Chapitre 4 – Vagabonde.

Après des heures de nage Asuna vit enfin les fonds marins se rapprocher de la surface. Il fallait qu'elle trouve un endroit au calme pour sortir de l'eau sans être vue. Non seulement parce qu'elle devait s'extirper de l'eau en rampant sur les bras, mais aussi parce que ses vêtements disparaissaient toujours avec la transformation. Heureusement pour elle, dans son sac recouvert d'une bulle de Shabaody, elle avait pris soin d'y glisser une robe et une culotte de rechange. Elle fut reconnaissante également de voir que l'ile n'était pas une ile hivernale.

Le climat qui y régnait était très doux. Le soleil du midi réchauffait le sable et les abords peu profonds de la côte. Asuna repéra une petite crique abritée par de la végétation dense. Parfait, elle pouvait aisément s'y cacher le temps de se transformer en humaine. Jetant un dernier regard aux alentours pour être sûre qu'aucun habitant de l'île n'était à proximité. Elle s'échoua sur la plage de sable blanc et rampa sur les avant-bras jusqu'à extirper complètement son corps de l'eau. À peine sa nageoire caudale se retrouva à l'air libre que la transformation en humaine débuta. Sa queue se scinda en deux parties, les écailles disparaissant peu à peu pour laisser place à une peau blanche et lisse. Sa poitrine également perdit ses écailles, laissant apparaitre ses seins qu'elle cacha aussitôt de son bras gauche. Les palmes entre ses doigts se rétractèrent, tout comme ses branchies au niveau du cou qui se refermèrent. Elle attrapa son sac de sa main droite et en sortit une culotte ainsi que sa robe. Grace à l'étanchéisation de son sac, ses affaires étaient sèches. Elle les enfila rapidement, galérant légèrement avec l'humidité de son corps sur le tissu de la robe et les grains de sables collés à son corps. Asuna se frotta vigoureusement les mollets pour décoller un maximum de grains de sable. Elle se rendit compte qu'elle n'avait pas prévu de chaussures. Mince, peut être en trouvera-t-elle dans une boutique sur l'ile. Bien qu'elle n'ait pas pensé aux chaussures, elle avait pensé à l'argent. Et avait de quoi vivre quelques jours avec ce qu'elle avait ramené.

Après avoir fini de se préparer, Asuna emprunta un petit chemin de sable à travers la végétation pour se rendre dans la ville côtière. Ici régnait une forte odeur de pin. Le sol était jonché de feuilles de pins qui provenaient des arbres bordant l'océan. Ce qui rendait la marche pieds nus plutôt désagréable. Le chemin montait sur une dizaine de mètre et débouchait sur un chemin goudronné. Asuna y posa son pied et grimaça de douleur, le goudron était brûlant, et ses pieds, peu habitués à la marche étaient sensible. Elle devait vite trouver une paire de chaussures. Elle se mit donc à trottiner sur cette route qui descendait en direction de petites habitations. La jeune fille atteignit rapidement la ville, il n'y avait pas grand monde à l'extérieur. Pas la moindre boutique en vue, le front de mer était seulement habité par des pécheurs. Elle se dirigea donc dans la première ruelle qu'elle croisa. Ici le soleil n'avait pas atteint le sol, et il n'était pas brûlant. Elle put donc marcher normalement. Asuna suivit le bruit de foule qu'elle entendait, tournant régulièrement dans les différentes ruelles sans croiser personne, pénétrant de plus en plus profondément dans le cœur de la ville. Soudain, l'obscurité des ruelles s'effaça, et Asuna vit s'étendre devant elle une grande place baignée de soleil. Une foule y était rassemblée, mangeant aux tables des différents restaurants qui s'agglutinaient ici et là. Quelques arbres sortant des pavés apportaient plusieurs petits coins d'ombres. Les gens semblaient heureux et profitaient de cette belle journée ensoleillée. Elle continua sa route, malgré son ventre qui se mit à gargouiller sous les odeurs exquises qui s'échappaient des cuisines. Cela attendrait, elle voulait d'abord se chausser. Face à elle, perpendiculairement à la place, une grande rue commerçante se dressait. Elle s'y engouffra, à la recherche d'une boutique qui ferait son bonheur. Des boutiques de souvenirs, de porcelaines, d'escargophones, Asuna ne savait plus où donner de la tête. Elle finit par trouver une boutique de chaussures. Elle cherchait un modèle simple et résistant. Son cœur craqua pour des sandalettes en corde simple avec une semelle en cuir. Parfait !

