Chapitre 37
Point de vue : Angela Weber-Stuart.
Debout face à la grande fenêtre, je regarde tous ce qui peut me distraire. Aucun autre building n'est plus haut que le notre, Maximilien s'en ai toujours assuré. Il s'arrange pour avoir la propriétaire de l'air à notre étage en quelques sortes. Seul un homme comme lui peut se le permettre. J'en suis convaincu.
- Ma chérie, tu devrais venir t'asseoir. Il est presque l'heure.
Ma charmante belle-mère est un soutient important depuis quelques jours. Elle pose un main sur mon épaule et me sourit tendrement.
- Merci de m'avoir soutenue. Face à votre fils. Lui dis-je doucement, tout en restant à ma place.
Elle pose sa main sur ma joue et d'une voix réconfortante me souffle quelques mots aimant.
- Je t'aime comme une fille Angela... Max ne pourra pas changer ça.
Je ne résiste pas. Je la prends dans mes bras et la sert fort.
- Ma mère me manque. Lui murmurais-je un sanglot dans la voix.
- Je sais, ma petite... je sais.
Elle me tient contre elle et me laisse me calmer. Ce que je fais au bout de cinq bonnes minutes. Le signal de l'ascenseur prêt à s'ouvrir m'aide à me reprendre. Hors de question, de laisser Max me voir si vulnérable. A mon grand étonnement, c'est son demi-frère Colton qui sort de l'ascenseur. Il a l'air déboussolé.
- Euh... bonsoir.
Je me rends compte alors, que c'est une des rares fois où Colton se retrouve en présence de la femme de son père. Il n'ose pas sortir de l'ascenseur. Je peux le comprendre.
- Colton ?
J'avance timidement, mais m'arrête au bout de deux pas.
- Maximilien n'est pas ici.
- Euh... je sais.
Il sort finalement un peu sur ses gardes.
- il m'a téléphoné ce matin, pour me demander devenir ce soir. Il avait l'air très bizarre et n'arrêtait pas de dire que c'était important.
- Evidemment ! Grogne la mère de Max.
Cette histoire prend une drôle de situation.
- Max ne devrait pas tarder. Tu veux boire quelque chose ?
- Un truc fort s'il te plaît, Angela.
Je hoche la tête et rejoins le bar. Je suis à peine derrière lorsque le signal de l'ascenseur reprend. Une minute plus tard, Maximilien sort de l'ascenseur. J'ai eu le temps de servir trois verres de whisky pur. Je rajoute des glaçons lorsque mon époux sert la main de son frère.
- Colton. Merci d'être venu.
- Euh... tu peux m'expliquer ?
- Nous aimerions tous savoir ! Tranche la mère de Max en s'installant sur le divan.
Je sors de derrière le bar et donne un verre à ma belle-mère et à Colton.
- Ton verre attend sur le bar ! Tranchais-je en direction de mon mari.
- Merci, Angie !
Mon cœur ratte un battement pendant que je m'installe à côté de Mathilda. Pourquoi est-ce que ça fait si mal de le voir et de l'entendre ? Mon mari va récupérer son verre puis se poste devant la baie vitrée. Ou je me trouvais quelques minutes avant.
Il boit une gorgée en regardant la vue dégagé. Je retiens mon souffle devant ce tableau. Il est beau. Diaboliquement beau. Puis, lentement il se tourne vers nous.
Max reste debout, face à nous. Il ne dit pas un mot pendant quelques secondes. Boit une autre gorgée et savoure l'alcool. J'ai le cœur qui est prêt à sortir de ma poitrine tellement je redoute d'entendre ce qu'il a à dire.
Le silence froid et distant ne me réconforte pas. Pas même la main sur mes genoux de sa mère. J'ai l'impression d'être au bord du toit d'un immeuble d'une centaine d'étages et qu'on allait me pousser d'un moment à l'autre. Et qu'au bout de cette descente, rien ne me sauverai. Seulement le long plongeon et un crache. Brutale. Sanglant.
- Y a une semaine, Angela à intercepter un appel sur mon portable. D'une femme qui disait être mon assistante... et avoir un enfant avec moi.
Mon cœur se sert. Je ne peux pas le regarder. Je détourne le regard et tombe sur le regard de son demi-frère. Ce regard qui me rappelle beaucoup trop celui de Max. il est sous le choc. Littéralement. Je plonge alors mon regard sur le tapis à mes pieds.
