Chapitre 19

Point de vue : Angela Weber.

Après avoir passé une journée entière au lit, on doit revenir dans le vrai monde. Et celui dont nous faisons partie est intraitable. Maximilien m'a réveillé de la plus douce des façons. En m'embrassant et me caressant. Après une douche … commune, nous avions rejoint le dressing. Se couvant du regard et analysant sans complexe l'autre, nous avions pris le temps pour nous habiller.

C'est pourquoi vêtu d'une jupe droite taille crayon beige, d'un débardeur noir et de tallons haut de la même couleur, nous arrivons au bureau avec une demie heure de retard. Maximilien à un bras poser autour de mes hanches ou alors poser dans le bas de mon dos. Il ne veut pas me lâcher. Je l'ai très vite comprit. J'allais l'avoir sur le dos, pour la journée. Peut-être même la semaine.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrent. Je prends une grande inspiration et attrape la main que Maximilien me tend. Je suis un peu étonnée, mais ne l'exprime pas à voix haute. Il nous conduit jusqu'à son bureau. J'aurai préféré me rendre directement au miens. Et récupérer ma bague. Dieu du ciel, il n'a pas encore vu qu'elle n'est pas à mon doigt. Nicholas et Chelsea relèvent la tête prestement et sont sur le pied de guerre en une fraction de seconde.

Ils parlent vite en prenant bien soin d'articuler. Max me lâche la main, après m'avoir embrassé sur la joue. Je souris comme une idiote. Ce que Nicholas remarque. Je pause mes affaires sur la table base de son bureau et va directement me servir un thé. Je sais que mon homme me suit du regard. Alors, je l'aguiche un peu en remuant des fesses. Il se racle la gorge en demandant à Nicholas de répéter.

- La chaîne télé veux savoir si vous accepter que Chelsea parle de son poste pour le prochain numéro ?

- Oui. Pas de souci. Soupire Max.

Je suis à moitié tourner vers lui, mais je le vois très bien me regarder.

- Tu veux quelques choses ?

- Pas possible de le dire à voix haute, mon cœur. Du moins pas en public.

Je rougie un peu, mais rigole de son franc parler. Les deux assistants sont à moitié mortifiés. Surtout Chelsea.

- Au fait, Nicholas trouve nous un médecin spécialiste dans...

- Maximilien ! M'horrifiais-je. Je vais m'en charger moi-même.

L'homme assis derrière son bureau sourit bêtement.

- Tu l'as fait exprès ? Bougonnais-je.

- Exact. Tu voulais clarifier la situation. Je pensais que c'était un bon stratagème. Dit-il très simplement.

- Fait le plus directement. Le sous-entendu ne marche pas vraiment !

Les deux assistants nous regarde bouche bée. Nicholas est un peu inquiet. C'est miss parfaite qui pose la question qui dérange.

- Quelque chose ne va pas ?

Max arque un sourcil devant le ton de la voix de Chelsea. Elle est fausse. Totalement.

- Chelsea vous êtes au courant que j'entretiens une relation privée avec Angela ? Que nous somme un couple ?

Je la vois froncer les sourcils d'incompréhension.

- Oui.

Elle est mal à l'aise. Très.

- Parfait. Et vous êtes au courant qu'elle est aussi la co-directrice de la société. Qu'elle gère l'entreprise et le personnel, lorsque je suis hors des bureaux et par ce fait, elle est votre... supérieur hiérarchique ?

Je vois les pièces du puzzle arrivé vers le cerveau de Nicholas. Chelsea semble encore chercher le but de la conversation. L'idiote.

- Tout ça pour dire que je suis un homme pratiquement marié... en fait, je serai marié dans très peu de temps. Lâche-t-il, me jetant un petit coup d'œil.

Je soulève un sourcil.

- Quand ? Marmonnai-je.

- C'est en préparation, Angie. Pas d'inquiétude. Bref, souffle-t-il revenant vers Chelsea. J'apprécierai et ma futur femme surtout, que vous arrêtiez vos petits sourire charmeur, votre attitude entreprenante et d'éviter tout contact non professionnel. Est-ce clair ?

La femme dans le bureau est juste en train de se liquéfier sur place. Nicholas se mort la langue certainement pour ne pas rire. Max ne lui laisse pas le temps de répondre et reprend.

- Par ailleurs, Angela est votre supérieur … vous lui devez donc le respect. Valable pour tout le deux.

Nicholas ouvre grand les yeux.

- Un pas de travers et je n'aurai aucun scrupule à vous virer.

