Salut!
Après deux semaines, voici la suite de la fic! J'espère que l'attente n'aura pas été trop longue, mais il m'a finalement été impossible de poster la semaine dernière, à mon grand regret.
J'espère donc que ce chapitre vaut le coup d'avoir attendu si longtemps :)
Merci comme toujours à tous les reviewers anonymes: Anonyme, nepheria4, Sasunaruchan, Matsuyama, Kisis, fan51 ( non, désolée, je ne pense pas qu'il y ait de volume 2. Je ne pense pas que ce soit très intéressant, maintenant que Harry et Draco ont atteint une certaine stabilité dans leur relation), Ekateri, maoul92, Sélènè, crazykaori, Celine, lucile!
Beaucoup d'entre vous me demandent si je vais continuer à écrire après cette fic, et la réponse est: probablement. Je n'ai aucune idée précise de fic pour l'instant, mais il y a de grandes chances pour que je revienne sur le site après la fin de la publication de cette fic :)
Sur ce, place au chapitre. Enjoy!
.
.
Chapitre 52
Il faut beaucoup souffrir ou mourir jeune
.
Harry avait la tête pleine de son altercation avec Rogue tandis qu'il dévalait les marches du château en direction du hall d'entrée. Il se sentait encore nauséeux et bouleversé par la violente intrusion de son ancien professeur dans sa tête, mais tentait de reléguer ce souvenir douloureux en arrière plan pour se concentrer sur ce qui comptait vraiment, à cet instant.
C'est en arrivant au premier étage que Harry prit pleinement conscience de la violence des combats. Là où les autres étages avaient pour l'instant été épargnés, toutes les vitres des fenêtres de ce premier étage avaient explosé sous le souffle des sortilèges qui avaient heurté le château, et les débris de verre jonchaient le sol, et craquaient sous les chaussures du jeune homme. D'ici, les bruits des combats étaient clairement perceptibles, et Harry sentit son cœur se serrer de panique et d'appréhension en entendant les hurlements, les cris, les plaintes qui montaient depuis le parc.
Harry ne courait plus. Sa conversation avec Rogue tournait en boucle dans sa tête et le tourmentait grandement. Depuis quelques temps déjà, il avait pris conscience qu'il avait plus de chances de survivre à cette guerre depuis qu'il avait rencontré Draco. Le vampire était là pour le protéger, et Harry lui même avait constaté l'augmentation de sa confiance en lui depuis que Draco était à ses côtés. Néanmoins, se l'entendre dire directement par son ancien professeur l'avait grandement soulagé, et avait hautement renforcé son impression.
Il médita longuement sur ce qu'il avait appris sur la relation qui unissait Rogue et Dumbledore. Etait-il réellement possible que Dumbledore ait demandé, en tout connaissance de cause, à Rogue de le tuer? Se pouvait-il que Rogue ne soit pas un vrai Mangemort? Harry était sceptique, pourtant le comportement de Rogue vis à vis de lui ce soir laissait hautement place au doute. Si le maître des potions était réellement un Mangemort, Harry serait sans aucun doute mort à l'heure qu'il est.
Pour la première fois, le jeune homme se demanda ce qu'aurait pensé Dumbledore de sa situation s'il avait été encore vivant pour en être témoin. Il se demanda si l'ancien directeur de Poudlard aurait approuvé sa relation avec Draco, s'il aurait trouvé que c'était une bonne chose, ou si, au contraire, il aurait désapprouvé. Il était vrai que sa relation avec le vampire n'avait rien de saine ou d'équilibrée, mais Draco lui apportait une protection dont il n'aurait jamais pu rêver. Dumbledore, qui avait passé de nombreuses années à essayer de le garder en sécurité, aurait probablement apprécié de le savoir entre les mains d'un vampire bien décidé à le garder en vie.
Quant à savoir si l'ancien directeur aurait approuvé les autres aspects de leur relation, Harry ne le saurait probablement jamais.
Harry parcourait rapidement un couloir du premier étage, et plus il avançait, plus les bruits des combats s'amplifiaient. Son cœur battait la chamade en descendant les escaliers et il eut bientôt la vision cauchemardesque du hall d'entrée de l'école.
La bouche entre-ouverte, il se tenait à la rampe tandis qu'il descendait les marches une par une, observant sans ciller les combats qui faisaient rage en bas. Des dizaines de Mangemorts se battaient en duel avec des élèves ou des professeurs, les attaquant sans pitié pour tenter d'accéder à la Grande Salle. Des blocs de pierre jonchaient le sol, s'étant détachés du mur sous la force des sortilèges l'ayant heurté.
