Chapitre 36
Point de vue : Angela Weber-Stuart.
Assise sur le canapé, j'ai beaucoup de mal à soutenir le regard que m'offre Maximilien. Je viens de lui annoncé qu'il était certainement père de l'enfant qu'à eu son ancienne assistante. Ce qui la plongé dans un mutisme complet. Et depuis deux longues minutes.
- C'est donc vrai ?
Il cligne des yeux abasourdi. Je crois qu'il est en état de choc. Je devrais le rassurer, le réconforter, mais je n'y arrive pas.
- Quoi ?
- Est-ce que tu peux être le père de cette enfant ?
- Nous ne savons pas si c'est vraie et la raison de son appel. Elle n'a certainement pas d'enfant en plus.
Il ne répond pas à ma question. Ça veut tout dire pour moi.
- Tu as donc eu des rapports non protégé avec elle ?
Il me fixe simplement. La mâchoire contractée à l'extrême cette fois.
- Max ?
Ma voix n'est qu'un murmure.
- Je ne veux pas te perdre. J'en mourrais si tu partais.
- Je ne vais pas partir ! Dis-je en fronçant les sourcils.
Pourtant, un vide énorme nous séparer depuis cette révélation. Et je ne sais pas comment faire pour réparer les choses. Il a besoin de temps et d'espace. J'ai besoin de digérer l'information.
- Max, j'ai besoin de savoir...
Il soupire de frustration, s'installe profondément dans le divan et me regarde tristement.
- Oui. J'ai eu une liaison avec elle.
- Celle que j'ai remplacée ?
- Deux avant toi. M'apprend-t-il. Elle s'appelle Jade. Nous avons eu une courte relation avant de l'engager. Une fois en poste, nous n'avons plus jamais reparlé de cette histoire.
- Mais ?
- Elle en voulait plus. Nous avons donc décidé de continuer à nous voir en dehors du boulot... de temps en temps.
- Pas officiellement.
Max hoche la tête doucement. J'attends qu'il continue. Ce qu'il fait après de longue seconde écoulé.
- on a couché ensemble quelques fois et j'y ai mis un terme, quand ça devenait trop sérieux !
- Pourquoi ?
- Je ne l'aimais pas, Angela. Je ne voulais pas lui faire croire plus que nécessaire.
- Et ?
- Elle a démissionné. J'ai plus eu de nouvelle depuis. Je te le jure !
Cette histoire est vraiment à dormir debout.
- règle cette histoire, Maximilien et rapidement.
Je le laisse sur le canapé et rejoins la salle de bain de notre chambre.
Le soir même, Maximilien m'informe par téléphone qu'il ne rentre pas ce soir. Qu'il doit comme promis mettre au clair cette histoire. De ce fait, il quitte New-York suite à l'enquête que lui a rendue son détective privée. Il l'avait mis sur le coup le matin même.
Ce soir-là, mon cœur fut lourd et triste. Horriblement triste.
*/*
Je ne sais pas quoi faire. Mais, rester ici et me tourner les pouces, très peu pour moi. Je prends une douche rapide et fouille dans ma garde-robe pour récupérer une de mes tenues fétiches : un jean bleu ciel, taille basse, un chemisier bleu nuit dont je rajoute un blaser centré noir et mes éternelles Louboutin. Simple, mais classe. J'attrape mon téléphone et envoie un message à mon chauffeur attitré (du moins à mon garde du corps). Il me répond dans les deux secondes, en me signalant qu'il montait.
J'attends devant l'ascenseur, une fois mon sac changé.
- Madame, vous souhaitez sortir ?
- Je vais au travail.
Il fronce aussitôt les sourcils ?
- Au travail ?
- Oui. Je reprends mon rôle de Co-PDG de l'entreprise Stuart. Vous pouvez donc me conduire dans les locaux ?
Nouveau froncement de sourcil, puis il hoche la tête.
- Bien sûr madame.
Nous entrons à nouveau dans l'ascenseur.
- vous avez prévenu monsieur Stuart madame ?
Je tourne le visage vers lui doucement.
- je n'ai pas de nouvelle depuis deux jours. Vous en avez peut-être ?
- Non, madame.
Il rougit un peu mal à l'aise.
- Je lui envoie des messages presque toutes les deux heures. J'ai donc décidé d'arrêter et de reprendre en main ma vie.
- Bien madame.
Je hoche la tête satisfaite, tandis que les portes s'ouvrent. Deux autres gardes attendant. L'un déjà derrière le volant.
