Chapitre 23

Point de vue : Angela Weber.

Noël. L'ouverture des cadeaux. Je sors du lit et sur la pointe des pieds, sort de la chambre. J'ai un cadeau à offrir à Maximilien et il est dans mon sac de voyage que j'ai laissé dans le salon. Je vais jusqu'au sapin de Noël qu'on a réclamé à l'hôtel et récupère l'un des tous petits cadeaux. Le siens est vert. Couleur de l'espoir. Je reviens vers lui rapidement, je suis surprise de le voir encore dormir.

D'habitude, il se réveille automatiquement, quand il me sent partir. Étrange. Je remonte dans le lit et pose le cadeau près de lui. Puis, je me penche et l'embrasse sur la joue.

- Mon cœur.

Il dort toujours. Profondément, c'est tellement rare. J'ai très envie de me blottir contre lui pour le coup. C'est ce que je fais. Je l'entour de mes bras et le sert contre moi. J'attends, de longues minutes. Finalement, je pense me rendormir.

Lorsque, je me réveille une deuxième fois, la situation c'est inversé. C'est Maximilien, qui me tient contre lui et qui dépose des petits baisers sur ma joue.

- Je devais te réveiller. Râlais-je.

Il rigole doucement.

- Raté !

Je boude aussitôt. Ce qui le fait rire grandement.

- Il est quelle heure ?

- Sept heures du matin. Je crois que le père Noël est passé !

Je me redresse en veillant à ne pas lui faire de mal. Mon cadeau est toujours là. Je le récupère et le lui tend.

- Joyeux Noël, Maximilien.

Il sourit comme un petit enfant. Il l'ouvre sans perdre une seconde. J'ai le cœur qui bat vite. Et fort. J'ai peur de ce qu'il va en penser. Vraiment. Il fixe le petit objet durant de longues secondes. Puis, il fronce les sourcils et relève le visage vers moi.

- Je ne comprends pas !

J'attrape du bout des doigts la balle de base-ball. Puis, je la lève pour qu'il la voie bien. Il repère tout de suite la signature. Ses yeux sont prêts à sortir de sa tête.

- Non. C'est impossible ça !

- J'ai repensé à ta demande de mariage et j'avais envie de rebondir dessus.

Je souris au jeu de mot.

- Comment tu as fait ?

- J'ai des influences dans le monde des sportifs et il s'avère que ton nom est un véritable trésor pour entrer ou je veux.

Max roule des yeux, puis récupère la balle.

- Je n'en reviens pas que tu es réussi un tel exploit.

- Je suis doué dans la négociation !

Je souris de toutes mes dents. J'avais offert pour son premier Noël, notre premier Noël, une balle de base-ball dédicacé par le joueur favori de mon homme. Ce qui vaut beaucoup aujourd'hui, puisqu'il est un des meilleurs joueurs de sa génération et surtout qu'il ne signe pas d'autographe normalement.

Mike Trout avait été adorable avec moi. Quand, j'avais appelé son agent, il m'avait tout de suite confirmé qu'un rendez-vous pouvait s'organiser. J'avais réussi à le voir entre deux rendez-vous. Il m'avait gentiment signé la balle en marquant tout de même un : « pour M. T. Stuart ». Des comme celle-ci, il ne pouvait pas y en avoir plus de une. Impossible.

- Tu sais que Mike Trout est le joueur par excellence de Ligue majeure de base-ball ?

- Oui.

- Et qu'il n'as que 24 ans.

Je hoche la tête, fière de moi.

- Ah, j'ai oublié un truc.

J'attrape la boite entre ses mains et déplie un petit papier. Puis, je le temps à Max. Il devient aussitôt fou.

- Non... pas possible !

Il rit à gorge déployé, avant de me sert fortement contre lui.

- Angela, tu es merveilleuse.

- Il t'attend pour un entraînement à cette date et cette heure précise. Donc, tu ne devras pas le faire attendre.

- Tu rigole, je vais prendre ma journée, rien que pour lui.

- Bien, il a de la chance lui. Bougonnais-je avant que mon homme me reverse sur le lit.

- Mon cœur, tu es la femme la plus douée que je connaisse.

Je ris, alors qu'il m'embrasse avec passion dans le cou. Bon... je sais déjà comment ça va terminer cette histoire. Et j'ai hâte.

*/*

La maison de mes parents semble encore bien endormie. Comme le quartier d'ailleurs. Il est à peine huit heures trente. Maximilien se gare devant la maison et coupe le moteur.

