Coucou!
Pas trop déprimés par la fin des vacances qui approche? :( Moi si!
Enfin, voilà un nouveau chapitre pour se changer les idées pendant quelques minutes! Comme promis, Draco is back, même si c'est encore un peu court!
Merci comme toujours à tous ceux qui prennent le temps de laisser une review! Ekateri, maoul92, Kisis, Anonyme, Sasunaruchan, celine, Yukino,
Guest: hum, ce sont de bonnes questions, et pour être honnête, je n'en ai aucune idée! Je ne pense pas écrire une nouvelle fic sur les vampires, je pense avoir fait largement le tour du sujet dans cette fic, et ce serait du coup trop répétitif, puisque je ne changerai aucun traits de caractère, ni ma façon de voir les choses! Peut être une fic Veela? Beaucoup de lectrices m'ont proposé décrire sur ce thème. Ou peut être un changement de pairing, oui, je suis passionnée par le caractère mystérieux de Jedusor! xD Bref, pour l'instant, je n'ai pas d'idées précises, mais une grande envie de continuer à écrire! Et de rien, avec plaisir :)
Vous pensez que je passerai la barre des 2000 review avant la fin de la fic? J'ai le vertige! xD
Sur ce, je vous laisse à votre lecture! Enjoy :)
.
.
Chapitre 53
Il n'y a rien de si infortuné qu'un homme qui n'a jamais souffert
.
Draco était ravagé par une violente tristesse. Elle le prenait aux tripes et le déchirait de l'intérieur. Il avait l'impression qu'il ne pourrait jamais surmonter une telle sensation, qu'elle resterait ancrée en lui pour l'éternité, et qu'il ne pourrait plus jamais être heureux. Au delà de cette tristesse qu'il tentait de refouler pour ne pas qu'elle le submerge et le noie, enflaient en lui une colère et une haine qui le contrôlaient entièrement. Draco avait des envies de meurtre.
Cependant, cette colère n'était pas la sienne, et il en avait pleinement conscience. Elle se mêlait à la sienne, et toutes deux se mélangeaient, fusionnaient pour ne faire plus qu'une, à tel point que Draco ne savait plus qu'elle colère venait de lui et laquelle provenait de son calice.
Il ne savait pas ce qui avait pu provoquer de telles déferlantes d'émotions chez Harry, mais, de toute évidence, il semblait difficile d'éprouver de tels sentiments en étant enfermé seul dans une salle close.
Harry lui avait désobéi, et Draco avait lui aussi des envies de meurtre. A cet instant, il avait envie de retrouver Harry et de lui faire payer sa désobéissance, au point de la lui faire regretter. Il avait envie de faire comprendre au jeune homme rebelle qu'il avait pour calice qui commandait, et ce qu'il lui en coûtait de ne pas lui obéir.
Mais Harry n'était pas là, près de lui et, en réalité, Draco était submergé par l'angoisse. La colère était la seule chose qui lui permettait encore de garder un semblant d'esprit rationnel. Sans elle, Draco aurait déjà succombé à la panique, c'était certain. Il aurait oublié comment penser, comment marcher, comment agir et réfléchir. Il serait paralysé sur place, submergé par l'angoisse et la peur, incapable de prendre la moindre décision.
Nul doute que si son cœur avait pu battre à cet instant précis, il aurait battu la chamade. L'angoisse qui submergeait Draco le rendait fébrile, un sentiment qu'il ne connaissait pas. Elle se superposait à sa colère, et il ne savait pas s'il était plus furieux ou angoissé vis à vis de son calice. Draco était rarement angoissé, voire jamais même si l'irruption de Harry dans sa vie avait largement changé la donne, et il avait du mal à gérer cette angoisse qui enflait en lui. Au moment où il pensait avoir atteint le summum de l'angoisse, un cri, ou un sortilège passant près de lui, lui prouvait qu'il pouvait encore être plus angoissé.
Maudit soit Harry de faire naître en lui de tels sentiments néfastes, de faire remonter en lui ce qu'il avait de plus humain, de le faire se sentir si vivant, de le faire revivre. Maudit soit Harry et le jour où il était entré dans son existence, pour la bouleverser à coups d'innocence et d'humanité.
