Écrit par HateWeasel

433. Activez-le.

L'équipe avançait sans dire un seul mot. Kristopherson et Daniel refusaient de ne serait-ce que se regarder, et la tension pesait sur le reste des Sept Sensationnels, ces derniers étant les seuls à la ressentir. Au moment où tout semblait aller mieux, il avait fallu que la situation reprenne un mauvais virage. Audrey avait déserté son poste, Kristopherson et Daniel étaient en mauvais termes, et Ciel était toujours introuvable. La détermination que la menace blonde avait eu tant de mal à retrouver recommençait à se briser petit à petit.

Alois arrêta de regarder par terre et fixa le dos de la femme qui menait H.E.L.L.S.I.N.G. D'une manière ou d'une autre, elle réussissait toujours à stimuler sa confiance, même lorsque Ciel n'y parvenait pas. Le Macken ne savait pas tout à fait ce qu'il cherchait, mais peut-être que le calme d'Integra pourrait être aussi contagieux que l'air étouffant qu'il sentait derrière lui. La plupart du temps, cela fonctionnait. Integra, comme son nom l'indiquait, était très intégrale. Elle ressemblait beaucoup au Phantomhive, ce qui pourrait expliquer pourquoi Alois trouvait sa présence si réconfortante.

Elle était calme, réfléchie, et mesurée, mais elle pouvait aussi être espiègle et attentionnée. Elle exigeait d'être respectée par tous, ses ennemis inclus, et elle se faisait toujours respecter d'une manière ou d'une autre. S'il y avait bien une différence entre le Phantomhive et la Hellsing, c'était qu'Integra avait une manière de se conduire plus "éthique" qu'elle suivait à la lettre. Tandis que Ciel se complaisait dans la pénombre, elle foulait la lumière. Ils étaient à la fois similaires, et totalement différents. Et Alois se demandait donc pourquoi ils ne s'entendaient pas.

- Qu'y a-t-il ? demanda la femme en remarquant le regard du garçon.

Alois cligna des yeux en réponse, détournant brièvement le regard.

- Oh, rien... dit-il. Je... Comment est-ce que vous pouvez rester aussi calme ?

- Avec l'expérience, je suppose, répondit Integra. J'ai connu pire.

- Pire qu'un château plein de démons ?

- Comment pensez-vous que j'ai perdu mon œil ?

- Touché, répondit Alois.

Il pouvait y croire, étant donné qu'ils avaient purgé quasiment toute la structure sans que la femme n'ait eu une seule égratignure. Il ne savait pas vraiment comment continuer la discussion, et il en allait de même pour Integra, alors le silence assourdissant de tout à l'heure prit sa revanche.

La menace aurait presque voulu qu'il y ait un combat pour remplir ce vide avec n'importe quelle forme de bruit, ce qui lui permettrait ainsi de penser à autre chose. Il semblerait que la violence était ce qui l'aidait à déstresser, dernièrement, un fait qui le perturbait quelque peu. Mais, il ne savait pas quoi faire d'autre. Il voulait que cette nuit se termine pour pouvoir rentrer avec son bien-aimé, mais de toute évidence, ce ne serait pas avant un bon moment.

Une énorme porte apparut au bout d'un couloir tout aussi large, ce qui ne plut pas au groupe. C'était une impasse si on oubliait cette porte grandiose qui menait probablement à la salle de bal, et cela rendait les humains mal à l'aise. Quant aux surnaturels, ils pouvaient sentir quelque chose de gros derrière cette porte. Ils savaient que ce qui se trouvait derrière était une nuée de monstres, prêts à attaquer dès qu'elle s'ouvrirait. Seras passa devant le Macken et se mit devant sa maîtresse pour la défendre, Sebastian l'imitant.

- Avons-nous un plan ? demanda-t-il.

- Pas encore, dit Integra. Nous devons nous assurer que les enfants soient en sécurité pendant que nous combattons ce qui vous rends aussi anxieux.

- C'est une nuée, madame, dit Seras. Une fois dedans, nous serons encerclés.

- Je vois... répondit la Hellsing. Alors nous devons en éliminer autant que possible sans les laisser s'approcher ?

- Oui.

- Si les autres pouvaient tirer avec des pistolets, ce serait moins problématique, reprit Integra. Nous pourrions lancer une salve de balles sur notre ennemi. Malheureusement, à cause de leur inexpérience, ils pourraient avoir trop peur de tirer.

- Sebastian ? appela Alois, attirant l'attention du démon plus âgé.

L'homme le regarda, levant un sourcil avec curiosité.

- Je sais que je ne suis pas ton maître, et que je ne suis pas en position de te donner des ordres, mais... est-ce que tu penses quand même pouvoir le faire ?

Ricanant, Sebastian mit sa main droite sur son cœur.