- Tu penses qu'ils dorment ? S'étonne-t-il.

- Non. Pas du tout.

Nous avons la tradition, d'être réveillé à sept heures pour être prêt à déjeuner pour 8h30 ou 9h. Tout le petit déjeuner est fait maison. On ouvre les cadeaux, juste avant manger.

Je pousse la porte d'entrée et entends tout de suite les champs de Noël. Je souris grandement et commence à chantonner. Le premier que je vois est Isaac. Comme toujours. Il ouvre grand ses bras et je me précipite pour le serrer contre moi. Isaac fredonne aussi.

- Joyeux Noël, petite fille. Dit-il avec une grosse voix de père Noël.

Ou du moins, il essaie.

- Joyeux Noël, toi aussi.

- Bon matin et joyeux Noël, Max.

Ce dernier rigole et prends mon frère dans ce bras... rapidement.

- Bon Noël à toi aussi.

Cette vision me réjouit. Mes frères apprécient Maximilien. Heureusement, car vivre sans ma famille est difficile. Encore plus à l'autre bout du pays. Mes parents sont dans la cuisine, il termine de tout préparer.

- Ah enfin... j'ai bien cru que tu ne viendras plus.

- On est là. Soufflais-je, en serrant mon père dans mes bras.

Je fais la même chose avec mon père.

On passe à table dans la joie et la bonne humeur. Ma mère reste debout. C'est toujours la dernière à prendre place. Elle se racle la gorge et je jette un œil à mes frères. Ils ont envie de rire. Et je crois bien que mon père aussi.

- C'est partie ! Soufflais-je, à max qui relève un sourcil.

- Ma chère famille. Commence ma mère. Pour Noël, nous avons besoin d'une pincée de féerie, un soupçon de bonne humeur et un grand bol de générosité...

Puis, elle tape dans ses mains et prend place à table. Max me regarde étrangement.

- C'est une tradition de son arrière-grand-mère.

- Et tu comptes perpétuer cette tradition.

- Je n'ai pas encore pris de décision. Dis-je, avec un clin d'œil.

Max ne répond pas, mais je peux voir son sourire disparaître. Et j'ai envie de rire à ses dépens.

La table est magnifiquement décorée, boule de Noël, flocons de neige et bougie... oui... même pour le petit déjeuner. Le grand sapin de Noël illumine encore la pièce. C'est une atmosphère cocooning hivernale, que nous apprécions tous. Des bougies et la cheminée qui crépite. L'ambiance est douce et chaleureuse, totalement dans l'esprit de Noël. Comme nous l'apprécions tous. Je peux voir d'ailleurs les yeux de Maximilien briller un peu plus que d'ordinaire.

En fond sonore, il y a une musique totalement dans le thème pour nous plonger dans l'ambiance. D'ailleurs Isaac et Joshua ne font que chantonner. Ils sont adorablement. J'ai réalisé plusieurs playlists spécialement conçues pour cette occasion, avec les plus beaux chants de Noël.

Jus d'orange dans une coupe à vin, Café, Pain de ménage maison, Crêpes et gaufres, œufs bénédictine, œufs au plat, Jambon, bacon, clémentines, fraises, kiwis, bananes, avocats, ananas, fromages, bretzel et chocolat de Noël. Y a aussi des Kinder ce que je préfère.

- Tient, Angie.

Isaac me lance un père Noël en chocolat et je me dépêche de l'ouvrir. C'est du Milka. Trop bon.

- Pire qu'une enfant ! Marmonne, Max à mes côtés.

- C'est Noël. Chantonnais-je, radieuse.

Mon homme s'amuse de moi. Et j'aime ça.

- C'est du chocolat chaud à la menthe ? Risquais-je, en pointant le récipient devant moi.

- Tu connais déjà la réponse ma puce !

Mon père attrape le récipient et me sert aussitôt une tasse. Ça sent terriblement bon.

- Maximilien ?

- Avec plaisir, monsieur.

Mon père ne fait pas de commentaire et lui en sert aussi une tasse.

- Si tu n'aimes pas, ce n'est pas grave. Maman fait toujours dans l'excès et on peut faire un simple chocolat.

- Je veux goûter !

Je soulève les épaules et me réinstalle confortablement dans mon siège pour savourer. Ma mère aime pimenter un simple petite déjeuner avec du sirop de menthe mélangé au bon vieux classique chocolat chaud. Mon père est tombé amoureuse d'elle grâce à cette boisson. Pour la touche parfumée, elle ajoute en finitions une tige de menthe dans le verre. Et des guimauves évidement. Un délice. Et je suis heureuse de le partager avec Max pour ce premier Noël ensemble !

