Titre : Confinement au Manoir Black
Genre : Romance
Rating : M
Résumé : Depuis son mystérieux retour de derrière le voile, Sirius n'est plus le même. Mais tout change lorsqu'une pandémie mondiale le contraint à se confiner avec Hermione au Manoir Black. Entre sa sombre mélancolie et l'ennui d'Hermione, leur cohabitation pourrait bien bouleverser leurs vies à jamais.
Couple : Hermione/Sirius
Disclamer : Harry Potter ne m'appartient pas.
Spoiler : Les sept livres
Note : Hello ! Merci à camille-dauphin2 et lardonforever pour vos idées et encouragements ! Je vois que vous êtes à fond donc voici la suite :D J'espère que vous apprécierez ce chapitre riche en rebondissements ;) Bonne lecture !
Chapitre 3
Le mois de novembre fut ponctué par plusieurs moments marquants, mais l'événement le plus important pour Hermione fut sans aucun doute l'anniversaire de Sirius. Bien décidée à marquer le coup, elle avait longuement échangé avec Remus pour savoir ce qui pourrait réellement lui plaire. Après quelques hésitations, elle avait retenu plusieurs idées, attendant que la météo dicte son choix final.
Heureusement, ce matin-là, un miracle se produisit : un grand soleil illuminait le ciel, dissipant enfin le gris maussade qui s'était installé depuis des semaines.
Dès l'aube, Hermione s'activa. Elle voulait que cette journée commence de la meilleure manière possible. Dans la cuisine, elle s'appliqua à préparer un petit déjeuner typiquement anglais, sachant combien Sirius en raffolait. Une fois le repas prêt, elle y jeta un sort pour le maintenir au chaud avant de quitter discrètement le manoir.
Elle se rendit chez Adaline, complice de son plan. Tout devait être parfait.
À son retour, elle constata avec soulagement que Sirius était encore à peine réveillé. Quand il entra dans la cuisine, elle l'attendait avec un sourire radieux.
«Bon anniversaire !» lança-t-elle, pleine d'enthousiasme.
Sirius s'arrêta net, un sourire surpris se dessinant sur son visage.
«Oh ! Merci,répondit-il, visiblement touché.
-J'espère que tu n'as rien de prévu aujourd'hui,ajouta-t-elle, un éclat malicieux dans les yeux.
-Qu'as-tu encore imaginé ?» demanda-t-il, amusé, un sourcil levé.
Hermione se contenta de hausser les épaules, gardant le mystère. Ensemble, ils s'installèrent à table. Sirius fit honneur au petit déjeuner, son appétit retrouvé témoignant des changements positifs de ces derniers mois.
Une fois le repas terminé, Hermione lui lança avec un sourire :
«Va te préparer, on sort.
-Vers chez Adaline ?» devina-t-il en plissant les yeux, intrigué.
Elle haussa de nouveau les épaules, un sourire joueur sur les lèvres.
Quand il revint, prêt et impeccable dans sa tenue d'équitation, elle ne put s'empêcher de rire doucement. Orion attendait déjà impatiemment près de la porte et Sirius lui adressa une caresse affectueuse.
Ils prirent la direction du domaine d'Adaline, où celle-ci les accueillit chaleureusement, un grand sourire aux lèvres.
«Joyeux anniversaire, Sirius,» lui souhaita-t-elle en avançant vers eux.
Derrière elle, deux chevaux étaient déjà sellés et impatients, Sirrah secouant son encolure.
«Merci, Adaline,» répondit Sirius avec un sourire sincère.
Hermione remercia également leur hôtesse avant de se mettre en selle. Comme toujours, Meyla s'élança vivement, guidée par Hermione, qui ouvrait la marche à travers les arbres dorés de l'automne.
Toutefois, au lieu de suivre le sentier habituel, elle bifurqua à gauche, éveillant la curiosité de Sirius. Quelques minutes plus tard, ils débouchèrent sur la plage. Une immense étendue de sable doré s'étalait devant eux, scintillant sous le soleil automnal.
Sirrah trépigna d'impatience en apercevant l'horizon dégagé.
«On fait la course ?» proposa Hermione avec un grand sourire espiègle.
Sirius éclata de rire, secouant la tête.
«Tu vas le regretter,répondit-il, visiblement prêt à relever le défi.
-C'est ce qu'on va voir !» rétorqua-t-elle, un éclat de défi dans les yeux.
Ils prirent un moment pour se placer côte à côte. Leurs regards se croisèrent, complices, avant que Sirius ne lance :
«On se retrouve de l'autre côté !»
Et il donna le départ.
Sirrah bondit en avant, Sirius penché pour l'accompagner dans son élan. Meyla réagit aussitôt, et Hermione l'encouragea vivement.
«Allez, ma belle, on ne peut pas les laisser gagner !»
La course fut exaltante. Orion les suivait de près, aussi rapide que déterminé. Sirrah, cependant, avait un net avantage, son énergie semblant inépuisable. Sirius, hilare, jetait parfois des regards en arrière pour vérifier où en était Hermione, son sourire éclatant trahissant son bonheur.
Mais au bout d'un moment, Hermione remarqua qu'il ralentissait légèrement, laissant Meyla réduire la distance entre eux.
«C'est incroyable, non ?!» cria-t-il par-dessus le bruit du vent et des sabots.
Hermione éclata de rire, sentant son cœur s'alléger dans cet instant suspendu.
Finalement, il n'y eut ni vainqueur ni perdant. Ils ralentirent progressivement, laissant leurs montures marcher paisiblement au bord de l'eau. Les sabots des chevaux effleuraient les vagues, et la conversation reprit doucement, ponctuée par le bruit des vagues.
À leur retour chez Adaline, celle-ci les accueillit chaleureusement, les invitant à rester pour le déjeuner. D'un geste de la main, elle balaya toutes les considérations sur les restrictions liées au confinement.
«À part vous, je ne vois personne, déclara-t-elle, un sourire malicieux éclairant son , honnêtement, je pense être assez grande pour savoir ce que je fais.»
Hermione, amusée, jeta un regard interrogateur à Sirius, qui acquiesça sans hésiter.
«Avec plaisir,» répondit-il.
Ils prirent soin des chevaux, rinçant soigneusement leurs sabots encore humides d'eau salée, puis rejoignirent Adaline à l'intérieur.
C'était la première fois qu'Hermione et Sirius pénétraient réellement chez leur amie. La maison d'Adaline était d'un confort chaleureux et accueillant. Les murs ornés de bois, les fauteuils moelleux et l'odeur d'un feu crépitant dans la cheminée leur donnèrent immédiatement l'impression d'être dans un refuge.
Le repas, simple mais savoureux, fut ponctué de rires, surtout ceux de Sirius. Hermione, entre deux bouchées, ne pouvait s'empêcher de l'observer. Elle ne l'avait jamais vu aussi détendu, même dans les moments les plus joyeux qu'ils avaient partagés auparavant.
Intriguée, elle s'empara d'un moment où la conversation glissa vers l'adolescence pour l'interroger.
«Sirius… tu étais comme ça à Poudlard ? Toujours en train de rire avec les Maraudeurs ?» demanda-t-elle avec curiosité.
Son sourire s'élargit, et il se lança dans une série d'anecdotes sur ses années à Poudlard. Ses récits, parfois teintés de nostalgie, souvent hilarants, dessinèrent un portrait du Sirius adolescent qu'Hermione imaginait sans peine. Adaline, amusée, écoutait en silence.
Lorsque le soleil commença à décliner, ils décidèrent qu'il était temps de partir.