Toutes ces sensations étaient si humaines que Draco avait l'impression étrange de revivre. Il avait l'impression d'être à nouveau un humain, soumis à la violence de ses sentiments et incapable de les contrôler et de les gérer. En un sens, il ne s'était jamais senti aussi humain. Et il n'avait jamais eu aussi envie que de retrouver son contrôle habituel et légitime. Il en avait besoin, là, maintenant, pour pouvoir assurer cette protection qu'il devait à Harry. C'était d'ailleurs plus qu'un devoir, c'était un besoin vital.
Vital, c'était le mot.
A chaque cri, chaque râle, chaque hurlement, Draco faisait vivement volte face, angoissé comme jamais il ne l'avait été dans son existence. Il savait, grâce au lien, que Harry était encore en bonne santé, qu'il ne souffrait pas, mais il sentait son désespoir, son désarroi, son angoisse, et il se doutait qu'elle avait pour effet d'accroître la sienne, ce dont il n'avait guère besoin. Il imaginait le besoin viscéral que devait avoir son calice de lui, et s'en voulait à chaque minute qui passait de ne pas être près de lui. Son rôle, c'était d'être auprès de Harry. Il n'aurait jamais du s'éloigner de lui, particulièrement en connaissant l'impulsivité et l'insoumission dont pouvait faire preuve son calice.
Ne pas savoir où se trouvait Harry, ne pas l'avoir dans son champ de vision, ne pas avoir la possibilité de le protéger, d'être là s'il lui arrivait quelque chose et savoir qu'il était en danger, plus que jamais, était l'impression la plus difficile qu'il ait eu à supporter depuis des siècles. Sa nature de vampire s'en trouvait malmenée, son instinct hurlait de douleur, il avait besoin de son calice, là maintenant. Il devait impérativement le serrer dans ses bras, ou ne serait-ce que poser ses yeux sur lui, croiser son regard, avoir la certitude qu'il allait bien et qu'il était là, à portée de main, et non pas perdu au milieu d'une foule de combattants qui voulaient sa mort. Il avait le besoin de le mettre en sécurité, c'était impératif.
Tentant, difficilement, de ne pas céder à la panique, il tourna autour de lui pour tenter d'apercevoir Harry quelque part. Il regrettait que le lien puissant qui l'unissait à son calice ne puisse l'aider à le localiser dans l'espace, cette particularité lui aurait été d'une grande aide. Chaque seconde qui passait accroissait son malaise et mettait Harry encore plus en danger. Plus longtemps il restait au milieu des combats et plus de chances il y avait pour qu'il soit blessé, ou pire.
Draco évitait d'y penser. Il restait concentré pour ne pas céder à la panique, qui était à cet instant son pire ennemi. Harry était quelque part au milieu de tous ces combattants et, au centre de l'immense hall d'entrée de l'école, Draco ne voyait que des visages inconnus courir d'un endroit à un autre avec terreur. Le hall était empli de monde, et tout n'était que chaos et capharnaüm.
Les yeux vifs du vampire scrutaient les visages de chaque combattant à la recherche de celui familier de son calice. Lorsqu'il arriva dans la Grande Salle, sain et sauf, il se rendit compte que de nombreux blessés avaient été rapatriés en ces lieux, encore vierge de tous Mangemorts. Il balaya la Salle du regard pendant quelques secondes, figé à l'entrée et finit par repérer, à défaut de Harry, Hermione Granger.
Sans hésiter, il franchit le seuil de la salle et, sans que personne ne l'arrête, il se précipita vers la jeune fille. Elle était accroupie devant un jeune homme couché au sol dont une blessure profonde faite au niveau du ventre coulait abondamment. Draco la saisit fermement par le bras et la releva autoritairement. Elle poussa un cri aigu et effrayée et, lorsqu'elle le vit, elle écarquilla les yeux. Draco lit la peur dans son regard sans s'en émouvoir et il demanda sèchement:
-Où est Potter?
-Ha...Harry? Répéta-t-elle sans comprendre. Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu depuis que vous...
Sa voix mourut dans sa gorge tandis que la poigne du vampire se refermait avec plus de force autour de son bras. Pendant quelques secondes, elle crut réellement qu'il allait lui faire du mal. Il arborait une expression fermée des plus inquiétantes et ses yeux gris n'étaient plus que deux fentes menaçantes. Hermione souhaita à cet instant qu'il ne retrouve pas Harry, car elle craignait pour la santé de son ami. Il lui était inconcevable qu'un être si peu humain, si froid et si dangereux puisse réellement vouloir le bien du jeune homme.