- Je vous suis avec une autre voiture madame.
- Très bien.
Je monte à l'arrière et la voiture démarre sans attendre.
Je décide tout de même d'envoyer un dernier message à Maximilien. Juste pour être couverte au cas ou.
« Max, je reprends mon rôle de co-PDG de Stuart.
Fait le moi savoir si tu y vois une objection.
Bonne journée, ta femme. ».
Au bureau certain semble surprit de ma venue. D'autre non. J'ai des félicitations de mariage également. Je vais directement au bureau de Chelsea et Nicholas.
- Bonjour, je reprends mon poste durant l'absence de Max... vous pouvez voir directement avec moi.
- Angela, enfin te voilà.
- Nicholas ?
Il semble prêt à sauter par la fenêtre. Proche du gouffre. Lui et Chelsea commence à parler vivement. Trop vite à mon goût et je m'y perds très rapidement. Je porte mes doigts à mes lèvres et siffle un grand coup. Le silence, enfin.
- je suis là pour aider. Alors doucement. On va reprendre les choses en main, mais pitié du calme !
Les deux assistants de Max hochent la tête, puis, je leur laisse cinq minutes pour faire la liste des taches par priorité. Un petit sourire sur les lèvres, je retourne à mon bureau. Dieu que ça m'avait manqué. Littéralement.
J'ai à peine allumé mon ordinateur que ma belle-mère me téléphone.
- Angela ?
- Oui, madame Thompson ?
- Angela... que se passe-t-il avec Maximilien ?
Je grimace aussitôt.
- Que voulez-vous dire ?
- Je sais qu'il n'est pas à New-York depuis deux jours et que vous n'êtes pas avec lui.
- je...
- la vérité, Angela.
Je suis prête à tout lui dire, juste pour qu'une personne sur cette terre s'inquiète avec moi, mais Chelsea et Nicholas viennent d'entrer dans mon bureau.
- Madame Thompson, est-ce que nous pouvons avoir cette conversation ce soir ?
Un petit moment de silence.
- Je me libère pour toi. Je serai à votre appartement vers les dix-neuf heures.
- Plutôt vingt, si c'est possible.
- Très bien. A ce soir, Angela.
Je ne réponds rien et raccroche. Je souffle un grand coup, puis fait signe aux deux assistants de prendre place.
- Allons-y.
L'un après l'autre et des fois en même temps, il m'explique les taches les plus urgentes. Comme moi, ils n'ont pas eu de nouvelle de Maximilien depuis deux jours. Ce qui me stress encore plus.
*/*
Je fini le travail à dix-neuf heures trente. J'ai essayé d'être la plus efficace possible et je me suis entretenu avec plusieurs clients de la société. Des clients qui avaient rendez-vous avec Maximilien normalement. J'ai fait de mon mieux et tout est rentré dans l'autre pour la plus part. Y en a un qui m'a donné du fil à retordre, mais je n'ai pas lâché. Lui non plus... finalement, nous avons dû nous mettre d'accord sur un terrain d'entente.
- Rassure-moi, tu ne vas pas dormir ici ?
Nicholas est à la porte de mon bureau.
- Non. J'allais justement partir.
J'attrape mes affaires et éteints la lumière avant de rejoindre Nicholas. Un des rares qui arrivent encore à me supporter. Dans le silence le plus complet, nous prenons l'ascenseur. C'est qu'une fois dans le hall en voyant (le chef de la sécurité) qui marche vers moi, que Nicholas prends les devant.
- Donc... il se passe quoi au juste ?
- Si seulement, je le savais.
- Tu n'as pas de nouvelle ? S'étonne-t-il.
- Aucune.
J'ai aussitôt les larmes aux yeux. Nicholas passe ses bras autour de moi et m'offre une accolade réconfortante. Je le sers contre moi jusqu'à en avoir mal. Puis, je le relâche et il en fait de même.
- A demain, Nicholas.
- Appel si tu as besoin.
On se quitte devant l'immeuble, Glenn ouvre la portière arrière et m'invite silencieusement à m'installer.
- Merci.
- Avec plaisir, madame Stuart.
*/*
Je suis assise dans le coin du canapé du salon. La télévision en fond, je la regarde plus ou moins. J'ai raccroché avec mon frère Isaac en pleure. Il est prêt à prendre le premier avion pour venir me soutenir. Comme toujours. Je sais que c'est injuste de le faire venir de si loin pour me réconforter. Je lui ai demandé du temps, il comprends et va attendre quelques jours.
