Chapitre 28

Point de vue : Angela Weber.

Tout le monde est sur le pied de guerre. La Fashion Week Haute Couture de New-York est dans une semaine. Tout le monde court de partout. Cette année, c'est différent pour moi. Je suis du côté d'une marque qui défile. Une grande première. J'ai encore plus de travail. Et j'ai plein de chose en tête. Pour couronner le tout, ce soir commence mon premier repas avec Maximilien. Celui que je lui « dois » pour le contrat signer avec Shay, Nina et Justin.

Mais, avant je dois me sortir de cette affaire de : « Qui porte la robe Princesse du défilé ? », « Qui passe en première », « Qui défilera en dernier avec le créateur »... autant de questions sans réponse. Pour le moment du moins. J'aurai aimé géré toutes ses choses de moi-même. Hors, mon patron a été clair... je le suis, simplement. Avec Maximilien, je dirigeais. Ici, je suis. Et j'ai pas encore trouvé ma place. Ça me frustre beaucoup.

Je suis dans un coin de l'atelier couture et j'analyse tout de loin. Assisse sur un tabouret, mes dossiers contre mon torse, je regarde autour de moi. Des fois, je laisse même un bâillement sortir. Karine et notre patron, Emiliano, sont en vive discutions avec le chef de l'atelier couture. Et surtout, ils sont en attente du grand maître : Karl Lagerfeld !

- Tu veux un café ?

Un homme d'une trentaine d'année, me tend une tasse. Elle fume grandement.

- Merci. C'est gentil.

- Tu avais l'air d'en avoir besoin et tu risques de te décrocher la mâchoire si tu continues à bailler aussi grand.

Je rougie presque, en récupérant la tasse. L'homme me sourit doucement et prends place sur le bureau juste à mes côtés. Je n'avais alors ? Pas fait très attention à lui depuis le début. L'homme est grand. Vraiment très grand. Peut-être dans les un mètre quatre-vingt-dix. Il est blond avec des cheveux courts. Il a aussi des tatouages visibles sur ses bras, ses mains et son cou. Ça lui donne un style rebelle. J'aime assez. Il porte une chemise blanche manche longue et bien taillé, pas de t-shirt visible en dessous. Un jean bleu foncé, presque sortie d'usine. Pas de piercing, pourtant je m'attendais à en trouver un... visible.

- Tu es styliste ? Me renseignais-je.

- Plutôt costumier. Je confectionne des costumes pour différents clients qui font appel à notre marque.

Sa voix est vraiment très virile. Très dur et rauque. Elle ne va pas vraiment avec son visage blondinet, mais beaucoup plus avec ses tatouages.

- Du genre ? Risquais-je.

- Présentateurs, acteurs, comédiens, danseurs, chanteurs, mannequins… la liste peut-être longue. S'amuse-t-il, en récupérant un stylo et une feuille ou plusieurs croquis l'entremêlent.

Pour le coup, je suis impressionner et aussi curieuse de son métier.

- Tu ne travail donc pas sur la collection pour Fashion Week ?

La jeune femme qui est devant moi se retourne et nous fixe étrangement. Je l'ignore. Je sais qu'elle est en train d'écouter. Personnellement, je n'ai rien à cacher. Je prends des renseignements. C'est mon travail. Et puis, j'ai besoin d'en savoir un peu plus sur le fonctionnement de l'entreprise pour qui je travail. L'homme à mes côtés ne se formalise pas de la présence de la jeune femme. Tant mieux.

- J'aide, car on travaille toujours dans l'urgence pour ce genre d'événement, mais ce n'est pas mon projet principal.

- Oui, je comprends. Tu travail sur quoi à l'heure actuelle ?

- Secret défense ! S'amuse-t-il, en m'administrant un clin d'œil.

Je souris doucement. Il est plutôt sympa ce type. La jeune femme se lève de son siège et va rejoindre rapidement une autre femme (un peu plus âgés) que deux tables de travail de nous. Intéressant.

- Donc, tu confectionne des vêtements qui correspondent au mieux au mode d'expression comme théâtre, danse, opéra et le cinéma ?

L'homme me regarde vraiment bizarrement pour le coup.

- Oui. Tu as tout compris !

- Et quel sont les périodes que tu travail ?

- C'est très varié. Ça peut-être du moyen-âge, de la renaissance, de l'époque contemporaine ou du classique et basique. M'explique-t-il d'une voix posé et calme.

- Ton travail te plaît ?

- Oui. Beaucoup.

Ça se voit. Il a l'air passionné par ce qu'il fait. Par ce qu'il dit.

- Comment sais-tu ce qu'il faut faire pour les costumes du moyen-âge ? Continuais-je dans mon infiltration des métiers de Dior, avant de boire une petite gorgée de mon café.

L'homme sourit et récupère lui aussi sa tasse pour en boire.

- J'effectue de nombreuses recherches documentaires, historiques et iconographiques. A force, je connais les méthodes de coupe historique et les adaptations modernes.

- Tu connais tout par cœur ? M'amusais-je.

- Oui. Rigole-t-il.

Je peux voir à ce moment les deux femmes chuchoter. Clairement, elles parlent de nous. J'ai très envie de les remettre en place. Et je crois que c'est ce que je vais faire... mais, c'était sans compter sur mon chef Emiliano.

- Mademoiselle Weber, tout ce passe bien ?

Je souris de toutes mes dents et hoche la tête.

- Super. On peut remonter ?

Mon patron fronce les sourcils.

- J'ai beaucoup à faire dans mon bureau... et entre nous, je n'ai pas vraiment ma place ici.

