Derek renifla et serra la main d'Anise contre son menton. La main de Stiles se glissa sur son dos et il lui jeta un coup d'œil comme il s'asseyait de l'autre côté du lit. Quand le jeune homme tourna la tête, Derek observa le visiteur.
— Jared... dit-il doucement.
L'infirmier qui entra lui décrocha un léger sourire.
— Comment va-t-elle ? demanda-t-il.
— Elle est toujours inconsciente, répondit Stiles. Le médecin a procédé à l'opération pour la débarrasser de ce qui aurait pu rester du fœtus et il l'a mise sous perfusion parce qu'elle a perdu beaucoup de sang.
— Elle va s'en remettre. Les femmes font des fausses couches depuis la nuit des temps et sauf complications elles s'en remettent toutes. Physiquement du moins. Mentalement c'est parfois difficile.
— Anise est solide, répondit Derek en se redressant. Elle s'en remettra.
— Je pense aussi. Tenez moi au courant, je dois retourner travailler, dit alors la Panthère.
Derek hocha la tête, tendit sa main libre et Jared la prit un instant avant de quitter la chambre.
— Je ne l'avais pas vu depuis longtemps, dit alors Stiles. Il a l'air d'aller bien.
— C'est vrai. Mais il ignore sa Panthère et je ne sais pas si c'est une bonne chose...
— Je pensais que tu allais courir avec lui, la nuit... s'étonna Stiles.
— Non, ça fait des mois que je ne l'ai pas vu au parc. Il me disait toujours qu'il était de garde ou ci ou ça, bref j'ai fini par lui dire de m'appeler s'il voulait courir avec moi mais que je ne l'attendrais plus.
Stiles hocha la tête. Derek observa alors la porte de la chambre et Liam apparut quelques secondes plus tard.
— Salut, vous deux... Comment elle va ?
— Toujours dans les vapes... Tu as vu Scott ?
— Oui, mais il ne sait rien et Madame M non plus.
— C'est bien, répondit Derek. Tu veux rester avec elle un moment ? Je dois aller pisser et j'ai faim...
Liam opina.
— Bien entendu. Allez-y, je vais rester tout la soirée avec elle, de toute manière. Vous pourrez rentrer.
— Tu es sûr ?
— Oui, je suis son fils après tout, je dois rester là.
Derek sourit et serra des doigts sur son épaule en quittant sa chaise. Liam le remplaça aussitôt et prit la main de la jeune femme dans les siennes. Il l'a regarda ensuite un moment, elle avait l'air serein et elle avait un tuyau à oxygène sous le nez. Elle était pâle et le tuyau rouge qui partait d'une poche suspendue sur une potence, disparaissait dans le col de sa blouse.
— Je suis désolé... souffla le jeune loup.
— Ne le sois pas, répondit Stiles. C'était écrit, sans doute. Comme on dit, ce n'était pas le bon moment, ça devait se passer comme ça.
— Si Gustave avait été là...
— Il n'aurait rien pu faire et il n'aurait sans doute pas pu se contrôler à cause du sang, comme Laurel te l'a dit.
— Gustave est solide, il...
— Liam, personne ne pouvait rien faire, d'accord ? C'est la nature qui décide, même la magie est impuissante dans ce genre de situation.
Le jeune loup renifla. Stiles le laissa ensuite et Liam soupira. Il appuya son menton contre les doigts d'Anise et la regarda pendant une longue seconde. Depuis qu'elle avait déboulé dans la vie de Scott comme un cheveu sur la soupe, il l'a considérait comme un membre de la meute. Aujourhui qu'elle en était un de manière officielle, il ne pouvait plus considérer la meute sans elle. Elle était humaine, mais elle apportait un étrange vent de fraîcheur et d'innocence dans cette bandes de loups-garous qui avaient déjà tous goûté au sang humain ou à celui de l'un des leurs... Malgré ses incommensurables pouvoirs magiques qu'elle ne connaissait sans aucune pas encore, elle demeurait la petite laborantine timide qui avait empêché Derek Hale d'être dépecé vivant par l'armée américaine et rien que ce lui valait la reconnaissance de tout la race lycane.
— Je n'ai pas su te protéger... souffla alors le jeune loup en repoussant une mèche sur son front. Tu ne voulait pas de ce bébé, la nature t'auras donné raison...
Il soupira et s'accouda au matelas. Il était à peine vingt heures, mais la nuit dernière avait été mouvementée et la journée très longue. Il ne tarda donc pas à s'assoupir et ce fut un pressentiment qui lui fit ouvrir les yeux sans savoir exactement pourquoi. Il se redressa donc et regarda sa montre ; elle indiquait deux heures du matin. Il souffla par le nez.
