Salut! :)
Je suis très contente de vous retrouver pour ce nouveau chapitre!
Avant la lecture, j'ai deux choses à vous dire: La première c'est que je pars en vacances, deux semaines, dès que j'aurais appuyé sur "poster". Je pars en camping, donc vous imaginez bien que j'aurais le plus grand mal pour me connecter à internet :/ Il se pourrait donc, et j'en suis la première désolée, que je ne puisse pas poster la semaine prochaine :(
Néanmoins, je ferai mon possible car la semaine prochaine n'est pas une semaine comme une autre! Ce sera la première semaine d'Août, et ça fera un an, pile, que j'ai posté le premier chapitre de cette fic! Hé oui, déjà. Et, comble de la perfection, je posterai le 52e chapitre! Je suis toute fière! 52 semaines en un an, 52 chapitres en un an, ce sont des délais magnifiques, non?!
En tout cas, je peux vous promettre que cette fic remplira encore tous les samedis du mois d'Août ( à l'exception donc de la semaine prochaine), mais ce n'est pas dit qu'elle passe septembre! Hé oui, il reste 5 chapitres à poster, et l'épilogue, peut être plus selon mon inspiration!
Vous avez été particulièrement nombreux à laisser des review pour le dernier chapitre, et ça m'a fait super plaisir! Je ne vous remercierai jamais assez et si j'ai su tenir de tels délais, c'est bien grâce à vous :)
Merci aux guests que je n'ai pas pu remercier personnellement: cha910, Sasunaruchan, fan51 (pour ta requête, pas de problème, c'est déjà prévu ;), Anonyme, Lu, Lectrice anonyme, maoul92, Lwiz, Guest, Ekateri, Celine, Kisis, Dachi! Merci à tous :)
Sur ce , un dernier mot: Enjoy!
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Chapitre 51
Pour convaincre, la vérité ne peut suffire
Isaac Asimov
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Le long des couloirs déserts de l'école, les chandeliers étaient éteints, si bien que Harry avait du mal à voir où il mettait les pieds. Baguette en main, il courait aussi vite qu'il le pouvait, profitant des éclairs de lumières provenant du parc pour éclairer son chemin.
En contrebat, les combats faisaient rage. Harry entendait les éclats de voix et les hurlements chaque fois qu'il passait devant une fenêtre et ils ne faisaient qu'augmenter sa panique.
Le coeur de Harry battait à tout rompre dans sa poitrine. Le jeune homme avait l'impression qu'il allait exploser. Il voulait aller toujours plus vite, il voulait voler à travers les couloirs pour retrouver ses amis au plus vite, mais ses jambes ne semblaient pas pouvoir le porter aussi rapidement qu'il l'aurait souhaité.
Plus il entendait les cris des combats quelques étages au dessous de lui, plus il lui semblait qu'il allait céder à la panique. La peur menaçait de le submerger, plus à la perspective de ce qu'il pouvait arriver à ses amis que parce qu'il avait désobéi à son vampire. Il imaginait Ron, Hermione, Ginny, Neville, tous seuls face à des Mangemorts qui voulaient leur mort et cette image le terrifiait.
Harry descendit les marches trois à trois, sautant les cinq dernières et se réceptionnant tant bien que mal. Il repartit tout aussi vite le long du troisième étage, courant à toute allure en direction du prochain escalier. La panique lui broyait la poitrine, et lui coupait la respiration autant que sa course effrénée.
Jamais le château ne lui avait paru aussi grand, les couloirs aussi longs et sombres, les escaliers aussi éloignés les uns des autres. Les couloirs semblaient infinis, ils semblaient s'allonger à mesure qu'il avançait et il désespérait de voir leur fin. Harry tourna à toute allure à l'angle d'un couloir, le désespoir enflant en lui à mesure qu'il courait. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer ses amis torturés, foudroyés par un sortilège mortel, blessés gravement. Plus les secondes passaient, et plus il s'en voulait de ne pas être auprès d'eux.
Harry ne vit rien venir. Le sortilège, sorti de nulle part, le frappa au niveau des jambes, les paralysant instantanément. Coupé net dans sa course effrénée, il tomba violemment en avant, et ne dut qu'à ses réflexes vifs de ne pas s'exploser le nez contre les dalles dures du sol. Entrainé dans son élan, il roula longuement sur le sol, s'écorchant les coudes et les mains avant de finir sa course contre le mur. Son dos heurta violemment la pierre dure et froide.
Sonné, essoufflé, il resta étendu sur le sol, tout le corps endolori par la violence de la chute, fixant le plafond sans ciller. Par chance, sa main droite était restée agrippée à sa précieuse baguette, qui était miraculeusement intacte. Harry avait le souffle coupé, et une douleur aigüe remontait de son genoux droit. Il tenta de bouger ses jambes, mais elles étaient entièrement paralysées. Tentant de retrouver son souffle, il releva la tête et n'eut pas à chercher longtemps pour trouver son agresseur.