*/*

L'ouverture des cadeaux. C'est un moment spécial. Tous regroupés dans le salon avec le sapin en visuelle. Ma mère et mon père sont les premiers à faire leurs distributions. On ouvre nos cadeaux en même temps. Prit dans l'euphorie. Je suis contente de découvrir mon cadeau : un livre photo de famille.

- Oh !

Je suis surprise, je m'attendais pas à un objet aussi personnel. Je me dépêche de tourner les pages. C'est album de famille depuis notre naissance. D'ailleurs, il y a des photos de mes frères bébés. Et aussi de mes années primaires, collèges, lycée, université jusqu'à arriver à leur venu à New-York. D'accord, le livre est assez volumineux.

- Je... merci beaucoup.

- C'est pour avoir un peu de nous avec toi. Souffle mon père, ému lui aussi.

Je me tourne vers Max toute souriante. Il a entre ses mains, un cadre photos numérique. Il y a des photos de Max et moi qui défile ainsi que des photos de sa famille et de la mienne quand ils nous ont rendu visite la dernière fois.

- Vous faites partie de la famille maintenant. Murmure mal à l'aise ma mère.

- Je suis honoré, madame.

Ma mère sourit grandement.

Au final, l'ouverture des cadeaux prends un temps fous. Maximilien est le dernier à nous offrir ses cadeaux. Et je crains le pire. Cet homme fait toujours tout dans l'excès. Max viens d'offrir à mon père, un abonnement mensuel à une box de vin. Chaque mois, il recevra 1 ou plusieurs bouteilles sélectionnées par un sommelier, avec des conseils de dégustation. C'est un cadeau parfait pour mon père qui adore le vin rouge particulièrement.

Pour ma mère, il a opté pour un bracelet en or blanc incrusté de diamant. Il est fin et discret. Comme ma mère. Elle ne fait que regarder son poignet depuis qu'elle l'a mis. Maximilien a également offert un stage de conduire de porche à mes frères, mais pas seulement. Isaac a eu droit en plus à une montre très habillé et luxueuse. Je n'ose pas lui demander le prix pour cet objet. Et de toute façon, il me dira qu'il a les moyens

Joshua à une tenue complète du parfait gentleman. Pantalon à pince, chemise, chaussettes, chaussures. La totale. Et même le foulard à mettre autour du cou. En clair, il vent de transformer mon frère en style hipster. Il ne manque plus que la barbe. Et le pire, c'est que Max est allé voir la concurrence. Ce sont des vêtements signé, Hugo Boss. Rien que ça !

- Il ne reste plus que toi.

Max se lève et va chercher un carton derrière le sapin de Noël. Malgré leur cadeau, tous attendent de me voir offrir le mien. Le connaissant, je ne vais pas être déçu.

- Bien.

Je souffle un grand coup et ouvre la boite. Cette dernière est rectangulaire et un peu haute. Je suis impatiente. Je retire le papier cadeau et ouvre le couvercle. Je suis bouche bée d'y trouvé ma robe de mariée.

- Elle a été réalisée sur mesure par nos stylistes.

Je ne sais pas quoi dire.

- J'ai dessiné le modèle et choisi le tissu. Tu m'as beaucoup inspirée. Tu as évidement le choix final, Angela.

Les larmes me viennent aux yeux. Et j'en laisse échapper quelques-unes. Je me lève et sort la robe du paquet. Elle est longue. Comme j'aime.

- Je n'ai pas fait faire de traîne, mais si tu en veux une...

- on ne touche à rien ! Elle est exactement parfaite. Personne ne touche à cette robe.

Max sourit et lâche un soupir de soulagement. Je la pose devant moi de peur de la toucher réellement. Ma mère se lève et passe une main sur le tissu.

- Elle est magnifique, ma chérie.

Je lui souris avec les yeux pleins de larmes. Ma robe est blanche, avec de la dentelle et du tissus comme de la soie. Le travail et les détails sont extrêmement fins et délicat.

- Donne, tu risques de verser des larmes dessus !

Je lui donne ma robe et elle la pose dans le carton. Soigneusement.

- Ce n'est pas fini.

Je me tourne vers Max, surprit.

- Nous avons une date.

Mes yeux s'ouvrent en grand.

- une date ?

