« Bon ! s'exclame Baldr. Voilà ce fameux rocher !
- La pente m'a l'air particulièrement abrupte, commente H. Lin. Tu es sûr qu'on peut l'escalader ?
- J'ai bien analysé les photos que j'ai prises la dernière fois, répond Skoll en posant son sac à dos au sol et en commençant à fouiller à l'intérieur. Normalement, avec quelques piolets et un peu d'exercice, on devrait rapidement arriver sur une pente sur laquelle on peut marcher.
- Quand t'as eu le temps de récupérer tout ça, toi ? demande Mimir en voyant son camarade sortir une impressionnante quantité de matériel de son sac.
- J'ai eu toute la journée d'hier pour planifier cette expédition, répond Skoll en préparant l'équipement.
- Mais c'est pas hier qu'on a inspecté la voiture ? s'étonne Mimir.
- Non… c'était avant-hier, répond Baldr.
- Je ne te pensais pas déconnectée de la réalité à ce point, soupire H. Lin.
- Ben… quand je me concentre sur mes analyses j'en oublie souvent l'heure, explique Mimir.
- Ça m'est arrivé plusieurs fois de la réveiller en plein milieu de l'après-midi les premiers jours après notre atterrissage sur Mira, ajoute Baldr. Elle perd tellement la notion du temps qu'elle ne dort qu'un jour sur deux parfois.
- C'est ce qui a dû m'arriver ces deux derniers jours… comprend Mimir. C'est pour ça qu'il faisait nuit quand je suis sortie prendre mon petit-déjeuner aujourd'hui !
- Tu veux dire cette nuit à 3 heures, corrige Baldr.
- C'était donc toi qui faisais tout ce bruit ! comprend Skoll en finissant d'attacher les cordes.
- Je vous ai réveillés ? Pardon, s'excuse Mimir.
- Pas grave, répond Baldr. J'étais pas encore couché.
- Et moi je dors toujours sur une seule oreille, j'ai l'habitude, rassure Skoll.
- Personnellement, je n'ai rien entendu, ajoute H. Lin.
- Bien ! s'exclame Skoll après une dernière vérification. Tout est prêt.
- Déjà ? s'étonne Mimir.
- J'ai l'habitude, explique Skoll. Je me suis beaucoup entrainé pour gravir l'Everest.
- Avec seulement des baskets et un couteau ? ironise Baldr.
- Oui! répond Skoll. Mais je n'ai jamais réussi…
- C'est à se demander pourquoi… marmonne H. Lin.
- Enfin bref ! reprend Skoll. Je vais passer devant pour marquer la voie. Vous, vous me suivez.
- Je ferme la marche, annonce Baldr.
- Très bien, répond H. Lin. Dans ce cas je passerai en deuxième.
- Ça me va ! » approuve Mimir en s'approchant pour se faire équiper.
L'escalade des quelques mètres de paroi rocheuse se déroule sans incident majeur, exception faite de l'extrême lenteur dont font preuve les camarades de Skoll, chose qu'il ne manque pas de souligner une fois au sommet du rocher :
« Dites-moi, vous avez jamais fait d'escalade de votre vie, non ?
- S-si ! se défend Mimir, haletante. J'ai fait… de l'accrobranche… quand j'étais petite.
- Me concernant, je dois bien admettre que c'était une première, avoue H. Lin en s'asseyant à même le sol.
- Je crois que je suis un peu rouillé, admet Baldr. J'ai bien suivi quelques entrainements, mais ça commence à remonter.
- Mais… Vous aviez pas de stages d'escalade pendant votre service militaire ? s'étonne Skoll.
- Quel service militaire ? demande Mimir. Je suis biologiste, pas militaire.
- Je croyais que tous les membres du BLADE avaient un passé militaire, répond Skoll. C'est pas votre cas ?
- Ben… non, répond Mimir.
- La plupart des membres du BLADE sont d'anciens soldats, explique H. Lin, mais ce n'est pas le cas de tous.
- Mais vous savez utiliser des armes au moins ? s'inquiète Skoll.
- Baldr m'a appris quand on était sur la Grande Blanche, répond Mimir.
- Je sais me défendre, ajoute H. Lin.
- Je suis plus à l'aise avec un bouclier qu'une arme à feu, mais je me débrouille, répond Baldr.
- Tous les passagers de la Grande Blanche n'étaient pas des militaires, explique H. Lin en voyant le regard surpris de Skoll. Une grande partie étaient des civils, qu'ils soient mécaniciens, ingénieurs agronomes ou médecins. La plupart des civils restent à N.L.A., mais quelques uns ont rejoint le BLADE.