Il se tenait nonchalamment à quelques mètres de lui, baguette brandie dans sa direction, et le fixait de son regard d'un noir impénétrable.
-Vous! S'exclama Harry en se redressant vivement en position assise.
Il agita précipitamment sa baguette et ses jambes retrouvèrent leur liberté de mouvement. Il bondit instantanément sur ses pieds, leva sa baguette et fit face à Rogue qui le fixait d'un air mauvais. Son ancien professeur n'avait pas changé, et tout en lui répugnait Harry, peut être encore plus qu'avant. Il retrouvait ses traits gras avec horreur et dégoût et, d'après l'expression de Rogue, il en était de même de son côté.
Ils se regardèrent avec mépris, s'évaluant l'un l'autre. Harry serrait sa baguette si fort dans son poing que ses jointures en étaient blanches. Il s'attendait à tout moment à se faire attaquer, et passait en revue tous les sortilèges, de défense et d'attaque, qu'il connaissait. Il ne faisait pas l'erreur de sous-estimer Rogue, mais sa rage le faisait se sentir puissant. Il était prêt à tout pour obtenir sa vengeance, et faire payer à Rogue sa traîtrise. Il voulait rendre justice à Dumbledore et sa détermination se voyait sur son visage, il en était persuadé.
Harry n'avait pas prévu de se retrouver face à Rogue, mais c'était finalement un mal pour un bien. Il allait pouvoir arracher cette vengeance qu'il voulait tant, et assouvir enfin cette haine et cette rage qui le rongeaient de l'intérieur depuis presque un an. Il pourrait, enfin, passer à autre chose, et surpasser cette amertume qu'il gardait depuis la mort de son mentor.
-Potter, vous allez devoir faire preuve d'une ouverture d'esprit que vous ne possédez pas, affirma soudain Rogue de sa voix grave.
Harry fronça les sourcils. Il ne s'était pas attendu à ce que Rogue, qui le haïssait certainement autant que Harry le haïssait, lui adresse la parole. Mais bien sûr, Rogue restait Rogue. Même dans des moments pareils, il ne pouvait s'empêcher de le rabaisser.
-Je n'ai pas besoin d'être ouvert d'esprit pour vous faire payer votre trahison, répliqua-t-il sèchement, sa rage et sa haine clairement perceptibles dans sa voix.
-Non, mais vous allez en avoir besoin pour écouter ce que j'ai à vous dire.
Harry tiqua. Il ne comprenait pas où Rogue voulait en venir, et ce qu'il pouvait bien avoir à lui dire. Il brandissait sa baguette dans sa direction, et Harry restait vigilent, persuadé que Rogue cherchait à le distraire en lui parlant.
-Je n'ai pour ma part rien à vous dire, affirma-t-il en haussant la voix. Et je ne veux rien entendre de vous.
-Hé bien vous allez devoir m'écouter néanmoins, affirma Rogue en s'approchant d'un pas, l'air particulièrement déterminé.
Harry leva plus haut sa baguette.
-N'approchez pas! S'exclama-t-il sèchement en le menaçant.
Rogue posa sur lui un regard noir plein de défis. La main de Harry ne tremblait pas, et il attendait le moment propice pour attaquer en premier. Rogue avait abaissé sa baguette en s'approchant, mais le jeune homme, connaissant la perfidie et l'agilité de son professeur en matière de duel, garda la sienne levée.
Rogue s'approcha à nouveau d'un pas en le fixant sans ciller et Harry réagit cette fois instantanément.
-Expelliarmus! S'exclama-t-il.
Rogue bloqua son sortilège avec une facilité déconcertante. Sa baguette fendit l'air à une vitesse déconcertante, et le sort de Harry se dissipa dans l'air sans un bruit. Un mépris pur déformait ses traits gras, et il plissa les yeux. Harry recula de quelques pas à mesure que l'autre approchait.
-Potter...
-Endoloris! S'exclama Harry.
A nouveau, son sortilège fut bloqué. Rogue maniait sa baguette habilement, et fixait Harry de son regard noir indéchiffrable. Ce regard le mettait autant mal à l'aise qu'il le faisait enrager. Rien ne semblait pouvoir atteindre Rogue.
-Sectumsempra!
Agacé, Rogue bloqua le sortilège. Au même moment, une violente déflagration déchira l'atmosphère et fit trembler les murs du château. Harry glissa un regard inquiet en direction de la fenêtre dont les carreaux tremblèrent sans éclater, mais il ne vit que le ciel étoilé qui s'étendait à l'infini, au dessus des arbres de la forêt interdite.