-Ne ment pas, prévint-il sèchement, sa voix à peine plus forte qu'un murmure.
Les larmes montèrent aux yeux de la jeune fille. Son bras commençait à être engourdi sous la poigne du prédateur qui la dominait de toute sa taille. Des mèches de cheveux d'un blond presque blanc tombaient devant ses yeux, et il posait sur elle un regard incandescent.
-Je ne mens pas, je vous jure que je n'ai pas vu Harry. Je ne sais pas où il est. Je n'avais aucune idée qu'il avait quitté la Salle sur Demande, dit-elle précipitamment, suppliant le vampire de la lâcher.
Elle sentait son aura dominatrice et sauvage dans chaque fibre de son corps, et son charisme l'écrasait violemment. Tout son être lui criait le mot "danger", mais elle n'avait aucun moyen pour échapper à la prise ferme que le vampire exerçait sur elle, autant physique que morale.
-Hermione?
Luna se tenait prudemment à quelques pas de là, posant sur elle et le vampire un regard circonspect. Sur le haut de son crâne, ses cheveux blonds étaient teintés de rouge, et du sang coulait le long de sa tempe jusque sur sa joue. Elle appliquait dessus un tissu noir, mais le sang continuait à couler sans interruption.
-Est-ce que tout va bien? Demanda-t-elle en surveillant le vampire du coin de l'œil. Je pensais qu'il était avec vous.
Draco la lâcha soudain, et la jeune fille se recula précipitamment, encore choquée face à cette brusque et inattendue attaque. Elle massa son bras endolori, fusillant le vampire impassible du regard.
-Non, rétorqua-t-elle sèchement. Il est seulement avec Harry.
Draco posa sur elle un regard intense, et tout le corps d'Hermione se tendit face à ce regard soutenu. Elle avait l'impression que le prédateur s'apprêtait à bondir sur elle pour planter ses crocs acérés dans son cou, comme il devait le faire plusieurs fois par semaine pour Harry. Elle frissonna des pieds à la tête, horrifiée face à une telle pensée et se demanda une fois de plus comment Harry pouvait supporter un tel rapprochement.
Draco se contenta néanmoins de tourner les talons. La panique menaçait de le submerger et, lorsqu'il ressortit de la Grande Salle, il se retrouva à nouveau nez à nez avec les dizaines de combattants qui se battaient dans l'immense hall d'entrée. Des dizaines de Mangemorts, de membres de l'Ordre, d'élèves et de professeurs couraient dans tous les sens dans une pagaille sans nom.
Draco balaya le hall d'entrée du regard. Il avait totalement oublié tout ce qui avait trait à Voldemort et son serpent. Tout ce qui comptait, à cet instant, c'était Harry. Plus angoissé et inquiet que jamais, il partit à la recherche de son indomptable calice.
.
Le cœur de Harry semblait vouloir se creuser un passage hors de sa poitrine, pourtant le jeune homme ressentait un calme qu'il n'avait plus ressenti depuis de nombreuses heures. Il avait les idées étrangement claires et, là où il y a quelques minutes il était perdu et déboussolé, il avait désormais une idée bien précise de ce qu'il devait faire maintenant. Il était empli d'une détermination froide et était persuadé que rien ni personne ne pourrait plus l'arrêter. Sa peine immense née de la mort de Lupin, sa colère envers Bellatrix, la panique qu'il ressentait face à tout le chaos autour de lui, la peur de perdre, à nouveau, un proche, le manque de son vampire, tout autant de sentiments qui généraient en lui cette détermination sans faille.
Refoulant son chagrin immense du mieux qu'il le pouvait, il laissa libre court à sa colère. Elle était à l'heure actuelle la meilleure arme qu'il avait et, étrangement, elle lui donnait du courage. Il était déterminé, plus que jamais, à mettre fin à tout ce carnage, et à ne plus jamais voir quelqu'un qu'il aimait mourir pour lui.
Les idées étrangement claires, il s'arrêta un instant en haut des marches du perron pour observer le parc qui s'étendait devant lui.