Sur le chemin du retour, Sirius se tourna vers Hermione, l'air intrigué.
«Mais… tu ne devais pas travailler aujourd'hui ?» demanda-t-il.
Hermione lui lança un sourire énigmatique.
«Je me suis arrangée,» déclara-t-elle, son ton plein de mystère.
De retour au manoir, Hermione disparut brièvement dans la cuisine avant de revenir avec deux grandes tasses de chocolat chaud, puis elle ramena une pile de boîtes colorées qu'elle disposa sur la table basse.
«Tu as ramené des jeux de société ?s'étonna Sirius, certain qu'il n'y en avait pas au manoir Black.
-Peut-être, répondit-elle, jouant la carte du mystère. Mais peut-être devrais-je les renvoyer à leur propriétaire après…»
Sirius éclata de rire.
«Remus, hein ?»
Elle haussa les épaules, confirmant sans vraiment répondre.
Quand il choisit un jeu, Hermione ne sembla pas surprise.
«Il t'a aussi dit que c'était mon préféré ? demanda-t-il en plissant les yeux, à moitié amusé, à moitié impressionné.
-Peut-être,admit-elle. Et tu vas devoir m'apprendre les règles.»
La fin de l'après-midi se déroula dans une ambiance détendue. Entre les parties de jeu, ils discutaient de tout et de rien, faisaient des pauses pour boire un thé ou grignoter un biscuit.
Le soir venu, Hermione se leva et fit apparaître une housse blanche avec un petit pop.
«Je sais que tu as beaucoup plus de style que moi, mais fais-moi confiance,» dit-elle en tendant la housse à Sirius.
Il haussa un sourcil, curieux, mais opina.
«Je dois revenir dans combien de temps ?
- A sept heures serait parfait,» répondit-elle après un rapide coup d'œil à l'horloge.
Un peu intrigué, il monta se préparer. Lorsqu'il ouvrit la housse, il découvrit un costume en tweed élégant dans des tons chauds de marron et beige, des couleurs qu'il portait rarement mais qui, il le constata avec satisfaction, lui allaient étonnamment bien.
Prenant son temps, il attacha ses cheveux en un demi-chignon soigné, tailla légèrement sa barbe pour une touche plus nette, puis s'assit avec un livre, Pattenrond sautant aussitôt sur ses genoux.
«Toi, tu as décidé que je n'avais pas assez de poils de chat sur moi, hein ?» plaisanta-t-il en caressant le félin qui ronronnait bruyamment.
Lorsqu'il descendit pile à l'heure, Sirius fut accueilli par une scène qui le laissa un instant sans voix. Toutes les bougies du manoir étaient allumées, leurs flammes vacillantes projetant des lueurs dorées sur les murs sombres. Une ambiance feutrée enveloppait les lieux, sublimée par la douce mélodie jouée par le gramophone dans la salle à manger. La table était dressée avec soin: une nappe blanche immaculée, des bougies fines et élégantes, et une vaisselle ancienne qui semblait sortir d'un autre temps. Mais Hermione, elle, était introuvable.
Curieux, il se laissa guider par une délicieuse odeur qui flottait dans l'air. Il descendit les escaliers menant aux cuisines, son pas léger, jusqu'à ce qu'il s'arrête net en bas des marches.
Hermione, dos à lui, sortait un plat du four. Elle chantonnait doucement, suivant la mélodie d'une chanson qui passait à la radio. La lumière tamisée jouait sur sa robe noire satinée qui tombait jusqu'au sol, et Sirius ne pouvait détacher ses yeux du laçage délicat qui ornait son dos, révélant une partie de sa peau avec une subtilité élégante. Ses cheveux, relevés en un chignon complexe, laissaient échapper quelques mèches qui encadraient son visage. Il nota la teinte rouge éclatante de ses lèvres alors qu'elle les mordillait, concentrée sur la cuisson du plat.
Il était à la fois hypnotisé et déconcerté: comment Hermione arrivait-elle encore à le surprendre?
«Sirius ?» appela-t-elle soudain en se retournant, interrompant ses pensées.
Pris sur le fait, il sentit ses joues chauffer, mais heureusement, sa propre tenue détourna immédiatement l'attention.
«Je savais que ça t'irait,» déclara-t-elle avec un sourire satisfait en observant son costume.
Il lui rendit son sourire.
«Effectivement. Où as-tu trouvé cela?
-Ici,répondit-elle avec malice. C'est fou ce qu'on peut dénicher dans les armoires du manoir. Et, par un miracle, c'était parfaitement ta taille.»
Il éclata de rire et s'approcha, ses yeux ne quittant pas les siens.
«Tu es magnifique, en tout cas,» murmura-t-il.
Hermione rougit légèrement et détourna le regard, se concentrant à nouveau sur son plat.
«Je pense que c'est prêt, dit-elle après un instant, tandis qu'il continuait de l'observer, comme fasciné.
-Je remonte quelque chose? proposa-t-il.
-Oui, tu peux prendre ces plats,» répondit-elle en désignant deux plats fumants.
De retour dans la salle à manger, Hermione servit les entrées: une assiette raffinée de carpaccio de saumon accompagné d'une vinaigrette citronnée et d'une salade.
Le plat principal, des lasagnes qu'elle avait préparées la veille pour qu'elles développent toute leur saveur, fut un véritable succès.
«Je comprends mieux pourquoi tu passais autant de temps en cuisine hier,» plaisanta Sirius en prenant une deuxième portion.
Le repas fut un moment de pur délice, ponctué de conversations animées et de rires. Enfin, Hermione apporta le dessert: un gâteau au chocolat fondant, le préféré de Sirius.
«Dis-moi combien d'idées t'a soufflé Remus?» la taquina-t-il, amusé.
Hermione rit doucement.
«Pour ma défense, j'ai posé des questions très précises,» répliqua-t-elle avant de lui tendre un paquet soigneusement emballé.
Sirius prit le cadeau, légèrement surpris, et l'ouvrit avec précaution. À l'intérieur, un cadre en bois sombre renfermait une photo qu'il n'avait pas vue depuis des années: lui, Remus, James et Lily. Peter n'y figurait pas, ce qui était rare, et dans ses bras, il tenait un bébé Harry, riant joyeusement alors que Sirius essayait de capter son attention.
Il se figea, ses doigts se refermant doucement sur le cadre tandis que des souvenirs oubliés refaisaient surface. Une vague d'émotions déferla en lui, si intense qu'il ne réalisa pas tout de suite qu'il pleurait.
Ce fut la sensation des mains d'Hermione sur ses épaules qui le ramena à la réalité. Elle s'était approchée silencieusement et, voyant ses larmes, l'enlaça doucement.
«J'espère que cela te fait plaisir,souffla-t-elle, sa voix à peine audible.
-Idiote,» murmura-t-il en réponse, sa voix rauque d'émotion, tandis qu'il la serrait un peu plus contre lui.
Quand il releva les yeux vers elle, leurs regards se croisèrent. Hermione, avec une infinie douceur, essuya les larmes sur son visage, ses doigts effleurant sa peau.
«La photo aussi vient de Remus?» tenta-t-il de plaisanter, sa voix encore tremblante.
Elle secoua la tête, amusée.
«Laissons Remus là où il est. Il y a du gâteau qui nous attend.»
Il rit, retrouvant un semblant de légèreté, mais ne put s'empêcher de ressentir un léger vide lorsqu'elle retourna s'asseoir face à lui.