- Ça ne serait pas la première. Lâcha Nicholas.

Je souris avant de lui administrer un clin d'œil.

- Ce n'est pas passé loin, c'est vrai.

Il me tire la langue et jette un coup d'œil à l'extérieur du bureau. On fait de même, pour découvrir deux agents de police. Je reconnais les deux agents de l'immigration. Putain, c'est quoi ce délire ?

L'officier Newton entre dans le bureau en se raclant la gorge. Je me rapproche instinctivement de Max. Je me rends compte, qu'il s'est levé de son siège pour me rejoindre. Rapide et très réactif.

- Officier, que peut-on pour vous ?

Max à un bras derrière mon dos. Il est tendu. Très tendu.

- Monsieur Stuart, nous sommes désolés d'intervenir sur votre lieu de travail.

- Je vous écoute, officier Newton.

Il regarde dans ma direction et sourit légèrement.

- Madame Weber, nous sommes ravis de vous revoir sur le sol américain.

- Je le suis aussi. Et j'espère pouvoir rester cette fois.

- Oui, oui. Dit-il vivement. Nous sommes venu vous donner certaines informations... qui pourrait vous intéressé !

Max se détend. Moi aussi.

- Nicholas et Chelsea vous pouvez nous laisser.

Nicholas la commère, semble déçu, mais quitte le bureau avec sa partenaire. Lorsqu'elle ferme la porte Max invite les officiers à prendre place sur le divan.

- Nous sommes venus, car l'enquête à très bien avancé.

- Très bien. Vous allez donc nous dire ce qu'Ally manigancé ?

- Oui. Nous avons relié plusieurs comptes bancaires aux siens. Votre père, monsieur Stuart Senior est responsable des virements de trois grands montants.

Nous savions tous que le père de Max était impliquer dans mon exile à l'autre bout du monde. Il l'avait même dit ouvertement.

- Vous avez trouvé une autre personne ?

- Oui. Souffle l'officier Newton, qui est le plus bavard des deux. Une certaine Lauren Mallory est impliquée dans les virements frauduleux.

Cette fois, je suis abasourdie.

- Vous êtes sur ? S'étrangle Max.

- Oui. Vous avez un lien avec cette personne ?

- Oui et non. Souffle Max, en passant une main dans ses cheveux.

Je décide de prendre la parole.

- Lauren Mallory est une ancienne connaissance universitaire de Maximilien. Cette femme m'a en grippe depuis mon arrivé. Elle m'a tout de suite considérée comme une ennemie.

- Lauren pense que Sydney n'a pas sa place parmi mes proches. Elle a toujours était jalouse de ma future femme.

- En clair, madame Mallory est amoureuse de vous.

- Oui.

Max et moi avant répondu en même temps. Ce n'était un secret pour personne.

- Avant mon départ, nous lui avons fait comprendre que nous allions nous marier et que nous étions fous d'amour. Lui révélais-je. Elle a dû mal le vivre.

- Effectivement.

L'officier se racle la gorge puis jette un coup d'œil à son collègue.

- Un dernier petit détail.

Max attends patiemment. Pour ma part, je suis sur le qui-vive.

- Est-ce que vous...

Il se racle à nouveau la gorge mal à l'aise.

- Est-ce que vous prenez des stagiaires ?

Je suis surprise d'une telle demande.

- Oui. Ça nous arrive.

- Bien... j'ai ma petite amie qui fait une école de stylisme et elle m'a demandé de vous proposer sa candidature.

J'ai envie de rire. Vraiment. Mais, je préfère me retenir. Ce type est vraiment bizarre. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme lui.

- Bien sûr ! Souffle Max.

Il a aussi très envie de rire.

- Vous avez une lettre de motivation, son parcourt professionnel ou scolaire ?

L'officier sort déjà une enveloppe de sa veste de policier.

- Super. Nous allons traiter sa demande dans les plus courts délais. Encore merci d'être venu messieurs.

Les officiers sortent. Max refermer la porte. On se regarde. On attend. Quelques minutes plus tard... on explose littéralement de rire.

*/*

Trois jours ont passé depuis la visite des officiers. Je suis assise dans cette fichue salle d'attente, je regarde les autres personnes. Toutes des femmes. Le seul homme parmi nous est : Maximilien Taylor Stuart. Ce qui attire tous les regards. Certaines sont gênée... mais, la plupart d'entre elle, sont... enjouée. Un peu trop. Je tourne la page de mon magazine et le bruit brise le silence de la pièce. Toutes ses femmes sont enceintes ou veulent le devenir. Cela veut dire qu'elles sont forcément heureuses en couple. Pourtant, ça ne les empêche pas de baver sur mon homme. Et pas qu'un peu.

