Chapitre 13
La mère de Max, madame Thompson est déjà assise à table avec sa fille Poppy. Madame Thompson discute, en arborant un grand sourire. Sa fille Poppy semble l'écouter avec beaucoup d'attention. Cette adolescence est absolument précoce pour son âge. Prenant mon courage à deux mains, j'avance vers elle. Poppy relève la tête et aborde un sourire éblouissant. Elle se lève rapidement, quand j'arrive près d'elle et m'enlace grandement.
-Je suis très contente que tu sois revenue. Chantonne-t-elle, tandis que quelques regards s'arrêtent sur nous.
-Je suis heureuse d'être revenue aussi. Fis-je, l'embrasser sur le sommet de la tête. Tu m'as beaucoup manqué Poppy.
Elle semble satisfaite de cette réponse puisqu'elle me relâche. La mère de Maximilien se lève et me donne une courte accolade. Je prends place par la suite pour ne pas me faire plus remarquer.
-Du vin blanc, madame ?
Le serveur est déjà prêt de moi une bouteille dans la main.
-Légèrement.
Il me sourit et verse un peu de vin dans mon verre. La mère de Maximilien porte son verre et le trinque au mien.
-Au nouveau membre de la famille ! S'amuse-t-elle.
Pour le coup, je ne m'attendais pas vraiment à ça. Poppy lève son verre et le fait teinter au mien également.
-A ma nouvelle grande sœur. Rigole-t-elle.
La situation est assez cocasse et me fait sourire.
-C'est un repas d'admission ? Risquais-je, portant le verre à mes lèvres.
-Nous voulions juste vous avoir un peu pour nous. Avant que vous retourniez dans l'enfer de votre travail. Et dans le monde de mon fils.
Elle a raison. Plus les semaines vont passer, moins j'aurai de temps à consacrer aux petites choses simple de la vie. Nous discutons de ce que j'ai manqué dans leur vie tout au long du repas. Nous en sommes à la fin de notre plat principal quand la voix de ma future belle-mère monte de plusieurs décibels.
-Mon dieu Angela, c'est ta bague de fiançailles ? Réclame-t-elle, en tendant la main vers la mienne.
Elle soulève ma main pour la porter à ses yeux.
-Oui. Nous l'avons choisi hier soir.
-Elle est magnifique.
Je lui rends son sourire, tandis que Poppy demande à la voir également.
-On dirait une bague de princesse.
-Oui. Rigolais-je suivi par la mère de mon futur époux.
Le serveur récupère nos assiettes, puis nous donne la carte des desserts. Je refuse poliment en demandent simplement un sorbet citron.
-Une seule boule ?
-Si vous plaît.
Il hoche la tête et attends que celle qui m'accompagne commande. Une fois fait, il disparaît et ma future belle-mère me questionne à nouveau.
-Angela, qu'elles sont tes désirs pour ce mariage ? Une idée du thème ?
-Aucune idée.
-Plutôt un grand mariage ou un petit ? S'amuse-t-elle.
-Comme Maximilien voudra. Répondis-je, en attrapant une fois encore mon verre de vin blanc pratiquement vide.
-Vraiment ?
-Il peut inviter qui il veut. Mais personnellement, il y aura très peu de personne de mon côté.
-Que veux-tu dire exactement par très peu de monde ? Dit-elle surprise et inquiète en même temps.
-Une vingtaine de personnes.
Elle semble sous le choc. Poppy me regarde tout en mangeant, mais je sais qu'elle meurt d'envie de me demander pourquoi.
-Je veux seulement mes plus proches parents et amis. Rien d'autres.
La mère de Max hoche la tête, essayant sûrement de rassembler ses pensées.
-Bien, donc ça sera un mariage privée et restreint. Souffle-t-elle, en offrant un petit sourire. Je suppose que tu veux t'occuper de tout toi-même ?
Elle va faire une crise, lorsqu'elle va savoir.
-Je vais m'occuper de tout avec ma mère certainement.
-Bien. Ta mère doit être ravie. Dit-elle satisfaite de ma réponse.
-Elle ne le sait pas encore. M'amusais-je.
-Elle ne sait pas que tu es fiancée ?
J'ai très envie de rouler des yeux, mais ça serait mal placer face à elle.
-Ma mère est au courant pour le futur mariage, mais pas pour la demande d'aide.
-Ah ça ! S'amuse-t-elle, en rigolant doucement.
Je remarque que Poppy en fait autant.
-Elle ne dira certainement pas non.
-J'aimerai aussi vous demander quelque chose.
-Bien sûr ! dit-elle avec un grand sourire.
-Est-ce que vous aimeriez participer au préparatif ?
J'ai l'impression qu'elle vient de recevoir le plus beau cadeau du monde vu son expression. Merde, elle a carrément les larmes aux yeux maintenant.
-Oui... oui... oh, Angela vous êtes tellement gentille avec moi.
-C'est normal.
Elle est si excitée qu'elle renverse même son verre à moitié plein sur la table. Un serveur vient aussitôt à nous. Il remet tout en ordre, puis s'éclipse en promettant de nous apporter un autre verre.
-Et ou va se passer la cérémonie ?
-Maximilien va s'en occuper. Je refuse de le savoir.
-Tu refuses ? S'étrangle-t-elle.
-Je veux que ça soit une surprise. Un peu comme lui avec ma robe.