L'ascenseur s'ouvre sur la mère de Maximilien. Un de les garde la gentiment guidé.
- Vous pouvez y aller. J'attendais sa venue. Dis-je d'une voix sanglotant.
Il hoche la tête et redescend dans le hall. La mère de Max, me regarde étrangement depuis l'entrée du salon.
- Angela, vous n'avez pas l'air bien du tout.
- Ouais... j'ai eu une discussion avec mon frère. Il s'inquiète beaucoup aussi.
Ma belle-mère vient jusqu'à moi et s'installe sur le divan. Je sais qu'elle se pose des centaines de questions, mais j'ai très peu de réponse, comme elle.
- Que se passe-t-il Angela ? Je me fais beaucoup de souci depuis ses quelques jours.
- Maximilien a dû quitter New-York. Je n'ai pas de nouvelle de lui depuis.
Ma voix n'est qu'un murmure. Elle se rapproche un peu plus de moi.
- Cela fait combien de temps ?
- Deux jours.
Elle fronce les sourcils lentement.
- il est certainement très prit ? Il n'a peut-être pas le temps ?
Je ricane une demi-seconde.
- Il est partie, je ne sais ou après l'appel de son ancienne assistante. Lui appris-je.
Elle ouvre grand les yeux.
- J'ai répondu à son téléphone. Elle m'a informé avoir eu des relations sexuelle avec mon mari.
- Non.
Ma belle-mère bouche la tête négativement plusieurs fois d'affilé. Une larme coule le long de ma joue. Une de plus. Mathilda Thompson bondi tel une maman ours. Elle m'enveloppe dans ses bras et me berce. Ma mère aurait fait la même chose. Ma belle-mère prend ce rôle de son propre chef, et j'apprécie le geste. Beaucoup. Ma mère me manque. Mais, heureusement, j'ai trouvé Mathilda Thompson ici. À New-York. Et le fait qu'elle me réconforte suite aux blessures infligé par son propre fils me touche beaucoup.
- Il va revenir, Angela. Il t'aime trop pour faire n'importe quoi.
- Elle m'a dit avoir une un enfant avec lui. Max a un enfant !
Cette fois, les vannes sont lâchées. Je pleure toutes les larmes de mon corps et bon dieu, j'ai l'impression de ne plus arrivé à respirer. Elle s'en rend compte. A ma grande surprise, je la sens faiblir et pleurer avec moi.
- Attends d'avoir des réponses. Ne prends pas de décision sous le coup de l'émotion. Chuchote-t-elle à mon oreille.
- Je ne sais plus quoi faire. Il est parti, je ne sais ou du jour au lendemain pour retrouver son ex-amant.
Elle ne répond rien. Et j'ai le cœur en miette. Ma belle-mère décide de rester avec moi cette nuit. Un peu inquiète de mon état. Elle a avertie son mari. Poppy dort dans tous les cas, chez une amie ce soir. Donc, ça ne dérange pas plus. Elle nous a commandé un repas de son traiteur favori et me force à manger. Je dois avouer que sa présence me fait du bien et que j'avais besoin de reprendre des forces. Me reposer sur quelqu'un.
- Tout va rentrer dans l'ordre.
- J'espère. Nous sommes mariés depuis peu... et déjà je sens que notre mariage bat de l'aile.
- Tu l'aime Angela ?
Sa question me surprend.
- De tout mon cœur.
- Alors, bats-toi pour lui.
- Je suis fatigué de me battre pour lui, Mathilda. Depuis que je suis entré dans son bureau, je me bats pour lui. J'ai l'impression que malgré toutes nos bonnes volontés... rien ne fait !
Elle comprend, je peux le lire dans ses yeux. D'ailleurs, elle ne renchérit pas.
*/*
Le troisième jour après le départ de Maximilien, je me sens encore un peu plus nostalgique. Toujours pas de nouvelle. Pas un appel. Pas un message. Ou même un stupide mail. Je décide de lui en écrire un. Pour lui décrire mon humeur.
De : -Stuart
a : -Stuart
objet :
Maximilien,
Que se passe-t-il ? Je veux bien être patiente... mais le manque de communication entre nous me tue de l'intérieur.
Explique-moi !
Je suis ta femme, pas une étrangère.
Si tu veux me trouver dans ton lit à ton retour... donne-moi signe de vie.
Angela (très en colère et inquiète).