Rogue profita de sa brève inattention pour l'attaquer. Sans qu'il n'ait prononcé le moindre mot, un choc violent heurta Harry au niveau du torse et il fut brutalement expulsé en arrière. Ses pieds quittèrent le sol quelques courtes secondes avant qu'il ne s'écrase violemment contre le mur. Son crâne heurta la pierre dure et froide avec violence, et il resta sonné pendant quelques secondes. Elles furent suffisantes à Rogue pour qu'il s'approche à nouveau de lui. Harry cligna des yeux, mais sa vision était devenue floue face à la violence du choc, et il ne vit qu'une forme sombre s'approcher de lui.
Il leva son bras mais Rogue, d'un simple geste de la main tenant sa baguette, lui fit sauter la sienne des mains. Elle roula sur le sol avant de disparaître dans l'ombre, quelques mètres plus loin. Désarmé, Harry ne put que regarder Rogue s'approcher de lui, et il pensa irrationnellement à Draco, et à ce qu'allait lui coûter sa désobéissance. Il allait mourir, et entrainerait son vampire dans sa chute, égoïstement.
-Vous ne pourrez pas détruire le Seigneur des Ténèbres ce soir, Potter, affirma Rogue en le tenant toujours précautionneusement en joue.
Harry tenta de se relever, mais Rogue l'en empêcha. Impuissant, le jeune homme se contenta de lever vers lui un regard haineux, et rétorqua:
-Il sera tellement fier de vous quand il apprendra que vous m'avez tué. Après Dumbledore, ce sera votre plus grand succès.
-Comme bien souvent, vous n'avez pas idée de ce dont vous parlez.
Harry ricana doucement. Sa vision redevenait lentement nette, mais son cuir chevelu le faisait souffrir. En face de lui, Rogue se baissa lentement pour s'accroupir face à lui, et il posa doucement le bout de sa baguette contre son torse.
-J'ai tué Dumbledore parce qu'il m'a lui même demandé de le faire. Il était déjà mourant, et n'en avait que pour quelques semaines à vivre, tout au plus. Il avait besoin de moi pour espionner le Seigneur des Ténèbres, et pour cela, il fallait que j'ai son entière confiance. C'est pour cela qu'il m'a demandé de le tuer.
Les paroles de Rogue n'avaient aucun sens pour Harry. Dumbledore lui aurait demandé de le tuer pour qu'il acquière la confiance de Voldemort? C'était proprement insensé. Harry connaissait la confiance que plaçait Dumbledore en ceux qu'il pensait être ses alliés, mais à ce point, ça n'avait aucun sens. Il écoutait Rogue parler, car il n'avait pas d'autre choix, mais son esprit tout entier était dirigé vers d'autres soucis, bien plus graves. Chaque seconde qui s'écoulait l'éloignait de ses amis, les mettait encore plus en danger. Malheureusement, il ne voyait aucun moyen d'échapper aux griffes de Rogue.
-Vous mentez, se contenta-t-il de répondre après plusieurs secondes d'un silence tendu.
-Il avait besoin de moi pour vous aider dans votre quête. Pour vous aider à trouver et détruire les Horcruxes du Seigneur des Ténèbres.
Harry releva précipitamment la tête. Rogue le fixait intensément, comme pour lui faire passer un message, et Harry esquissa une moue méprisante. Il n'avait aucune idée de comment Rogue avait pu apprendre sa mission, mais il sentit une nouvelle panique s'insinuer en lui. S'il était au courant, il l'avait probablement dit à Voldemort. Ce qui signifiait que le mage noir savait qu'il cherchait ses Horcruxes, et qu'il en avait après son serpent.
-Oui, je suis au courant de cela. Je sais ce que vous avez fait. Ce sont vos amis qui se sont introduits au ministère pour s'emparer du médaillon de Serpentard. C'est vous qui avez cambriolé Gringotts et qui avait volé une coupe en or dans le coffre de Bellatrix. Et si vous êtes ici ce soir, c'est pour venir chercher le diadème de Serdaigle.
Ils se fixaient tous deux sans ciller. Rogue était penché au dessus de lui et murmurait les mots qui s'insinuaient en Harry comme un poison.
-Et la personne qui vous a fourni un moyen pour détruire ces Horcruxes, Potter, c'est moi. Je possédais la véritable épée de Gryffondor, et je vous l'ai laissée à Godric's Hollow.
-C'est faux, rétorqua Harry. L'épée était posée sur une tombe.
-Je l'y ai laissée. Croyez bien qu'une telle relique n'ait pas apparu ainsi sans raison. Seul un véritable Gryffondor peut brandir l'épée en faisant preuve de courage, et vous en avez fait preuve en combattant Nagini.