— Quel soupir... entendit-il alors.
Il tourna la tête et découvrit que Anise était réveillé. Elle lui souriait malgré la fatigue sur son visage.
— Anise... !
Liam se leva aussitôt pour l'enlacer et elle rigola doucement en lui caressant les cheveux. Quand il recula, elle lui sourit et il appuya son front contre le sien une longue seconde. Il se rassit ensuite en lui prenant la main. Elle le regarda fixement un moment avant de fermer les yeux.
— Je l'ai perdu, n'est-ce pas ? dit-elle.
— Oui... Tu as fait une fausse couche dans la cuisine de hangar... Tu venais de te faire du thé et j'imagine que tu t'es évanouie sous la douleur...
— Qui m'a trouvée... Toi ?
Le jeune loup hocha la tête.
— Je suis désolée... répondit la jeune femme.
— Tu n'es rien du tout, tu ne pouvais pas prévoir... Je suis rentré plus tôt avec Laurel et Jasmina et nous t'avons trouvée dans la cuisine, au sol...
— Combien...?
— Grand max une dizaine de minutes, pas plus, parce que ton thé était encore bouillant, selon Laurel. C'est Jasmina qui t'a amenée ici...
Anise opina.
— Je suis inconsciente depuis longtemps ?
— Presque vingt-quatre heures. Les médecins ont fait ce qu'il fallait et tu es sous transfusion sanguine parce que tu en as perdu beaucoup. Ils disent que tu vas t'en remettre.
— En général, oui, on s'en remet. Est-ce que Scott...?
— Non, pas encore. Tu voudras le lui dire ? Je peux le faire si tu veux et...
Anise secoua la tête.
— Je pense que je ne vais rien lui dire, dit-elle plutôt. Je commence à bien le connaître et je sais qu'il va s'en vouloir de m'avoir mise en danger.
— Tu vas lui dire quoi alors s'il te vois ici ?
— Tu dirais quoi, toi ?
— Que... Que tu es tombée dans les escaliers de l'entrepôt. Ils sont traîtres et on a tous finis au moins une fois sur le cul en bas sans comprendre comment.
La jeune femme opina. Elle esquissa ensuite un sourire en posant sa main sur la joue du jeune homme.
— Si j'avais un fils de ton âge, dit-elle. J'aurais aimé qu'il soit comme toi.
— Oh, crois-moi, tu n'aurais pas aimé, sourit l'autre, amusé.
— Tu n'aurais peut-être pas eu à gérer des sautes d'humeur, tu sais ? Tout ça n'est que le résultat du départ de ton père et du remariage de ta mère.
— J'aime beaucoup mon beau-père...
— Oui, je sais, mais tu as quand même perdu ton père et personne n'a été là pour t'aider.
Liam baissa le nez.
— Mais tu es là maintenant, souffla-t-il en pressant la main de la jeune femme contre sa joue. Tu es là et tu aurais fait une formidable maman.
Anise sourit puis Liam se coula dans ses bras et elle le serra contre elle pendant de longues secondes avant qu'il n'ait faim et décide d'aller cherché quelque chose à la machine. Anise resta donc seule et ce fut ce moment là que choisit sa mère pour la contacter magiquement... en ouvrant un petit portail juste assez grand pour un visage dans le miroir posé sur la table de chevet.
— Maman ? Mais depuis quand... J'ai un portable tu sais ?
— Je n'aime pas ces appareils... Mais où es-tu ? À l'hôpital ?
— Oui, mais ne t'en fais pas, y a rien de grave, je me suis juste gamellée dans les escaliers de la savonnerie... C'est des vieux trucs en métal et ça glisse de dingue...
— Par le anciens... Tu ne t'es rien cassé ?
— Non, mais j'en suis quitte pour une belle volée de bleus et des courbatures pour une semaine...
Anise plissa le nez. Elle avait horreur de mentir, surtout aux gens qu'elle aimait, mais elle n'était pas prête à dire la vérité pour le moment. Elle savait qu'elle faisait probablement une erreur, mais pour le moment c'était tout de qu'elle avait.
— Pourquoi est-ce-que tu me contactes ? demanda-t-elle alors.
— Oh, oui ! En rangeant les affaires de ma mère, nous avons trouvé des grimoires qu'elle avait sortis de son laboratoire. Papa pense que tu n'en voudras pas, mais je les ai feuilletés et il y est fait mention très souvent de loups-garous et de leurs unions avec les Salem par le passé.
— Union, comme...?
— Oui, comme Monsieur McCall et toi. Je n'ai pas tout lu, mais peut-être qu'il y a des choses qui seront bonnes à savoir pour quand vous aurez envie d'avoir des enfants, par exemple.