J'ai attendu toute la journée une réponse. J'ai fait de mon mieux pour être active intellectuellement et être tout le temps occupé pour ne pas passer à ce mail. J'ai vérifié plusieurs fois, je suis même allez dans les spams... j'ai même fait appel aux services informatiques à dix-neuf heures, mais rien à faire. Max joue aux abonnés absents.
*/*
Cela fait une semaine que Max partie. Cinq putains de jour. Nous sommes mercredi. Et je commence à ne plus pouvoir tenir. Cinq jours, que l'homme que j'aime ne donne pas signe de vie. Que je n'ai eu aucune nouvel de lui. Rien. Le vide complet. Et j'en ai le cœur lourd.
- Pause déjeuné !
Nicholas passe la tête dans mon bureau.
- je n'ai pas faim.
- Ce n'est pas une question. Désolé, si tu pensais le cas.
Il croise les bras sur sa poitrine et attends. Il ne partira pas. Je le sais. Je souffle un grand coup, puis me lève de mon siège. J'ai un léger étourdissement, mais me retient rapidement.
- ça va ?
Je ne réponds pas et contourne le bureau pour récupérer ma veste et mon sac.
- qu'est-ce que tu fais ? Demande-t-il inquiet.
- Je t'invite déjeuner.
- Où ? Sourit-il en me suivant jusqu'à l'ascenseur.
- Surprise !
J'ai envie de changement. Et ça commence avec un stupide repas avec mon ami. Évidemment Glenn réagit dans la seconde lorsqu'il me voit débarquer dans le hall.
- Madame ?
- Nous allons sortir déjeuner.
- Très bien. J'appelle la voiture.
- J'aimerai prendre le métro. Vous pouvez nous suivre.
- C'est une évidence madame. Mais, vous êtes sur ?
- Si ça peut irriter mon mari... alors oui.
Il me sourit légèrement, puis fait signe aux deux autres gardes de nous suivre à bonne distance. Quelques pas... mais, je me sens moins opprimé.
- c'est vraiment bizarre. J'ai l'impression d'être avec une célébrité.
- Non. Juste moi. Rigolais-je en passant mon bras sous celui de Nicholas.
Glenn reste à mes côtés et regarde tout autour de lui. Je sais qu'il a une oreillette et un micro pour être en contact avec ses hommes... et franchement ça me rassure.
On prend le métro sous bonne escorte. Nous discutons très simplement avec Nicholas. Puis, nous arrivons au Ritz. Un des lieux que Max affectionner. Aujourd'hui nous n'y allons plus. Surtout depuis que le directeur de cette établissement a voulu me caser avec son fils. Je souris à cette pensée. Tout cela me semble si lin alors que ça ne l'est pas vraiment. J'ai à peine posé le pied devant que la porte s'ouvre. L'homme qui travaille ici, m'ouvre la porte avec un grand sourire.
- Madame, Monsieur.
Glen avance aussitôt et entre le premier sous le regard surprit de l'homme.
- Merci, dis-je simplement en entrant à mon tour.
Pas de directeur en vue, mais la personne à l'accueil c'est qui je suis. Pas de doute, vu son regard qui s'ouvrent en grand.
- Madame Stuart, nous sommes ravis de vous avoir parmi nous. Puis-je vous guider à une de nos meilleures tables.
- Avec plaisir.
Je la suis docilement tandis que nous traversons le restaurant. Je m'installe à table, suivi par Nicholas. Glenn discute déjà dans son oreillette. La sécurité des lieux avant tout.
- Ta vie est surprenante. Souffle Nicholas en regardant tout autour de lui.
Je grimace en récupérant la carte que me propose la serveuse.
- je me serai passé de tout ceci. Ce que je voulais c'est Max. seulement lui.
- Mais, tu ne peux pas avoir l'homme sans tout ce qui va avec ! Répondit-il vivement.
- Les dramas était dans le lot ? Questionnais-je.
- Certainement.
Il soupire puis attaque directement.
- que se passe-t-il ?
Dois-je lui dire ? Ici ? Devant témoin ?
- ce n'est pas le lieu.
- Je savais que tu allais répondre un truc du genre. Je pense que tu n'avais aucunement envie de m'en parler... et que tu as choisi ce lieu si réputer pour cette raison.
Il a raison. Il a tout à fait raison.
- oui. Lui dis-je simplement en regardant droit dans les yeux. Je n'ai pas envie d'en parler.
- Bien. Alors, nous pouvons parler du dernier film que je suis allez voir lundi ?