Le coeur de Harry battait la chamade dans sa poitrine. Il ne pouvait se résoudre à croire Rogue, mais ne comprenait pas comment le Mangemort pouvait être au courant de tant de choses. Par ailleurs, il venait d'apporter une explication quant à l'étrange apparition inexpliquée de l'épée de Gryffondor au cimentière de Godric's Hollow.
-Je sais que vous ne me croyez pas, Potter. Mais ça m'est égal. Croyez-moi néanmoins quand je vous dis que vous ne pourrez pas détruire le Seigneur des Ténèbres ce soir.
-Qu'en savez-vous, répliqua Harry. Vous me semblez bien informé, vous devez donc savoir qu'il ne reste plus qu'un Horcruxe, et que je vais le détruire comme j'ai détruit les autres.
-Il reste deux Horcruxes, Potter, le détrompa Rogue. Et vous êtes l'un des deux.
Harry resta muet durant de longues secondes, à la fois horrifié et terrifié. Comment Rogue pouvait-il savoir quelque chose de si intime, de si honteux sur sa personne? Qu'avait-il fait de cette information si précieuse? Le cerveau de Harry était en pleine ébullition et Rogue avait, enfin, toute son attention.
Le Mangemort avait fini par abaisser sa baguette, mais le fixait avec méfiance. Il n'ajouta rien, attendant patiemment que cette dernière information fasse son chemin dans l'esprit de Harry.
-Comment pouvez-vous savoir cela? Murmura le jeune homme. Comment savez-vous?
Cette fois-ci, la solide carapace de Rogue sembla s'effriter. Pendant quelques courtes secondes, Harry vit une expression de pure stupéfaction se dessiner sur ses traits grossiers. Ils se fixèrent à nouveau intensément, chacun cherchant à savoir ce que pensait l'autre.
-Dumbledore m'en a parlé, répondit Rogue d'une voix blanche. Il me l'a dit il y a un an, quand il m'a expliqué pourquoi il fallait impérativement que ce soit vous qui tuiez le Seigneur des Ténèbres. Comment êtes-vous au courant?
-Je l'ai deviné, éluda Harry.
Rogue plissa les yeux, suspicieux. Sceptique, visiblement.
-J'ai aussi deviné que Dumbledore voulait ma mort. Il fallait que je meure pour que cet Horcruxe soit détruit et que Vous-Savez-Qui puisse être tué, et il ne m'en a jamais parlé!
Rogue se redressa légèrement. Il semblait pris au dépourvu par les paroles de Harry, et ne s'attendait visiblement pas à ce que le jeune homme soit au courant de tant de choses. Dumbledore lui avait bien spécifié que Harry ne devrait apprendre la vérité qu'au tout dernier moment, et qu'il ait purement et simplement "deviné" le laissait perplexe. Que faisait Potter ici s'il savait qu'il allait mourir? Pourquoi n'avait-il pas pris la fuite en apprenant que Voldemort se trouvait aux portes du château? Etait-il si endoctriné et si buté qu'il prenait le risque de mettre sa vie en danger pour récupérer un simple objet?
-Dumbledore a toujours eu tendance à garder pour lui des informations capitales pour autrui, répondit-il doucement. Vous ne deviez savoir qu'au dernier moment. Et le Seigneur des Ténèbres doit vous tuer de sa main propre, c'est essentiel.
-Parfait, vous n'avez qu'à me ramener à lui, dans ce cas.
Rogue le fixa silencieusement pendant quelques secondes. Harry lui rendit un regard plein de défis.
-Si vous êtes au courant de tout cela, finit par dire le Mangemort, pourquoi êtes-vous venu ici? Si vous restez ici, vous allez mourir ce soir, Potter.
Harry détourna les yeux. Il ne voulait pas que Rogue comprenne que l'Horcruxe en lui n'était plus. Il ne comprenait pas le comportement du Mangemort, pourquoi il se contentait de parler tranquillement avec lui alors qu'il aurait pu le ramener directement auprès de son Maître et en finir une bonne fois pour toute. Il ne comprenait pas pourquoi il prenait la peine de lui révéler ce qu'il savait, maintenant, ni pourquoi il semblait soudain si soucieux de son sort.
-Qu'est-ce que ça peut vous faire, répliqua sèchement Harry.
Rogue plissa les yeux. Il cherchait le regard du jeune homme, mais Harry refusait de croiser son regard, se murant dans un silence agacé.
-Je crois que vous n'avez pas bien saisi la situation, monsieur Potter, affirma calmement Rogue. Une part du Seigneur des Ténèbres vit en vous. Vous êtes un Horcruxe! Tant que vous vivrez, le Seigneur des Ténèbres vivra.