- Vous ne savez pas pourquoi je vous ai fait venir ? S'amuse-t-il alors.

Ce qui m'inquiète.

- Tu es demandé par le créateur. Il dit que tu es une inspiration pour lui. Tu es envoyé dans l'atelier jusqu'à la Fashion Week !

J'ai mes yeux grands ouvert et la mâchoire qui me tombe.

- Tu plaisante j'espère ?!

- Pas le moins du monde. Prend un bureau libre. Travail. Et aide le grand Karl Lagerfeld à trouver l'inspiration.

Il se fou de ma gueule ! Vu le regard désolé de Karine, sa secrétaire et celui complètement surprit des autres personnes de l'atelier, je n'ai pas l'impression que ça soit une blague. D'ailleurs les chuchotements y vont bon train.

- Je ne peux pas rester ici. J'ai un bureau ! Me scandalisais-je.

- Je suis le patron. Si je te demande de rester travailler dans l'atelier, tu le fait.

Il sourit le con en plus.

- Ok. J'ai compris...

Je me lève de ma chaise et pose mes dossiers sur le bureau du blond. J'ai la tête prête à exploser et j'essaie de tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de reprendre la parole.

- C'est ma leçon ou punition, pour avoir fait qu'à ma tête pour le contrat de Shay, Nina et Justin ? Dis-je le plus calmement possible.

- Tu comprends vite !

- Mais, tu devais avoir que Shay et j'ai eu Nina et Justin... ça devrait largement compenser.

J'essaie de me sortir de cette histoire... mais, j'ai l'impression de m'y enfoncer un peu plus.

- C'est pour les prochaines fois où ton petit copain voudrait interférer. Je sais qu'il n'aime pas te voir traîner autour des créateurs.

Au bordel de merde, Maximilien va être fou de rage.

*/*

Je suis assise sur mon tabouret qui n'a pas de dossier en plus, depuis deux heures. J'ai essayé de travailler. J'ai bien dit essayé. Les gens autour de moi, presque une trentaine dans ce grand entrepôt me regarde d'un drôle d'œil et chuchote entre eux. J'ai besoin de passer des appels professionnel. Sauf, qu'il est hors de question de le faire d'ici. C'est du secret professionnel. Ce que Emiliano semble avoir oublié.

Mon téléphone portable posé devant moi, je résiste à la tentation d'envoyer un message à Maximilien. Je ne peux pas courir vers lui, dès que j'ai un souci. Ça lui fera trop plaisir. Et je dois prouver aussi à mon nouveau patron que Max, ne gère pas ma vie et ne s'infiltre pas de partout. En clair, je vais devoir compter que sur moi-même. Encore plus qu'avant du moins.

Cependant, penser à Maximilien m'aide plus que j'aurai imaginé. Dans ma position qu'aurait-il fait ? Comment aurait-il réagit ? J'ai très vite les réponses à mes questions ! Le grand Maximilien Taylor Stuart sait quand se taire. Et c'est quand réagir. Je ne dois pas être comme cette femme qui parle trop fort au restaurant ou pendant une fête. Mieux vaut se taire et que les gens vous croient idiot plutôt que de l'ouvrir et confirmer leurs soupçons. Hors, tout le monde pense à l'heure actuelle que je suis ami ou une connaissance du créateur Karl Lagerfeld. Ce qui n'est absolument pas le cas.

L'année dernière pour la Fashion Week Haute Couture de New-York, je suis allez a son défilé. C'était Dior Homme automne/hiver. Absolument fascinant. Il y avait aussi beaucoup de personnalités, comme : Lewis Hamilton, Iggy Azalea, Kendall Jenner, Monica Bellucci, Gwyneth Paltrow, Cara Delevingne, Diane Kruger, Rita Ora, Gigi Hadid, Uma Thurman et Kate Bosworth. Par contre, je n'ai jamais pu voir ou rencontrer Karl Lagerfeld. Pourtant, j'aurai très bien pu le faire en passant par un mannequin français très proche du créateur: Baptiste Giabiconi.

- Qu'est-ce que tu fais ?

L'homme blond avec ses tatouages regarde par-dessus mon épaule.

- Je fais passer le temps.

- Tu n'as pas de travail ?

Je ne réponds pas à sa question et me redresse, tout en croissant les bras sur ma poitrine.

- C'est quoi ton nom déjà ?

- Je ne l'ai pas dit ! Souffle-t-il, avec un sourire immense sur le visage.

J'arque aussitôt un sourcil.

- Alors ? Pourquoi le grand patron t'a puni ?

Je suis prête à le remettre en place, quand de l'agitation se fait sentir tout autour de nous. J'ai au début un peu peur de voir débarquer Maximilien, mais c'est bien pire qui arrive. Mon cœur bat vite et très fort. L'homme passe au milieu de tout le monde. Il est entouré de trois hommes. Ils ont tous un imper noir. Totalement cliché. L'homme qui me donne des frissons, marche droit devant lui et surtout... ne regarde personne. Ils vont jusqu'au fond de l'atelier et passent proche de moi... sans me voir heureusement. Puis, ils disparaissent dans un bureau.

Pour le coup, j'ai beaucoup de mal à respirer. Énormément même. J'attrape mon téléphone portable et me lève de ma chaise. Manque de bol, le blond est toujours là.

- Tu es blanche comme neige. Dit-il sans prendre de pincette. Tout va bien ?

- Bouge de mon chemin !

