Musique d'écriture : I like the way you kiss me - Artemas (slowed and reverb)
Scorpius gémit, resserrant ses jambes autour des hanches d'Albus. Le garçon, couché sur lui, l'écrasant de son corps, mordillait sa gorge, glissant les lèvres sur la peau et embrassa sa mâchoire puis captura ses lèvres.
Albus avait l'impression que c'était devenu un rituel. L'esprit charnel avait pris possession de leur corps. Scorpius demandait de plus en plus de sexe et Albus obéissait à ses requêtes allègrement. Ils étaient passés de contacts hésitants à une pleine exploration de leurs désirs et ni l'un ni l'autre ne se plaignaient de leur nouvelle relation.
Potter l'empêchait de se toucher, tenant ses bras au-dessus de sa tête, enserrait ses poignets fins dans une main. Il adorait le faire supplier même s'il ne cédait jamais à ses cris. Il le réduisait à une forme gémissante, qui se tordait sous son corps, ivre de plaisir.
Un cri final et Scorpius se répandit sur son propre ventre et sur le sexe qu'Albus frottait contre le sien. Potter l'embrassa alors qu'il atteignait l'orgasme, étouffant un gémissement rauque contre ses lèvres.
Il posa le front sur son cou, appréciant le rythme de son cœur qu'il sentait palpiter dans sa gorge. Haletant, il écarta les cheveux qui collaient au front de Scorpius et embrassa sa peau, descendant sur sa joue et prit à nouveau ses lèvres. Il libéra ses poignets mais Scorpius ne bougeait plus, les lèvres entrouvertes et les yeux clos. Sa respiration resta rapide.
Albus se laissa tomber sur le côté, et repoussa ses cheveux noirs qui tombaient maintenant dans ses yeux. Une coupe ne serait pas du luxe. Il posa ses lèvres sur l'épaule du garçon à ses côtés.
« Je n'ai aucune endurance », murmura Scorpius, la voix manquant de souffle et les joues roses. Il se tourna vers Potter et ouvrit ses yeux assombris et esquissa une ébauche de sourire fatigué. Albus se mit à rire. Scorpius supportait un orgasme mais s'écroulait toujours au deuxième, alors qu'Albus aurait pu recommencer jusqu'à l'épuisement total.
Il se leva et essaya d'entrainer Scorpius avec lui mais le garçon ne réussit qu'à s'asseoir sur la couverture qu'ils avaient jeté au milieu de la serre d'herbologie. Les plantes leur offraient une cachette verte et chaude, un véritable jardin d'hiver, étouffant de chaleur, alors qu'au dehors la neige avait commencé à tomber. Albus rassembla leurs affaires et laissa tomber les vêtements de Scorpius à côté de son corps nu. Potter avait juste gardé son pantalon qu'il avait ouvert pour leurs ébats, mais il s'était empressé de déshabiller Malfoy entièrement.
Dans le reste du château, les élèves de Poudlard faisaient leur valise, le train partait tôt le lendemain matin. Les deux garçons s'étaient éclipsés comme ils le faisaient souvent, sans se justifier. Un regard, une caresse de l'un ou de l'autre et ils se mettaient à arpenter le château en quête d'un dortoir ou d'une classe vide. La serre d'herbologie et la cuisine de Poudlard avaient déjà accueilli leurs soupirs d'extase à plusieurs reprises.
Quand les deux garçons retournèrent au dortoir des Serpentards, la salle commune était en pleine effervescence et emplie de malles et de sacs. Les serpentards couraient partout pour retrouver un livre ou une paire de chaussettes.
Ils slalomèrent entre les valises et montèrent les escaliers pour rejoindre leur chambre. Ils ignorèrent les commentaires salaces, et les sous-entendus à leur approche et rejoignirent leur lit respectif.
Scorpius ouvrit sa malle et entreprit de plier ses affaires. Son travail fut minutieux les deux premières minutes, puis il finit par fourrer les vêtements en boules dans la valise, sans ménagement. Il entassa les livres au-dessus et se mit debout sur l'ensemble pour tasser le tout, sous le regard amusé du reste du dortoir. En dix minutes chronométrées, la valise était prête. Albus lui demanda son aide pour la sienne, mais Malfoy finit par d'avantage feuilleter les magazines que les ranger véritablement.