-Je sais tout cela! S'exclama Harry.
La poigne de Rogue se fit plus ferme sur son torse, l'empêchant de faire le moindre mouvement. Son visage était si près que Harry pouvait sentir son souffle sur sa joue.
-Si vous saviez tout cela, que faites-vous ici? Il n'y a que la mort qui vous attend ici, Potter. Et vous venez la chercher comme si vous n'aviez pas conscience du danger. Puisque vous saviez que vous deviez mourir, que faites-vous là?
Harry comprenait de moins en moins la tournure que prenait la conversation. Rogue semblait inquiet. Il le vit froncer soudainement les sourcils, et Harry refusa une fois de plus de croiser son regard.
-Vous êtes venu ici pour vous sacrifier? S'exclama-t-il soudain.
Il laissa échapper un rire amer.
-Bien sûr. Saint Potter, l'Elu, le Survivant. Prêt à sacrifier son héroïque personne pour le bien de quelques écervelés qui ne prendront jamais la mesure de votre acte. C'est tout à fait vous.
La colère était revenue en Harry. Il haïssait tellement ce ton narquois et arrogant. Il aurait voulu pouvoir lui renvoyer ces sarcasmes à la figure, mais il se sentait impuissant, à la merci de son ennemi.
-Il est clair que vous n'en valez pas la peine, répliqua-t-il.
-Mais je ne vous ai jamais demandé de vous sacrifier pour moi, Potter, contrairement à tous ces gens qui n'attendent que cela. Je n'ai jamais compté sur personne.
Harry tenta une nouvelle fois de se relever, mais Rogue l'en empêcha.
-Que voulez-vous, râla-t-il. Vous restez là à me faire des sermons, mais vous n'agissez pas beaucoup. Votre maître va finir par s'impatienter!
-Je ne compte pas vous livrer à lui, Potter. Vous semblez très bien vouloir faire cela tout seul.
Ils se regardèrent pendant quelques secondes. Harry était perdu. Il ne comprenait pas ce que voulait Rogue, et n'était plus sûr de rien. Il y a quelques minutes, il était persuadé de haïr un Mangemort. Maintenant, il ne savait même plus si Rogue était réellement un Mangemort.
-Ne vous en faites pas pour moi, dit-il. Vous pourriez être surpris.
Rogue haussa les sourcils face à cette répartie inattendue. Il tenta de lire les réponses dans le regard émeraude du jeune homme, mais celui ci l'évita soigneusement.
-Qu'est-ce que vous voulez dire, Potter? Demanda-t-il, suspicieux.
Harry se contenta de hausser les épaules. Il n'avait guère l'intention d'avouer à Rogue que l'Horcruxe en lui avait été détruit par le venin de son vampire. Ce n'était pas quelque chose qu'il souhaitait partager, et certainement pas avec Rogue.
Sans qu'il ne s'y attende, il sentit soudain la poigne ferme de son ancien professeur se saisir fermement de son menton et lui faire relever la tête. Harry tenta de se débattre, sans succès, et Rogue plongea son regard noir dans le sien en murmurant, telle une malédiction:
-Legilimens!
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-Ce doit être douloureux.
Une voix légère, insaisissable, veloutée. Tout en Harry hurla « danger ». Il se releva précipitamment et passa le revers de sa manche sur son visage pour en effacer les traces de sang. Mais il savait au fond de lui que rien n'y ferait. On n'échappait pas à un vampire assoiffé. On n'échappait pas à un vampire tout court.
-Ca l'est, répondit-t-il simplement en s'appuyant contre l'arbre derrière lui. Il tâta précautionneusement son nez douloureux. Si vous aviez l'amabilité de ne pas aggraver mon cas, je vous en serais reconnaissant.
A nouveau, le rire retentit, léger comme le vent. Harry plissa les yeux dans l'espoir de l'apercevoir, sans succès. Il n'avait jamais vu un vampire autre que dans ses livres de Défense Contre les Forces du Mal et n'avait jamais ressenti l'envie d'en rencontrer un jour. Plus ils étaient loin, mieux il se portait. Mais que faisait un vampire dans la petite banlieue de Londres, ici à Little Whinging, si loin de tout? Balayant des yeux l'espace devant lui, il dit:
-Allez-vous-en. Je n'ai rien à vous offrir.
-Je n'en suis pas si sûr.
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-Tu sens divinement bon, Harry, souffla le vampire, et son souffle frais chatouilla son cou.
Puis le vampire se redressa et accrocha son regard. Ils se fixèrent durant de longues secondes, Harry hypnotisé, et Draco enivré par son odeur puissante. Le vampire se pencha à nouveau, effleura de ses lèvres la mâchoire de Harry qui rougit violemment et murmura:
-Et tu es à moi, désormais.