Harry sentait à nouveau la panique monter en lui, telle un poison. Il parcourut le hall du regard à la recherche de visages connus, mais il craignait en même temps de reconnaître l'un des corps allongés au sol, sans vie.
Ce fut une chevelure rousse flamboyante qui lui sauta aux yeux, au milieu de tous les autres combattants. Ginny se battait avec un Mangemort deux fois plus grand qu'elle, et le cœur de Harry sembla s'arrêter net dans sa poitrine. Sans plus réfléchir, il sauta les trois dernières marches, baguette brandie et se précipita en direction de la jeune fille.
-Stupéfix! S'exclama-t-il en visant le Mangemort.
Pris au dépourvu par cette brusque attaque, celui-ci n'eut pas le temps de réagir. Le sortilège le heurta de plein fouet et il s'effondra lourdement par terre. Essoufflé, Harry se tourna vers Ginny qui se précipitait vers lui, tremblante.
-Ca va? Demanda-t-il en l'observant à la recherche d'une blessure.
Du sang coulait de son cuir chevelu et elle avait la lèvre fendue. Elle approuva doucement. Son regard trahissait la peur qu'elle ressentait, mais elle tentait de se donner un air déterminé qui ne trompa pas Harry. D'une main tremblante, elle essuya le sang qui coulait de sa plaie à la lèvre, et Harry pensa irrationnellement à Draco.
-Est-ce que tu as vu Ron et Hermione? Demanda-t-il.
-Non, je n'ai vu personne.
Un sortilège frôla soudain Harry. Il sentit sa chaleur effleurer son bras et se retourna vivement, baguette brandie. Mais personne ne se tenait devant eux, prêt à les attaquer. Tous les Mangemorts présents étaient aux prises avec des élèves ou des professeurs et, en y regardant de plus près, Harry se rendit compte qu'il y avait également des membres de l'Ordre du Phoenix. A quelques pas de lui, Kingsley se battait contre un Mangemort masqué avec acharnement.
Harry fronça les sourcils, et sans attendre, il attrapa Ginny par le bras et la conduisit un peu plus loin, à l'abri d'une alcôve.
-Qu'est-ce que font les membres de l'Ordre ici? Demanda-t-il en se penchant vers la jeune fille pour qu'elle puisse l'entendre par dessus le bruit des combats.
-Nous les avons appelés grâce aux pièces de l'AD. Ils sont arrivés il y a quelques minutes.
Ginny le fixait intensément et ils restèrent silencieux pendant quelques secondes, s'observant l'un l'autre sans savoir quoi dire. Harry commençait à être mal à l'aise, et il finit par dire:
-Tu ne devrais pas être ici, Ginny. C'est dangereux et...
-Et je ne compte pas rester en arrière pendant que tout le monde se bat, rétorqua-t-elle d'un ton sans réplique.
-S'il t'arrive quelque chose...
-Il ne m'arrivera rien. Je sais me battre, c'est toi qui m'a appris, tu te souviens?
Harry approuva doucement. Ginny n'était qu'à quelques centimètres de lui, penchée vers lui pour l'entendre, et ses yeux bleus ciel brillaient d'un sentiment qu'Harry ne préférait pas identifier. Il se rappela de la fureur de Draco après son étreinte avec la jeune fille, lors de leurs retrouvailles, et savait par avance que le vampire ne supporterait pas un deuxième rapprochement aussi sereinement qu'il avait supporté le premier.
Il se recula donc quelque peu, gêné et évita son regard. Ginny posa sa main sur le bras de Harry et demanda:
-Qu'est-ce qui a changé, Harry?
Harry soupira.
-Je ne pense pas que ce soit le moment idéal pour avoir une telle conversation, tenta-t-il de s'échapper.
Ginny le fixa pendant quelques secondes, indifférente aux sortilèges qui fusaient tout près d'eux et aux combattants qui s'effondraient au sol.
-Tu ne m'aimes plus? Demanda-t-elle néanmoins.
Harry se rappela de sa douleur et de sa tristesse lorsque, presque un an auparavant, il avait décidé de quitter la jeune fille pour la garder en sécurité. Il l'avait fait à regret, seulement soucieux de l'épargner de la folie qui régnait autour de lui.