- Max... euh...
- Colton, je te serais reconnaissant de ne pas m'interrompre. C'est déjà difficile pour moi.
Le silence à nouveau. Ce silence qui bourdonne dans mes oreilles. J'ai même des étoiles devant les yeux... prête à tourner de l'œil. Je ferme les yeux une seconde... essaie de respirer, puis les ouvres. Max reprends à ce moment-là.
- Je suis partie à sa rencontre. Vérifié ses dires. Oui, j'ai eu jadis des relations avec cette femme, mais toujours protégé.
Je ferme les yeux. J'en peux plus. Je vais mourir de souffrance s'il continue.
- cette femme, c'est ton ancienne assistante ?
La voix de sa mère est tendue. Comme moi.
- Oui, maman. Tu le sais déjà.
- Je veux juste mettre les choses aux clairs. Pour tout le monde.
Il souffle fortement, mais continue.
- Notre relation a été très courte, lorsque j'y ai mis fin... elle ne voulait pas rester travailler pour moi. Alors, elle a démissionné.
Dois-je sortir de la pièce ? Parce que je ne me sens vraiment pas bien.
- Je n'ai plus eu aucune nouvelle, jusqu'à la semaine dernière.
Je me lève sans même y avoir pensée. Évidemment, tous les regards se dirigent vers moi. Surtout celui de Max, apeuré.
- Je vais m'allonger. Je ne me sens pas bien.
Colton se lève également et passe un bras sur mon épaule.
- Attends, tu es blanche comme neige. Doucement.
Il me réinstalle sur le divan. Colton retire son bras, lorsque Max s'agenouille devant moi. Les deux genoux au sol.
- Ce n'est pas mon fils, Angela !
Je cligne des yeux surprise. Et attends. Il répète doucement. Très lentement même pour que je puisse comprendre.
- Lucious, n'est pas mon fils, Angela.
Je ne me rends compte de mes larmes que lorsque Max passe ses doigts sous mes yeux et qu'il m'attire à lui pour m'offre un câlin des plus étouffant que je connais. Je me sens affreusement soulagé. Trop pour dire la vérité. Pourtant, une part de moi à envie de me détacher de Max. De ne pas le laisser gagner aussi facilement.
- Tu as fait des tests ? Demande sa mère doucement après un court instant.
- Oui.
- Et tu es certain de ne pas être son père ? Je dois dire que tu lui ressemble beaucoup.
- Je sais. C'est pour ça que j'ai fait des tests supplémentaires.
Max se redresse et invite une personne à entrer dans la pièce. Je suis choqué de voir son ancienne assistante débarquer. Comme une petite rose belle et gracieuse elle se pointe devant nous. Instinctivement, mon corps se tend. Je suis à deux doigts de tourner de l'œil. Je le sais.
- Angela, je tenais déjà sincèrement à m'excuser des mots que j'ai utilisés la dernière fois au téléphone. Maximilien n'est pas le père de Lucious. Je peux vous l'affirmer.
Elle attend une réaction de ma part. Mais, je ne dis mot. Je ne peux pas ouvrir la bouche... j'ai des picotements qui me paralyse.
- Bien. Je comprends votre rancœur, mais vous devez comprendre qu'élever un enfant seul c'est loin d'être évident.
- Nous n'avons pas dit le contraire. Tranche froidement la mère de Max.
Elle hoche simplement la tête.
- Après ma relation furtive avec Maximilien, j'ai pris mes distances. J'étais amoureuse et lui pas du tout.
Elle sourit doucement et j'ai encore envie de pleurer. D'ailleurs, je crois que je le fais. Je ne sais plus.
- Je suis partie à Boston chez une amie. Au bout de trois jours, j'ai eu un appel d'un certain Monsieur Stuart. Il voulait à tout prit me parler de Maximilien. J'ai été très surprise, mais je n'ai pas refusé le rendez-vous. Intrigué.
- Papa ? Souffle Colton sur la défensive.
- Oui. Marmonne Max à son demi-frère.
La jeune femme hoche la tête et reprend.
- nous avons bu un café, il m'a longuement parlé de son fils et qu'il semblait malheureux depuis mon départ. Il me disait les mots que je voulais entendre... Puis, nous nous sommes quittés sans rien d'autre.
Je fronce les sourcils.
- L'histoire c'est répété tous les jours pratiquement durant un mois.