Il le fait, estomaqué. Je tremble. Je ne sais pas pourquoi cet homme me fait si peur. Je sors de l'entrepôt en marchant vite... très vite. Évidemment, les gens me regardent. Mais, je m'en contre fiche. J'ai besoin de lui parler. J'ai résisté jusqu'à là... mais, cette fois je ne peux pas faire comme si tout était normal. Vraiment pas.

Je compose de mémoire le numéro de Maximilien. Il répond au bout de trois sonneries. Je suis dans le couloir. Devant la grande porte menant à l'atelier.

- Angela ?

- Ton père est là.

Je n'ai pas pris de gant. Et je m'en veux un quart de seconde. Après, je me rassure en disant que Max trouvera une solution.

- Que veux-tu dire par « mon père est là » ? grogne-t-il durement.

- Max, soupirais-je la gorge nouée, ton père est dans l'atelier de Dior !

Par la suite, je n'entends plus rien. Absolument plus rien.

- Max ?

Merde. Il vient de raccroché. J'essaie immédiatement de le rappeler sans résultat. Une femme sort de l'atelier. C'est la petite jeune qui était devant le blond. Elle me regarde de haut et continue son chemin. Plein de mots, me vienne en tête et j'essaie de les contenir.

Point de vue : Maximilien T. Stuart.

J'ai envoyé mon téléphone contre le mur. J'ai réfléchit ensuite que ça poserai problème pour continuer ma conversation avec Angela. Dans quelle merde, mon père nous a encore mis ? Je sors de mon bureau furieux. Seul Chelsea est à son poste.

- Où est Nicholas ? Dis-je impulsif.

Ça ne me ressemble pas.

- A l'accueil, il doit accueillir le nouveau personnel.

- Merde !

Je retourne dans mon bureau et prends ma veste et mes clés de voiture. Je ne prends pas l'ascenseur, mais je dévale les escaliers. Je rencontre deux, trois personnes qui se poussent aussitôt de mon chemin. Une fois dans le hall, je cours vers le service de sécurité.

- Monsieur tout va bien ?

- Non. J'ai besoin de vos services de garde du corps.

Les trois hommes en face de moi, me regarde bizarrement. Sur ma droite, je reconnais l'homme qui m'avait déjà aidé une fois avec Angela.

- Vous ? Tranchais-je, en le pointant du doigt.

L'homme arrive aussitôt.

- Monsieur ?

- Vous m'avez déjà aidé une fois... vous voulez recommencer ?

- Oui, monsieur.

- Vous étiez dans l'armée, c'est ça ? Risquais-je.

- Oui, monsieur. Dit-il déjà prêt à combattre.

- Je peux aussi venir monsieur. Souffle un homme devant moi.

- Bien. Allons-y !

On se dirige tous les trois vers mon 4x4. J'ai bien fait de prendre celui-ci aujourd'hui. Je roule vite à travers la ville. Très vite. Je me fou de me faire arrêter où me prendre une amande. Ce que je veux à l'heure actuelle, c'est protéger Angela de mon père. De cet homme sans scrupule qui manigance une fois encore derrière mon dos. J'avais des doutes sur toutes ses affaires avec Dior et Angela. Cette fois, les choses sont claires comme de l'eau de roche. Et je vais leur faire regretter d'avoir voulu me duper et avoir privilégié Stuart Sénior.

Point de vue : Angela Weber.

Je suis assise à mon bureau. J'ai la tête tourné vers le bureau ou se trouve l'homme le plus dangereux du monde : Trevor Patrick Stuart, le père biologique de Maximilien. Cet homme qui ne me porte pas dans son cœur et qui c'est parmi certaine indiscrétion dans le passé. Et des paroles déplacées. Je ne me sens pas bien. Être si proche de lui, ne me donne pas confiance. Vraiment pas. Mon téléphone dans la main, je prie pour que Max me rappelle ou vienne carrément me sortir de cette merde.

- Angela ?

Je sursaute à l'entente de mon prénom.

- Tu n'as pas l'air bien !

Emiliano Alvarez est devant moi. Il me regarde vraiment bizarrement.

- Tu es toute blanche. Me dit-il.

- Je veux rentrer chez moi.

Il fronce les sourcils. J'ai à peine murmuré. Tellement que je ne suis pas certaine qu'il est entendu mes mots.

- Tu couve quelques choses ?

Emiliano avance la main vers mon front et je recule sans perdre une seconde. Ça le douche froidement. Je peux tout de suite le remarquer. Mais, je m'en fiche. Personne ne me touchera. Certainement pas lui. Depuis quand me manipule-t-il ? Est-ce qu'il savait pour Trevor Patrick Stuart ? Est-ce qu'il allait me le dire un jour ? Est-ce qu'il m'a engagé sur la demande de Stuart Sénior ?

- Angela ? S'offusque Emiliano.

- Monsieur Alvarez c'est justement vous que nous voulions...

Mes yeux s'ouvrent en grand sous la peur. Emiliano le voit clairement. Je ne peux pas rester. Je dois vraiment partir. Je me lève de mon stupide tabouret et attrape ma veste et mon sac à terre. Lorsque je me redresse, les yeux écarquillaient de Trevor Patrick Stuart sont sur moi.

Merde. Putain de bordel de merde. Je tremble, j'ai le souffle court et presque des étoiles devant les yeux. Je suis en train de faire une crise de panique.

Je suis prête à tourner les talons, mais Stuart Sénior attrape mon coude vivement et me retourne brusquement vers lui. Je pousse un petit couinement ridicule face à la prise ferme et douloureuse qu'il exerce sur moi.