Le gâteau était, comme tout le reste, parfait, et ils passèrent une grande partie de la soirée devant la cheminée, parlant des souvenirs liés à cette photo. Sirius, emporté par la chaleur de l'instant, se laissa aller à raconter des anecdotes plus intimes sur James, Lily et les Maraudeurs, tandis qu'Hermione l'écoutait religieusement, essayant de retenir ses questions sans y parvenir totalement.
Ce soir-là, le temps sembla suspendu.
Le lendemain, la réalité les rattrapa brusquement. La conférence tant attendue sur les lois internationales sorcières, maintes fois repoussée, venait d'être confirmée. Elle se tiendrait à New York la semaine suivante, et Hermione devait y assister aux côtés de sa supérieure.
Si elle semblait débordante d'enthousiasme, la perspective de cet événement la faisant presque trépigner, Sirius, lui, ne cachait pas sa réticence face à son départ, même s'il était heureux pour elle.
Ce soir-là, alors qu'elle descendait avec sa valise prête près de la cheminée, elle le trouva dans le salon, impeccablement vêtu d'un pantalon noir et d'une chemise blanche. Orion, allongé près de ses pieds, et Pattenrond, confortablement installé sur le fauteuil, semblaient aussi peu ravis qu'il ne l'était.
«Prends bien soin d'eux, lança-t-elle avec un sourire malicieux, ou peut-être est-ce eux qui devraient prendre soin de toi.»
Sirius esquissa un rire léger avant de retrouver son sérieux.
«Fais attention à toi,dit-il, son regard brillant d'une inquiétude qu'il ne cherchait pas à masquer.
-Je promets,» répondit-elle, plongeant ses yeux dans les siens avec une sincérité désarmante.
Il sembla sur le point de dire quelque chose, hésita, puis se ravisa. Hermione lui offrit un dernier sourire et s'accroupit pour caresser Orion et Pattenrond. Le chiot, qui grandissait à vue d'œil, gémissait doucement, léchant ses doigts comme s'il comprenait qu'elle partait pour plusieurs jours.
Puis, avec un soupir imperceptible, elle s'éloigna. En un instant, la lueur verte de la poudre de cheminette l'enveloppa, et elle disparut dans la cheminée, laissant derrière elle un salon soudain bien trop silencieux.
Pour Hermione, les journées new-yorkaises furent un tourbillon. Dès son arrivée, elle fut plongée dans une effervescence constante: des débats passionnés sur l'harmonisation des lois sorcières, des réunions interminables ponctuées d'échanges en plusieurs langues, et des dîners mondains où elle se fit un devoir de représenter fièrement l'Angleterre.
Les gratte-ciels scintillants, la magie discrète qui flottait dans les rues bondées de sorciers et de moldus, et l'énergie vibrante de la ville lui donnaient un sentiment grisant. Pourtant, à chaque moment de calme – ou lorsque la journée se terminait enfin –, ses pensées revenaient invariablement au manoir Black et à Sirius.
Pour Sirius, ces trois jours furent interminables. Bien qu'ils ne passaient généralement pas leurs journées ensemble, sa simple absence dans la maison pesait lourdement. Les heures semblaient s'étirer, particulièrement en soirée, lorsque le silence devenait presque oppressant.
Adaline, toujours perspicace, vint lui rendre visite chaque jour, partageant avec lui des tasses de thé et des conversations légères. Une soirée, elle resta même dîner, mais cela ne suffisait pas à combler le vide qu'Hermione laissait derrière elle.
Les deux autres soirs, Sirius se retrouva seul, sa solitude amplifiée par le silence du manoir. Bien qu'il continuât à vaquer à ses occupations, sa routine semblait dénuée de sens sans elle.
Ce samedi matin, Sirius était debout dès l'aube, incapable de dormir plus longtemps. Il décida d'occuper son esprit en préparant des pancakes, sachant qu'ils figuraient parmi les plats préférés d'Hermione. C'était surtout une manière de passer le temps, chaque minute semblant s'étirer douloureusement.
Alors qu'il terminait de battre la pâte, le bruit familier de la cheminée s'activant dans le salon le fit sursauter. Orion bondit hors de la cuisine, aboyant joyeusement.
Sirius le suivit précipitamment et s'arrêta net en voyant Hermione. Elle portait un élégant manteau noir, celui qu'elle avait retrouvé dans une armoire du manoir, et semblait un instant surprise de le voir là, si tôt, les cheveux encore en bataille mais la chemise impeccablement ajustée.
Il croisa son regard fatigué mais lumineux, et un sourire hésitant se dessina sur ses lèvres.
«Salut,» murmura-t-elle en caressant Orion, qui ne cessait de sautiller autour d'elle.
Comme s'il revenait à lui, Sirius s'avança rapidement et, sans réfléchir, la prit dans ses bras. Hermione se laissa aller contre lui, et une chaleur réconfortante les enveloppa. Elle réalisa, presque malgré elle, la fermeté de ses épaules sous ses mains, et Sirius, de son côté, la tenait avec une tendresse mêlée de soulagement.
Dans un geste instinctif, il la souleva légèrement, ses mains fermes sur sa taille. Leur étreinte dura quelques instants, leurs cœurs battant à l'unisson, chacun conscient de combien l'autre lui avait manqué. Mais aucun mot ne fut échangé.
Lorsqu'il la reposa doucement, Sirius remarqua ses joues rougies et ne put retenir un sourire.
«Viens prendre le petit-déjeuner,» proposa-t-il, sa voix plus douce qu'il ne l'aurait voulu.
Hermione hocha la tête avant de se détacher lentement. Elle le suivit dans la cuisine et pour la première fois depuis trois jours, le manoir Black semblait retrouver toute sa lumière.
«Tu as fait des pancakes?!» s'exclama Hermione, ses yeux pétillant de joie en découvrant la pâte prête et la petite poêle posée sur le feu.
Sirius sourit, amusé par son enthousiasme.
«Eh oui, j'espère que tu as faim.
-Je meurs de faim,» répondit-elle sans hésiter, ses joues légèrement rosies par l'émotion.
Il versa une louche de pâte dans la poêle, le crépitement léger marquant le début d'un petit-déjeuner simple mais réconfortant. La douce odeur de beurre et de sucre emplit rapidement la cuisine. Ils déjeunèrent tranquillement, discutant des derniers jours. Sirius plaisanta sur les aventures improbables d'Orion en son absence, tandis qu'Hermione lui raconta brièvement ses mésaventures pour retrouver une valise égarée dans l'agitation new-yorkaise.
Plus tard dans la journée, ils se rendirent chez Adaline. Tandis qu'Hermione et Adaline discutaient dans la cuisine, Sirius sortit avec Sirrah.
À travers la fenêtre, Hermione pouvait le voir dans la clairière, guidant Sirrah avec une maîtrise certaine. Il le faisait galoper à vive allure avant de ralentir pour un trot élégant, son corps suivant instinctivement les mouvements de l'animal.
«Alors, ce voyage?» demanda Adaline en s'installant avec une tasse de thé fumante.
Hermione reporta son attention sur son hôtesse.
«Très bien, très intéressant,» répondit-elle, avant de lui raconter les temps forts de la conférence: les discussions animées, les propositions audacieuses sur l'harmonisation des lois sorcières, et les visites éclair dans les lieux emblématiques de la ville.
Adaline, toujours perspicace, l'observa avec un sourire en coin.
«Mais tu aurais pu prolonger ton séjour, je me trompe?»
Hermione rougit légèrement, son regard déviant vers la fenêtre. Là-bas, Sirius faisait faire un cercle parfait à Sirrah.
«Oui, effectivement,admit-elle doucement. Mais… je n'en avais pas envie.»
