lorsqu'un profond désespoir l'envahit, mêlé à une sourde colère. Il avait conscience que Harry mettrait des jours à lui pardonner un tel acte, mais n'en avait cure. Il avait déjà des tas d'idées pour amener le jeune homme à s'ouvrir à nouveau à lui, et toutes le réjouissaient particulièrement.
En descendant les marches menant au parc, plongé dans ses pensées, il balaya du regard la large pelouse qui s'étendait devant lui. Ici également, les combats faisaient rage, plus violents même qu'à l'intérieur du château. Des dizaines de Mangemorts avaient envahi chaque recoin du parc, et ils se battaient sans pitié contre des élèves tout aussi acharnés. Des dizaines de corps jonchaient le sol et, malgré le plein air, l'odeur du sang y était particulièrement forte.
Un Mangemort se précipita à nouveau vers lui et lui hurla le sortilège du doloris. Draco bondit sur le côté pour l'éviter et attrapa fermement le bras tendu du Mangemort. Celui-ci tenta vainement de résister mais Draco le tira à lui sans difficultés apparentes. Il lui planta l'épée de Gryffondor dans le torse et laissa le Mangemort choir à ses pieds sans un regard.
Un hurlement de douleur déchirant à sa droite le fit se retourner vivement. Un Mangemort était en train de torturer une élève, ricanant sombrement tandis qu'elle se tordait sur le sol à ses pieds. Sans réfléchir, il franchit la distance qui le séparait du Mangemort et, par derrière, il lui tordit violemment la tête, lui brisant net le cou. Le sortilège prit fin en même temps que le Mangemort s'écroulait à ses pieds.
Immobile, des gouttes vermeilles coulant de la lame de l'épée sur la pelouse, il observa la jeune fille se redresser difficilement. Ses jambes tremblaient sous son poids, et elle tituba légèrement, sans rien trouver à quoi se raccrocher.
-Hermione! Hurla soudain Ron en se précipitant vers elle.
Il la rattrapa avant qu'elle ne s'effondre au sol et la maintint fermement contre lui. Il lui dégagea les mèches de cheveux qui tombaient en désordre sur son visage et observa ses traits à la recherche d'une blessure. Tous les deux se tournèrent simultanément vers Draco, qui continuait de les observer de son regard perçant. Ils observèrent le prédateur pendant quelques secondes, sans trouver quoique ce soit à dire.
-Ca va? Demanda finalement Ron à la jeune fille en se retournant vers elle.
Tremblante, fixant toujours le vampire de ses grands yeux effrayés, elle hocha doucement de la tête. Draco resta immobile pendant quelques secondes, avant de finalement tourner les talons, l'épée fermement en main. Quelques mètres devant lui, un élève s'écroula sous le sortilège doloris, mais il ne broncha pas.
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Comment ça, vous êtes surpris et choqués? Vous croyiez vraiment que Draco allait laisser Harry se battre avec des Mangemorts et des Voldemort? Non non, monsieur tient à son calice!
Sinon, ce premier chapitre sur la bataille de Poudlard vous a-t-il plu? Je suis étrangement moins inspirée pour écrire des scènes d'action que la relation calice/vampire, mais bon, je m'accroche!
La suite samedi prochain! J'ai hâte de lire tous vos messages, c'est ma principale motivation à écrire, mais ne criez pas trop! xD
Bonne semaine de vacances (ou pas) à tous!
Natom, 26/07/14