Elle semble bouche bée pour le coup. C'est reparti pour un tour. Mon dieu, Maximilien est bien le fils de cette femme. C'est sûr !
*/*
Six jours de travail. Et surtout cela fait presque deux semaines que je suis revenue à New-York. Il est dix-sept heures. Je me retrouve assise, comme les autres jours, au même bureau que Nicholas. Je jongle entre le bureau de Max et celui-ci. Sauf que je n'arrive pas à travaille en face de mon futur époux. La tentation de le toucher et trop grande. Donc, je reste le plus souvent avec Nicholas. Pour le moment, mon bureau est loin d'être prêt. L'entreprise de construction à commencer les travaux que depuis ce matin. Je suis en train de piocher pour la troisième fois dans le pot à bonbon de Nicholas, tandis qu'il tape sur le clavier de l'ordinateur. Il a un rythme plutôt soutenu. Ce n'est pas pour autant qu'il oublie de me réprimande une fois encore.
-Tu vas prendre dix kilos en une journée, si tu continues. Se moque-t-il.
-J'irai à la salle de sport. Répondis-je aussitôt.
-Toi ? Dans une salle de sport ? Se moque-t-il rapidement.
-Je vais à la salle de sport. Fis-je un peu trop vivement.
-Tu n'as pas dû beaucoup y aller durant les six derniers mois. Tranche-t-il, en faisant parcourir son regard sur mon corps.
Je suis sous le choc. Putain, il n'a pas osé.
-Est-ce que tu es en train de dire que j'ai grossi, tête d'œuf ?
Manque de bol pour nous, Chelsea et Max sortent du bureau. Je fais un grand sourire qui sonne très faux et me concentre sur le document entre mes mains.
-Je n'ai même pas envie de savoir ! Souffle Max, en se dirigeant déjà dans le couloir.
Je donne un coup de coude à Nicholas, qui sourit deux fois plus.
-Tu es vraiment une tête d'œuf.
-Tu m'as vraiment pas manqué, Miranda. S'amuse-t-il.
Depuis des jours, il m'appelle ainsi. Il veut faire référence à un film qui a pour titre « Le Diable s'habille en Prada ». La folle patronne d'une maison d'édition qui édite le grand magazine de mode « Runway » dans le film l'actrice porte le nom de Miranda Priestly. Cette femme est incroyable dans son comportement et pousse les gens loin d'elle. Ça m'amuse assez de l'entendre m'appeler ainsi. Et faut dire que je le cherche bien aussi.
-Tu vas continuer à m'appeler longtemps comme ça ? Sifflais-je, faussement irrité.
-Ne fallait pas commencer, Miranda !
-Idiot ! Fis-je, en ayant un petit sourire aux coins des lèvres.
Le téléphone de Chelsea sonne ce qui nous arrête dans nos chamailleries. Elle discute quelques minutes pour raccroche. Je l'examine du coin de l'œil durant quelques minutes, puis son téléphone sonne à nouveau. Celle-ci retient mon attention.
-Je suis désolé, monsieur Burke, il n'est pas disponible.
-…
-Non. Vraiment. Il n'est pas dans son bureau.
Je me lève pour me planter devant elle. Elle m'ignore royalement.
-...
-Oui, je lui dis de vous rappeler.
Je lui fais signe de me donner le téléphone. Elle arque un sourcil. J'insiste même si elle tient bon.
-Je vais prendre l'appel. Ce n'est pas une demande ! Crachais-je finalement, en récupérant le téléphone un peu froidement. Monsieur Burke ? Dis-je le plus calmement possible dans le téléphone.
-Oui ?
-Angela Weber, monsieur.
Il semble tout à coup très heureux. Mais alors, très heureux. Et il me le fait savoir. Lorsque j'arrive à placer un mot, Max est à porter de vue. Et pas seule. Je ne connais pas la personne avec lui.
-Je peux vous aider monsieur Burke ?
-J'avais besoin de votre patron pour différent point, mais je suis certain que vous allez faire l'affaire.
-Je vais essayer monsieur.
Max et l'homme discute quelques seconde, puis l'homme sourit et sert la main de Max.
-Maximilien m'avait parlé d'un ancien voyage sur une île. Je voulais y amener ma femme, mais je ne me souviens pas du tout du nom de cette fichue île.
-Vous voulez certainement parler de l'île de Barbados !
-C'est ou ça ? S'amuse-t-il.
-Entre la mer des caraïbes et l'Océan atlantique. Répondis-je un grand sourire sur le visage.
-Hum... c'est là où il est allé y a trois ans ?
-Non, ce n'est pas cette île, alors. Maximilien est allé sur l'île de Bardados l'année dernière. Par contre y a trois ans, il était à Whitsunday Island, qui se trouve en Australie.
Maximilien revient sans l'homme.
-Ah ouais... ça doit être l'Australie. Soupire monsieur Burke dans le téléphone. Donc, vous êtes revenu ?
-Oui. Je suis revenue, monsieur Burke.
-Il va donc viré l'autre assistante !
Max pose quelques documents sur le bureau de Nicholas et échange quelques mots. Je n'entends pas.
-Non. L'autre assistante est encore là. Pour le moment. Tranchais-je sans la quitter des yeux. Je ne vais pas reprendre mon poste, Monsieur Burke !
-Ah vraiment ? Mais vous restez travailler pour lui ?
-Oui... je ne vois ma place nulle part qu'avec Maximilien. Vous le savez très bien. Rigolais-je.