- Tu ne bouges pas d'ici, petite catin. Siffle-t-il mauvais.

- Je vous interdis de me toucher ! Crachais-je furieuse, en laissant tomber mes affaires au sol.

Je me débats quelques secondes et il finit par me lâcher.

- Ne vous avisez plus jamais de poser vos sales mains sur moi. Dis-je furieuse, en le pointant du doigt.

- Angela ! S'étrangle Emiliano.

Étrangement ça fait plus rire Trevor Stuart que mon chef.

- Je suis tellement contente de te retrouver ici. Tu es sans protection, maintenant que Maximilien t'as éjecté de sa vie. La roue tourne m'as cher petite.

Il n'est pas sérieux, ce vieux quand même ? Il ne sait pas que j'ai repris contact avec Max, alors ? C'est une carte que je peux jouer.

- Raison de plus pour me laisser tranquille. Sifflais-je, alors qu'un cercle autour de nous se forme de petit curieux.

Je dois la jouer fine. Et, tout faire pour ne pas entrer dans le jeu de cet homme sans cœur.

- Monsieur Stuart Sénior, Angela travail avec nous depuis...

- Je sais exactement depuis quand elle travail pour vous. Dit-il en coupant la parole à Emiliano. J'ai tout fait pour qu'elle soit ici, à cette heure précise.

J'en étais sûr. Cet homme veut ma mort, c'est sûr.

- Vous êtes l'homme le plus détestable que je connaissance en ce monde.

Et je le pense réellement. Les gens semblent choqués par mes mots, mais je m'en moque royalement. C'est lui ou moi et je compte gagner cette fois.

- Je te rassure, je ressens exactement les mêmes émotions te concernant.

- Monsieur Stuart, je vous en prie... souffle doucement Emiliano.

Visiblement, il ne sait pas quel camp choisir. Moi, j'ai choisi le mien... seul contre tous.

Point de vue : Maximilien T. Stuart.

J'arrive devant le bâtiment en faisant crisper mes pneus.

- Vous êtes sur monsieur ?

- Ma femme est à l'intérieur. Si vous voulez faire demi-tour, je ne vous retiens pas.

Je sors du véhicule et remarque que les deux agents de sécurité en font de même. Je préfère. On avale deux par deux les escaliers pour arrive au hall. Les gens nous regardent bizarrement. Je vais vers la femme qui attend.

- Je cherche Angela Weber !

Elle fronce les sourcils.

- Je ne sais pas qui sait, monsieur.

- Bien. Alors, Stuart Sénior.

Elle blanchie.

- Nous n'avons personne à ce nom, monsieur.

- Dites-moi ou il est ou je casse tout autour de moi !

Ses yeux s'agrandissent, tandis que les gardes arrivent vers nous. Bien. Je me mets donc à hurler fort dans le hall.

- Je suis à la recherche de Trevor Patrick Stuart. Je sais qu'il est dans l'immeuble. Le premier qui me donnera les informations...

Je n'ai pas le temps de finir, un type pose sa main sur mon épaule. Malheureusement, mon garde du corps l'envoie à terre. Sans perdre une seconde. Je le remercie d'un regard.

- Le premier qui me donnera des informations aura toute ma gratitude!

C'est une femme qui vient directement jusqu'à moi. Elle est brune avec les cheveux très courts.

- Vous êtes Maximilien Taylor Stuart ?

- Oui. Crachais-je.

- Vous êtes le compagnon d'Angela ?

- Enfin quelqu'un qui parle la même langue que moi.

Je pose ma main sur son épaule. Ravie de trouver quelqu'un à qui parler.

- Elle a des problèmes. Vous devez me dire ou la trouver !

- Venez. Notre patron l'as envoyé travailler dans l'atelier couture depuis ce matin. Je savais que quelques choses ne tourner pas rond.

- Merci.

Elle me fait signe de la suivre et franchement, je vais tout faire pour remercier cette femme.

- Qu'elle est votre nom ?

- Alexia Newman.

Oui. Angela m'as parlé d'elle. Je crois qu'au début elles n'étaient pas vraiment amies... mais, je prends le risque.

- C'est ici monsieur, dit-elle en pointant une porte au bout de quelques minutes. Je retourne à mon travail, sinon, je risque d'avoir des ennuis.

- Merci.

Je souffle un grand coup et pousse la porte. Prêt à combattre, monde et marée.

Point de vue : Angela Weber.

Je ne dois pas pleurer face à lui. Même si les mots qu'ils utilisent contre moi, me font plus de mal que de bien. Et, il s'en donne à cœur joie. Ce qui choque les gens qui nous entourent. Je peux le voir et le ressentir. Et cet homme cruel, ne s'en rend même pas compte. Il est trop prit dans sa vendetta pour le remarquer.

Malheureusement pour lui, il vient de creuser sa tombe. Et le mot est faible.

- Le jour où tu t'y attendras le moins... je serai là. Et ta vie m'appartiendra. Tu peux me croire, petite française sans intérêt... je te ruinerai... jusqu'aux derniers centimes.

- Tu vas devoir me passer sur le corps !

La voix ferme, furieuse et très forte de Maximilien calme aussitôt son père. Les gens s'écartent et surtout un brouhaha immense vient prendre place autour de nous. Mon cœur rate un battement. Peut-être même plusieurs lorsque Max et deux hommes de la sécurité apparaissent.

- Merci, seigneur. Murmurais-je.

Max me regarde une fraction de seconde.

- Angie ? Ça va ?