La mère de Max retient son souffle. Comme moi.
- il était très charmant avec moi. Très doux. Et je me sentais importante.
- Vous avez couchez avec lui !
Ce n'est pas une question. La mère de max est sanglante dans sa constatation.
- oui. Je me suis laissé tenter par le diable. Une nuit, puis une autre... durant deux longues semaines.
- Puis, vous êtes tombé enceinte ? Siffle Mathilda froidement.
- Oui.
- Mais vous ne saviez pas qui été le père de cet enfant?
- Exactement.
Un long silence s'en suit. Un très froid silence.
- Lucious est le fils de Trevor Patrick Stuart ?
Colton est blanc comme neige. Littéralement. Comme nous tous certainement.
- Oui. Les tests l'on confirmer. Je suis un membre de sa famille à 99%. Mais pas le père.
- Lucious est notre frère ?
Colton grimace.
- Oui Colton. Lucious est notre demi-frère !
Entendre cette phrase de la bouche de Max me fait l'effet d'un choc. Moi qui ai vécu dans une famille aimante et avec une certaine éducation, savoir que les Stuart sont tous l'inverse, me donne le vertige.
Je pose ma tête sur le divan, enroule mes bras autour de mes jambes et sombre dans mes pensées. Je n'entends plus mon entourage. Je ne suis que l'ombre de moi-même. Complètement. Que dois-je faire ? Comment en suis-je arrivé à une telle situation ? Ma vie était tellement plus simple avant Max ? Avant New-York...
Point de vu : Maximilien Taylor Stuart.
Voir Angela dans cet état me brise le cœur. J'ai vraiment été trop loin cette fois. Je peux le sentir. J'aurai aimé que cette histoire et se malentendu ce dissipe rapidement, mais il semble que ça ne soit pas le cas. Je reviens vers ma femme doucement. Dans les yeux de ma mère, je peux voir le choc et la peine que cette révélation lui a causée. Mais, voir Angela dans cet état, lui fait encore plus de mal. Clairement.
- Angie ?
Angela ne bouge pas. Elle semble endormi... je sais que ce n'est pas le cas. Elle tremble comme une feuille. Je prends la décision de la sortir du salon. Je passe mes bras sous elle et la porte sans peine.
- Je t'emmène dans la chambre.
Elle ne bronche pas, mais ouvre un petit peu les yeux. Elle est fatiguée. Je fais signe aux autres de m'attendre. Et je sais qu'ils ont encore beaucoup trop de question pour ne pas rester.
J'allonge Angela dans notre lit. Cette chambre qui m'a tend manqué. Elle se roule en boule en plein milieu et referme les yeux. Instinctivement, je m'allonge juste derrière elle et la prends dans mes bras. Elle ne me rejette pas. Nous restons longtemps ainsi. Beaucoup trop pour ma santé mentale.
- Parle-moi, bébé.
- Est-ce que tu veux divorcer ?
C'est la douche froide. Je crois que je suis en train d'agoniser.
- Non. Plutôt mourir que de divorcé.
- Je pense que nous avons fait une erreur en nous mariant. Murmure-t-elle.
Une larme roule sur ma joue et va se perdre dans ses cheveux.
- Je t'aime. Je te supplie d'écouter ce que j'ai à dire avant de dire ce genre de chose.
Elle ne réagit pas durant quelques instants.
- Angie ?
- Pourquoi ne pas m'avoir donné de nouvelle ?
- J'avais peur.
- De quoi ?
- De voir mon monde changer. De t'imposer mes erreurs du passé.
Ma voix n'est qu'un murmure.
- Peur de te voir me tourner le dos. Comme tu le fait en ce moment même.
Mon cœur se sert un peu plus, lorsqu'elle ne me contredit-pas.
- Tu aurais pu me rassurer. Me dit-elle en pleure.
Je la sers un peu plus contre moi. J'ai tout merdé... encore !
- Je sais. Je n'ai pas vraiment réagit convenablement. Je te l'accorde... mais, j'avais peur.
- Peur d'être père ? Demande-t-elle la voix sanglotant.
Je meurs un peu plus à chaque échange de sa part. Je la perds. C'est inconcevable.
- peur que tu ne sois pas la mère de mes enfants. De mon premier enfant ! Je suis passé par des centaines de questions... loin de toi. J'avais peur que tu me tourne le dos en apprenant la présence de Lucious.