Cette soudaine absence d'émotions, que ce soit de la peur, de la tristesse, de la panique, de la douleur, laissait Harry calme et froidement déterminé. Il lui semblait qu'il avait lui même appuyé sur un bouton, à l'intérieur de sa tête, qui avait levé un barrage à tous sentiments ou émotions. Le choc de la mort de Lupin, sous ses yeux, suivit de sa vengeance mortelle sur Bellatrix l'avait laissé vidé, éteint. Il préférait cela, à un trop plein d'émotions intenses qui l'auraient assommées.
Le parc était plongé dans un chaos infernal. Harry posa un regard horrifié sur les corps qui gisaient un peu partout sur la pelouse. Les sortilèges fusaient d'un combattant à un autre, éclairant le parc d'éclairs lumineux. Il entendait des cris, des hurlements, des gémissements et des pleurs et sa main se crispa autour de sa baguette.
Il tenta de repérer son vampire, mais la foule des combattants était trop intense pour qu'il distingue un visage connu. Lentement, aux aguets, il descendit les marches et posa un pied prudent sur la pelouse.
Il vit un Mangemort se précipiter en courant vers un élève aux prises avec un second Mangemort et, sans réfléchir, il leva sa baguette et lui lança un Stupéfix. Le Mangemort fut arrêté net dans sa course, tomba lourdement au sol sans savoir qui était à l'origine de cette attaque sournoise.
-Harry!
Harry s'arrêta net. Il tourna la tête et vit Ron se précipiter vers lui. Ses cheveux roux étaient ébouriffés et du sang coulait de sa lèvre inférieure. Harry fut si soulagé de le voir sain et sauf qu'il prit son meilleur ami dans ses bras sans réfléchir. Les deux jeunes hommes échangèrent une étreinte courte mais intense, tous les deux immensément soulagés de se retrouver.
-Où est Hermione? Interrogea Harry en relâchant son étreinte.
Ron s'empara de son bras et le traîna un peu à l'écart des combats pour les mettre à l'abri. Un Mangemort les attaqua mais ils le repoussèrent sans difficulté, déterminés.
-Elle aide à rassembler les blessés dans un endroit un peu plus calme, répondit Ron en le scrutant intensément. Tu vas bien Harry? Tu sembles...pâle.
Harry savait qu'il était plus que pâle. Il se doutait que son visage reflétait plus qu'une pâleur inquiétante, mais il secoua la tête. Il se sentait absolument incapable de dire à haute voix ce qui était arrivé, il y a quelques minutes, dans le hall de l'école. Le dire n'aurait pour effet que de le rendre plus réel, et Harry ne pouvait tout simplement pas s'y résoudre. Le dénis était, pour l'instant, la meilleure des solutions qu'il avait à portée de main pour garder la tête froide. Il tenta de cacher son visage bouleversé au regard scrutateur de Ron qui eut le bon sens de ne pas insister.
-Qu'est-ce que tu fais ici? Demanda-t-il. Je pensais que ton vampire...
Face au regard noir que lui jeta Harry, Ron n'acheva pas sa phrase.
-Même Draco n'a pas le pouvoir de me garder à l'écart dans un moment pareil, affirma-t-il. Tu l'as vu, Draco?
Harry ne tenta même pas de cacher son air angoissé. Son angoisse transparaissait même dans le ton de sa voix, il en était certain. Ron secoua la tête. Il observa l'expression soucieuse de son ami et se demanda si Harry pouvait réellement ressentir la même inquiétude qu'il ressentait pour Hermione envers un vampire. Après quelques secondes d'un silence circonspect, il répondit d'une voix qui se voulait calme:
-C'est un vampire, Harry, tu te souviens? Rien ne peut lui arriver.
Mais Harry n'en était pas si sûr. Il ne connaissait pas assez les vampires pour savoir ce qui pouvait les atteindre, ou ce qui pouvait les tuer. Il resterait inquiet pour Draco jusqu'à ce qu'il ait la certitude que son vampire allait bien. S'il arrivait quelque chose à Draco, le ressentirait-il grâce au lien?
Il jeta un regard inquiet autour de lui mais il ne vit que chaos et scènes sanglantes et il s'empressa de se détourner, incapable de faire face à l'horreur qui se déroulait sur la pelouse du parc. Le temps pressait.
-Je n'arrive pas à croire que tu t'inquiètes pour un vampire!