« Le 24 décembre alors ? » demanda Albus en lui retirant des mains une parution des derniers balais pour la mettre dans la malle.
Sans ciller, Scorpius ouvrit une autre revue, bien installé sur le lit, sur les pulls que Potter n'avait pas encore pliés.
« Oui. J'arriverai en début d'après-midi et je repartirais pour minuit. Le jour important chez nous, c'est le 25 décembre avec le repas traditionnel de Noël. Le 24, on organise une grande réception au manoir et ce n'est pas du tout intime. Mon absence ne sera pas remarquée, mais je rentrerai tout de même pour le champagne de minuit. C'est une tradition, Lucius fera une syncope si je ne trinque pas avec lui. »
« Mais après, tu passeras quelques jours avec moi, non ? »
« Je ne sais pas encore, j'essaierai de venir le 26 au matin pour deux ou trois jours. Mais je préfère leur demander face à face. Toi aussi tu dois demander à tes parents ce qu'ils en pensent, de toute façon. »
« Ils ont dit oui pour le 24 décembre », dit Albus en haussant les épaules.
« Allons-y doucement quand même », souffla Scorpius.
Il était inquiet, évidemment. Se retrouver chez les Potter le soir du réveillon de Noel n'était pas une situation qu'il avait imaginé vivre un jour. Et il serait seul parmi des inconnus ayant une histoire commune avec sa famille, et pas une histoire des plus réjouissantes et des plus glorieuses. Scorpius faisait bonne figure, mais son estomac vrillait à la pensée des vacances qui commençaient et du jour où il donnerait du « bonjour Mr et Mme Potter ». Il secoua la tête et laissa tomber le magazine dans la malle.
« Dorian sera là le 25 », dit-il. « Au manoir. Mon père a invité le sien. Il passera le reste des vacances avec son père, mais au moins il sera avec moi pour le repas de Noël. »
Albus sourit à cela.
« Je sais, ça fait deux fois que tu me le dis. »
Scorpius ignora sa remarque. Il n'en avait rien dit, mais passer Noël sans Dorian lui brisait le cœur. Le fait que Drago ait tout fait pour que Nott accepte de venir le jour de Noël avait ravi le garçon. Potter comprenait beaucoup mieux qui Dorian était pour Scorpius, un véritable frère, rien de plus, rien de moins. C'est important, un frère. Normalement… Albus enviait l'enthousiasme de Scorpius.
« Ne fais pas de boules avec mes affaires ! » s'écria-t-il soudain en voyant le garçon chiffonner ses t-shirts. « C'est ma mère qui repasse, on n'a pas d'elfe de maison nous ! »
Scorpius soupira, indigné.
« Genre elle fait ça à la main comme une Moldue et pas avec sa baguette ? Tu te fous de moi ? »
« Évidemment que non, mais si tu veux m'aider, plie le linge comme il faut. »
« Je ne veux pas vraiment t'aider. »
« Alors pousse-toi de mon chemin », dit-il en poussant le garçon à la renverse sur son lit, mais Malfoy l'entraîna dans sa chute et il tomba sur lui. Il jeta un coup d'œil aux autres occupants de la chambre, tous occupés dans leurs préparatifs.
« Ferme les rideaux », chuchota Scorpius à son oreille.
« J'ai une valise à faire », dit Albus, mais il cédait déjà. Malfoy avait glissé ses doigts sous sa chemise, ses mains touchaient son ventre et plus bas encore.
« Je t'aiderai à la faire… après.»
Et d'un coup de baguette, Albus les isola du reste du monde.
Poudlard express
Rose ouvrit un compartiment et poussa un long soupir de soulagement. Elle fit voler sa valise sur l'un des portes bagages au dessus du fauteuil.
« C'est bon, j'en ai trouvé un de libre ! » appela-t-elle dans le couloir.