- Avant de partir, Monsieur savait que la mission qui s'est suivi de son absence serait dangereuse, il m'a donc laissé un ordre auquel je dois obéir s'il venait à disparaître pour une raison ou pour une autre, dit-il. Je dois protéger et m'occuper de tous les membres et alliés de la maison Phantomhive, et j'en ai bien l'intention.

Ses paroles firent apparaître un sourire sur le visage du garçon ; l'un de ses plus rayonnants depuis des semaines. Alois se remit à regarder devant lui et attendit ce qui devait arriver. Ils étaient une équipe composée des meilleurs éléments possibles, deux démons, deux vampires, l'une étant liée à Dracula lui-même, un loup-garou, un Dieu de la Mort un peu volatile, deux soldats rodés, une vraie professionnelle, un chasseur de monstre en herbe désirant rejoindre H.E.L.L.S.I.N.G, et quatre adolescents entraînés à la va-vite. Cela faisait un total de quatorze personnes contre un nombre inconnu de démons communs et d'Annies. Dans cette situation, cependant, quel autre choix avaient-ils ?

Les pauvres humains de ce qu'il restait des Sept Sensationnels étaient terrifiés de ce qui se trouvait derrière cette porte. Ils tremblaient, s'agrippant à leurs armes en regardant droit devant eux. Ils étaient tous convaincus qu'ils allaient mourir cette nuit, et ils espéraient qu'au moins leurs âmes seraient collectées par un Dieu de la Mort, plutôt que d'être dévorées par une bête vorace.

Le plus impacté semblait être Daniel, puisqu'il était responsable de leur simple présence ici. Il ne se rendit pas compte que ses yeux fuyaient jusqu'à ce qu'une main lui touche le dos pour le rassurer. Daniel vit alors Charlotte lui sourire.

- Ne t'inquiète pas, dit-elle. Nous allons vous protéger.

Bien que ses paroles le réconfortaient un peu, il était quand même terrifié de l'Enfer auquel ils allaient assister. Les garçons n'étaient pas des soldats. Ils n'avaient rien à faire ici. Ils n'étaient pas fait pour voir ces désastres et ces carnages, et ils n'étaient certainement pas fait pour combattre de telles choses. La peur les paralysait presque et elle aurait pu les anéantir, mais les garçons s'accrochaient à leur lucidité grâce à la détermination des autres, ce qui les empêchaient de se laisser mourir.

Comment pouvaient-ils tous être aussi calme ? Quelle horreur de penser qu'ils avaient probablement vu des choses encore pire que cela. Mais, cette idée était sans doute vraie. Et si elle ne l'était pas, alors c'était simplement dans leur nature. Oliver n'avait jamais assisté à un spectacle aussi effrayant, mais il gardait un position stable puisqu'il savait que le combat était inévitable. Il s'était entraînés pendant des années pour manier l'épée et il n'allait certainement pas reculer maintenant. Il comptait se battre, parce que c'était ce que faisaient les humains.

Sebastian tendit les mains et prit les grandes poignées de la porte avant de regarder les autres. Il attendait qu'Integra lui fasse signe, qu'elle lui donne la permission de l'ouvrir. Puis, il s'exécuta, et retira la barrière devant eux. Des yeux s'écarquillèrent, cependant, en voyant la pièce complètement vide.

- C'est un piège, dit Seras en faisant face à sa maîtresse. Que voulez-vous faire ?

- Activez-le, ordonna la Hellsing en faisant quelques pas en avant.

Elle entra dans la grande pièce et son assistante vampire lui passa devant tandis que les autres suivaient. La majorité d'entre eux osaient à peine respirer avec l'anticipation de ce qui allait arriver. Ils savaient que ce n'était qu'une question de temps. Ils n'étaient juste pas sûr de savoir quoi et d'.

Lorsqu'ils eurent tous posés un pied dans la pièce, les portes de tous les côtés s'ouvrirent, certains cachées derrière des miroirs. Le groupe sursauta, à l'exception d'Alois, Sebastian, Seras et Integra, qui s'y attendaient. Ce n'était pas vraiment une "attaque surprise" puisqu'ils attaquaient en masse le groupe, comme prévu, les démons communs et les Annies jaillissant de pièces cachées en continu. Integra sortit son épée.

- Détruisez-les tous ! ordonna-t-elle.

- Oui, madame !

Le vrombissement d'une Faux de la Mort et le bruit des balles retentirent, tachant le sol de cadavres. Des poings et des jambes volaient avec assez de force pour décapiter, et parfois, cela arrivait. Le bruit de la bataille et le véritable spectacle qui s'offrait à eux camouflaient complètement les bruits de pas dans les couloirs et ne permettait pas de sentir un certain bleuté se rapprocher.