-Je m'inquiète pour tout le monde, Ron, rétorqua Harry, agacé que son ami lui démontre un fois de plus son incompréhension face à leur relation dans un moment pareil. Mais imagine un peu ce que tu ressentirais s'il arrivait quelque chose à Hermione, hé bien tu as une idée assez précise de ce que je ressentirai s'il arrivait quelque chose de semblable à Draco.
Ron écarquilla les yeux. Harry crut le voir pâlir, mais il n'en fut pas certain. Il se passa une main tremblante dans les cheveux et marmonna:
-Mais évidemment, tu ne comprends pas. Tu ne peux pas comprendre.
Il ferma brièvement les yeux, tentant de se ressaisir. Lorsqu'il les rouvrit, Ron le fixait toujours, la bouche entre-ouverte et Harry regretta d'avoir comparé Draco à Hermione. Il avait du mal à comprendre pourquoi cela avait l'air si choquant aux yeux de Ron, car il était de toute évidence bien plus lié à Draco que Ron ne l'était à Hermione. Mais encore une fois, il avait la preuve d'à quel point sa relation avec le vampire avait l'air contre nature aux yeux de son ami, et il préféra changer de sujet. Ron ne pouvait comprendre combien il était attaché à Draco, et Harry était persuadé que, s'il avait pu découvrir par quelque manière que ce soit l'intensité de ses sentiments envers le vampire, il en aurait été effrayé.
-Tant pis, dit Harry, le cœur battant comme jamais. Il faut que je trouve Tu-Sais-Qui.
Ron cligna des yeux, semblant revenir de bien loin. Il fixa Harry comme s'il le voyait pour la première fois, et Harry pensa pendant quelques secondes qu'il n'avait pas compris un traitre mot de ce qu'il venait de dire.
-Tu-Sais-Qui, répéta Ron. Pourquoi?
-Comment ça pourquoi? Il faut arrêter ce carnage au plus vite Ron! Avant que d'autres personnes ne meurent.
Ron ne dit rien, et Harry se sentit obligé de préciser:
-Le seul moyen pour cela est de tuer Voldemort!
Ron écarquilla les yeux et Harry sut qu'il venait de comprendre. Comme par réflexe, il se saisit du bras de Harry et le serra fortement tout en se rapprochant de lui. Il fixa Harry sans ciller à la recherche d'il ne savait trop quoi, mais il se heurta à l'air déterminé de son meilleur ami.
-Mais Harry, dit-il, tu ne peux pas...
-Inutile d'être choqué, Ron, coupa Harry. On savait tous que chaque jour qui passait me menait à ça. Depuis le début, nous savions que je devrai inévitablement faire face à lui. Nous connaissons la Prophétie depuis des années!
-Mais tu n'es pas obligé de...
-Tu sais très bien que si, coupa à nouveau Harry, agacé.
Il était irrité que Ron essaie de le dissuader. Depuis des années, il savait que Harry devrait inévitablement affronter Voldemort, car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit. Entendre Ron vouloir le dissuader d'affronter Voldemort l'agaçait au plus haut point.
-Il reste un Horcruxe, affirma Ron en fronçant les sourcils.
-Draco est allé se charger du serpent. Tu l'as dit toi même, c'est un vampire. Il va forcément y arriver, si ce n'est pas déjà fait. C'est à moi maintenant de prendre le relais. Je ne peux pas indéfiniment me cacher derrière Draco. Il ne peut pas accomplir la Prophétie pour moi.
Ron avait l'air effrayé. Il fixait Harry comme s'il le voyait réellement pour la première fois. Harry tentait de cacher son trouble pour ne pas affoler son ami plus que nécessaire, mais il n'avait jamais eu aussi peur de toute sa vie.
-Comment vas-tu faire? Murmura Ron dans un murmure à peine audible.
Les deux jeunes hommes se fixèrent, aussi effrayés l'un que l'autre. Ron tenait toujours fermement le bras de Harry, comme s'il avait peur que son ami ne parte en courant pour se jeter dans les bras de Voldemort.
Harry fronça les sourcils face à cette question à laquelle il n'avait pas pensé une seule seconde. Comment allait-il faire? Il n'en avait pas la moindre idée. Il n'était guère de taille à affronter le Seigneur des Ténèbres en duel, il en avait pleinement conscience. Pourtant, c'est ce qui se profilait, il en était certain.