Adaline émit un petit rire, pas dupe.
«Est-ce parce que tu connais déjà New York? Ou bien… serait-ce lié à une certaine personne?»
Hermione leva les yeux au ciel, à la fois amusée et légèrement gênée.
«Adaline…»
La vieille femme n'insista pas, se contentant de sourire avec cette sagesse qu'Hermione appréciait tant.
En fin d'après-midi, ils regagnèrent le manoir Black. Malgré la fatigue accumulée et les heures de décalage horaire qui pesaient sur ses épaules, Hermione insista pour passer la soirée avec Sirius.
Elle s'installa dans le salon, un livre à la main, et s'enfonça dans un fauteuil près de la cheminée. La douce chaleur des flammes dansait sur les murs, tandis qu'Orion, fidèle à lui-même, se lovait contre ses jambes. Sirius, quant à lui, s'assit non loin, feuilletant un vieux journal qu'il avait trouvé plus tôt.
Le silence qui s'installa entre eux n'avait rien de pesant. Ils aimaient juste passer du temps l'un avec l'autre, chacun vaquant à ses occupations.
Cependant, à peine un quart d'heure plus tard, Sirius leva les yeux de ses pages pour apercevoir Hermione, la tête doucement penchée sur le côté, plongée dans un sommeil paisible. Son livre avait glissé sur ses genoux, et Orion ronflait légèrement, comme pour l'accompagner dans ses rêves.
Un sourire attendri étira les lèvres de Sirius. Se levant doucement pour ne pas la réveiller, il s'approcha. Orion grogna faiblement, mais n'offrit aucune réelle protestation lorsque Sirius se pencha pour soulever Hermione dans ses bras.
Elle entrouvrit légèrement les yeux, comme dans un demi-sommeil, et son visage s'illumina d'un sourire serein en croisant son regard.
«Sirius…murmura-t-elle, sa voix teintée de cette douce langueur propre au sommeil.
- Shh… dors,» répondit-il doucement, ses bras la soutenant avec une délicatesse infinie.
Il l'emmena à sa chambre, et bien qu'il n'y soit jamais entré auparavant, il ne fut pas surpris de découvrir l'espace soigneusement aménagé avec la touche propre à Hermione: des livres soigneusement empilés sur la table de chevet, une couverture tricotée jetée sur le fauteuil près de la fenêtre.
Il l'allongea sur son lit, lui retira ses chaussures avec précaution, et borda la couverture autour d'elle. Hermione s'agita légèrement avant de se rendormir presque aussitôt, un soupir d'aise s'échappant de ses lèvres.
«Bonne nuit,» murmura Sirius, déposant un baiser léger sur son front.
Alors qu'il se redressait, Orion s'installa au pied du lit, et Pattenrond, sorti de nulle part, sauta sur la couverture pour se lover contre Hermione.
Sirius étouffa un rire amusé face à cette scène. Il quitta la pièce, refermant doucement la porte derrière lui, le sourire toujours présent sur ses lèvres, et regagna sa propre chambre, étrangement apaisé.
Le lendemain matin s'étira lentement, bercé par une pluie fine qui tambourinait contre les grandes fenêtres du manoir. Les nuages bas et lourds semblaient inviter à une journée tranquille. Ils commencèrent leur journée par leur cours habituel de défense et d'attaque comme ils aimaient le faire au moins une fois par semaine.
Puis, Sirius s'occupa de divers petits travaux, ses outils à portée de main. Hermione, pour sa part, se réfugiait dans la véranda, un livre posé sur ses genoux et une tasse de thé chaude entre les mains.
Alors que l'après-midi s'installait, une douce mélodie s'éleva soudain dans le silence feutré de la demeure. Les notes du piano, claires et mélancoliques, résonnaient à travers les couloirs et Hermione, surprise, leva les yeux de son livre.
Elle posa sa tasse et suivit le son, ses pas guidés par les accords. Ses mains effleurèrent les murs familiers du manoir alors qu'elle se dirigeait vers le deuxième salon, celui qu'elle n'utilisait jamais mais où Sirius avait récemment entrepris des rénovations.
En s'approchant de l'encadrement de la porte, elle s'immobilisa. Là, au centre de la pièce baignée d'une lumière grise tamisée par les rideaux, Sirius était assis devant le vieux piano qu'il avait visiblement remis en état. Ses doigts glissaient avec une aisance presque hypnotique sur les touches, et son regard le suivant, concentré.
Hermione resta figée, captivée par la scène.
Alors que la mélodie touchait à sa fin, Sirius releva légèrement la tête, et son regard croisa celui d'Hermione.
«Je te dérange?» demanda-t-il doucement, ses lèvres esquissant un sourire.
Hermione sursauta presque, prise sur le fait. Elle secoua vivement la tête, se sentant soudain un peu gênée.
«Non, non, c'est… très beau,murmura-t-elle. Désolée, je ne voulais pas t'interrompre.»
Il laissa échapper un léger rire et hocha la tête.
«Tu ne m'interromps pas,» dit-il simplement, son ton aussi apaisant que la musique qu'il venait de jouer.
Malgré ses paroles, Hermione sentit une chaleur envahir ses joues. Elle détourna rapidement les yeux, consciente qu'elle aurait voulu rester là, à l'observer encore.
«Je vais te laisser…» dit-elle finalement, sa voix trahissant une hésitation qu'elle ne comprenait pas elle-même.
Sirius la regarda partir sans un mot, un sourire énigmatique flottant toujours sur ses lèvres.
Hermione regagna la véranda, mais elle ne reprit pas sa lecture. Son esprit était encore rempli de cette scène. L'image de ses mains agiles sur le clavier, de sa silhouette plongée dans la musique, s'était gravée dans son esprit.
Le troisième événement de ce mois-ci eut lieu quelques jours plus tard alors qu'une vague de froid s'abattait brusquement sur le pays. Ils étaient en train de petit déjeuner quand une sorte de sensation étrange les traversa. Lorsque les lumières magiques s'éteignirent brusquement, suivies du feu dans la cheminée, un silence pesant s'installa, comme si la maison elle-même retenait son souffle. La sensation étrange qui les avait traversés n'était pas anodine, et Sirius attrapa immédiatement la radio dans l'espoir de comprendre ce qui se passait.
Mais bien sûr, l'appareil resta muet.
«Perturbations magiques,» déclara-t-il finalement, son regard sombre parcourant la pièce.
La température chuta immédiatement, rendant l'air presque mordant. Orion, fidèle à ses instincts, s'approcha d'Hermione et posa son museau froid sur ses cuisses, cherchant un peu de réconfort.
«Bien,dit-elle, l'air résolu. Cela ne devrait pas durer longtemps. On fera sans magie alors.»
Sirius la regarda avec une pointe d'exaspération mêlée de résignation.
«Hermione, ce manoir n'est pas une maison moldue. Tout fonctionne par magie: le chauffage, l'eau chaude, les plaques de cuisson… même la lumière.»
Elle plissa les yeux, réfléchissant rapidement.
«Alors, nous avons deux options: soit on trouve un moyen de rétablir la magie, soit on s'adapte.»
Son ton était ferme, mais Sirius savait qu'elle comprenait la difficulté de la tâche. Il soupira et haussa les épaules.
«Chauffer un manoir aussi grand de façon moldue n'est pas viable, -nous sur une pièce. Si on tire les rideaux partout, on devrait conserver un peu de chaleur.»
Hermione acquiesça et se lança immédiatement dans une liste mentale de tout ce dont ils auraient besoin. En quelques minutes, elle avait pensé à des couvertures, des bougies, et même à des vêtements supplémentaires pour se protéger du froid. Sirius devait admettre qu'elle pensait à tout, et il en était à la fois impressionné et amusé.