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-Le calice est le partenaire du vampire, en quelque sorte.
-Partenaire? Répéta Harry, horrifié, en relevant aussitôt la tête. Comme un...Couple?
Draco esquissa un rictus méprisant.
-Pas comme tu l'entends, mais c'est un peu ça, oui. Leur relation n'est pas basée sur des sentiments d'amour ou d'affection comme tous les couples.
-Quoi alors?
-Ils sont liés par un lien très fort et indestructible. Un lien qui créé une forte attirance. Physique.
Ils se regardèrent fixement quelques secondes. Puis Draco continua:
-Lorsque le lien se créé, le vampire devient dépendant du sang de son calice. Ce sang devient une véritable obsession.
Disant cela, son regard glissa jusqu'à la jugulaire du garçon.
-Comment brise-t-on ce lien? Demanda-t-il.
Le visage du vampire, déjà fermé, s'assombrit. Il détourna le regard et fixa la fenêtre comme s'il voulait la briser par sa pensée.
-Si le lien pouvait être brisé, tu peux être sûr que j'aurais déjà trouvé un moyen de le faire, répondit sèchement Draco.
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Les deux canines percèrent la peau et se plantèrent fermement dans l'artère.
Ce fut si inattendu que Harry laissa échapper un halètement parfaitement audible. La douleur fulgurante qu'il avait tant redoutée n'arriva jamais. Pourtant, il sentit parfaitement la peau de son cou céder face à l'insistance des canines. Il les sentit parfaitement s'enfoncer et se planter profondément dans son cou. Mais il n'y eu aucune douleur. Bien au contraire.
Au moment même où les canines se plantèrent dans son cou, une vague de plaisir indescriptible s'empara de lui. Il ne s'y attendait tellement pas qu'il laissa échapper un nouveau halètement indécent. Son corps se tendit à l'extrême. Inconsciemment, il rejeta de lui même la tête en arrière, se cognant à la tête de lit sans s'en rendre compte. Les doigts du vampire qui tenaient toujours son menton glissèrent sur sa nuque qu'il souleva pour l'arquer.
Puis Harry entendit distinctement, tout près de son oreille, le vampire prendre une première gorgée de sang. Il aspira longuement le sang et déglutit paresseusement. Ce simple geste envoya des ondes de plaisir sans précédent dans tout le corps de son calice. La sensation du sang quittant son corps le remplit d'extase. Harry agrippa la couverture comme si sa vie en dépendait.
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Il allait refermer le tiroir lorsque le journal du dessus attira son regard. L'image sur la une bougeait. Harry déplia le journal. C'était lui, sur la couverture. Harry fronça les sourcils. Le monde magique s'était-il aperçu de sa disparition? Il pensait que ses amis, l'Ordre auraient gardé sa disparition secrète. Il s'était trompé. Harry déplia le journal, sourcils froncés. Le titre, en gras, lui sauta aux yeux:
Harry Potter est mort.
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-Potter, dit-il, sa voix retrouvant son calme habituel. Tu m'as demandé, hier, de t'aider à remplir une mission que Dumbledore t'avait confiée.
Cette fois, Harry releva les yeux. Son regard plongea immédiatement dans les orbes grises du vampire, plein d'appréhension. La réponse de Draco claqua dans l'air comme un coup de fouet, et Harry ferma les yeux, se faisant l'effet d'un criminel condamné à Azkaban à perpétuité.
-Ma réponse est non.
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-Draco, supplia Harry de sa voix rauque. Mordez-moi, s'il vous plaît.
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-Je pense que tu devrais lui parler Fourchelang, Harry.
Harry baissa le regard sur le médaillon. Il avait l'air inoffensif, ainsi immobile sur la table.
-Fourchelang?
-A l'intérieur se trouve un morceau de l'âme de Tu-Sais-Qui. Si tu lui parles en Fourchelang, peut être t'obéira-t-il et s'ouvrira-t-il.
Harry fixa le médaillon, indécis. Il tendit avec hésitation sa main vers le médaillon et s'en empara à nouveau. Il passa son pouce sur le S serti d'or, s'imaginant un serpent sans grande difficulté. Après quelques secondes, il eut l'impression de le voir se mouvoir doucement, et il souffla:
-Ouvre-toi.
Il attendit silencieusement. Il s'attendait à ce que le médaillon s'ouvre d'un instant à un autre, et ne savait pas ce qu'il se passerait.
-Tu...Tu n'as pas parlé Fourchelang, Harry.