- Oui. Rigole-t-il suivi de mes frères. Je voulais t'en faire la surprise, mais j'ai envie de partager ça avec ta famille.

Ce type est parfait. Carrément parfait.

- Nous allons nous marier le 14 février 2015.

- pour la saint valentin ? M'écriais-je joyeuse.

- Oui.

Je pousse des petits cris de joies, tout en sautant de partout. Je fini par me précipiter vers Max. Il me réceptionne sans difficulté.

- Je t'aime.

- Moi aussi.

Et je l'embrasse comme si c'était la dernière chose à faire sur cette terre.

Point de vue : Maximilian T. Stuart.

J'aurai mieux fait de me casser une jambe ce matin. Depuis qu'Angela est au courant pour la date du mariage, elle ne parle que de ça. Mais, vraiment. Madame, midi, soir... et entre deux rendez-vous. Quand, je ne suis pas disponible... elle le fait par mail. Elle a plusieurs questions, c'est normal et logique. Même très compréhensible. Mais, je n'ai pas envie de parler de ça, non-stop. Du coup, j'ai même arrêté de lui répondre. Et nous sommes revenus que depuis deux jours.

- Max ?

Et le retour d'Angela… Je ne relève pas le visage de mon ordinateur. Je suis sur un dossier sensible.

- Max ?

- Je t'écoute ! Dis-je, rapidement.

- Est-ce que les napperons seront rose pâle ou vif ?

- Tout est indiqué dans le dossier que je t'ai donné. Si tu as des questions pose-les à l'organisatrice.

- Mais, c'est toi qui as choisi. Rouspète-t-elle.

J'arrête de taper sur mon clavier et relie ma phrase mentalement. La colère monte en moins de cinq secondes.

- Je viens d'écrire, napperon rose sur un mail destiné à notre collaborateur à Malte. Est-ce que tu te rends compte, Angela ?

Elle se mort la lèvre inférieur.

- Pose tes questions à l'organisatrice du mariage. Ou regarde dans le dossier. Je ne peux pas m'occuper de ça. Je suis désolé.

Je la vois lever les épaules et sortir du bureau. Je souffle à mon tour et surprime de mon mail, la dernière phrase. Bon dieu, il reste encore combien de temps avant le mariage ? Je n'ai jamais vu Angela dans un tel état d'excitation. Elle en devient même irritante. Ou alors, c'est moi qui ne suis pas patient ?

Point de vue : Angela Weber.

Cela fait une semaine que nous sommes revenu de France. Maximilien est de plus en plus tendu et surtout distant. Il rentre tard. Plus tard que moi, du moins. Il est évasif. Sauf, quand on parle boulot. J'ai complètement arrêté de lui parler du mariage. Et des fois, c'est la fête à la française... mais, pas comme je le voudrais. Et le pire, c'est que depuis notre retour, nous avons fait l'amour qu'une fois. Une seule putain de fois. En temps normal c'est une fois minimum par jour.

Quelques choses ne va pas avec Maximilien et je dois me confronter à lui. J'ai besoin de savoir la raison de sa prise de distance. Cette situation est en train de me tuer à petit feu.

Il est dix-neuf heures. Je sors de mon bureau habillé et sac en main. Je me dirige tranquillement jusqu'à celui de Max. il n'y a que Nicholas.

- Tu rentres ? Questionne-t-il, doucement.

- Oui. Max est là ?

- Nop. Il est partie.

Mon cœur rate un battement.

- Où ?

Nicholas soulève les épaules.

- Il a parlé d'un rendez-vous... personnel !

Mon ami sait qu'il marche sur des œufs.

- Il est partie depuis longtemps ?

- Presque une heure !

Putain, c'est de pire en pire.

- OK. Merci. A demain, Nicholas.

- A demain, patronne.

Malheureusement, je n'ai pas envie de rire ce soir.

Point de vue : Maximilien T. Stuart.

Mon ami me tient compagnie depuis presque trois heures. Il a écoutait chacun de mes mots avec une attention particulière.

- Tu l'aime bien toi ?

- Angela ? s'étrangle-t-il.

Je hoche la tête, tandis qu'il fronce les sourcils.

- Bien sûr ! Tu le sais !

- Tout le monde aime, Angela. Scandais-je, un peu trop fort.

Nico Erik Rosberg, pose une main ferme sur mon épaule. Il me fixe durement.

- Mec, tu es mon meilleur pote. Je t'écoute te plaindre depuis trois heures, sur des putains de détails. Qu'est-ce qui se passe réellement ?