- Oui. Parlons de ça.
Je lui souris grandement et me note mentalement d'offrir un super cadeau à noël pour Nicholas.
*/*
Dix-sept heures, j'ai envie d'un café. D'un vrai bon café. Je sais que je ne l'aurais pas dans la salle de pause. C'est pourquoi je retourne voir Nicholas. Juste savoir s'il désire lui aussi un café de chez Starbuck. Un léger sourire aux lèvres, je rejoins le bureau des assistants de mon mari.
Qu'elle ne fut pas ma surprise en voyant la personne devant le bureau de mon ami Nicholas. Le sourire sur mon visage s'évanouit en une fraction de seconde. Juste le temps à la personne de croiser mon regard. Juste le temps que l'information de ma vue, arrive à celle de mon cerveau. Mon cœur s'emballe. J'ai de nouveau un vertige. Ou du moins, il n'est pas loin.
Maximilien Taylor Stuart est revenu. Il est là. J'ai un immense sourire sur le visage. Je devrais être en colère, mais je ne le suis pas. Je suis juste heureuse de le voir en chair et en os et de savoir qu'il est revenu. Tout simplement.
Malheureusement, mon bonheur est de courte durée. Maximilien avance d'un pas vers moi... juste avant qu'un petit enfant sorte de son bureau et passe sa petite main dans celle de Max. Mon sourire s'éclipse en moins d'une seconde. Je cligne des yeux stupéfaite. L'enfant doit avoir entre six ou sept ans. Il est d'une beauté à couper le souffle. Les mêmes cheveux, le même regard... et cette couleur d'yeux... le petit garçon sourit doucement dans ma direction en gardant la main dans celle de Max... Comme s'il avait peur de le voir s'envoler. J'ai le cœur qui se met à battre à l'extrême. Tellement, que j'ai un léger étourdissement. Je dois être pale. Et vraiment désespérer.
Une femme sort du bureau de mon mari. Elle se poste à côté des deux autres. Je la vois poser un regard sur moi et froncer les sourcils. Puis, son regard s'agrandit et devient jovial. Aimant. Je ne me sens pas bien du tout. Mais, vraiment pas bien. Cette femme est absolument splendide. De longs cheveux ondulant et encadrant son visage de porcelaine. De grands yeux bleus, de grandes jambes gentiment caché dans un jean moulant et cintré à la perfection. Elle porte également des putain de chaussure de luxe... de ma marque préférer. Mon monde vient de s'arrêter. Devant moi, j'ai la parfaite petite famille. Devant moi, j'ai un père, une mère et un enfant. Devant moi, j'ai mon époux papa et son ex-compagne.
- Angela ?
La voix de Max est torturée. Il peut l'être. Je relève les yeux vers lui. Je suis vide. Aucune expression sur mon visage. Rien. Le vide astral. Il doit s'en rendre compte, puisqu'il avance doucement vers moi. L'enfant est obligé de le lâcher, mais il refuse et le rattrape. Je ne peux pas faire face à ça... je ne peux pas être « celle de trop ». J'avais tout... et j'ai tout perdu... absolument tout !
Je fais malgré moi un pas en avant. Je ne sais pas pourquoi, mais en tout cas, je me retrouve très vite devant le couple et l'enfant. Cette idée me révolte et me donne envie de vomir. Blême, je présente la main à la femme d'une trentaine d'année passée. Je peux clairement voir la surprise dans ses yeux.
- Bonjour, je suis Angela Weber-Stuart. La femme de Maximilien. Nous nous sommes parlé au téléphone la dernière fois.
Elle n'en mène pas large. Clairement.
- Madame Stuart, je tenais à …
Ne voyant pas l'intérêt de la laisser continuer, je m'accroupis devant l'enfant. Il me sourit de toutes mes dents et j'en fais de même.
- Tu sais que tu es l'un des plus beau petits garçons, que je n'ai jamais vu sur cette terre ?
Il sourit un petit peu plus en se cachant presque derrière le bras de Max. Ce dernier ne dit mot pour le moment... mais, je peux sentir la tension l'occupe. Colère ? Frustration ? Tristesse ? Je ne serais vraiment le dire.
- Tu es très belle.
Le petit garçon semble rougir au mot qu'il m'adresse et j'avoue que je suis étonnée par ses propos.
- Merci. Risquais-je en le regardant droit dans les yeux. Je suis Angela. Et toi ?