L'homme de ma vie est revenu et semble vouloir savoir avec qui je discute. Il est à côté de moi maintenant.
-Ouais... Je voulais juste tester. Et donc... vous allez être son bras droit ? Comme avant ?
-Plus ou moins. Je suis la nouvelle co-directrice de la société. Lui appris-je, alors que l'homme prêt de moi à les sourcils froncés.
-A la bonne heure. C'est une très bonne nouvelle.
Max me fait signe de lui donner le téléphone.
-Maximilien Taylor Stuart... qui est à l'appareil ?
-…
-Steve, laisse Angela tranquille. Bon dieu, en une journée, vous m'avez tous épuisé. Rouspète-t-il.
Je rigole de la situation ce qui me vaut un regard noir. Je suis prête à retourner sur ma chaise, mais Max m'intercepte en me retenant par la hanche. Je le laisse faire.
-…
-Non... bon dieu, Steve... ne me cherche pas trop, je pourrai...
Je pose ma main sur sa bouche pour le faire taire. Il me mord aussitôt la main, ce qui me fait couiner.
-N'appel pas Angela. Voit ce genre de chose avec ma secrétaire.
-…
-Vraiment ?
-…
-Ok, très bien. Mais laisse faire nos secrétaires à l'avenir.
-…
-Très bien. On se fait un golf la semaine prochaine ?
-…
-Bonne soirée !
Max raccroche et pose ses lèvres sur les miennes. C'est la première fois qu'il m'embrasse ici. Devant Nicholas et Chelsea. D'ailleurs, cette dernière semble sous le choc.
-Ne parle plus avec Steve. Il m'insupporte et m'a clairement dit qu'il te trouvait à son goût.
-Beurk... c'est répugnant ! Sifflais-je en faisant courir mon nez le long de sa mâchoire.
-On rentre, bébé ? J'ai eu ma dose pour la journée.
-Il est dix-huit heures.
-On pourra glander à la maison. me dit-il dans un français presque parfait.
-Glander ? D'où tu sors ça toi ? rétorquais-je dans ma langue maternelle.
-Ta mère. Elle m'a dit que tu adoré faire ça !
Je râle aussitôt après lui et il me fait taire avec un baiser. J'adore ça !
-Allez, on rentre à la maison, princesse !
-Je t'attends. Souris-je en lui faisant signe d'aller récupérer ses affaires dans son bureau.
*/*
Je suis au téléphone avec Alice depuis dix minutes environs et je viens de lui révèle le montant de la bague que j'ai au doigt. Maximilien qui est partie nous chercher à boire doit certainement ne rien perdre de l'échange. Même si je parle Français avec Alice, il n'en perd pas une miette.
-Non, tu te fiche de moi ? S'écrit-elle.
-J'aurai préféré. Marmonnais-je en fixant encore une fois ma bague.
-44,500 dollars. Putain, ça fait presque 40 mille euros, Angela !
-Je sais, Alice.
-C'est la moitié du prix d'un appartement dans notre petite ville.
-Je sais. Fis-je encore un peu plus irrité.
-Et tu as ça au doigt ? Crie-t-elle encore plus.
-Tu vas arrêter ou pas ? Je suis déjà très mal à l'aise. Pas la peine d'en rajouter une couche.
-Oh … pardon. Je ne voulais pas te mettre dans cet état. Je suis juste très...
-Je sais. Je suis pareil. Soufflais-je en passant une main sur mon front.
Maximilien revient au même moment et pose un verre de vin frais devant moi.
-Merci, fis-je avec un immense sourire.
Il m'offre un clin d'œil avant de se réinstaller derrière son ordinateur. Même à la maison, il continue à travailler. Incroyable !
-Sinon, j'ai un truc à te dire sur Ben. Souffle mon amie, Alice.
-Du genre ? Risquais-je avant de boire une petite gorgée de ce vin absolument délicieux.
-Il a écrit un article sur les personnalités marquantes de cette année.
Je fronce les sourcils, tandis qu'elle fait une pause.
-Je crois qu'il va écrire un article sur ton futur mari.
-Il ne lâche pas l'affaire ! Sifflais-je attirant l'attention de Max. On lui a déjà dit qu'on ne donnera pas d'interview.
-Il doit quand même donner son article à son patron. Me dit-elle doucement. Il peut se faire viré sinon.
Putain, je ne voudrai pas qu'on en arrive là quand même. Mais, s'il marque un truc désobligeant sur Maximilien ou moi, mon homme va vouloir porter plainte contre lui et l'éditeur. C'est déjà arrivé deux fois depuis que je suis à son service. Et deux fois, il a gagné.
-Vous allez faire quoi ?
-Je vais en parler avec Max. Je ne vais pas prendre cette décision. Ben est au courant qu'on ne souhaite pas faire d'interview. C'est à ses risques et périls. Il a le droit d'écrire sur nous ce qu'il veut... mais, s'il marque quelques choses de diffamatoire, nous iront au tribunal.
-Oui, je comprends. Bredouille-t-elle mal à l'aise pour le coup.
-Max a une société à faire tourner et surtout une réputation. Ben ne peux pas mettre ceci en péril.
-Je comprends, Angela. Ne t'énerve pas. Je voulais juste te prévenir.
Je respire un bon coup avant de la remercier. Quelques minutes plus tard, je raccroche avec mon amie.