La peur redoubla soudain d'intensité. Il allait mourir, ce soir. Il en prit douloureusement conscience au moment où l'image de lui, seul face à Voldemort, s'imposa dans son esprit. Il ne faisait pas le poids. Il ne l'avait jamais fait. Angoissé et apeuré comme jamais, il se demanda comment il avait pu un jour se sentir confiant face au dénouement de cette guerre. Comment avait-il pu sérieusement un jour envisager qu'il allait survivre à cette guerre?
Même Draco ne pouvait accomplir la Prophétie à sa place. Même son puissant vampire ne pouvait lui garantir qu'il serait vivant au sortir de cette guerre. Car il était celui désigné pour affronter Voldemort, et qu'il devrait le faire seul.
Soudain, il souhaita que Draco soit là pour l'amener loin de ce cauchemar. Ils pourraient fuir à l'autre bout du monde, juste tous les deux, et ils vivraient des jours éternels paisibles dans un coin reculé de paradis, loin de l'horreur de la guerre. Harry regarda derrière lui mais le vampire n'était nulle part en vue. Puis il croisa le regard angoissé de Ron et toute envie de fuite disparut instantanément. L'image d'une eau limpide et d'une plage de sable blanc s'effaça dans son esprit, et il se retrouva à nouveau au milieu de l'enfer qu'était devenue son école.
Il ne pouvait pas abandonner ses amis.
-Je ne sais pas comment, mais je vais le tuer, affirma Harry en tentant du mieux qu'il le pouvait de cacher sa propre angoisse.
Ron approuva, mais il semblait aussi peu convaincu que ne l'était Harry. Ils restèrent silencieux pendant quelques secondes, puis Ron affirma soudain, avec justesse:
-Il ne te laissera jamais l'affronter.
Harry approuva doucement. Il avait, évidemment, déjà pensé à ce problème. Il était évidemment impensable que son vampire le laisse de son plein gré affronter Voldemort. Harry savait que c'était cette perspective qui effrayait le plus Draco depuis le début de leur relation. C'était pour cela qu'il avait eu tant de mal à accepter d'aider Harry à accomplir la mission de Dumbledore. Car il savait qu'elle ne mènerait qu'à un affrontement entre son calice et le Seigneur des Ténèbres et que cette perspective le terrifiait.
-Je sais, approuva doucement Harry. C'est pour cela qu'il ne doit pas savoir que je lui ai désobéi et que je suis ici.
Ron plissa les yeux, l'air soucieux. Harry savait qu'il pensait à la réaction qu'aurait Draco en se rendant compte de sa ruse, et il craignait lui même la réaction de son vampire. Mais il n'avait pas le choix. S'il voulait affronter Voldemort, et mettre un terme à tout cela, il devait tenir Draco à l'écart. S'il survivait, il affronterait sans broncher sa colère, et aurait l'éternité pour se faire pardonner.
-C'est de la folie, Harry! Il est le seul à pouvoir te protéger, te protéger vraiment, je veux dire.
-Et pour me protéger, il n'hésitera pas à m'amener ailleurs, là où il n'y a plus aucun danger. Il n'attend que cela, depuis le début, et me jeter face à Tu-Sais-Qui est le meilleur moyen pour qu'il mette son plan à exécution. Il ne doit pas savoir!
Ron hésita quelques secondes, puis dit:
-Peut être que c'est la meilleure solution, Harry. Peut être que tu devrais suivre l'avis de ton vampire et partir. J'ai conscience que j'ai du mal à comprendre ce lien qui vous unie, mais je sais qu'il te protègera toujours, qu'il sera toujours là pour toi, même si Tu-Sais-Qui reste en vie après cette nuit.
Harry écarquilla les yeux. Il avait du mal à croire que Ron venait réellement de lui proposer de lui même une telle alternative. Cela le toucha profondément, et il sentit une affection inédite monter en lui pour son meilleur ami.
-Tu crois vraiment que je pourrai passer le reste de mes jours en paix avec moi même tout en sachant que j'ai laissé tous mes amis, ma famille, l'Angleterre toute entière sous le joug d'un tyran? Non, je préfère encore l'affronter et en subir les conséquences.