Elle paya sa commande et sorti du magasin chaussure aux pieds. L'aventure pouvait commencer. Son ventre la rappela à l'ordre et elle retourna sur la place qu'elle avait traversée précédemment.

Elle mangea un plat typique de l'ile à base de poissons et de crustacés, et demanda au serveur de lui conseiller une auberge pour quelques jours.

-Tout au bout de l'allée commerçant vous avez une auberge vraiment sympa avec des bains, en ce moment nous sommes en saison creuse vous n'aurez pas de mal à trouver une place pour quelques jours.

- Merci, puis-je vous poser une autre question ?

- Je vous en prie, mademoiselle.

- Je suis journaliste spécialisée dans la piraterie, avez vous des informations sur l'équipage de Barbe Blanche ou de Shanks ?

Le visage sur serveur se referma aussitôt et il répondit durement, ayant perdu toute sa sympathie :

- Nous ne parlons pas de ça ici, vous devriez quitter le restaurant mademoiselle.

Elle quitta l'établissement sous le regard suspicieux du serveur. Bien, visiblement parler de piraterie n'était pas convenable, il fallait qu'elle change de stratégie pour obtenir des informations.

L'auberge que lui avait conseillé le serveur était plutôt grande, comme il lui avait annoncé il y avait peu de monde en cette saison. Asuna paya une chambre pour deux jours, elle prolongerait au fur et à mesure si son séjour le nécessitait. La chambre était toute simple, un lit double en plein milieu, une salle de bain avec douche et des toilettes dans une pièce attenante. Elle y trouva serviettes, peignoir et échantillons. Sur le bureau présent sous la fenêtre il y avait le planning de l'auberge, avec les heures de ménage, des repas, et la disponibilité des bains proposés. Elle se déshabilla, et se glissa dans les draps du lit. Une petite sieste ne lui fera pas de mal après avoir nagée toute la nuit jusqu'à midi.

Lorsqu'elle se réveilla, la nuit était déjà tombée. Asuna entendit du bruit au rez-de chaussé. L'auberge était pourvue d'un bar qui était accessible par les clients extérieurs. Et vu l'heure : 22h30, la fête battait son plein.

Elle s'étira longuement, fixant le plafond en se demandant ce qu'elle allait faire désormais. Si elle ne pouvait parler de piraterie, alors elle allait écouter. Il devait bien y avoir en bas un homme suffisamment saoul pour se vanter d'exploits de pirates. Elle remit donc sa robe et sortit de sa chambre. Le bar était en effet rempli de client, tous plus bruyants les uns que les autres. La plupart semblait être des pêcheurs. Asuna prit place à une table un peu à l'écart de la pièce mais qui lui permettait d'avoir un aperçu global sur tout le monde. Elle commanda une pinte de bière et commença à écouter les conversations qu'elle pouvait percevoir. Les clients parlaient généralement de leurs journées de travail, ou des histoires de quartier, de leur vie de famille, rien ne concernant la piraterie. Au bout de la deuxième pinte de bière, Asuna se leva et se posta près d'une table de quatre hommes jouant au poker. Un des hommes, brun, la quarantaine et des cicatrices lui barrant le visage, leva les yeux à son arrivée, puis se remit dans la contemplation de ses cartes sans un mot. Les autres ne firent pas plus attention à elle. Elle assista à plusieurs partie, l'homme blond, au cheveux sales, et d'environs 35 ans semblait gagner à chaque fois. Il s'en vanté bien évidement allégrement à chaque fois, humiliant un peu plus les trois autres quand cela arrivait. Son énième réussite ne plut pas du tout, puisque le troisième homme en face de lui, éjecta la table à travers le bar, s'avançant poing levé vers le victorieux.