Albus entra à son tour, tenant Scorpius par la main, et ils s'affalèrent sur les canapés de cuir rouges. Dorian Nott les talonnait.
« Non, non, ne vous installez pas, on prend le compartiment au fond du wagon ! » dit Dorian en attrapant la valise de Rose.
« Mais celui-ci est libre ! » intervint la jeune fille.
« Celui du fond aussi. Allez hop hop hop, debout Weasley ! Je porte ta valise. »
Albus lança un regard interloqué à Scorpius qui haussa les épaules avant de s'engager à nouveau dans l'allée. Ils arrivèrent au compartiment désigné et Nott rangea à nouveau la valise dans le porte-bagage.
Rose s'installa contre la fenêtre, Dorian à ses côtés, Scorpius et Albus en face.
« Et on peut savoir ce que ce compartiment a de si spécial ? » s'enquit la jeune rousse, en retirant sa robe de sorcière.
Dorian la jaugea, un sourire charmant aux lèvres.
« Il est magique », lui dit-il avec un clin d'œil.
Elle secoua la tête mais ne put s'empêcher de sourire à son tour. Le train se mit en marche et Dorian attendit que la locomotive ait passé les domaines de l'école. Il écarta les jambes et toqua de son poing sur les panneaux de bois sous les sièges. L'un d'eux sonna creux et Nott poussa un cri de victoire. Il déplaça la fine planche de bois et plongea la main à l'intérieur. Il sortit une bouteille contenant un liquide épais et ambré.
« Je rêve... ! » souffla Scorpius.
« Un cognac de 1870, mes enfants. C'est ce que j'appelle des vacances qui commencent très bien. »
« Tu l'avais caché là depuis notre arrivée à Poudlard ? » s'enquit Scorpius en prenant la bouteille des mains de Nott. Elle était poussiéreuse, il l'avait toujours vue ainsi, l'étiquette était élimée.
« Je ne voulais pas me la faire confisquer par Rusard, je ne l'aurais jamais récupérée. »
« Tu en aurais bu une autre », dit Rose. Elle fronçait le nez en regardant la bouteille dont le bouchon était noirci par la saleté.
« Oh non ! » s'exclama Scorpius en même temps que Dorian poussait un cri d'indignation.
« Tu sais combien coûte cette bouteille ? » demanda Nott. Rose secoua la tête et il continua : « Moi non plus, parce qu'elle ne se vend pas ! Tu as plus de chance de t'acheter Poudlard que de payer une bouteille pareille. »
« Alors, comment se fait-il que tu l'aies en main si elle est si rare ? »
« Elle a toute une histoire, cette bouteille. Mais pour faire court, elle vient des caves des Rowle. On s'est partagé certains trésors à la mort de Thorfinn Rowle à Azkaban. »
« Partagé ? » s'exclama Malfoy, outré. « On était juste venus écouter la lecture du testament dans leur château. Tu l'as volée dans leur cave ! Et sans me le dire en plus. »
Nott balaya ses paroles d'un geste las.
« Mais avoue que c'est une belle surprise. Cet imbécile a tout cédé aux Bulstrode ! Depuis quand cette famille s'y connaît en bonne liqueur ? Et en quoi que ce soit d'ailleurs », finit-il dans un souffle.
Scorpius acquiesça doucement en se mordant la lèvre, la bouteille toujours en main. Il salivait déjà.
« Je me rappelle la tête de mon grand-père quand il a vu leur cave. Ses yeux brillaient d'envie, on aurait dit un gosse dans un magasin de jouets. Il lorgnait sur un vin blanc, je ne sais même plus lequel. Il était rouge de colère quand il a entendu la lecture du testament. »
« C'était un Château Yquem 1811 », dit Dorian. Malfoy leva la tête et vit que son ami souriait comme un dément. « Il va adorer mon cadeau de Noël... »
« C'est honteux ! »
« On dit "merci" quand on est poli », s'insurgea-t-il en récupérant la bouteille.
« Vous voulez vraiment l'ouvrir ici ? » demanda Rose en regardant Nott pointer sa baguette sur le goulot.