Maximilien s'en fiche royalement. Certainement, qu'il a l'habitude. J'ai l'habitude aussi... mais, depuis que nous sommes « officiellement » ensemble, ça m'irrite ! Il est à moi. Je veux que toutes le sachent.

- Tu es certain de vouloir dîner chez ta mère ce soir ? M'enquis-je très bas.

L'homme de ma vie, ne me regarde pas. Il a le nez plongé dans un dossier urgent. Il a tenu à venir à ce rendez-vous médical... mais, il fait une pierre de coup et travaille tout en restant avec moi. Et me soutenant.

- Oui.

Il fronce les sourcils, remet en place ses lunettes de repos et barre avec son crayon à papier, un mot sur le document entre ses mains.

- Et demain, nous allons à ce dîner d'investisseur ?

Maximilien entoure un mot et fait une flèche dans la marge.

- Oui, bébé. Tu veux une nouvelle robe ?

Je suis bouche bée.

- Max ?

- Hum ?

- Si je veux une robe, j'irai m'acheter une robe. Pas besoin de ta permission ou de ta putain de carte de crédit. Ronchonnais-je durement.

Cette fois, j'ai toute son attention. Celle des femmes aussi. Elles ne regardent plus mon futur mari, mais moi. Et vu les regards, j'aurai préféré qu'elles continuent à mater sans vergogne le seul homme de la pièce.

- Ma putain de carte de crédit est également la tienne, Angela-chérie. D'ailleurs, j'ai déjà fait faire ta carte bancaire. Je te l'offrirai dans une boite dorée à notre nuit de noce.

Ma bouche est grande ouverte. Je ne m'attendais vraiment pas à ce genre de retour verbal. Il est doué. Vraiment doué et a de la réplique.

- Tu es arrogant et extrêmement grossier.

- Tu m'aime pour ça, bébé. Et sinon, tu as d'autre question du type : « on mange bien avec … » ? Parce que si tu as fini de vouloir revoir notre planning, j'ai besoin de toi avec ce dossier.

Il un grand sourire sur le visage. Tellement grand, que je peux voir les petites pliures microscopique sur les bords de ses yeux.

- Donne.

- Merci infiniment, partenaire.

Je roule des yeux et récupère la première page de son dossier. J'attrape son crayon et met quelques annotations. Nous sommes très studieux pour le coup. C'est pour ça, que je suis surprise de sentir des lèvres sur ma joue.

- Bébé, tu penses pouvoir m'aider demain avec le photo-shoot de la nouvelle création ?

- Vers quelle heure ? Réclamais-je.

- Le matin.

- Tout le matin ? Risquais-je.

- Ouais... je n'ai pas envie de tout refaire si jamais ça ne correspond pas. Et tu as travaillé sur la première. Je n'ai pas envie de changer une équipe qui gagne.

- Être avec toi, toute une matinée ? Je pense pouvoir gérer ! M'amusais-je, en lui rendant les documents.

- Merci beaucoup.

Max se penche pour m'embrasser, cependant un raclement de gorge nous arrête. Je relève la tête pour voir le docteur à quelques pas de nous. Un sourire idiot sur le visage. Ce dernier est plutôt de bonne humeur j'ai l'impression.

- Je suis le docteur Jacques Mathe.

- Angela Weber. Dis-je, en lui serrant la main. Et voici mon compagnon, Maximilien Stuart.

Je suis debout. Droite dans mes chaussures à talons. J'ai mes Louboutin aux pieds. Celle que Maximilien m'a offerte. J'attends toujours les douze qu'il m'a promis.

- Futur époux ! Rajoute mon homme gaiement.

- Très bien. Passons dans mon bureau.

Le bureau du docteur Jacques Mathe est très spacieux et éclairé. Il nous fait signe de s'installer sur les deux chaises face à lui.

- Alors, que me vaut votre visite ?

Je me sens tout à coup très, très mal à l'aise. Max doit le remarquer puisqu'il attrape ma main pour la serre.

- Angela et moi voudrions avoir des enfants.

- Dans un avenir proche ?

- Dans l'immédiat. Lâche-t-il rapidement.

Le docteur hoche la tête et tapote sur son clavier quelques notes. Du moins, c'est ce que je pense.

- Bien. Vous avez donc arrêté la contraception ?