- Tu n'en as pas marre de tricher ?! Abruti ! Je vais te mettre mon point dans la figure jusqu'à ce que tu avoues, sacrebleu !

- Je ne triche pas, je n'y peux rien si je suis chanceux, hé.

-Tu te moques de moi en plus ? Tu ferais mieux de quitter la ville avant que je ne prévienne les autorités maudit brigand !

- Je ne partirais pas sans mon butin, le vieux !

- Non mais tu rêves ou quoi ? Un butin obtenu par la triche, sacrebleu, tu ne serais pas un pirate ?

- Hé, ne m'insulte pas le vieux, je déteste les pirates autant que toi !

Enfin ça parlait de pirates, Asuna, qui était Scorpion fit honneur à son signe astrologique en entrant dans la discussion avec la discrétion d'un pachyderme.

- Pardon, mais vous avez dit pirates ?

Les deux hommes se retournèrent vers elle étonnés qu'elle ait pris la parole sans qu'on lui ait demandé. Dans le bar, le silence se fit peu à peu, tout ceux qui suivait de près ou de loin la bagarre en cours s'intéressèrent désormais avec avidité à la nouvelle belligérante.

- Oui, pirates, pourquoi ? Tu fais partie de ces bons à rien ?

- Il y a des pirates qui passent sur l'ile parfois ? Demanda t'elle sans relever l'insulte du vieil homme.

- Il y en a bien quelques un mais ils ne restent pas longtemps, cette ile a été annexée par Barbe Blanche il y a plusieurs années maintenant, alors ils n'osent pas venir faire du grabuge.

- Si l'ile appartient à l'un des plus grands pirates de notre époque, pourquoi les haïr à ce point ?

- Parce que nous n'avons jamais voulu cela, sacrebleu ! C'est notre stupide reine qui en a décidé ainsi !

Le barman, un homme baraqué, à la peau tannée par le soleil, prit la parole de sa voix rocailleuse :

- Roka ! Faites attention à vos paroles, je ne tolère pas que l'on insulte notre reine dans mon bar !

- Ça tombe bien car je ne compte pas y rester ! Il y a de plus en plus une mauvaise fréquentation ici, sacrebleu !

Le vieil homme quitta le bar en claquant bien évidemment la porte pour montrer son mécontentement. Le quarantenaire se leva à son tour, et avant de s'éloigner de la table demanda à Asuna de le suivre. Elle n'était pas naïve, suivre un inconnu à cette heure de la nuit était risqué, mais après tout, elle savait se battre, et elle avait besoin d'informations sur Barbe Blanche, si cet homme pouvait lui en donner se serait parfait. Ils sortirent dans la rue, la température avait grandement baissé et Asuna regretta de ne porter qu'une robe. L'homme marchait sans un mot à environs deux mètres devant elle. Il la conduisait certainement dans un endroit isolé. Asuna serra le poing, mis ses sens en alerte pour se défendre et fuir à tout moment.

- Je ne te ferais pas de mal si c'est ce à quoi tu penses.

- Hein ? Mais…je… alors pourquoi m'isoler à ce point ?

-Tu as pu le voir, ici les pirates ne sont pas très appréciés, je ne voudrais pas devoir écourter mon séjour ici.

- Alors, vous êtes un pirate ?

- Effectivement.

- Ça tombe bien, j'avais plein de questions ! Vous pourriez me parler un peu de l'équipage de Barbe Blanche ?

L'homme se retourna soudain et arrêta de marcher.

- Je peux savoir pourquoi tu t'intéresses autant à cet équipage ?

- À vrai dire j'aimerais en faire partie, mais je ne sais pas comment les trouver. Alors j'avais prévu de me renseigner pour voir où ils passent et pouvoir les croiser à ce moment-là.

- Tu es bien courageuse de dire ça à un inconnu, ou bien idiote. Tu sais que les pirates sont poursuivis quotidiennement par la Marine ? Que nous pillons et tuons des innocents ? Que la seule issue de notre vie c'est l'exécution publique ? Alors pourquoi vouloir faire partie de ce monde ?

- Parce que je veux être libre, et je ne connais personne d'autre de plus libre que les pirates.