-Ton ex copain écrit un putain d'article sur nous? Siffle dangereusement Max.
-oui.
Il semble en colère. Très en colère.
-On le laisse faire ?
Maximilien réfléchit quelques secondes avant de hocher la tête positivement à ma grande surprise.
-Oui. On va le laisser faire, Princesse. Par contre, au moindre mot détourner ou autre, je le fou au tribunal.
-D'accord. C'est ce que j'ai dit à Alice.
-Parfait !
Max retourne aussitôt à son ordinateur. Sauf, que j'ai plus du tout envie de lire et de m'occuper toute seule durant son temps de travail. Puis, à la maison hors de question d'apporter ce genre de chose. Mon homme a aussi besoin de se reposer. De décrocher une heure ou deux. Comme tout le monde!
-On va à la piscine ?
Maximilien tourne le visage vers moi lentement. Il semble surprit par ma demande.
-Quoi ?
Je souris doucement en me rapprochant de lui.
-Ta piscine. On y va tous les deux ?
Il regarde sur le côté pour voir à travers les portes fenêtres. Le temps est très doux depuis quelques jours. Il fait très bon en journée et doux en soirée. Pas de vent. Pas de froid. Je suis même en débardeur et short ce soir.
-Tu veux te baigner? Maintenant?
-Ce que je veux, Max, c'est aller dans la piscine avec toi!
Je lui fais comprendre ce que je désire. Il semble finalement comprendre. On se change assez rapidement et entrons dans la piscine. Je suis surprise de trouver l'eau chaude.
-Elle est chauffée ? Risquais-je.
-Oui.
-C'est une très bonne idée.
Je souris deux fois plus, en entrant jusqu'à l'épaule dans l'eau. Max fait deux trois longueurs, avant de revenir vers moi.
-Tu es très beau avec tes cheveux mouillé. Dis-je, en m'accrochant à son cou.
Il a ses mains sur mes hanches et nous fait tourner lentement. Comme si nous dansions un slow dans l'eau.
-C'est une super idée d'avoir mis une piscine sur le toit.
-Elle était déjà là, quand j'ai eu l'appartement. M'apprend-t-il.
-Tu y vas souvent ?
-Non. Je n'ai pas le temps pour...
-le plaisir ? Rigolais-je.
Il grogne avant de m'embrasser sur la joue, puis dans le cou.
-J'avais envie de partager ses doux moments avec quelqu'un, mais je n'ai jamais eu le loisir.
-Donc, pas de fille dans la piscine ? Fis-je suspicieuse.
-Non. Aucune fille. Enfin... Poppy l'été dernier.
-Poppy ne compte pas. C'est ta sœur.
Il hoche la tête, moqueur.
-Alors, non... aucune femme a part toi.
-J'aime cette idée. Fis-je toute souriante.
-Moi aussi. S'amuse-t-il. Tu sais ce que je n'ai pas fait aussi dans la piscine ?
Sa voix est devenue torride tout à coup. Et son regard affamé.
-Oui. Souris-je deux fois plus.
-Parfait. Donc tu es prête à faire l'amour dans l'eau ?
-J'attendais que tu le propose. Rigolais-je, avant de fondre sur sa bouche.
*/*
Deux semaines plus tard, j'ai enfin mon bureau. Un bureau rien qu'à moi. Et je suis littéralement aux anges. J'ai eu toute la semaine pour l'arranger et y mettre de la vie. Depuis sept heures trente du matin, je suis à mon bureau. Travaillant sur les nouveaux dossiers concernant les mannequins. Trois petits nouveaux vont intégrer l'équipe. Et je suis en charge de tout l'administratif. Maximilien m'a apporté un café comme j'aime. Il est resté presque une demi-heure avec moi, avant d'être rattrapé par le personnel qui a besoin de lui. Il m'a même lancé un « je préfère quand tu travailler à mes côtés ». Ce qui m'a fait énormément rire.
Il est presque midi lorsque Maximilien entre dans mon bureau d'un pas rapide. Je lève le visage de l'ordinateur pour lui. Il me fixe et je me sens aussitôt nerveuse. Il a une expression étrange sur le visage. Une que je n'ai encore jamais vue. Max ferme la porte avec lenteur. Merde. Ça sent mauvais pour moi.
La porte fenêtre et les deux grandes vitres de part et d'autre de cette même porte, ne nous donne aucune intimité. Mais, je m'en fiche. S'il voulait de l'intimité nous serions allés dans son bureau. Max se racle la gorge et ouvre la bouche. Pourtant, rien ne sort. Il répète l'opération une autre fois. Puis finalement, il fait le tour de mon bureau, me fait signe de me pousser. Ce que je fais un peu inquiète. Maximilien tape mon nom sur Google.
Qu'est-ce que tu fiche ?
Il ne répond pas et je sais pourquoi. Ma gorge est nouée dans la seconde. Tandis que mes yeux s'ouvrent en grand sous le choc. Je n'en crois pas mes yeux. Les deux photos que j'ai fait faire pour récupérer le dossier et les informations qui nous ont permis de remporter un important jugement de tribunal sont enfin parut. Il a utilisé les photos de moi.