Aujourd'hui, il y avait Draco. Le vampire, à coup d'indifférence et d'impassibilité, avait réussi à lui faire oublier la peine qu'il ressentait suite à cette rupture. Harry était aujourd'hui tellement dépendant et soumis à l'attraction de son vampire, qu'il ne voyait que par lui. Il n'arrivait plus à se projeter avec Ginny, il ne voyait plus son sourire resplendissant lors de leur mariage, il ne voyait plus leurs enfants courir dans le jardin de leur maison. Il ne voyait que Draco, son regard anthracite, ses canines acérées, ses bras puissants, sa voix mélodieuse.
-Non, répondit-il impitoyablement d'une voix douce.
Ginny cilla. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Au bout de quelques secondes d'un silence tendu entre eux, Harry vit avec horreur des larmes apparaître dans les yeux de son ancienne petite amie. Il tendit le bras dans sa direction, mais elle se dégagea sèchement.
-Ginny, je... Je t'expliquerai. Il y a tellement de choses qui ont changé ces derniers mois. Je suis...
-Ginny!
Une voix stridente se fit entendre derrière Harry et il vit Ginny relever la tête pour jeter un coup d'œil par dessus son épaule. Harry se retourna précipitamment et il vit avec horreur Madame Weasley se précipiter vers eux, l'air sévère. Elle fendit la foule des combattants miraculeusement sans encombres, fusillant sa jeune fille du regard.
Lorsque Harry se retourna, son regard sévère tomba sur lui et elle écarquilla les yeux. Elle marqua un temps d'arrêt, sous le choc face à cette apparition des plus inattendues, avant de se précipiter soudain vers lui. Elle prit chaudement Harry dans ses bras, et l'enserra dans une étreinte de fer. Harry lui rendit son étreinte, heureux de retrouver cette présence maternelle qu'il aimait tant chez la mère de son meilleur ami.
-Harry, mon chéri, dit-elle en le relâchant au bout de quelques secondes.
Elle posa ses deux mains sur ses joues et l'examina attentivement. Face à ce regard intense, Harry se demanda si elle arrivait à voir tous les changements qui s'étaient opérés en lui depuis quelques mois. Ils se regardèrent pendant quelques secondes, puis elle le reprit soudain contre elle, le serrant fortement.
-J'ai eu si peur, murmura-t-elle.
Elle le relâcha à nouveau et Harry sourit timidement.
-Heureusement que Remus m'a rassuré en me disant que tu allais bien, ajouta-t-elle au bout de quelques secondes.
Le sourire de Harry se crispa et devint une grimace. Son cœur rata un battement et, face au regard intense que lui lança Madame Weasley, il eut la réponse à sa question muette. Remus n'avait visiblement pas parlé que de sa santé.
Tous deux se fixèrent pendant quelques secondes, Harry ne sachant pas quoi dire. Il se sentait mal à l'aise, se demandait si elle le jugeait, si elle approuvait ou non, si elle lui en voulait.
-Je vais très bien, Madame Weasley, finit par dire Harry d'un ton qu'il voulait rassurant.
La mère Weasley laissa échapper une moue douteuse, et Harry vit avec horreur son regard se poser sur son cou couvert avant de revenir sur son visage.
-Tu sais que tu peux tout me dire, Harry, n'est-ce pas?
Harry rougit inévitablement. Il était de plus en plus mal à l'aise et il évita le regard intense de la femme. Au même moment un nouveau sortilège frappa le mur à quelques centimètres d'eux et Madame Weasley le lâcha soudain, semblant revenir brutalement à la réalité. Elle jeta vivement un regard en arrière avant de refaire face aux deux jeunes gens.
-Ginny, dit-elle sévèrement. Tu vas rentrer immédiatement!
-Quoi? S'exclama la jeune fille. Je ne...
-Tu n'as pas à discuter. Je t'interdis de rester ici! Quant à toi, Harry, je sais que je n'ai pas le droit de t'interdire quoique ce soit, mais tu ne devrais pas rester là non plus.
Harry sourit à nouveau. L'air soucieux de Madame Weasley le touchait beaucoup, mais avec Draco, il avait eu sa dose de protection.
-Ne vous en faites pas pour moi, Madame Weasley. Je suis entre de bonnes mains, vous le savez.
Molly haussa les sourcils, mais approuva néanmoins. Harry rougit en disant ceci et pour lui cacher sa gêne, il se tourna vers Ginny et murmura:
-Je suis désolé.
Se détournant d'elle et passant devant Madame Weasley, il brandit sa baguette et se replongea dans l'horreur des combats qui faisaient rage à Poudlard.
.