«Le petit salon du rez-de-chaussée, est orienté plein sud, avec peu d'ouvertures. La cheminée peut fonctionner, et les rideaux sont assez épais.»
Elle hocha la tête avec un petit sourire.
«Allons-y.»
Hermione monta rapidement chercher son sac, rassemblant également quelques affaires pour travailler, tandis que Sirius se dirigeait vers le petit salon. Lorsqu'elle le rejoignit, il avait déjà tiré les rideaux épais et rassemblé des bûches dans la cheminée.
«On va avoir du mal à allumer ça sans magie,» nota-t-il en la voyant entrer.
Un sourire malicieux éclaira le visage d'Hermione lorsqu'elle sortit un bout de journal et une boîte d'allumettes de son sac.
«J'ai ce qu'il faut,» répondit-elle en agitant les objets devant lui.
Il arqua un sourcil, amusé.
«Tu te balades toujours avec ça?»
Elle haussa les épaules, un léger rouge lui montant aux joues.
«On ne sait jamais.»
Quelques minutes plus tard, le feu crépitait doucement, réchauffant lentement l'atmosphère glaciale de la pièce. Sirius s'assit sur le canapé, observant les flammes danser.
«Tu es vraiment prête à toutes les situations,» marmonna-t-il, un sourire discret aux lèvres.
Hermione lui lança un regard, mi-amusé, mi-sérieux.
«Non, loin de là,murmura-t-elle. Beaucoup de choses m'échappent.»
Leurs regards se croisèrent, et un silence légèrement chargé s'installa. Pendant un instant, il sembla qu'ils parlaient de bien plus que de simples allumettes.
Sirius se racla finalement la gorge et se détourna, rompant le moment.
«Bon, voyons comment évolue la situation au cours de la journée.»
Hermione installa ses affaires sur le bureau du petit salon, profitant de la chaleur naissante pour travailler sur ses parchemins et ses notes. Sirius, de son côté, s'empara d'un livre de droit qu'il étudiait depuis quelques jours et s'installa dans le canapé, Orion à ses pieds.
Le temps semblait s'étirer, ponctué seulement par le bruit des pages tournées et le crépitement du feu.
Le repas du midi posa problème. Le froid ambiant rendait l'idée d'un repas froid peu attrayante, mais ils décidèrent de ne pas risquer de cuisiner sur le feu de la cheminée pour ce midi.
«C'est temporaire,» assura Hermione en mastiquant une bouchée de pain, visiblement peu convaincue.
Sirius esquissa un sourire.
«Rappelle-moi de ne jamais te proposer un pique-nique en plein hiver.»
Elle rit doucement malgré elle.
Ils terminaient de manger devant la cheminée, le feu crépitant doucement pour contrer le froid, lorsqu'Hermione écarquilla soudain les yeux et bondit sur ses pieds.
«Il neige !» s'écria-t-elle en repoussant un pan du rideau avec empressement.
En effet, la neige tombait à gros flocons, recouvrant progressivement le paysage d'un blanc immaculé. Hermione se retourna vers Sirius, son visage rayonnant d'un sourire lumineux qui sembla faire oublier un instant le froid et les perturbations.
Sirius pouffa, amusé par son enthousiasme presque enfantin, et la rejoignit près de la fenêtre.
«Tu veux aller faire un bonhomme de neige ?» la taquina-t-il, les bras croisés.
Elle leva les yeux au ciel avec une exagération théâtrale.
«Ah ah, très drôle. Si ça tient et que le soleil réapparaît, pourquoi pas,» répliqua-t-elle, un éclat malicieux dans le regard.
Le sourire de Sirius s'agrandit alors qu'il la dévisageait. Ses yeux brillaient, et il avait l'impression qu'elle illuminait la pièce, éclipsant même les flammes de la cheminée.
Ils restèrent un moment là, silencieux, à contempler la neige tomber. Le manoir, d'ordinaire si austère, se parait d'un manteau hivernal qui lui donnait un air presque magique malgré les perturbations.
Après un moment, Sirius se détourna et entreprit de faire chauffer de l'eau sur le feu de la cheminée. Il s'accroupit, surveillant la petite casserole avec une attention qui faisait sourire Hermione.
«Tu te débrouilles bien pour un campeur improvisé, lança-t-elle avec un air moqueur en ramenant une petite table près du feu.
-Tu te moques ?répliqua-t-il en levant un suis un expert en débrouille, moi.»
Elle rit doucement, installant les tasses et un petit plateau de biscuits.
En début d'après-midi, la tempête s'était légèrement calmée, et Hermione, inquiète pour Adaline, proposa d'aller s'assurer que tout allait bien chez elle. Sirius, bien qu'un peu réticent à sortir dans le froid glacial, finit par céder. Ils s'habillèrent chaudement, Hermione serrant sa cape autour d'elle tandis que Sirius enfilait un épais manteau de laine.
Orion, de son côté, trépignait d'excitation à l'idée de sortir, aboyant joyeusement.
Les deux sorciers avancèrent prudemment dans la neige, leurs bottes s'enfonçant dans le tapis blanc qui recouvrait le chemin. Le froid mordant rougissait leurs joues, mais ils restaient silencieux, concentrés sur leur marche.
Au loin, la lumière vacillante provenant de la maison d'Adaline les rassura. Ils accélérèrent le pas, guidés par les aboiements joyeux d'Orion, jusqu'à ce qu'ils atteignent la petite bâtisse.
Adaline, alertée par le vacarme, sortit pour les accueillir.
«Eh bien, je ne m'attendais pas à votre visite !» s'exclama-t-elle en leur ouvrant la porte.
Hermione, les joues rougies par le froid, expliqua rapidement:
«Nous avons des perturbations magiques au manoir, tout est coupé, et on s'inquiétait que ce soit pareil ici.»
Adaline hocha la tête avec compréhension tout en leur tendant des tasses de thé fumant.
«Oh, tout va bien ici. Quelques coupures de courant par moments, mais rien de grave, répondit-elle avec un sourire. Et vous ?»
Comme pour confirmer ses propos, la lumière vacilla brièvement avant de se stabiliser à nouveau.
Sirius la rassura à son tour.
«Nous nous débrouillons. On campe dans le petit salon.»
Cela fit éclater de rire Adaline.
«Ah, je vous imagine bien. Et vous ne voulez pas rester ici, au chaud ?»
Hermione refusa poliment, arguant qu'ils ne voulaient pas s'imposer et que la situation ne durerait sûrement pas.
Après avoir discuté un moment, ils prirent congé, rassurés de savoir qu'Adaline allait bien.
La nuit tombait rapidement lorsque Sirius et Hermione revinrent au manoir, le froid mordant de l'automne se faisant plus intense à chaque minute. Hermione resserra son châle autour de ses épaules tandis qu'ils franchissaient la porte, leurs pas résonnant doucement dans le hall glacial.
«Je propose qu'on descende des matelas ici,déclara Sirius en refermant la porte derrière eux. Il fera trop froid dans les chambres ce soir. La cheminée devrait suffire à nous tenir chaud.»
Hermione cligna des yeux, surprise par la suggestion, mais elle hocha la tête.
«D'accord… Essayons de trouver des matelas une place alors, ce sera plus simple à déplacer sans magie.»
Sirius rit, le son réchauffant légèrement l'atmosphère glaciale.
«Si seulement,dit-il en jetant un coup d'œil en direction de l'escalier, tous les lits ici sont king size, Chérie.»