- Je me perds. Dis-je vidant mon verre, pour la troisième fois au moins. Et avec ce mariage... j'ai l'impression de ne plus savoir réellement ce que je veux. Et qui je suis...

Je repousse mon verre de whisky. Je dois arrêter de boire. C'est important. Sinon, je ne pourrai pas conduire.

- Mon problème ? repris-je.

- Oui. Ton problème.

J'attrape mon téléphone sur la table et le lui montre. Il peut clairement voir les trois appels manqué d'Angela et les six texto reçu.

- Elle s'inquiète pour toi. Elle ne sait même pas ou tu es ! Me souffle, Nico.

- De quel côté tu es ? m'irritais-je.

- Aucun côté mec. Encore moins, quand tu dis ou fait n'importe quoi. Angela t'aime... et bon dieu, tu l'aime à mourir.

- Et, si je me trompais ?

- Tu nous fais quoi, là ? Une crise de la quarantaine ?

Je lui envoie un regard noir. Et, il lève les mains en l'air, avec une putain de sourire sur le visage.

Point de vue : Angela Weber.

L'ascenseur s'ouvre. J'ai décidé de jouer les indifférentes. Ça lui fera les pieds un peu. Je suis surprise de voir apparaître, Nico Erik Rosberg, avec Maximilien.

- J'aurai dû m'en douter ! Sifflais-je, amèrement.

Les deux hommes me fixent sans bouger. Ni parler.

- Oui. Bonsoir à vous aussi !

Je me lève du divan furieuse et quitte le salon. D'un pas rapide, je m'enfuis dans ma chambre. Manque de bol, Max me suit. Il est à la traîne.

- Tu as bu ! réalisais-je. Et pas qu'un peu.

- Oui. Et ça fait un bien fou.

Je le regarde vide et m'installe sur le lit. Il retire sa veste et la jette au sol. Ce n'est pas Max ça. Mon Maximilien est trop soigneux pour faire un geste tel que celui-ci.

- J'ai passé la soirée avec mon ami et c'était trop bien. M'informe-t-il.

- Je vois ça. Tu es complètement saoul.

- Non. Je n'ai bu que trois verres.

Sauf, qu'il me montre sa main avec quatre doigts levés.

- Sûrement trois de trop. Sifflais-je, alors qu'il retire son pantalon.

J'ai envie de l'aider. Mais, j'ai surtout envie de lui montrer ma colère. Je suis frustré depuis notre retour en France et lui... il s'en contre fiche. Clairement, vu la soirée que je viens de passer.

- Je me suis inquiété. Je t'ai envoyé plusieurs messages.

- Je sais.

Mon cœur se sert.

- Et tu n'as pas voulu m'a rassurer ? Risquais-je.

- Je n'ai pas pensée. Je m'amuser avec mon copain.

Il parle comme un adolescent. Je n'arrive pas à le comprendre en ce moment.

- Ouais... je vois ça ! Depuis, quand le grand et puissant Nico Erik Rosberg est en ville ?

Max rigole, mais ne répond pas à ma question.

- Tu es jalouse !

Putain, c'est de pire en pire. J'attrape mon cousin et le lui jette dessus. Il est trop mal au point pour esquiver et se le prends en pleine figure.

- Sort d'ici. Je ne veux pas de toi ce soir.

Il est surprit. Longtemps. Il ne bouge pas et tient le cousin d'une main. De l'autre, il essaie de rester debout.

- Tu veux que je parte ?

Sa voix n'est qu'un murmure.

- Oui. Va dormir dans une de tes superbes chambres d'amis. Tant que tu ne me diras pas ce qu'il se passe... tu pourras y rester.

Ma voix n'est qu'un sanglot. J'ai l'impression qu'il va venir me réconforter, mais il semble changer d'avis. Lentement, presque en reculant, Max sort. Et je me retrouve comme une conne dans SA chambre à pleurer. Toute la nuit.

*/*

Aux premières lueurs du soleil, je saute du lit et vais prendre une bonne douche revivifiante. Une fois habillée d'une robe noire et de mes fidèles talons aiguilles de Christian Louboutin, je vais à la cuisine. Je ne m'attendais pas à voir Maximilien déjà prêt et en pleine discutions téléphonique.

Il me suit du regard, lorsque je vais au frigo. J'en sors le jus de fruits, fraîchement pressé et attrape un verre. Je me sers tranquillement et le remet au frigo. Max continue à me regarder. Je bois mon verre stressé et sous son œil attentif. Puis, je passe le verre sous l'eau, avant de le poser dans l'évier.