Harry courait au milieu des combats, sans but précis, déboussolé. Il n'avait, finalement, aucun but. Le chaos régnait tout autour de lui, et il ne savait que faire, à qui venir en aide, qui chercher et protéger. Partout autour de lui, des élèves se battaient contre des Mangemorts ayant le double de leur âge, et il voulait venir en aide à tout le monde. Il voulait se démultiplier afin d'être partout en même temps, il voulait avoir des ailes pour pouvoir voler au secours de tout un chacun, il voulait avoir plusieurs bras pour pouvoir défendre tout le monde en même temps. Mais il ne pouvait pas. Il était condamné à voir ses amis tomber sous les coups des Mangemorts, à ne pas pouvoir venir au secours de tous, à se sentir coupable d'être la raison de tout ce chaos.
La panique enflait en Harry comme un poison. Elle menaçait à chaque seconde de se déverser hors de lui par vagues incontrôlables. Harry tentait de la retenir, car il voulait garder les idées claires, mais il y parvenait de moins en moins. Il voulait que tout cela s'arrête, là, maintenant. Il voulait retrouver son vampire, il voulait que Draco le serre contre lui et le rassure. Il voulait retrouver cette sécurité apaisante qu'il ressentait lorsqu'il était dans les bras de son vampire. Peu importe la colère que pourrait ressentir le vampire à son égard en constatant sa désobéissance, Harry avait besoin de lui, maintenant.
Néanmoins, il avait beau regarder autour de lui, Draco n'était nulle part en vue. Pendant une infime seconde, il eut la peur irrationnelle que son vampire l'ait abandonné et soit parti. Peut être était-il un trop gros fardeau pour Draco? Lui qui chérissait plus que tout sa tranquillité, peut être avait-il été dépassé par toute cette agitation qui régnait perpétuellement autour de Harry?
Harry se força à se ressaisir. Il se rappela que Draco était autant prisonnier du lien que lui l'était, et qu'il n'y avait pas la moindre chance pour que le vampire ait pu s'y soustraire. Il était forcément là, quelque part, à la recherche du serpent de Voldemort. Quand il apprendrait que Harry lui avait désobéi, il serait furieux, mais pour l'instant, c'était le dernier soucis du jeune homme.
Harry enjamba un bloc de pierre tombé du mur. Baguette en main, il se précipita pour stupéfixer un Mangemort qui s'attaquait à un élève. Tout aussi rapidement, et sans perdre de temps, il se précipita vers l'immense porte à double battants qui marquait l'entrée de l'école. Les Mangemorts continuaient d'envahir Poudlard, et Harry prenait conscience d'à quel point l'armée du Seigneur des Ténèbres était imposante.
-Stupefix! S'exclama-t-il en voyant un Mangemort monter deux à deux les marches du perron.
Le maléfice le frappa de plein fouet et le Mangemort tomba à la renverse, immobilisé, et s'écrasa violemment au sol après avoir dévalé les marches. Du haut des marches, Harry balaya le parc du regard, et il sentit son cœur rater un battement à la vue qui s'offrait à lui.
Des corps étaient étendus partout sur la pelouse, et Harry n'osa par les regarder de peur de reconnaître un visage familier. Le vert de la pelouse était tâché de rouge, et Harry fut saisi d'un haut le coeur à la vue du sang qui coulait et des corps mutilés. Harry se sentait dépassé, d'autant plus paniqué qu'il ne savait pas ce qu'il pouvait faire pour arrêter cette hécatombe. Plus les secondes passaient, plus il voyait le nombre de victimes augmenter.
Harry devait trouver Voldemort. Il devait absolument mettre fin à tout ce chaos. Et tuer Voldemort était le seul moyen qu'il voyait pour mettre son armée en déroute. Si le Seigneur des Ténèbres tombait, son armée de Mangemort s'en verrait paniquer, et prendrait probablement la fuite.
-Harry?
Harry était en pleine réflexion, et il sursauta à l'entente de son nom. Il fit vivement volte face, et se retrouva nez à nez avec deux têtes rousses identiques. Les trois jeunes hommes se fixèrent pendant quelques secondes, à la fois étonnés et ravis de se retrouver face à face.
-Tu n'es pas mort? Demanda l'un des jumeaux.
Harry sourit. Il tendit la main et les jumeaux Weasley la serrèrent à tour de rôle, souriant eux aussi. Fred avait une blessure sérieuse au niveau de la tête, qui coulait abondamment, mais il ne semblait pas s'en soucier.
-Visiblement pas, répondit Harry.