Putain de merde, elles sont carrément sur internet. Je clique sur une des photos. La première que j'ai faite pour être exact. Je suis en maillot de bain deux pièces. Il est magnifique d'ailleurs ce maillot. Je suis au bord d'une piscine, un chapeau sur la tête et un verre de cocktail dans l'autre. Je me trouve tellement sexy sur ce cliché que je la fixe une longue minute. En titre sous la photo une simple phrase : «Angela Weber, dans l'œil de VOGUE ».
Max me tire de ma rêverie en se raclant la gorge. Je me dépêche de passer à l'autre photo. Sur celle-ci, je suis en robe de mariée. Rien que ça. Une magnifique robe de mariée. Une des tenues que j'aime le plus au monde pour dire vrai. J'aurai beaucoup aimé repartir avec d'ailleurs. Mais, ce n'était pas possible, puisque le produit est unique. Et trop expansive pour moi. Une robe de mariée, signée Jean Paul Gaultier. Une robe de création que je ne pourrais jamais avoir. Pas de mon vivant. J'ai une robe splendide, des bijoux qui brillent de mille feux et un décor absolument grandiose. Je suis dans une sorte de jungle. On pourrait le croire, mais en réalité, je suis en studio avec un tissu de couleur vert derrière moi pour arranger le tout en studio. En bas de la photo, un titre attire mon attention : « Les plus belles robes de mariée de Jean Paul Gaultier ».
-Angela, pourquoi tu es en couverture de Vogue ?
Sa voix est délicate. Craintive. Il ne sait pas quoi penser de cette histoire. Il semble perdu.
-Ce sont les photos. Celle que j'ai troquée pour avoir les informations du dossier de...
-ça je le sais. Me coupe-t-il rapidement. Ce que je veux savoir, c'est comment tu arrives à passer d'un petit magazine de quartier à Vogue ?
-J'ai eu mes informations par Vogue ! Fis-je innocemment. Je pensais que tu le savais ?
Il semble sur le point de s'évanouir pour le coup.
-Tu es sérieuse ?
-Oui.
-Bon dieu, tu me le dit que maintenant ?
-Tu étais énervé contre moi... je ne pouvais pas en parler.
-Putain, Angie... c'est vogue. C'est important d'en parler.
Oui, je sais qu'il a raison. Mais quand c'est arrivé nous n'étions pas ensemble et surtout j'avais peur de sa réaction. Comme maintenant. J'avais peur de le voir penser certaine chose et j'ai l'impression que ce que je redouté est en train de se passer.
-Je sais que j'ai rien d'un Top Model et que je n'ai rien à faire dans Vogue, mais j'ai aimé faire ses photos. Dis-je d'un ton assez lent, en me levant de mon siège.
Max semble bouche bée.
-Angie...
-Arrête. Pas besoin d'en rajouter. Je n'ai pas envie de t'entendre critiquer ses photos.
-Merde... je ne critique pas. Ses photos son magnifique. Et tu es a coupé le souffle sur ses deux photos. Dit-il d'une voix forte.
Je fronce les sourcils, tandis qu'il avance vers moi pour prendre mon visage entre ses mains.
-Tu es bien plus joli qu'un top Model. Tu es carrément sexy en maillot de bain et cette robe de marié est juste exceptionnelle sur toi.
-Je...
-Ma réaction, n'a rien à voir avec les photos et toi. Ma réaction à avoir avec ceux qui l'utilise. Tranche-t-il froidement.
-Vogue ? M'étonnai-je, en posant mes mains à plat sur son torse pour être plus stable contre lui.
-Oui.
-Pourquoi ?
-Mon demi-frère travail pour Vogue New-York !
C'est quoi encore cette histoire. Max n'a pas de demi-frère. Si ? Qu'est-ce que j'ai encore raté durant mon absence.
-Quoi ?
Mon regard le supplie de continuer. Malheureusement, miss-bouche-en-cœur et assistante personnel de mon amoureux frappe à mon bureau. Max et moi nous séparons sans attendre. Ça me brise le cœur d'ailleurs. Je déteste me séparer de lui.
-Oui ? Aboie carrément Max.
Chelsea semble surprise par le ton employé et son sourire disparaît.
-Votre père est là.
-Physiquement ?
-Oui, monsieur.
Maximilien lâche un grand nombre de jurons et sort du bureau précipitamment. Je le suis de très près. Je n'ai pas envie de voir l'homme de ma vie perdre le contrôle face à son père. Et encore moins devant ses employés.
Monsieur Stuart Senior est devant le bureau de Nicholas. Visiblement, ce dernier le tien presque en laisse et semble furieux contre mon futur beau-père. Grrr... Cette pensée me donné la nausée.
-Qu'est-ce que tu veux ? Crache furieusement Max, en se postant face à son paternel.
-Bonjour à toi, fils !
J'ai la gerbe. Je déteste cet homme. Clairement. Je ne le cache pas vraiment en plus.
-Qu'est-ce que tu veux ? Répète mon homme, alors que j'attends patiemment une réponse.
Monsieur Stuart Senior me jette un rapide coup d'œil et son visage se ferme. Du coin de l'œil, je vois Chelsea se réinstaller à son bureau. Certainement pour ne pas perdre une miette de l'échange à venir.
-Je vois que mon avertissement n'as pas été très concluent. Tranche-t-il sévèrement, en me pointant du doigt.
-Je suis encore là. Souris-je faussement.
-Ne la regarde pas et ne t'avise pas de lui parler.
Max est menaçant face à son père. Je n'ai jamais vu réagir avec autant d'animosité. Même quand, j'avais l'impression qu'il retenait sa colère des fois. L'homme face à nous préfère sourit. Il a l'air fier en plus.