Je quitte la cuisine, pour le hall. Je prends une des clés et sans perdre une seconde, mon sac à main et mon sac.

- Bonne journée, monsieur Stuart. Murmurais-je, alors que l'ascenseur se ferme... sur le vide.

Je prends le 4x4 et roule très prudemment jusqu'à l'entreprise. Je me gare à la place de Max. il se démerdera pour en trouver une autre. Puis, monte à mon bureau. Je m'enferme pour travailler durement et fièrement toute la journée. J'ai juste prit dix minutes entre midi et deux pour manger une salade que Nicolas est partie me chercher. Bien sûr, ce dernier m'a questionné tout le long... et je n'ai pas ouvert la bouche. Je n'ai pratiquement pas parlé de la journée pour dire vrai.

Maximilien n'est pas venu me voir. Et moi non plus. C'est une grande première. Je ne comprends vraiment rien… mais, j'ai comme l'impression de le perdre. Ce qui me brise le cœur.

*/*

Avant de partir, je passe par la case « Nicholas ». Il n'est pas là. Mais, je trouve le bureau de Max fermé et miss Chelsea qui me regarde étrangement.

- Je peux aider ?

- J'ai ses documents à faire relire à Maximilien. Pour signature finale.

Elle hoche la tête, se lève de son bureau et va frapper à sa porte. Elle y entre sur la pointe des pieds.

- Angela est là. Elle veut vous faire signer des documents.

- Elle n'a pas besoin de demander l'autorisation !

Je grimace légèrement. Il n'a pas l'air prêt à me parler... mais, je vais quand même prendre le risque. Chelsea penaude me fait signe d'y aller. Et j'essaie de ne pas partir en courant. Je souffle un grand coup, puis entre dans le bureau. Maximilien m'attends. Il semble impérial dans son fauteuil de président derrière son bureau. Il a les mains à plat, de part et d'autre de son ordinateur portable. Il me regarde. M'analyse. Et comme une imbécile, je me laisse faire.

- J'ai des documents à te faire relire pour signature finale. Dis-je très simplement.

J'essaie de ne pas y mettre trop d'émotion. C'est très difficile.

- Tu n'es pas venu aujourd'hui.

Je ne réponds pas et avance jusqu'à lui. Je fais glisser les documents devant lui.

- Pourquoi ? souffle-t-il.

- Tu n'es pas venu non plus ! Dis-je avec un peu trop de froideur. Ça revient au même.

Max continue à me regarder. Finalement, il pose les yeux sur les papiers devant lui et je me dégonfle comme un ballon. Je dois lui demander. J'en ai besoin.

- Que se passe-t-il, Max? Risquais-je. J'ai besoin de savoir ce qui se passe ? Et pourquoi tu es si différent depuis notre retour ?

Le silence me répond. J'ai mal au cœur. J'ai mal au corps. Il fait semblant de lire. Je suis prête à faire demi-tour à partir, quand il me balance, ce que je redouter par-dessus tout.

- Je ne sais pas Angela. Je pense que nous sommes allés trop vite.

Mon cœur se brise littéralement en mille morceaux. Je suis planté devant lui. J'ai un peu plus de mal à respirer et je crois bien être blanche.

- Trop vite ? Chuchotais-je.

- Je ne sais pas où j'en suis.

Coup de poignard en plein cœur.

- Tu veux dire entre nous ? Tu ne sais pas quoi faire de notre relation ?

Il me regarde sans rien ajouter. Lentement, je m'installe sur le fauteuil. Je ne fais pas la fière. Je me sens ridicule en face de lui. Faible. Je déteste ça.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Pour que tu penses ça ?

- Aucune idée. C'est juste que depuis quelques temps... j'y pense !

- Mais, tu m'as demandé de t'épouser ? Risquais-je, en fronçant les sourcils.

- Je sais. Murmure-t-il penaud.

- Et tu dis m'aimer ?

- C'est le cas. Du moins, je crois !

Mon cœur vient de partir en fumer.

- Tu n'es pas sur de m'aimer ?

Max fuit mon regard.

- Pourquoi m'avoir fait revenir à New-York ? Tu aurais dû me laisser travailler en France. Pour Dior.

Je parle plus fortement. Je suis en colère. Conter lui. Mais surtout contre moi. Je me suis fait avoir. Et j'ai rien vu du tout.

- On allait avoir un enfant ? Et si j'étais enceinte ? Tu m'auras quitté ?