Même si Ron avait l'air sincère en proposant cette alternative, Harry ne préféra pas avouer qu'il avait réellement envisagé cette solution. Ron ouvrit la bouche, mais se ravisa et ne dit rien. Les deux garçons s'observèrent pendant quelques secondes, effrayés.
-Mais il pourrait affronter Tu-Sais-Qui, lui! Il pourrait le mettre à terre pour toi et tu n'aurais plus qu'à...
-Hors de question, trancha Harry, choqué par cette proposition. Je ne vais pas mettre Draco en danger pour moi! Si je meurs, il mourra avec moi, fin de l'histoire. Mais si lui meurt, je serai condamné à errer toute ma vie en recherchant sa présence, vide et désespéré. Je ne veux pas de ça, jamais.
Ron ne dit rien. Il déglutit difficilement, et Harry voyait la peur dans ses yeux, celle la même que lui même ressentait. Ron semblait le jauger intensément, et Harry se sentit soudain mal à l'aise face à ce regard intense auquel il n'était pas habitué.
-Quoi? Demanda-t-il. Qu'y a-t-il?
Ron plissa les yeux.
-Tu ne voudrais pas...Etre débarrassé de lui?
Harry écarquilla les yeux. Il ne comprit pas immédiatement ce qu'entendait Ron en disant cela, tellement l'idée lui paraissait grotesque, révoltante, choquante. Il ne voulait pas interpréter les paroles de son ami pour ce qu'elles étaient vraiment, c'était au dessus de ses forces. Harry fut si choqué que, pendant quelques secondes, il fut incapable de former une pensée cohérente.
-De Draco? Dit-il, la voix rauque.
Ron approuva doucement. Il ne semblait pas se rendre compte du choc qu'il avait provoqué en Harry.
-Tu pourrais sortir de son influence néfaste et malsaine. Tu pourrais retrouver ta liberté, ton indépendance. Tout redeviendrait comme avant. Avant lui. Tu agirais de nouveau comme une personne saine et normale, sans plus avoir la folie d'envier les crocs monstrueux de ce vampire! Tu pourrais revenir auprès de ma sœur et l'épouser. Tu serais libre.
Harry cligna des yeux, plusieurs fois. Il se demanda si Ron était réellement en train de proposer d'envoyer Draco affronter Voldemort pour qu'il se fasse tuer. Il dut secouer la tête pour retrouver un semblant de lucidité. Etrangement, il avait envie de pleurer.
Avait-il envie de se débarrasser de Draco? Voulait-il revenir à ce qu'il était avant son vampire? La question était aberrante. Imaginer ce que serait sa vie sans Draco lui était insurmontable, alors même que le vampire ne faisait pas partie de la dite vie encore quelques mois auparavant. Tu agirais de nouveau comme une personne saine et normale. Alors c'était ainsi que Ron le voyait vraiment? Comme une personne anormale, folle? Harry serra les dents. Il avait l'impression que, pour la première fois, Ron s'ouvrait à lui et osait lui révéler le fond de sa pensée.
Elle était blessante, humiliante, mais Harry avait la nette impression que Ron ne s'en rendait pas compte.
Une colère venimeuse enfla en lui, mais il la repoussa violemment. Il ne pouvait pas se permettre d'être en colère contre Ron. Le jeune homme, comme toujours, ne comprenait pas. Ou du moins, il ne voulait pas comprendre. Et il ne comprendrait jamais, Harry en était à présent certain. Maintenant qu'il connaissait le fond de la pensée de Ron, ce qu'il pensait réellement de lui et de sa relation avec Draco, il comprenait que Ron avait une plus basse opinion de lui que ce qu'il pensait.
Fronçant les sourcils, Harry affirma sèchement:
-Je ne veux pas être débarrassé de Draco, Ron. Il est tout ce que j'ai! Son influence néfaste et malsaine est ce qui me rend vivant, vivant comme je ne l'ai jamais été. Je préfère mourir plutôt que de vivre sans lui, et tu vas devoir te faire à cette idée.
Ron écarquilla les yeux face à la soudaine colère de son ami. Il ne semblait pas comprendre d'où elle provenait, mais Harry s'en fichait. Les mots de Ron résonnaient dans sa tête, et il était certain qu'il ne pourrait jamais les oublier.
Tu ne voudrais pas...Etre débarrassé de lui?
Etre débarrassé de lui?