Un sourire barra le visage de l'homme à ces mots. Il rigola silencieusement, puis s'approchant d'elle il lui tendit la main :

- C'est ton jour de chance alors ! Akio Miru, membre de la seconde division de l'équipage de Barbe Blanche.

Qu…quoi ? C'était trop beau pour être vrai, ce mec devait être en train de se payer sa tête. Comment était-ce possible qu'elle trouve si rapidement quelqu'un qui avait justement ce qu'elle recherchait ? Comme à son habitude méfiante, Asuna ne crut pas un mot de ce qu'avançait l'homme en face elle, elle lui serra la main sans conviction, persuadée qu'il lui mentait pour obtenir quelque chose. Ce qu'il remarqua assez vite d'ailleurs.

- Tu penses que je mens n'est-ce pas ? Écoute, je ne peux pas te faire rentrer dans l'équipage comme ça. Alors si tu veux vraiment être des nôtres, rejoins-nous dans une semaine sur l'ile de Portuga. Mon commandant t'y rencontrera pour voir si tu vaux le coup de faire partie de l'équipage. Comment tu t'appelles ?

- Asuna.

- Et tu n'as pas de nom Asuna ?

- Non, juste Asuna.

- Ok, ok,…c'est bon pour toi ? Une semaine, ile de Portuga ?

- Comment je vais à cette ile ? Je ne sais même pas dans quelle direction aller !

- Ça vois-tu…c'est ton problème ! Tu veux être pirate non ? Alors prouve le moi. Sur ce, je vais te laisser, je ne voudrais pas rater le rendez-vous avec mon commandant.

Avant que Asuna n'est pu ajouter le moindre mot, l'homme disparu à l'angle d'une ruelle, Asuna se mit à sa poursuite mais elle se rendit vite compte qu'il n'était plus là. Il n'y avait sa trace nulle part. Comment avait-il pu se volatiliser aussi vite. Asuna avait beau se concentrer avec son Haki de l'observation, l'aura de l'homme n'était plus dans les parages. Pouvait-on dissimuler sa présence ?

Elle prit le chemin du retour jusqu'à l'auberge, demain elle trouverait une carte et se hâterait en direction de l'ile de Portuga.

Le matin arriva bien vite. Asuna se renseigna à la réception pour trouver une librairie en ville. Mais la réceptionniste lui indiqua l'office maritime, en lui assurant qu'elle pourrait y trouver des tonnes de cartes là-bas. L'office maritime se trouvait face à la mer, au centre des maisons de pêcheurs et autres poissonneries. Les cartes étaient enroulées dans des bacs et classé par ordre alphabétique. Sur le mur derrière ces bacs, il y avait une immense carte du monde qui semblait très ancienne. Les inscriptions qui y étaient notées semblaient venir de toutes époques. Visiblement, les marins qui découvraient de nouvelles terres venaient les recenser ici. Le Nouveau Monde était un endroit encore très mystérieux et beaucoup d'iles restaient inexplorées. Au bout de quelques minutes de recherche Asuna trouva la carte de l'ile de Portuga. Un numéro inscrit en haut à gauche lui indiqua de se référer à la carte du monde. En effet chaque carte ne représentait que l'ile qui portait leur nom, et non là où elles étaient situées par rapport aux autres iles.

L'ile de Portuga se trouvait au Nord de l'ile où elle était actuellement, qui se nommait d'ailleurs : Sqapa. Il y avait 1580 miles entre cette ile et Portuga, soit 2528 kilomètres. Et elle devait parcourir ça en moins de six jours. En partant du principe qu'elle nagerait par tranche de14heures : elle devrait nager environs 180 kilomètres par jours. Sans compter qu'elle devait chasser et se reposer également. Elle se renseigna sur les prochains départs de bateaux, malheureusement le premier n'aurait lieu que dans deux jours. Tant pis, elle n'avait pas le choix.

Asuna avait pris son sac en quittant l'auberge, elle se rendit à la crique par laquelle elle était arrivée, se déshabilla en prenant garde que personne ne soit dans les parages, puis après avoir imperméabilisé son sac avec la dernière fiole de sève de Magrove Shabaodienne elle se jeta dans l'océan.