- Je ne prends pas la pilule depuis deux ans.

Ma voix est très fluette. Le médecin me regarde avec gentillesse. Pourquoi je ne me sens pas à l'aise ? Certainement, car j'ai peur … peur de ne pas pouvoir avoir d'enfant.

- Jamais ? S'étonne-t-il.

- Pas depuis que je suis aux États-Unis.

- Vous n'êtes pas américaine ? Questionne-t-il surprit.

- Non. Je suis française.

Il hoche la tête et tape sur son clavier à nouveau.

- Bien. Donc, vous utilisiez une autre forme de protection ? Préservatif peut-être ?

Max sert ma mains un peu plus ferment. Il ne va pas être déçu.

- Avec mon ancien compagnon, j'avais un implant. J'ai retiré l'objet, il y a deux ans. Depuis, j'ai eu des relations sexuelle qu'avec Maximilien.

Je sais que mon homme est étonné.

- Jamais ? Réclame-t-il ce dernier.

Je ne réponds pas et sourit au médecin pour qu'il continue.

- Très bien. Donc, vous aviez un implant. Au bras ?

- Oui. Sur le droit.

Il hoche la tête.

- Et vous essayez depuis combien de temps ?

- Quelques mois.

- Plus de six mois ?

- Moins.

- Et sans résultat ?

- Oui. Bredouillais-je.

Le docteur Jacques Mathe, se racle la gorge et me sourit.

- Cela arrive de temps en temps. Chaque personne est différente.

Ouais, je sais, pestais-je mentalement.

- On va faire des tests et vérifié que tout est sous contrôle. Je vais par contre demander à monsieur Stuart de sortir le temps de l'examen.

- Je préfère reste. Dit-il, fermement.

- Je refuse de voir mes patientes avec une tierce personne. C'est un lieu... professionnel. Je suis désolé.

Max n'es pas du même avis. Merde.

- Attend moi dehors, s'il te plaît.

Il pose son regard sur moi, inquiet.

- Mais...

- Je vais y arriver. Attends-moi dehors et fait plaisir aux femmes enceintes en te pavanant devant elle.

Il marmonne quelques mots peu glorieux, mais fini par abdiquer. Il sort de la pièce un peu déçu.

Point de vue : Maximilien Taylor Stuart.

Elle m'a demandé de sortir. Je ne m'attendais pas à ça. Même si je peux la comprendre. Pourquoi diable le médecin était un homme ? J'aurai préféré une femme. Vraiment. Je sors mon téléphone en marchant de long en large devant la porte où se trouve ma future épouse. Ma secrétaire répond dès la première sonnerie.

- Je vous écoute, monsieur.

Mon numéro devait l'avoir informer de mon appel.

- Des appels pour moi ?

Tant qu'à attendre autant faire preuve de productivité. J'apprends que malheureusement mon demi-frère avait pris contact avec moi. Super.

- Merci. Fis-je en raccrochant. Je ne sais pas encore si on revient ou pas... je ne veux aucun rendez-vous pour la fin de soirée.

- Bien monsieur.

Je raccroche sans forme de politesse. Ma secrétaire avait l'habitude maintenant. Surtout depuis que j'avais régler certains détails et remis les choses à leur place.

Est-ce que je dois appeler mon demi-frère ? Je décide après de longues minutes de réflexion de le rappeler. Avec un peu de pression. Sans que je sache trop pourquoi. Enfin, je savais pourquoi mais j'avais du mal à le concevoir.

Je compose le numéro que m'a donné Chelsea. C'est un portable personnel certainement.

- Colton Stuart, bonjour.

- C'est Maximilien Stuart.

Il y a un court moment de silence.

- Bonjour Maximilien. Je te remercie de m'avoir appelé.

- J'avoue avoir été très surpris par ton appel.

Il rit quelques peu. Et je me surprends à reconnaître ce rire. J'ai le même. Du moins, il y est ressemblant.

- J'ai longtemps hésité, mais je pense qu'il est temps de se voir.

- Pour ?

J'ai mon cœur qui bat trop vite dans ma poitrine. Vraiment trop vite.

- Pour te féliciter pour ton prochain mariage ? Propose Colton.

- Tu peux le faire par téléphone.

- Angela risque de travailler pour moi Maximilien. Je pense que pour elle, nous pourrions faire des efforts. Toi comme moi.

Je ferme les yeux et m'appuie contre le mur. Putain, c'est plus compliquer que ce que je pensais.