- Je ne sais pas quoi te dire !

- Est-ce que le fait que je n'arrive pas à tomber enceinte...

- Non. Me coupe-t-il. Ne finit pas ta phrase !

Il semble en colère. Bien. Nous sommes deux à l'être. Mais, je suis trop triste pour l'être devant lui.

- Tu veux qu'on se sépare ?

Ma voix n'est qu'un murmure.

- J'ai besoin de temps, Angela. De temps pour savoir ce que je veux réellement.

Du temps ? Il me demande de lui laisser du temps. Et surtout de l'espace. Maximilien Taylor Stuart, l'homme que j'aime, l'homme qui partage ma vie et qui a fait de moi la femme la plus heureuse : veut du temps et de l'espace. Il ne sait pas s'il m'aime... je crois que c'est ce qui me fait le plus de mal dans cette histoire.

- D'accord.

Je me lève doucement. Je me sens un peu chancelante. Je n'ai pas dormi hier, j'ai fait que pleurer et j'ai très peu mangé aujourd'hui.

- Tu pourras déposer ses documents à mon bureau ou donne les a Nicholas.

- Angie...

Je ne me retourne pas. Et l'entendre m'appeler par mon surnom me retourne l'estomac. Je sors du bureau le plus rapidement possible. Chelsea me regarde avec tristesse. Comme si elle était au courant. Pour le moment, je veux juste noyer mon chagrin et je sais exactement ou je vais me rendre.

Point de vue : Maximilien T. Stuart.

Je ne sais pas ce qui m'arrive. Je crois que je viens de faire une énorme connerie. Mon cerveau me dit de lui courir après. Que je risque de la perdre pour toujours. Et d'un côté, il me dit aussi de la laisser respirer. Car, j'ai aussi besoin de respirer. De faire le point. Ma vie est un torrent de questions. Et, j'ai l'impression de me noyer. Il me faut reprendre mon souffle avant toute chose. Angela me le pardonnera. J'en suis sûr !

Point de vue : Angela Weber.

Je suis dans ce stupide bar depuis une heure. Aucun appel en absence.

- Arrête de regarder ton téléphone. Marmonne Brenda Linckle.

Ma seule et meilleure amie à New-York. A force de me dévouer corps et âme à Maximilien (stupide et cruel) Stuart, je n'ai pas eu l'occasion de me lier d'amitiés avec d'autres personnes. C'est triste et nul.

- Il ne sait pas où je suis et il s'en fiche. Râlais-je.

D'accord, j'ai peut-être bu un peu trop de vin chaud. Mais, pour ma défense, Brenda a dit qu'elle me raccompagner chez moi. Et que je pouvais... décompresser. Les françaises, décompresse de cette façon. Bon d'accord, je décompresse de cette façon. Et vu que je bois rarement de l'alcool. Je me fais... plaisir.

- Il doit réfléchir et toi aussi !

- Réfléchir à quoi? A ma vie sans lui ? C'est trop dur !

J'attrape mon verre et le fini. D'un coup. Brenda semble ne plus savoir comment faire avec moi.

- Je sais. Mais, tu es forte. Et certainement pas dépendante d'un mec. Souffle-t-elle, en récupérant mon verre pour l'éloigner de moi.

- Je l'aime. Pleurnichais-je.

- Je sais.

- Tu es une bonne amie. Dis-je, avec un grand sourire.

- Et tu es complètement saoul.

Je rigole devant son air d'une maman ours, qui protège son petit. Brenda fini par me ramener chez Max. En réalité, elle me dépose directement en bas de l'immeuble et c'est le gardien lui-même qui m'aide à rejoindre l'ascenseur. Le ridicule ne tue pas... heureusement.

Une fois à l'appartement, je me rends compte que ce dernier est tristement vide. Et silencieux. Max n'est pas là. Il n'est pas rentré. Cette révélation m'assomme. C'est le coup de grâce. Max n'est pas rentré dormir. Je n'ai eu aucun message. Cette nuit-là... j'ai pleuré... toutes les larmes de mon cœur meurtri. Dans notre lit : Vide !

Point de vue : Maximilien T. Stuart.

Je suis rentrée au petit matin. Pour prendre une douche et pour me changer. J'ai vu Angela allongé dans le lit. Elle semblait meurtrie. Triste. Et fatigué. Je m'en veux. Je ne veux pas lui faire de mal. Mais, j'ai besoin de réfléchir à moi et à mes désirs.