- J'ai cru que tu ne viendras jamais. grognais-je, tandis qu'il se rapproche de moi.

- Je serai toujours là.

En une fraction de seconde, j'ai ses deux mains sur mes joues. Il encadre parfaitement mon visage.

- Tu es l'amour de ma vie. Tu crois que je vais te laisser affronter le monde sans moi ?

L'homme que j'aime m'embrasse sur le front. Je me laisse faire, me rapprochant de lui. Cette fois, je suis dans ses bras, contre son torse. Ce qui ne plaît pas à son père.

- Maximilien, qu'est-ce que tu fiche ici ?

Il semble prêt à faire une crise cardiaque. On se dégage l'un de l'autre pour regarder son père.

- Et toi ? Crache-t-il, en retour furieux.

- Je travail. Renifle-t-il.

Je roule des yeux et Max soupire.

- C'est bien ce que je pensais. Dois-je te rappeler que tu as un contrat de confidentialité avec Start&Co ? Hors, tu viens de l'enfreinte.

Stuart Sénior, devient rouge vif. Comme s'il avait bouffé un piment.

- Tu es de nouveau avec cette catin ?

- Fait très attention aux mots que tu emploi « papa ».

Le dernier mot est craché avec déteins. Les gens autour de nous sont sous le choc. Moi pas. Je connais la relation du père et du fils. Pas eux. Et vu la tête que nous offre Emiliano Alvarez... il n'était pas au courant.

- Angela est ma future femme. Nous sommes fiancés. J'ai pourtant été très clair la dernière fois... je ne te veux pas dans son entourage.

Start Sénior est fou. Je peux clairement le voir.

- Si tu l'épouse, je te déclare la guerre !

Max rigole aussitôt. Ce qui me surprend. Beaucoup d'ailleurs. Max lève sa main serré dans un poing. Puis, il lèvre son pouce.

- Abus de pouvoir.

Il lève son indexe.

- Concurrence déloyale.

Il continue à redresser un doigt. Le troisième.

- Fausse déclaration.

Max continue. Il n'est pas prêt à s'arrêter. Son père vient de lancer un train prêt à dérailler.

- J'en passe d'autres, mais vu que nous ne sommes pas seul... je vais attendre un peu. Dior New-York, aurait certainement dû se renseigner sur toi, avant de te donner les clés de la maison.

- Monsieur Stuart. Tranche Emiliano. Nous ne savions pas les relations difficiles que vous aviez avec votre père. Nous...

- Tous les points que j'ai énumérer sont également valable pour vous...

Oh merde alors. Max ne compte pas s'en prendre qu'à son père. Je ne sais pas si je dois être fière de lui ou m'inquiéter. Rien ne va l'arrêter. Absolument rien.

- Ça va vous coûter cher. Très cher. Siffle dangereusement Maximilien. Et, je vous garantis que je ne lâcherai pas l'affaire, monsieur Alvarez. Vous voulez la guerre ? Vous allez l'avoir.

- Je vous jure que...

- vous n'auriez jamais dû toucher à Angela. Le coupe rapidement l'homme fort et fière à mes côtés. C'était la seul limite à ne pas franchir.

Personne ne parle. Pas même Stuart Sénior. Max reprends en essayant de rester plus détendu.

- En l'utilisant contre moi, vous avez franchis cette limite. Vous deux.

Stuart senior rigole. Ce qui lui vaut des regards outré. Je fronce les sourcils inquiets de la suite.

- Fils, tu...

- Je ne suis pas ton fils. S'énerve aussitôt Max, totalement hors de contrôle.

Je passe aussitôt ma main sur son avant-bras. Maximilien se tends. Mais, ne se dégage pas de mon toucher. Je souffle de soulagement.

- Tu n'es qu'un hypocrite et un menteur. Souffle Max, a son père. Même les escrocs ne vont pas aussi loin. Et je t'ai déjà averti... ne t'approche pas d'Angela et d'un membre de son entourage.

- Elle est tellement mignonne ! Renchéris, son père.

Ça me donne des putains de frissons dans tout le corps. Je déteste ce mec. Je le déteste réellement.

- Tu pourras expliquer ça à l'inspecteur Newton et Yorkie. Ils sont en chemin pour infraction à l'article numéro 7 qui figure sur l'as mise en demeure que je t'ai envoyé il y a trois semaines.

- Quelle mise en demeure ? S'étrangle-t-il.

- Celle qui t'interdit d'être à moins de cinq cent mètre de moi et de ma future épouse. Mon avocat essaie d'entrer en contact avec le tien depuis trois semaines, hors ça prend effet le jour même selon la loi.

Voilà... c'est ce regard que j'attendais. C'est celui-ci que je voulais voir depuis toute ses années.

- Bienvenue dans mon monde, monsieur Stuart Senior. Je gagne... tu perds !

*/*

L'inspecteur Newton et l'inspecteur Yorkie sont très vite arrivés. Ce qui n'a vraiment pas apprécié Stuart Sénior. Emiliano, c'est contenter de s'excuser plusieurs fois, avant de répondre aux questions des inspecteurs. J'ai dû aussi y répondre. Après une demi-heure, nous avons eu l'autorisation de partir. Max conduit actuellement. Nous sommes retournées à Stuart&Co pour déposer les hommes de la sécurité.

- Je n'arrive pas à croire que tu débauche tes propres hommes de sécurité directement du hall d'entrée.

- Oui, je dois avouer que c'est un peu excessif. Souffle-t-il, les yeux rivés sur la route.

- Enfin, tu le réalise. Dis-je moqueuse.