Le mot était sorti naturellement, un brin moqueur, mais cela suffit à faire rougir Hermione jusqu'à la racine des cheveux. Elle baissa les yeux, son cœur s'emballant malgré elle. Il n'avait sûrement pas mesuré l'effet que ce simple surnom aurait sur elle, mais pour Hermione, c'était une première qu'elle ne savait pas encore comment interpréter.
«King size, hein, murmura-t-elle pour cacher son trouble. Et… au rez-de-chaussée, il y en a?»
Sirius secoua la tête avec un sourire espiègle.
«Pas de chance, il faudra grimper à l'étage.»
Hermione soupira, résignée.
«Bon, allons-y alors.»
Ils montèrent les marches ensemble, leurs souffles visibles dans l'air frais du manoir mal isolé. Après un rapide tour des chambres, ils optèrent pour le matelas de la pièce la plus proche de l'escalier. Sirius lança quelques sorts de nettoyage sommaires pour enlever la poussière accumulée, et ils entreprirent de le déplacer.
Le matelas était d'une lourdeur écrasante, bien plus qu'ils ne l'avaient imaginé.
«C'est un matelas ou un cercueil?» grogna Hermione en le soulevant maladroitement d'un côté.
Sirius ricana, les bras tendus sous le poids de leur fardeau.
Ils descendirent les marches avec une lenteur exaspérante, le matelas glissant parfois hors de leurs mains. Une fois au rez-de-chaussée, il leur restait encore le couloir à traverser. Chaque mètre ressemblait à un marathon, mais après de nombreuses pauses pour souffler, ils atteignirent finalement le petit salon.
Avec une précaution extrême, ils posèrent le matelas devant la cheminée, veillant à ne pas éteindre le feu ou projeter des cendres partout. Dans un synchronisme parfait, ils s'effondrèrent dessus, haletants.
«Je n'en descends pas un deuxième,déclara Hermione, catégorique, les bras écartés et le regard fixé au plafond.
-Pas besoin,répondit Sirius d'un ton léger, son souffle toujours irrégulier. C'est un king size. On devrait pouvoir partager sans se marcher dessus.»
Hermione hocha la tête, trop épuisée pour répondre. Après quelques minutes de repos, elle se redressa avec un soupir, incapable de rester inactive trop longtemps.
«Je vais faire le lit.»
Sirius, quant à lui, se leva en s'étirant.
«Je m'occupe du dîner. Un bon pot-au-feu devrait nous réchauffer.»
Hermione l'observa s'éloigner vers la cuisine, ses épaules larges se dessinant dans la lumière vacillante de la cheminée. Une étrange chaleur se répandit en elle, bien plus douce et réconfortante que le feu devant eux. Elle chassa ce sentiment, se concentrant sur les draps qu'elle voulait récupérer, mais l'écho de ce surnom continuait de résonner dans son esprit. Chérie.
Hermione, malgré la fatigue qui pesait sur ses épaules, retourna à son bureau installé revisité pour terminer quelques heures de travail. La lumière tamisée des bougies et les reflets orangés de la cheminée dans le petit salon ajoutaient une touche de calme à cette soirée déjà particulière. Elle se perdit dans ses dossiers, le bruit des ustensiles dans la cuisine lui rappelant que Sirius s'activait pour le dîner.
Une fois sa tâche accomplie, elle vint le rejoindre pour l'aider à terminer la préparation. Ensemble, ils dressèrent une table improvisée sur le matelas, installés en tailleur devant la cheminée. Les bols fumants de pot-au-feu réchauffèrent leurs mains engourdies.
«C'est délicieux,murmura Hermione en raclant le fond de son bol.
- J'espère bien, plaisanta Sirius. Je me suis donné du mal.»
Après le repas, Sirius se leva pour chercher le seul jeu de société que Remus lui avait laissé après son anniversaire.
«Il a insisté que c'était son cadeau d'anniversaire, alors...» se justifia-t-il.
Hermione haussa un sourcil, amusée.
Ils jouèrent ainsi pendant des heures, ponctuant la partie de rires et de moqueries amicales. Hermione se révéla une adversaire redoutable, ce qui ne manqua pas d'impressionner Sirius, bien qu'il s'en défendît en prétextant qu'elle avait eu de la chance.
Lorsque vint le moment de remonter dans leurs chambres pour se changer pour la nuit, la température glaciale de l'étage les prit par surprise. Malgré la bassine d'eau chaude qu'ils avaient fait chauffer pour une toilette rapide, le froid semblait s'insinuer partout. Hermione redescendit les marches à toute vitesse, emmitouflée dans un pull, ses joues rosies par le froid mordant.
Quand elle revint au salon, Sirius était déjà allongé, presque invisible sous l'épais amas de couvertures qu'ils avaient empilées sur le lit improvisé.
«Dépêche-toi, tu vas attraper froid,» lança-t-il en tapotant la place libre à côté de lui.
Hermione s'y glissa sans se faire prier, les dents légèrement serrées. Elle se recroquevilla sous les couvertures, tremblante, et sentit la chaleur commencer lentement à revenir.
«Si on n'avait pas aussi froid, ce serait presque romantique,» grommela Sirius d'un ton narquois, la voix légèrement étouffée par la laine de la couverture.
Cela fit éclater Hermione de rire, un son clair et spontané qui résonna dans la pièce. Orion, croyant que c'était un appel au jeu, bondit sur le matelas, son corps massif agitant les couvertures.
«Orion! protesta Hermione en riant, alors que le chien commençait à lui lécher le visage avec enthousiasme. Non! Je viens de me laver!»
Mais Orion ne l'entendait pas de cette oreille, et Sirius, dans une tentative de le maîtriser, finit lui aussi victime de ses léchouilles.
«C'est bon, c'est bon, mon vieux! On se rend!» dit Sirius en repoussant doucement le chien, riant.
Orion, satisfait, se roula en boule entre eux, ses yeux mi-clos.
Une fois le calme revenu, Sirius et Hermione discutèrent longuement, le murmure de leurs voix se mêlant au crépitement du feu. Ils parlaient de tout et de rien: des rénovations du manoir, de leurs souvenirs d'antan, des anecdotes de Sirius sur les Maraudeurs, qui faisaient toujours rire Hermione.
Ils s'endormirent finalement, épuisés, et la pièce plongea peu à peu dans l'obscurité alors que le feu s'éteignait lentement.
Lorsque Hermione ouvrit les yeux, l'aube pointait timidement à travers les rideaux. Elle remarqua d'abord la chaleur qui l'entourait, différente de celle des couvertures. Puis, elle sentit deux bras solides enroulés autour d'elle, une étreinte instinctive qui la fit se figer. Le temps sembla s'arrêter alors qu'elle réalisait doucement la situation : elle était lovée dans les bras de Sirius.
Elle tenta de se convaincre qu'elle devait se redresser, mais son corps semblait refuser de bouger.
Puis, elle sentit un léger mouvement, la main de Sirius glissant doucement sur son ventre dans un geste involontaire. Un frisson la traversa, incontrôlable, et elle attrapa sa main, ses doigts se refermant sur la sienne avec urgence, arrêtant son mouvement. Ses joues s'embrasèrent tandis qu'elle mordillait légèrement sa lèvre, les pensées tourbillonnant dans sa tête.
Elle sentit Sirius bouger légèrement, et fit de son mieux pour se retourner vers lui. Lorsqu'il ouvrit les yeux, son regard encore un peu voilé par le sommeil croisa le sien. En une fraction de seconde, il comprit. Ses traits se figèrent un instant, puis il se redressa précipitamment, frottant l'arrière de sa tête avec une maladresse visible.