Ses jambes se couvrirent d'écailles et se rapprochèrent pour ne faire qu'une, les branchies de son cou s'ouvrirent et ses doigts se palmèrent. Il était temps de partir en voyage !

La queue des sirènes était plus puissante que n'importe quel mammifère marin, Elles pouvaient faire de longues distances. Dans le cas de ce voyage, Asuna devrait nager à 13km/h sur une durée de 14h, elle ne voulait pas accélérer à sa vitesse de pointe de 40km/h durant les premiers jours car cela consommait beaucoup d'énergie.

L'eau était fraiche en cette matinée, Asuna déterra du sable quelques fruits de mer qu'elle mangea crus en guise de petit déjeuner. Sa nageoire caudale la propulsant sans difficultés à 13km/h par des mouvements amples, elle s'enfonça dans les profondeurs pour ne pas être vue par les navires marchands. À 20 mètres de profondeur il n'y avait pas beaucoup d'activités, la plupart des poissons vivaient plus profondément, quant aux montres marins, ils n'approchaient pas les sirènes. Les sirènes avaient la capacité de communiquer avec la vie marine, elle comprenait ainsi leurs langages. Tout comme les humains, certains avaient des caractères gentils, d'autres étaient vraiment bougons. Au cours de la journée elle croisa quelques bancs de poissons qui la saluèrent, lui demanda où elle se rendait et si elle avait besoin d'aide. D'autre parcouraient une partie du chemin à ses côtés. L'avantage de parler poisson, c'est qu'elle ne risquait pas de se perdre. L'inconvénient, et c'était vraiment horrible, c'est que les sirènes se nourrissaient parfois de ces poisons. Lorsqu'ils étaient déjà morts, ce n'était pas un problème, mais si elle devait chasser en le mangeant cru, s'en était un autre. C'est pour ça qu'Asuna, qui détestait faire du mal, demandait parfois aux dauphins, orques, ou requins (même si eux acceptent peu souvent) s'ils n'avaient pas des restes de repas. Ou alors elle demandait à d'autre poissons de lui apporter des algues en provenance des profondeurs. Les orques étaient plutôt conviviaux, mais il fallait se méfier d'eux, ils pouvaient être plus dangereux que les requins, ces derniers étaient plutôt avares en nourriture, après tout, ils se battaient pour leur survie depuis le ventre de leur mère ou ils faisaient actes de cannibalisme. Les dauphins avaient le cœur sur la main si on peut dire ça, mais il fallait prendre garde aux mâles solitaires. Sur la vie terrestre comme dans l'océan le danger pouvait surgir de partout. Contrairement aux animaux marins qui pouvaient littéralement ne dormir que d'un œil comme les dauphins, être en période d'inactivité comme les poissons, ou rester immobile en surface par créneaux d'une heure comme les baleines, Asuna devait dormir, comme les humains. Il lui fallait un temps de sommeil d'environs cinq à six heures minimum. Impossible pour elle de se rendre sur le fond marin à cause de la pression de l'eau et des êtres vivants qui y étaient présent et potentiellement dangereux. Elle ne pouvait pas non plus de laisser porter par les courants sous peine de dériver. La seule solution était de trouver un banc de terre ou demander de l'aide à un cétacé de la porter pendant son sommeil, en espérant qu'ils aillent dans le même sens. C'est cette deuxième option que choisit Asuna lorsqu'une baleine bleue et son fils la dépassèrent lors de sa 12ème heure de nage. Elle avait déjà parcouru 150km. La baleine accepta et Asuna se colla au ventre de la baleine pour y dormir. Tout comme certains poissons, les sirènes pouvaient produire une substance adhésive pour se coller aux coques de bateau ou autre animal comme présentement.

Elle se réveilla sous la douce voix de la baleine qui lui indiquait que leurs chemins devaient se séparer. Asuna remercia la baleine et son fils qui lui avait permis de dormir 7h, en ayant parcouru 80 km de plus. Plus que 2298km.