- J'aurai dû bien réagir... mais, je n'y arrive pas. Me dit-elle à bout de souffle.
- Je ne suis pas le père de Lucious, Angela. J'ai les documents qui le prouvent.
- Je te crois.
Un petit, léger, soulagement.
- Mais ?
- Je ne comprends pas pourquoi, elle l'a fait croire.
Je soupire de frustration.
- Quand elle a appris être enceinte, Kylie Larter, mon ancienne assistante, a voulu prendre contact avec moi. Pour faire des tests. Mais mon père c'est interposer. Il lui a fait croire beaucoup de chose sur moi. Entre autre que je refuser cette paternité. Kylie l'a cru. Mon père c'est occupé de toutes les paperasses. Il a même mis mon nom et signer sur l'acte de naissance de Lucious.
- Il est vraiment vicieux.
- Il voulait me faire du mal. Comme depuis ma naissance.
Son corps tremble contre le miens. Je la sers un peu plus.
- Kylie n'a plus jamais eu de nouvelle de moi, ni de mon père. Malgré l'argent qu'il lui versé depuis la naissance de leur fils.
- Il savait qu'il était le père ?
- Je pense qu'il espérer ne pas l'être.
- Pourquoi prendre contact avec toi maintenant ? Et de cette façon ?
- Mon père lui a fait du chantage. Il a très peu de temps. Il lui a révélé toute la supercherie. Que je n'étais pas au courant et qu'il ne donnerai plus un seul sous à Lucious. Et que si elle voulait quoi que ce soit de sa part à nouveau... elle devait sortir de son confort et revenir vers moi.
- Ce qu'elle a fait !
- Elle avait besoin de nous. Lui expliquais-je. Il a repris tous l'argent qu'elle avait.
- De toi ! Me reproche-t-elle. Elle avait besoin de toi... Pourquoi ne pas avoir appelé Colton, plutôt ?
- Colton n'a jamais couché avec elle. Moi oui.
Je m'en veux dès que les mots ont franchi mes lèvres.
- Désolé.
De nouveau ce long et froid silence. Celui qui te fait mal au plus profond de ton être.
- Angela... parle-moi. Dit moi toutes tes pensées.
- Croit moi... tu ne veux pas savoir.
Sa voix … elle ne lui ressemble pas du tout.
- Je ne sais plus Max. murmure-t-elle fatiguée et lasse. ce que je pensais être une évidence, me semble si loin.
- Laisse-moi te charmer à nouveau. Laisse-moi t'aime comme je le fais depuis nos retrouvaille. Depuis que tu es revenue à New-York.
Je suis prêt à la supplier.
- Laisse-moi du temps !
Cette bombe est violente. Je me crispe contre son corps.
- Laisse-moi du temps pour me remettre de ses informations.
Cette fois, c'est à moi de ne pas répliquer. Et nous restons l'un contre l'autre simplement. Nos retrouvailles ont un goût amer. Nos retrouvailles sont loin d'être celle que j'imaginai. Et je vais devoir mettre tous en œuvre pour que la femme contre moi, ne me tourne pas le dos. Que la femme, ma femme, ne demande pas le divorce.
Point de vue : Angela Weber-Stuart.
Cela fait quatre jours, que je fais chambre séparer avec Maximilien. Avec mon mari. Je ne suis pas au mieux, mais je fais avec. J'essaie de me reconstruire. Ce n'est pas évident, lorsqu'on voit l'homme qu'on aime tous les jours. Lorsque j'arrive à mon bureau, Max est déjà là. Il vient directement me voir. Comme c'est le cas, depuis son retour. Il n'a pas aimé savoir que je voulais du temps... et faire chambre à part. Il a même péter un plomb. J'aurai pu m'en offenser mais étrangement cela à montrer la force de son amour pour moi. Et savoir qu'il ne veut pas me perdre, m'aide beaucoup. À la maison, on ne s'adresse pas la parole. Une demande de ma part... ce qui le contrarie encore plus. Mais, ici, au travail, Maximilien a carte blanche et il se montre très créatif pour pouvoir me parler.
- Bonjour Angela.
Je relève les yeux vers lui. Il est à tombé par terre.
- Bonjour... Max.
Je suis prête à retirer ma veste, mais il m'aide comme depuis ses quatre derniers jours.
- Merci. Soufflais-je une fois dévêtis.