Le petit bonhomme lâche la main de Max et s'avance jusqu'à moi tranquillement.
- Je suis Lucious Stuart.
Mon cœur est mort. Littéralement.
- C'est un très beau nom.
- Angela, nous pouvons discuter en privé ?
La voix de Max sonne froidement. Je ne lui prête aucune attention et sourit à Lucious Stuart.
- Tu sembles très grand Lucious Stuart.
Il rigole aussitôt.
- J'ai six ans.
Je n'arrive pas à avaler ma salive. Je ne me sens vraiment pas bien.
- Un grand garçon.
Il me sourit un peu plus et je n'arrive pas à détester ce petit homme. Il n'a rien choisi. Il n'a rien demandé. Je ne peux pas lui en vouloir. Pas à lui du moins. Je me redresse doucement au moment où l'ascenseur s'ouvre. La mère de Maximilien débarque furieuse, elle entre dans le bureau de Maximilien sans un regard pour personne. Moi y comprit.
- Entre immédiatement. Siffle-t-elle lourdement.
Max ferme les yeux, puis s'apprête à entrer dans le bureau lorsqu'il se tourne vers moi.
- Nous devons parler, Angie.
Le son de sa voix est froide. Distante. Je recule d'un pas malgré moi.
- Nous parlerons ! Dis-je simplement.
Il hoche simplement le visage, puis entre dans le bureau et ferme la porte derrière lui. Me laissant seul avec la mère et l'enfant.
Point de vue : Maximilien.
Je n'ai rien vu venir. La gifle foudroyante que m'administre ma mère me fait chanceler. Complètement. Celle-ci, je ne l'ai pas loupé dit-donc.
- J'ai une forte, très forte envie de recommencer. Sanglote ma mère.
Je porte la main à ma joue et la regarde avec tendresse. J'aime ma mère, plus que tout au monde.
- Je la mérite. Je te l'accorte.
Elle fulmine.
- Comment peux-tu te comporter de la sorte ? Comment peux-tu laisser Angela durant des jours sans lui donner la moindre nouvelle.
- Je...
Évidemment, elle me coupe.
- Elle a vécu les pires jours de sa vie de femme... et franchement, si elle décidée de te quitter et de demander le divorce, je la soutiendrais totalement.
Mon cœur rate un battement. Quoi ?
- Divorcé ? Pourquoi Angela voudrait divorcer ?
Ma mère cligne des yeux surprise.
- Tu es pire que ton père ! Crache-t-elle, avant de vouloir ouvrir la porte.
Ma main sur la sienne qui entoure la poignée, nous nous regardons dans le blanc des yeux. Interloqué ma mère relâche la poignée comme brûlé et retourne au centre du bureau. Bon dieu, ma vie va-t-elle être toujours ainsi ?
- Maman... écoute moi...
- J'ai plus envie de t'écouter. Dit-elle la voix sanglotant.
- Ne me compare pas à papa.
C'est la pire chose qui pouvait m'arriver à l'heure actuelle.
- C'est ce que tu es. Par tes actes, tes actions ! Rouspète-t-elle.
- Non !
Ma voix sonne fortement dans la pièce. Ma mère sursaute, tandis que la porte s'ouvre brutalement. Je recule et regarde le nouvel arrivant.
- Elle est partie !
Mon chef de la sécurité avait ordre de rester en bas avec une équipe pour toute éventualité de fuite de ma femme adorée. Sans cérémonie, je contourne le bureau et me connecte à mon ordinateur.
- Elle est toujours dans l'immeuble ?
- Oui, monsieur. J'ai posté des hommes à toutes les sorties. Elle a dû s'en rendre compte. Je l'ai intercepté dans le hall, mais elle a fait demi-tour. L'ascenseur c'est arrêter au troisième étages. J'ai envoyé des hommes à sa recherche.
- Merci.
Je regarde une à une les vidéo de surveillance. Je dois la retrouver. Le plus vite possible.
- Laisse Angela tranquille, Max. elle a assez souffert durant ton absence.
- Je refuse de la voir me quitter sans me battre.
- Fallait y penser avant de lui présenter ta nouvelle femme et ton fils.
Je ne peux plus me taire. Je n'y arrive pas.
- ce n'est pas ma nouvelle femme... et ce n'est pas mon fils.
Ma mère s'étrangle.
- Bien sûr qu'il s'agit de ton fils. Bon dieu, en une fraction de seconde j'ai vu votre ressemblance.