-Son exile ne t'a pas fait comprendre que...
-Grâce à son exile nous avons enfin fini par nous rapprocher. Je devrais peut-être te remercier finalement.
Son père est surprit pour le coup. Très surpris.
-Rapprocher ? Crache-t-il.
-Nous sommes fiancés. Chatonne Max, très content de son petit effet.
Il attrape ma main et montre la bague à mon doigt à son père. Pour le coup, je suis plutôt mal à l'aise. J'ai l'impression que Maximilien m'utilise pour punir son père et le rendre dingue. Du moins plus dingue encore. Ce qui me serre le cœur.
-Tu ne vas pas l'épouser quand même ? Siffle-t-il rageusement, en pointant son doigt, une fois encore, vers moi.
Maximilien me fait aussitôt passé dernière lui et s'interpose entre son père et moi.
-Je vais l'épouser et nous allons avoir des enfants ! Chantonne Max ignorant le pas de recul qu'a son paternel.
Je suis bouche bée qu'il parle de nos projets devant lui et ses assistants. Surtout que Chelsea est presque en train de s'évanouir.
-Cette fille n'est pas de notre monde. Elle ne semble pas le moins du monde capable de survivre dans notre milieu. Tu l'as vraiment regardé ?
-Hey, m'offusquais-je grandement.
Max pose une main sur mon ventre, pour m'éloigner et me faire sûrement comprendre de ne pas intervenir.
-Ne t'avise pas à jouer à ce jeu ! Le prévient-il durement.
-Jeu ? Bon dieu, je l'ai fait expulser du pays, Maximilien ne m'oblige pas à faire bien pire.
Max se redresse encore un peu plus. J'ai l'impression d'être toute petite derrière lui et je me penche un peu plus, pour voir le visage de Monsieur Stuart Senior.
-Tu es complément dingue de la menacer devant moi. Tu crois que vais te permettre de lui faire du mal ? De me faire du mal ?
-je...
-la ferme ! Je ne veux plus jamais te voir. Ne t'approche pas de moi et encore moins d'elle.
Max lève la main et pointe son père du doigt. C'est peut-être un truc de famille ou un truc du genre.
-Ne remet plus jamais les pieds ici. Je vais prévenir la sécurité que tu es «Persona non grata»!
-Je suis ton père. S'offusqua-t-il, prêt à bondir sur Max ou moi à la première occasion.
-Non. Un père ne fait pas le quart de ce que tu fait. Au lieu de m'aider et de m'encourager... tu me pousse à la destruction. Je ne veux pas de toi dans ma vie. Sort et ne revient pas!
L'homme face à nous semble perplexe pour la première fois. J'ai jamais vu monsieur Stuart aussi démunie. Une grande première.
-Tu vas t'en mordre les doigts, Maximilien. Sans mon influence, tu ne vaux pas grand chose.
-Je pense avoir réussi pour le moment. S'amuse-t-il, en croissant le bras sur son torse.
Putain, j'ai envie d'applaudir son self contrôle. Personnellement, je suis à deux doigts de cracher au visage de l'homme, qui me pourrit la vie depuis presque un an. Depuis qu'il a comprit que j'aimais son fils et que ce dernier avait un peu d'intérêt pour moi.
-Je veux que tu me rende le chalet du Canada ! Murmure le vieil homme, comme une dernière supplice.
-C'est déjà fait. Depuis que je sais que tu es responsable du départ de la femme que j'aime, pour tout te dire. J'ai transféré la propriété à tes avocats. Ton nom est à nouveau sur le contrat de propriété.
-Maximilien, je ne voulais pas en arrivé là. Pleurniche presque son père.
-C'est trop tard. Je ne sais pas ce que tu as contre Angela... mais, je ne le supporte pas. Soit, tu arrête. Soit, je vais être obligé de t'y forcer!
-Est-ce une menace? S'étonne le père de Max littéralement.
Il ne devait pas s'attendre à une chose telle que celle-ci. Il ne sait donc pas de quoi est capable son fils.
-Nous sommes à égalité! Tranche l'homme que j'aime froidement. Laisse nous tranquille. Je ne le répéterai pas.
L'homme face à nous semble dépité et à bout de force. Merde, il s'attendait certainement pas à ce que Maximilien soit aussi campé sur ses décisisons. Pour dire vrai, moi non plus. Il est prêt à renier son père pour moi. Ça me bouleverse totalement.
Monsieur Stuart Senior fini par capituler. Du moins pour le moment. Il reviendra à la charge. J'en suis convaincu. Mais, pour le moment Maximilien à gagner ce match. Monsieur Stuart Senior fini par prendre le chemin de l'ascenseur, mais Max me surprend en posant une question.
-Tu es de mèche avec Colton ?
Son père s'arrête et se tourne lentement vers nous.
-Pourquoi me parles-tu de Colton ? Je croyais que tu ne voulais pas entendre ce nom ?
-Je veux juste savoir si tu es aussi dans cette histoire de photo ? Réclame froidement Max à son père.
-Je ne sais pas de quoi tu parles.
Max fronce les sourcils, puis hoche la tête.
-Bien. Je vais donc réglé cette histoire avec lui directement
-ça serait bien la première fois. Bougonne son père, avant d'entrer dans l'ascenseur.