« Oui, ils veulent l'ouvrir ! » s'exclama Albus. « Et nous faire goûter aussi ! »
« Tu nous transfigures quatre coupes, Weasley », dit Dorian quand le bouchon sauta.
La jeune fille s'exécuta et transforma ses clés de maison en trois coupes en fer que Nott remplit.
« Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis dit qu'on aurait besoin d'un remontant après les premiers mois à Poudlard. Je crois que j'ai vu juste. J'ai dit quatre coupes, Weasley. »
« Je ne bois pas. »
Nott la regarda comme si elle avait trois têtes et un seul œil.
« Et moi, je ne mange pas de licorne, mais si on m'en met un steak sous le nez, je goûte ! »
Elle haussa les épaules et donna l'ébauche d'un sourire désolé.
« Pas moi. »
« Tu me déchires le cœur, Weasley ! » Il lui prit la main et mit sa propre coupe entre ses doigts. « Je ne boirai pas tant que tu n'auras pas mis tes lèvres dans mon verre. »
« C'est ridicule ! » cria-t-elle.
« Tu devrais céder, Rosie, il est très borné », dit Scorpius en humant son cognac.
« Ça vaut aussi pour vous deux, personne ne boit tant qu'elle ne le fait pas ! »
Il ignora les cris de protestation d'en face et ne quittait pas Rose des yeux, attendant qu'elle cède. Elle porta le verre à son nez et grimaça. Elle voulut refuser à nouveau mais vit trois paires de yeux qui la regardaient avec insistance, surtout Albus qui avait porté le verre à ses lèvres et attendait le feu vert pour le vider.
Une gorgée, ma grande,se dit-elle. Elle but et fit un bond en écarquillant les yeux.
« C'est super bon ! » finit-elle par dire.
« Sans rire ? Tu te transfigures une coupe que je puisse reprendre la mienne ? »
Une vingtaine de minutes plus tard, Dorian regrettait son insistance.
« Remets ton pull, Weasley, il ne fait pas si chaud que ça ! » dit-il en refermant la bouteille. Il la plaça dans son sac.
« Mais si, il fait chaud ! »
Elle avait déjà enlevé une manche avec peine et la moitié de la tête, s'entortillant dans le reste du pull.
Amusé par sa maladresse, Dorian prit son bras et le remit dans la manche vide, repassa sa tête dans le col et ressortit ses longs cheveux roux.
« Non, il ne fait pas chaud du tout. C'est l'alcool qui parle. » Il la prit par les avant-bras et la souleva. « Mets-toi debout. » Il l'approcha de la vitre et entrouvrit légèrement la fenêtre. « Respire, ça va te faire du bien. »
Il s'assit à côté d'elle, gardant une main sur sa hanche pour la stabiliser, allégeant les mouvements du train pour la garder debout.
Elle garda les yeux fermés. L'air glacé soufflait sur son visage, sa joue frôlait la vitre. Elle sentit une main sur son front et entendit la voix de son cousin.
« Ça va aller, Rose. Tu n'es pas habituée, c'est tout, ça va passer. »
« Une cuite avec deux verres de cognac », ricana doucement Dorian. « C'est ce qu'on appelle ne pas tenir sa liqueur, Weasley. »
Rose ouvrit soudain les yeux et se tourna vers Nott. Presque effrayé par la lueur dans ses pupilles, il faillit reculer. Elle se mit à genoux sur le fauteuil à côté de lui, le regard brûlant.
« Arrête de m'appeler Weasley. Je m'appelle Rose ! »
D'abord surpris, il cligna plusieurs fois des paupières puis il finit par sourire.
« Okay, Rose. »
Elle s'adoucit soudain, sa colère retomba et elle dodelina doucement de la tête en regardant le garçon. Elle glissa ses doigts sous les cheveux de Dorian, relevant sa mèche.
« J'aime tes yeux. J'aime leur couleur, » souffla-t-elle avec douceur.
Nott voulut parler, mais elle porta ses lèvres sur les siennes. Choqué, le garçon n'osa pas bouger.
