Chapitre 11: L'école
La petite Siena, âgée de 4 ans, était à l'école. Aujourd'hui, rien ne l'intéressait vraiment. Les activités proposées en classe ne lui plaisaient pas, et elle n'avait aucune envie d'être avec les autres enfants. Dès que quelqu'un s'approchait d'elle, elle faisait des grimaces et se détournait. Siena n'en faisait qu'à sa tête, comme à son habitude.
Ma petite Siena, il faut que tu ranges ton dessin dans ton casier. C'est l'heure de la récréation, dit calmement Madame Isabella, l'institutrice.
Non, je veux pas! s'exclama Siena en croisant les bras, refusant d'obéir.
Siena, ce n'est pas toi qui décides. Maintenant, tu arrêtes et tu ranges ton dessin tout de suite.
Mais non, mon dessin! Rendez-moi mon dessin! Ouiiiiinnnn! cria-t-elle en pleurant, agrippant le papier de toutes ses forces.
Voyant qu'elle n'avait pas le choix, Madame Isabella prit doucement le dessin et sortit Siena de la classe pour la calmer. En larmes, la petite se retrouva dans la cour de récréation. Elle ne voulait pas jouer avec les autres élèves et frappait à la porte de la classe, espérant qu'on la laisse entrer. Mais personne ne répondait.
Alors, la pleurnicheuse? lança un élève de grande section en passant, un sourire moqueur aux lèvres.
Je ne suis pas une pleurnicheuse! déclara Siena en colère, les yeux encore rouges de ses pleurs.
T'es une pleurnicheuse, t'es une pleurnicheuse! Les copains, Siena est une pleurnicheuse! cria le garçon en rigolant, attirant l'attention des autres.
La remarque fit éclater Siena en sanglots, mais cette fois, elle sentait la rage monter en elle. Elle se jeta sur le garçon, le frappant et le mordant au bras. Les cris alertèrent une ATSEM, qui dut intervenir pour séparer les deux enfants. La situation devenait incontrôlable. Le garçon pleurait à son tour, se tenant le bras où Siena avait laissé une marque visible.
Les parents de Siena furent immédiatement appelés. Saori, alertée par l'école, se précipita sur place. Lorsqu'elle arriva, Siena attendait dans le bureau de la directrice, en face du garçon blessé et de sa mère. La maman du garçon, visiblement en colère, ne cessait de lancer des reproches.
Madame Kido, votre fille a mordu mon enfant. Rendez-vous compte de la gravité de la situation!
Pardonnez-la, elle n'a pas fait exprès. Elle est encore si petite, répondit Saori, visiblement bouleversée.
Je ne vais pas en rester là. Cette enfant a des problèmes avec tout le monde. Votre fille est un danger dans cette école!
Ouiiiinnnn! Pardon, pardon! pleurait Siena, incapable de calmer ses sanglots.
Tout va bien, ma chérie. Maman est là, calme-toi. Sèche tes petites larmes, on va rentrer à la maison, murmura Saori d'une voix douce, serrant sa fille dans ses bras.
Madame Kido, vu la gravité de l'incident, votre fille risque le renvoi. Nous avons trop de problèmes avec elle. Elle ne fait jamais ce qu'on lui demande, elle frappe, mord et perturbe la classe. Ce n'est pas possible de continuer ainsi dans une école ordinaire, déclara la directrice d'un ton glacial.
Je comprends, mais peut-être que ce sont aussi vos méthodes qui ne sont pas adaptées. Tous les enfants ne réagissent pas de la même façon. Si ma fille a des problèmes avec ses camarades, c'est qu'on a dû la contrarier ou lui dire des choses méchantes, répondit Saori, les sourcils froncés.
Si nous devions passer notre journée à gérer des cas comme celui-ci, nous n'en sortirions pas. Votre fille devrait être placée dans une école spécialisée, ajouta la directrice.
Vous insinuez que ma fille est différente et qu'elle n'a pas sa place ici? Des bagarres entre enfants, ça arrive. Ce n'est pas une raison pour l'exclure.
La tension montait dans la pièce. Saori, furieuse, serrait toujours sa fille dans ses bras.
Je ne permettrai pas qu'on insulte ma fille, encore moins devant moi, dit-elle, fixant la directrice d'un regard dur.
La directrice sembla hésiter. Elle n'avait jamais vu un parent réagir avec autant de fermeté.
Je peux me permettre beaucoup de choses, ajouta Saori d'un ton glacial. Mon entreprise a contribué à la construction de cette école. Si vous continuez, je pourrais très bien envisager de la faire fermer. Cela nuirait gravement à votre réputation. Ce serait dommage, vous ne pensez pas?
Sur ces mots, Saori prit sa fille et quitta le bureau sans se retourner, laissant la directrice déconcertée.
Une fois chez elles, Siena, encore fatiguée et fiévreuse, ne voulait pas quitter les bras de sa mère.
Allonge-toi sur le canapé, mon cœur. Je vais te prendre ta température, dit Saori en caressant doucement sa tête.
D'accord, maman, murmura Siena, la gorge enrouée.
Tu as de la fièvre, ma chérie. Tu veux boire quelque chose? demanda Saori avec tendresse.
Un biberon de lait, répondit la petite, les yeux lourds de fatigue.
Après lui avoir préparé son biberon, Saori l'habilla en pyjama et la borda sur le canapé. Siena s'endormit paisiblement, son doudou collé contre elle et son biberon à portée de main.
Mon petit ange, murmura Saori en caressant ses cheveux, maman te protégera toujours, quoi qu'il arrive. Tu es comme toutes les autres petites filles, et personne n'a le droit de dire le contraire.
Saori resta près de sa fille, travaillant sur son ordinateur tout en veillant sur elle. La pièce était baignée d'une douce lumière tamisée, créant une ambiance apaisante pour la petite Siena qui dormait paisiblement.