Il était heureux de retrouver Fred et George, après tout ce temps, même si c'était en de telles circonstances.
-On s'en doutait un peu, affirma George en souriant avec espièglerie. Qui est-ce qui pourrait venir à bout du grand Harry Potter, hein?
Harry sourit, un peu mal à l'aise. Il se demanda si, comme Madame Weasley, Fred et George étaient au courant de son nouveau...Statut.
Un sortilège les frôla soudain et tous les trois firent vivement volte face, baguettes brandies. Des Mangemorts montaient les marches menant à l'école en vitesse, et ils se placèrent devant eux pour leur barrer la route. Grands et larges dans leurs amples robes noires, ils avaient l'air imposant et déterminé à passer.
-Tiens, Potter, tu as décidé d'arrêter de te cacher?
Harry plissa les yeux pour essayer de distinguer les traits du Mangemort, mais le masque lui mangeait la moitié du visage, et il ne put rien distinguer.
-Et maintenant que tu es sorti de ta cachette, tu vas mourir, reprit un second Mangemort.
Harry se tourna vers lui et il reconnut aussitôt les yeux noirs de Macnair, l'ancien bourreau. Ce dernier leva sa baguette et s'exclama:
-Endoloris!
-Protego! Hurla Harry.
Le sortilège heurta violemment son bouclier et Harry recula de quelques pas tandis que les Mangemorts montaient les dernières marches.
-Stupéfix! S'exclama Fred.
Les Mangemorts évitèrent le sortilège sans difficulté apparente et attaquèrent simultanément les trois jeunes hommes. Les sortilèges de Macnair pleuvaient sur Harry qui se contentait de les contrer, concentré. Son cœur battait si vite dans sa poitrine qu'il semblait vouloir s'en échapper. Néanmoins, la main qui tenait la baguette ne tremblait pas.
Soumis aux assauts violents du Mangemort, Harry fut rapidement séparé de Fred et George. Il se retrouva seul face à Macnair au milieu des autres combattants.
-Alors Potter, ça fait quoi de savoir qu'on va mourir? Lui demanda Macnair.
Harry bloqua le sort impardonnable que lui avait envoyé le Mangemort. Il trébucha brusquement sur un bloc de pierre échoué là et tomba à la renverse, sur le sol dallé recouvert de sang et de poussière.
-Stupéfix! S'exclama-t-il en direction de Macnair qui se dressait au dessus de lui, menaçant.
Le Mangemort bloqua tranquillement son sortilège. Malgré son masque, Harry devinait pleinement son sourire satisfait tandis qu'il le regardait de haut. Il pointait sa baguette droit sur le torse de Harry, semblant se demander quel sort il allait lancer en premier.
-Macnair! S'exclama soudain une voix hystérique.
Le Mangemort se détourna brusquement de lui et se retourna pour aviser qui l'avait appelé. Harry en profita pour se redresser vivement. Il visa le dos du Mangemort mais au moment où son sortilège se formait sur ses lèvres, un sort l'atteint de plein fouet au niveau du torse. Le souffle coupé, il s'envola sur quelques mètres avant d'atterrir violemment contre le mur. Sonné, il leva les yeux en clignant plusieurs fois des paupières.
-Potter appartient au Seigneur des Ténèbres!
-Je sais, répondit Macnair, visiblement irrité. Je n'allais pas le tuer, juste m'amuser.
Sa vue retrouvant progressivement une netteté bienvenue, Harry put enfin distinguer les traits de son assaillant.
Bellatrix se tenait là, à quelques mètres de lui, debout face à Macnair. Ses cheveux d'un noir de jais étaient encore plus ébouriffés que la dernière fois que Harry l'avait vue, et ses yeux noir brillaient de cette folie qui la caractérisait. Elle le regardait avec un air triomphal, tandis que près d'elle, Macnair avait l'air rageur.
-C'est moi qui l'ait capturé, fit-il remarquer.
Bellatrix se tourna brièvement vers lui et lui lança un regard noir. Macnair sembla vouloir dire quelque chose, mais se ravisa finalement. Lui jetant un dernier regard menaçant, il tourna les talons et se replongea dans la bataille.
Harry et Bellatrix se fixèrent brièvement avec haine et dégoût.
-Tu vas me suivre gentiment, Potty, ordonna-t-elle en le menaçant de sa baguette.
Harry ne répondit rien. Il fixait la baguette étrangement longue de Bellatrix, se demandant quelles étaient ses chances s'il l'attaquait. Il savait que Bellatrix était une combattante acharnée et ne faisait pas l'erreur de la sous-estimer.