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-Peu importe ce que la vie te réservait si tu ne l'avais pas rencontré, tu n'aurais jamais été plus précieux aux yeux de quelqu'un que tu ne l'ais aux yeux de ce vampire.
Lupin se pencha pour le serrer dans une étreinte chaleureuse. Harry se laissa faire, lui rendant son étreinte avec reconnaissance.
-Tu n'imagines même pas à quel point il te chérit, Harry, murmura Lupin à son oreille.
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-Incendio!
Le feu jaillit de sa baguette, et enflamma les buissons qui se trouvaient près du serpent. Celui-ci siffla méchamment, reculant loin des flammes. Du sang coulait de sa blessure faite quelques secondes plus tôt par Harry.
A cet instant, un reflet argenté, crée par les flammes, attira le regard de Harry. Derrière le serpent, posée négligemment sur une pierre tombale, se tenait l'épée de Gryffondor. Sa poignée incrustée de diamants brillait paresseusement de reflets or et argenté, et sa lame luisante reflétait les flammes qui ravageaient les buissons, quelques mètres plus loin. Le regard de Harry resta fixé sur l'apparition inopinée. Il avait du mal à en croire ses yeux.
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-Non seulement tu es un vrai calice et tu n'en tires aucun plaisir alors qu'elle rêverait de l'être pour Blaise, mais en plus, ton vampire boit tous les deux jours, alors qu'elle a du mal à convaincre Blaise de la mordre toutes les semaines, surtout depuis l'arrivée d'Andrew il y a un an. Il ne faut pas lui en vouloir d'être jalouse.
-Mais je n'y suis pour rien, moi! Se défendit Harry. J'échange avec elle quand elle veut!
Marie haussa un sourcil.
-Tu laisserais ton vampire à Elisabeth?
Harry ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Imaginer Draco avec quelqu'un d'autre, mordre quelqu'un d'autre que lui, lui procurait une étrange sensation de démangeaisons au creux du ventre. Les joues rouges, il retourna à son assiette.
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Mais lorsque le vampire referma ses doigts pâles autour de l'une des anses, il ne se passa rien. Harry regarda avec excitation Draco s'emparer de la coupe. Instantanément, des dizaines de répliques tombèrent au sol et roulèrent sur les trésors déjà entassés en bas.
-Ne la lâchez pas, ne put s'empêcher de prévenir Harry.
Draco se tourna vers lui et, du haut de son perchoir, le transperça de son regard métallique. Harry déglutit et se fondit contre la haute porte. Sans un mot, le vampire sauta agilement au sol. Il se réceptionna habilement au milieu des trésors éparpillés partout qui se mirent à se multiplier à une vitesse impressionnante. Ils dévalèrent la pente des trésors, roulant vers Harry, tandis que Draco se frayait un chemin vers son calice. Son regard sérieux et concentré inquiétait Harry, qui le regardait avancer vers lui avec une certaine appréhension.
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La lame étincela avant de fendre l'air dans un sifflement menaçant. Elle s'écrasa sur la petite coupe en or qui laissa échapper un cri semblable à celui du médaillon, quelques secondes plus tôt. Une fumée noirâtre s'échappa de la coupe, et Harry sut qu'il avait réussi.
Il se redressa, satisfait. Un sentiment de joie intense l'envahit et il explosa de rire, sous les regards médusés de Ron et Hermione. Il laissa négligemment tomber l'épée au sol et, se hissant sur la pointe des pieds, il vint délicatement embrasser les lèvres glacées de son vampire.
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Il ouvrit la bouche, néanmoins aucun son n'en sortit. Il se sentait comme projeté dans une dimension parallèle.
-Un Horcruxe, répéta-t-il. Comment pourrait-ce être possible?
-Ca expliquerait la provenance de ce lien que tu avais avec Tu-Sais-Qui depuis des années! Le lien avec Draco aurait détruit la part de lui qui était en toi, et c'est pour cela que toutes ces caractéristiques qui te venaient de lui ont aujourd'hui disparu.
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Draco inclina légèrement la tête.
-Tu es à moi? Insista-t-il.
-Oui, approuva Harry.
-Pour l'éternité?
-Oui.
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Tout s'arrêta aussi instantanément que ça avait commencé. Désorienté, Harry cligna plusieurs fois des yeux, cherchant inconsciemment à croiser le regard rassurant de son vampire. Mais ce n'est pas les orbes grises de Draco qu'il croisa, mais celles d'un noir inquiétant de Rogue.
Son ancien professeur avait abaissé sa baguette et le fixait avec une expression proche de la stupéfaction. Harry n'était pas sûr de comprendre ce qu'il venait de se passer, ou du moins il refusait de se l'admettre, et il resta immobile, encore sonné par la violence du sortilège.