- Hum... je vais devoir contacter une équipe de sécurité. A temps plein.

Ma bouche s'ouvre en grand.

- Tu n'es pas sérieux ?

- Si.

Sa voix est ferme. Tranchante. Je ne dois pas discuter sur ce point. L'homme derrière le volant fini par se garer. Nous sommes devant chez moi.

- Merci de m'avoir raccompagné.

- Je t'accompagne, jusqu'en haut.

Je ne vais pas le contredire. De toute façon, il a déjà ouvert sa porte et la claque. Maximilien fait le tour et m'ouvre la portière. Toujours gentleman. En tout temps. On monte les escaliers sans parler. Ce n'est pas un silence tendu. Bien au contraire. Il y a comme de l'électricité dans l'air. J'ai un peu peur d'imaginé la suite. Une fois que nous serons dans mon appartement. Je suis à la recherche de mes clés. Une fois en main, je vais pour les mettre dans la serrure, mais Max m'arrête.

- Quoi ?

- La porte... elle est ouverte.

Maximilien ne perd pas une seule seconde. Il me décale rapidement de la porte et l'ouvre tout doucement.

- Tu as bien fermé ce matin ?

- Oui. Bien sûr.

Il est tendu. Très tendu.

- Attends ici.

- Max ? M'étranglais-je, en serrant son avant-bras de mes deux mains.

- Ne bouge pas. Dit-il en me fixant avec intensité. Je reviens te chercher.

Il entre dans l'appartement et je suis obligé de le lâcher. Je reste dehors de longues secondes. De longues minutes... Maximilien fini par revenir. Le regard noir.

- Tu ne peux pas rester ici, Angie. Des gens sont venus.

J'entre dans mon appartement et constate les dégâts. Tout a été retourné. Absolument tout. Même le canapé a été ouvert et la mousse vidé.

- Qu'est-ce qu'ils cherchaient ?

- Je ne sais pas. Mais, je pense qu'ils avaient quelques choses en tête.

Je passe de pièce en pièce. Je ne crois que le pire est dans la cuisine. Ils ont tout vidé. Les placards, les tiroirs, les boites... j'ai du sucre et de la farine absolument partout.

- Angie, va récupérer des affaires et on s'en va !

Je ne me fais pas prier. J'attrape ma valise complètement retourné sur mon lit et me rends compte de quelques choses.

- Max ? Criais-je.

Il arrive aussitôt.

- Regarde !

Plus rien. Dans mes placards, il n'y a absolument plus rien.

- Parton d'ici.

Max attrape ma main et me fait sortir de l'appartement. J'ai juste le temps d'attraper ma veste et mon sac. Les gens qui sont venu chez moi on tout prirent. Absolument tout. Et, je suis consterné. Arriver à la voiture, il ouvre la portière et attends que j'y entre. Hors, je ne le fais pas.

- Angie, tout ira bien. Dit-il en posant ses mains de part et d'autre de mon visage.

J'ai les larmes aux yeux. J'ai très envie de pleurer.

- Mes affaires... ils ont tout prit.

Les larmes coulent le long de mon visage.

- Je sais... je m'occupe de tout, bébé. Tu ne crains rien.

Maximilien me prends dans ses bras. Sans cérémonie. Et, je dois dire que ça m'as manqué. Énormément. Depuis combien de temps, ne m'as-t-il as pris dans ses bras ? Une éternité.

*/*

Nous sommes assis sur le canapé du salon, chez Maximilien. Cet endroit ma beaucoup manqué, je dois le reconnaître. Je suis sous un plaid. Très proche de Max. d'ailleurs, il a une main posé sur mes genoux, tandis qu'il explique la situation aux inspecteurs Newton et Yorkie. Finalement, c'est bien de les avoirs dans notre poche. Enfin... je me comprends.

- Bien. Merci. Je vous rappelle demain dans la journée.

-

- Très bien, bonne soirée, messieurs.

Max raccroche et souffle de soulagement.

- Ils vont visionner les caméras autour de l'appartement.

- Pourquoi suis-je toujours dans ce genre de situation ? Marmonnais-je. Pourquoi les gens, ne peuvent-ils pas me laisser tranquille ?

Maximilien étant son bras derrière moi et le pose sur le haut de mes épaules. Doucement, il me rapproche de lui. Je ne me défile pas et accepte son soutien.

- Tu n'as rien fait de mal, Angela Weber. Le seul responsable... c'est moi !

- Toi ? M'étranglais-je, en me reculant pour lui faire face.

Sauf, qu'il n'a pas envie de me lâcher. Je suis tout à coup très proche de son visage et de sa bouche. Cette bouche et ses lèvres séduisantes.

- Tu as croisé ma route. Si je n'avais pas fixé mon attention sur toi... ta vie à New-York aurait été...

- Moins excitante! Le coupais-je. Merci de m'avoir engagé, monsieur Stuart ! Rajoutais-je, dans un petit sourire.

Max lève les yeux en l'air. Puis, ferme les yeux. J'en fais autant en posant ma tête sur son torse. C'est très agréable d'être de nouveau dans ses bras. Contre lui. Avec lui. Je ne sais pas ce que nous sommes, mais une chose et sur... je l'aime encore. Je l'aime passionnément.

- Max ?

- Oui, mon cœur ?

Le mien rate un battement. Comment fait-il pour me faire perdre la tête avec une simple appellation ? Bon dieu.

- Je suis censé faire quoi maintenant ? Murmurais-je.

Max prend le temps de réfléchir. Je n'en attendais pas moins de lui.