- Nous avons reçu une proposition de Dior, en plus de la tienne. C'est Angela qui décidera ce qui est mieux pour elle, ainsi que notre entreprise. Dis-je simplement.

- Dior ? Vraiment ?

Je l'entends à nouveau rire. Je me surprends à sourire.

- Oui. Je sais.

- Tu ne supportes pas Bernard Arnault. Tout comme je ne le supporte pas.

- Mais, ce n'est pas moi qui décide. Le contrais-je.

- Exact.

Pourquoi, est-ce que je trouve que parler à mon demi-frère, que je n'ai jamais vraiment vu et parler, est si naturelle pour moi ? Si facile ?

- Bien. Est-ce que tu es prêt à me rencontrer, ou il te faut plus de temps ? Questionne-t-il, le plus sérieusement du monde.

- Trente ans, c'est assez suffisant je pense.

- Oui. Je suis d'accord. Bredouille-t-il.

- Par contre, tu dois savoir que je suis en guerre ouverte avec Stuart senior.

- Je suis au courant.

Ça ne m'étonne qu'à moitié.

- Et tu comptes tout de même me rencontrer ? Questionnais-je, un peu surprit.

- Oui. Tu es mon demi-frère. Stuart senior a toujours mis une barrière entre nous. Sûrement pour ne pas avoir ses deux mondes relier. Aujourd'hui, je fais mes propres choix. Et je décide de te rencontrer. A toi de décider si tu le souhaite aussi.

- D'accord. Mais un café. Pas de repas.

- C'est convenable.

Putain, il a même façon de parler que moi. J'ai l'impression de me parler à moi-même. C'est très... perturbent.

- Tu veux aussi choisir le lieu ? S'amuse-t-il.

- Je vais laisser Angela choisir. Répondis-je rapidement.

- Bien. Est-ce qu'elle sera du rendez-vous ?

Je ne sais pas si ça pose problème ou non ? Mon frère n'a pas parlé d'Angela jusqu'à présent.

- Elle peut venir. Je serai heureux de voir la futur madame Stuart. Et j'ai longuement entendu parler d'elle. Reprend-t-il rapidement.

- De Stuart Senior ?

- Oui.

Je rigole aussitôt froidement.

- Il n'a pas dû être tendre avec elle.

- Exact. Et vu tout le bien qui en fait écho dans le monde de la mode, les propos de père me semblent un peu tirés par les cheveux.

Père ? L'entendre l'appeler ainsi, me fait froid dans le dos. Je dois couper court à la conversation, qui devient à mon goût trop intime.

- Je dois y aller. Ma secrétaire prendra contact avec toi pour les modalités.

- Maximilien, je...

Je raccroche n'y tenant plus. Putain, quand Angela va savoir ce qui vient de se passer... elle ne va pas en revenir.

Point de vue : Angela Weber.

Avoir de la patience ? Je ne suis pas ce genre de fille. Bon dieu, je n'arrive pas à croire que je dois juste être patiente.

- Donc, tout va bien ?

- Oui. Dis-je, en me tournant vers Max. Tout va bien. J'ai aucun problème ou dysfonctionnement. Le médecin a dit que mon corps peut créer des ovules vivables et que rien n'empêche une fertilité et créer la vie.

- Parfait.

Max semble vraiment rassuré et je le suis aussi.

- Donc, c'est quoi la suite ?

- Attendre que je sois enceinte.

Maximilien hoche la tête. Il conduit lentement, prudemment. Il nous ramène au bureau. Tant mieux, j'ai envie de travailler. De me changer les idées. En plus... je n'ai pas été très présente ses derniers jours. Je dois faire face aux longs travaux qui s'annoncent... difficile. Et urgent.

- Demain, tu veux toujours de moi pour le photo-shoot ?

- Oui.

Sa réponse est sans appel lorsqu'il se gare sur sa place de parking personnel. Tant mieux. J'aime travailler avec lui.

- J'ai plusieurs idées.

- Je n'en doute pas une seule seconde, ma belle.

Max sort de la voiture et j'en fais de même. Il passe un bras atour de mes épaules et me guide vers l'ascenseur. Je suis un peu étonnée de voir Max me conduire à mon bureau.

- On peut voir les points ensemble ? Propose-t-il, en prenant place sur la chaise face à moi.

- Oui.

Max hoche la tête, puis attrape mon téléphone et compose la tache abrégé de sa secrétaire.

- Chelsea, Angela et moi sommes dans son bureau. Nous ne voulons pas être dérangés.

-

- Hum. Annuler le rendez-vous.