Il ne voulait pas admettre que Rogue, l'une des personnes qu'il haïssait le plus au monde, venait de pénétrer si profondément dans son esprit. Il refusait de croire qu'il avait vu les moments les plus intimes de sa vie, qu'il avait pénétré ses émotions et ses sentiments au point d'être le seul à pouvoir réellement comprendre ce que Harry avait traversé ces derniers mois. Il niait frontalement le fait que Rogue ait pu voir ce que Harry gardait comme son plus précieux secret, qu'il cachait même à ses amis les plus proches, et qu'il avait toujours voulu garder pour lui, égoïstement et précieusement. Draco était son vampire, ils avaient tous les deux traversés des moments périlleux mais intenses, et jamais il n'avait voulu raconter ce qu'il partageait avec son vampire, avec qui que ce soit.
Que Rogue ait eu accès à tout cela le plongea dans un état de détresse la plus totale, mêlé à une rage sourde.
Pour Rogue, la perplexité la plus profonde commençait doucement à faire place à la panique. Après avoir fixé le jeune homme qui lui faisait face comme si c'était la première fois qu'il le voyait et sans pouvoir discipliner ses pensées, il se releva soudain et s'écarta précipitamment de lui.
-Je ne savais pas, murmura-t-il.
Il lui semblait qu'il avait devant lui non plus Harry Potter, mais une nouvelle personne. Ce qu'il avait vu de lui, sans se douter une seule seconde de ce qu'il allait voir, lui avait fait changer la façon dont il le voyait. Il le regarda avec une expression proche de l'horreur, tandis que le jeune homme se remettait doucement du choc causé par le sortilège.
Il ne voyait plus seulement Harry Potter, Survivant et Gryffondor dans l'âme, mais Harry Potter, calice d'un vampire puissant et immortel qui serait furieux s'il venait à apprendre ce qu'il avait infligé à son lié.
-Je ne savais pas, Potter, répéta-t-il, lui aussi sous le choc. Comment aurais-je pu deviner?
Lentement, Harry se releva. Il fixait Rogue, qui semblait plus pâle qu'à l'ordinaire. Il ne comprenait pas trop ce qui mettait son ancien professeur dans cet état, et il ne réalisa qu'au bout de quelques secondes que c'était de la peur qui transparaissait sur son visage d'ordinaire si impassible.
Il fronça les sourcils, et se rendit compte dans une révélation des plus brutales que c'était en réalité Draco qui effrayait tant Rogue. Il associait désormais son image à celle d'un vampire, et visiblement, cette révélation l'effrayait au plus haut point.
-Il vous tuera pour ce que vous avez fait, s'exclama Harry, plus par provocation qu'autre chose.
Rogue tourna vivement la tête vers le bout du couloir et Harry suivit son regard, même s'il savait que Draco ne se trouvait pas dans les parages.
-Tuez le serpent, et le Seigneur des Ténèbres sera redevenu aussi mortel que vous et moi.
Sous le regard médusé de Harry, et dans un mouvement fluide de ses longues capes noires, Rogue tourna précipitamment les talons.
-Où allez-vous? S'écria Harry.
Arrivé au bout du couloir, Rogue s'arrêta et se retourna une dernière fois. Il posa sur Harry un regard neuf et répondit:
-Je vous ai dit tout ce que je devais vous dire. Je n'ai plus aucune raison d'être ici.
Harry ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit.
-Je pense que vous allez vivre, Potter, finalement. Vous avez trouvé un nouveau protecteur, qui sera bien plus infaillible que moi. Elle aurait été soulagée, dans un certain sens.
Et sur ces paroles mystérieuses pour le jeune homme, Rogue tourna les talons et disparut à l'angle du couloir dans une envolée de ses capes noires.
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Et voilà pour ce chapitre!
Soulagés que Harry ait désobéi? Pensez-vous que Draco va être en colère, ou très en colère? xD
Que pensez-vous de cette apparition toutes en contradictions de Rogue? Je tiens à préciser qu'il ne réapparaîtra pas, c'était sa seule apparition, désolée pour ceux qui l'aiment bien, et je pense que vous êtes nombreux! Je vous laisse imaginer la suite, pour lui, mais pour moi rien d'aussi dramatique que dans le canon!
Est-ce qu'il vous a plu? Il a été un peu cruel, mais j'ai essayé de rester le plus possible fidèle à son personnage, et je trouve que c'est bien son genre d'agir ainsi pour avoir des réponses. J'en ai profité pour glisser quelques extraits des chapitres précédents, qui résument un peu l'évolution de leur relation.
J'attends tous vos commentaires avec impatience! Pensez à moi :p
Bisous à tous et, j'espère, à la semaine prochaine!
Natom, 01/08/14