-Nous allons retrouver le Seigneur des Ténèbres. Je suis sûre qu'il sera ravi de te revoir!
-Pas autant que moi, quand je l'aurai enfin exterminé.
Le visage de Bellatrix se fendit d'une expression furieuse. Elle leva sa baguette mais au même moment, un sortilège passa au dessus de son épaule, ébouriffant ses cheveux. Elle se retourna vivement et Harry en profita pour se relever rapidement, baguette fermement en main.
Devant Bellatrix se tenait Remus Lupin qui, baguette levée, se préparait à se battre. Bellatrix fut la première à attaquer. Elle lança un endoloris en direction du loup garou qui le bloqua rapidement avant de contre attaquer. Après plusieurs secondes où il resta figé dans une immobilité stupéfaite, Harry se redressa soudain et se précipita pour aider Lupin.
Comme il l'avait prévu, Bellatrix était une combattante redoutable. Elle bloquait habilement tous leurs sorts et en lançait de nouveau avec une habilité surprenante. Mais Harry était acharné. Il lui suffisait de penser à tout le mal que Bellatrix avait fait autour d'elle, de penser à Sirius, et il avait envie de la voir morte.
Les combats autour d'eux faisaient rage, de plus en plus violents, de plus en plus acharnés. Harry entendait des cris de douleur, des hurlements de rage ou des sanglots de peur, et tous ces bruits l'atteignaient profondément. Il voulait que tout ceci se termine, maintenant, avant qu'il n'y ait plus de dégâts, plus de blessés, plus de morts.
Bellatrix lança soudain un sort de magie noire qui atteignit Remus au niveau du bras. Son ancien professeur laissa échapper un sifflement de douleur, et s'agrippa le bras de sa main encore valide.
-Endoloris! Hurla Harry.
Bellatrix bloqua son sortilège. Elle lança un sortilège informulé qui projeta Harry contre le mur. Pour la troisième fois de la soirée, le jeune homme se retrouva violemment propulsé contre le mur. Son crâne heurta la pierre dure et il resta sonné pendant quelques secondes. Lorsqu'il revint à lui, Lupin était toujours aux prises avec Bellatrix. Son bras blessé dégoulinait de sang, et il luttait pour se protéger des maléfices que lui envoyait la Mangemort sans discontinuité.
Harry tenta de se relever, mais encore sonné, ses jambes furent incapables de le soutenir. Il secoua la tête et, au prix d'un immense effort, il arriva à se remettre debout. Il se précipita à nouveau vers Bellatrix et s'exclama:
-Stupefix!
Elle bloqua son sortilège avec habileté avant de bloquer tout aussi rapidement celui de Lupin.
-Diffindo! S'exclama-t-elle en faisant soudain volte face.
Harry ne s'y attendait pas. Le sortilège le heurta au niveau de l'épaule et il poussa un cri de douleur lorsqu'il déchira sa peau. Il pressa sa main contre l'entaille d'où le sang s'échappait déjà, rouge écarlate.
Au même moment, le rire aigüe de petite fille de Bellatrix se fit entendre et il releva précipitamment les yeux. Remus était au sol, désarmé et Bellatrix ricanait au dessus de lui, satisfaite. Le meilleur ami de son père leva vers Harry un regard intense et, avant que le jeune homme n'ait pu esquisser le moindre geste, Bellatrix leva sa baguette et s'exclama:
-Avada Kedavra !
Le maléfice frappa Lupin de plein fouet. Sous l'oeil ébahi de Harry, le corps de son ancien professeur, illuminé d'un halo vert éclatant, bascula en arrière et retomba sur le sol dans une position grotesque. Bellatrix ricanait toujours, et Harry était figé de stupeur. Tout s'était passé si vite qu'il ne pouvait réaliser. Il ne pouvait concevoir l'inconcevable. Il ne ressentait rien, sinon un grand vide et un ahurissement sans borne. Le sang gouttait de son épaule blessée, mais il n'en avait plus conscience.
Son corps entier resta plongé dans une immobilité et un engourdissement puissant qui lui sembla durer des heures. Le monde entier semblait s'être arrêté de tourner tandis qu'il fixait avec ahurissement le corps sans vie de Remus Lupin.
Il fixait le corps de Lupin, ses yeux vides qui ne fixaient plus rien, et il ne pouvait penser à rien de cohérent. Il cligna des yeux, plusieurs fois, mais rien ne changeait. Lorsqu'il les rouvrait, Lupin était toujours là, couché au milieu des combattants qui manquaient de le piétiner sans le voir.