- Et donc, vous étiez quoi sur la Grande Blanche ? s'informe Skoll.
- Ingénieure agronome, répond Mimir. J'étais en charge de la production de nourriture.
- Moi j'étais ingénieur de maintenance, annonce Baldr. On m'affectait à différentes missions d'entretien.
- Je crois pas que savoir utiliser des armes fasse partie de la formation de mécano, remarque Skoll. Tu as appris où ?
- Avant de monter sur la Grande Blanche, explique Baldr. Comme j'étais sapeur pompier sur Terre, les chefs du projet ont décidé de me faire passer une formation pour que je puisse défendre l'Arche en cas d'attaque.
- Tu as été sapeur pompier ? s'étonne H. Lin. Je l'ignorais.
- Moi ça m'étonne pas tant que ça, répond Skoll. Et toi, Ashlyn ? Tu faisais quoi à bord de la Grande Blanche.
- Je supervisais les équipes de mécaniciens, répond H. Lin.
- Et ça nécessite de savoir manier une arme ? demande Skoll.
- J'ai appris plus jeune, répond évasivement H. Lin. Je ne te savais pas aussi inquisiteur.
- J'ai juste besoin de savoir si je peux compter sur vous pour couvrir mes arrières, se justifie Skoll.
- Tu peux, confirme H. Lin.
- La vue est vraiment super ici ! s'exclame Mimir depuis le haut du rocher.
- Depuis quand elle est là-haut ? s'étonne Skoll.
- Elle a dû en avoir marre de la conversation. » rigole Baldr.
Les trois agents rejoignent très vite leur camarade et découvrent avec plaisir la vue imprenable qui s'offre à eux.
« D'ici on va pouvoir observer les alentours et planifier les prochaines explorations ! se réjouit Skoll en dégainant son terminal pour prendre des photos.
- On a aussi une très belle vue sur la faune mirane ! piaille Mimir en observant avec envie les étranges diplodocus qui semble s'abreuver beaucoup plus loin.
- Il y a aussi quelques débris de la Grande Blanche, remarque Baldr en posant ses yeux sur une plaque métallique.
- Et l'avantage c'est qu'aucun de vous ne va se précipiter quelque part en courant sous peine de tomber de haut, commente H. Lin.
- J'ai l'impression que cette plaine semble suffisamment dégagée pour y planter une sonde, observe Skoll en pointant une zone au nord-ouest.
- Mais on a pas de sonde avec nous, commente Mimir. On fait quoi alors ?
- On documente la zone et on prend des photos afin de permettre aux équipes futures d'y placer une sonde une fois celles-ci améliorées pour résister à la faune mirane, répond H. Lin avant de s'approcher de Baldr qui observe un objet métallique au sol. Tu as trouvé quelque chose d'intéressant ?
- C'est un morceau du bouclier de la Grande Blanche, explique-t-il en ramassant l'objet en question. Il était pas encore très au point…
- C'est-à-dire ? demande H. Lin.
- Il avait été développé pour servir de bouclier de protection pour la Terre, explique Baldr, mais j'ai entendu dire qu'il surchauffait trop rapidement, alors il a été installé sur la Grande Blanche pour faire office d'ultime ligne de défense.
- Je vois…
- J'aurais vraiment voulu être plus utile ce jour-là… soupire Bladr, l'air morose.
- Tu parles du jour de l'attaque de la Grande Blanche ?
- Oui… Si Elma n'avait pas été là, on y serait probablement tous passé…
- Et si tu n'avais pas été là, les pertes civiles auraient été bien plus nombreuses, rétorque H. Lin.
- Comment ça ? s'étonne Baldr.
- J'ai consulté les rapports de l'attaque, après le crash, et j'ai été très étonnée de voir le nombre de fois que ton nom apparaissait dedans. Tu as sauvé des dizaines de personnes ce jour-là.
- C'est vrai… Mais je n'arrête pas de me dire que j'aurais pu en faire plus. Que si j'avais été plus rapide, plus attentif, plus efficace, j'aurais pu aider plus de gens.
- On ne peut pas sauver tout le monde, répond H. Lin, mélancolique. Même avec la meilleure volonté du monde.
- Je le sais… Mais j'arrive pas à m'en convaincre.
- Ça prend du temps, mais on finit par y arriver. »
Bouclier miroir : Créé à l'origine pour se défendre contre l'attaque extraterrestre. Il surchauffait trop pour remplir son office et fut recyclé en système de défense de la Grande Blanche.
Exploration de Mira : 0,73%