«Je… euh…» balbutia-t-il, cherchant quoi dire.
Comme pour éviter l'embarras, il saisit sa baguette et la pointa vers la cheminée, espérant rallumer le feu. Mais rien ne se produisit. Il soupira, baissant la baguette.
«Il va falloir un de tes trucs magiques, Chérie, dit-il avec un sourire en coin, tentant d'alléger l'atmosphère. Pour rallumer le feu, je veux dire.»
Hermione ne put s'empêcher de rire, une chaleur douce envahissant sa poitrine. Elle se redressa, attrapa son sac posé non loin et en sortit une boîte d'allumettes.
«Pas besoin de magie, regarde.»
D'un geste rapide, elle alluma une allumette et la flamme vacillante embrasa bientôt les braises, le feu reprenant vie avec un doux crépitement. Ils restèrent un moment allongés, côte à côte sur le matelas, observant les flammes danser. La chaleur commença à les envelopper de nouveau, apaisant leur frisson et dissipant peu à peu la tension initiale.
«Désolé, murmura Sirius après un moment, sa voix plus grave que d' ne voulais pas… te mettre mal à l'aise.»
Hermione tourna la tête vers lui, un sourire amusé se dessinant sur ses lèvres.
«Et si c'était moi qui t'avais mis mal à l'aise?»
Sirius releva un sourcil, sceptique.
«Non, je ne crois pas.»
Il avait murmuré ces mots avec un naturel déconcertant, sans trop réfléchir, et son regard s'attarda un instant sur elle. Hermione fronça légèrement les sourcils, surprise par l'intensité de ce regard.
«Sirius…commença-t-elle doucement, mais il détourna rapidement les yeux, secouant légèrement la tête comme pour dissiper une pensée gênante.
- Il faut vraiment qu'on trouve un moyen de chauffer tout le manoir,» lança-t-il, changeant de sujet avec une désinvolture apparente, bien que sa mâchoire légèrement crispée trahissait son trouble.
Hermione le dévisagea un instant, une lueur de perplexité mêlée de curiosité brillant dans ses yeux. Elle n'insista pas, se contentant de se blottir un peu plus dans les couvertures, le feu réchauffant doucement la pièce.
Ils émergèrent finalement et découvrirent, en ouvrant les rideaux, que la neige recouvrait toujours le paysage. Cependant, le soleil, brillant enfin après plusieurs jours maussades, donnait une lumière éclatante et une chaleur relative à l'extérieur.
Hermione entreprit de travailler sur ses projets durant la matinée, bien décidée à rattraper le retard accumulé. Pendant ce temps, Sirius, après avoir remis un peu d'ordre dans la cuisine, réchauffa le reste du pot-au-feu, un repas parfait pour ce temps glacial. Ils mangèrent tranquillement, appréciant la simplicité du moment.
En début d'après-midi, le soleil encore présent les invita à sortir. Habillés chaudement, ils s'aventurèrent dans le jardin enneigé, bien décidés à profiter de cette accalmie. Leur projet initial était de construire un bonhomme de neige, mais rapidement, la situation dégénéra en une bataille de boules de neige.
Hermione riait aux éclats, esquivant tant bien que mal les projectiles de Sirius, qui, fidèle à lui-même, semblait déterminé à gagner. Elle riposta avec vigueur, se cachant derrière des murets de neige improvisés.
Ils mirent un point d'honneur à éviter d'être trempés, conscients qu'ils ne disposaient que d'une quantité limitée d'eau chaude. De retour à l'intérieur, ils durent faire chauffer de l'eau sur le feu, un processus qui leur parut interminable.
« Tu commences, » déclara Sirius, magnanime.
Hermione ne se fit pas prier. Après s'être lavée rapidement, elle céda la place à Sirius, qui grogna en se glissant hors de ses vêtements trempés.
En fin d'après-midi, plusieurs hiboux arrivèrent, leurs serres battant contre les fenêtres. Ils portaient des nouvelles bienvenues. Une lettre de Ginny leur arracha des rires : elle racontait les déboires du Terrier sans magie, où tout semblait se détraquer.
« Si cette maison tient encore debout, c'est qu'elle est vraiment magique, » plaisanta Sirius.
Une note du Ministère apporta un semblant d'explication : les perturbations semblaient liées à une combinaison rare de troubles météorologiques et d'une ancienne malédiction dormant dans certaines régions. Selon leurs estimations, tout devrait rentrer dans l'ordre dès le lendemain.
Hermione et Sirius échangèrent un regard et soupirèrent à l'unisson, mi-soulagés, mi-attristés. Cette situation inhabituelle avait certes ses inconvénients, mais elle leur avait aussi offert une proximité précieuse qu'ils n'auraient probablement pas cherchée autrement.
La soirée suivit le même schéma que la veille : un dîner simple, suivi d'une longue conversation au coin du feu. Ils s'endormirent tard, et comme la veille, Hermione se retrouva blottie contre Sirius.
Elle se réveilla au petit matin, sa tête appuyée contre son torse. Il était déjà éveillé, sa main traçant doucement des cercles sur son dos. Elle sentit ses joues chauffer légèrement, mais cette fois, elle ne bougea pas immédiatement.
Lorsqu'elle se recula enfin pour croiser son regard, il lui adressa un sourire incroyable. On aurait dit un enfant le matin de Noël.
« La magie est revenue, » murmura-t-il, ses yeux pétillant de malice.
La nouvelle balaya toute trace d'embarras chez Hermione. Elle se redressa, un sourire radieux illuminant son visage. Elle leva une main et, d'un geste fluide, fit flotter sa baguette depuis son sac jusque dans sa main, sous le regard surpris de Sirius.
« Tu fais de la magie sans baguette ? » s'étonna-t-il en se redressant à son tour.
Elle haussa les épaules avec un sourire modeste.
« J'essaye. C'est important. »
Il la considéra un instant, impressionné.
« Et extrêmement compliqué, » ajouta-t-il.
Elle lui fit un clin d'œil taquin, reprenant son air malicieux.
« Est-ce qu'il y a quelque chose que tu considères impossible à réaliser pour toi, Chérie ? »
Il l'observait, soudain sérieux. Hermione fronça les sourcils, prenant quelques secondes pour réfléchir, son regard ancré dans le sien.
« Je ne sais pas… peut-être, » admit-elle doucement, son ton presque introspectif.
Sirius la fixa un moment de plus, son expression indéchiffrable, avant de détourner le regard, un léger sourire en coin jouant sur ses lèvres.
La journée marqua un retour à la normale, mais Hermione sentit une légère mélancolie l'accompagner. L'atmosphère du manoir, si particulière durant ces derniers jours, semblait déjà appartenir au passé. Avec la magie revenue, les objets reprirent leurs fonctions habituelles, le froid s'effaça des murs, et l'ordre fut peu à peu restauré.
La semaine suivante, Hermione se plongea dans ses obligations professionnelles, notamment un procès majeur pour lequel elle avait une réunion de préparation en présentiel. Ce genre d'événement exigeait une tenue soignée, une habitude qu'elle avait désormais adoptée.
Elle choisit une robe noire élégante et ajustée, la première qu'elle avait portée lors de ce type d'occasion. Par-dessus, elle enfila son manteau noir cintré, aussi sobre qu'élégant. Avant de partir, elle passa par la cuisine, où Sirius, un journal à la main, profitait d'un moment tranquille.
« J'y vais, » annonça-t-elle en passant la tête par la porte.
