Je ne possède aucun des personnages de la série ou des livres

Ensembles de textes courts et de défis sur The Witcher qui nous plonge dans un moment d'histoire ou dans les pensées des personnages.

Ce texte a été écrit pour la Nuit du FOF sur le thème "Biscornu"

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


QUELQUES TEXTES DU LOUP BLANC Tome 2

L'Art Subtil de l'Appât

- Attends une seconde. Reprenons depuis le début, parce que je suis à peu près sûr d'avoir mal compris tellement ce plan me paraît biscornu !

Jaskier croisa les bras, une moue sceptique peinte sur son visage et regarda Géralt, qui était en train de s'équiper en silence.

- Tu veux dire que tu vas te faufiler dans cette forteresse, pleine de mages en colère et de mercenaires bien payés, en espérant que personne ne remarque ta grande carcasse de Sorceleur jusqu'à ce que tu sois déjà devant la cellule de Yennefer ? Et puis quoi ? Tu la portes sur ton dos et tu ressors par la grande porte ?

Géralt ne leva même pas les yeux, ajustant calmement ses épées dans son dos.

- À peu près, oui.

Jaskier cligna des yeux, l'air incrédule.

- Tu es sérieux ?!

Il s'approcha, sa voix montant d'un cran.

- C'est ça, ton plan ? Géralt, ce n'est même pas un plan, c'est une invitation écrite pour une mise à mort héroïque. Tu ne vas pas juste te faire tuer, tu vas probablement déclencher une guerre ou deux au passage.

- Jaskier, grogna le Sorceleur, c'est un plan simple, direct et il fonctionnera. Tu te compliques toujours la vie avec des détails inutiles.

- Détails inutiles ?! Pardonne-moi si je trouve que "ne pas mourir" est un détail assez important ! Rétorqua le barde, exaspéré.

Il se mit à faire les cent pas, agitant les bras comme pour mieux illustrer l'absurdité de la situation.

- Tu es peut-être un expert pour découper des monstres, mon ami, mais en matière de subtilité ? On a déjà vu mieux.

Le Sorceleur haussa un sourcil, visiblement amusé malgré lui.

- Si tu as une meilleure idée, je t'écoute.

Jaskier s'arrêta net, une lueur déterminée dans les yeux.

- Justement, oui, j'en ai une et elle ne consiste pas à foncer tête baissée dans un nid de guêpes en espérant que personne ne pique.

Géralt croisa les bras, attendant la suite.

- Je vais jouer les appâts.

Un silence pesant suivit cette déclaration. Géralt le regarda comme si le barde venait de proposer de chanter une sérénade à un griffon enragé.

- Quoi ?

- Tu m'as bien entendu. JE vais entrer dans la forteresse, comme si de rien n'était.

Jaskier tapota sa chemise avec assurance, malgré l'inquiétude qui commençait à poindre dans sa voix.

- Qui pourrait soupçonner un humble ménestrel de fomenter une libération audacieuse ? Je me glisse dans leurs bonnes grâces avec quelques chansons et un sourire irrésistible et pendant qu'ils sont distraits, toi, tu t'introduis discrètement et tu libères Yennefer. Simple, non ?

Le sorceleur secoua la tête, une expression de pur scepticisme sur le visage.

- C'est stupide.

- Stupide ? Non, c'est brillant ! Protesta son ami. Regarde, je suis connu pour avoir un don naturel pour… disons, captiver l'attention et personne ne me considérera comme une menace. Je suis un barde, Géralt, pas un guerrier.

Le Sorceleur le fixa, les lèvres pincées.

- Tu es un barde, oui, mais tu es aussi un bavard insupportable et il ne te faudra pas longtemps pour dire quelque chose qui va les énerver. Ensuite, ils te tueront.

- Merci pour la confiance, répondit ce dernier avec un sourire forcé, mais contrairement à toi, je sais parler aux gens et je peux te garantir que personne ne lèvera la main sur moi tant que je serai au milieu de ma performance.

- Et qu'est-ce que tu feras si ça tourne mal ? Demanda Géralt d'un ton plat.

Le barde haussa les épaules, un éclat d'arrogance dans les yeux.

- Oh, je trouverai quelque chose. Une réplique spirituelle, un détour stratégique, un mensonge bien ficelé… Ce n'est pas comme si c'était la première fois que je me tirais d'un mauvais pas.

Géralt grogna.

- Tu es complètement fou.

- Et toi, complètement suicidaire. Nous faisons une belle équipe, répliqua le barde avec un clin d'œil.

Le Sorceleur soupira longuement, massant ses tempes comme si une migraine venait de s'installer, mais au fond de lui, il savait que Jaskier avait raison. L'idée n'était pas totalement dénuée de sens. Si quelqu'un pouvait détourner l'attention des gardes, c'était bien le barde avec son charme et ses chansons.

- D'accord, finit-il par dire à contrecœur, mais écoute-moi bien, Jaskier. Si tu fais ça, tu suis mes instructions à la lettre. Pas d'improvisation, pas de gestes héroïques. Juste… reste vivant.

- Tu peux compter sur moi, mon cher Géralt, répondit l'intéressé avec un large sourire avant de poser une main dramatique sur son cœur. Je serai la distraction parfaite et toi, le héros taciturne qui sauve la dame en détresse. C'est déjà une chanson qui s'écrit dans ma tête.

Géralt roula des yeux.

- Ne commence pas à chanter.

- Pas encore, rétorqua le barde avec un autre clin d'œil.

Et ainsi, malgré toutes les objections rationnelles de Géralt, les deux amis mirent en place leur plan tout aussi biscornu que le premier mais plus théâtrale, avec Jaskier à l'avant-garde d'une mission qui promettait d'être aussi périlleuse qu'inoubliable.