Musiques : Katsubô (Elfen Lied), Laws of Alchemy (FMAB, OST 2)
Note : Voilà le chapitre 14 avec un choix un peu particulier qui, je l'espère, vous plaira ! ;D
Chapitre 14 : Gestion de crise
« Je t'ai dit PAS avec ta faux ! » explosa Envy.
Il fila un coup de pied rageur dans le manche de l'arme. Elle s'évapora comme par magie avant même de heurter le sol poussiéreux de l'usine. Les particules suivant sa désintégration décrivirent un arc de cercle, puis retrouvèrent leur place dans les veines du petit blond qui faisait face à l'homonculus furibond.
Pride, les cheveux ébouriffés et les pupilles fendues, ahanait comme jamais. Jambes fléchies, il prit appui sur ses cuisses avec ses mains le temps de recouvrer son souffle. On aurait cependant difficilement pu croire que le jeune garçon en était à près de cinq heures sans repos tant son regard était alerte ; cinq heures durant lesquelles il avait esquivé des coups lancés sans la moindre hésitation par son compagnon. Il aurait dû être à bout de forces. Pourtant, il récupéra vite. Sa nature l'y aidait bien.
Hélas, elle ne lui serait d'aucun secours face à un congénère aussi entêté qu'exaspéré.
« Bordel, mais elles te servent à quoi, toutes tes lectures ?! » aboya son aîné. « Tu pares pas la prochaine attaque avec ton cure-dents à la con, sinon ça va mal se passer, je te préviens ! »
Son œil arborait un noir terrible ; l'autre se constellait déjà de multiples iris menaçants. Peu à peu, Envy perdait son calme. Déjà deux jours. Deux jours sans la moindre amélioration. Deux putains de jours qu'une armada de scientifiques s'échinait à rentrer dans le crâne de l'ex-alchimiste quantité de bouquins blindés de leçons d'alchimie pour les nuls et que lui s'évertuait à mettre ces leçons en pratique, sans aucun résultat.
L'androgyne fulminait. Leurs entraînements, qu'ils avaient poursuivis pendant autant de temps afin de s'assurer que la théorie fût bien assimilée, étaient vains. Or, « deux jours », pour un homonculus, c'étaient deux jours pleinement mis à profit, sans avoir à consacrer un précieux temps à recharger ses batteries en pionçant. En d'autres termes, « deux jours », c'était bien trop.
Pride avait passé des heures le nez plongé dans les pages jaunies de manuscrits, tantôt écrits en pattes de mouche, tantôt illustrés par le menu, mais rien n'y avait fait. Il était infoutu de progresser. C'était à croire que ça rentrait par un œil et que ça ressortait par l'autre à la vitesse de la lumière.
Envy enrageait. Il avait eu beau lui enfoncer littéralement la tête dans ces bons dieux de torchons, son élève n'avait rien retenu. Du coup, pratiquement à chaque coup qu'il lui portait, Pride bondissait comme un cabri pour l'éviter ou matérialisait sa satanée faux afin de parer l'assaut. Il ne claquait ses mains qu'en dernier recours, et avec une telle maladresse que c'en était affligeant. Aux yeux de son aîné, cette absence totale de résultat alchimique était quelque peu… contrariante.
« Tes mains ! » rugit Envy en muant les siennes en griffes acérées.
Il attaqua. Pride esquiva.
« Tes putains de mains, sers-t'en !
— Je…
— TES MAINS, BORDEL DE MERDE ! »
Envy n'y alla plus par quatre chemins. Fini de faire dans la dentelle. Il porta directement un coup au visage de l'adolescent.
Ce dernier eut le malheur de baisser les yeux au même moment pour regarder ses mains tremblantes, sans savoir qu'en faire. Il se prit le coup de son frère en plein sur la joue et fut projeté au sol dans un gémissement pathétique, la peau en lambeaux. Il se tordit par terre, haletant et hoquetant de douleur, la vue brouillée, perdue au milieu des taches brunâtres qui constellaient le sol de l'usine désaffectée.
Pride n'osa relever les yeux qu'une fois sa chair reconstituée. Une expression de peur passa sur son visage.
Envy haussa un sourcil. Il était rare que le plus jeune laissât transparaître une telle expression – voire une expression tout court. Pour autant, cela ne l'apitoya pas. Il avait une mission, il n'y dérogerait pas.
Bien sûr, le polymorphe aurait été un fieffé menteur s'il avait clamé que cela lui plaisait de s'acharner autant sur son cadet. Il n'aimait pas plus que ça les débordements de violence, surtout quand ils impliquaient des litres d'hémoglobine. Faire souffrir les autres l'amusait, il ne le nierait pas. Mais il préférait nettement torturer l'esprit que le corps. C'était plus… jouissif. Se défouler sur un pauvre marmot incapable de se défendre, pieds et poings liés par l'aura inhérente au statut d'aîné dont il bénéficiait, c'était juste à crever d'ennui. Ou plutôt : c'était divertissant, mais un temps. Se battre à armes égales, d'accord, mais se contenter de taper dans un punching-ball… Ç'aurait fini par lasser n'importe qui ; lui le premier. La patience n'était pas sa vertu première.
« Relève-toi », ordonna Envy d'un ton sec.