Il releva les yeux vers elle, et son regard gris la détailla un instant. Un sourire taquin se dessina sur ses lèvres.
« Bonne journée, Chérie, » lança-t-il d'un ton enjoué.
Elle sentit un léger rose lui monter aux joues et détourna les yeux, mais son cœur battait un peu plus vite lorsqu'elle sortit. Tout au long du trajet vers le Département de la Justice magique, son esprit restait distrait, hanté par l'intensité de ce regard.
À son arrivée, Hermione fut accueillie par Mathilda Blackthorn et Susan Bones, qui suivait les traces de sa tante au Département. Les deux femmes lui sourirent chaleureusement.
« Alors, cette coupure magique ? » demanda Mathilda avec curiosité.
Hermione rit légèrement.
« Disons qu'un manoir, c'est particulièrement dur à chauffer sans magie. »
Susan haussa un sourcil, intriguée.
« Un manoir ? »
Hermione acquiesça avec naturel. C'est vrai qu'elle ne leur avait pas expliqué.
« Oui, Sirius a proposé qu'on passe le confinement au manoir. Ça fait plusieurs mois qu'on y est installés. »
Un silence suivit, marqué par les regards surpris de ses deux collègues. Elles parlaient rarement de leur vie privée, et Hermione réalisa que son aveu pouvait donner lieu à des suppositions. Elle hésita, se demandant si elle devait préciser davantage ou laisser planer le mystère.
« Enfin… et vous ? » tenta-t-elle pour détourner la conversation.
Les deux femmes racontèrent leurs propres péripéties durant la coupure, notamment les défis rencontrés sans magie. Puis la conversation reprit un cours plus professionnel, et elles se mirent rapidement au travail.
À midi, Mathilda eut un sourire mystérieux.
« J'ai demandé à ce qu'on soit livrées ici ce midi. Enfin, pour Susan et moi. Vous, Hermione, vous êtes attendue. »
Hermione haussa un sourcil, perplexe.
« Attendue ? Par qui… ? »
Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'on frappait à la porte. Mathilda lui fit un signe de tête pour qu'elle aille ouvrir.
En ouvrant, Hermione resta figée. Sur le seuil se tenaient Harry et Ron, tous deux impeccables dans leurs uniformes d'aurors. Elle sentit son cœur bondir de joie avec l'impression qu'elle ne les avait pas vus depuis des années.
« Harry ! Ron… ! » s'écria-t-elle avant de se jeter sur eux pour les serrer dans ses bras, oubliant toute retenue.
Les trois amis éclatèrent de rire, s'étreignant maladroitement dans le couloir exigu. Derrière eux, Mathilda et Susan les observaient avec amusement, touchées par la scène.
« Sirius va être mort de jalousie quand je vais lui raconter ça, plaisanta Hermione, les yeux brillants d'émotion. Mais vous avez grandi ou quoi ?
- Ce n'est pas nous qui portons des talons, » taquina Harry avec un sourire malicieux.
Ron adressa un clin d'œil à Mathilda en remerciant pour leur accueil.
« On vous la ramène à treize heures. Promis. »
Hermione les suivit, radieuse. Ils la menèrent dans une salle voisine où ils avaient prévu de quoi manger. Le temps s'écoula trop vite, ponctué de rires et de discussions animées.
Harry, profitant d'un moment plus calme, la questionna sur Sirius.
« Comment va-t-il vraiment ? » demanda-t-il, inquiet.
Hermione lui adressa un sourire rassurant.
« Il va tellement mieux. Ce confinement… ça a fait des miracles. Il est… lui-même. Enfin, je crois. Même durant notre adolescence, il ne devait pas être totalement lui-même. Seul Remus pourrait le dire, mais je suis certaine qu'il va bien. »
Le soulagement dans les yeux d'Harry était évident, et cela réchauffa le cœur d'Hermione. La conversation se tourna alors vers Ginny et la famille de Ron, leurs anecdotes renforçant l'impression que, malgré tout, le monde retrouvait peu à peu son équilibre.
Ce soir-là, lorsqu'Hermione rentra au manoir, elle irradiait de bonheur. Ses joues étaient légèrement rosées, et un sourire lumineux éclairait son visage. Sirius, installé dans le salon près de la cheminée, releva la tête en la voyant. Il fronça les sourcils, intrigué par l'air ravi qu'elle arborait.
« Tu ne devineras jamais ce qui s'est passé, » lança-t-elle en déposant son manteau sur le porte-manteau près de la porte.
Sirius croisa les bras, un sourire narquois se dessinant sur ses lèvres.
« Une licorne t'a escortée jusqu'au Département de la Justice magique ? »
Hermione rit doucement.
« Non, bien essayé. »
« Tu as enfin convaincu Mathilda de rejoindre ta croisade contre les lois archaïques ? » tenta-t-il, faussement sérieux.
Elle secoua la tête, amusée, avant de déclarer : « J'ai mangé avec Ron et Harry. »
Le visage de Sirius se figea un instant, puis ses sourcils se haussèrent légèrement sous la surprise.
« Quoi ? »
Hermione s'installa dans le fauteuil en face de lui, ravie de pouvoir tout lui raconter. Elle lui expliqua leur plan, comment Harry et Ron avaient organisé cette rencontre surprise, et lui fit un résumé détaillé du repas. Elle décrivit les rires, les anecdotes, et les discussions animées, prenant soin de partager les nouvelles de leurs amis communs.
Sirius, bien qu'initialement surpris, écouta avec un sourire sincère. Il semblait sincèrement heureux pour elle, et ses yeux s'illuminèrent lorsqu'elle mentionna Harry.
« Et des nouvelles de Remus, Tonks et Teddy ? » demanda-t-il, son ton devenant légèrement plus sérieux.
Hermione hocha la tête.
« Oui, Harry voit Tonks régulièrement, même si c'est compliqué. Avec Remus à Poudlard et Teddy qui y vit aussi, ça n'a pas été facile au début. Mais apparemment, les choses s'améliorent et c'est tout récent ! Malgré le confinement, il y a eu quelques cas à Poudlard, mais rien de grave. Les élèves se rétablissent rapidement, donc l'école a assoupli ses règles de sécurité. Tonks peut à nouveau y vivre, avec les sorts de protection nécessaires. »
Sirius poussa un soupir de soulagement en s'adossant à son fauteuil.
« Voilà qui est une excellente nouvelle. Teddy doit être heureux de les avoir tous les deux avec lui. »
Hermione hocha la tête.
« Et Harry m'a aussi dit qu'il s'inquiétait pour toi. Je l'ai rassuré, bien sûr. »
Sirius la fixa, légèrement surpris.
« Il s'inquiète pour moi ?
- Oui, on s'inquiétait tous Sirius», dit-elle d'un ton plus sérieux.
Il entendit le tremblement dans sa voix et passa une main dans les cheveux, un sourire un peu gêné sur le visage.
« Je suppose que j'ai eu de la chance de ne pas être seul. »
Hermione lui rendit son sourire, touchée par ses mots.
« Et moi, je suppose que j'ai eu de la chance de ne pas avoir été seule non plus. »
Un silence confortable s'installa entre eux, rythmé par le crépitement du feu dans l'âtre.
Oh là là ! Ce qu'ils avancent vite ces deux-là ;) J'espère que vous avez apprécié ce chapitre et à très vite pour la suite ! Comme d'habitude elle viendra en fonction de vos retours et quand j'aurais le temps de la poster aussi ;) Dans le prochain chapitre vous aurez : la fin du confinement (enfin!) et une Hermione malade ! Bon week-end !