Toujours debout à côté de la fenêtre, Albus était figé sur place. Il lança un regard stupéfait à Scorpius, qui semblait aussi abasourdi que lui.
Rose libéra les lèvres de Dorian, les yeux toujours clos, comme si elle savourait encore le baiser échangé, et elle posa son front sur le sien.
« Je suis fatiguée, » murmura-t-elle.
Médusé, Dorian déglutit péniblement et leva des mains hésitantes vers la jeune fille, la repoussant légèrement pour l'aider à s'asseoir.
« C'est normal, » parvint-il à articuler. « Tu devrais dormir un peu. Dans une heure ou deux, ce sera totalement passé. »
Il se recula sur le canapé et la laissa s'allonger à côté de lui, ce qu'elle fit comme un automate. Il retira sa robe de sorcier et la recouvrit. Une minute plus tard, elle dormait profondément.
« C'est dingue, elle n'a pratiquement rien bu, » dit Scorpius à demi-voix.
Albus s'assit à côté de lui, les yeux toujours sur sa cousine.
« Mais elle ne boit jamais, c'est normal. »
« Et toi t'es content ! » s'exclama Malfoy devant l'immense sourire que Dorian essayait vainement de retirer de son visage.
« Je ne suis pas malheureux, » finit-il par dire.
Albus passa de l'eau sur son visage, essayant de garder l'équilibre dans la minuscule salle d'eau du train.
Une révélation, un cognac vieux de 150 ans, ça tape!
Il s'humecta les lèvres, avala puis recracha l'eau dans la lavabo. Encore deux heures avant l'arrivée en gare de Londres. Ce voyage n'en finissait pas. Il avait pourtant dormi deux heures sur les genoux de Scorpius et il s'était réveillé la bouche pâteuse et la tête lourde. Rose et Malfoy jouaient aux cartes et Dorian lisait quand il s'était excusé pour se rendre dans la salle d'eau. Dans deux heures, lui et Scorpius se diraient au revoir sur le quai de la gare. Pour quelques jours seulement, mais il n'aimait pas cela. Il appréhendait l'absence et l'état de manque qui en découlait. Ils avaient déjà testé la séparation, et cela ne les réussissait pas.
Il ouvrit la porte et essaya de garder une démarche assurée. Il salua les quelques élèves qu'il croisa quand il s'arrêta.
James croisa son regard en même temps que lui, puis détourna les yeux pour reprendre sa conversation avec Fred Weasley. Albus hésita puis reprit sa marche. Il sourit à son cousin en passant sans regarder son frère. Il pensait avoir éviter une rencontre quand il entendit James l'appeler. Albus se tourna, à contre cœur, jaugeant son frère. Il lui semblait qu'il le voyait pour la première fois depuis près de trois semaines.
« On fait la trêve de Noël ? » demanda James, désinvolte.
Albus sentit une colère froide et insidieuse monter en lui. Il détestait le ton dégagé de son frère.
« Évidemment, sinon il faudrait expliquer à la famille pourquoi tu es un salaud de première. »
James ne sembla ni troublé, ni blessé par ses paroles, impassible.
« Il va venir à la maison ces vacances ? »
Albus respira plus profondément. Ses yeux ne cillaient pas.
« Oui. Et les choses ne changent pas, tu as toujours interdiction de l'approcher. »
James le regarda un instant sans émotion puis il lui tourna le dos, et traversa le couloir. Albus resta inerte, il ne décolérait pas. Il se demanda pourquoi il était tellement furieux alors que James ne semblait rien ressentir. C'était comme si rien ne s'était passé. Comment pouvait-il agir ainsi? Il connaissait cette attitude, Scorpius avait la même! Cette froideur, cette capacité à isoler ce qu'ils ressentaient et ce qui leur était arrivé, ils partageaient cette même façon de compartimenter leurs émotions et de feindre une indifférence totale. Albus ne pouvait pas faire ça! Et il connaissait une autre personne qui en était incapable. Il avait longtemps hésité, il avait évité d'y penser, mais lui et Dorian n'avait jamais réellement parlé. Pourtant ils avaient des choses à se dire non? Beaucoup de choses.
