Je ne possède aucun des personnages de la série ou des livres
Ensembles de textes courts et de défis sur The Witcher qui nous plonge dans un moment d'histoire ou dans les pensées des personnages.
Ce texte a été écrit pour la nuit du FoF sur le thème "Grogner"
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
QUELQUES TEXTES DU LOUP BLANC Tome 2
Une auberge délabréeDans la pénombre d'une vieille auberge délabrée, Géralt de Riv était assis sur un lit de paille, son dos appuyé contre le mur de pierre froide. La nuit était tombée depuis longtemps et le vent hurlait à travers les fissures des fenêtres mal calfeutrées. L'hiver avait frappé tôt cette année, prenant au dépourvu les voyageurs. À côté de lui, Jaskier ne cessait de parler, sa voix animée contrastant avec l'atmosphère morne de la chambre. Le barde semblait imperméable au froid qui s'infiltrait dans la pièce, trop occupé à raconter sa dernière composition épique.
- Et là, Géralt, imagine : le héros, c'est-à-dire toi, bien sûr, se dresse face au monstre, l'épée étincelante sous la lune...
Jaskier gesticula largement, manquant de peu de renverser la chandelle posée sur la table de chevet bancale. Géralt grogna, ses yeux d'ambre lançant un regard las à son compagnon.
- Jaskier, grommela-t-il, il est tard et il fait froid. Garde ton souffle pour te réchauffer.
Le barde s'interrompit un instant, semblant enfin remarquer les frissons qui parcouraient son corps.
- Oh, dit-il, ses dents commençant à claquer, maintenant que tu le dis, il fait vraiment frisquet ici.
Géralt leva les yeux au ciel, mais ne put s'empêcher de ressentir une pointe d'inquiétude pour son ami. Jaskier n'était pas habitué aux rigueurs de la vie sur la route comme lui. Le sorceleur savait que le froid pouvait être mortel pour un humain ordinaire et il ne faisait guère plus chaud dans cette auberge miteuse que dehors, la seule différence étant qu'ils avaient un toit pour se protéger de la neige…
- Viens là, dit-il finalement, soulevant un coin de sa couverture d'un geste brusque.
Jaskier le regarda avec surprise.
- Hein ? Qu'est-ce que…
- Ne me fais pas répéter, grogna Géralt. Tu préfères geler ?
Sans se faire prier davantage, Jaskier se glissa rapidement sous la couverture, se blottissant contre le côté de Géralt. Le sorceleur était comme une fournaise vivante, sa mutation lui conférant une chaleur corporelle bien supérieure à la normale, ce qui lui permettait de bien mieux résister au froid.
- Oh, bénis soient les mutations des sorceleurs, soupira de contentement le barde en se pressant un peu plus contre Géralt.
Ce dernier grogna à nouveau en réponse, mais ne fit aucun geste pour repousser le barde. Au contraire, il ajusta légèrement sa position pour que Jaskier puisse être plus confortable.
- Ne t'y habitue pas trop, marmonna Géralt. C'est bien parce qu'on est en train de geler et c'est juste pour cette nuit.
Jaskier acquiesça distraitement, déjà à moitié endormi par la chaleur soudaine.
- Bien sûr, bien sûr, murmura-t-il. Tu sais, Géralt, tu es vraiment un ami formidable.
Le sorceleur ne répondit pas, se contentant d'un autre grognement, mais dans l'obscurité, un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Peu à peu, la respiration de Jaskier se fit plus profonde et régulière, indiquant qu'il s'était endormi. Géralt baissa les yeux vers son ami, observant son visage paisible à la lueur vacillante de la chandelle. Avec une douceur qu'il n'aurait jamais admise à voix haute, Géralt remonta un peu plus la couverture sur les épaules de Jaskier en faisant tout pour ne pas le réveiller. Le barde murmura quelque chose d'incompréhensible dans son sommeil et se blottit un peu plus contre le sorceleur.
Géralt savait qu'il ne dormirait probablement pas beaucoup cette nuit-là. Non pas à cause du froid, il avait connu bien pire, mais parce qu'il veillerait sur Jaskier. Il s'assurerait que son ami reste au chaud et en sécurité. C'était étrange, pensa Géralt, comment ce barde bavard et agaçant était devenu une partie si importante de sa vie. Jaskier, avec ses chansons ridicules et son optimisme inébranlable, avait réussi à percer la carapace que Géralt avait passé des décennies à construire.
Bien sûr, il ne l'admettrait jamais à voix haute. Il continuerait à grogner et à lever les yeux au ciel face aux frasques de Jaskier, mais au fond de lui, le Sorceleur savait que le barde était devenu bien plus qu'un simple compagnon de voyage. Il était devenu un vrai ami, peut-être même le meilleur ami que Géralt ait jamais eu et alors que la nuit avançait et que le vent continuait de hurler à l'extérieur, Géralt resta éveillé, montant la garde… Et si, de temps en temps, il resserrait un peu plus son étreinte autour de Jaskier pour le protéger du froid, eh bien, personne n'avait besoin de le savoir.