- Trouver ta voie. Souffle-t-il, avant de poser un baiser sur ma tête.

Mince, je ne m'attendais pas à ça.

- Que veux-tu dire ?

- Trouve ta voie, Angela. Trouve ce qui te passionne. Cherche ce qui t'inspire. Ce qui pourrait te faire vibrer.

- Je ne sais pas. Bredouillais-je, les larmes aux yeux.

Max me fait relever le visage vers lui.

- Oui. Sourit-il doucement, avant de replacer une mèche de mes cheveux derrière l'oreille. Tu ne sais pas pour le moment, ma douce Angie… mais, tu trouveras. Tu trouves toujours de toute façon.

Je suis flatté par ses mots. Réellement.

- Tu devrais allez dormir. Tu sembles fatigué.

- Oui, je suis épuisé.

- La chambre est prête si tu veux.

J'ai envie de pleurer. Me retrouver ici. Avec lui et utiliser la chambre d'ami me rends malade.

- Merci. Murmurais-je comme une petite enfant.

Max me regarde étrangement. Je décide de me lever et le laisser travailler encore un peu. Il est partie tôt du travail par ma faute et je suis sûr qu'il a beaucoup à faire.

- Ne travaille pas trop dur.

- Promis !

Max se lève lui aussi. Il se penche, puis m'embrasse du bout des lèvres sur la joue. Ça m'envoie du courant dans tout le corps.

- Dort bien Angela.

- Bonne nuit.

Je sors du salon, le souffle court. Dormir bien ? Comment suis-je censé dormir au juste, alors que l'homme que j'aime n'est qu'à quelques pas de moi ?

Point de vue : Maximilien T. Stuart.

Angela est partie dormir. J'en profite pour appeler mon détective privé Riley Biers. Il décroche rapidement.

- Riley Biers. Dit-il simplement.

- Maximilien Stuart. Récitais-je. Nous avons eu un problème avec …

- L'appartement de madame Weber. Je suis déjà au courant. Me coupe-t-il vivement.

- Vous êtes en lien avec la police ? Risquais-je.

- Pas vraiment. J'ai suivi le compagnon de votre sœur Léonie. C'est lui qui est entré dans l'appartement. Avec cinq autres hommes.

Mon sang ne fait qu'un tour dans mon sang.

- J'ai essayé de vous joindre plusieurs fois pour vous informer de cette nouvelle, mais je tomber toujours sur le répondeur.

- J'ai eu un accident de portable. J'en aurais un nouveau demain matin.

Je prends une grande inspiration pour ne pas m'énerver plus que nécessaire. Ce qui est délicat.

- C'est le copain de Léonie qui a vandalisé et voler dans l'appartement d'Angela ? Répétais-je, pour en être sûr.

- Oui. Lui n'est ressortie avec rien. Par contre, ses copains avaient plusieurs sacs avec eux. J'ai pris des photos. J'ai déjà commencé la traque pour les reconnaître.

- Je double votre prime si vous arrivez à retrouver toutes les affaires d'Angela. Ce sont des biens personnels et ils ont une valeur sentimentale pour elle.

Hors de question de laisser ses hommes avec les affaires de ma belle. Ça me rends fou de les savoirs avec, à l'heure actuelle.

- Je m'en occupe monsieur.

- Je compte sur vous. Riley ? Dis-je sans prendre des gants.

- Oui, monsieur Stuart ?

- Vous connaissez une entreprise de garde du corps fiable ?

- Oui, monsieur.

- Envoyez-moi le numéro. Je dois rapidement mettre Angela sous protection. Cette affaire ne fait que commencer et j'ai un peu peur de la suite des événements.

- Je vous envoie ça monsieur.

- Merci. Bonne soirée.

- Pareillement, monsieur Stuart.

Je raccroche et m'installe à mon bureau. J'ai beaucoup de chose à revoir avant demain. Je sais qu'Angela n'aime pas que je m'occupe de ses affaires, mais cette fois je n'ai pas le choix. Je ne peux pas prendre le risque concernant sa sécurité. Hors de question. Elle est vitale pour le bien de ma santé mental.

Point de vue : Angela Weber.

Finalement, j'ai dormi comme un bébé. Ici, je me sens en sécurité. Cependant, j'aurai largement aimé dormir avec Max, plutôt que dans un lit gigantesque, seule. Mais, il ne faut pas brûler les étapes... on doit avancer pas par pas. Pour notre bien à tous les deux et surtout pour notre relation future. J'ai sur le dos, un t-shirt de Maximilien. Mes jambes sont nues. C'est pour ça, que j'essaie de les dissimulés sous la table, lorsque Max fait acte de présence.

- Bonjour, Angela !

Il est tellement beau et gracieux. C'est perturbent. Même le matin. Surtout avec ses yeux verts bouteille électrisant.

- Bonjour, murmurais-je.

Je reste assise, tandis que Max pose ses affaires prêtes de l'entrée. Il revient quelques secondes plus tard.

- Tu ne manges pas ?

- Je t'attendais. Répondis-je, avec un petit sourire.

- Merci.

Il prend place à la table et m'offre un grand sourire, tout en dépliant sa serviette.

- Tu veux du thé ou...

- Ta cuisinière m'a déjà servi du jus d'orange et du thé à la menthe.

- Bien.

La dite cuisinière arrive de je ne sais ou, pour poser sur la table des assiettes entière de nourriture. Et il y en a beaucoup. Je suis très impressionné pour le coup. Et bon dieu, ça m'ouvre carrément l'appétit.

- Merci.