- Je t'en prie.
Il va accrocher ma veste, puis se pointe devant mon bureau. Je m'installe l'air de rien. Cependant, je ne peux pas nier l'attraction que nous avons. J'aime cet homme profondément. Et je sais qu'il m'aime aussi. Par contre, ce que j'ignore c'est : est-ce qu'il est possible pour nous d'avoir une relation moins... sauvage. Moins difficile. Je ne sais pas trop.
- Angie ?
Je sursaute presque au son de sa voix.
- Pardonne-moi, j'étais dans mes pensées.
Il sourit doucement.
- Tu veux toujours te rendre à Boston la semaine prochaine ?
Je penche le visage sur le côté. Il lève les mains en l'air aussitôt.
- Désolé.
- Tu connais déjà la réponse. Tu as un rapport complet sur mes faits et geste. Ce qui est totalement incroyable, lorsqu'on c'est que je n'ai pas eu de nouvelle de toi durant... une semaine.
Je suis sanglante. Et je m'en veux aussitôt, lorsque je croise son regard. La tristesse s'embarre de lui.
- Je ne demande pas un rapport complet aux personnes chargé de ta protection. Je leur demande simplement de veiller sur toi, lorsque je ne peux pas le faire.
- C'est assez souvent c'est temps-ci. Désolé ! Repris-je vivement devant son air coupable.
- C'est moi qui m'excuse. Écoute, je vais te laisser travailler. Il semble que ce matin, rien ne se passe comme je le désire.
Il sort du bureau en m'accordant un dernier sourire. Je me mets au travail sans perdre une seconde. Y a beaucoup à rattraper et surtout être ici, ne me fait pas penser à ma vie sentimental... qui est un véritable champ de mine.
Onze heures, je suis dans la salle de repos pour ma dose de caféine. Du moins d'habitude, c'est ce que j'aurai pris. Mais en cette fin de matinée, j'ai une furieuse envie de soda. Rien que ça. C'est pourquoi je suis venu plutôt devant le distributeur. Il y a différentes option, mais je sais de quoi j'ai envie. De soda bien frais.
Je suis en train de boire directement à la canette lorsque mon téléphone sonne. Je le récupère et lit l'appelant rapidement. Je décroche vivement.
- Joshua ? Que puis-je faire pour toi ?
- Je veux juste savoir si tu es tombé sur la tête.
Je roule des yeux aussitôt.
- maman vous a mis au courant ?
- J'aurai aimé que tu le fasses !
- J'ai du mal à réfléchir convenablement ses derniers temps.
- Mais, Angie... tu aurais dû nous appeler.
Je ne sais pas quoi répondre. Du moins, je le sais, mais ça fait encore plus mal de le dire.
- j'aime papa et maman plus que tout sur cette terre, mais je ne peux pas revenir Joshua.
- Je sais. Ta place est à New-York. Avec ton mari.
Je ferme les yeux très forts et pose ma main sur mon ventre. J'ai un sentiment de mal être qui me prend tout à coup.
- Je venais à l'église pas vraiment par vocation, Josh'.
- Comme nous tous. Maman et papa seront juste contents si vous pouviez venir.
- Je suis venu un peu trop ses derniers mois. Beaucoup plus qu'en deux ans à New-York.
Il rigole aussitôt et j'ai bien du mal à faire de même.
- Écoute, Joshua tu ne me feras pas changer d'avis. Je ne viendrai pas pour le sacre de papa et j'ai beaucoup de travail... donc...
J'essaie de lui faire comprendre qu'il doit raccrocher, mais il ne le fait pas.
- je sais pour le cadeau Angie. C'est … euh... expansif ?
- J'ai les moyens. Ou du moins mon époux et moi avons les moyens.
Il rigole à nouveau, tandis que je me plie encore un peu plus.
- offrir une voiture aux parents c'est plus qu'un beau cadeau. Comment veut tu qu'on rivalise avec Isaac ?
Une violente crampe à l'estomac me fait plier en deux. J'essaie d'écouter ce que me dit mon frère, mais j'ai du mal.
- Allô ? Y a toujours quelqu'un ?
Je fais un effort surhumain pour ne pas hurler ma douleur.
- Euh... désolé, je vais devoir te rappeler.
Je ne lui laisse pas le temps de répondre et raccroche. J'essaie de garder mon sang froid, mais y a forcément un truc qui ne va pas. Je compose le numéro de Nicholas, il décroche au bout de la seconde sonnerie.