-

- J'ai déjà annulé deux fois ? Souffle-t-il sidéré.

Il grimace et j'en fais autant.

- D'accord. Je garde ce rendez-vous. Je devrais être là dans trois quart d'heure.

Max raccroche sans cérémonie.

- Tu as rendez-vous avec qui ? Risquais-je doucement.

- La styliste qui travaille pour nous. Elle a demandé un rendez-vous.

Cela m'étonne beaucoup

- Pourquoi ? Elle a un problème au travail ?

- Aucune idée. Dit-il mal à l'aise.

Il me cache quelque chose. Et j'aimerai beaucoup savoir quoi ?

- Max ?

- Tu ne peux pas toujours tout savoir, ma belle. Je dois voir la styliste pour quelque chose de personnel. De privée.

Je suis sous le choc. Qu'est-ce qu'il doit me cacher ?

Je préfère laisser couler pour le moment et... reprendre notre travail. S'il ne veut pas dire c'est qu'il a ses raisons. Je dois lui laisser de l'espace. C'est vital pour lui et pour moi. On discute de très longues minutes du photo-shoot de demain. Nicholas vient nous rejoindre avec certain donnée vers la fin. Puis, Chelsea informe mon compagnon que son rendez-vous est là. Il se lève en me jetant un petit regard en coin.

- Tu...

- Je ne viendrai pas fouiner. Tu peux sortir l'esprit tranquille.

Il ouvre la bouche, mais la referme aussitôt. Max sort de mon bureau d'un pas rapide. Énergique.

- Il a rendez-vous avec la styliste ? Questionnais-je.

- Oui. Souffle Nicholas tendu.

- Et tu sais la raison ?

- Plus ou moins ! Murmure-t-il.

- Tu as interdiction de m'en parler ?

- Oui.

Super. C'est de mieux en mieux.

*/*

Depuis mon réveille ce main, je suis une boule d'énergie positive. Le fait de savoir que j'étais fertile et que je pouvais avoir des enfants, m'avait soulagé plus que de raison. Le fait que Max m'interdisse certain accès à l'entreprise, me rends suspicieuse... mais, j'ai plus d'un tour dans mon sac. En plus, le dîner avec sa famille hier c'était merveilleusement bien passé. J'adore sa famille. Beaucoup.

Au petit déjeuné, j'ai fait un repas de champion. Cuisiner moi-même. Max est venu doucher et lavé vingt minutes après le dernier toast cuisiné.

- A table ! Chantonnais-je, en lui présentant le repas sur la table.

Il arque aussitôt un sourcil.

- Tu as un aveu à faire ? Souffle-t-il, en prenant tout de même place sur la chaise.

- Non. Souris-je.

- Hum... tu as mis de la mort au rat dans mon assiette ?

- Non plus. Rigolais-je.

- D'accord. Parce que tu sais... on doit d'abord se marier et puis j'ai encore des petites choses à faire avec toi avant de...

- Mange ! Le coupais-je, en m'installant à mon tour à table. J'avais juste envie de faire plaisir et de cuisiner. Rien de glorieux.

- Ben... en deux ans que je te connais... c'est la première fois que tu cuisine.

- J'ai déjà cuisiné. Grognais-je, me servant du jus d'orange.

- Quand ?

Je fais mine de réfléchir rapidement. Evidemment, Max en rit.

- On commandait toujours des repas quand nous étions chez toi. S'amuse-t-il.

Il n'a pas tort. Tient ça me fait penser à quelques choses.

- Que va te faire de l'appartement ?

Max boit sa gorgée de café, avant de répondre.

- Aucune idée. On peut le garder pour les amis. Ou la famille.

- On peut le relouer ?

- Oui. Aussi.

Je hoche la tête doucement.

- Tu as quelqu'un en tête, bébé ?

- Oui. Mais, je veux d'abord lui en parler avant.

Max arque un sourcil.

- Il ?

- Il... mais, il est très gentil.

- Ah... et je connais ce « il est très gentil » ?

Je ne sais pas s'il est d'humeur taquine ou non. Je ne préfère pas jouer ce matin.

- Il est gay et ne t'arrive pas à la cheville. Tu peux manger l'esprit tranquille.

- Me voilà rassuré. Dit-il en ajoutant un clin d'œil.

Je préfère manger que relever ses derniers mots. Maximilien mange pratiquement tout ce qu'il y a sur la table tout en lissant le journal. Personnellement, je suis sur la tablette à lire les mails et à prendre des nouvelles de ma famille ainsi que mes amis.