Quand il arriva dans le compartiment, la colère n'était pas passée. Dorian regardait par la fenêtre. Le reste du compartiment était vide.
« Où sont les autres ? » demanda-t-il en s'asseyant sur le canapé. Nott se tourna vers lui.
« Scorpius est parti à la poursuite du chariot de confiseries avec Rose. » Il rit doucement. « Ils sont tous les deux tout maigres, et c'est eux les accros au sucre. »
« Rose n'aime pas tellement les sucreries, je pense qu'elle t'évite. »
« Peut-être, » dit-il doucement, en regardant dans le vide, un léger sourire aux lèvres.
Albus hésita, passant la langue sur ses lèvres. Il regrettait déjà sa décision, mais il se leva et ferma la porte du compartiment. Dorian fronça les sourcils en voyant le garçon s'asseoir en face de lui, penché en avant, les coudes sur les genoux.
« Il faut que je te parle, » lâcha-t-il enfin.
« Vas-y, » répondit Dorian en haussant les épaules.
Il ouvrit la bouche puis se ravisa, tordant ses mains.
« J'ai volé la fiole que tu as rendue à Scorpius. Je l'ai regardée et je l'ai remise dans son sac sans qu'il le sache. »
Le regard de Dorian devint dur. Ses lèvres se pincèrent en une ligne fine, et ses paupières se resserrèrent. Il semblait lutter pour garder son calme, le rouge colorait ses joues.
« S'il apprend ce que tu as fait, il ne te pardonnera pas, » annonça-t-il d'une voix froide et mesurée, qui contrastait avec la colère qui semblait l'envahir.
Albus acquiesça, le regard dans le vide. Il fit rouler sa langue dans sa joue, nerveux.
« Je pensais qu'il s'agissait de James, je ne m'attendais pas à ça. »
« Ce n'est pas une raison. »
« Je sais… »
« Non, tu ne sais rien ! » Albus sursauta. Dorian le regarda de haut en bas, une moue de dégoût au coin des lèvres. « Pour qui tu te prends ? J'ai attendu très longtemps qu'il me parle de ce qui s'est passé, et toi, tu lui as volé ce souvenir. Putain ! » Il tapa du pied dans le siège devant lui, passant nerveusement la main sur sa lèvre. « J'aurais préféré que tu ne me dises rien. Tu m'obliges à lui mentir ! »
« Ne lui mens pas, évite juste la question. »
« Raaaa, les Potter. Je savais que si on s'approchait de vous, vous nous apporteriez que des emmerdes ! »
« Si tu pouvais éviter de me comparer à James, ça m'arrangerait. » Il se frotta nerveusement les mains. « Alors, qu'est-ce qu'on fait ? » demanda-t-il doucement.
« Comment ça, "qu'est-ce qu'on fait" ? »
« Drago Malfoy doit avoir l'adresse de ce type ou des références… »
« Wow, doucement ! » Dorian leva les deux mains devant lui, puis se pencha en avant. « Tu ne fais rien, putain ! Rien ! Tant que Scorpius ne te parle pas, tu n'es au courant de rien. »
Albus fit glisser sa langue sur sa lèvre, agacé.
« C'est quoi son nom ? »
« Ne commence pas, » grinça Dorian, menaçant.
« Je veux juste savoir… »
« Tu arrêtes ça tout de suite. » Sa voix était basse et sifflante. « Toi et ton complexe du héros, vous allez vous calmer. Scorpius ne t'a rien demandé. Si tu as envie de te faire la main sur un sale con, ton frère traîne quelque part dans le train. »
« Alors, on ne va rien faire ? Tu te fous de moi ? »
« Non, toi tu ne vas rien faire. J'ai un avantage sur toi, il a voulu que je sache. Alors tu me laisses m'occuper de ça. Toi, tu lui fais passer un joyeux Noël et tu lui fais oublier ces derniers mois de merde, c'est trop te demander ? »
Albus n'eut pas le temps de répliquer. La porte du compartiment s'ouvrit.