- Nicholas, assistant de …
- c'est Angie, fait semblant d'aller chercher du café dans la salle de repos ! Je t'attends !
Je raccroche aussitôt. Les minutes qui suivent ou les secondes, sont les plus longues de ma vie.
- Angela ?
Nicholas court pratiquement, quand il me voit plier en deux.
- tu dois m'emmener à l'hôpital.
- Tu as mal au ventre ?
- J'ai l'impression qu'on me plante des couteaux dans le ventre. Dis-je les larmes aux yeux. Je ne peux même pas bouger.
- J'appelle une ambulance. S'écrit-il en essayant de repartir à son bureau.
Je le retiens en lui broyant l'avant-bras.
- Certainement pas. Max va être sur mon dos. Je peux prendre soin de moi sans lui.
- Je vais finir au chômage Angie.
- Je suis la moitié de ton patron. Il ne peut pas te virer. S'il le fait, je t'engage.
- Je vais le regretter.
*/*
Nicholas me guide rapidement jusqu'à la clinique que je lui ai indiquée. Il conduit prudemment comme souvent. Il se gare juste devant l'entrée, puis m'aide à sortir du véhicule. Il prend soin de moi, c'est adorable. Je dois le noter mentalement.
- Maximilien va le savoir. Ronchonne-t-il plus qu'inquiet.
- Je te jure que personne ne nous trouvera... j'ai fait très attention. Lui dis-je pour la dixième fois.
- Il va être fou de savoir que tu as fuis la sécurité.
- C'est le but, non ? Souris-je légèrement.
Il ne répond pas mais j'ai une forte envie de rire... mais, la douleur me rappelle la raison de notre présence ici.
Le docteur Jacques Mathe à accepter de me prendre en urgence. Max et moi sommes venus le voir plusieurs fois, suite à notre envie d'avoir des enfants. La secrétaire m'informe qu'il est en consultation. C'est pourquoi je dois attendre dans cette stupide salle d'attente avec six femmes enceintes et Nicolas. Elles ont tous un immense ventre. Je ne me sens absolument pas à ma place et j'ai très envie de parti, mais j'ai surtout très mal. Quand je décide de demander à Nicholas d'appeler Max, le docteur vient à ma rencontre.
- Madame Weber. Je crois que c'est à nous.
Je lui offre une grimace et le suis docilement jusqu'à son bureau. Il m'aide quand j'arrive à la porte de son bureau.
- Il semble que votre ventre vous cause des douleurs ?
- Oui. J'ai extrêmement mal.
- Je vais vous faire une échographie, Madame Weber-Stuart. Allongez-vous sur la table... du mieux que vous pouvez du moins.
Facile à dire pour lui. Nicholas n'est même plus là pour m'aider. Le docteur lui a gentiment fait part que ça présence n'était pas souhaiter. Il met les gants puis reviens vers moi.
- Voilà rester allongé et ne bouger pas !
Les tests dur une éternité. Le docteur Jacques Mathe spécialiste des femmes enceintes et de la fertilité, notes plusieurs donné sur un calepin puis va à son ordinateur. Il répète cette étape trois fois avant de souffler et de me demander de me redresser.
- Bien. Il souffle avant de me regarder droit dans les yeux. À quand remonte vos dernières règles, madame Weber ?
- Euh... presque deux mois.
Je grimace aussitôt. Il pose sa main sur la partie base de mon ventre. La douleur s'envole comme par magie.
- ok... Madame Stuart... j'ai le plaisir de vous annoncer que vous êtes à deux mois de grossesse.
Est-ce que mon monde peut-être plus anarchique que ça ?
- vous êtes sur ?
- Totalement. Vos muscles, vos articulations et vos veines sont mis à rude épreuve enceinte, il n'est donc pas étonnant que vous ressentiez une gêne au niveau du ventre. Cela arrive très fréquemment et risque de durer encore malheureux.
Je n'arrive pas à le croire.
- Je... suis enceinte de deux mois ?
- Presque deux, en réalité. Je vais vous faire un examen un peu plus approfondit mais pour l'heure, je vais surtout vous soulager avec vos douleurs.
- Bonne idée.
Il me sourit grandement avant de venir poser ses mains sur mon ventre. Il le douche à plusieurs endroits qui semblent plus douloureux que d'autre.