Les jours qui suivirent furent similaires, elle nageait entre 12 et 14 heures puis se reposait guidée par un cétacé. Un jour elle put trouver un rocher à la surface sur lequel se reposer. C'était très dangereux de dormir à la surface. Car ne pouvant reprendre sa forme humaine elle risquait de se faire attaquer par des navires passant par là. Elle aperçut l'ile de Portuga plus tôt qu'elle ne l'aurait cru. Au bout du 5ème jour, soit un jour d'avance sur ce qu'elle avait prévu. Elle accéléra la cadence pour atteindre les 25km/h. Comme pour l'ile de Sqapa, Asuna chercha un endroit à l'abris des regards pour s'y échouer. Et la seule chose qu'elle vit fut un immense tronc d'arbre qui était tombé dans l'eau, bien que retenu par ses racines au sol terrestre. Elle se hissa dessus à la force des bras, perdant quelques écailles lors du frottement avec l'écorce. Puis sorti sa nageoire de l'eau. À cheval sur le tronc elle rejoignit donc le sol de l'ile, non sans mal. Asuna se laissa tomber sur le sable et entreprit de s'habiller avec la robe et une culotte qu'elle avait acheté à Sqapa. Elle fit un chignon haut avec ses cheveux mouillés et se dirigea à travers la forêt qui bordait le bord de côte jusque dans la ville. Si le pirate n'avait pas menti, le rendez-vous aurait surement lieu là-bas.

La ville était similaire à la précédente, une ville de pêcheur. Sauf que celle-ci possédait également un casino ! Asuna, se mit en quête d'une boutique de vêtements, si elle devait embarquer avec des pirates, hors de question de ne porter qu'une robe. Elle acheta alors trois pantalons fluides avec des élastiques au niveau des chevilles, trois t-shirts pour aller avec, une paire de chaussure fermée, une veste polaire et des sous-vêtements, ainsi qu'un nouveau sac pour y ranger tout ça. Il ne lui restait plus beaucoup d'argent et Asuna espérait ne pas s'être fait rouler dans la farine par ce pirate. Si tant est qu'il en soit vraiment un. Elle partit donc s'installer en terrasse pour manger un bout.

De toute façon la rencontre ne devrait avoir lieu que le lendemain, elle croqua dans son sandwich au thon en fixant l'horizon de l'océan. Quand soudain, elle sentit une masse d'aura s'approcher dans son dos, elles n'avaient pas l'air dangereuse mais c'étaient vers elle qu'elles allaient. Asuna se retourna prestement, et se retrouva face à :

- Akio ?

- C'est bien moi ! Je suis étonné que tu sois arrivée ici, je pensais que tu aurais abandonné vois-tu.

- Abandonner ? C'est mal me connaitre !

- Chose promise, chose due : je te présente le commandant de ma division : Portgas. D ace.

Asuna regarda par-dessus l'épaule de Akio, et vit un garçon d'à peu près son âge, avec un chapeau orange sur la tête, un sourire ou l'on voyait toute ses dents, et un regard absolument envoutant…non mais qu'est-ce qu'elle racontait là ! Asuna secoua la tête pour faire partir toute image un tant soit peu sensuelle de cet homme.

- Qu'est-ce qui me dit que vous êtes des pirates et pas des brigands de pacotilles ?

- Non mais un peu de respect devant Ace-sama ! Nous sommes des pirates de Barbe Blanche !

- Ah bon ? Pourtant tu n'as pas l'air très fort Akio, pour un pirate de Barbe Blanche !

Ace se mit à rire et se rapprocha d'Asuna, il planta son regard dans le sien, et elle dû lutter de toute ses forces pour ne pas défaillir. Il était à moins d'un mètre d'elle, elle pouvait voir distinctement ses abdominaux se soulever à chaque inspiration. Et l'odeur de sa peau hâlée lui caressa les narines. Il prit la parole, un sourire au coin des lèvres :

- Je cherchais justement un moyen de t'évaluer, et si on organisait un petit championnat de combat ? Toi, contre ma division ? Tu en es capable ?

Je pouffais discrètement, bien sûre que j'en étais capable, je n'étais pas la fille du Roi Sombre pour me faire battre par la moitié d'une division de l'équipage de Barbe Blanche.