Depuis ses deux dernières années, Angela est mon centre du monde. Et depuis quelques temps, j'ai la sensation qu'elle était tout pour moi. Mon point central. Ça m'a fait un drôle d'effet. D'accord, j'ai certainement eu peur. Mais, ça ma tourmenter des jours entiers. Jusqu'à notre conversation de hier soir.

La voir partir, sans moi, ma fait une sensation étrange. Comme un saut d'eau glacé. J'avais eu envie de lui courir après, cependant je n'ai pas bougé. Je suis ridicule et idiot. J'ai peur de ce que vont penser les gens. Ma famille surtout. Ma mère va me passer un savon exceptionnel et Charles va vouloir un dîner pour discuter. Poppy sera la plus difficile à calmer. Elle aime Angela comme une sœur. Putain, ma vie ne va pas s'arranger tout de suite. Surtout, si je décide de quitter Angela.

J'ai aussitôt un pincement au cœur. Quitter Angela ? D'où me vient cette idée ? J'aime Angie. Depuis le premier jour où je l'ai vu. Et les semaines, les mois, passé loin d'elle m'ont révéler certaines choses importante. Alors, pourquoi aujourd'hui, je ressens ce besoin de m'éloigner d'elle ?

En colère contre moi, je quitte la chambre sans prendre mes affaires. Tant pis, j'aurais les même vêtements. Et peut-être que j'irai faire du shopping entre deux rendez-vous.

Point de vue : Angela Weber.

J'arrive au bureau avec un faux sourire sur le visage. Il y a beaucoup de monde. J'ai mal à la tête et j'ai encore du mal à garder les yeux ouverts. Ma cuite de hier soir, ma fait un bien fou... mais, aujourd'hui je regrette. Je ne suis pas à 100% de ma forme et j'ai une téléconférence avec la France dans une demi-heure.

Avant d'aller à mon bureau, je vais chercher un café. Nicholas est déjà là. Il m'offre un splendide sourire que j'ignore.

- Houlala, tu n'as pas bien dormi toi.

- J'ai pris une cuite hier. J'ai mal à la tête.

- Tu as bu de l'alcool ? S'étrangle Nicholas.

Je ne réponds pas et prend la tasse de café dans ses mains.

- Merci pour le café !

- C'est ma tasse, Angie.

Je ballais l'information d'un mouvement de main et me dirige vers mon bureau. A ma grande surprise, Maximilien et Chelsea sont dans mon bureau. Je souffle un grand coup et entre. Ils se tournent vers moi... impatient.

- Bonjour !

Sa voix. Elle est tellement torride. Comment il fait ? Il a du bien dormir lui. C'est certain !

- Vous avez dix minutes de mon temps. J'ai une téléconférence avec la France dans 20 minutes et je dois me préparer.

Ma voix par contre semble fragile. Le fait d'avoir pleuré toute la nuit à rendu ma voix... fébrile. Je peux voir Chelsea fronçait les sourcils.

- Tu as une petite mine. Marmonne Max en français.

- Alors ? Vous voulez quoi ? Repris-je, en anglais.

Max ferme les yeux et soupire. Chelsea prend les devants.

- L'équipe de Christian Dior me harcèle au téléphone, depuis une bonne heure. Ils veulent une réponse pour le marketing.

- En clair, ils veulent savoir si tu as pris ta décision ! Reprend Max, doucement.

- Je n'ai pas encore choisi. Vous pouvez le leur dire. Et s'ils ne sont pas contents, ils peuvent trouver quelqu'un d'autre.

- On a besoin de ce point stratégique, Angela !

- Qui ? Eux ou toi ?

Max me regarde étonné. Je fixe durement Chelsea.

- Répéter mes mots... comprit ?

- Oui, madame.

- Madame Weber ! La repris-je, avant de lui faire signe de partir.

Maximilien me regarde une seconde ou deux intrigués. Puis, mon téléphone se met à sonner. Je l'attrape et soupire.

- Mon rendez-vous avec la France. Ferme la porte derrière toi.

- Tu es obligé d'être ainsi ?

- Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit, car je m'inquiéter pour un homme qui ne m'aime pas. Deux nuits en deux jours. Sort !

- Je n'ai pas dit « ne pas t'aimer ». S'étrangle-t-il.

- C'est du pareille au même.

Mon téléphone continue à sonner. Avant qu'il puisse ouvrir la bouche, je décroche.

- Angela Weber, bonjour.

Max tourne les talons furieux. Sans fermer ma putain de porte.