-Oups, souffla Bellatrix, près de lui.
Harry releva la tête. Elle arborait un sourire fier et satisfait, à la fois moqueur et supérieur. Lorsque Harry leva vers elle un regard vide, elle esquissa une moue enfantine.
-Ne pleure pas, Potty. Tu le rejoindras bientôt.
La rage qui déferla en Harry ravagea tout. L'angoisse, la peur, la culpabilité, l'ébahissement, la crainte. Tout. Il ne resta plus en lui qu'une rage immense et dangereuse, qu'il n'avait ressentie que deux fois auparavant, chaque fois à la mort d'un proche. Celle de Sirius, et celle de Dumbledore. Bellatrix était déjà à l'origine de la mort de Sirius, aussi la rage de Harry n'en sembla que dédoublée.
Lorsqu'il leva la main qui tenait sa baguette, il était ravagé par une colère et une haine sans nom. Il ne pensait plus à rien. Même Draco avait déserté toutes ses pensées. Il ne voyait plus que le visage rieur de Bellatrix, dont il rêvait de faire disparaître ce petit sourire satisfait.
-Sectumsempra! Hurla-t-il.
Elle évita habilement son sortilège.
-Qu'y a-t-il, Potter? Ce n'est après tout qu'une personne de plus qui meurt pour toi. Tu devrais être habitué maintenant.
Harry refusait de se laisser atteindre par ces paroles qui se voulaient blessantes. A cet instant précis, il haïssait Bellatrix plus qu'il n'avait jamais haï personne. Voldemort, Rogue, Ombrage, Draco, tous n'étaient plus que de futiles personnages sans valeur.
-Expulso!
Bellatrix bloqua son sortilège. Face à la violente offensive de Harry, elle reculait de quelques pas, tandis que le jeune homme avançait vers elle avec acharnement. Il voulait la blesser, lui faire du mal, il voulait la tuer, peu importe si ça le faisait devenir un meurtrier. Plus rien ne comptait.
-Impedimenta!
Harry lançait maléfices sur maléfices, tels qu'ils lui venaient à l'esprit. Bellatrix avait perdu son sourire et elle se contentait de parer ses sortilèges.
Les sortilèges fusaient et Harry était persuadé que l'un d'eux arriveraient à percer les défenses de la femme. Il était tellement déterminé qu'il en était sûr. Bellatrix ne s'en sortirait pas, pas cette fois. Toujours reculant, Bellatrix trébucha soudain sur un corps étendu au sol. Le temps qu'elle reprenne son équilibre, Harry en profita pour percer ses défenses.
-Endoloris! S'exclama-t-il.
Le sortilège frappa Bellatrix de plein fouet. Dans un cri déchirant, elle s'écroula au sol, parcourue de spasmes. Son corps se tortillait au sol, sous l'œil furieux de Harry que rien ne pouvait attendrir. Elle hurlait de douleur, mais Harry s'en rendait à peine compte. Il éprouvait à la voir souffrir un plaisir qui l'aurait, en d'autres circonstances, fait culpabiliser.
Il leva le sortilège au bout de quelques secondes et le corps de Bellatrix s'affaissa au sol. Sa poitrine se soulevait vivement tandis qu'elle haletait. Prudemment, tenant sa baguette fermement dans son poing, Harry s'approcha d'elle. Elle leva les yeux vers lui, et ils reflétaient parfaitement la haine et la colère que ressentait Harry à cet instant.
-Vas-y Potter, tue-moi, dit-elle d'une voix rauque à force d'avoir crié.
Harry leva sa baguette. Sa main ne tremblait pas. La rage parcourait chacune de ses veines.
-Tu ne peux pas, dit-elle au bout de quelques secondes. Tu n'es pas un tueur. Tu es faible.
Elle tenta difficilement de se relever, mais Harry lui asséna un coup de pied sur l'épaule qui la fit retomber au sol. Elle poussa un cri de rage, encore tremblante et fébrile face aux effets de la torture.
-Tu es faible! Hurla-t-elle. Et tu vas mourir.
-Je suis éternel, contredit doucement Harry. Et tu vas mourir. Avada Kedavra !
Le sortilège frappa Bellatrix au niveau du torse. Comme Lupin quelques minutes auparavant, son corps fut illuminé par une vive lumière verte, avant de retomber lourdement au sol. Harry observa le corps sans vie de Bellatrix pendant quelques secondes, figé debout au dessus d'elle. Les yeux noirs de Bellatrix fixaient sans le voir le haut plafond du hall d'entrée de l'école et Harry ne pouvait détacher son regard de ses orbes sans vie.