- Edward dit que le bébé ne va pas tarder à arriver.

Maximilien relève la tête sans attendre.

- Bella est à son terme ?

- Pratiquement. Souris-je grandement.

- Tu vas vouloir partir ?

- Partir ? M'étonnais-je.

- En France. Leur rendre visite ?

Je fronce les sourcils.

- Je ne sais pas. Oui... peut-être.

- D'accord. Je vais devoir mettre certain de tes dossiers en suspens ou les reprendre.

Je me mords aussitôt la lèvre inférieure.

- Euh... tu ne viendras pas avec moi ?

Max s'arrête de plier le journal.

- Tu veux que je t'accompagne en France ?

- Oui. Enfin... si tu veux.

Il sourit doucement.

- Tout dépendra des responsabilités à avoir ici. Des rendez-vous et de la date.

- Oui, je comprends.

Maximilien avait déjà sacrifié beaucoup durant mon départ à Paris. Je ne pouvais pas trop lui en demander. Les six mois qui ont suivi mon exil, j'avais laissé beaucoup de travail. Je devais travailler encore plus durement pour lui. Lui prouver que j'étais parfaite pour rester prêt de lui. Je me lève de ma chaise et sort presque de la cuisine, quand Max m'appelle ?

- Bébé ?

- Hum ?

- Tu pourras donner les clés de l'appartement à Nicholas. Il a largement mérité sa place chez nous.

Je suis abasourdie par ses mots. Ce type sait donc toujours tout ? Pas possible.

*/*

J'attrape ma tasse à café et vais me servir pour la troisième fois de l'après-midi. Ce matin, nous avons eu le photo-shoot pour la nouvelle création de l'entreprise. Evidemment, comme toujours ça à déborder jusqu'en début d'après-midi. Nous venons juste de finir et j'ai besoin de faire une micro pause. Nicholas entre dans la pièce juste après moi.

- Il reste du café ?

- Un peu.

Il grimace et tend sa tasse. J'en verse aussitôt, avant de remplir à nouveau la cafetière et la lancer.

- Quelle journée. Dit-il, en se postant ensuite à mes côtés sur le balcon.

- On a été productif.

Il hoche la tête et boit une petite gorgé.

- Tu es toujours dans les quartiers ouest de la ville ? M'enquis-je délicatement.

- Oui. Malgré les démarches pour déménager. C'est la folie à New-York pour trouver quelques choses de correcte.

- J'ai peut-être quelques choses pour toi.

J'ai toute son attention maintenant.

- Vraiment ?

- Oui. J'ai discuté avec Maximilien est nous sommes d'accord pour que tu utilises mon ancien appartement.

Cette fois, il est prêt à s'étouffer. D'ailleurs, il recrache ce qu'il a dans la bouche et m'en envoie légèrement dessus.

- Merde... Angie, je suis désolé.

Je rigole sans trop savoir pourquoi.

- Tu es un boulet, Nicholas.

- Oui, je sais.

Il essaie de m'aider à enlever la tâche.

- Alors ? dis-je après de longues minutes à nettoyer mon pull à manche longue.

- Je n'ai pas les moyens d'avoir cet appartement.

- On prendra le même montant que celui que tu loue actuellement. Dis-je doucement. Pour ne pas faire de favoritisme avec les autres employés.

- Vraiment ? Vous feriez ça pour m'aider ?

Je souris grandement.

- C'est quoi l'arnaque ? Questionne-t-il suspicieux.

- Y en a pas. Répondis-je souriante.

Nicholas réfléchit à toute vitesse.

- Pourquoi ne pas le donner à quelqu'un d'autre ?

- Je sais que tu en a besoin. Tu vis dans un quartier dangereux et franchement tu seras plus agréable au travail si tu prends cet appartement.

- Je suis toujours agréable. Grogne-t-il rapidement.

- Oui bien sûr... et tu n'es absolument pas gay !

- Je ne suis pas …

Nicholas arrête sa phrase nette. Puis, tourne le visage vers la porte d'entrée. Sûrement pour vérifier si nous étions bien seuls.

- J'ai rencontré quelqu'un ! Souffle-t-il très bas.

- Un homme ? Dis-je avec un grand sourire.

- Un homme ! Me confirme-t-il, en baissant un peu plus la voix.

- C'est bien. Je suis contente pour toi.

Nicholas boit un peu de son café et jette le reste dans l'évier prêt de nous.

- Je ne sais pas quoi faire... je ne sais pas si je dois le dire...