- ça ne risque rien pour l'enfant, je vous rassure tout de suite. Je ne le touche même pas.
Je n'y avait même pas réfléchis. Les larmes commencent à couler le long de mes joues.
- vous allez bien ?
- Oui... désolé... c'est juste que... j'aurai aimé que les choses soit différente.
Je ne continue pas, il semble ne pas s'en inquiéter. Oui, j'aurai aimé que Max soit présent avec moi. Que notre relation soit moins... compliquée. Et que mon mari soit au courant pour ma grossesse. Hors, je sais qu'il n'est pas judicieux de le lui dire maintenant. Je suis encore énervé contre lui... et bon dieu, je veux lui faire comprendre que je ne suis pas sa propriété. Je veux juste être sa femme, la personne en qui il a le plus confiance au monde. La personne sur qui il peut compter et surtout quelqu'un qu'il aimera inconditionnellement.
*/*
Cela fait deux jours, que je sais que je suis enceinte. Le médecin a dit que je verrai les changements et bon dieu... c'est assez radicale. J'ai l'impression que mon ventre à pousser dans la nuit. Il est tout petit encore, mais on ne peut que remarquer la rondeur sur le ventre. Je fais tout mon possible pour être assise quand je dois m'adresser à Max. le seul à être au courant pour le moment c'est Nicholas. Au cas où il m'arrive quelques choses.
Un petit coup à ma porte attire mon attention et surtout me sort de ma rêverie. Je quitte des yeux l'écran d'ordinateur pour le visage du demi-frère de Maximilien.
- Colton ?
Je fronce doucement les sourcils et il me sourit franchement.
- Je te dérange ?
- Non. Entre !
Il le fait simplement.
- Je venais prendre de tes nouvelles.
Pour le coup, je suis surprise.
- ça va !
- Menteuse !
Je roule aussitôt des yeux.
- Tu as sale mine.
- Merci.
Il rigole aussitôt et j'ai le premier petit sourire depuis des jours.
- Ah, enfin ! J'ai cru que la petite française était partie à jamais.
Je lui jette le stylo que j'avais sur le bureau et il l'esquive en ricanant.
- Tu vas bouder encore longtemps ?
- Je ne boude pas.
- Vraiment ? Donc, tu fais dormir mon frère dans la chambre d'ami juste pour le fun ?
Pour le coup, je suis bouche bée.
- comment tu le sais ?
- J'ai discuté avec Max.
- tu as discuté avec Max ? Le repris-je en relevant un sourcil.
Il soulève les épaules, puis s'installe sur le siège en face du miens.
- Nous discutons... beaucoup lui et moi. Hey, ne soit pas si surprise !
- Et de quoi parlez-vous ? M'enquis-je.
- De beaucoup de chose.
- De moi ?
- De lui. Souffle-t-il très naturellement. Trop. Nous avons parlé de lui. De ce qu'il ressent. Et de la peur puissante qu'il a de te perdre à jamais.
Mon estomac se tort.
- Il t'a dit ça ?
- Plus ou moins. Il soupire puis se penche un peu vers moi. Imagine l'état dans lequel il se trouve pour venir jusqu'à moi et me parler de ses états d'âme.
Colton a raison. Max ne l'aurai jamais fait en temps normal.
- Sa mère ne lui parle plus. Tu le savais ? Me demande-t-il.
- Non. A cause de Lucious ? Demandais-je.
- Un peu. Elle lui a écrit un message. Il me la fait lire.
J'ai peur de demandé. Colton continue.
- En gros, sa mère ne lui pardonnera pas cette fois.
- Vraiment ?
Ma voix est monté haut dans les aigus.
- Non. La seule personne qui peut la faire changer d'avis, c'est toi, Angela !
Pour le coup, je suis abasourdi.
- Moi ?
- Elle t'aime bien plus que tu ne peux l'imaginer. Elle est aussi touché par tes ressenti que celle de Max... et cette fois, elle choisit clairement ton coté au sien.
- Ça me touche, mais je ne pense pas que sa mère décide de...
Il me coupe en levant la main.
- J'ai lu les messages. Croit moi... elle est de tout cœur avec toi.
Je dois avouer que l'idée me plaît, mais me fait mal aussi. Je n'aimerai pas que ma mère se met du côté de Max pour une raison comme celle-ci.
- Il doit mal le vivre.
- Franchement ?