Sa main droite, qui tenait fermement sa précieuse baguette, tremblait, à présent. Il la tenait encore tendue en direction du corps inerte de Bellatrix, le bras à moitié levé. Ce n'est que lorsqu'un sortilège frôla son épaule qu'il reprit conscience avec la réalité.
Il releva la tête et l'horreur des combats qui se déroulaient autour de lui le frappa à nouveau. Son regard vide de toutes émotions se posa sur le corps sans vie de Lupin, qui gisait près de celui de son assassin et il fixa sans ciller le visage blanchâtre de son ancien professeur et ami. Lupin semblait paisible dans la mort, endormi, mais Harry ne pouvait se résoudre à accepter cela.
Sa colère s'était calmée face au choc de la mort de Bellatrix, et le chagrin, la peine, la tristesse, dévastant tout sur leurs passages menaçaient de prendre le contrôle de tout son être. Son bras entier tremblait à présent, et Harry sentait monter en lui des sentiments puissants qu'il ne se sentait pas la force de refouler.
Il savait que, lorsque la tristesse prendrait entièrement contrôle de son être, il ne pourrait plus rien contrôler. Il serait entièrement soumis à cette douleur sans nom que rien ne pouvait guérir, sinon le temps. Elle lui rongerait le cœur et le cerveau, jusqu'à le laisser totalement vidé et détruit. Elle ne lui laisserait aucun répit, allant jusqu'à le détruire de l'intérieur, jusqu'à qu'il ne puisse plus se relever, plus mettre un pied devant l'autre afin d'avancer.
Il savait tout cela, car il l'avait déjà expérimenté, et c'est pour cela qu'il tenta de toutes ses forces de la refouler au plus profond de lui. Il n'avait pas le temps de s'appesantir, pas maintenant. C'était à lui de mettre fin à tout ce chaos. Peut être allait-il mourir ce soir, comme l'avait prédit Bellatrix, et dans ce cas il n'aurait pas à affronter cette douleur qu'était la peine d'avoir perdu un être cher. Peut être survivrait-il, et dans ce cas, il aurait l'éternité pour apprendre à vivre avec.
Les jambes de Harry tremblaient. Il était encore sous le choc. Le choc de la mort de Lupin, le choc d'avoir tué un être vivant, même si ce n'était que Bellatrix, le choc d'être devenu, en l'espace d'un tiers de seconde, un assassin. Le cerveau tout entier de Harry semblait être court-circuité. Il n'arrivait plus à former une pensée cohérente. Il ne savait plus pourquoi il était là, ce qu'il devait faire ou ne pas faire, il ne savait plus pourquoi il avait si mal, juste là, au niveau de son cœur.
Il savait juste que Lupin était mort, que son corps gisait sans vie à ses pieds et qu'il venait en moins d'une seconde de couper le dernier lien qui rattachait Harry à son père.
Le bras de Harry tremblait tellement qu'il menaçait de lâcher sa baguette. A cet instant précis, il avait plus besoin de Draco que jamais auparavant. Mais le vampire n'était nulle part en vue, peut être était-il blessé, ou mort, lui aussi.
A cette pensée, Harry cligna des yeux. Il balaya le champs de bataille du regard, ses yeux émeraudes s'attardant sur chaque corps allongé au sol pour être certain que ce n'était pas celui de son vampire. Il imagina ce qu'il deviendrait sans son vampire à ses côtés et une peur irrationnelle, dévorante, destructrice enfla en lui.
Le bras de Harry retomba le long de son corps. Il devait trouver Draco, maintenant. Il ressentait le besoin primal de s'assurer que son vampire allait bien, que leur avenir à deux, éternel, était toujours leur projet assuré.
A cet instant, il était persuadé, égoïstement, qu'il pourrait supporter la mort de tous ses proches, mais pas celle de Draco.
.
.
Voilà pour ce chapitre, qui finit sur une note un peu triste. J'espère que je ne vous ai pas miné le moral, et si c'est le cas, je m'excuse platement.
J'espère malgré tout qu'il vous a plu! Si Draco vous manque, je vous annonce qu'on le retrouve dès le prochain chapitre!
Merci d'avoir lu, et pour ma part j'attends tous vos commentaires avec impatience!
A la semaine prochaine :)
Natom, 16/08/14