- Avec plaisir, monsieur. Dit-elle avant de s'éclipser.

- Depuis quand tu as une cuisinière ? Risquais-je.

- Ma mère l'a engagé après ton départ. Elle avait peur que je ne me nourrisse plus. Ou moins, je ne sais pas trop.

C'est comme si je recevais un coup de poignard dans le dos.

- Je me suis habité à elle depuis. Dit-il avant de remplir son assiette d'un peu de tout.

Je fais un peu pareil... les idées qui partent dans tous les sens. En fait, je ne me rends même plus compte de ce que je fais. A trop réfléchir, j'en perds la réalité. Je dévore tout ce qui y a sur la table. Depuis que je suis partie... je n'ai pas fait un petit déjeuner. Pas le temps avec tous les changements pour aller chez Dior... et à force de chercher un travail, l'appétit était partie.

- Angie ?

- Oui.

- Que vas-tu faire aujourd'hui ?

- Trouver un nouveau travail. Un nouvel appartement et m'acheter des fringues.

- Tes anciens vêtements sont toujours là. M'explique-t-il, en me regardant tendrement.

- Vraiment ?

- Oui. Tous. Ils n'en manquent aucun.

Je suis touché par ce geste.

- Merci.

- Pour l'appartement, tu peux rester ici. Dans la chambre d'amis. Ne sois pas presser de partir. D'ailleurs, si tu as toujours envie de partir... plus tard, j'aimerai que tu trouves un travail d'abord.

Ce n'est pas bête. Car, sans travail, personne ne me louera d'appartement. Ou alors des trucs minables. Je ne veux pas être dans un truc minable. De toute façon, Maximilien refusera de me voir partir, pour un truc qu'il n'aura pas validé.

- Tu avais une liste à me montrer... tu comptes me la donner ?

- Si tu le veux. Mais, je préférerai que tu restes ici. Avec moi.

Mon cœur fait des bonds dans ma poitrine. Oui, c'est ce que je veux aussi. Mais, si jamais Max pète encore un câble, ça ne serai pas mieux d'avoir mon appartement ?

- Je suppose que tu ne voudras pas retourner à Stuart&Co ?

- Non. J'ai besoin de trouver ma voie. Tu l'as toi-même dit.

- Oui... j'aurai mieux fait de réfléchir. Se plains-t-il rapidement.

Cet homme n'est pas croyable. Comment arrive-t-il à être encore plus beau avec une petite moue boudeuse ?

- Bien. Comme tu veux. Dit-il, en buvant son café. Mais, si tu changes d'avis, ton bureau est toujours libre.

- Merci, mais non merci. Je me demande si je ne vais pas arrêter le milieu de la mode pour un moment.

Maximilien ne répond rien. Il semble réfléchir beaucoup. J'en profite pour manger. Mais, évidemment il reprend quelques minutes plus tard.

- Il y a une cérémonie ce soir. J'aimerai que tu viennes.

Mon cœur rate un battement. Je repose ma fourchette sur le bord de mon assiette. Ma gaufre va attendre un peu.

- Tu veux que je t'accompagne ?

- Oui.

Mince, il a l'air tellement sûr de lui.

- Ce soir ? Risquais-je.

- Oui.

- Où ?

J'ai besoin d'avoir toutes ses informations pour mentalement me préparer. C'est important. Très important.

- Metropolitan Museum of Art !

Mes yeux s'ouvrent en grand sous le choc de l'information.

- Qu'est-ce que vous allez faire au Metropolitan Museum of Art ? M'étranglais-je.

Et pourquoi, je ne suis pas au courant de cette soirée ?

- L'ouverture d'une nouvelle aile.

- Et pourquoi tu dois y aller ?

- J'ai investi dans cette aile. Dit-il très lentement.

Presque inquiet pour dire vrai. Comme s'il craignait ma réaction.

- Beaucoup ? m'étranglais-je.

Max sourit mais ne répond pas.

- Est-ce que tu es le seul donateur ?

- Beaucoup de question, pour une si petite tête ! Souffle-t-il joueur.

Ça m'amuse beaucoup.

- Tu veux que je vienne oui ou non ? Dis-je, en me reculant sur mon siège.

Maximilien plie les yeux. J'ai toute son attention. J'aime ça.

- Bébé, ne joue pas avec le feu. Tu sais que je ne résiste pas à nos combats de coq. Un de nous deux ne sortira pas vainqueur…. Et je suis étrangement de bonne humeur.

Je rigole aussitôt. Et depuis très longtemps ça n'était pas arrivé, Max rigole aussi. Une fois calme, il reprend.

- Alors… tu vas venir ?

Je fais mine de réfléchir.

- Je vais y réfléchir.

- J'ai besoin d'une réponse.

- Tu auras la surprise. Je viendrai... peut-être.

Il semble surexcité pour le coup. Et moi aussi.

- Très bien. Comme tu voudras. Toutes tes robes sont dans…

L'homme à mes côtes ne termine pas sa phrase. Pourtant, je suis certaine qu'il y en a une. C'est sûr, puisque je n'ai pas la réponse de « ou son mes robes ».

- Dans ? Soufflais-je, en le regardant bizarrement.

Il se racle la gorge mal à l'aise.

- Dans le dressing de ma chambre ! Murmure-t-il.

Ah… je ne m'attendais pas à ça.

- Ok… j'irai jeter un coup d'œil… plus tard.

- D'accord.

Il me sourit et je lui retourne. Finalement, peut-être que les choses vont pouvoir s'arranger. Du moins, je l'espère grandement.