Je hoche la tête.
- Il est fou d'amour pour toi. Tellement qu'il ne mange pratiquement plus. Qu'il ne dort plus... il essaie d'aider Kylie et de passer du temps avec Lucius, mais sans toi à ses côtés toutes ses petites choses sont inutile. Il le fait comme un réflexe humain... mais même le petit se rends compte de son mal être.
Que dois-je répondre à ça ? Franchement, je suis à deux doigts d'éclater en sanglot. Pourtant, je ne le fais pas. Pour la bonne raison qu'un bruit horrible vient de me tétaniser sur ma chaise.
J'ai affreusement peur. Réellement. Le bruit qui raisonne dans l'étage et reconnaissable entre mille. Mon corps se crispe. Colton ouvre grand les yeux, après avoir sursauté sur son siège. Le silence qui s'en suit me glace le sang. J'ai l'impression que le temps s'arrête. Que plus rien ne se passe autour de nous. Que le temps c'est suspendu. Du moins durant un court instant.
Puis, c'est la cohue. L'anarchie. J'entends des hurlements, des gens courir. Glenn et deux autres hommes de la sécurité entre dans mon bureau affolés.
- Madame, vous devez nous suivre. Immédiatement.
- Ou est Max ?
Glenn ne répond pas. Il m'agrippe le bras avec brusquerie et me fait sortir de la pièce.
- Monsieur Stuart, vous devez nous suivre également.
- Avec plaisir ! Tranche le demi-frère de mon mari, en panique.
- Que se passe-t-il Glenn ? J'ai le cœur qui bat à mille à l'heure quand on ne descend pas les escaliers.
- Un homme armé est entré dans le bâtiment.
- Comment c'est possible ?
- Nous ne savons pas, madame.
Je le crois. Nous avons à peine descendu deux étages, quand un des gardes parties en éclairage remonte à toutes vitesses. En un regard, ils se comprennent Glenn ouvre la porte à notre étage et nous sortons. Je ne connais pas vraiment cet étage.
- Madame, nous allons devoir vous mettre en sécurité.
- Qu'est-ce qui se passe ? Dite moi ?
J'ai les larmes aux yeux. Je ne me sens pas bien du tout. Glenn ne répond pas et nous fait entrer dans une pièce dont j'ignorais tout jusqu'ici. Personne à l'étage. Une fois tous dans la pièce, un des types de la sécurité ressort. Glenn et l'autre homme commence à pousser les meubles devant la porte. Colton c'est rapproché de moi et à passer sa veste sur mes épaules.
- Merci.
Il sourit très lentement. Il essaie de me rassurer. Mais, je suis trop inquiète pour ça.
- Glenn, j'ai besoin de réponse !
Ma voix est ferme. Il lève la main et me demande de m'installer contre le mur du fond. Je le fais malgré mon envie de lui tirer les vers du nez. Il appuie sur son oreillette écoute, puis parle normalement.
- Nous sommes dans un bureau du douzième étage. Madame Stuart et Colton Stuart sont avec moi et Dustin.
- …
- Reçu. Nous sommes en sécurité pour le moment. La police est prévenue. Il ne reste plus qu'à attendre.
- …
Glenn me jette un petit coup d'œil, mon corps se tend.
- Trois hommes armés à l'étage des bureaux des chefs. Deux autres remontés par les escaliers. Ils devaient nous attendre.
Mon cœur se sert.
- Aucun signe de Kylie, ni de Lucious.
- Est-ce que c'est Max ?
Ma voix est fluette. J'ai affreusement peur. Glenn me regarde doucement.
- Non, madame. Nous n'avons pas de ses nouvelles.
Mon cœur cogne fort dans ma poitrine.
- Pourquoi personne n'est avec lui ?
Il souffle un grand coup, puis raccroche son arme à sa ceinture. Je n'avais pas même pas remarqué qu'il l'avait en main. Incroyable.
- Nous l'avons perdu dans la cohue, madame.
Est-ce que je suis en train de rêver ?
- Je vous demande pardon ?
Ma voix est montée haut très haut dans les aigus.
- vous avez perdu mon mari ?
Colton me fait signe de me taire. Je me souviens alors de la situation.
- Glenn, vous avez intérêt à retrouver l'homme que j'aime.
- Oui madame !
Putain, est-ce qu'un jour ma vie sera moins pire que la journée d'avant ?