Une fois cet homme irritant parti, je reprends mon souffle que j'ai gardé trop longtemps. J'ai la tête qui tourne un peu d'ailleurs. Je pose ma main sur l'épaule de Max. Il tourne aussitôt le visage vers moi en alerte.
-Angie ?
Je ne réponds pas et ferme les yeux. Y a eu beaucoup trop d'informations à gérer. Trop pour moi du moins. La voix de Max est délicate, quand il s'adresse à moi. Il est même un peu inquiet.
-Bébé, tu vas bien ?
-J'ai la tête qui tourne.
Ma voix n'est qu'un murmure. Maximilien me tient aussitôt contre lui et m'invite à rejoindre le calme et la sécurité de son bureau. Il m'installe sur son canapé, m'aide à m'allonger aussitôt. Nicholas revient avec un verre d'eau, tandis que l'homme que j'aime rejette mes cheveux de devant mon visage.
-Merci. Murmurais-je, à Nicholas en attrapant le verre.
-Tu peux fermer la porte, Nicholas ?
-Tout de suite, monsieur.
Une fois seule, je bois le verre d'eau, doucement. Après tout ce que j'ai entendu... je n'ai envie de poser qu'une seule question. Celle qui cogne contre ma tête depuis tout à l'heure. Une question qui m'inquiète un peu.
-Max ?
-Hum, mon cœur.
J'aime entendre me dire ce genre de chose. Ça me bouleverse toujours autant. J'espère ne jamais réussir à m'y habituer, car j'aime la sensation que ça me procure.
-Qui est Colton ?
Maximilien ne me regarde pas. Il semble soucieux. Très soucieux.
-Je t'en prie. Murmurais-je, alors qu'il récupère le verre que j'ai dans les mains pour le finir à ma place.
Ça doit vraiment être grave alors.
-Colton est mon putain de demi-frère, Angela. M'explique-t-il la mâchoire serré. Et j'aurai préféré que tu ne l'apprennes jamais !
-Je...
-On rentre. Je ne veux pas en parler ici.
*/*
Nous sommes rentré à l'appartement le plus rapidement possible. Celui que je partage avec Maximilien depuis mon retour. Il fait tout les efforts possible pour que je m'integre à cette nouvelle demeure. Il fait de gros sacrifice pour moi. Par exemple, il a carrément fait des travaux dans la chambre annexe à la notre pour en faire un immense dressing. Celui que nous partageons. J'aime l'idée d'avoir tout cette espace pour nos vetements, nos accesoirs et nos chussures. J'ai la moitié de la pièce et pour le moment, j'ai moins de placard rempli que lui. Il a promis de changer ça et je sais qui le fera!
-Tu veux boire quelques choses? Risque-t-il.
-Nous sommes en plein milieu de la journée. Fis-je pour toute réponse.
-J'ai besoin de boire un truc fort!
Je le laisse faire. Je sais qu'il en a besoin. Après l'histoire avec son père et le sujet délicat de son demi-frère à venir... il va avoir besoin d'un remontant. Maximilien se sert un verre de whisky pur. Il boit une première gorgée avant de se lancer.
-Mon père à eu une relation avant ma naissance.
-Il a trompé ta mère?
-Ils étaient séparé.
Pour le moment tout va bien, fis-je mentalement. J'arrive à tout analyser.
-Mon père aimé profondément cette femme. Il voulait abandonner ma mère pour elle.
Si ça avait été le cas, jamais je n'aurai pus rencontrer Maximilien. Pour la bonne raison qu'il n'aurait pas existé. Cette idée, me crève le cœur. Max fini son verre et en sert un nouveau.
-Je peux avoir un Martini? Risquais-je.
Max fronce les sourcils avant de sourire doucement.
-Avec des glaçons, ma très chère future femme?
-Avec joie. Fis-je le regardant avec amour.
Cet homme était juste parfait. Vraiment. Max sert mon verre, je me lève du canapé pour prendre place sur la chaise du bar.
-Merci.
Il incline le visage vers le bas et boit une nouvelle gorgée.
-Et qu'est-ce qui a fait que ton père n'as pas quitte pas ta mère finalement?
-Il y avait une clause dans le contrat de mariage. Murmure-t-il.
Je fronce aussitôt les sourcils.
-Du genre ?
-Si mon père était prit d'adultère ma mère récupéré toutes les propriétés.
-Toutes les propriétés? M'étranglais-je.
Max hoche la tête lentement.
-Mon père a donc eu cette relation durant deux ans avant que ma mère ne s'en rende compte.
-Merde.
-Ouais... et le plus grave c'est que mon père avait eu un enfant, hors mariage.
Cette fois, je suis sous le choc.
-Quand ma mère c'est rendu compte de la double vie de mon père, elle a demandé le divorce.
-Ce que ton père a refusé.
-Exactement!
-Il lui a fait vivre un vrai calvaire. Finalement après des mois de négociation, ma mère a cédé. Elle est retourner avec lui.
-Et tu es arrivé.
-Oui. Grogne-t-il. Ma mère a été très maline pour le coup. Elle a dit à mon père que Colton était un enfant né hors mariage. Qu'il ne pouvait donc pas avoir le statut d'héritier. Et donc ne pas avoir accès au finance et aux entreprises Stuart.
-C'est assez malin. Fis-je buvant un peu de martini.
Le liquide me brûle la gorge, mais j'aime ça. J'ai l'impression d'être vivante pour le coup. Ce qui est parfait face à ses révélations digne d'un film dramatique.