- Ne t'inquiète pas. Si tu veux pas en parler... y a pas de souci.

- Non, Angie. Je ne sais pas quoi dire à ma famille. A mes amis.

Je suis perplexe pour le coup.

- Ils ne le savent pas ?

- Non. Ricane-t-il. A part toi qui a tout de suite comprit... personne n'est au courant !

Ben mince alors.

*/*

Je sors de la salle de bain et m'enroule dans une serviette. Maximilien croise mon regard à travers le miroir.

- Tu as besoin d'aide ? Questionnais-je, en le voyant se battre avec sa cravate.

- Je devrais m'en sortir, bébé.

Avec un grand sourire, je le laisse se débrouiller comme un grand et rejoints le dressing. Je sais exactement quelle robe m'être. Celle que j'ai achetée, à mon retour de France. Du moins, c'est ce que je pensais. Ma robe en main, je retourne dans la chambre. Max est assis sur le lit. Il a une boite assez grande entre les mains. Je m'arrête net.

- J'ai peut-être la tenue qu'il te faut pour cette soirée.

Mon cœur cogne fort dans ma poitrine.

- Tu as acheté une robe pour moi ? M'étranglais-je.

- J'ai fait faire une robe pour toi, Angie.

De mieux en mieux. Timidement, j'avance vers lui. Il me tend la boite. Je la récupère en posant sur le lit, l'autre robe. Je pose la boite juste à côté et l'ouvre avec délicatesse. Voir avec lenteur. Ce que je vois en premier, c'est le tissu rose. Du rose... je n'y aurai jamais pensé.

- C'est de la mousseline. Chuchote pratiquement Max, en me voyant toucher le tissu du bout des doigts.

- Elle est magnifique.

C'est ça qu'il traficoter avec la styliste de notre entreprise.

- Essaie là.

Je sors la robe avec prudence de la boite. Je laisse tomber ma serviette qui me cacher de ma nudité, puis passe la robe par les pieds. Max se lève ensuite pour m'aider à remonter la fermeture éclair. Il me tire doucement par la main, pour m'installer devant le grand miroir de notre chambre. Je suis bouche bée devant la vision de cette robe sur moi. Juste parfaite. Vraiment.

J'ai une robe bustier ruché. Une taille bien affinée et ornée de fils brillants et de strass au niveau de la poitrine. Une jupe à couches mousseline volante, avec une traîne légère et fluide. Le tout se résume en une robe légère, féminine et très agréable à porter.

- Je l'adore.

- Très bien. Tu es presque prête à y aller.

J'arque un sourcil, alors qu'il m'attire vers le dressing. Max m'installe devant une des portes qui est, à ma connaissance, toujours fermé.

- Prête pour la suite du cadeau ?

Je souris doucement, un peu inquiète et mal à l'aise. Maximilien ouvre la porte qui se trouve dans le dressing et j'en reste bouche bée.

- Oh la vache...

Des chaussures... tout un placard rempli de chaussures. Et rien que pour moi. Je n'arrive pas à y croire.

- Chaussure Louboutin... collection 2018. souffle-t-il en pointant la pile en face de moi. Couleur rouge, bleu, or, noir et marron.

- je...

Max pointe la ranger du haut sans tenir compte de mon début de phrase.

- Bernard Arnault à valider lui-même ses chaussures. Cinq paires spécialement pour toi.

Il monte à l'étage du dessus.

- Jimmy choo !

J'ai les larmes aux yeux.

- Et celle-ci. Souffle-t-il en pointant la dernière ranger en bas des Louboutin... c'est Valentino.

Max se tourne vers moi, fière de sa surprise.

- J'ai promis de t'offrir le meilleur du monde. Et je sais que tu es en adoration devant ses créateurs.

- Je...

- Angela... tu vas devenir ma femme. Tu auras ce genre de surprise et de cadeau pour le reste de ta vie.

- Ce n'est pas pour cela que je dois m'y habituer. Chuchotais-je.

Max passe sa main sur ma joue et approche ses lèvres des miennes. Ils les posent délicatement sur les miennes.

- C'est pour ça que je t'aime, bébé. Tu me rappelle que les choses de la vie ne sont pas toujours faciles. Et que l'argent ne fait pas le bonheur.

- Je t'aime. Murmurais-je, en me serrant contre lui.

- Parfait... maintenant choisi ta paire de chaussure et allons a ce mariage.

Je souris doucement et essaie de visualisé mentalement, la paire de chaussure parfaite pour ma robe. Et je n'en vois qu'une.