Comme son disciple tardait à s'exécuter, l'Envieux décida de sévir. Il se dirigea vers lui d'un pas ferme. Il l'agrippa par les cheveux et le souleva avec une facilité déconcertante, arrachant un énième couinement au plus jeune.
« Ouais, je sais, ça fait mal, mais on n'a pas de temps à perdre. Alors, je te réexplique pour la trente-deuxième fois. Quand je te vise, tu claques tes mains l'une contre l'autre, et t'essaies – rien que ça, ce serait déjà génial – d'en sortir quelque chose de lumineux et de constructif. T'as pas besoin de craie. Juste de joindre tes jolies mimines, pigé ?
— Mais ça ne fonctionne pas ! » se plaignit Pride, penaud.
Il faisait de son mieux et… et… décevoir Envy, et plus encore, leur père, l'abattait. Il avait pourtant passé des heures sous la tutelle de brillants – quoique peu recommandables – scientifiques, à éplucher des livres, page après page, paragraphe après paragraphe. Au cours de ces dernières quarante-huit heures, il avait eu beaucoup d'impressions de déjà-vu, mais sans jamais réussir à mettre en pratique les transmutations répertoriées dans ces ouvrages. Aucun cercle n'était apparu, aucun pic n'était sorti du sol, aucun mur ne pierre ne l'avait protégé. Il avait même essayé de générer sa faux à partir de l'une des chaînes de montage autour d'eux, contre lesquelles il s'était cogné à de si nombreuses reprises en chutant. Mais rien. Rien de rien.
Pride en avait assez. Assez de s'échiner en vain, assez de recevoir de virulentes remontrances, injustifiées alors qu'il s'efforçait de complaire aux exigences de tous. Assez d'échouer à sortir la moindre étincelle de ses mouvements clownesques. Il se sentait idiot. Incapable. Or, cela mettait fortement à mal son ego ainsi que sa bonne volonté.
En réponse à cette plainte, Envy le relâcha brusquement. Il lui tapota le front avec son index, comme s'il voulait y faire pénétrer l'idée qu'il lui exposa – ou lui trouer le crâne, c'était selon.
« Je vois bien, mais dis-toi que t'as ça dans le sang. C'est impossible que tu te souviennes pas, nom d'un chien ! J'y bite rien en alchimie, moi, mais… mais je sais pas, quoi ! Imagine la matière ! Ou plutôt, imagine-toi en train de la décomposer. Les atomes, et tous les autres machins, dedans ! Tu dois bien te rappeler de quoi est fait ce que tu vois autour de toi, non ? Ça obéit à une logique ! Enfin, j'en sais foutre rien, moi, mais l'idée est là. Alors, trouve cette logique, décrypte les particules ou Dieu sait quoi et sors-moi au moins une minuscule putain d'étincelle, tu seras gentil. »
Parce que c'est pas toi qui devras rendre des comptes à l'autre vieux barbu, après.
Pride se redressa péniblement et sonda son frère du regard. Depuis sa venue au monde, il avait toujours senti qu'on lui avait attribué un statut tout particulier au sein de leur fratrie. Déjà, du fait de sa naissance tardive, qui faisait de lui le petit dernier et donc la cible de toutes les attentions, mais pas que. Il percevait bien que le regard que son père portait sur lui était fondamentalement différent de celui qu'il posait sur ses autres frères et sœur, y compris sur Envy. Pourtant, personne n'avait voulu lui en expliquer clairement la raison ni pourquoi tant d'espoirs étaient placés dans sa réussite. Jusqu'alors, le nouveau-né ne s'en était jamais vraiment formalisé, mais ces derniers jours, la pression était telle qu'il avait de plus en plus de mal à la supporter.
Pride baissa les yeux. Il les releva après un court moment et croisa le regard agacé de son maître à penser. La situation ne pouvait plus durer. Il savait que cet entraînement serait infructueux, même s'ils s'acharnaient. Il devait le faire comprendre à Envy ou, à défaut d'y parvenir, trouver un compromis.
Mais comment ?
Choix 1 : « Pourquoi… J'ai "ça dans le sang" ? »
Choix 2 : « Envy, stop ! J'en ai assez ! »
Choix 3 : « Envy, je ne comprends vraiment pas… »
…
Pour une fois que Pride s'exprime, on en profite ! ;D En plus, comme vous pouvez le voir clairement à la présence de non pas deux, mais trois options, il s'agit de votre premier choix « histoire » ! Eh oui ! Pas de « game over » à l'horizon, mais trois scènes inédites qui vous permettront de continuer l'histoire quoi qu'il en soit. Vous pouvez toutes les lire, ou choisir de garder les autres pour une prochaine lecture. Personnellement, je conseille plutôt de n'en lire qu'une (votre choix initial) pour ne pas vous embrouiller, au risque de ne plus trop savoir quelles sont les relations entre les persos une fois que vous serez arrivés à l'ending correspondant à vos véritables choix. Mais si vous estimez avoir une assez bonne mémoire pour pouvoir faire la part des choses, faites-vous plaisir ! ;)
En tout cas, réfléchissez bien à votre réponse, car de celle-ci, comme des autres, dépendra beaucoup plus qu'un simple entraînement…
White Assassin