-Mon père a donc fait un héritier.
-Je n'aime pas ton père, mais je suis très heureuse qu'il est fait cet héritier. Dis-je le regardant profondément.
-Moi aussi, même si mon enfance n'a pas été très joyeuse.
-Il n'as pas passé de temps avec toi?
-Non. Il a créer un héritier. Il avait un autre fils pour passer du temps et avoir de la complicité. Cracha-t-il.
Merde, ça me rend dingue de l'entendre dire ce genre de chose. Comment son père a-t-il pu être aussi ignioble?
-Et il est plus vieux de combien d'année ?
-Quatre ans.
Oh putain.
-Et tu ne l'aimes pas ?
Je pose la question, mais je connais déjà la réponse.
-Il a eu tout ce que je voulais.
-L'amour de ton père !
Max ne dit pas un mot. Je sais qu'un garçon a besoin de son père. Comme une fille de sa mère. C'est les choses de la vie. Mes frères ont demandé beaucoup d'attention et mon père a toujours été à l'avant. Et ma mère a été beaucoup plus présente pour moi que pour mon père.
-Pourquoi ta mère voulait lui faire un enfant ? M'enquis-je inquiète.
-Pour avoir quelque chose à quoi se raccrocher. Elle était seule. Sans famille et mon père la trompé depuis des années. Elle voulait être certaine d'avoir quelqu'un sur qui pouvoir compter dans le futur.
-Et c'est le cas. Souris-je.
-Malgré les apparences, ma mère a été une bonne mère.
-Je n'en doute pas une seule seconde. C'est pour ça que j'ai demandé son aide pour le mariage.
Max semble surprit pour le coup.
-Quoi ?
-J'ai demandé à ta mère de bien vouloir aider la mienne pour le mariage. Elle a accepté et semble impatiente de rencontrer mes parents.
Max repose son verre se penche sur le bar et m'embrasse. C'est un baiser doux, délicat... amoureux. J'aime cette sensation quand je l'embrasse. J'ai l'impression d'avoir des fourmis dans les mains, le cœur qui se gonfle et d'avoir la tête qui tourne. Le tout en même temps.
-Je t'aime.
-J'aime que tu m'aime. M'amusais-je.
Max lève les yeux en l'air et se réinstalle contre le mur derrière lui.
-Et Poppy ? M'enquis-je après un petit temps silencieux.
-Ma mère voulait un second enfant. Mon père n'avait pas vraiment le choix.
Je dois dire que j'étais assez impressionné par Madame Thompson. Elle était une femme plein de ressource visiblement. Avec du caractère. J'appréciai beaucoup cet état d'esprit. Au mieux de s'abattre face au calvaire qu'elle vivait, elle a retourné la situation.
-Quand est-ce que tes parents ont divorcé ? Me renseignais-je.
-Ma mère a rencontré Charles Thompson, lors d'un gala de charité en Californie. Elle est tout de suite tombée sous son charme. Poppy devait avoir cinq ou six ans. Mon père ne s'occupait ni de Poppy, ni de moi. Il en avait que pour Colton.
-Elle a donc demandé le divorce ?
-Oui.
-Et il a accepté sans dire un mot ?
-Ma mère n'a rien eu dans le divorce. Alors, il s'en fichait qu'elle parte. Au contraire, je crois qu'il était enfin libre de vivre sa vraie vie. Avec sa vraie famille.
C'est un crève-cœur de l'entendre dire ce genre de chose. Putain, je déteste encore plus Monsieur Stuart Senior.
-Tu déteste ton père et aussi ton frère?
-Demi-frère ! Me reprend-t-il, vivement.
-Désolé.
-La réponse est oui. Je déteste mon père pour n'avoir pas voulu de nous et de nous avoir témoigné aucun sentiment ou autre. Et je méprise Colton d'avoir été le fils prodigue pour mon père.
-Il a essayé de te voir ?
-Oui. Plusieurs fois. Tranche-t-il sèchement. J'ai toujours refusé de le voir ou de lui parler.
C'est pire que ce que je pensais.
-Max, tu penses qu'il veut t'atteindre à travers moi ? Comme ton père le fait ?
-Je ne sais pas, bébé. Je ne veux prendre aucun risque.
Il semble réellement inquiet.
-Tu aurais dû me parler de Colton. Ça m'aurait aidé dans mon jugement... et je n'aurais pas donné ses photos à Vogue !
-Menteuse.
Oui, il a raison. J'aurai quand même fait ses photos.
-Mais, il est vrai que j'aurai dû te parler de Colton.
-Je ne t'en veux pas. Fis-je en terminant mon verre.
Il en fait de même avant de se pencher à nouveau vers moi pour m'embrasser.
-Tu penses qu'un petit tour dans la piscine serait judicieux ? Chantonne-t-il, avant de m'embrasser du bout des lèvres.
-Je pense que nous avons l'obligation d'aller dans la piscine, monsieur Stuart.
-Parfait, Madame Weber... allons-nous rafraîchir.
Je surprends Max en me dirigeant vers la piscine.
-Je t'apporte ton maillot ? Questionne-t-il, alors que je retire mes chaussures.
-A quoi bon ? Tu vas me le retirer dans moins de cinq minutes.
Je suis joueuse, et visiblement mon homme est heureux, très heureux de le savoir.