J'abats ma main frottement sur le bureau. La douleur arrive tout de suite, mais je m'en fiche.
- vous montez tous sur vos grands chevaux... a tout vouloir savoir et comprendre... vous n'attendez jamais confirmation... en voulant foncer tête baisé. Je suis ton fils et pourtant tu te comportes comme si j'étais un putain de meurtrier !
Ma mère sursaute à mes mots.
- Lucious Stuart n'est pas mon fils.
Ma mère cligne des yeux plusieurs fois... je crois qu'elle est en état de choc.
- Lucious et sa mère sont toujours devant ?
- Non, monsieur. Madame Stuart les a installés dans son bureau avant de leur offrir des boissons chaudes.
Ah mon Angela.
- Parfait.
Mon chef de la sécurité vient finalement regarder l'ordinateur avec moi, tandis qu'il répond à ses hommes via le dispositif de communication. Au bout de dix minutes, nous la trouvons enfin. Mon Angela. La femme de ma vie.
Point de vue : Angela.
J'ai essayé de sortir du bâtiment après avoir offert une boisson chaude à l'ex de Max et à son fils. J'ai même installé la nouvelle petite famille dans mon bureau. Puis, je suis sortie téléphoner à ma mère. Elle n'a pas répondu. J'ai voulu prendre l'air, mais Maximilien avait tout prévu. J'ai vu la petite armée de Max et j'ai pris peur. Il savait que je réagirai comme ça. Et il m'a contré. Un peu furieuse et déboussolé, je suis remonté dans l'ascenseur, avec l'intention de le confronté à la réalité des choses, mais quand l'ascenseur c'est arrêter au troisième étages, je suis simplement sortie.
- Madame Stuart ?
Je suis venue dans les bureaux des stocks de tissus et des créateurs, sans m'en rendre compte. Ici, tout à l'air si simple. Si paisible. Il y a une très bonne ambiance. Dans les bureaux de notre étage, tout semble... stressant et sur le qui-vive. Le personnel veut simplement nous plaire et ne pas se faire remarquer. Ce n'est pas le but du jeu.
- Hum ?
Je relève le visage sur celle qui a créé ma robe de marié.
- Vous allez bien ?
- Oui. Bien sûr.
Elle semble attendre quelques choses, mais je ne dis mot.
- Madame, je peux vous renseigner ?
- Non. Je veux juste un coin ou réfléchir.
Elle hoche la tête perplexe et me laisse m'installer au fond de l'atelier. Il y a cinq petits fauteuils en forme de poire très confortable avec des cousins prêts à m'accueillir. Je m'installe simplement et essaie d'analyser la situation. Difficilement.
Point de vue : Maximilien.
Je ne veux pas la brusquer. Mais, je sais aussi que si je ne vais pas lui parler maintenant... je risque de la perdre à jamais. Et cette idée, m'est insupportable. C'est pourquoi je fais signe aux différents employés de l'atelier création de sortir. La chef d'atelier soupire et s'autorise une petite intervention en passant devant moi.
- elle semble à bout. Allez-y doucement.
Je ne réponds pas. Une fois tout le monde sorti, je ferme la porte. Je sais que le chef de la sécurité à déjà mis la sécurité de ma femme en action. Tous sont déployés au cas où, elle décide de fuir à nouveau. Ou si elle décide de partir.
Ma splendide femme est assise sur un des différentes assises monstrueusement confortable de la pièce. Elle semble ne pas m'avoir remarqué encore. C'est pourquoi, je prends le temps de la regarder. Elle porte un jean qui lui va à merveille et une chemise. Le tout compléter par ses fidèles chaussures luxueuse. Le premier cadeau pour cette femme incroyable. Elle semble pale et avoir perdu du poids.
Je prends place à ses côtés. Laissant un siège entre nous. Elle finit par relever les yeux au bout de quelques minutes. Les plus longues de toute ma vie. Puis, les mots sortent de ma bouche avant même d'y avoir pensé.
- Tu es malheureuse. Je te rends malheureuse.
C'est une constatation. A mon plus grand désarroi, Angela Weber-Stuart, hoche la tête positivement. Mon cœur se brise, en des milliers de petits morceaux.
- Que puis-je faire pour te rendre ta joie de vivre?
Elle détourne son regard plein de larmes. Une seule coule le long de sa joue. Je suis prête à la récupérer, mais elle se recule un peu plus et l'essuie à ma place.
- Tu ne peux rien faire cette fois.