« Pourquoi vous avez fermé ? » demanda Rose, les bras chargés de paquets de bonbons. Scorpius la suivait, les mains tout aussi chargées.
« Des types jouaient avec des boules explosives, » répliqua Dorian en se levant pour les débarrasser.
« Oh. » Elle rougit quand il s'approcha d'elle et lui prit des sacs de confiseries des mains. Elle détourna rapidement les yeux. « Tiens, Albus, des sucres d'orge ! »
Potter grimaça.
« Merci, mais mon estomac ne supportera pas des bonbons maintenant. »
Elle haussa les épaules.
« Tu n'aurais pas dû boire autant. »
« Tu ne faisais pas la fière il y a deux petites heures ! » Elle s'empourpra légèrement, mais ne cilla pas.
« Je ne vois pas de quoi tu parles, » dit-elle d'un ton pincé.
Dorian se tourna doucement vers elle, un sourire espiègle aux lèvres.
« Moi, je vois de quoi il parle, » murmura-t-il en faisant glisser le sucre d'orge entre ses lèvres.
Rose déglutit et recula d'un pas, trébuchant presque sur les pieds de Scorpius, assis sur le canapé.
« Je… je vais voir si Lily et Hugo veulent des bonbons, » marmonna-t-elle, en sortant du compartiment.
Souriant, Dorian la regarda partir tandis que Scorpius et Albus éclataient de rire dans son dos.
Le train siffla deux fois, annonçant son entrée en gare. Ils s'étaient réfugiés en bout de wagon, ignorant les élèves qui s'engouffraient dans le couloir. Albus avait serré Scorpius contre le mur du train, emprisonnant son corps contre la paroi. Aucun espace entre leurs deux corps. Les mains sur ses hanches, et le front contre le sien, Albus plongeait son regard dans le bleu-gris de ses yeux, frottait son nez contre le sien, arrachant un rire léger aux lèvres roses qu'il s'empressa d'embrasser. Il entendit des sifflements qu'il ignora. Scorpius fit de même. Les mains sur les bras d'Albus, il le tirait d'avantage vers lui, ses lèvres murmuraient à son oreille.
« Tu vas me manquer, » lui dit-il, et il attrapa le lobe entre ses dents, tirant légèrement.
« Ne fais pas ça ! » souffla Albus en se dégageant.
Autant de pas réveiller l'excitation s'ils pouvaient pas aller plus loin. Il se pencha à nouveau pour l'embrasser, et Scorpius passa les bras autour de son cou, intensifiant le baiser qui dura une éternité. Leurs langues se caressaient encore quand le train freina totalement et que la porte s'ouvrit, rompant leur baiser. Ils attendirent que le train se vide un peu, sans se détacher l'un de l'autre. A bout de souffle, les lèvres rouges et humides, ils attrapèrent leur malle et sortirent du train.
Scorpius aperçut rapidement son père, et lui fit signe. Dorian était déjà à ses côtés. Il se tourna vers Albus et lui sourit.
« A dans trois jours » murmura-t-il avant de rejoindre sa famille.
Il le regardait encore s'éloigner quand il entendit son père appeler son nom. Il se retourna et aperçut ses parents, ainsi que Ron et Hermione Weasley. Tous les enfants avaient été récupérés. Ils n'attendaient plus que lui. Il prit son père dans ses bras, puis sa mère et ils partirent vers le parking.
« Heureux d'être en vacances ? » leur demanda leur père quand il entra dans la voiture, regardant ses trois enfants dans le rétroviseur central.
« Heureuse que ce soit Noël ! » s'exclama Lily, assise sur le siège du milieu, entre ses deux frères.
« Sois déjà contente de rentrer à la maison, » dit Ginny en attachant sa ceinture. « Noël n'est que dans trois jours. »
« C'est long trois jours ! » gémit Lily alors que la voiture démarrait.
Albus soupira, regardant le paysage défiler par la fenêtre.
« Ouais, c'est long trois jours, » souffla-t-il.
Fin du Chapitre 27
J'adorerai écrire plus sur Dorian et Rose… Je vais finir par le faire… qu'en pensez-vous?
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