Anise cligna.
— Nous n'en avons pas encore parlé, mais envoie toujours, tu as raison, ça pourra peut-être servir un jour.
— D'accord, je mets ça au courrier dès demain à alors. Sinon toi, ça va ?
— À part que je suis clouée dans ce lit depuis hier, ouais ça va.
— Ce n'est pas trop difficile d'être la seule humaine au milieu d'une meute ?
— Étonnement, pas tant que ça. Ils sont différents, ça c'est certain, et j'ai dû départager plusieurs accrochages verbaux, mais ils ont beaucoup de respect pour moi quand bien même Scott et moi ne soyons par mariés.
— Peut-être que ça se passe comme ça chez eux ?
— C'est à dire ? Comment ça comment ?
— Eh bien, quand l'Alpha a une copine et qu'ils vivent ensemble, les autres les considèrent comme mariés d'office ?
Anise fronça les sourcils.
— Je t'avoues que j'en sais rien du tout... Je n'ai jamais posé la question, mais tu fais bien de demander, j'en parlerai à Scott quand je le verrais. Ceci dit, il me considère comme sa femme, donc oui, peut-être bien que tu as raison...
— Parle lui en, c'est toujours bon à savoir.
Anise esquissa un sourire puis sa mère la laissa en lui souhaitant de bien se rétablir et de l'appeler si jamais elle avait besoin de quoi que ce soit. La communication fut ensuite coupée et la jeune femme soupira. Elle observa le plafond de lopital un moment, pensive. Devait elle dire à Scott qu'elle avait fait une fausse couche ou pas ? Elle le connaissait, il allait lui en vouloir de ne rien lui avait dit au départ ; pis encore d'en avoir parlé avec Liam, Derek, Stiles et Chris... Elle se mordit la lèvre. Soudain, on toqua contre la porte et Liam apparut avec un plateau.
— Tiens, dit-il. J'ai arrêté une infirmière dans le couloir, elle pensait que tu n'étais pas encore réveillée.
— Merci, c'est gentil. J'ai le droit de manger ?
— La fille a dit que oui, mais pas trop. Du reste, vu ce qu'elle m'a donné, tu ne risques pas de te gaver...
Anise regarda le contenu de son plateau et plissa le nez. Deux pots de gelée de fruits, un biscuit emballé dans un plastique et une brique de jus de pommes. Non, effectivement, elle n'allait pas pouvoir se gaver... Elle souffla par le nez.
— Je n'ai pas vraiment faim, dit-elle en repoussant le plateau. Mange, toi.
— J'ai déjà mangé, c'est pour toi, ça. Faut manger, t'as perdu pas mal de sang et...
— D'accord, je vais manger. Mais demain matin, tu vas Scott et I'm tu lui dit que suis ici.
— T'es sûre ? Tu veux lui dire la vérité ou pas, du coup ?
— Je vais lui dire la vérité, parce que fois êtes trop nombreux à savoir entre Chris, Derek, Stiles, toi et maintenant Jared...
Liam hocha la tête. Il pinça soudain les lèvres.
— Une question me turlupine au sujet de la Panthère, d'ailleurs... dit-il. Y a un truc en Derek et lui ? Ou, il y a eu, peut-être ?
Anisa secoua la tête.
— Ils s'aiment à leur manière, mais il n'y a rien entre eux et il n'y aurai jamais rien, pas tant que Stiles marchera sur cette terre, du moins. J'ai aussi cette drôle d'impression quand je les vois ensemble, et je pense que si Derek avait repoussé les sentiments qu'il a toujours eus pour Stiles, ils auraient pu être ensemble. Il l'aurait mordu et transformé et il ne serait jamais revenu à Beacon Hills. Ou du moins, pas dans les conditions que nous connaissons.
— Ça le fait bizarre de penser que Derek Hale aurait pu avoir un autre amant que Stiles Stilinski... Je veux dire, même quand on était plus jeunes, il y avait cette tension entre eux... Ils sont faits pour être ensemble...
— Oui, les liens qui les unissent sont très forts, je peux le voir, littéralement, ils irradient, mais Derek émet aussi une autre aura, pour Jared, et ça, on n'y peut rien du tout...
— J'espère juste qu'il n'arrivera rien à Stiles...
— Pourquoi ? Je veux dire...
— Parce que je ne vois pas Derek avec quelqu'un d'autre, c'est tout. Mais assez parlé de ça. Dis-moi plutôt si tu sais qui contacter pour essayer de localiser mon homme.
Anise haussa un sourcil puis laissa échapper un rire tout en prenant un pudding rouge...