-Je n'ai plus rien à faire de Ginny, et je préfère mille fois que Draco plante ses crocs acérés au plus profond de ma gorge plutôt que d'imaginer un seul instant remonter l'allée fleurie de l'église au bras de ta sœur.
Ron pâlissait à vue d'œil, et Harry continua de déverser toute sa colère sans pouvoir s'arrêter:
-Et si tu penses réellement que ça fait de moi un fou, ou un monstre au même titre que lui, alors tu es clairement encore plus obtus que ce que je pensais. Rien n'est plus important aujourd'hui à mes yeux que Draco et si je pouvais revenir en arrière pour changer le cours des choses, je souhaiterai simplement qu'il soit entré dans ma vie cauchemardesque plus tôt, car lui, au moins, a su me redonner le goût et l'envie de vivre. De vivre vraiment.
Ron ouvrit la bouche, choqué, mais aucun son n'en sortit. Il déglutit difficilement, cligna des yeux et articula difficilement:
-O...Ok.
-Je sais bien que tu ne comprends rien de ce qui m'unie à Draco, et que tu me prends pour un fou furieux et masochiste, mais n'ose plus jamais dire une chose pareille devant moi. Je ne me suis jamais senti aussi vivant que depuis que Draco est entré dans ma vie. J'ai prié milles Dieux pour que ce lien qui me rattache à lui soit anéanti, mais aujourd'hui, je préfèrerai mourir ce soir plutôt que de perdre ce qui m'unie à mon vampire.
Ron déglutit à nouveau. Ses joues avaient viré au rouge pivoine face aux déclarations enflammées de son meilleur ami.
-Alors non, Ron, je ne souhaite pas être débarrassé de lui.
-D'accord, désolé, dit-il d'une petite voix.
Le silence se fit entre eux, et Harry regretta un peu de s'être emporté. Il resta silencieux pendant quelques secondes, avec l'impression satisfaisante d'avoir vidé son sac. Tout était dit, et il se sentait mieux, maintenant que Ron avait pleinement conscience de ce qu'il en était avec Draco.
C'est finalement Ron qui reprit la parole en premier:
-Sache quand même que tu n'es pas obligé de faire cela. Tu n'es pas obligé de te sacrifier pour nous tous. Je ne t'en voudrais pas, si tu...
-Je ne le ferai pas, Ron. Je sais ce qu'il m'attend depuis plus de deux ans, maintenant. Si j'avais voulu prendre la fuite, je l'aurai fait depuis bien longtemps.
Harry mentait, évidemment. Jamais il n'avait autant envisagé d'échapper à son destin que depuis que Draco était entré dans sa vie.
-Il y a Kingsley, Maugrey et Mcgonagall, plus bas dans le parc, dit doucement Ron, comme s'il espérait que ses mots échappent à son ami. Ils se battent contre Tu-Sais-Qui.
Le coeur de Harry fit un bond dans sa poitrine.
-Voldemort se bat en ce moment? Interrogea Harry.
Ron approuva et une peur irrationnelle mélangée à de l'excitation monta en Harry. Il regarda autour de lui et Ron, voyant son regard, s'approcha de lui.
-D'accord, approuva Harry, la bouche sèche. Essayons de ne pas croiser Draco.
Dire cela laissait Harry désemparé. Plus que jamais, il avait besoin de son vampire. L'éviter était pour lui contre nature, pourtant il n'avait pas le choix. Ce soir, il devait accomplir la Prophétie, et il aurait ensuite son vampire auprès de lui pour l'éternité.
Du moins, s'il survivait.
.
.
Ho la la, vous avez la haine contre Ron, vous aussi? Comme toujours, il est rustre et ne fait preuve d'aucune subtilité, mais Harry sait le remettre à sa place, sans subtilité aucune lui aussi, faut dire qu'ils se sont bien trouvés!
Que pensez-vous de la décision de Harry? Vous lui conseilleriez plutôt de prendre son vampire sous le bras et de s'enfuir à l'autre bout de la terre pour vivre de morsures et d'eau fraiche? Vous êtes choqués qu'il décide d'éviter Draco pour affronter Voldemort tout seul, comme un grand, ou il a raison?
La suite, dans une semaine! :p
Merci à tous d'avoir lu et bonne semaine à tous!
Natom, 23/08/14