Sa voix est délicate. Remplit de peur, de peine et étrangement d'amour.
- Je suis fatigué, Max.
- je sais.
Ma voix n'est qu'un murmure. Je sais que j'ai trop tiré sur la corde. Et que cette fois, elle risque de caser. Définitivement. Ce que je refuse.
- Non. Souffle-t-elle, en posant sa tête sur le dossier de son siège.
Puis, elle ferme les yeux et soupire.
- Tu ne sais pas.
- Explique-moi.
- Je suis fatigué de ne pas dormir. Je ne dors pas depuis ce coup de téléphone.
Je suis le roi des cons.
- Je stress au moindre mouvement sur mon téléphone. Nuit, comme jour. Il ne me quitte pas depuis ton départ. Attendant amoureusement un signe de vie de ta part. Signe qui n'est jamais arrivé.
- Je voulais revenir au plus vite. Je voulais me dépêcher de régler cette affaire et revenir.
Elle ne répond rien. Absolument rien. J'ai même peur qu'elle ce soit endormi.
- Angela, que veux-tu ?
- Le Maximilien dont je suis tombé amoureuse.
Elle vient de me planter un couteau dans le cœur.
- Je suis toujours cet homme.
Elle ouvre ses yeux pleins de tristesse pour me répondre.
- Je n'en suis plus certaine.
- Que veux-tu ?
J'ai peur de la réponse.
- Je ne sais pas. Je voulais juste être à tes côtés, mais ça ne te conviens pas.
- Ne me quitte pas.
Je l'implore. Je suis prêt à la supplier. Ça la déstabilise. Elle semble sous le choc de mes mots.
- Ne me quitte pas Angela. Nous venons juste de nous marier. Je refuse de te perdre maintenant !
- Je ne vais pas divorcé. Sauf, si tu le veux.
- Non. Je refuse de me séparer de toi.
Je me jette à genou et l'implore cette fois.
- Je t'aime. Je te jure que ce que je ressens pour toi, je n'ai rien ressenti de tel pour personne d'autre au monde.
- Je te crois.
Notre premier contact physique depuis des jours et c'est Angela qui nous l'impose. Elle pose sa petite main féminine sur ma joue et essuie une larme que je viens d'échapper.
- Je suis juste fatigué de vouloir être la personne qui te correspond.
Je fronce les sourcils.
- Je ne sais pas si je pourrai avoir des enfants un jour. Te donner des enfants. Je n'ai pas de nouvelle de toi durant plusieurs jours... et tu reviens avec une femme et un enfant. Je dois dire qu'il est magnifique Max. il te ressemble tellement.
- Je sais. Marmonnais-je impuissant.
Elle réprime un sanglot. Je dois lui dire... même si j'ai promis de ne pas le faire pour le moment.
- ce soir, je compte tout t'expliquer. Dans les moindres détails, mais pas avant, j'ai des petites choses à régler. Est-ce que tu peux attendre ? Que je t'explique tout ?
Elle reste trop silencieuse à mon goût.
- tu peux attendre d'avoir les réponses que ce soir, Angela ?
Je lui parle en français. Pour être certain d'avoir toute son attention. Elle fronce les sourcils, mais fini par hocher la tête.
- Est-ce que tu veux rentrer à la maison ?
Angela semble perdue. Totalement perdu.
- Je... je vais...
Je passe mes bras autour de son corps de femme et malgré son envie d'être loin de moi, Angela me laisse faire. Notre embrassade est douce, délicate. J'ai tellement peur de lui faire plus de mal.
- Je t'explique tout ce soir, mon cœur. Je te le jure.
Au bout d'une minute ou deux, Angela brise notre bulle et je retire mes bras de son corps.
- Je vais rejoindre ta mère. Je vais rentrer avec elle.
Sa voix est fine, délicate. Ça me brise de la voir ainsi. Perdu, à cause de moi.
- D'accord. Ce soir à vingt heures, je serai à la maison.
Elle hoche la tête, puis se lève regarde autour d'elle, soupire, puis sort de la pièce. Me laissant seul avec mes idées noires. Pourquoi suis-je si impuissant face à cette femme ?
Je récupère mon portable et appel mon demi-frère. Il va tomber de très haut lui aussi. Et je stress aussi de sa réaction. Cependant, il doit savoir. Il doit m'aider surtout. Car cette fois, je n'y arriverai pas tout seul. Je vais avoir besoin de ma famille. Je vais avoir besoin de mes proches. Surtout de ma femme.
